La morale

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Pape saint Pie X, Lettre sur le Sillon, § 11, Rome, le 25 août 1910 :

" Non, vénérables Frères - il faut le rappeler énergiquement dans ces temps d'anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et législateur - on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l'a bâtie, on n'édifiera pas la société, si l'Eglise n'en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n'est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est : c'est la civilisation chrétienne, c'est la cité catholique. Il ne s'agit que de l'instaurer et de la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété : omnia instaurare in Christo. "

 

Jean-Marie Vaissière, Fondements de la cité, ouv. cité plus haut, pp. 153-154 :

" [...] l'instauration d'un ordre social chrétien n'a de sens que pour faciliter la conversion plus générale et plus durable des hommes.

La seule méthode dont l'histoire montre qu'elle fut à l'origine de toutes les transformations sociales profondes [...] peut se décomposer en trois temps. [...]

En bref et en ce qui nous concerne, nous, laïcs catholiques :

1° Travailler à la formation d'un certain nombre d'hommes qui [...] 2° [...] agissant ensuite sur les institutions comme avec un levier, travailleront à l'instauration d'un ordre social chrétien (image ACCIDENTELLE de L'ESSENTIELLE cité catholique évoquée par saint Pie X) pour que [...] 3° soit rendue plus facile, plus féconde, l'action spécifiquement apostolique. "

Encyclique Quas primas, pape Pie XI, 11 décembre 1925 :

" [...] D'autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu'elles soient : Il tient du Père sur les créatures un droit absolu, Lui permettant de disposer de toutes à son gré (a).

Néanmoins, tant qu'Il vécut sur terre, Il s'est totalement abstenu d'exercer cette domination terrestre, Il a dédaigné la possession et l'administration des choses humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu'Il a fait alors, Il le continue aujourd'hui : pensée exprimée avec tant de charme dans la liturgie : 'Il ne ravit point les diadèmes éphémères, Celui qui distribue les couronnes du ciel éternel' (b). "

a) S. Matthieu, XXVIII, 18 : " Jésus s'approcha et leur parla en ces termes : 'Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre'. " - Hébreux, I, 1 : " Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. "

b) Ou : " Il ne ravit pas les sceptres mortels, lui qui donne les royaumes célestes " : " Non eripit mortalia, Qui regna dat cœlestia " : l'Epiphanie [la Manifestation] de Notre-Seigneur. - cf. L'Année liturgique, le temps de Noël, les Premières Vêpres, R. P. Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, tome II, p. 101, éd. H. Oudin, Paris 1902.

Encyclique Quas primas, citée plus haut, pape Pie XI : " Toutefois, cette royauté [la royauté du Christ] est surtout spirituelle et concerne principalement les choses spirituelles. "

Encyclique Immortale Dei, citée plus haut, pape Léon XIII, Rome, le 1er novembre 1885 :

" [...] Dieu a donc divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles en son genre est souveraine; chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but spécial. [...]

Il est donc nécessaire qu'il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné non sans analogie avec celui qui dans l'homme constitue l'union de l'âme et du corps. On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force de ces rapports, qu'en considérant, comme nous l'avons dit, la nature de chacune des deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs buts, puisque l'une a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres, et l'autre de procurer les biens célestes et éternels.- Ainsi, tout ce qui, dans les choses humaines, est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but, tout cela est du ressort de l'autorité de l'Eglise. "

S. Thomas d'Aquin, De Regimine principum (Du Gouvernement Royal), 1264, Préface du R. P. Garrigou-Lagrange, 0. P., collection Les Maîtres de la Politique Chrétienne, Éditions de la Gazette Française, Paris, 17, rue Eblé (VIIe), 1926, liv. Ier, chap. XIVe :

"La fin dernière de la société n'est donc pas de vivre selon la vertu, mais d'atteindre, par la pratique de la vertu, la jouissance de Dieu. [...]

"Mais comme l'homme n'atteint pas sa fin qui est la possession de Dieu, par ses propres forces, mais par la puissance divine, selon le mot de l'Apôtre (a) : 'Le don de Dieu, c'est la vie éternelle', il n'appartient pas au gouvernement humain, mais au gouvernement divin de le conduire à cette fin. Or un tel gouvernement relève de ce roi qui n'est pas seulement homme, mais aussi Dieu, c'est-à-dire Notre-Seigneur Jésus-Christ lequel, en faisant des hommes les fils de Dieu, les a introduits dans la gloire céleste.

"C'est donc là le pouvoir qui Lui a été donné et qui ne périra pas ; aussi les Livres Saints Lui donnent-ils le titre non seulement de prêtre, mais de roi, comme dit Jérémie (XXIII, 5) : 'Un roi règnera qui sera sage'. De Lui découle le sacerdoce royal ; et, qui plus est, tous les fidèles du Christ, en tant qu'ils sont ses membres, ont part à ce double titre de roi et de prêtre. L'administration de ce royaume, pour que le spirituel soit bien distingué du temporel, n'a pas été confié aux rois de la terre, mais aux prêtres et principalement à notre 'Grand Prêtre', le successeur de Pierre, le Vicaire du Christ, le Pontife Romain, à qui tous les rois de la chrétienté doivent se soumettre comme à Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même."

a) Romains, VI, 23.

Encyclique Graves de communi du Pape Léon XIII sur la démocratie, 18 janvier 1901 :

" [...] la démocratie chrétienne [...] doit pourvoir aux intérêts des petits, sans cesser de conduire les âmes créées pour les biens éternels à la perfection qui leur convient. [...] il lui faut garder à l'abri de toute atteinte le droit de propriété et de possession, maintenir la distinction des classes qui, sans contredit, est le propre d'un État bien constitué. Enfin, il faut qu'elle accepte de donner à la communauté humaine une forme et un caractère en harmonie avec ceux qu'a établis le Dieu créateur. Il est donc évident que la démocratie sociale et la démocratie chrétienne n'ont rien de commun ; il y a entre elles toute la différence qui sépare le système socialiste de la profession de foi chrétienne. [...] De la même façon, il faut mettre la démocratie chrétienne à couvert d'un autre grief : à savoir qu'elle consacre ses soins aux intérêts des classes inférieures, mais en paraissant laisser de côté les classes supérieures, dont l'utilité n'est pourtant pas moindre pour la conservation et l'amélioration de l'État. "

Allocution du Pape saint Pie X à des pèlerins français, 19 avril 1909 :

" [...] Nous nous réjouissons avec vous, catholiques bien-aimés de la France, qui, faisant écho à l'oracle de l'Église, combattez sous la bannière de la vraie patriote, Jeanne d'Arc, où il vous semble voir écrits ces deux mots : " Religion et Patrie " avec vous qui, de toute l'ardeur de votre âme, acclamez cette héroïne, victime de la basse hypocrisie et de la cruauté d'un renégat vendu à l'étranger, toujours confiante cependant dans le Vicaire de Jésus-Christ, auquel, dans sa détresse, elle en appelait, comme à son dernier refuge. "

Encyclique Il fermo proposito du Pape saint Pie X sur l'Action catholique, 11 juin 1905 :

" [...] La civilisation du monde est une civilisation chrétienne ; elle est d'autant plus vraie, plus durable, plus féconde en fruits précieux, qu'elle est plus nettement chrétienne ; d'autant plus décadente, pour le grand malheur de la société, qu'elle se soustrait davantage à l'idée chrétienne. Aussi, par la force intrinsèque des choses, l'Église devient-elle encore en fait la gardienne et la protectrice de la civilisation chrétienne. Et ce fait fut reconnu et admis dans d'autres siècles de l'histoire ; il forme encore le fondement inébranlable des législations civiles. Sur ce fait reposèrent les relations de l'Église et des États, la reconnaissance publique de l'autorité de l'Église dans toutes les matières qui touchent de quelque façon à la conscience, la subordination de toutes les lois de l'État aux divines lois de l'Évangile. "

Décret Lamentabili du Pape saint Pie X sur les erreurs relatives à l'Institution de l'Église, 3 juillet 1907 :

" LXIII.- L'Église se montre incapable de défendre efficacement la morale évangélique, parce qu'elle se tient obstinément attachée à des doctrines immuables qui ne peuvent se concilier avec les progrès actuels. "

Syllabus, recueil joint à l'encyclique Quanta Cura par ordre du Pape Pie IX et renfermant les principales erreurs de notre temps, 8 décembre 1864, chap. VII : Erreurs sur la morale naturelle et chrétienne :

" 56 - Les lois de la morale n'ont pas besoin de la sanction divine, et il n'est pas du tout nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d'obliger.

" 58 - Il ne faut reconnaître d'autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de morale, toute honnêteté doivent consister à accumuler et augmenter de toute manière ses richesses et à satisfaire ses plaisirs.

" 59 - Le droit consiste dans le fait matériel, tous les devoirs de l'homme ne sont qu'un vain mot, et tous les faits humains ont force de droit.

" 60 - L'autorité n'est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles. "

 Encyclique Quas Primas du Pape Pie XI sur la Royauté du Christ, 11 décembre 1925 :

" [...] C'est pourquoi, en vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi, fête qu'il faudra célébrer chaque année, dans tout l'univers, le dernier dimanche d'octobre, c'est-à-dire le dimanche avant la Toussaint. [...] Aux États, la célébration annuelle de cette fête rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir ; elle évoquera devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non seulement expulsé de la vie publique, mais encore négligé ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une bonne discipline des mœurs. "

R. P. Garrigou-Lagrange, O. P., Préface Du Gouvernement royal de S. Thomas d'Aquin, ouvrage cité plus haut, :

" [...] Mais ce qui importe évidemment, c'est de revenir à la considération attentive des principes que saint Thomas énonce dans ce traité [Du Gouvernement Royal] et dont bon nombre s'appliquent à tout régime légitime. Ces principes relatifs au bien commun et à sa subordination à la fin dernière de l'homme sont ceux qui s'opposent à la conception païenne de l'État moderne, issu de la Révolution, à cet État qui veut s'élever au-dessus des organismes les plus naturels, comme la famille, pour les asservir, et qui souvent prétend imposer une obéissance aveugles à des décrets injustes qui n'ont plus de la loi que le nom.

"Le Souverain Pontife (Pie XI), dans sa dernière Encyclique sur la Royauté du Christ [Encyclique Quas Primas] disait précisément contre cette conception antichrétienne et antinaturelle de l' État :

' [...] Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tirant plus son origine de Dieu, mais des hommes, écrivions-Nous en gémissant au début de Notre Pontificat, il arriva que les bases mêmes de l'autorité furent renversées, dès là qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres ... C'est pourquoi, si les hommes reconnaissent en particulier et en public le pouvoir royal du Christ, il en résulte nécessairement des bienfaits incroyables, qui pénètrent aussitôt la société civile, comme une juste liberté, l'ordre et la tranquillité, la concorde et la paix.'

"Ce sont les fondements mêmes de cette doctrine, sans laquelle aucune forme de gouvernement n'est durable que le Du Gouvernement Royal expose excellemment, et c'est par le retour à ces principes qu'on travaillera efficacement à l'assainissement des intelligences, sans lequel aucune restauration de l'ordre social n'est possible."

La Franquerie (Marquis de la), Le Caractère sacré et divin de la Royauté en France, Éditions du Chiré, Diffusion de la Pensée Française (1978), Chiré-en-Montreuil (86190 Vouillé), page 21 :

" Saint Pie X, le 13 décembre 1908, lors de la lecture du Décret de Béatification de Jeanne d'Arc, disait de ce Testament de Saint Rémi :

'Vous direz aux Français qu'ils fassent leur Trésor des Testaments de Saint Rémi, de Charlemagne et de Saint Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l'Héroïne d'Orléans :

Vive le Christ qui est Roi de France !

A ce titre seulement la France est grande parmi les Nations. A cette clause Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse. A cette condition, on pourra lui appliquer ce qui dans les Livres Saints est dit d'Israël : Que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu. " (a)

a) Actes de Saint Pie X, tome V, pp. 204-205.

Id., pp. 13-14 :

" Le 19 décembre 1907, Saint Pie X déclararait au Cardinal Luçon, Archevêque de Reims :

'Reims conserve la source baptismale d'où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C'était une heure ténébreuse pour l'Église de Jésus-Christ. Elle était d'un côté combattue par les Ariens, de l'autre assaillie par les Barbares ; elle n'avait plus d'autre refuge que la prière pour invoquer l'heure de Dieu. Et l'heure sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le Baptême de Clovis marqua la naissance d'une grande nation : la Tribu de Juda de l'ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu'elle fut fidèle à l'orthodoxie, tant qu'elle maintint l'alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu'elle se montra, non en paroles mais en actes, la Fille Aînée de l'Église.' (a) "

a) Bulletin du Diocèse de Reims : 28 décembre 1907. Note de l'auteur : Le Cardinal Luçon a daigné nous envoyer de sa main une copie du document lors de la première édition de La Mission divine de la France, en 1926.

Les textes que nous venons de citer nous permettent de soutenir que l'État français a le devoir de reconnaître publiquement et officiellement l'autorité de l'Église de Rome en matière de morale, " Église avec laquelle, en raison de son origine plus excellente, écrivait déjà saint Irénée de Lyon au IIe siècle, doit déjà nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout " (a). Sans cette reconnaissance publique et officielle, la France, fille aînée de l'Église, ne cessera pas d'être affligée par toutes sortes de maux et de calamités qui n'iront qu'en s'aggravant, " parce que la plupart des hommes, selon l'encyclique Quas Primas du Pape Pie XI citée plus haut, ont banni Jésus-Christ et sa foi très sainte de leurs coutumes et de leur vie particulière comme de la société familiale et de l'État " (b).

a) Contre les hérésies, III, 3, 2, éd. du Cerf, Paris, 1985.

b) Cf. Proverbes, III, 15 ; S. Matthieu, VI, 26, 31-33 ; Psaumes, XXXV (XXXIV), 10 ; XXXVII (XXXVI), 25 ; Deutéronome, XXVIII, 1-12 ; VI, 4-13 ; II Corinthiens, VI, 10 ; R. P. Louis de Grenade, Guide des pécheurs (livre vivement recommandé par saint François de Sales à Mgr de Revol), tome I, chap. XXII, Librairie catholique de Perisse frères, Lyon, 1838..

S. Thomas d'Aquin, Du Gouvernement royal, ouvrage cité plus haut, liv. Ier, chap. VIe Est-il permis de tuer le tyran ?] :

" [...] nous trouvons un exemple du fait dans l'Ancien Testament (a). Car un certain Aioth tua d'un coup de poignard dans la cuisse, Eglon, roi de Moab, qui tenait le peuple de Dieu dans un pénible esclavage, et il devint juge d'Israël. Mais cette conduite n'est pas conforme à la doctrine des Apôtres. Saint Pierre, en effet, nous enseigne à être respectueusement soumis à nos maîtres [quand ils sont véritablement nos maîtres et se considèrent comme tels, et non quand ils placent l'autorité publique dans le peuple, faisant ainsi de leur autorité une ombre ou un mythe et annihilant ipso facto toute loi proprement dite et corrélativement l'obéissance], non seulement lorsqu'ils sont bons et modérés, mais même lorsqu'ils est pénible de vivre avec eux (b).

