L'Encyclique
Quanta Cura
du 8
décembre 1864
Pape
Pie IX
Vénérables
Frères, Salut et Bénédiction Apostolique
1 - Avec quel soin et quelle vigilance pastorale les Pontifes Romains Nos Prédécesseurs, ont rempli la mission à eux confiée par le Christ
Seigneur lui-même en la personne du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, et
ont ainsi accompli leur devoir de paître les agneaux et les brebis ! Sans
jamais discontinuer, ils ont attentivement nourri tout le troupeau du Seigneur
des paroles de la foi, ont imprégné de la doctrine de salut, écarté des
pâturages empoisonnés, voilà ce dont tout le monde est convaincu et assuré,
Vous surtout, Vénérables Frères. Oui vraiment Nos Prédécesseurs se montrèrent
les défenseurs et les vengeurs de l'auguste religion catholique, de la vérité
et de la justice : soucieux,
avant tout, du salut des âmes, ils n'ont jamais rien eu de plus à cœur que de
découvrir et de condamner par leurs très sages Lettres et Constitutions toutes
les hérésies et les erreurs qui, contraires à notre Foi divine, à la doctrine
de l'Eglise Catholique, à l'honnêteté des mœurs et au salut éternel des hommes,
ont fréquemment soulevé de violentes tempêtes et lamentablement souillé
l'Eglise et
2 - C'est pourquoi Nos mêmes Prédécesseurs ont constamment
opposé la fermeté Apostolique aux machinations criminelles d'hommes iniques,
qui projettent l'écume de leurs désordres comme les vagues d'une mer en furie
et promettent la liberté, eux, les esclaves de la corruption : ébranler les
fondements de la religion catholique et la société civile par leurs fausses
opinions et les plus pernicieux écrits, faire disparaître toute trace de vertu
et de justice, corrompre les âmes et les esprits, détourner des justes
principes de la morale ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, en particulier la
jeunesse inexpérimentée, la dépraver pitoyablement, l'entraîner dans les pièges
de l'erreur, et enfin l'arracher du sein de l'Eglise catholique, voilà le sens
de tous leurs efforts.
3 - Vous êtes les premiers à savoir, Vénérables Frères,
qu'à peine avions-Nous été élevé à cette chaire de Pierre, par un secret
dessein de
4 - Cependant, bien que n'ayons pas négligé de proscrire
et de réprouver fréquemment les plus graves de ces erreurs, la cause de l'Eglise catholique et le salut
des âmes que Dieu nous a confié, et
le bien de la société humaine elle-même, réclament impérieusement que Nous
lancions un nouvel appel à votre sollicitude pastorale pour terrasser d'autres idées fausses qui
découlent de source de ces mêmes erreurs.
Ces opinions trompeuses et perverses sont d'autant plus détestables qu'elles
visent principalement à entraver et renverser cette puissance de salut que
l'Eglise catholique, en vertu de la mission et du mandat de son divin Auteur,
doit exercer librement jusqu'à la consommation des siècles, non moins à l'égard
des individus que des nations, des peuples et de leurs chefs [c'est
ce qui s'appelle avoir le sens de ses responsabilités !]. Elles cherchent à faire disparaître cette mutuelle
alliance et cette concorde entre le Sacerdoce et l'Empire, qui s'est toujours
avérée propice et salutaire à
5 - Et de fait, vous le savez parfaitement,
Vénérables Frères, il s'en trouve beaucoup aujourd'hui pour appliquer à la
société civile le principe impie et absurde du " naturalisme ", comme
ils l'appellent, et pour oser enseigner que " le meilleur régime
politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société
humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de
6 - Là où la religion a été mise à l'écart de la société
civile, la doctrine et l'autorité de
7 - Mais qui ne voit et ne sent parfaitement qu'une
société dégagée des liens de la religion et de la vraie justice, ne peut plus
se proposer aucun autre but que d'amasser et d'accumuler des richesses, ni
suivre d'autre loi dans ses actes que l'indomptable désir de l'âme d'être
esclave de ses propres passions et intérêts ? C'est pourquoi les hommes de
cette espèce poursuivent d'une haine si cruelle les Familles Religieuses, en
dépit des services rendus au prix des plus grands efforts à la religion
chrétienne, à la société civile et à la culture ; ils déblatèrent contre elles
en disant qu'elles n'ont aucune raison légitime d'exister, et c'est ainsi
qu'ils applaudissent aux divagations des hérétiques. Or, comme l'enseignait en
toute sagesse Notre Prédécesseur Pie VI d'heureuse mémoire : " L'abolition
des réguliers blesse le droit de professer publiquement les conseils
évangéliques, blesse un mode de vie recommandé dans l'Eglise comme conforme à
la doctrine des Apôtres, blesse la mémoire de ces illustres fondateurs que nous
vénérons sur les autels, et qui n'ont établi ces ordres que sous l'inspiration
de Dieu ".
8 - Et ils déclarent même dans leur impiété qu'il faut
ôter aux citoyens et à l'Eglise la faculté " de fournir valablement des
aumônes publiques par charité chrétienne ", et abolir la loi " qui à
des jours déterminés défend les œuvres serviles pour vaquer au culte divin
" sous le prétexte si fallacieux que " la faculté et la loi ci-dessus
évoquées sont contraires aux principes de la bonne économie politique ".
9 - Et non contents de mettre la religion à l'écart de la
société, ils veulent même l'écarter de la vie privée des familles. En effet,
enseignant et professant la
si funeste erreur du Communisme et du Socialisme [en
1864 ! Et qu'a-t-on fait de ces avertissements ?], ils affirment que : " La société domestique ou
la famille emprunte au seul droit civil toute sa raison d'être ; et qu'en
conséquence c'est de la loi civile seule que découlent et dépendent tous les droits
des parents sur les enfants, et d'abord le droit d'instruction et d'éducation
". Par ces opinions impies et ces machinations, ces hommes de mensonge
veulent surtout aboutir à ce que la doctrine et le pouvoir de l'Eglise
catholique qui apportent le salut, soient entièrement éliminés de l'instruction
et de l'éducation de la jeunesse, et que l'âme tendre et malléable des jeunes
soit infectée et déformée pitoyablement par toutes sortes d'erreurs perverses
et par le vice. Oui, tous ceux qui ont mis leurs efforts à bouleverser l'ordre
sacré et l'ordre public, à renverser l'ordre juste de la société, et à anéantir
tous les droits divins et humains, ont toujours fait tendre leurs desseins
criminels, leurs désirs et leurs œuvres principalement à tromper et à dépraver
la jeunesse qui ne s'y attend pas, comme Nous l'avons indiqué plus haut : et
ils ont mis tout leur espoir dans la corruption de cette jeunesse.
