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Le problème des Universaux

L'un, le vrai, le beau et le bien (cliquez sur : eterneld.htm)

Porphyre (234-v. 305), philosophe grec de l'école d'Alexandrie et disciple de Plotin, Isagoge, Introduction, Paris, Librairie Philosophique J. Vrin, 1947 ( extrait de la notice de J. Tricot, le traducteur : « L'Isagoge a pour objet l'étude des quinque voces,  les cinq voix ou dénominations : le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident » ) :

« Etant donné qu'il est nécessaire, Chrysaorios, pour apprendre la doctrine des Catégories d'Aristote, de connaître ce qu'est le genre, ce qu'est la différence, ce qu'est l'espèce et ce qu'est l'accident, et que cette connaissance est nécessaire aussi pour donner les définitions, et, d'une manière générale, pour tout ce qui concerne la division et la démonstration, dont la théorie est fort utile, je t'en ferai un bref exposé, et j'essayerai en peu de mots, comme une sorte d'introduction, de parcourir ce qu'en ont dit les anciens philosophes, en m'abstenant de recherches trop approfondies, et en ne touchant même qu'avec mesure à celles qui sont plus simples. Tout d'abord, en ce qui concerne les genres et les espèces, la question de savoir si ce sont des réalités subsistantes en elles-mêmes, ou seulement de simples conceptions de l'esprit, et, en admettant que ce soient des réalités substantielles, s'ils sont corporels ou incorporels et si enfin ils sont séparés ou s'ils ne subsistent que dans les choses sensibles et d'après elles (1), j'éviterai d'en parler : c'est là un problème très profond et qui exige une recherche toute différente et plus étendue (2). »

1) « Ce passage présente un intérêt historique considérable. Il est à l'origine du célèbre problème des Universaux, qui a divisé pour plusieurs siècles, le monde des philosophes en réalistes (a), en nominalistes (b) et en conceptualistes (c), avec des nuances innombrables. Porphyre, au surplus, ne distingue si nettement les trois questions que pour les écarter immédiatement comme étant en dehors de son programme. Il est remarquable (d) qu'un texte aussi anodin ait pu servir de point de départ à d'aussi imposantes constructions métaphysiques, qui, de Boèce à la Renaissance, ont passionné les plus puissants esprits. »

a) Le genre et les espèces existent en eux-mêmes, au-dessus et en dehors des individus : c'est la thèse platonicienne.

b) Nominalistes qui se rattachent à Antisthène : « Je vois un cheval, je ne vois pas la  caballéité . » Cf. Ammonius, 40, 6 ; Elias, 47, 13.

c) Les idées générales existent seulement dans l'esprit.

d) Cf. sur ce point E. Gilson, La Philosophie au Moyen Age, 1942, pp. 142-143.

2) A savoir la Métaphysique.

Porphyre, Isagoge, De l'espèce, pp. 18, 19, 20, 21 :

« [...] l'espèce est ce qui est rangé sous le genre [...] La substance est elle-même un genre [...] De tous ces termes la substance est le plus général et il est seulement genre. [...] l'homme, qui est une espèce, après laquelle il n'y a pas d'espèce [...] mais seulement des individus. [...] Quant aux termes moyens entre les extrêmes, on les appelle genres et espèces subordonnés, et chacun d'eux est posé à la fois comme genre et espèce, envisagés cependant par rapport à des termes différents. [...] l'être n'est pas un genre commun à tous les êtres, et tous ne sont pas homogènes par rapport à un seul terme qui serait le genre le plus élevé, et telle est la doctrine d'Aristote (2). [...] Aussi Platon (3) [...] quant à l'infinité des individus, il déclare qu'on doit les laisser de côté, car il ne saurait y avoir pour eux de science possible. »