"C'est en effet une faveur céleste, si, pour rendre témoignage à Dieu [on est appelé] à supporter des afflictions imméritées. On le vit bien lorsque beaucoup d'empereurs romains persécutèrent tyranniquement la foi chrétienne et qu'une grande multitude de personnes, appartenant aussi bien à la noblesse qu'au peuple, se convertit à cette même foi : ceux qui ont mérité d'être loués, l'ont été, non pour avoir résisté, mais pour avoir soutenu pour le Christ avec patience et résolution la [perspective de la] mort." [Et cela se trouve en démocratie dans la mesure où la majorité parlementaire est fatalement acculée à rejeter les principes fondamentaux de la loi morale et la référence à Dieu, et ce à l’encontre des fidèles du Christ, en se soumettant à un peuple qu’elle a elle-même égaré par ses enseignements évolutionnistes et par conséquent livré à la loi fatale du prétendu progrès qui lui fait accepter les mœurs les plus contraires à la loi naturelle que Dieu a gravée dans le cœur des hommes (cf. Épître de S. Paul aux Romains, 2 : 14-15).]

" [...] Et il [Dieu] dit par la bouche d'Ézéchiel (XXXIV, 10) : 'Je délivrerai mon troupeau de la gueule de ceux-ci', [faisant allusion à l'avidité de ces bêtes sauvages que deviennent] les pasteurs qui se paissent eux-mêmes (c). Mais, pour que le peuple mérite de Dieu ce bienfait, il doit s'affranchir du péché, car en punition de l'offense [qui lui est faite] Dieu permet aux impies de s'emparer du pouvoir. Le Seigneur dit en effet par la bouche d'Osée (XIII, 11) : 'Je te donnerai un roi dans ma fureur', et dans Job (XXXIV, 30), il est écrit que [Dieu] 'fait régner l'homme hypocrite à cause des péchés du peuple'. Il faut donc ôter le péché, si l'on veut que cesse la plaie de la tyrannie."

a) Cf. Juges, IV, 15 et ss.

b) Cf. I Pierre, II, 18.

c) Cf. S. Jean, X, 7-9, 12-13.

11) S. Jean, I, 18 : " Dieu, personne ne l'a jamais vu ; un Dieu, Fils unique, qui est dans le sein du Père, Celui-là l'a fait connaître. "

12) S. Luc, XVII, 20.- Cf. Sainte Thérèse d'Avila, Œuvres complètes, Le Château de l'âme, et Saint Jean de la Croix, Œuvres complètes, La Vive Flamme d'Amour, strophe I, vers 3.

14) I Timothée, VI, 16.

15) Épître de S. Paul aux Hébreux, XIII, 14 : " Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l'avenir. "

16) S. Jean, XVII, 11, 16-18, 21 : " Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; et moi je vais vers toi, Père saint, garde-les en ton Nom que tu m'as donné, afin qu'ils soient un comme nous. [...] Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés par la vérité. [...] Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. " - Id., XX, 17 : " [...] je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. "

17) S. Jean, XIV, 2-3 : " Dans la maison de mon Père, nombreuses sont les demeures. Sinon, vous aurais-je dit : 'Je vais vous préparer une place ?' Et quand je serai allé et vous aurai préparé une place, je viendrai de nouveau et je vous prendrai auprès de moi, pour que là où je suis, vous soyez, vous aussi. " - IIe Épître aux Corinthiens, V, 1 : " Nous savons en effet que si cette tente - notre demeure terrestre - vient à être détruite, nous avons une maison qui est l'œuvre de Dieu, une demeure éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, et qui est dans les cieux. " - Apocalypse, XXI, 1-2, 5, 9-10, 23 : " Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - le premier ciel, en effet, et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu [...] Alors, CELUI QUI SIEGE SUR LE TRONE DECLARA : 'Voici que JE FAIS l'univers nouveau. [...] Alors, l'un des sept Anges aux sept coupes remplies des sept derniers fléaux s'en vint me dire : 'Viens, que je te montre l'Epouse de l'Agneau'. Il me transporta donc en esprit sur une montagne de grande hauteur, et me montra LA CITE SAINTE, Jérusalem, qui descendait du ciel, de chez Dieu, AVEC EN ELLE LA GLOIRE DE DIEU. [...] Elle peut se passer de l'éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l'a illuminée. " [Les nombreuses apparitions de la Vierge Marie prouvent l'existence actuelle de cette Cité sainte. Et l'âme de la Mère de Jésus-Christ ou du Verbe incarné, "vêtue de la clarté de Dieu", constitue déjà un nouveau ciel immaculé et son corps une nouvelle terre sans tache ni malédiction d'Adam : c'est l'œuvre du Seigneur seul et à nulle autre comparable.- Cf. La Cité mystique de Dieu, Marie d'Agréda, 1602-1665, Sœur Marie de Jésus, de l'Ordre de S. François, abbesse du monastère de l'Immaculée Conception de la ville d'Agréda, Espagne, Ire partie, liv. Ier, chap. XVII, XVIII et XIX.]

18) Jean Marie Vaissière, Fondements de la cité, ouv. cité plus haut, page 87 :

" On comprend que Léon XIII n'ait pas craint de désigner comme un des plus sûrs remèdes aux maux dont souffre la société, le rappel de la fin véritable de l'homme, telle qu'elle est rappelée par saint Ignace dans ses 'Exercices'. 'A elle seule, disait Léon XIII au clergé de Carpinetto, cette fameuse méditation sur la fin de l'homme suffirait au redressement complet de la Cité (a).' "

a)      Discours aux membres italiens de l'Union Nationale Saint-Luc, 12 novembre 1944.

 

19) Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Œuvres complètes, Vie écrite par elle-même, chap. XXe, éditions du Seuil, Paris 1949.- Cf. Josemaría Escrivá de Balaguer, Amis de Dieu, nn. 10, 59 et 202.

S. François de Sales, Docteur de l'Eglise, Traité de l'amour de Dieu, livre XI, chap. X (Digression sur l'imperfection des vertus des païens) :

" Ces anciens sages du monde furent jadis des magnifiques discours à l'honneur des vertus morales, oui même en faveur de la religion... Aristote, le plus grand cerveau d'entre eux, prononce cette horrible et très piteuse sentence (a) : 'touchant l'exposition', c'est-à-dire l'abandonnement 'des enfants, ou leur éducation, la loi soit telle : qu'il ne faut rien nourrir de ce qui a été privé de quelque membre ; et quant aux autres enfants, si les lois et coutumes de la cité défendent qu'on abandonne pas les enfants, et que le nombre des enfants se multiplie à quelqu'un en sorte qu'il en ait déjà au double de la portée de ses facultés, il faut prévenir et procurer l'avortement.' (...) Ah! quelle horreur qu'un si grand philosophe conseille l'avortement! 'C'est devancer l'homicide, dit Tertulien (b), d'empêcher un homme conçu de naître'; et saint Ambroise reprenant les païens de cette même barbarie : 'On ôte, dit-il (c), en cette sorte la vie aux enfants avant qu'on la leur ait donnée.' "

b)      Aristote, La Politique, livre VII, chap. 16, 1335 b 19-24.

c)      Tertullien, Apologétique, chap. IX. Cf. Juste-Lipse, cent. I, lettre LXXXV (F. de S.).

d)      Saint Ambroise, Docteur de l'Eglise, Hexaemeron (Exahmeron), L'Œuvre des six jours, livre V, chap. XVIII (F. de S.).

Pour avoir une information plus complète, voici la suite de la citation de La Politique d'Aristote que S. François de Sales a omise (1335 b 25-26) et qui n'est pourtant pas dénuée d'intérêt : " ... l'avortement sera pratiqué avant que vie et sensibilité surviennent dans l'embryon : le caractère respectable ou abominable de cette pratique sera déterminé par l'absence ou la présence de la sensibilité et de la vie. " " La position d'Aristote, dans le présent passage, dit J. Tricot, le traducteur et le commentateur, est différente de celle de Platon, et elle accuse un progrès moral certain. Tout d'abord, il ne fait aucune allusion à l'infanticide et n'admet l'exposition que pour les enfants difformes. (...) Sur ces honteuses tares des sociétés antiques, que la déchristianisation fait en partie revivre de nos jours, on consultera le travail de G. Glotz, Études sociales et jurid. sur l'Antiq. gr., Paris, 1906 (L'exposition des enfants, p. 187 à 227). "

Coordination des Rosaires pour la Vie, Chantemerle-les-Blés (26600), Minitel 3615, Code EPHATA*FRT, Tél. : 04 75 25 11 88, Fax : 04 75 25 72 10, 1997 : L'Année du Milliard de "Bébés-Hommes" avortés légalement :

"Ce ne sont pas les détracteurs de l'I.V.G. qui affirment cela, mais l'O.N.U. Plus précisément : le F.N.U.A.P. (Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population) a reconnu, il y a deux ans, une moyenne de quarante cinq millions d'enfants avortés tous les ans, les vingt années précédentes, sur le plan mondial.

"Cela situe le 'cap du milliard' au cours des mois de Mars ou Avril 1997. [...] 1°/ Le mémoire de Henri Kissinger, intitulé : 'Incidences de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des États-Unis et sur ses intérêts outre-mer'. Ce mémoire, produit dans le cadre du 'National Security Council' des U.S.A., porte le n° NSMM 200 et est daté du 10.12.1974. [...] Il est resté secret jusqu'au 31.12.1990, date à laquelle le mémoire a été 'déclassé' et donc mis à la disposition de ceux qui le demandent. [...] L'idée de base du mémoire de Henry Kissinger est que 'pour perpétuer l'hégémonie américaine du monde et assurer aux Américains un libre accès vers les minéraux stratégiques de l'ensemble de la planète, il est nécessaire de contenir, voire de réduire la population des 13 pays du Tiers Monde (Inde, Bangadesh, Nigéria, Brésil, Pakistan, Mexique, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Égypte, Turquie, Éthiopie, Colombie), dont le poids démographique à lui seul les condamne, pour ainsi dire, à jouer un rôle de premier plan en politique internationale'. [...] 4°/ Il faut rappeler la 'logique du système', mis en place par la fondatrice du Family Planning : Mme Margaret Sanger, riche américaine des années 20-30-40, grande admiratrice de Hitler pour ses efforts nietzchéens d'amélioration de la race humaine. [...] Margaret Sanger fut l'avocate de la stérilisation coercitive et de la ségrégation obligatoire des 'dysgenic stock' (noirs, 'hispanics', c'est-à-dire hispano-américains, indiens d'Amérique... et les catholiques, surtout ceux de l'Europe du Sud). Elle prônait leur éventuelle 'réhabilitation' dans des camps." 

Benoît XV, allocution au Sacré Collège, Noël 1917 :

" C'est l'athéisme légal qui a précipité le monde dans un déluge de sang. "

Livre de Judith, XI, 12 :

" Donc, parce qu'ils font ces choses, il est certain qu'ils seront mis en déroute." (La santa Judit a Holofernes, citée par saint Jean de la Croix dans la Montée du Mont Carmel, livre II, chapitre XXI.)

Louis de Grenade (1504-1588), Le guide des pécheurs, Librairie catholique de Perisse frères, Lyon, 1838, tome I, chapitre XXII :

"Ne vous imaginez donc pas que Dieu laisse mourir de faim ceux qui se donnent à lui, lui qui a soin de la nourriture des fourmis et des vers de terre. Si vous ne me croyez pas, lisez le chapitre VI de saint Matthieu, et vous y verrez les promesses qui vous y sont faites : 'Regardez, dit Jésus-Christ (Matth. VI, 26), les oiseaux du ciel ; ils ne sèment point et ne moissonnent point ; ils ne recueillent ni ne font provision pour l'avenir ; et néanmoins votre Père céleste prend soin de leur nourriture : ne lui êtes-vous pas plus chers que ces animaux ?' Enfin, après ces paroles, il conclut : Ibid., v. 31) : 'Ne soyez donc plus en peine de ce que vous mangerez ni de ce que vous boirez ; car ces soins ne sont dignes que des gens qui n'ont pas la connaissance de Dieu : mais pour vous, cherchez premièrement le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît.' (a)

"Le Prophète se sert de cette raison, qui suffit pour engager tant de monde au service des hommes pour nous exhorter à servir Dieu : 'Craignez dit-il (Psaumes, Vg. XXXIV, v. 10), le Seigneur, vous ses saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent.' [...] Cela est si véritable, que le même prophète ajoute dans un autre psaume (Psaumes, XXXVI, 25) : 'J'ai été jeune, et je suis maintenant vieux ; mais je n'ai jamais vu le juste abandonné, ni ses enfants mendier leur pain.'

"Ces promesses sont surtout développées au Deutéronome, (Deutéronome, XXVIII, 1-4, 9-12) : 'Si vous êtes attentifs à la voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse, et si vous observez Ses commandements, Il vous élèvera au-dessus de toutes les nations qui habitent sur la terre, et Il répandra sur vous ses bénédictions : vous serez bénis en la ville et aux champs ; béni sera le fruit de vos entrailles, le fruit de votre terre et le fruit de votre bétail, celui de vos troupeaux, les portées de tes bovins et le croît de tes ovins [...] Dieu rendra votre peuple saint, seulement pour Sa gloire, ainsi qu'Il vous l'a juré, si vous gardez Ses commandements, et si vous marchez dans les voies qu'Il vous a prescrites. Enfin vos prospérités seront si grandes, qu'elles feront connaître à tous les peuples de la terre que le Nom du Seigneur est invoqué sur vous, et ils vous craindront. Dieu fera multiplier tous vos biens, le fruit de vos entrailles comme les fruits de vos troupeaux, et ceux de la terre qu'Il a promis de vous donner. Dieu ouvrira sur vous les trésors du Ciel ; Il fera pleuvoir en sa saison sur vos terres, et donnera sa bénédiction sur toutes les œuvres de vos mains.' Ce sont les paroles de Dieu même, prononcées par Son prophète. Toutes les richesses des Indes sont-elles comparables à ces bénédictions ? [...]