10 - Voilà pourquoi jamais ils ne cessent d'infliger toutes
sortes de vexations indicibles à l'un et l'autre clergé d'où rejaillirent tant
d'immenses bienfaits sur l'ordre religieux, civil et culturel, comme
l'attestent avec éclat les plus sûrs monuments de l'histoire ; voilà pourquoi
ils déclarent que ce clergé même, en tant qu'ennemi du véritable et utile
progrès de la science et de la civilisation, doit être écarté de toute charge
et de tout rôle dans l'instruction et l'éducation de la jeunesse.
11 - Mais il en est d'autres qui, renouvelant les chimères
extravagantes et tant de lois condamnées des novateurs, ont l'insigne impudence
de soumettre à la discrétion de l'autorité civile l'autorité suprême attribuée
par le Christ Notre Seigneur à l'Eglise et à ce Siège apostolique, et de dénier
à cette même Eglise et à ce Siège tous droits en ce qui regarde les affaires
extérieures. Car ils n'ont aucunement honte d'affirmer que : " Les lois de
l'Eglise n'obligent pas en conscience, à moins qu'elles ne soient promulguées
par le pouvoir civil. - Les actes et les décrets des Pontifes romains
concernant la religion et l'Eglise ont besoin de la sanction et de
l'approbation, ou du moins du consentement du pouvoir civil. - Les Constitutions apostoliques qui
condamnent les sociétés secrètes -
qu'on y exige ou non le serment de garder le secret - et qui frappent d'anathème leurs adeptes et
leurs défenseurs ne peuvent entrer en
vigueur dans les pays où le gouvernement civil tolère ces sortes
d'associations. - L'excommunication portée par le Concile de Trente et les
Pontifes romains contre ceux qui envahissent et usurpent les droits et
possessions de l'Eglise, repose sur une confusion de l'ordre spirituel avec
l'ordre civil et politique, et n'a pour but qu'un bien de ce monde. - L'Eglise
ne doit rien décréter qui puisse lier la conscience des fidèles relativement à
l'usage des biens temporels. Le droit ecclésiastique n'a pas compétence pour
châtier de peines temporelles les violateurs de ses lois. - Il est conforme aux
principes de la sacrée théologie et du droit public d'attribuer au gouvernement
civil et de revendiquer pour lui la propriété des biens qui sont en possession
de l'Eglise, des Familles Religieuses et autres associations pieuses ".
12 - Ils ne rougissent pas non plus de professer
ouvertement et publiquement les formules et les principes hérétiques, d'où
sortent tant d'opinions perverses et d'erreurs. Car ils répètent que " le
pouvoir ecclésiastique n'est pas de droit divin, distinct et indépendant du
pouvoir civil, et qu'une telle distinction et indépendance ne peut être
conservée sans que l'Eglise envahisse et usurpe les droits essentiels du
pouvoir civil ".
13 - Et Nous ne pouvons passer sous silence
l'audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que :
" Quant à ces jugements et à ces décrets du Siège apostolique dont l'objet
regarde manifestement le bien général de l'Eglise, ses droits et sa discipline,
on peut, du moment qu'ils ne touchent pas aux dogmes relatifs à la foi et aux
mœurs, leur refuser l'assentiment et l'obéissance, sans péché et sans cesser en
rien de professer le catholicisme ". A quel point cela est contraire au
dogme catholique sur le plein pouvoir, divinement conféré par le Christ Notre
Seigneur lui-même au Pontife romain, de paître, de régir et de gouverner
l'Eglise universelle, il n'est personne qui ne le voie et qui ne le comprenne
clairement et distinctement.
14 - Au milieu donc d'une telle perversité d'opinions
corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive
sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le
salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine
elle-même, Nous avons jugé bon d'élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des
opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous
les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique ; et
Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Eglise catholique les tiennent
absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées [condamnations ex cathedra ou
prononcées infailliblement et par conséquent irréformables].
15 - Et, en outre, vous savez très bien, Vénérables Frères,
que de nos jours ceux qui haïssent toute vérité et toute justice, les ennemis
acharnés de notre religion, au moyen de livres empoisonnés, de brochures et de
journaux répandus par toute la terre, trompent les peuples, mentent
perfidement, et diffusent toutes sortes d'autres doctrines impies. Vous
n'ignorez pas non plus que, même à cette époque où nous sommes, on en trouve
qui, mus et stimulés par l'esprit de Satan, en sont arrivés à cette impiété de
nier Notre Seigneur et Maître Jésus-Christ, et ne craignent pas d'attaquer sa
Divinité avec une insolence criminelle. Mais ici Nous ne pouvons, Vénérables
Frères, que vous honorer à bon droit des plus grands éloges, vous qui n'avez
jamais manqué avec tout votre zèle, d'élever votre voix épiscopale contre tant
d'impiété.
16 - C'est pourquoi, par Nos présentes Lettres, Nous vous
adressons une fois de plus avec beaucoup d'affection à vous qui, appelés à partager
Nos soucis, êtes au milieu des calamités qui nous touchent si vivement. Notre
consolation, Notre joie et Notre encouragement les plus grands : par la qualité
de votre esprit religieux et de votre piété et aussi par cet amour, cette foi
et cette déférence admirable avec lesquels, attachés à Nous et à ce Siège
apostolique dans la plus grande unité d'esprit, vous travaillez à remplir avec
empressement et application votre très grave ministère épiscopal. Car Nous attendons de votre remarquable zèle
pastoral que, prenant le glaive de l'esprit, qui est la parole de Dieu, et
fortifiés dans la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, vous ayez la bonté de
veiller chaque jour davantage avec une attention redoublée à ce que les fidèles
confiés à vos soins " s'abstiennent des herbes nuisibles que Jésus-Christ
ne cultive pas, parce qu'elles n'ont pas été plantées par son Père " (5). Et ne cessez jamais d'inculquer à ces mêmes fidèles
que tout vrai bonheur découle pour les hommes de notre sainte religion, de sa
doctrine et de sa pratique, et qu' " heureux est le peuple dont Dieu est
le Seigneur " (6). Enseignez que " l'autorité repose sur le fondement
de
17 - C'est toujours, Vénérables Frères, mais c'est
maintenant plus que jamais, au milieu de telles calamités de l'Eglise et de la
société civile, en présence
d'une si vaste conspiration d'adversaires et d'un tel amas d'erreurs contre le
catholicisme et le Siège apostolique,
qu'il est absolument nécessaire de nous adresser avec confiance au Trône de la
grâce pour obtenir miséricorde et trouver la grâce d'une protection opportune.