2) Exposée notamment Métaphysique, B, 3, 908 b 22 ; D, 28, 1024 b 15.- « À l'encontre de Platon, qui concevait l'Univers sensible et le monde des Idées comme une hiérarchie de genres et d'espèces subordonnés à un genre suprême, l'Etre ou l'Un, auquel participent toutes les essences inférieures jusqu'à l'espèce spécialissime [dernière], Aristote a entendu scinder l'Etre, qui perd son caractère de principe pour devenir un pollakhôs légoménon (pollacws legomenon) [termini transcendantales, des bornes transcendantales], en une multitude de catégories irréductibles, coordonnées, et, par suite, incommunicables. Cette hétérogénéité absolue, qui interdit tout passage d'un genre à un autre et qui rend notamment inapplicables à la Géométrie les déterminations de l'Arithmétique, a eu pour conséquence d'établir entre les diverses sciences, et même entre leurs branches, une barrière qui, jusqu'à Descartes, a été considérée comme infranchissable. » « C'est la théorie, éminemment aristotélicienne, de l'incommunicabilité des genres. »

3) « Pour Aristote aussi (a), il est impossible de définir l'individu, qui demeure hors des emprises de la science : 'omne animal ineffabile'. L'individu est indéfinissable en raison de sa compréhension infinie [ ?]. La recherche d'espèces dernières qui ne seraient pas des kaqolou katholou) [qui ne seraient pas absolument] est sans intérêt pour le savant. Mais si l'individu, d'une part, est seul réel, comme prwth ousia [prôtê ousia, substance première], et si, d'autre part, ainsi que l'affirme fréquemment Aristote, il n'y a de science que du général (existentia est singularium, scientia est de universalibus), il s'ensuivra un divorce radical entre la théorie de la connaissance et la théorie de l'Etre, et nous devrons dire que la science a pour objet le non-être. C'est là une difficulté considérable du système d'Aristote et peut être aussi de toute science conceptuelle. »

a) Cf. Métaphysique, Z, 15, 1039 b 28.

Porphyre, Isagoge, Du genre, pp. 15, 16 :

« [...] parmi les attributs, les uns ne se disent que d'un seul être, comme le sont les individus, par exemple Socrate, cet homme-ci, cette chose-ci [...] Le genre, c'est, par exemple, l'animal ; l'espèce, l'homme ; la différence, le raisonnable ; le propre, la faculté de rire ; l'accident, le blanc, le noir, le s'asseoir. [...] Conclusion : être affirmé d'une pluralité de termes, c'est ce qui distingue le genre des prédicats individuels qui sont attribués à un seul individu [...] »

 