"L'autre avantage est, qu'avec moins de bruit, Dieu donne aux siens plus de joie, que les impies n'en trouvent en leur abondance ; parce que tout ce que l'homme peut faire par l'entremise des causes secondes, Dieu le peut opérer de Lui-même, et beaucoup plus parfaitement. N'en a-t-il pas usé ainsi envers tous les saints, au nom desquels l'Apôtre disait (II Cor., VI, 10) : 'Nous n'avons rien, et nous possédons tout'. [...]

"En effet tel est le traité qui est entre Dieu et les hommes ; pendant que ceux-ci s'appliqueront à observer Sa loi, Il s'appliquera à la conservation de leurs biens. Et certainement il ne faut point craindre que le contrat manque de la part de Dieu ; au contraire, si l'homme est bon serviteur, Dieu sera encore meilleur maître. C'est là cette seule chose que le Sauveur disait être nécessaire, connaître et aimer Dieu ; car qui sait plaire à Dieu doit être assuré de tout le reste. 'La piété, dit saint Paul, est utile à toutes choses, parce que toutes les promesses de la vie présente et de la vie à venir sont pour elle.' [Quand allons-nous enfin prendre au sérieux la Parole de Dieu ?]

"Que celui au contraire qui voudra connaître la pauvreté des méchants, lise le vingt-huitième chapitre du Deutéronome ; il verra des choses terribles : 'Si vous ne voulez pas écouter la voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse (Deutéronome, XXVIII, 15, 28-29, 32), ni obéir à Ses commandements, voici les malédictions qui tomberont sur vous, et qui accableront. [...] ... que le Seigneur vous envoie pour châtiment la folie, l'aveuglement et la fureur, en sorte que vous alliez tâtonnant les murailles en plein midi, comme font les aveugles dans l'obscurité, sans que vous puissiez trouver votre chemin [où en est le monde aujourd'hui ?] [...] ... que vos fils et vos filles soient livrés à un autre peuple ; que vos yeux voient ce malheur [...]'

"Enfin, après plusieurs autres effroyables malédictions, il ajoute encore (Id., 45, 49-52) : 'Toutes ces malédictions tomberont encore sur vous, et vous saisiront jusqu'à ce que vous périssiez. [...] Le Seigneur fera venir des extrémités du monde, avec autant de vitesse qu'un aigle, une nation dont vous n'entendrez point la langue, une nation impudente et sans honte, qui n'aura ni respect pour les vieillards, ni compassion pour l'enfant, qui enlèvera le fruit de vos troupeaux et le fruit de votre terre ; de sorte qu'elle ne vous laissera ni blé, ni vin, ni huile, ni bœufs, ni vaches, ni brebis, jusqu'à ce que vous soyez ruinés dans toutes vos villes, et que les murailles hautes où vous mettiez votre confiance soient rasées. [...]'

"Ce qui doit le plus nous frapper, c'est que ces terribles paroles ne sont pas tant de menaces que de véritables prophéties des malheurs qui arrivèrent depuis à ce peuple infidèle : car au temps d'Achab, les Israélites assiégés en Samarie par l'armée du roi de Syrie (II Rois, VI), mangèrent jusqu'aux hommes, jusqu'à la fiente des pigeons, et même ce n'était qu'au poids de l'or qu'on pouvait se procurer de si horribles aliments. Les misères allèrent si loin, que les mères tuèrent leurs enfants pour s'en nourrir : ce que Joseph écrit être arrivé durant le siège de Jérusalem (Joseph, l. 7, cap. 17). [...]

"Que l'on se trompe pas non plus en se persuadant que ces menaces ne regardaient que le peuple juif : elles s'adressent à tous ceux qui, ayant connaissance de la loi de Dieu, la méprisent et la violent. Dieu même le témoigne par le prophète Amos, en disant (Amos, IX, 7-8) : 'Peut-être que ce n'est pas moi qui ai retiré les enfants d'Israël des maisons des Égyptiens, les Palestins de Cappadoce, et les Syriens de Cyrène, parce que les yeux du Seigneur sont sur le royaume [ou la république] qui pèche, pour le détruire, et pour l'effacer de dessus la terre.' Cela nous fait connaître que tous les changements d'états et d'empires se font à cause des péchés, et quiconque voudra s'assurer que cela nous regarde, n'aura qu'à lire l'histoire, et il verra comment Dieu traite tous les méchants, et principalement ceux qui, ayant connaissance de Sa loi, ne l'ont pas gardée.

"C'est le mépris de l'Évangile qui a été cause que les plus considérables parties de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, autrefois remplies de temples et de chrétiens, sont maintenant possédées par les Barbares. C'est de là qu'est venue la ruine qu'a soufferte autrefois l'Église par l'invasion des Goths, des Huns et des Vandales, qui, au temps de saint Augustin [le berbère, le grand Africain de Thagaste], ravagèrent toute l'Afrique, sans épargner ni le sexe ni l'âge. De cette même cause est venue presque en même temps la désolation du royaume de Dalmatie, et des autres provinces voisines, réduites en un tel état par les mêmes barbares, que, selon saint Jérôme, qui était de ce pays (S. Hier. in c., I Soph.), ceux qui passaient par ces provinces n'y voyaient plus que le ciel et la terre, tant elles avaient été désolées.

"La vertu ne nous aide donc pas seulement à acquérir les biens éternels, mais encore à nous maintenir dans la possession des biens temporels. Que la considération de ce petit avantage, jointe à celle des autres, bien plus précieux, que nous avons énumérés, fasse impression sur nos cœurs, pour les porter à l'amour et à la recherche de la vertu, puisqu'elle nous délivre de tant de maux, et qu'elle nous procure tant de biens."

a) En prenant connaissance de ces paroles de Jésus-Christ rapportées par l'Évangile selon saint Matthieu, d'aucuns se sont scandalisés en s'écriant : "Et les petits enfants qui meurent de faim, et les femmes et les vieillards qui sont innocents ?". Ce n'est pas juste ! Voilà bien la parole de l'homme qui se prétend supérieure à celle de Dieu. "Malheur, dit le prophète Isaïe (Isaïe, XLV, 9), à celui qui entre en lutte avec son Créateur - vase fragile au milieu d'autres vases de terre ! L'argile dit-elle au potier qui la pétrit : 'Que fais-tu ? Ton œuvre est imparfaite.'" Et ailleurs encore (Isaïe, XXIX, 16) : "Quelle perversité est la vôtre ! Le potier est-il tenu pour l'égal de l'argile, que l'œuvre dise à son ouvrier : 'Il ne m'a point faite' ; et que le modelage dise au modeleur : 'Il n'y entend rien ?'"

Huvelin (Abbé Henri), 1838-1910, confesseur et directeur spirituel du Père de Foucault, normalien, agrégé d'histoire, Cours sur l'Histoire de l'Eglise, en 12 volumes, éditions Saint-Paul, Paris, 1964-1970, tome X, p. 17 :

"Le Guide des pécheurs, catéchisme remarquable et profond, qui gravit en même temps les degrés de la science humaine et ceux de la science mystique." [Notons également que Louis de Grenade était un des auteurs spirituels les plus appréciés de saint François de Sales, - le saint dont les miracles, soit avant, soit après sa mort, se comptent par milliers, - écrivant le 3 juin à Mgr de Revol : "Ayez, je vous prie, Grenade tout entier et que ce soit votre second bréviaire".]

Jean Daujat, Connaître le christianisme (Nihil obstat : Paris, 11 juin 1947, Roger Beaussart, archevêque de Mocissos), Éditions Téqui, 1947, pp. 55, 56, 57, 59, 60, 62 :

"L'amour de Dieu en Lui-même et pour Lui-même s'appelle LA CHARITÉ. Il est capital de ne pas le confondre avec l'amour naturel que nous pouvons et devons avoir pour Dieu Créateur en raison de toutes les perfections qu'Il a données à Sa création. [...] ... la charité qui va d'emblée de tout notre être à la totalité de Dieu aimé pour Lui-même peut être parfaite dès cette vie malgré l'obscurité de la foi. [...] Il n'y a pas de fraternité humaine sans la Paternité de Dieu. La charité aime même l'ennemi, même le criminel, même l'être qui nous répugne le plus parce qu'elle voit en lui un être créé pour être fils de Dieu. Elle voit tous les hommes du regard dont Dieu les voit et les aime comme Dieu les aime. [...] Toute la morale chrétienne, qui est la seule vraie morale parce que la seule à connaître la vraie destinée de l'homme, repose donc sur ce fondement : VOULOIR LA VIE ÉTERNELLE. Trop d'hommes, même chrétiens en apparence, n'ont pas ce vouloir positif de la vie éternelle : ils veulent la vie éternelle, ce qu'on appelle couramment 'le ciel', comme un pis-aller pour éviter l'enfer qu'ils craignent, mais ils préféreraient vivre toujours sur la terre parmi les biens de ce monde si c'était possible. Ils n'ont pas le désir positif de la vie éternelle. Ils ne la veulent pas pour elle-même. [...] Or, la vie éternelle consiste à vivre en plénitude de la vie de Dieu possédé par nous, non dans ses dons, mais en Lui-même, et on ne peut la vouloir positivement, pour ce qu'elle est, sans aimer Dieu pour Lui-même puisqu'elle sera une livraison de tout notre être à la Vie même de Dieu : rien donc n'est moins égoïste et moins intéressé que ce véritable vouloir positif de la vie éternelle qui n'est rien d'autre que vouloir Dieu aimé pour Lui-même [et non pas pour soi-même]. [...] Dieu ne nous mesure pas le don qu'Il nous fait de sa propre Vie, don qui, d'ailleurs ne peut être mesuré, puisque c'est Dieu Lui-même qui Se donne et que Dieu est sans mesure : nous avons donc la Vie de Dieu en nous exactement autant que nous La voulons, c'est-à-dire autant que nous L'aimons. [...] Nous savons aussi qu'en se séparant du corps qui meurt, l'âme, découvrant sa propre réalité, s'engage définitivement, sa libre décision est une décision finale désormais inébranlable que l'instabilité de l'union à la sensibilité ne peut plus remettre en question. [...] C'est rigoureusement notre degré de charité au moment de la mort qui fixe notre degré de joie éternelle : autrement dit, c'est nous-mêmes qui le fixons par l'intensité de notre amour, et si nous n'en avons pas davantage, c'est que nous n'en voulons pas davantage. On comprend par là l'importance de la croissance de la charité en cette vie."

Ibid., Vivre le christianisme (Nihil obstat : Parisiis die IIa Jannuarii 1954, Victor Dugast, S. V., censor deputatus), Éd. Téqui, 1975, p. 20 :

"Donc l'unique condition pour recevoir le don de la vie divine, c'est de le vouloir : à ceux qui veulent du don de Dieu, Dieu Se donnera toujours. En revanche Dieu ne contraindra pas à le recevoir ceux qui ne veulent pas du don de Sa propre vie divine : cette vie est une communauté d'amour avec Dieu, un échange d'amour qui ne peut se faire que dans la liberté car il n'y a d'amour que libre, il n'y a pas d'amour contraint. Dieu est l'Amour infini qui ne veut que Se donner entièrement et Son attitude vis-à-vis de nous est un appel d'amour qui s'adresse à notre liberté pour que nous aimions librement le don qu'Il nous fait de Lui-même."

Ire Épître de saint Paul aux Corinthiens, VI, 9-11 :

"Ne savez-vous pas que les hommes injustes n'hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les diffamateurs, ni les rapaces n'hériteront du royaume des cieux. Et c'est là ce qu'étaient certains d'entre vous ! Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été sanctifiés par le nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu."

Apocalypse, XXI, 8 (et cf. XXII, 15) :

"Mais pour les lâches, les renégats, les infâmes, les meurtriers, les impudiques (pornois, "pornois", fornicatoribus), les sorciers, les idolâtres et tous les menteurs, leur part est dans l'étang embrasé de feu et de soufre : c'est la seconde mort."

Épître de saint Paul aux Romains, VIII, 22 :

"Nous le savons en effet, la création tout entière soupire et souffre des douleurs de l'enfantement."

Apocalypse, VIII, 1 :

"Et lorsqu'il eut ouvert le septième sceau, il se fit un silence (sigh) au ciel d'environ une demi-heure."

Jean-Marie Vaissière, Fondements de la cité, ouv. cité plus haut, pp. 153-154 :

" [...] l'instauration d'un ordre social chrétien n'a de sens que pour faciliter la conversion plus générale et plus durable des hommes.

La seule méthode dont l'histoire montre qu'elle fut à l'origine de toutes les transformations sociales profondes [...] peut se décomposer en trois temps. [...]

En bref et en ce qui nous concerne, nous, laïcs catholiques :

1° Travailler à la formation d'un certain nombre d'hommes qui [...] 2° [...] agissant ensuite sur les institutions comme avec un levier, travailleront à l'instauration d'un ordre social chrétien (image ACCIDENTELLE de L'ESSENTIELLE cité catholique évoquée par saint Pie X) pour que [...] 3° soit rendue plus facile, plus féconde, l'action spécifiquement apostolique. "

Encyclique Quas primas, pape Pie XI, 11 décembre 1925 :

 

" [...] D'autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu'elles soient : Il tient du Père sur les créatures un droit absolu, Lui permettant de disposer de toutes à son gré (a).

Néanmoins, tant qu'Il vécut sur terre, Il s'est totalement abstenu d'exercer cette domination terrestre, Il a dédaigné la possession et l'administration des choses humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu'Il a fait alors, Il le continue aujourd'hui : pensée exprimée avec tant de charme dans la liturgie : 'Il ne ravit point les diadèmes éphémères, Celui qui distribue les couronnes du ciel éternel' (b). "

a)      S. Matthieu, XXVIII, 18 : " Jésus s'approcha et leur parla en ces termes : 'Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre'. " - Hébreux, I, 1 : " Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. "

b)      Ou : " Il ne ravit pas les sceptres mortels, lui qui donne les royaumes célestes " : " Non eripit mortalia, Qui regna dat cœlestia " : l'Epiphanie [la Manifestation] de Notre-Seigneur. - cf. L'Année liturgique, le temps de Noël, les Premières Vêpres, R. P. Dom Prosper Guéranger, abbé de Solesmes, tome II, p. 101, éd. H. Oudin, Paris 1902.

Encyclique Quas primas, citée plus haut, pape Pie XI : " Toutefois, cette royauté [la royauté du Christ] est surtout spirituelle et concerne principalement les choses spirituelles. "

Encyclique Immortale Dei, citée plus haut, pape Léon XIII, Rome, le 1er novembre 1885 :

" [...] Dieu a donc divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles en son genre est souveraine; chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but spécial. [...]