A cette fin, Nous avons jugé bon de stimuler la piété de tous les fidèles pour
qu'en union avec Nous, et avec vous, ils ne cessent de prier et supplier par
les prières les plus ferventes et les plus humbles, le Père très clément des
lumières et des miséricordes ; qu'ils se réfugient toujours dans la plénitude
de la foi auprès de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a rachetés à Dieu en
son sang ; qu'ils demandent avec une perpétuelle instance à son très doux Cœur,
victime de sa très ardente charité envers nous, d'attirer tout à lui par les
liens de son amour, et de faire que tous les hommes, enflammés de son très
saint amour, marchent dignement selon son Cœur, agréables à Dieu en tout,
portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres. Et, comme les prières des hommes sont indubitablement
plus agréables à Dieu quand elles Lui parviennent avec des cœurs purs de toute
corruption, Nous avons pensé à ouvrir
avec une libéralité apostolique aux fidèles chrétiens les célèbres trésors de
l'Eglise dont la distribution Nous est confiée, afin que ces mêmes fidèles
excités plus vivement à la vraie piété, et purifiés des taches de leurs péchés
par le Sacrement de
Pénitence, répandent avec plus de
confiance leurs prières à Dieu et obtiennent sa miséricorde et sa grâce.
18 - En conséquence, par les présentes Lettres, en vertu de
notre Autorité apostolique, à tous et chacun des fidèles des deux sexes dans
l'univers catholique, Nous accordons une Indulgence plénière en forme de
Jubilé, à gagner durant toute l'année à venir 1865 et non au delà, dans
l'espace d'un mois à désigner par vous, Vénérables Frères, et les autres
Ordinaires légitimes des lieux, en la même manière et forme exactement que Nous
l'avons accordée, au commencement de Notre suprême Pontificat par Nos Lettres
apostoliques en forme de Bref du 20 novembre 1846, envoyée à tout votre Ordre
épiscopal de l'univers, et commençant par ces mots : " Arcano
Divinæ Providentiæ consilio ", et avec tous les mêmes pouvoirs
accordés par Nous dans ces Lettres. Nous voulons cependant que toutes les
prescriptions contenues dans les susdites lettres soient observées, et que
soient maintenues toutes les exceptions que Nous avons mentionnées. Nous
accordons cela nonobstant toutes dispositions contraires, même celles qui
seraient dignes d'une mention et d'une dérogation spéciales et individuelles.
Et pour écarter tout doute et toute difficulté, Nous vous avons fait parvenir
un exemplaire de ces Lettres.
19 - Prions, Vénérables Frères, " du fond du cœur et
de toute notre âme la miséricorde de Dieu, parce qu'il a lui-même ajouté : Je
n'éloignerai pas d'eux ma miséricorde. Demandons et nous recevrons, et si nous
attendons et que nous tardions à recevoir à cause de la gravité de nos
offenses, frappons ; car à celui qui frappe on ouvrira, pourvu que nous
frappions à la porte avec nos prières, nos gémissements et nos larmes, avec
lesquels il faut insister et persévérer, et pourvu que notre prière soit
unanime... que chacun prie Dieu non seulement pour lui-même mais pour tous ses
frères, comme le Seigneur nous a enseigné à prier " (11). Et pour que Dieu
exauce plus facilement Nos prières et Nos Vœux, les vôtres et ceux de tous les
fidèles, faisons participer en toute confiance auprès de Lui l'Immaculée et
très sainte Mère de Dieu,
Demandons aussi
les suffrages du Bienheureux Pierre, Prince des Apôtres, de son Co-apôtre Paul,
et de tous les Saints du Ciel qui devenus amis de Dieu, sont parvenus au
royaume céleste, possèdent la couronne et la palme, et sûrs de leur
immortalité, sont soucieux de notre salut.
20 - Enfin, demandant pour vous à Dieu de toute Notre âme
l'abondance de tous les dons célestes, Nous donnons du fond du cœur et avec
amour, en gage de Notre particulière affection,
Donné à Rome, près
Saint-Pierre, le 8 décembre de l'année 1864, dixième depuis
Pie IX, Pape
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1) Grégoire XVI, Encyclique Mirari Vos du 15 août 1832.
2) Id.
3) Saint Augustin, Lettre 105.
4) Saint Léon, Lettre 164.
5) Saint Ignace, martyr, à Philadelphie.
6) Psaume 143.
7) Saint Célestin, Lettre 22 au Synode
d'Ephèse.
8) Saint Innocent I, Lettre 29 au Concile
Episcopal de Carthage.
9) Saint Léon, Lettre 156.
10) Pie VII, encyclique Diu satis, 15
mai 1800.
11) Saint Cyprien, Lettre 11.
12) Saint Bernard, Sermon sur les douze
prérogatives de
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Syllabus
8
décembre 1864
Recueil renfermant les principales erreurs de notre temps
qui sont
condamnées dans les allocutions consistoriales, encycliques et
autres
lettres apostoliques de N. T. S. P. le pape Pie IX.
Chapitre
I
Erreurs relatives au panthéisme,
au naturalisme et au rationalisme absolu.
1. - Il n'existe aucun Etre divin, suprême, parfait dans
sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l'universalité des choses, et
Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux
changements ; c'est Dieu, par cela même, qui existe dans l'homme et dans le
monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est
ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l'esprit avec la
matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le
mal et le juste avec l'injuste.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
2. - On doit nier toute action de Dieu sur les hommes
et sur le monde.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
3. - La raison humaine est, sans tenir aucun compte
de Dieu, l'unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal ; elle est à
elle-même sa loi ; elle suffit par ses forces naturelles à procurer le bien des
hommes et des peuples.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
4. - Toutes les vérités de la religion découlent de
la force native de la raison humaine ; d'où il suit que la raison est la règle
souveraine d'après laquelle l'homme peut et doit acquérir la connaissance de
toutes les vérités de toute espèce.
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Encyclique Singulari quidem,
17 mars 1856. - Allocution Maxima quidem, 9
juin 1862.
5. - La révélation divine est imparfaite, et par
conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini qui réponde au
développement de la raison humaine [grand principe de la civilisation
moderne].
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
6. - La foi du Christ est en opposition avec la raison
humaine ; et la révélation divine, non seulement ne sert à rien, mais elle nuit
à la perfection de l'homme.
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
7. - Les prophéties et les miracles exposés et racontés
dans les Saintes Ecritures sont des fictions poétiques, et les mystères de la
foi chrétienne sont le résumé d'investigation philosophiques
; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques,
et Jésus-Christ lui-même est un mythe.
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
Chapitre
II
Erreurs relatives au rationalisme modéré
8. - Comme la raison est égale à la religion
elle-même, les sciences théologiques doivent être traitées de la même manière
que les sciences philosophiques.
- Allocution Singulari quadam, 9
décembre 1854.
9. - Tous les dogmes de la religion chrétienne, sans
distinction, sont l'objet de la science naturelle ou philosophie ; et la raison
humaine peut, d'après ses principes et ses forces naturelles, parvenir, par son
simple développement historique, à une vraie connaissance de tous les dogmes,
même les plus cachés, pourvu que ces dogmes aient été proposés à la raison
elle-même comme objet.