        « L'hétérogénéité absolue » des genres dont parle J. Tricot, est une affirmation pour le moins téméraire. Même selon Porphyre, cela n'est pas tout à fait exact, puisque ce célèbre philosophe de l'école d'Alexandrie soutient que des termes moyens, genres et espèces subordonnés, peuvent être envisagés par rapport à des termes différents, chacun d'eux étant posés à la fois comme genre et espèce. Y-a-t-il d'ailleurs quelque chose d'absolu dans le savoir humain ? Ne lâchons donc pas la proie pour l'ombre. Même chez Aristote, l'ousia (ousia) ou la substance signifie soit l'arkhê (arch) ou le principe, soit le genre, soit même l'espèce (a). Dans ces conditions, le mot ousia lui-même ne peut donner prise qu'à des interprétations équivoques. Cependant, en constatant la pluralité et le changement des choses et une certaine permanence et unité d'un bon nombre d'entre elles, nous sommes contraints d'établir la nécessité métaphysique de la substance en tant que principe et cause, selon la forme, de ce qui est, pour sortir de ces apparentes contradictions, plutôt que de tomber de Charybde en Scylla ou de choisir entre le pluralisme radical et le monisme absolu, choix funeste qui nous détournerait de l'Etre ou de la Vérité. En réalité, tout ce qui existe est relié à l'être créé qui est une manifestation ou un effet direct de Dieu. Aucun être créé n'est donc séparé ou isolé des autres réalités créées, ni moins encore de Dieu, leur Cause créatrice. L'être constitue leur fond commun (leur « background »). Rien n'empêche par conséquent de passer d'un genre à un autre en considérant, par exemple, certaines choses sous la raison générale de leur mobilité (sub ratione mobilitatis), tout en considérant, dans cette sphère d'intelligibilité, un aspect encore plus précis spécifiant un savoir typique. Le médecin, par exemple, considère d'une manière générale le corps humain, l'objet matériel, l'être mobile sujet au changement (ens mobile), tout en le considérant plus précisément sous la raison de la santé (sub ratione sanationis: le corps à guérir. Et nous sommes là en présence d'une science bien précise relative à l'art de guérir. Il n'est pas nécessaire que nous choisissions d'autres exemples, car toute chose peut toujours être envisagée selon différents points de vue. La métaphysique, quant à elle, part de la réalité en se demandant ce qu'elle est, puis ce qu'est son être. Cette seconde interrogation constitue la raison d'être de la métaphysique qui n'existe que pour y répondre. Elle considère par conséquent toute chose du point de vue de l'être. C'est alors la découverte de la forme substantielle (ratio substantiæ) ou la cause de l'être et de l'unité de tel ou tel composé par la considération des accidents propres qui sont ses effets ou sa manifestation visible - d'où la possibilité de prendre parfois un ensemble d'accidents unis artificiellement, voire un seul accident, apparemment simple et isolé, ou en soi et par soi, pour une substance (b),- qui, « en tant que telle, n'est pas visible aux yeux du corps » (c). Gardons-nous par conséquent de nous méprendre en prenant une corde pour un serpent (exemple classique en Inde), ou, d'une manière générale, l'apparence pour la réalité, ou encore, métaphysiquement parlant, ce qui est relatif pour l'Absolu ou l'Etre même, c'est-à-dire pour ce qui est absolument en soi et par soi, absolument indivisible et absolument permanent. Il ne faut pas non plus penser qu'une chose incommunicable est nécessairement indéfinissable. Si la substance est incommunicable du fait qu'elle est en soi, « in se », elle n'est pas pour autant indéfinissable. L'existence de la connaissance scientifique nous prouve bien que nous pouvons connaître toute substance ou réalité singulière composée de matière et de forme en extrayant l'intelligible du sensible, au moyen d'une abstraction, mais le métaphysicien est parfaitement conscient des limites de cette science, car il sait que l'intelligence humaine ne s'identifie pas avec l'être et qu'elle est par conséquent inévitablement démunie vis-à-vis de la réalité. Les choses ne sont pas absolument inconnaissables parce que leur individualité nous échappe. La connaissance partielle n'implique pas l'inconnaissance absolue (d).

a) Aristote, De l'Ame, liv. II, chap. I, 412 a 5-10 :

" ... or la substance (ousia), c'est, en un premier sens, la matière (ulh)... en un second sens, c'est la figure (eidos) et la forme (morfh)... et, en un troisième sens, c'est le composé de la matière et de la forme. "

Ibid., Métaphysique, liv. Dzêta, 1, 1028 b 3 :

« Et, en vérité, l'objet éternel de toutes les recherches, présentes et passées, le problème toujours en suspens : qu'est-ce que l'étant ? revient à demander qu'est-ce que la substance ? »

Id., 2, 1028 b 32 :

« La substance se prend, sinon en un grand nombre de significations, du moins en quatre principales : on pense d'ordinaire, en effet, que la substance de chaque être est soit la quiddité (l'être qui était : to ti hn einai), soit l'universel (le général : to kaqolou), soit le genre (genos), soit, en quatrième lieu, le sujet (ce qui est sous-jacent : upokeimenon). "

Id., chap. 2, 1028 b 25 b 27, 32 :

« Sur tous ces points, qui a raison et qui a tort ? (...) C'est ce qu'il faut examiner, après avoir d'abord exposé, dans les grandes lignes, la nature de la substance. »

Id., chap. 3, 1029 a 1-4, 6-7, 15, 27-28 :