" Il est donc nécessaire qu'il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné non sans analogie avec celui qui dans l'homme constitue l'union de l'âme et du corps. On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force de ces rapports, qu'en considérant, comme nous l'avons dit, la nature de chacune des deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs buts, puisque l'une a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres, et l'autre de procurer les biens célestes et éternels.- Ainsi, tout ce qui, dans les choses humaines, est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but, tout cela est du ressort de l'autorité de l'Eglise. "

S. Thomas d'Aquin, De Regimine principum (Du Gouvernement Royal), 1264, Préface du R. P. Garrigou-Lagrange, 0. P., collection Les Maîtres de la Politique Chrétienne, Éditions de la Gazette Française, Paris, 17, rue Eblé (VIIe), 1926, liv. Ier, chap. XIVe :

"La fin dernière de la société n'est donc pas de vivre selon la vertu, mais d'atteindre, par la pratique de la vertu, la jouissance de Dieu. [...]

"Mais comme l'homme n'atteint pas sa fin qui est la possession de Dieu, par ses propres forces, mais par la puissance divine, selon le mot de l'Apôtre (a) : 'Le don de Dieu, c'est la vie éternelle', il n'appartient pas au gouvernement humain, mais au gouvernement divin de le conduire à cette fin. Or un tel gouvernement relève de ce roi qui n'est pas seulement homme, mais aussi Dieu, c'est-à-dire Notre-Seigneur Jésus-Christ lequel, en faisant des hommes les fils de Dieu, les a introduits dans la gloire céleste.

"C'est donc là le pouvoir qui Lui a été donné et qui ne périra pas ; aussi les Livres Saints Lui donnent-ils le titre non seulement de prêtre, mais de roi, comme dit Jérémie (XXIII, 5) : 'Un roi régnera qui sera sage'. De Lui découle le sacerdoce royal ; et, qui plus est, tous les fidèles du Christ, en tant qu'ils sont ses membres, ont part à ce double titre de roi et de prêtre. L'administration de ce royaume, pour que le spirituel soit bien distingué du temporel, n'a pas été confié aux rois de la terre, mais aux prêtres et principalement à notre 'Grand Prêtre', le successeur de Pierre, le Vicaire du Christ, le Pontife Romain, à qui tous les rois de la chrétienté doivent se soumettre comme à Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même."

a)      Romains, VI, 23. 

Encyclique Graves de communi du Pape Léon XIII sur la démocratie, 18 janvier 1901 :

" [...] la démocratie chrétienne [...] doit pourvoir aux intérêts des petits, sans cesser de conduire les âmes créées pour les biens éternels à la perfection qui leur convient. [...] il lui faut garder à l'abri de toute atteinte le droit de propriété et de possession, maintenir la distinction des classes qui, sans contredit, est le propre d'un État bien constitué. Enfin, il faut qu'elle accepte de donner à la communauté humaine une forme et un caractère en harmonie avec ceux qu'a établis le Dieu créateur. Il est donc évident que la démocratie sociale et la démocratie chrétienne n'ont rien de commun ; il y a entre elles toute la différence qui sépare le système socialiste de la profession de foi chrétienne. [...] De la même façon, il faut mettre la démocratie chrétienne à couvert d'un autre grief : à savoir qu'elle consacre ses soins aux intérêts des classes inférieures, mais en paraissant laisser de côté les classes supérieures, dont l'utilité n'est pourtant pas moindre pour la conservation et l'amélioration de l'État. "

Allocution du Pape saint Pie X à des pèlerins français, 19 avril 1909 :

" [...] Nous nous réjouissons avec vous, catholiques bien-aimés de la France, qui, faisant écho à l'oracle de l'Église, combattez sous la bannière de la vraie patriote, Jeanne d'Arc, où il vous semble voir écrits ces deux mots : " Religion et Patrie " avec vous qui, de toute l'ardeur de votre âme, acclamez cette héroïne, victime de la basse hypocrisie et de la cruauté d'un renégat vendu à l'étranger, toujours confiante cependant dans le Vicaire de Jésus-Christ, auquel, dans sa détresse, elle en appelait, comme à son dernier refuge. "

Encyclique Il fermo proposito du Pape saint Pie X sur l'Action catholique, 11 juin 1905 :

" [...] La civilisation du monde est une civilisation chrétienne ; elle est d'autant plus vraie, plus durable, plus féconde en fruits précieux, qu'elle est plus nettement chrétienne ; d'autant plus décadente, pour le grand malheur de la société, qu'elle se soustrait davantage à l'idée chrétienne. Aussi, par la force intrinsèque des choses, l'Église devient-elle encore en fait la gardienne et la protectrice de la civilisation chrétienne. Et ce fait fut reconnu et admis dans d'autres siècles de l'histoire ; il forme encore le fondement inébranlable des législations civiles. Sur ce fait reposèrent les relations de l'Église et des États, la reconnaissance publique de l'autorité de l'Église dans toutes les matières qui touchent de quelque façon à la conscience, la subordination de toutes les lois de l'État aux divines lois de l'Évangile. "

Décret Lamentabili du Pape saint Pie X sur les erreurs relatives à l'Institution de l'Église, 3 juillet 1907 :

" LXIII.- L'Église se montre incapable de défendre efficacement la morale évangélique, parce qu'elle se tient obstinément attachée à des doctrines immuables qui ne peuvent se concilier avec les progrès actuels. "

Syllabus, recueil joint à l'encyclique Quanta Cura par ordre du Pape Pie IX et renfermant les principales erreurs de notre temps, 8 décembre 1864, chap. VII : Erreurs sur la morale naturelle et chrétienne :

" 56 - Les lois de la morale n'ont pas besoin de la sanction divine, et il n'est pas du tout nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d'obliger.

" 58 - Il ne faut reconnaître d'autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de morale, toute honnêteté doivent consister à accumuler et augmenter de toute manière ses richesses et à satisfaire ses plaisirs.

" 59 - Le droit consiste dans le fait matériel, tous les devoirs de l'homme ne sont qu'un vain mot, et tous les faits humains ont force de droit.

" 60 - L'autorité n'est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles. "

Encyclique Quas Primas du Pape Pie XI sur la Royauté du Christ, 11 décembre 1925 :

" [...] C'est pourquoi, en vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi, fête qu'il faudra célébrer chaque année, dans tout l'univers, le dernier dimanche d'octobre, c'est-à-dire le dimanche avant la Toussaint. [...] Aux États, la célébration annuelle de cette fête rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir ; elle évoquera devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non seulement expulsé de la vie publique, mais encore négligé ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles injustices, car sa royauté exige que l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et à une bonne discipline des mœurs. "

R. P. Garrigou-Lagrange, O. P., Préface Du Gouvernement royal de S. Thomas d'Aquin, ouvrage cité plus haut :

" [...] Mais ce qui importe évidemment, c'est de revenir à la considération attentive des principes que saint Thomas énonce dans ce traité [Du Gouvernement Royal] et dont bon nombre s'appliquent à tout régime légitime. Ces principes relatifs au bien commun et à sa subordination à la fin dernière de l'homme sont ceux qui s'opposent à la conception païenne de l'État moderne, issu de la Révolution, à cet État qui veut s'élever au-dessus des organismes les plus naturels, comme la famille, pour les asservir, et qui souvent prétend imposer une obéissance aveugles à des décrets injustes qui n'ont plus de la loi que le nom.

"Le Souverain Pontife (Pie XI), dans sa dernière Encyclique sur la Royauté du Christ [Encyclique Quas Primas] disait précisément contre cette conception antichrétienne et antinaturelle de l' État :

' [...] Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tirant plus son origine de Dieu, mais des hommes, écrivions-Nous en gémissant au début de Notre Pontificat, il arriva que les bases mêmes de l'autorité furent renversées, dès là qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres ... C'est pourquoi, si les hommes reconnaissent en particulier et en public le pouvoir royal du Christ, il en résulte nécessairement des bienfaits incroyables, qui pénètrent aussitôt la société civile, comme une juste liberté, l'ordre et la tranquillité, la concorde et la paix.'

"Ce sont les fondements mêmes de cette doctrine, sans laquelle aucune forme de gouvernement n'est durable que le Du Gouvernement Royal expose excellemment, et c'est par le retour à ces principes qu'on travaillera efficacement à l'assainissement des intelligences, sans lequel aucune restauration de l'ordre social n'est possible."

La Franquerie (Marquis de la), Le Caractère sacré et divin de la Royauté en France, Éditions du Chiré, Diffusion de la Pensée Française (1978), Chiré-en-Montreuil (86190 Vouillé), page 21 :

" Saint Pie X, le 13 décembre 1908, lors de la lecture du Décret de Béatification de Jeanne d'Arc, disait de ce Testament de Saint Rémi :

'Vous direz aux Français qu'ils fassent leur Trésor des Testaments de Saint Rémi, de Charlemagne et de Saint Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l'Héroïne d'Orléans :

Vive le Christ qui est Roi de France !

A ce titre seulement la France est grande parmi les Nations. A cette clause Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse. A cette condition, on pourra lui appliquer ce qui dans les Livres Saints est dit d'Israël : Que personne ne s'est rencontré qui insultât ce peuple, sinon quand il s'est éloigné de Dieu. " (a)

a) Actes de Saint Pie X, tome V, pp. 204-205.

Id., pp. 13-14 :

" Le 19 décembre 1907, Saint Pie X déclararait au Cardinal Luçon, Archevêque de Reims :

'Reims conserve la source baptismale d'où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C'était une heure ténébreuse pour l'Église de Jésus-Christ. Elle était d'un côté combattue par les Ariens, de l'autre assaillie par les Barbares ; elle n'avait plus d'autre refuge que la prière pour invoquer l'heure de Dieu. Et l'heure sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le Baptême de Clovis marqua la naissance d'une grande nation : la Tribu de Juda de l'ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu'elle fut fidèle à l'orthodoxie, tant qu'elle maintint l'alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu'elle se montra, non en paroles mais en actes, la Fille Aînée de l'Église.' (a) "

a) Bulletin du Diocèse de Reims : 28 décembre 1907. Note de l'auteur : Le Cardinal Luçon a daigné nous envoyer de sa main une copie du document lors de la première édition de La Mission divine de la France, en 1926.

Les textes que nous venons de citer nous permettent de soutenir que l'État français a le devoir de reconnaître publiquement et officiellement l'autorité de l'Église de Rome en matière de morale, " Église avec laquelle, en raison de son origine plus excellente, écrivait déjà saint Irénée de Lyon au IIe siècle, doit déjà nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout " (a). Sans cette reconnaissance publique et officielle, la France, fille aînée de l'Église, ne cessera pas d'être affligée par toutes sortes de maux et de calamités qui n'iront qu'en s'aggravant, " parce que la plupart des hommes, selon l'encyclique Quas Primas du Pape Pie XI citée plus haut, ont banni Jésus-Christ et sa foi très sainte de leurs coutumes et de leur vie particulière comme de la société familiale et de l'État " (b).

a) Contre les hérésies, III, 3, 2, éd. du Cerf, Paris, 1985.

b) Cf. Proverbes, III, 15 ; S. Matthieu, VI, 26, 31-33 ; Psaumes, XXXV (XXXIV), 10 ; XXXVII (XXXVI), 25 ; Deutéronome, XXVIII, 1-12 ; VI, 4-13 ; II Corinthiens, VI, 10 ; R. P. Louis de Grenade, Guide des pécheurs (livre vivement recommandé par saint François de Sales à Mgr de Revol), tome I, chap. XXII, Librairie catholique de Perisse frères, Lyon, 1838..

S. Thomas d'Aquin, Du Gouvernement royal, ouvrage cité plus haut, liv. Ier, chap. VIe [Est-il permis de tuer le tyran?] :

" [...] nous trouvons un exemple du fait dans l'Ancien Testament (a). Car un certain Aioth tua d'un coup de poignard dans la cuisse, Eglon, roi de Moab, qui tenait le peuple de Dieu dans un pénible esclavage, et il devint juge d'Israël. Mais cette conduite n'est pas conforme à la doctrine des Apôtres. Saint Pierre, en effet, nous enseigne à être respectueusement soumis à nos maîtres [quand ils sont véritablement nos maîtres et se considèrent comme tels, et non quand ils placent l'autorité publique dans le peuple, faisant ainsi de leur autorité une ombre ou un mythe et annihilant ipso facto toute loi proprement dite et corrélativement l'obéissance], non seulement lorsqu'ils sont bons et modérés, mais même lorsqu'ils est pénible de vivre avec eux (b).

"C'est en effet une faveur céleste, si, pour rendre témoignage à Dieu on est appelé à supporter des afflictions imméritées. On le vit bien lorsque beaucoup d'empereurs romains persécutèrent tyranniquement la foi chrétienne et qu'une grande multitude de personnes, appartenant aussi bien à la noblesse qu'au peuple, se convertit à cette même foi : ceux qui ont mérité d'être loués, l'ont été, non pour avoir résisté, mais pour avoir soutenu pour le Christ avec patience et résolution la [perspective de la mort]." Et cela peut aussi bien se trouver sous un régime démocratique dans la mesure où la majorité parlementaire ou sociale rejette les principes fondamentaux de la loi morale et la référence à Dieu et opprime les fidèles du Christ, c'est-à-dire où tout le peuple devient alors un seul tyran - et notre démocratie semble actuellement s'acheminer vers ce totalitarisme caractérisé.]

" [...] Et il [Dieu] dit par la bouche d'Ézéchiel (XXXIV, 10) : 'Je délivrerai mon troupeau de la gueule de ceux-ci', [faisant allusion à l'avidité de ces bêtes sauvages que deviennent] les pasteurs qui se paissent eux-mêmes (c). Mais, pour que le peuple mérite de Dieu ce bienfait, il doit s'affranchir du péché, car en punition de l'offense [qui lui est faite] Dieu permet aux impies de s'emparer du pouvoir. Le Seigneur dit en effet par la bouche d'Osée (XIII, 11) : 'Je te donnerai un roi dans ma fureur', et dans Job (XXXIV, 30), il est écrit que [Dieu] 'fait régner l'homme hypocrite à cause des péchés du peuple'. Il faut donc ôter le péché, si l'on veut que cesse la plaie de la tyrannie."

a) Cf. Juges, IV, 15 et ss.

b) Cf. I Pierre, II, 18.

c) Cf. S. Jean, X, 7-9, 12-13.

13) S. Jean, I, 18 : " Dieu, personne ne l'a jamais vu ; un Dieu, Fils unique, qui est dans le sein du Père, Celui-là l'a fait connaître. "

14) S. Luc, XVII, 20.- Cf. Sainte Thérèse d'Avila, Œuvres complètes, Le Château de l'âme, et Saint Jean de la Croix, Œuvres complètes, La Vive Flamme d'Amour, strophe I, vers 3.

16) I Timothée, VI, 16.