- Lettre à
l'archevêque de Frisingue : Gravissimas,
11 décembre 1862. - Lettre du même : Tuas libenter,
21 décembre 1863.
10. - Comme autre chose est la philosophe et autre
chose la philosophie, le premier a le droit et le devoir de se soumettre à une
autorité qu'il a reconnue lui-même être vraie ; mais la philosophie ne peut ni
ne doit se soumettre à aucune autorité.
- Lettre à
l'archevêque de Frisingue : Gravissimas, 11 décembre 1862.
11. - L'Eglise non seulement ne doit, dans aucun cas,
sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer les erreurs de la
philosophie et lui abandonner le soin de se corriger elle-même.
- Lettre à l'archevêque
de Frisingue : Gravissimas,
11 décembre 1862.
12. - Les décrets du Siège apostolique et des
congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science.
- Lettre à
l'archevêque de Frisingue : Tuas libenter, 21 décembre 1863.
13. - La méthode et les principes d'après lesquels
les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie, ne conviennent plus
aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences.
- Lettre à
l'archevêque de Frisingue : Tuas libenter, 21 décembre 1863.
14. - On doit s'occuper de philosophie sans tenir
aucun compte de la révélation chrétienne.
- Lettre à
l'archevêque de Frisingue : Tuas libenter, 21 décembre 1863.
Chapitre
III
Erreurs relatives à l'indifférentisme et au latitudinarisme.
15. - Il est libre à chaque homme d'embrasser et de
professer la religion qu'il aura été amené à regarder comme vraie, par les
seules lumières de la raison.
- Lettre
apostolique Multiplices inter, 10 juin
1851. - Allocution Maxima quidem, 9 juin 1862.
16. - Les hommes peuvent trouver le chemin du salut
éternel et obtenir le salut éternel dans le culte de n'importe quelle religion.
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Allocution Ubi primum, 17
décembre 1847. - Encyclique Singulari quidem, 17 mars 1856.
17. - Au moins doit-on bien espérer du salut éternel
de tous ceux qui ne vivent nullement dans le sein de la véritable Eglise du
Christ.
- Allocution Singulari quadam, 9
décembre 1854. - Encyclique Quanto conficiamur, 17
août 1863.
18. - Le protestantisme n'est autre chose qu'une
forme diverses de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on
peut être agréable à Dieu, aussi bien que dans l'Eglise catholique.
- Encyclique Nobis et nobiscum,
8 décembre 1849.
Chapitre
IV
Erreurs relatives au socialisme, au communisme, aux sociétés
secrètes, aux
sociétés bibliques et aux sociétés clérico-libérales.
Ces sortes de
fléaux sont souvent frappés de condamnations formulées en termes très graves
dans l'Encyclique Qui pluribus du 9 novembre
1846, dans l'Allocution Quibus quantisque du 20 avril 1849, dans l'Encyclique Nostis et nobiscum
du 8 décembre 1849, dans l'Encyclique Quanto conficiamur
mærore du 10 août 1863.
Chapitre
V
Erreurs sur l'Eglise et ses droits
19. - L'Eglise n'est pas une société vraie et parfaite,
pleinement libre ; elle ne jouit pas de droits propres et constants, à elle
conférés par son divin Fondateur, mais il appartient au pouvoir civil de
définir quels sont les droits de l'Eglise et les limites dans lesquelles elle
peut les exercer.
- Allocution Singulari quadam, 9
décembre 1854. - Allocution Multis gravibusque, 17 décembre 1860. - Allocution Maxima quidem, 9 juin 1862.
20. - Le pouvoir ecclésiastique ne doit pas exercer son
autorité sans la permission et l'assentiment du gouvernement civil.
- Allocution Meminit unusquisque,
20 septembre 1861.
21. - L'Eglise n'a pas le pouvoir de définir
dogmatiquement que la religion de l'Eglise catholique est la seule vraie
religion.
- Lettre
apostolique Multiplices inter, 10 juin
1850.
22. - L'obligation qui concerne les maîtres et les
écrivains catholiques se bornes aux choses qui ont été définies par le jugement
infaillible de l'Eglise comme étant des dogmes de foi qui doivent être crus par
tous.
- Lettre à
l'archevêque Frisingue : Tuas libenter,
21 décembre 1863.
23. - Les Souverains Pontifes et les Conciles
œcuméniques se sont écartés des limites de leur pouvoir ; ils ont usurpé les
droits des princes, et ils ont même erré dans les définitions relatives à la
foi et aux mœurs.
- Lettre apostolique
Multiplices inter, 10 juin 1850.
24. - L'Eglise n'a pas le droit d'employer la force ;
elle n'a aucun pouvoir temporel direct ou indirect.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
25. - Outre le pouvoir inhérent à l'épiscopat, il y a un
pouvoir temporel qui lui a été concédé ou expressément ou tacitement par
l'autorité civile, révocable par conséquent à volonté par cette autorité
civile.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
26. - L'Eglise n'a pas le droit naturel et légitime
d'acquérir et de posséder.
- Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856. - Encyclique Incredibili, 17 septembre 1863.
27. - Les ministres sacrés de l'Eglise et le Pontife
Romain doivent être absolument exclus de tout soin et domaine (ou gestion et
autorité) sur les choses temporelles.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
28. - Il n'est pas permis aux Evêques de publier même
les Lettres apostoliques sans la permission du gouvernement.
- Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856.
29. -
Les grâces accordées par le Pontife Romain doivent être regardées comme nulles,
si elles n'ont pas été demandées par l'entremise du gouvernement.
- Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856.
30. - L'immunité de l'Eglise et des personnes
ecclésiastiques a tiré son origine du droit civil.
- Lettre
apostolique Multiplices inter, 10 juin
1851.
31. - Le for ecclésiastique pour les procès temporels
des clercs, soit au civil, soit au criminel, doit absolument être aboli, même
sans consulter le Siège Apostolique et sans tenir compte de ses
réclamations.
- Allocution Acerbissimum, 27 septembre 1852. - Allocution
Nunquam fore, 15 décembre 1856.
32. - L'immunité personnelle, en vertu de laquelle les
clercs sont exempts de la milice (ou du service militaire), peut être abrogée
sans aucune violation de l'équité et du droit naturel. Le progrès civil demande
cette abrogation, surtout dans une société constituée d'après une législation
libérale.
33. - Il n'appartient pas uniquement par droit propre et
naturel à la juridiction ecclésiastique de diriger l'enseignement des choses
théologiques.
- Lettre à
l'archevêque de Frisingue : Tuas libenter, 21 décembre 1863.
34. - La doctrine de ceux qui comparent le Pontife
Romain à un prince libre et exerçant son pouvoir dans l'Eglise universelle, est
une doctrine qui a prévalu au moyen âge.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
35. - Rien n'empêche que, par décret d'un Concile
Général, ou par le fait de tous les peuples, le Souverain Pontificat soit
transféré de l'Evêque romain de la ville de Rome à un autre Evêque et à une
autre ville.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
36. - La définition d'un Concile national n'admet pas
d'autre discussion, et l'Administration civile peut exiger qu'on traite.