« ... dans l'opinion courante, c'est le sujet premier d'une chose (le premier sous-jacent) qui constitue le plus véritablement sa substance. Or, ce premier sujet, en un sens on dit que c'est la matière, en un autre sens que c'est la forme, et, en un troisième sens, que c'est le composé de la matière et de la forme. (...) Nous avons maintenant donné un exposé schématique de la nature de la substance, en montrant qu'elle est ce qui n'est pas prédicat (attribut), mais que c'est d'elle, au contraire, que tout le reste est dit. (...) ... mais c'est la substance qui est plutôt le sujet premier (le premier sous-jacent), à qui appartiennent ces attributs. (...) A considérer la question sous cet aspect, il résulte donc logiquement que la matière est substance. Pourtant cela est impossible, car la substance paraît bien avoir surtout pour caractère d'être séparable et d'être une chose individuelle. »

Id., chap. 4, 1029 b 14-15, 20 :

« En commençant, nous avons distingué les différentes façons dont nous définissons la substance, et l'une d'elles nous a semblé être la quiddité. C'est elle qu'il faut maintenant considérer. (...) Ainsi la véritable énonciation de la quiddité de chaque être est celle qui exprime la nature de l'être défini, mais dans laquelle ne figure pas cet être lui-même [ou son nom à définir ajouté à l'un de ses attributs]. »

Id., 1030 a 3, 6, 28-30, b 5 :

« En effet, la quiddité d'un être est son essence individuelle et déterminée (...) Il en résulte qu'il y a seulement quiddité des choses dont l'énonciation est une définition. (...) Et c'est pourquoi, maintenant que nous avons élucidé le sens propre du terme essence, nous pouvons dire que la quiddité, tout comme l'essence, appartiendra également, d'une manière primordiale et absolue, à la substance, et, d'une manière secondaire aux autres catégories. (...) Ce qui est manifeste, c'est que la définition et la quiddité, au sens primordial et absolu, n'appartiennent qu'aux substances [causes originelles du déploiement de leur essence]. »

Id., liv. Dzêta, chap. 8, 1033 b 26-32 :

« Il est donc évident que la causalité des Idées... ne peut... servir à rien, du moins pour la génération et la constitution des substances. (...) ... car l'homme engendre l'homme »

Id., chap. 9, 1034 a 31 : « ... le principe de toute production, c'est la substance formelle. »

Id., 1034 b 18 :

« ... dans la génération d'une substance, il faut nécessairement admettre la préexistence d'une autre substance productrice en entéléchie, par exemple un animal, si c'est un animal qui est engendré. »

Id., liv. Lambda, chap. 7, 1072 b 35 - 1073 a :

« La semence, en effet, provient d'autres individus qui sont antérieurs et parfaits, et ce qui est premier, ce n'est pas la semence, mais l'être parfait : par exemple il y a un homme, non pas l'homme provenant de la semence, mais un autre, duquel la semence provient. »

Id., liv. Dzêta, chap. 17, 1041 a 9 :

« La substance est un principe et une cause : tel doit être notre point de départ. "

Id., 1041 b 28 : 

« ... Or, ce principe d'union, c'est la substance formelle de chaque chose, car c'est là la cause primordiale de son être. »

Id., liv. Êta, chap. 3, 1044 a 8 :

« En réalité, chaque substance est une entéléchie, une nature déterminée. »

Id., liv. Lambda, chap. 10, 1075 a 38 - 1075 b :

« ... pourtant, en toutes choses, c'est le Bien qui est par excellence principe. Ceux-là ont certes raison qui admettent le Bien comme principe, mais comment le Bien est-il principe ? L'est-il comme cause finale, ou comme cause motrice, ou comme cause formelle ? »

Id., 1075 b 35-37 :

« Qui fait l'unité de l'âme et du corps, et, en général, de la forme et de la matière ? Aucun des partisans des Idées ne l'explique, et personne n'est capable de le dire, à moins d'admettre, avec nous, que c'est l'action de la Cause motrice. »

Id., 1076 a 5 :

« Mais les êtres ne veulent pas être mal gouvernés : Il n'est pas bon, le commandement multiple. Qu'il y ait un seul commandant, un seul. (a) »

a) Homère, Iliade, II, 204.