17) Épître de S. Paul aux Hébreux, XIII, 14 : " Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l'avenir. "

18) S. Jean, XVII, 11, 16-18, 21 : " Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; et moi je vais vers toi, Père saint, garde-les en ton Nom que tu m'as donné, afin qu'ils soient un comme nous. [...] Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés par la vérité. [...] Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. " - Id., XX, 17 : " [...] je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. "

19) S. Jean, XIV, 2-3 : " Dans la maison de mon Père, nombreuses sont les demeures. Sinon, vous aurais-je dit : 'Je vais vous préparer une place ?' Et quand je serai allé et vous aurai préparé une place, je viendrai de nouveau et je vous prendrai auprès de moi, pour que là où je suis, vous soyez, vous aussi. " - IIe Épître aux Corinthiens, V, 1 : " Nous savons en effet que si cette tente - notre demeure terrestre - vient à être détruite, nous avons une maison qui est l'œuvre de Dieu, une demeure éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, et qui est dans les cieux. " - Apocalypse, XXI, 1-2, 5, 9-10, 23 : " Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - le premier ciel, en effet, et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu [...] Alors, CELUI QUI SIEGE SUR LE TRONE DECLARA : 'Voici que JE FAIS l'univers nouveau. [...] Alors, l'un des sept Anges aux sept coupes remplies des sept derniers fléaux s'en vint me dire : 'Viens, que je te montre l'Epouse de l'Agneau'. Il me transporta donc en esprit sur une montagne de grande hauteur, et me montra LA CITE SAINTE, Jérusalem, qui descendait du ciel, de chez Dieu, AVEC EN ELLE LA GLOIRE DE DIEU. [...] Elle peut se passer de l'éclat du soleil et de celui de la lune, car la gloire de Dieu l'a illuminée. " [Les nombreuses apparitions de la Vierge Marie prouvent l'existence actuelle de cette Cité sainte. Et l'âme de la Mère de Jésus-Christ ou du Verbe incarné, "vêtue de la clarté de Dieu", constitue déjà un nouveau ciel immaculé et son corps une nouvelle terre sans tache ni malédiction d'Adam : c'est l'œuvre du Seigneur seul et à nulle autre comparable.- Cf. La Cité mystique de Dieu, Marie d'Agréda, 1602-1665, Sœur Marie de Jésus, de l'Ordre de S. François, abbesse du monastère de l'Immaculée Conception de la ville d'Agréda, Espagne, Ire partie, liv. Ier, chap. XVII, XVIII et XIX.]

20) Jean Marie Vaissière, Fondements de la cité, ouv. cité plus haut, page 87 :

" On comprend que Léon XIII n'ait pas craint de désigner comme un des plus sûrs remèdes aux maux dont souffre la société, le rappel de la fin véritable de l'homme, telle qu'elle est rappelée par saint Ignace dans ses 'Exercices'. 'A elle seule, disait Léon XIII au clergé de Carpinetto, cette fameuse méditation sur la fin de l'homme suffirait au redressement complet de la Cité (a).' "

a) Discours aux membres italiens de l'Union Nationale Saint-Luc, 12 novembre 1944.

21) Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Œuvres complètes, Vie écrite par elle-même, chap. XXe, éditions du Seuil, Paris 1949.

S. François de Sales, Docteur de l'Eglise, Traité de l'amour de Dieu, livre XI, chap. X (Digression sur l'imperfection des vertus des païens) :

" Ces anciens sages du monde furent jadis des magnifiques discours à l'honneur des vertus morales, oui même en faveur de la religion... Aristote, le plus grand cerveau d'entre eux, prononce cette horrible et très piteuse sentence (a) : touchant l'exposition, c'est-à-dire l'abandonnement des enfants, ou leur éducation, la loi soit telle : qu'il ne faut rien nourrir de ce qui a été privé de quelque membre ; et quant aux autres enfants, si les lois et coutumes de la cité défendent qu'on abandonne pas les enfants, et que le nombre des enfants se multiplie à quelqu'un en sorte qu'il en ait déjà au double de la portée de ses facultés, il faut prévenir et procurer l'avortement. (...) Ah ! quelle horreur qu'un si grand philosophe conseille l'avortement ! C'est devancer l'homicide, dit Tertulien (b), d'empêcher un homme conçu de naître'; et saint Ambroise reprenant les païens de cette même barbarie : On ôte, dit-il (c), en cette sorte la vie aux enfants avant qu'on la leur ait donnée."

a) Aristote, La Politique, livre VII, chap. 16, 1335 b 19-24.

b) Tertullien, Apologétique, chap. IX. Cf. Juste-Lipse, cent. I, lettre LXXXV (F. de S.).

c) Saint Ambroise, Docteur de l'Eglise, Hexaemeron (Exahmeron), ou l'Œuvre des six jours, livre V, chap. XVIII (cité par S. François de Sales).

Pour avoir une information plus complète, voici la suite de la citation de La Politique d'Aristote que S. François de Sales a omise (1335 b 25-26) et qui n'est pourtant pas dénuée d'intérêt : " ... l'avortement sera pratiqué avant que vie et sensibilité surviennent dans l'embryon : le caractère respectable ou abominable de cette pratique sera déterminé par l'absence ou la présence de la sensibilité et de la vie. " " La position d'Aristote, dans le présent passage, dit J. Tricot, le traducteur et le commentateur, est différente de celle de Platon, et elle accuse un progrès moral certain. Tout d'abord, il ne fait aucune allusion à l'infanticide et n'admet l'exposition que pour les enfants difformes. (...) Sur ces honteuses tares des sociétés antiques, que la déchristianisation fait en partie revivre de nos jours, on consultera le travail de G. Glotz, Études sociales et jurid. sur l'Antiq. gr., Paris, 1906 (L'exposition des enfants, p. 187 à 227). "

Coordination des Rosaires pour la Vie, Chantemerle-les-Blés (26600), Minitel 3615, Code EPHATA*FRT, Tél. : 04 75 25 11 88, Fax : 04 75 25 72 10, 1997 : L'Année du Milliard de "Bébés-Hommes" avortés légalement :

"Ce ne sont pas les détracteurs de l'I.V.G. qui affirment cela, mais l'O.N.U. Plus précisément : le F.N.U.A.P. (Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de Population) a reconnu, il y a deux ans, une moyenne de quarante cinq millions d'enfants avortés tous les ans, les vingt années précédentes, sur le plan mondial.

"Cela situe le 'cap du milliard' au cours des mois de Mars ou Avril 1997. [...] 1°/ Le mémoire de Henri Kissinger, intitulé : 'Incidences de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des États-Unis et sur ses intérêts outre-mer'. Ce mémoire, produit dans le cadre du 'National Security Council' des U.S.A., porte le n° NSMM 200 et est daté du 10.12.1974. [...] Il est resté secret jusqu'au 31.12.1990, date à laquelle le mémoire a été 'déclassé' et donc mis à la disposition de ceux qui le demandent. [...] L'idée de base du mémoire de Henry Kissinger est que 'pour perpétuer l'hégémonie américaine du monde et assurer aux Américains un libre accès vers les minéraux stratégiques de l'ensemble de la planète, il est nécessaire de contenir, voire de réduire la population des 13 pays du Tiers Monde (Inde, Bangadesh, Nigéria, Brésil, Pakistan, Mexique, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Égypte, Turquie, Éthiopie, Colombie), dont le poids démographique à lui seul les condamne, pour ainsi dire, à jouer un rôle de premier plan en politique internationale'. [...] 4°/ Il faut rappeler la 'logique du système', mis en place par la fondatrice du Family Planning : Mme Margaret Sanger, riche américaine des années 20-30-40, grande admiratrice de Hitler pour ses efforts nietzchéens d'amélioration de la race humaine. [...] Margaret Sanger fut l'avocate de la stérilisation coercitive et de la ségrégation obligatoire des 'dysgenic stock' (noirs, 'hispanics', c'est-à-dire hispano-américains, indiens d'Amérique... et les catholiques, surtout ceux de l'Europe du Sud). Elle prônait leur éventuelle 'réhabilitation' dans des camps."

Benoit XV, Allocution au Sacré Collège, Noël 1917 :

" C'est l'athéisme légal qui a précipité le monde dans un déluge de sang. "

Livre de Judith, XI, 12 :

" Donc, parce qu'ils font ces choses, il est certain qu'ils seront mis en déroute." (La santa Judit a Holofernes, citée par saint Jean de la Croix dans la Montée du Mont Carmel, livre II, chapitre XXI.)

Louis de Grenade (1504-1588), Le guide des pécheurs, Librairie catholique de Périsse frères, Lyon, 1838, tome I, chapitre XXII :

"Ne vous imaginez donc pas que Dieu laisse mourir de faim ceux qui se donnent à lui, lui qui a soin de la nourriture des fourmis et des vers de terre. Si vous ne me croyez pas, lisez le chapitre VI de saint Matthieu, et vous y verrez les promesses qui vous y sont faites : 'Regardez, dit Jésus-Christ (Matth. VI, 26), les oiseaux du ciel ; ils ne sèment point et ne moissonnent point ; ils ne recueillent ni ne font provision pour l'avenir ; et néanmoins votre Père céleste prend soin de leur nourriture : ne lui êtes-vous pas plus chers que ces animaux ?' Enfin, après ces paroles, il conclut : Ibid., v. 31) : 'Ne soyez donc plus en peine de ce que vous mangerez ni de ce que vous boirez ; car ces soins ne sont dignes que des gens qui n'ont pas la connaissance de Dieu : mais pour vous, cherchez premièrement le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît.' (a)

"Le Prophète se sert de cette raison, qui suffit pour engager tant de monde au service des hommes pour nous exhorter à servir Dieu : 'Craignez dit-il (Psaumes, Vg. XXX, v. 10), le Seigneur, vous ses saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent.' [...] Cela est si véritable, que le même prophète ajoute dans un autre psaume (Psaumes, XXXVI, 25) : 'J'ai été jeune, et je suis maintenant vieux ; mais je n'ai jamais vu le juste abandonné, ni ses enfants mendier leur pain.'

"Ces promesses sont surtout développées au Deutéronome, (Deutéronome, XXVIII, 1-4, 9-12) : 'Si vous êtes attentifs à la voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse, et si vous observez Ses commandements, Il vous élèvera au-dessus de toutes les nations qui habitent sur la terre, et Il répandra sur vous ses bénédictions : vous serez bénis en la ville et aux champs ; béni sera le fruit de vos entrailles, le fruit de votre terre et le fruit de votre bétail, celui de vos troupeaux, les portées de tes bovins et le croît de tes ovins [...] Dieu rendra votre peuple saint, seulement pour Sa gloire, ainsi qu'Il vous l'a juré, si vous gardez Ses commandements, et si vous marchez dans les voies qu'Il vous a prescrites. Enfin vos prospérités seront si grandes, qu'elles feront connaître à tous les peuples de la terre que le Nom du Seigneur est invoqué sur vous, et ils vous craindront. Dieu fera multiplier tous vos biens, le fruit de vos entrailles comme les fruits de vos troupeaux, et ceux de la terre qu'Il a promis de vous donner. Dieu ouvrira sur vous les trésors du Ciel ; Il fera pleuvoir en sa saison sur vos terres, et donnera sa bénédiction sur toutes les œuvres de vos mains.' Ce sont les paroles de Dieu même, prononcées par Son prophète. Toutes les richesses des Indes sont-elles comparables à ces bénédictions ? [...]

"L'autre avantage est, qu'avec moins de bruit, Dieu donne aux siens plus de joie, que les impies n'en trouvent en leur abondance ; parce que tout ce que l'homme peut faire par l'entremise des causes secondes, Dieu le peut opérer de Lui-même, et beaucoup plus parfaitement. N'en a-t-il pas usé ainsi envers tous les saints, au nom desquels l'Apôtre disait (II Cor., VI, 10) : 'Nous n'avons rien, et nous possédons tout'. [...]

"En effet tel est le traité qui est entre Dieu et les hommes ; pendant que ceux-ci s'appliqueront à observer Sa loi, Il s'appliquera à la conservation de leurs biens. Et certainement il ne faut point craindre que le contrat manque de la part de Dieu ; au contraire, si l'homme est bon serviteur, Dieu sera encore meilleur maître. C'est là cette seule chose que le Sauveur disait être nécessaire, connaître et aimer Dieu ; car qui sait plaire à Dieu doit être assuré de tout le reste. 'La piété, dit saint Paul, est utile à toutes choses, parce que toutes les promesses de la vie présente et de la vie à venir sont pour elle.' [Quand allons-nous enfin prendre au sérieux la Parole de Dieu ?]

"Que celui au contraire qui voudra connaître la pauvreté des méchants, lise le vingt-huitième chapitre du Deutéronome ; il verra des choses terribles : 'Si vous ne voulez pas écouter la voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse (Deutéronome, XXVIII, 15, 28-29, 32), ni obéir à Ses commandements, voici les malédictions qui tomberont sur vous, et qui accableront. [...] ... que le Seigneur vous envoie pour châtiment la folie, l'aveuglement et la fureur, en sorte que vous alliez tâtonnant les murailles en plein midi, comme font les aveugles dans l'obscurité, sans que vous puissiez trouver votre chemin où en est le monde aujourd'hui ?] [...] ... que vos fils et vos filles soient livrés à un autre peuple ; que vos yeux voient ce malheur [...]'

"Enfin, après plusieurs autres effroyables malédictions, il ajoute encore (Id., 45, 49-52) : 'Toutes ces malédictions tomberont encore sur vous, et vous saisiront jusqu'à ce que vous périssiez. [...] Le Seigneur fera venir des extrémités du monde, avec autant de vitesse qu'un aigle, une nation dont vous n'entendrez point la langue, une nation impudente et sans honte, qui n'aura ni respect pour les vieillards, ni compassion pour l'enfant, qui enlèvera le fruit de vos troupeaux et le fruit de votre terre ; de sorte qu'elle ne vous laissera ni blé, ni vin, ni huile, ni bœufs, ni vaches, ni brebis, jusqu'à ce que vous soyez ruinés dans toutes vos villes, et que les murailles hautes où vous mettiez votre confiance soient rasées. [...]'

"Ce qui doit le plus nous frapper, c'est que ces terribles paroles ne sont pas tant de menaces que de véritables prophéties des malheurs qui arrivèrent depuis à ce peuple infidèle : car au temps d'Achab, les Israélites assiégés en Samarie par l'armée du roi de Syrie (II Rois, VI), mangèrent jusqu'aux hommes, jusqu'à la fiente des pigeons, et même ce n'était qu'au poids de l'or qu'on pouvait se procurer de si horribles aliments. Les misères allèrent si loin, que les mères tuèrent leurs enfants pour s'en nourrir : ce que Joseph écrit être arrivé durant le siège de Jérusalem (Joseph, l. 7, cap. 17). [...]