- Lettre apostolique
Ad apostolicæ, 22 août 1851.
37. - On peut instituer des Eglises nationales
soustraites à l'autorité du Pontife Romain et pleinement séparées de lui.
- Allocution Multis gravibusque,
17 décembre 1860. - Allocution Jamdudum cernimus, 18 mars 1861.
38. - Les prétentions excessives des Pontifes Romains
ont poussé à la division de l'Eglise en orientale et occidentale.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
Chapitre
VI
Erreurs relatives à la société civile, considérée, soit en
elle-même,
soit dans ses rapports avec l'Eglise.
39. - L'Etat, comme étant l'origine et la source de
tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
40. - La doctrine de l'Eglise catholique est opposée au
bien et aux intérêts de la société humaine.
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Allocution Quibus quantisque,
20 avril 1849.
41. - La puissance civile, même quand elle est exercée
par un prince infidèle, possède un pouvoir indirect négatif sur les choses
sacrées. Elle a, par conséquent, non seulement le droit qu'on appelle
d'exequatur, mais encore le droit qu'on nomme d'appel comme d'abus.
- Lettre
apostolique : Ad apostolicæ, 22 août 1851.
42. - En cas de conflit entre les lois émanant de chacun
des deux pouvoirs, le droit civil prévaut [ou le temporel sur le spirituel, le
moins noble sur le plus noble].
- Lettre
apostolique : Ad apostolicæ, 22 août 1851.
43. - La puissance laïque a le
pouvoir de casser, de déclarer et rendre nulles les conventions solennelles
(vulgairement appelées Concordats) conclues avec le Siège Apostolique
sur l'usage des droits appartenant à l'immunité ecclésiastique, sans le
consentement de ce Siège, et même malgré ses réclamations.
- Allocution In
consistoriali, 1er novembre 1850. -
Allocution Multis gravibusque,
17 décembre 1860.
44. - L'autorité civile peut s'immiscer dans les choses
qui regardent la religion, les mœurs et la direction des âmes (ou régime
spirituel). D'où il suit qu'elle peut juger des Instructions que les pasteurs
de l'Eglise publient, d'après leur charge, pour la règle des consciences ; elle
peut même décider sur l'administration des sacrements et sur les dispositions
nécessaires pour les recevoir.
- Allocution In
consistoriali, 1er novembre 1850. -
Allocution Maxima Quidem, 9 juin 1862.
45. - Toute la direction des écoles publiques, dans
lesquelles la jeunesse d'un Etat chrétien est élevée, si l'on en excepte
seulement dans une certaine mesure les séminaires épiscopaux, peut et doit être
attribuée à l'autorité civile, et cela de telle manière qu'il ne soit reconnu à
aucune autorité le droit de s'immiscer dans la discipline des écoles, dans le
régime des études, dans la collation des grades, dans le choix ou l'approbation
des maîtres.
- Allocution In
consistoriali, 1er novembre 1850. -
Allocution Quibus luctuasissimis,
5 septembre 1851.
46. - Bien plus, même dans les séminaires des clercs, la
méthode à suivre dans les études est soumise à l'autorité civile.
- Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856.
47. - La bonne constitution de la société civile demande
que les écoles populaires qui sont ouvertes à tous les enfants de chaque classe
du peuple, et, en général, que les institutions publiques destinées aux
lettres, à une instruction supérieure et à une éducation plus élevée de la
jeunesse, soient affranchies de toute autorité de l'Eglise, de toute influence
modératrice et de toute ingérence de sa part, et qu'elles soient pleinement
soumises à la volonté de l'autorité civile et politique, suivant le bon plaisir
des gouvernants et le courant des opinions générales de l'époque [1]
- Lettre à
l'archevêque de Fribourg-en-Brisgau : Quam
non sine, 14 juillet 1864.
Charles Maurras,
48. - Des catholiques peuvent approuver un système
d'éducation placé en dehors de la foi catholique et de l'autorité de l'Eglise,
et qui n'ait pour but principal que la science des choses purement naturelles
et les fins de la société terrestre.
- Lettre à
l'archevêque de Fribourg-en-Brisgau : Quam
non sine, 14 juillet 1864.
49. - L'autorité civile peut empêcher les évêques et
les fidèles de communiquer librement entre eux et avec le Pontife Romain.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
50. - L'autorité laïque a par elle-même le droit de
présenter les évêques et peut exiger d'eux qu'ils prennent en main
l'administration de leurs diocèses avant qu'ils aient reçu du Saint-Siège
l'institution canonique et les lettres apostoliques.
- Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856.
51. - Bien plus, la puissance séculière a le droit
d'interdire aux évêques l'exercice du ministère pastoral, et elle n'est pas
tenue d'obéir au Pontife Romain en ce qui concerne l'institution des évêchés et
des évêques.
- Lettre
apostolique Multiplices inter, 10 juin
1851. - Allocution Acerbissimum, 27
septembre 1852.
52. - Le gouvernement peut, de son propre droit, changer
l'âge prescrit pour la profession religieuse, tant des femmes que des hommes,
et enjoindre aux communautés religieuses de n'admettre personne aux vœux
solennels sans son autorisation.
- Allocution Nunquam fore, 15 décembre 1856.
53. - On doit abroger les lois qui protègent l'existence
des familles religieuses, leurs droits et leurs fonctions ; bien plus, la
puissance civile peut donner son appui à toux ceux qui voudraient quitter
l'état religieux qu'ils avaient embrassé et enfreindre leurs vœux solennels ;
de même, elle peut supprimer complètement ces mêmes communautés religieuses,
aussi bien que les églises collégiales et les bénéfices simples, même le droit
de patronage, et attribuer et soumettre leurs biens et revenus à
l'administration et à la disposition de l'autorité civile.
- Allocution Acerbissimum, 27 septembre 1852. - Allocution
Probe memineritis, 22 janvier 1855. -
Allocution Cum sæpe, 26 juillet 1855.
54. - Les rois et les princes, non seulement sont
exempts de la juridiction de l'Eglise, mais même ils sont supérieurs à l'Eglise
quand il s'agit de trancher les questions de juridiction.
- Lettre
apostolique Multiplices inter, 10 juin
1851.
55. - L'Eglise doit être séparée de l'Etat, et l'Etat
séparé de l'Eglise.
- Allocution Acerbissimum, 27 septembre 1852.
Chapitre
VII
Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne.