        Selon Aristote (384-322 av. J.-C.), toute substance est éternelle ou perdurable, mais toujours ordonnée au Souverain Bien, la Substance suprême, le premier Moteur immobile, le Premier des êtres et l'Acte subsistant en Soi. Même s'il n'a pas distingué le réel inachevé de l'achevé prétendu irréel, car tout étant n'atteint pas nécessairement son achèvement parfait ou ne réalise pas nécessairement son essence, et reste même bien en deçà de sa forme pure qui pourtant l'attire constamment à elle pour lui permettre de se développer et de tendre à ce pour quoi elle est faite, ce philosophe, qui a vécu au quatrième siècle avant Jésus-Christ, a résolu néanmoins définitivement la question de l'être et du non-être en rendant raison du changement - nouvelle manière d'être - par les notions de puissance et d'acte et s'est ouvert ainsi à L'Etre premier et véritable. Le chapitre 7 du livre Lambda de sa Métaphysique sur la nature du premier Moteur, Dieu, Acte pur, Pensée de la pensée, contient les plus sublimes et fécondes pages qu'un homme ait pu produire sur la face de la terre. A côté de cet homme de génie, la philosophie de nos lycées et de nos universités ne mérite même pas le nom de philosophie. S. Thomas d'Aquin, « l'angélique saint Thomas » (a), « ce grand astre de la théologie » (b), est le seul philosophe et théologien qui a su mettre au profit de l'humanité le trésor intellectuel inestimable que constitue l'œuvre du Stagirite en parvenant même à augmenter sa valeur par des développements doctrinaux stupéfiants (ce qu'il réalisa également avec l'œuvre de saint Denys l'Aréopagite, « le divin saint Denys Aréopagite » (g), « le grand saint Denys , apôtre de la France » (d), « ce grand disciple de saint Paul » (e) - en théologie mystique, - et avec saint Augustin - en théologie dogmatique).

a) Saint François de Sales, Docteur de l'Eglise, Traité de l'amour de Dieu, liv. I, chap. II.

b) Id., liv. X, chap. XVI.

g) Id., liv. VII, chap. 5.

d) Id., liv. VIII, chap. 4.

e) Id., liv. X, chap. XV.

b) S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 77, art. 1, sol. 7 :

« Toutefois, les formes substantielles, inconnaissables pour nous en elles-mêmes, n'étant connus que par leurs accidents, rien n'empêche que parfois des accidents soient mis à la place de différences substantielles. »

c) Id., IIIe Partie, qu. 76, art. 7, conclusion :

« Or la substance, en tant que telle, n'est pas visible pour l'œil du corps, et ne donne prise à aucun organe des sens, ni à l'imagination, mais à l'intelligence seule, dont l'objet est l'essence des choses, comme il est dit au livre III du De anima [chap. 6, Aristote]. »

d) Jacques Maritain, La Philosophie bergsonienne, éd. Téqui, Paris, 1948, pp. 141-142 :

« Signalons, à propos de la connaissance du singulier, une équivoque qu'on rencontre à chaque instant dans la philosophie nouvelle : - Le singulier, dit-on, est inexprimable.- Oui, sans doute; car nous n'avons pas une idée directe des choses individuelles, comme telles. Toutefois, nous avons une idée directe de la nature générale ou spécifique que nous tirons précisément des choses singulières, en sorte que les choses individuelles, c'est-à-dire toutes choses, sont essentiellement exprimables comme ayant telle nature, bien que les choses individuelles matérielles soient inexprimables comme individuelles. Mais on ne pense pas à ces deux mots : comme individuelles, et l'on proclame que les choses sont inexplicables absolument, que le réel est ineffable. »

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