"Que l'on se trompe pas non plus en se persuadant que ces menaces ne regardaient que le peuple juif : elles s'adressent à tous ceux qui, ayant connaissance de la loi de Dieu, la méprisent et la violent. Dieu même le témoigne par le prophète Amos, en disant (Amos, IX, 7-8) : 'Peut-être que ce n'est pas moi qui ai retiré les enfants d'Israël des maisons des Égyptiens, les Palestins de Cappadoce, et les Syriens de Cyrène, parce que les yeux du Seigneur sont sur le royaume ou la république] qui pèche, pour le détruire, et pour l'effacer de dessus la terre.' Cela nous fait connaître que tous les changements d'états et d'empires se font à cause des péchés, et quiconque voudra s'assurer que cela nous regarde, n'aura qu'à lire l'histoire, et il verra comment Dieu traite tous les méchants, et principalement ceux qui, ayant connaissance de Sa loi, ne l'ont pas gardée.

"C'est le mépris de l'Évangile qui a été cause que les plus considérables parties de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, autrefois remplies de temples et de chrétiens, sont maintenant possédées par les Barbares. C'est de là qu'est venue la ruine qu'a soufferte autrefois l'Église par l'invasion des Goths, des Huns et des Vandales, qui, au temps de saint Augustin le berbère, le grand Africain de Thagaste], ravagèrent toute l'Afrique, sans épargner ni le sexe ni l'âge. De cette même cause est venue presque en même temps la désolation du royaume de Dalmatie, et des autres provinces voisines, réduites en un tel état par les mêmes barbares, que, selon saint Jérôme, qui était de ce pays (S. Hier. in c., I Soph.), ceux qui passaient par ces provinces n'y voyaient plus que le ciel et la terre, tant elles avaient été désolées.

"La vertu ne nous aide donc pas seulement à acquérir les biens éternels, mais encore à nous maintenir dans la possession des biens temporels. Que la considération de ce petit avantage, jointe à celle des autres, bien plus précieux, que nous avons énumérés, fasse impression sur nos cœurs, pour les porter à l'amour et à la recherche de la vertu, puisqu'elle nous délivre de tant de maux, et qu'elle nous procure tant de biens."

a) En prenant connaissance de ces paroles de Jésus-Christ rapportées par l'Évangile selon saint Matthieu, d'aucuns se sont scandalisés en s'écriant : "Et les petits enfants qui meurent de faim, et les femmes et les vieillards qui sont innocents ?". Ce n'est pas juste ! Voilà bien la parole de l'homme qui se prétend supérieure à celle de Dieu. "Malheur, dit le prophète Isaïe (Isaïe, XLV, 9), à celui qui entre en lutte avec son Créateur - vase fragile au milieu d'autres vases de terre ! L'argile dit-elle au potier qui la pétrit : 'Que fais-tu ? Ton œuvre est imparfaite.'" Et ailleurs encore (Isaïe, XXIX, 16) : "Quelle perversité est la vôtre ! Le potier est-il tenu pour l'égal de l'argile, que l'œuvre dise à son ouvrier : 'Il ne m'a point faite' ; et que le modelage dise au modeleur : 'Il n'y entend rien ?'"

Huvelin (Abbé Henri), 1838-1910, confesseur et directeur spirituel du Père de Foucault, normalien, agrégé d'histoire, Cours sur l'Histoire de l'Eglise, en 12 volumes, éditions Saint-Paul, Paris, 1964-1970, tome X, p. 17 :

"Le Guide des pécheurs, catéchisme remarquable et profond, qui gravit en même temps les degrés de la science humaine et ceux de la science mystique." Notons également que Louis de Grenade était un des auteurs spirituels les plus appréciés de saint François de Sales, - le saint dont les miracles, soit avant, soit après sa mort, se comptent par milliers, - écrivant le 3 juin à Mgr de Revol : "Ayez, je vous prie, Grenade tout entier et que ce soit votre second bréviaire".]

Jean Daujat, Connaître le christianisme (Nihil obstat : Paris, 11 juin 1947, Roger Beaussart, archevêque de Mocissos), Éditions Téqui, 1947, pp. 55, 56, 57, 59, 60, 62 :

"L'amour de Dieu en Lui-même et pour Lui-même s'appelle LA CHARITÉ. Il est capital de ne pas le confondre avec l'amour naturel que nous pouvons et devons avoir pour Dieu Créateur en raison de toutes les perfections qu'Il a données à Sa création. [...] ... la charité qui va d'emblée de tout notre être à la totalité de Dieu aimé pour Lui-même peut être parfaite dès cette vie malgré l'obscurité de la foi. [...] Il n'y a pas de fraternité humaine sans la Paternité de Dieu. La charité aime même l'ennemi, même le criminel, même l'être qui nous répugne le plus parce qu'elle voit en lui un être créé pour être fils de Dieu. Elle voit tous les hommes du regard dont Dieu les voit et les aime comme Dieu les aime. [...] Toute la morale chrétienne, qui est la seule vraie morale parce que la seule à connaître la vraie destinée de l'homme, repose donc sur ce fondement : VOULOIR LA VIE ÉTERNELLE. Trop d'hommes, même chrétiens en apparence, n'ont pas ce vouloir positif de la vie éternelle : ils veulent la vie éternelle, ce qu'on appelle couramment 'le ciel', comme un pis-aller pour éviter l'enfer qu'ils craignent, mais ils préféreraient vivre toujours sur la terre parmi les biens de ce monde si c'était possible. Ils n'ont pas le désir positif de la vie éternelle. Ils ne la veulent pas pour elle-même. [...] Or, la vie éternelle consiste à vivre en plénitude de la vie de Dieu possédé par nous, non dans ses dons, mais en Lui-même, et on ne peut la vouloir positivement, pour ce qu'elle est, sans aimer Dieu pour Lui-même puisqu'elle sera une livraison de tout notre être à la Vie même de Dieu : rien donc n'est moins égoïste et moins intéressé que ce véritable vouloir positif de la vie éternelle qui n'est rien d'autre que vouloir Dieu aimé pour Lui-même et non pas pour soi-même]. [...] Dieu ne nous mesure pas le don qu'Il nous fait de sa propre Vie, don qui, d'ailleurs ne peut être mesuré, puisque c'est Dieu Lui-même qui Se donne et que Dieu est sans mesure : nous avons donc la Vie de Dieu en nous exactement autant que nous La voulons, c'est-à-dire autant que nous L'aimons. [...] Nous savons aussi qu'en se séparant du corps qui meurt, l'âme, découvrant sa propre réalité, s'engage définitivement, sa libre décision est une décision finale désormais inébranlable que l'instabilité de l'union à la sensibilité ne peut plus remettre en question. [...] C'est rigoureusement notre degré de charité au moment de la mort qui fixe notre degré de joie éternelle : autrement dit, c'est nous-mêmes qui le fixons par l'intensité de notre amour, et si nous n'en avons pas davantage, c'est que nous n'en voulons pas davantage. On comprend par là l'importance de la croissance de la charité en cette vie."

Ibid., Vivre le christianisme, Éd. Téqui, 1975, p. 20 :

"Donc l'unique condition pour recevoir le don de la vie divine, c'est de le vouloir : à ceux qui veulent du don de Dieu, Dieu Se donnera toujours. En revanche Dieu ne contraindra pas à le recevoir ceux qui ne veulent pas du don de Sa propre vie divine : cette vie est une communauté d'amour avec Dieu, un échange d'amour qui ne peut se faire que dans la liberté car il n'y a d'amour que libre, il n'y a pas d'amour contraint. Dieu est l'Amour infini qui ne veut que Se donner entièrement et Son attitude vis-à-vis de nous est un appel d'amour qui s'adresse à notre liberté pour que nous aimions librement le don qu'Il nous fait de Lui-même."

Ire Épître de saint Paul aux Corinthiens, VI, 9-11 :

"Ne savez-vous pas que les hommes injustes n'hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les diffamateurs, ni les rapaces n'hériteront du royaume des cieux. Et c'est là ce qu'étaient certains d'entre vous ! Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été sanctifiés par le nom du Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu."

Apocalypse, XXI, 8 (et cf. XXII, 15) :

"Mais pour les lâches, les renégats, les infâmes, les meurtriers, les impudiques (pornois, "pornois", fornicatoribus), les sorciers, les idolâtres et tous les menteurs, leur part est dans l'étang embrasé de feu et de soufre : c'est la seconde mort."

Épître de saint Paul aux Romains, VIII, 22 :

"Nous le savons en effet, la création tout entière soupire et souffre des douleurs de l'enfantement."

 

Apocalypse, VIII, 1 :

"Et lorsqu'il eut ouvert le septième sceau, il se fit un silence (sigh) au ciel d'environ une demi-heure."

 

Catéchèse catholique

du mariage

Abbé Noël BARBARA

(quelques extraits significatifs)

Nihil obstat, Seduni, die 2 - 7 - 63

R. Mengis, Cens.

Ed. Rhodaniques S.A. - Saint-Maurice (Suisse) - 1963

Préface

du Docteur Jean Rivière

Professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux

 

S. Matthieu, X, 21, 22, 33, 35, 36, 38 :

" Les enfants se soulèveront contre leurs parents ...

Vous serez haïs à cause de mon nom ...

Ce que je vous dis ... dites-le en plein jour ... mais

quiconque me reniera devant les hommes,

je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.

Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ...

je suis venu mettre la division entre l'homme et son père ... et

l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison ... celui qui ne

prend pas sa croix, et ne me suis pas, n'est pas digne de moi."

 

J'ai volontiers accepté de la " Catéchèse catholique du " du R. Père BARBARA, après l'avoir lue avec soin sous une double optique : celle de l'homme marié catholique moyen, d'âge moyen, père de famille nombreuse quotidiennement aux prises avec les différents aspects de la vie conjugale, celle aussi du médecin encore plus quotidiennement en mesure de constater le désarroi des intelligences et des cœurs en ce domaine.

 

A ma connaissance, ce travail n'a actuellement pas d'équivalent. A ce titre seulement, il mérite d'intéresser ; et l'expérience a déjà permis de vérifier que son contenu, son mode de rédaction, son souci de ne pas laisser dans l'équivoque les problèmes les plus délicats, ont soulevé beaucoup de questions, troublé des esprits trop ignorants de la doctrine de l'Eglise.

 

Faudra-t-il s'étonner si à l'avenir la lecture de cette catéchèse suscite des objections et des discussions ? Je ne le pense pas car, à la réflexion, on s'aperçoit aisément que l'Eglise catholique a toujours revendiqué et revendique encore un imprescriptible droit de regard sur la morale [domaine où elle est également infaillible - cf. la Constitution Apostolique Pastor Æternus du 18 juillet 1870 sur la primauté romaine].

Que de ménages cherchent, sans toujours le trouver, le secours du conseil du prêtre dans leurs problèmes conjugaux ! Combien s'avère nécessaire le développement de travaux en équipe, clercs, sociologues, médecins, etc., si l'on veut dans tel ou tel cas concret aboutir à des solutions vraiment chrétienne ! Le prêtre n'a-t-il pas mission pour enseigner la morale ? [et à mettre sont enseignement en parfait accord avec celui du Christ, le Verbe incarné, notre Créateur et Seigneur]. Ce livre ne nous dit pas autre chose que la conduite des " enfants de Dieu engagés dans l'état de mariage " [et non dans l'état de fornication ou d'adultère où nul ne peut faire son salut]. La qualité sacerdotale de l'auteur loin de choquer, ne peut qu'inspirer confiance à ceux qui le liront.

A notre époque qui se targue d'être éclairé [l'Evangile de Jésus-Christ n'est quand même pas un ouvrage si difficile à comprendre au point d'être réservé aux sages de ce monde ou à " la sagesse des sages et à la science des savants " - Ire Corinthiens, 1 : 19 ; cf. aussi Matthieu, 22 : 29], le rappel de la conception chrétienne et du sens profond des "obligations" du mariage semblera peut-être périmé [nous y voilà ! cf. Matthieu, 19 : 10-12 - on ne peut pas être plus précis]. En fait, on constate chaque jour que de nombreux foyers ignorent tout de la doctrine de l'Eglise sur le mariage ou n'en connaissent que des bribes éparses, incoordonnées, glanées au fil du hasard. Cette ignorance, disons-le sans amertume, n'épargne pas des ecclésiastiques [mais nul, devant Dieu, n'est sensé ignorer les lois fondamentales de sa propre religion et tout particulièrement celles qui le concernent en propre, car aucun engagement sacré ne doit être traité à la légère].

Aussi suis-je persuadé que le travail du R. P. Barbara, malgré sa présentation un peu rude, rendra de grands services à ceux qui voudront bien, humblement, le prendre comment instrument de travail.

Il ne faudrait d'ailleurs pas se méprendre sur les intentions de l'auteur. Je lui appliquerai volontiers cette belle définition : "l'esprit dur et le cœur doux" [cependant Jésus n'a pas hésité à dire à ceux qui, sur le mariage, trouvait sa doctrine excessive qu'il existe cependant des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux et que celui qui peut le comprendre le comprenne (cf. Matthieu, 19 : 12). Dans la vie, il faut savoir qui l'on veut servir et ce que l'on veut atteindre, car il convient toujours de " lutter pour entrer par la porte étroite qui conduit à la vie éternelle, et peu nombreux sont ceux qui la trouvent " (Luc, 13 : 24 ; cf. Matthieu, 19 : 16-18). Sait-on également que, selon Jésus lui-même, le ciel et la terre passeront, et que ses paroles ne passeront point, et que sa doctrine n'est pas de lui, mais de Celui qui l'a envoyé ? (cf. Matthieu, 24 : 35 ; Marc, 13 : 31 ; Jean, 7 : 16)].

Ce catéchisme ne constitue pas un réquisitoire. Pas davantage, le Père Barbara n'a consacré des mois à son travail pour le plaisir de satisfaire à quelque "intégrisme" de principe ou de fait en un domaine où tant de consciences droites cherchent des solutions à des situations souvent douloureuses [et qui exigent parfois des choix crucifiants pouvant même aller jusqu'au martyre - cf. Luc, 12 : 49-53 ; Matthieu, 10 : 34-36 ; Luc, 14 : 25-27 ; Matthieu, 10 : 24-32].

Or qui détient encore la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde si ce n'est l'Eglise catholique [l'Eglise bâtie par Jésus-Christ sur Pierre et sur ses successeurs - cf. Matthieu, 16 : 18] ?

Le premier devoir de la charité n'est-il pas d'éclairer ceux qui marchent dans l'obscurité ? [Cf. Ezéchiel, 33 : 7-11 ; Matthieu, 18 : 15-17.]