56. - Les lois de la morale n'ont pas besoin de
sanction divine ; il n'est pas du tout nécessaire que les lois humaines se
conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d'obliger.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
57. - La science de la philosophie et de la morale,
et au même titre les lois civiles, peuvent et doivent être soustraites à
l'autorité divine et ecclésiastique.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
58. - Il ne faut reconnaître d'autres forces que
celles qui résident dans la matière ; et tout système de morale, toute
honnêteté doit consister à accumuler et augmenter de toute manière ses
richesses et à se procurer des jouissances.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862. - Encyclique Quanto conficiamur, 10 août 1863.
59. - Le droit consiste dans le fait matériel, tous
les devoirs de l'homme ne sont qu'un vain mot, et tous les faits humains ont
force de droit.
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
60. - L'autorité n'est autre que la somme du nombre
et des forces matérielles [la démocratie !].
- Allocution Maxima
quidem, 9 juin 1862.
61. - Une injustice de fait couronnée de succès ne porte
aucune atteinte à la sainteté du droit.
- Allocution Jamdudum cernimus,
18 mars 1861.
62. - On doit proclamer et observer le principe que l'on
nomme de " non intervention ".
- Allocution Novos et ante, 28 septembre 1860.
63. - Il est permis de refuser l'obéissance aux
princes légitimes et même de se révolter contre eux.
- Encyclique Qui
pluribus, 9 novembre 1846. - Allocution Quisque vestrum, 4
octobre 1847. - Encyclique Nostis et nobiscum, 8 décembre 1849? - Lettre apostolique Cum catholica, 26 mars 1860.
64. - La violation d'un serment, quelque saint qu'il
soit, et toute action criminelle et honteuse opposée à la loi éternelle, non
seulement ne doit pas être blâmée, mais elle est tout à fait licite et digne
des plus grands éloges, quand elle est inspirée par l'amour de la patrie.
- Allocution Quibus quantisque,
9 avril 1849.
Chapitre
VIII
Erreurs sur le mariage chrétien
65. - On ne peut établir par aucune preuve que le Christ
a élevé le mariage à la dignité de sacrement.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
66. - Le sacrement de mariage n'est rien d'autre qu'un
accessoire au contrat dont il est séparable, et le sacrement lui-même ne
consiste que dans la bénédiction nuptiale.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
67. - De droit naturel, le lien du mariage n'est pas
indissoluble, et, dans différents cas, le divorce proprement dit peut être
sanctionné par l'autorité civile.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851. -
Allocution Acerbissimum, 27 septembre
1852.
68. - L'Eglise n'a pas le pouvoir d'introduire des
empêchements dirimants au mariage ; mais ce pouvoir appartient à l'autorité
civile qui doit lever les empêchements existants.
- Lettre
apostolique Multiplices inter, 10 juin
1851.
69. - L'Eglise, dans le cours des siècles, a commencé à
introduire les empêchements dirimants, non par son droit propre, mais en usant
du droit qu'elle avait emprunté au pouvoir civil.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
70. - Les canons du Concile de Trente, qui prononcent
l'anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu'a l'Eglise d'opposer les
empêchement dirimants, ne sont pas dogmatiques ou doivent s'entendre de ce
pouvoir emprunté.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
71. - La forme prescrite par le Concile de Trente
n'oblige pas sous peine de nullité, quand la loi civile établit une autre forme
à suivre et veut qu'au moyen de cette forme nouvelle le mariage soit valide.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
72. - Boniface VIII a le premier déclaré que le vœu de
chasteté conjugale prononcé dans l'ordination rend le mariage nul.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
73. - Par la vertu du contrat purement civil, un vrai
mariage peut exister entre chrétiens ; et il est faux, ou que le contrat de
mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement, ou que ce contrat soit nul
en dehors du sacrement.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
- Lettre au roi de Sardaigne, 9 septembre 1852. - Allocution Acerbissimum, 27 septembre 1852. -
Allocutions Multis gravibusque,
17 décembre 1860.
74. - Les causes matrimoniales et les fiançailles, par
leur nature propre, appartiennent à la juridiction civile.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
- Allocution Acerbissimum, 27 septembre
1852.
N.B. - Deux autres
erreurs peuvent prendre place ici : l'abolition du célibat ecclésiastique et la
préférence due à l'état de mariage sur l'état de virginité.
Elles seront
condamnées, la première dans l'encyclique Qui pluribus
du 9 novembre 1846, la seconde dans la lettre apostolique Multiplices
inter du 10 juin 1851.
Chapitre
IX
Erreurs sur le principat civil du Pontife Romain.
75. - Les fils de
l'Eglise chrétienne et catholique discutent entre eux de la compatibilité de la
royauté temporelle avec le pouvoir spirituel.
- Lettre
apostolique Ad apostolicæ, 22 août 1851.
76. - L'abrogation
de la souveraineté civile, dont le Saint-Siège est en possession, ferait
avancer et de beaucoup la liberté et le bonheur de l'Eglise.
- Allocution Quibus quantisque,
20 avril 1849.
N.B. - Outre ces
erreurs explicitement notées, plusieurs autres sont implicitement réprouvées
par la doctrine exposée et soutenue que les catholiques doivent tous maintenir
fermement, sur les principat civil du Pontife Romain. Cette doctrine est
clairement enseignée dans l'allocution Quibus
quantisque du 20 avril 1849 ; dans l'allocution Si
semper antea du 29 mai 1850 ; dans la lettre
apostolique Cum Catholica Ecclesia
du 26 mars 1860 ; dans l'allocution Novas du 28 septembre 1860 ; dans
l'allocution Jamdudum cernimus
du 18 mars 1861 ; dans l'allocution Maxima quidem
du 9 juin 1862.
Chapitre
X
Erreurs qui se rapportent au libéralisme contemporain.
77. - A notre époque, il n'est plus utile que la
religion catholique soit considérée comme l'unique religion de l'Etat, à
l'exclusion de tous les autres cultes.
- Allocution Nemo vestrum, 26
juillet 1855.
78. - Aussi, c'est avec raison que, dans quelques pays
catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui viennent s'y établir, y
jouissent de l'exercice public de leurs cultes particuliers.
- Allocution Jamdudum cernimus,
18 mars 1861.
79. - En effet, il est faux que la liberté civile de
tous les cultes, et que le plein pouvoir attribué à tous de manifester
ouvertement et publiquement n'importe quelles opinions et n'importe quelles
pensées, conduisent plus facilement les peuples à la corruption des mœurs et
des esprits, et propagent la peste de l'indifférentisme.
- Allocution Numquam fore, 15 décembre 1856.
80. - Le Pontife Romain peut et doit se réconcilier
et composer avec le progrès, avec le libéralisme et avec la civilisation
moderne.
- Allocution Jamdudum cernimus,
18 mars 1861.
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Henri Hello,
Docteur en Théologie, Le Syllabus au XXe siècle, Victor Retaux, Librairie-Editeur, 1906,
pp. 11-12, 13-14, 15-17, 18-19, 22-23, 35, 41-42, 45, 51 et 52 :
" Le Syllabus
n'a rien innové. Il a résumé les " principales erreurs de notre époque
" opposées à l'enseignement traditionnel, erreurs qui dérivent
d'une fausse notion de la liberté. Comment donc se fait-il que les catholiques
libéraux, qui se disent les fils soumis de l'Eglise, évitent de nommer le
Syllabus, ou le déclarent inacceptable en pratique ? [déjà ! en 1864... " rien de
nouveau sous le soleil " (L'Ecclésiaste, I, 9)]. Ils en dénaturent le sens, ils diminuent son
autorité, ils s'attachent à des erreurs que le Syllabus a condamnées.
" Beaucoup de
ces catholiques sont de bonne foi.
" Ils
acceptent en bloc, sincèrement, ce qu'enseigne l'Eglise, mais leur ignorance
est profonde. Ils ne connaissent ni les principes chrétiens, ni le pouvoir
doctrinal que l'Eglise a reçu de son divin fondateur, ni l'usage qu'elle en a
fait. Ils tiennent de l'enseignement universitaire, de la presse, de l'opinion
publique fabriquée, l'idée complètement fausse qu'ils ont du Syllabus.
" Les
principaux chefs de l'école catholique libérale ont prétendu édifier la cité
nouvelle sur la liberté. Ils ont oublié que nul ne peut poser un
autre fondement que la vérité même. Les principes de l'ordre social sont
immuables, et le premier de tous, celui qui soutient et unit tous les autres,
est le principe religieux. Le libéralisme, en plaçant à la base de la
société moderne une liberté que réprouve l'Eglise, a prêté son concours aux
ennemis de Dieu et du peuple chrétien : il a aidé
" Quoi
qu'il en soit des intentions droites, des inconséquences et de l'ignorance, le
libéralisme, sous toutes ses formes, est l'adversaire du Syllabus.
" Le
libéralisme couve les libertés modernes comme une poule ses œufs : il les
protège contre l'Eglise romaine. L'Eglise a reconnu les œufs de vipère : leur
éclosion est quotidienne [ce qui fait qu'en l'an 2002 les vipères se sont
répandues sur toute la terre comme le pire des virus à l'instar de l'arianisme
au début du IVe siècle de notre ère], et leur venin mortel infecte
les âmes.
" [...] Or,
une étude comparée montre l'identité parfaite des propositions condamnées au Syllabus
avec la doctrine enseignée dans les écoles minervales
de Weishaupt et dans les loges.
" Quelles que
soient les divergences de détails, notamment sur la tactique à employer,
" Cette
idée-mère est celle de l'homme-dieu : c'est l'homme mis à la place
de Dieu, ou, pour aller par gradation, l'homme parfait, l'homme souverain,
prêtre et roi de la nature, homme-dieu par nature.
" L'idée
maçonnique ainsi résumée comprend :
1° Le panthéisme -
le dieu-nature - l'homme-dieu - la raison déifiée.
2° Comme première
conséquence, la liberté native et inaliénable de l'homme, apanage de sa
nature divine et parfaite ; l'indépendance complète de la raison
humaine, qui ne reconnaît au-dessus d'elle aucun législateur, aucune loi
supérieure ; conséquence : la morale indépendante.
3° L'égalité naturelle
et inaliénable des hommes : tous ayant la même nature souveraine,
personne n'a le droit de commander à son prochain, ce qui supposerait une
supériorité.
4° Donc, toute
autorité venant de Dieu, soit spirituelle, soit temporelle, est exclue.
Pas de Dieu personnel, pas de révélation surnaturelle. L'Eglise n'est rien de
plus qu'une société humaine, assujettie à l'Etat, qui
représente la collectivité. Il est, suivant le mot de Hégel,
le dieu moderne.
" Il faut
bien tempérer ces doctrines à l'usage des princes dont
" Il faut
bien les adapter aux tempéraments et aux mœurs plus ou moins chrétiennes des
nations que la secte veut soulever contre toute autorité légitime : la même
dose de poison ne saurait convenir à tous.
" Les
habiles des sociétés secrètes s'emploient à ces manœuvres avec un art infernal.
" L'irréconciliable
ennemi, pour eux, c'est le Syllabus.
"
[...] Car le Syllabus - nous le prouverons bientôt - n'est qu'un résumé de
l'enseignement de l'Eglise.
" C'est au
nom du prétendu progrès moderne que la secte prétend imposer au monde
son mensonge, sa rébellion. C'est au nom du progrès moderne que l'homme,
prenant à son compte le cri de l'ange déchu, dit à son tour : Non serviam (Je ne servirai pas), et proclame sa propre
divinité !
" C'est
contre le progrès moderne que l'Eglise s'est dressée, au nom de Dieu
Créateur et Souverain, au nom de Jésus-Christ Rédempteur et roi des nations.
Fondée sur le roc inébranlable de la foi, armée de la justice, de la vérité, de
la parole de Dieu, elle a répondu au défi par le Syllabus.
" Le
Syllabus est la protestation solennelle des droits de Dieu et de son Christ
contre la négation de
" Les libertés
modernes, enfantées par
" Logiquement
il doit en être ainsi.
" Historiquement,
il est prouvé que les libertés modernes ont été inventées, prônées,
popularisées, par les écrivains de la secte, par la presse qu'elle entretient,
par ses orateurs, par les maîtres qu'elle donne à la jeunesse.
" L'homme-Dieu,
c'est encore le Dieu-Etat, c'est la collectivité, considérée dans ses
mandataires, indépendante, broyant tout sous son joug de fer ; elle
asservit les consciences, et ne laisse rien en dehors de sa domination.
" Qu'on
cherche dans le Syllabus, de la première proposition jusqu'à la
dernière, sous des formes variées, que la monstrueuse erreur de l'homme-Dieu
et de l'Etat-Dieu.
" Les
propositions en apparence les plus modérées sont les conséquences très logiques
d'une idée qui, au fond, est la révolte même érigée en système, usant
d'artifices et flattant les convoitises pour se substituer à tous les principes
de l'ordre religieux et social.
" [...] La
doctrine maçonnique est donc le plus complet dissolvant de toute société qui se
puisse concevoir. Voilà pourquoi les païens eux-mêmes avaient proscrit
les sectes manichéennes. Leurs erreurs étaient les mêmes.
" Elle les impose au nom du progrès, de la
civilisation moderne ! [Cf.
la dernière proposition du Syllabus.]
" La souveraineté
de l'homme remplaçant celle de Dieu, c'est l'anarchie monstrueuse, non
seulement de fait, mais érigée en droit nouveau, celui de la révolution, qui
remplace le droit éternel et immuable.
" C'est
l'anarchie, puisque la société n'a plus de base naturelle : tous les fondements
ont disparu, tous les liens sociaux sont dissous. Plus de morale, plus de
famille, plus de propriété. Il n'y a plus de devoirs [et
il n'y a fatalement plus que des droits].