La doctrine de l'Eglise [ou du Christ] sur le mariage reste la pierre d'angle des ménages chrétiens. Si sur certains la discussion reste ouverte, de préférence entre personnalités compétentes et en dehors de la place publique, dans l'ensemble, la voie tracée par l'Eglise en ce domaine comme en d'autres, est seule susceptible d'apporter aux âmes la paix, parfois au prix d'une lourde croix. Mais plaisir et bonheur ne se confondent pas et Notre-Seigneur Jésus-Christ a plus souvent parlé de voie étroite que de voie large.

Il faut remercier le R. Père Barbara d'avoir su, en effaçant sa personnalité derrière l'autorité de la pensée de l'Eglise, le rappeler.

Avant-propos

Ignorance des gens mariés

Nombreux, à notre époque, sont les chrétiens qui, prenant conscience des exigences du christianisme, veulent le pratiquer avec générosité dans toute leur vie.

Mais, dans leur vie, il est comme un domaine où la lumière de la doctrine n'a guère pénétré, celui de leur vie conjugale.

Là, dans toutes les classes sociales, se découvre une ignorance effroyable (1). On peut dire que bien des époux ignorent presque totalement les limites de ce qui leur est permis ou défendu. Beaucoup pensent qu'entre mari et femme tout est licite, jusqu'aux pires abominations ; et combien, par contre, qui prennent pour péchés inévitables les privautés de la vie conjugale. Que de fois, dans des cercles d'étude, des hommes n'ont-ils pas avoué que, pour eux, le péché originel c'était tout simplement l'acte procréateur [en soi], dans lequel ils voyaient quelque chose de pas très bien, et, comme tous les enfants étaient conçus de même façon [mais non du Saint-Esprit - cf. Matthieu, 1 : 18], ils naissaient tous avec le péché originel [Psaumes, 50 : 7 : " J'ai été en effet engendré dans l'iniquité : et dans le péché ma mère m'a conçu."]. Ces mêmes hommes confondaient très souvent le dogme de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge [Siège de la Sagesse, chair immaculée] avec la Conception Virginale de Notre-Seigneur [avant d'éviter toute ambiguïté, n'oublions pas cependant cet enseignement du Catéchisme du Concile de Trente : " Or les enfants, par le péché d'Adam, ont contracté la tache originelle ; à plus forte raison donc peuvent-ils recevoir la Grâce et la justice par Notre Seigneur Jésus Christ, pour régner dans la vie ; ce qui est absolument impossible sans le Baptême.- Cf. Marc, 16 : 15 : " Et Jésus leur dit : Allez par le monde entier prêcher l'Evangile à toute créature. Celui qui croira (ou qui gardera mes commandements) et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné." - Cf. S. Jean, 3 : 3 ; S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIe Partie, qu. 66, art. 9, 4° : " Le baptême nous est donné principalement pour nous libérer du péché originel." ID., ib., qu. 68, art. 9 : " Or les enfants, par le péché d'Adam, contractent le péché originel : on le voit à ce qu'ils sont soumis à la mortalité qui, par le péché du premier homme, est passé à tous les autres, comme le dit l'Apôtre au même endroit (Romains, 5 : 12). (...) Aussi est-il nécessaire de baptiser les enfants ; puisqu'à leur naissance ils encourent par Adam leur condamnation, il faut qu'en renaissant ils reçoivent du Christ leur salut."].

Engagés dans l'état de mariage, c'est dans cet état même que les époux doivent se sanctifier ou se laisser sanctifier] ; et comment le pourrait-il en ignorant tout, ou presque tout, des devoirs primordiaux que cet état implique ?

Une telle ignorance se conçoit facilement quand on songe au peu de préparation des fiancés à cet égard. Quelle que situation qu'un jeune homme ou une jeune fille choisissent pour s'établir dans la vie, ils doivent sérieusement s'y préparer. Durant des mois, voire des années, sous la conduite d'un maître, ils apprennent leur futur métier.

Mais où et comment, ces jeunes gens et jeunes filles, apprennent-ils leur métier d'époux, de parents ? Savent-ils seulement, dans bien des cas, à quoi ils s'engagent définitivement ?

Comment s'étonner, dès lors, des résultats : multiplication en chaîne des divorces, des avortements, des adultères, généralisation de la pratique de l'onanisme ? [c'est-à-dire le crime d'Onan, qui consiste à détourner notre faculté de transmettre la vie " de sa haute et véritable fin " (Discours de Pie XII aux jeunes époux, 5 mars 1941) - cf. Genèse, 38 : 8-10]. Pour combien de conjoints le mariage n'est-il pas un état de paganisation, au lieu d'être un moyen de sanctification ? D'où vient, en effet, que nos églises et surtout la table sainte, où se distribue le Corps du Christ, soient désertées, et particulièrement par des couples depuis leur mariage ou leur premier enfant, jusqu'à la cinquantaine ?

Autant la vérité délivre, autant l'ignorance, l'erreur éloignent du Dieu de vérité.

Cette ignorance quant aux choses de la vie conjugale n'a été, de nos jours, aggravée si l'on peut dire, par une multitude d'écrits de toutes sortes, émanant aussi, comme le remarquait Pie XII, de source catholique, qui sont venus troubler les fiancés et les jeunes époux, pervertir l'opinion publique même catholique. On reste atterré, disait encore Pie XII, devant l'intolérable effronterie d'une telle littérature !

Dans le domaine de l'intimité conjugale, on ne peut pas ne pas souligner aussi tout le mal fait par ces enquêtes, menées à grand renfort de publicité, dans les publications catholiques, comme dans la presse du cœur, et qui, sur des problèmes de morale conjugale qui réclament, nous dit Jean XXIII, de la préparation, de la maturité de jugement et de la sincérité de conscience, propagent la pensée du premier venu, voire d'un non catholique ou d'un incroyant.

Enfin, on ne peut pas passer sous silence ces écrits qui, ne traitant que tel ou tel des problèmes conjugaux, ne les situent pas dans l'ensemble des autres devoirs du mariage et livrent ainsi à leurs lecteurs un exposé partiel et souvent partial des obligations des personnes mariées.

Et le catholique moyen, qui aura lu dans son journal catholique, acheté à la porte de son église, la réponse d'un inconnu quelconque sur le divorce, l'usage des contraceptifs, le contrôle des naissances, etc., la retiendra comme étant l'enseignement de l'Eglise. N'a-t-il pas pris son journal dans l'église ?

Aussi bien, ces exposés tendancieux dont nous venons de parler, constituent en fait, pour les époux, des demi-vérités presque aussi nocives que des erreurs. Quand on se rappelle que les idées mènent le monde, on comprend la gravité du mal fait par de tels écrits. Une idée fausse, écrit Mgr Suenens, est infiniment plus redoutable qu'une photo indécente. Devant tant d'ignorance, devant une telle confusion d'idées sur des problèmes vitaux chez la plupart des chrétiens, cette Catéchèse catholique du mariage vient, croyons-nous, à son heure [mais en l'an 2003 la situation est pire que jamais : la terrible marée moderniste qui a fini par envahir le monde n'a jamais pu être endiguée]. [...]

37 Quelle est la situation des chrétiens qui, après avoir obtenu les effets du divorce civil, contractent un nouveau mariage ?

Remarque préalable. - Le mariage étant, de par la volonté du Créateur l'union exclusive et perpétuelle d'un seul homme avec une seule femme, et le liens d'un mariage valide ne pouvant être rompu par aucun pouvoir humain et pour aucun motif (Q. 25), c'est très improprement qu'on emploie le terme de nouveau mariage pour désigner l'union nouvelle que contractent du vivant de leur conjoint, ceux qui ont obtenu les effets du divorce civil. Dans la réalité, cette nouvelle union n'est pas un nouveau mariage mais tout simplement un concubinage officiel sanctionné par une loi impie.

Le terme de nouveau mariage ne convient qu'à l'union de ceux qui, leur précédent mariage ayant été rompu par la mort de l'autre conjoint ou par l'autorité religieuse compétente (Q. 25), contractent religieusement de nouvelles noces valides.

Les chrétiens qui, après avoir obtenu les effets du divorce, contractent devant les pouvoirs civils un pseudo-mariage, non seulement commettent un péché grave, mais s'installent dans un péché public et sont, par le fait même, des pécheurs publics.

De plus, du point de vue de l'Eglise, ce sont des bigames que le Droit Canon frappe, par le seul fait de leur pseudo-union, de la peine d'infamie. Celle-ci rend inaptes à accomplir les actes ecclésiastiques comme, par exemple, être parrain de baptême et de confirmation.

Enfin, s'ils continuent à cohabiter avec leur complice, nonobstant la monition de l'Ordinaire, celui-ci doit les punir, selon la gravité de leur faute, par l'excommunication ou par un interdit personnel.

38. Est-il permis de servir de témoin à un pseudo-mariage ?

La morale défend, sous peine de péché mortel, de collaborer directement à une action gravement coupable. Elle défend également de l'approuver ou de l'encourager.

Ce pseudo-mariage étant un acte intrinsèquement pervers, il est absolument interdit à un chrétien, sous peine d'une faute grave, d'y servir de témoin, de l'approuver et de l'encourager. Donc, assister à ce pseudo-mariage, présenter ou écrire des compliments, des félicitations, offrir des fleurs ou autre cadeau, c'est approuver ou encourager un concubinage et commettre un péché qui a la même malice que celui qu'on approuve ou qu'on encourage. Et le pardon de ce péché de scandale exige la réparation du mal qu'on a fait.

39. Les divorcés remariés sont-ils dispensés de leurs devoirs religieux ?

Non, les divorcés qui ont contracté un pseudo-mariage ne sont pas dispensés pour cela de leurs devoirs religieux. Ils sont toujours tenus d'observer les commandements de Dieu et de l'Eglise.

L'assistance à la messe dominicale et aux sermons, la prière, le jeûne et l'abstinence, le baptême et l'éducation chrétienne des enfants, autant de pratiques qui leur sont toujours possibles et qui peuvent leur obtenir la miséricorde de Dieu.

Installés dans une vie de pécheurs publics, ils ne peuvent faire leur salut s'ils n'en sortent pas, et ils n'en sortiront qu'avec le secours du Seigneur.

Qu'ils prient donc beaucoup pour obtenir la grâce de quitter cette vie de péché au moins en régularisant leur union quand ce sera possible.

Qu'ils se souviennent que certains démons ne se chassent que par le jeûne et la prière (Marc, 9 : 28) et que l'aumône, faite pour l'amour de Jésus-Christ, couvre la multitude des péchés (Tobie, 12 : 8-9 ; I Pierre, 4 : 8 : Jacques, 5 : 20).

40. Quel doit être notre comportement vis-à-vis des divorcés ?

Le divorce civil est un outrage grave à l'institution sacrée du mariage ; il constitue, nous l'avons vu (Q. 36), la matière d'un péché mortel.

Le pseudo-mariage civil, contracté par les divorcés, constitue un état de péché public beaucoup plus grave, en quelque sorte, que le divorce lui-même.

Et comme, jamais et pour aucune raison, on ne peut approuver un péché, - encore moins un état de péché - jamais et pour aucune raison, on ne peut ni approuver, ni laisser croire qu'on approuve le divorce de personne religieusement mariées, et encore moins le "pseudo-mariage" des divorcés.

Sans doute, le Seigneur nous a défendu de juger des intentions, mais Il ne nous a pas recommandé pour autant d'approuver ou d'excuser le mal ; et c'est une obligation, pour tout vrai chrétien, de juger chrétiennement et de désapprouver, non pas les intentions qui lui échappent, mais la conduite scandaleuse des divorcés remariés.

Même remariés, les divorcés en sont pas des excommuniés à éviter ; cependant, ils sont des pécheurs publics, c'est-à-dire des chrétiens en état notoire de rébellion contre Dieu et son Eglise et, à ce titre, cause de scandale. Evidemment, il n'est pas permis d'avoir avec eux les mêmes relations qu'avec ceux qui, apparemment, se conforment aux lois de Dieu et de son Eglise [II Corinthiens, 6 : 14 : " Ne formez pas avec des incroyants un attelage disparate." ; cf. Jean, 5 : 44 ; Luc, 8 : 21 ].

Recevoir chez soi, par exemple, et traiter de la même façon cet homme venant en visite avec sa femme légitime et cet autre accompagné de sa concubine officielle, n'est-ce pas montrer que, à nos yeux et d'après notre jugement, les lois de Dieu instituant le mariage et prohibant le divorce n'ont pas plus de valeur que la volonté sacrilège de l'homme ayant pris le contre-pied de ces lois ?

Sans doute il y a souvent des cas délicats qui demandent beaucoup de tact pour l'application de ce principe ; ainsi lorsque les divorcés nous étant proches parents, une attitude trop rigide compromettrait la paix de la famille [cf. cependant Matthieu, 10 : 34-35] ; ou encore si des raisons graves de négoce, d'affaires, de politique, imposaient visite ou réception de personnes divorcées. Dans ce cas et dans d'autres semblables, il faut toujours sauvegarder le principe et ne jamais donner l'impression que l'on approuve le divorce ou le pseudo-mariage.

Au sujet de l'inceste de Corinthe, saint Paul veut que " l'auteur d'une telle action soit retranché " de la communauté chrétienne. (cf. I Corinthiens, 5 : 1).

Parlant de ceux dont la conduite est scandaleuse et avec lesquels il ne faut pas avoir de relations, l'Apôtre distingue les chrétiens de ceux qui ne le sont pas. S'ils ne sont pas chrétiens, vous pouvez avoir des relations avec eux, " sinon il vous faudrait sortir du monde ". Mais " si un homme, tout en portant le nom de frère, était impudique, cupide, idolâtre, diffamateur, ivrogne, rapace, n'ayant aucune relation avec lui ; abstenez-vous même de prendre un repas avec un tel personnage " (I Corinthiens, 5 : 9, 11).

L'apôtre saint Jean, qu'on appelle l'apôtre de la charité, écrit dans sa seconde épître : " Quiconque... ne demeure pas dans la doctrine du Christ, ne possède point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine, celui-là possède et le Père et le Fils. Si quelqu'un vient à vous et n'apporte point cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne lui dites pas : Salut ! Car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses œuvres mauvaises " (II Jean, 9-11).

Par cette attitude ferme dans la foi (I Pierre, 5 : 9), nous accorderons à ces pauvres pécheurs qui demeurent nos frères, ce que le Pape Pie XII appelait la " première charité : celle de la vérité " et " la vérité les délivrera " (Jean, 8 : 32).

N'oublions jamais cette remarque de saint Pie X : " Si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n'a pas respecté leurs convictions erronées, quelques sincères qu'elles parussent ; et il les a tous aimés pour les instruire et les sauver " (Notre charge apostolique, 25.8.1910).