Toute la société repose sur la " poussière humaine ".
" [...] Le
Syllabus garde donc les fondements de l'ordre universel, sans lequel la paix
sociale elle-même est impossible.
" Parce que les principes, détruits par les
uns [ceux qui sont les seuls et vrais
responsables de toutes les divisions civiles ou religieuses dans le monde ou
dans l'Eglise], sont absolument
abandonnés par les autres, parce que la société laïcisée ne repose plus sur ses
bases naturelles, il n'y a plus de sécurité
" Le salut
est dans le retour aux principes, que maintient, contre les flots furieux le
l'océan révolutionnaire, le Syllabus de Pie IX.
" [...] Tel
est le véritable sens des principes de 89.
" On a dit
que les libertés nées de
" En fait,
les libertés modernes sont partout exaltées. Beaucoup de chrétiens, qui se
déclarent soumis aux enseignements de l'Eglise, affirment la légitimité et la
nécessité sociale des principes de 89, qui ont consacré ces mêmes libertés.
" Et
cependant jamais Rome ne les a reconnus. Jamais l'Eglise, par son magistère infaillible, n'en a parlé que pour les proscrire ; or, en ces
matières, où sa foi et sa morale sont en cause, l'Eglise a autorité pour dire
au monde qu'il se trompe, et, à l'opinion, qu'elle se lance dans une voie qui
mène aux précipices. [...]
" Il n'y a de salut possible que dans le
retour aux principes chrétiens, aux droits de Dieu, proclamés, maintenus, en
face de
" Voilà pourquoi, au début du XXe siècle,
les catholiques, pour l'honneur de Dieu, pour le salut des âmes et de la
société chrétienne, doivent affirmer solennellement leur adhésion au Syllabus.
" [...]
Répondons maintenant à cette grave question : le Syllabus est-il un document ex cathedra obligeant la
conscience catholique, en vertu de l'infaillibilité pontificale, à
rejeter au moins comme des erreurs toutes et chacune des propositions qu'il
condamne ?
" Le cardinal
Mazzella, dans son cours au Collège romain, l'affirme
et réfute les objections contraires (De religione
et Ecclesia, pp. 822-824).
" Nous le
suivons dans notre réponse.
" Le Syllabus,
dit-il, réunit toutes les conditions acquises pour un document ex cathedra,
soit infaillible.
" Ces
conditions sont les suivantes :
a) Que le Pape
parle comme Docteur et Pasteur suprême de l'Eglise.
b) Qu'il parle
pour enseigner des doctrines qui sont l'objet direct ou indirect de
l'infaillibilité, ou pour condamner des doctrines contraires directement ou
indirectement à la foi catholique.
c) Qu'il porte une
sentence définitive, avec l'intention d'obliger en conscience : aucune formule
solennelle n'est déterminée.
d) Qu'il oblige
l'Eglise entière, même s'il s'adresse à une seule personne, par exemple à un
évêque (c'est le cas pour la lettre à l'archevêque de Munich ou de Frisingue).
" Ces
conditions, dit le cardinal Mazzella, sont réunies en
ce qui concerne le Syllabus. " Simplex applicatio
conditionum quæ juxta concilium Vaticanuum ad hujusmodi actum requiruntur, evidenter ostendit infaillibilitatis characterem ei denegari nullatenus passe."
" Peu
importe, dit-il, que le Syllabus soit dépourvu de certaines formules
solennelles qui se trouvent dans d'autres actes. Ces formules ne sont pas de
droit divin. Le droit ecclésiastique ou la pratique de l'Eglise, d'où elles
dérivent, ne les impose pas absolument. Il suffit que l'intention d'obliger l'Eglise universelle soit
manifeste, avec ou sans ces formules.
" Or, dans le Syllabus, le Pape parle
comme Docteur suprême, en des matières qui toutes concernent la foi et les
mœurs, ou s'y rattachent, et sont par conséquent l'objet direct ou indirect
de l'infaillibilité ; l'intérêt de l'Eglise universelle y est engagé, et le
Pape commande avec l'intention manifeste d'être obéi.
" L'autorité
du Syllabus est prouvée par l'Encyclique Quanta Cura, à la suite de
laquelle il a été promulgué.
" Lorsque, dans l'Encyclique, Pie IX, déclare
qu'il a déjà condamné, en vertu de son autorité apostolique les principales
erreurs de notre époque, il montre évidemment : 1° Qu'il parle des
propositions condamnées dans ses actes précédents ; maintenant réunies dans le Syllabus,
dont il annonce le titre par ces paroles : les principales erreurs de notre
temps 2° Qu'il ne condamne pas moins en vertu de la plénitude de son
autorité infaillible ces propositions réunies dans le Syllabus, que
les autres erreurs dérivées de celles-là, et qu'il condamne solennellement dans
le corps de l'Encyclique Quanta Cura.
" [...] Ainsi les erreurs condamnées par
l'Encyclique Quanta Cura le sont ex cathedra. Et Pie IX déclare
qu'il ne fait que continuer ce qu'il a commencé en condamnant d'autres erreurs qui
sont la source de celles-ci. Donc, dans la pensée de Pie IX, il n'y a pas
de différence entre la condamnation portée dans l'Encyclique Quanta Cura
et les condamnations précédentes qui sont toutes réunies dans le Syllabus
: - elles sont toutes ex cathedra. [...]
" Pie X
prépare un nouveau Syllabus.
" Nous
l'affirmons sans crainte d'être démenti par les faits : le Syllabus de Pie X
n'annulera pas, ne diminuera pas le Syllabus de Pie IX [ce
qui s'est effectivement réalisé]. Celui-ci gardera toute sa valeur, car la
vérité est immuable. L'erreur ne cesse jamais d'être l'erreur, et la
condamnation portée contre elle est irrévocable [tout est dit et parfaitement ou
précisément dit !].
" [...]
Confiant dans la force de la vérité qui a les promesses de Dieu, nous dirons,
sans être prophète [il l'est sans doute malgré lui] : Quoi qu'il en soit des
opinions humaines, de l'ensorcellement produit chez le grand nombre par la
propagande du mensonge, LE DISCOURS DE MALINES NE SERA PAS VAINQUEUR DU
SYLLABUS (à la gloire du libéralisme).
" Ou bien, au
cours du XXe siècle [ou au début du XXIe], le discours de Malines, programme du libéralisme catholique, sera vaincu par l'anarchie dont il aura porté,
propagé la semence - et alors il succombera, étouffé par le monstre, après avoir préparé les voies à
l'Antéchrist.
" Ou bien une
restauration chrétienne et sociale se fera par la proclamation des Droits de
Dieu, c'est-à-dire par le Syllabus.
" Instaurare omnia in
Christo, c'est la devise et le
programme de Pie X.
" Alors, au
XXe siècle, le monde étonné verra le discours de Malines vaincu par
le Syllabus ! "
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