Prions pour eux, encourageons-les à sortir de cet état de péché, aidons-les, dès que la chose est devenue possible, à surmonter les difficultés pour se mettre en règle avec la loi de Dieu et, souvenons-nous que parmi les œuvres de miséricorde spirituelle que le Maître ne laissera pas sans récompense, il y a " la réprimande au pécheur en vue de le réconcilier avec Dieu " (Jacques, 5 : 20).

Citation de l'auteur : " Il faut affirmer, contre des erreurs très répandues, que la charité ne peut en aucun cas comporter la complaisance ou la tolérance pour le péché ou l'erreur ; la charité nous oblige au contraire à haïr et combattre le péché et l'erreur qui sont le plus grand mal de nos frères que nous aimons. Plus nous aimons les pécheurs et ceux qui sont dans l'erreur - et il faut les aimer jusqu'à donner notre vie pour eux le cas échéant, - plus nous haïssons et combattons leur péché et leur erreur." (Jean Daujat, " La Grâce et nous Chrétiens ", p. 71).

" Si supporter les injures qui n'atteignent que nous-mêmes, enseigne saint Thomas d'Aquin, est un acte de vertu, supporter celles qui atteignent Dieu est le comble de l'impiété " (Somme théologique, IIa, IIæ, Q. 136, a. 4, ad. 3).

[...]

125. Qu'est-ce que l'adultère ? Quelle est sa gravité ?

L'adultère, du latin ad-alterum-ire = aller vers un autre, est le péché de fornication commis par une personne engagée dans un mariage valide avec une personne qui n'est pas son conjoint légitime (cf. §§ 23, 288, 340, 341).

Si les deux fornicateurs sont mariés, leur adultère est double.

En plus de la faute mortelle d'impureté, l'adultère comporte une grave injustice, non seulement par l'affront fait au conjoint innocent, mais aussi parce que le coupable livre un bien (son corps) qui ne lui appartient plus puisqu'il est la propriété de l'autre (cf. I Corinthiens, 7 : 4, et § 20).

Cette faute grave [gravissime !] peut se commettre, non seulement en fait, mais aussi par désir et par pensée. " Et Moi, je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur ", déclare Notre-Seigneur Jésus-Christ en son sermon sur la montagne (Matthieu, 5 : 28 - " ... et que ton corps entier n'aille dans la géhenne."). Et donc, chaque fois que quelqu'un s'arrête volontairement à la pensée d'un adultère, a fortiori ceux qui en conçoivent un vrai désir, commettent un péché grave [gravissime !] par pensée ou par désir et doivent le confesser comme tel (Q. 232).

Ainsi qu'il a été dit à la Q. 123 - 3., le conjoint adultère (de fait) perd son droit à l'acte conjugal aussi longtemps que le conjoint innocent ne lui a pas pardonné sa faute.

De plus, s'il y a conception et naissance d'un enfant adultérin, les coupables, chaque fois que la chose leur est possible, ont l'obligation grave de le prendre à leur charge pour ne léser ni le conjoint innocent ni les enfants légitimes.

[...]

233 Quels sont les péchés contre la chasteté ?

La chasteté est une vertu morale qui réfrène et domine les appétits sexuels et les ordonne en vue du but pour lequel Dieu les a voulus : la procréation des enfants dans un mariage légitime (Q. 165).

Chaque fois que, par un acte délibéré, ces appétits sont satisfaits en dehors du plan de Dieu (Q. 112) il y a péché contre la chasteté (cf. §§ 7, 13, 14, 15).

A. La question des péchés contre la chasteté conjugale est plus particulièrement traitée aux Q. 114, 117, 120, 136, 165 et 252.

B. Ceux qui ne sont pas engagés dans les liens d'un mariage valide pèchent contre la chasteté :

Par fornication (cf. Tobie, 4 : 12 ; I Corinthiens, 6 : 18 - et les versets 9 et 10 : " Ne vous y trompez pas : ... ni les adultères... ni les ivrognes... n'hériteront du royaume de Dieu."), s'ils satisfont leur appétit sexuel dans un acte complet avec la personne non mariée.

C. Pour tous, mariés ou non, il y a péché contre la chasteté :

a) par adultère, si le partenaire est marié (cf. Lévitique, 18 : 20) ;

b) par masturbation ou péché solitaire, s'ils se procurent seuls le plaisir vénérien ;

c) par inceste, quand l'acte charnel est accompli entre ceux dont la consanguinité (Q. 105) et l'affinité (Q. 106) interdisent l'union ;

d) par sodomie [cf. le chap. 19 de la Genèse], s'ils se procurent le plaisir en faisant l'acte contre nature (Lévitique, 18 : 22) ;

e) par bestialité, si c'est un animal (Lévitique, 18 : 23).

Toutes ces fautes peuvent être commises de fait, ou être l'objet d'une pensée, d'un désir ou d'une joie malsaine (Q. 249). Il est évident que les péchés par action sont ordinairement plus graves que les péchés purement intérieurs [revoir cependant Matthieu, 5, 28 - on dit bien en effet communément que " c'est l'intention qui compte ", ou encore, sous une autre forme, que " l'intention vaut l'action ". - Cf. Nombres, 15 : 39 ; Job, 31 : 1 ; Ezéchiel, 8 : 12-13].

Chaque fois que ces péchés sont commis avec pleine connaissance et plein consentement, ils sont des péchés graves (cf. I Cor., 6 : 9-10 [cité plus haut), puisqu'il n'y a pas de légèreté de matière en ces choses-là (Q. 249 - 2.).

[...]

28 N'y a-t-il aucune raison qui justifie le divorce ? (cf. §§ 10, 42, 67, 68, 124 à 128, 353 à 356, 358, 508)

Non ! le divorce n'est jamais admissible. Toutes les raisons alléguées pour justifier cette plaie sociale, sont fausses et sans aucune valeur devant l'irréfragable loi du Créateur rappelée par le Christ : " CE QUE DIEU A UNI, QUE L'HOMME NE LE SÉPARE POINT " (Evangile selon saint Matthieu, chap. 19, verset 6).

29 Ne peut-on espérer qu'un jour l'Eglise reviendra sur son intransigeance pour accepter le divorce dans certains cas ?

Non ! l'Eglise ne pourra jamais revenir sur l'indissolubilité du mariage. C'est une doctrine de foi, définie au Concile de Trente contre les protestants, que parmi les chrétiens la polygamie est défendue de droit divin. " Si quelqu'un soutient qu'il est permis d'avoir plusieurs femmes à la fois, et que cela n'est pas défendu par aucune loi divine, qu'il soit anathème " (Session XXIV, c. 2).

Cette intransigeance nécessaire de l'Eglise a été rappelée récemment par Jean XXIII : Avec l'indissolubilité " il ne s'agit pas de prescriptions ou de règles... que le cours des générations peut modifier, mais de la volonté divine, de l'ordre intangible établi par Dieu lui-même " (cf. §§ 35, 39, 341, 693).

[...]

Jean XXIII, au Tribunal de la Rote, 13 décembre 1961.

693 [...] En sauvegardant avec un soin jaloux l'indissolubilité du lien (matrimonial) et la sainteté du grand sacrement, l'Eglise défend non seulement un droit ecclésiastique et civil, mais surtout le droit naturel et le droit positif divin. Ces deux biens nécessaires et grands, que le voile des passions et des préjugés obscurcit parfois jusqu'à les faire oublier, sont voulus, avant de l'être par la loi positive, l'un par la loi naturelle gravée en caractères indélébiles dans la conscience humaine, et l'autre par la loi divine de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il ne s'agit donc pas de prescriptions ou de règles imposées par les circonstances et que le cours des générations peut modifier, mais de la volonté divine, de l'ordre intangible établi par Dieu lui-même pour sauvegarder le premier noyau fondamental de la société civile. Il s'agit de la loi divine primordiale que, lorsque fut venue la plénitude des temps, la parole du Christ : " A l'origine, il n'en fut pas ainsi " (Matthieu, 19 : 8) a ramenée à son intégrité véritable.

L'Eglise ne défend pas des intérêts de castes ou des coutumes dépassées. Son chant glorieux, son titre d'honneur résonne dans le " Pater noster " : " Fiat voluntas tua sicut in coelo et in terra " (" Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel."). Voilà ce qu'elle propose et défend dans le monde : la volonté de Dieu, dans laquelle est la paix, la sérénité et la prospérité, même matérielle, pour tous ses fils.

[...]

Enseignement de Notre-Seigneur sur le mariage

8 " N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais parfaire " (Matthieu, 5 : 17 - accomplir, réaliser, achever pleinement : gr. plhrwsai, lat. adimplere, cf. aussi Romains, 13 : 10).

" Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettra point d'adultère. Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis l'adultère dans son cœur (Matthieu, 5 : 28).

" Or, si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille dans la géhenne " (Matthieu, 5 : 29-30. - L' "œil droit" à arracher, la "main droite" à couper, sont des métaphores pour signifier ce qui nous tient de plus près, ce que nous avons de plus cher, et, tout au moins en apparence, de plus utile. Si la fortune, la santé, les amis, les parents même [voire encore nos propres enfants] deviennent pour nous un "scandale", une occasion de chute, et que l'éloignement soit le seul moyen efficace de nous préserver, il n'y a pas à hésiter, car, le Royaume de Dieu ou la géhenne ! C'est l'obligation où nous sommes de subordonner les intérêts personnels à la vie éternelle. L'Evangile y revient souvent : cf. Matthieu, 8 : 22 et 10 : 37).

9 " Il a été dit aussi : Quiconque répudiera sa femme, lui donnera une lettre de divorce. Mais moi je vous dis (toujours dans le " perfectionnement " de la Loi, Jésus supprime le divorce ; il permet simplement la " séparation de corps " en cas d'inconduite) : Quiconque répudie sa femme, hors le cas d'infidélité [où elle serait elle-même déjà adultère], la rend adultère ; et quiconque épouse une femme répudiée, commet un adultère " (Matthieu, 5 : 31 et 32).

" Des Pharisiens s'approchèrent de Jésus pour lui tendre des pièges (Matthieu, 19 : 3 : Les Juifs ont bien compris la réponse de Jésus : le divorce est désormais supprimé ; après avoir renvoyé son conjoint, l'homme ou la femme n'ont plus que deux solutions : " demeurer sans se marier " ou " se réconcilier avec son conjoint renvoyé " - cf. I Corinthiens, 7 : 11. Les Pharisiens auxquels on a rapporté cette réponse : la suppression du divorce, s'imaginent que Jésus s'est mis en contradiction avec Moïse et ils en prennent prétexte pour lui tendre un piège.) ; ils lui demandèrent : Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif ? Il répondit : N'avez-vous pas lu, que dès le commencement, Celui qui fit la race humaine, les fit mâle et femelle ? Et il a dit : A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux seront une seule chair (cf. Genèse, 1 : 27 ; 2 : 24 - Jésus confirme ainsi l'historicité des premiers chapitres de la Genèse sur la création). Qu'un homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. Ils lui disent : Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ? Il leur répondit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n'en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère (Matthieu, 19 : 3 à 9).

10 " Rentrés au logis, les disciples l'interrogèrent de nouveau sur ce point (Cette intervention prouve que les disciples ont bien compris la pensée de Jésus abolissant le divorce). Et il leur dit : Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère à l'égard de la première ; et si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère (Marc, 10 : 10 à 12).

" Ses disciples lui dirent : Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est pas avantageux de se marier (Matthieu, 19 : 10).

" Il leur dit : tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes , à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne " (Matthieu, 19 : 11 et 12. - A certaines situations matrimoniales il n'y a pas d'autre solution que la "castration volontaire" pour le Royaume de Dieu, c'est-à-dire la "chasteté parfaite". Alors, la continence totale devenant nécessaire, Dieu donne sa grâce pourvu qu'on la lui demande et qu'on y corresponde par des efforts généreux et persévérants - cf. Q. 165 sq.).

Enseignement des Apôtres

Sur l'indissolubilité du mariage

18 " La loi ne s'impose à l'homme que durant sa vie. C'est ainsi qu'une femme mariée se trouve liée par la loi au mari tant qu'il est vivant ; mais si l'homme meurt, elle se trouve dégagée de la loi du mari. C'est donc du vivant de son mari qu'elle porte le nom d'adultère, si elle devient la femme d'un autre ; mais en cas de mort du mari, elle est si bien affranchie de la loi qu'elle n'est pas adultère en devenant la femme d'un autre " (Romains, 7 : 1 à 3).

" Aux gens mariés, j'ordonne - non pas moi, mais le Seigneur - que la femme ne se sépare pas de son mari. S'il arrive qu'elle soit séparée, qu'elle ne se remarie pas, ou qu'elle se réconcilie avec son mari. Que de son côté, le mari ne répudie point sa femme. [...] La femme reste liée à son mari tout le temps de sa vie. S'il vient à mourir, elle est libre d'épouser qui elle veut, mais à condition que ce soit dans le Seigneur. Toutefois, à mon avis, elle sera plus heureuse si elle demeure comme elle est. Et je crois bien avoir moi aussi, l'Esprit de Dieu " (I Corinthiens, 7 : 10-11, 39-40).

Ephésiens, 5 : 25-33 :

" Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend soin, comme le Christ le fait pour l'Eglise, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme [et non à ses femmes !], et les deux et non les trois, ou les quatre, etc.] deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport au Christ et à l'Eglise. De reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari [avec une telle mise au point, le Christ étant à l'Eglise ce que le mari est à sa femme, on se demande bien comment il est encore possible de nier l'indissolubilité du mariage et de croire que l'on héritera malgré tout du royaume du Christ et de Dieu en se trouvant dans un état où nul, selon la Parole de Dieu, ne pourra faire son salut. N'est-ce pas là se moquer de Dieu ?]."

Galates, 6 : 7 :

" Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme a semé, il le moissonnera aussi."

Matthieu, 7 : 13-14, 26-229 :

" Entrez par la porte étroite : large, en effet, est la porte, et spacieux est le chemin, qui conduit à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle. Qu'elle est étroite, et resserrée la voie , qui conduit à la vie ; et peu nombreux sont ceux qui la trouvent !"

" Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents on soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes."

Jean, 7 : 16 :

" Jésus leur répondit : Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé."

Luc, 11 : 28 :

" Et Jésus répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !"

Ibid., 8 : 21 :

" Mais Jésus répondit : Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique."

Ibid., 9 : 35 :

" Et de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le !"

Matthieu, 17 : 5 :

" Comme Jésus parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit (Pierre, Jacques et Jean, Moïse et Elie). Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le !"

Marc, 9 : 7 :

" Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !"

Marc, 13 : 31 :

" LE CIEL ET LA TERRE PASSERONT, MAIS MES PAROLES NE PASSERONT POINT."

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