La morale
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Pape saint Pie X, Lettre sur le Sillon,
§ 11, Rome, le 25 août 1910 :
" Non, vénérables Frères - il
faut le rappeler énergiquement dans ces temps d'anarchie sociale et
intellectuelle, où chacun se pose en docteur et législateur - on ne bâtira pas
la cité autrement que Dieu ne l'a bâtie, on n'édifiera pas la société, si
l'Eglise n'en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation
n'est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été,
elle est : c'est la civilisation chrétienne, c'est la cité catholique. Il ne
s'agit que de l'instaurer et de la restaurer sans cesse sur ses fondements
naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie
malsaine, de la révolte et de l'impiété : omnia instaurare in Christo. "
Jean-Marie Vaissière, Fondements
de la cité, ouv. cité plus haut, pp. 153-154 :
" [...] l'instauration d'un ordre
social chrétien n'a de sens que pour faciliter la conversion plus générale
et plus durable des hommes.
La seule méthode dont l'histoire
montre qu'elle fut à l'origine de toutes les transformations sociales profondes
[...] peut se décomposer en trois temps. [...]
En bref et en ce qui nous
concerne, nous, laïcs catholiques :
1° Travailler à la formation d'un
certain nombre d'hommes qui [...] 2° [...] agissant ensuite sur les
institutions comme avec un levier, travailleront à l'instauration d'un ordre
social chrétien (image ACCIDENTELLE de L'ESSENTIELLE cité catholique
évoquée par saint Pie X) pour que [...] 3° soit rendue plus facile, plus
féconde, l'action spécifiquement apostolique. "
Encyclique Quas primas,
pape Pie XI, 11 décembre 1925 :
" [...] D'autre part, ce
serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les
choses temporelles, quelles qu'elles soient : Il tient du Père sur les
créatures un droit absolu, Lui permettant de disposer de toutes à son gré (a).
Néanmoins, tant qu'Il vécut sur
terre, Il s'est totalement abstenu d'exercer cette domination terrestre, Il a dédaigné la possession et l'administration des choses
humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu'Il a fait alors, Il
le continue aujourd'hui : pensée exprimée avec tant de charme dans la
liturgie : 'Il ne ravit point les diadèmes éphémères, Celui qui distribue
les couronnes du ciel éternel' (b). "
a) S. Matthieu, XXVIII, 18 :
" Jésus s'approcha et leur parla en ces termes : 'Toute puissance
m'a été donnée au ciel et sur la terre'. " - Hébreux, I, 1 : " Après
avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les
prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par
le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il
a fait les siècles. "
b) Ou : " Il ne ravit pas les
sceptres mortels, lui qui donne les royaumes célestes " : " Non
eripit mortalia, Qui regna dat cœlestia " : l'Epiphanie [
Encyclique Quas primas,
citée plus haut, pape Pie XI : " Toutefois, cette royauté [la royauté du Christ] est surtout spirituelle et concerne principalement les
choses spirituelles. "
Encyclique Immortale Dei,
citée plus haut, pape Léon XIII, Rome, le 1er novembre 1885 :
" [...] Dieu a donc divisé le
gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance
ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses
divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles en son genre est
souveraine; chacune est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et
tracées en conformité de sa nature et de son but spécial. [...]
Il est donc nécessaire qu'il y ait
entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné non sans analogie
avec celui qui dans l'homme constitue l'union de l'âme et du corps. On ne peut
se faire une juste idée de la nature et de la force de ces rapports, qu'en
considérant, comme nous l'avons dit, la nature de chacune des deux puissances,
et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs buts, puisque l'une
a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres, et
l'autre de procurer les biens célestes et éternels.- Ainsi, tout ce qui,
dans les choses humaines, est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche
au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à
son but, tout cela est du ressort de l'autorité de l'Eglise. "
S. Thomas d'Aquin, De Regimine
principum (Du Gouvernement Royal), 1264, Préface du R. P.
Garrigou-Lagrange, 0. P., collection Les Maîtres de
"La fin dernière de la
société n'est donc pas de vivre selon la vertu, mais d'atteindre, par la
pratique de la vertu, la jouissance de Dieu. [...]
"Mais comme l'homme n'atteint
pas sa fin qui est la possession de Dieu, par ses propres forces, mais par la
puissance divine, selon le mot de l'Apôtre (a) : 'Le don de Dieu, c'est la vie
éternelle', il n'appartient pas au gouvernement humain, mais au gouvernement
divin de le conduire à cette fin. Or un tel gouvernement relève de ce
roi qui n'est pas seulement homme, mais aussi Dieu, c'est-à-dire Notre-Seigneur
Jésus-Christ lequel, en faisant des hommes les fils de Dieu, les a introduits
dans la gloire céleste.
"C'est donc là le pouvoir qui
Lui a été donné et qui ne périra pas ; aussi les Livres Saints Lui donnent-ils
le titre non seulement de prêtre, mais de roi, comme dit Jérémie (XXIII, 5) :
'Un roi règnera qui sera sage'. De Lui découle le sacerdoce royal ; et, qui
plus est, tous les fidèles du Christ, en tant qu'ils sont ses membres, ont part
à ce double titre de roi et de prêtre. L'administration de ce royaume, pour
que le spirituel soit bien distingué du temporel, n'a pas été confié aux
rois de la terre, mais aux prêtres et principalement à notre 'Grand Prêtre',
le successeur de Pierre, le Vicaire du Christ, le Pontife Romain, à qui tous
les rois de la chrétienté doivent se soumettre comme à Notre-Seigneur
Jésus-Christ lui-même."
a) Romains, VI, 23.
Encyclique Graves de communi du
Pape Léon XIII sur la démocratie, 18 janvier 1901 :
" [...] la démocratie
chrétienne [...] doit pourvoir aux intérêts des petits, sans cesser de conduire
les âmes créées pour les biens éternels à la perfection qui leur convient.
[...] il lui faut garder à l'abri de toute atteinte le droit de propriété et de
possession, maintenir la distinction des classes qui, sans contredit, est le
propre d'un État bien constitué. Enfin, il faut qu'elle accepte de donner
à la communauté humaine une forme et un caractère en harmonie avec ceux qu'a
établis le Dieu créateur. Il est donc évident que la démocratie sociale et
la démocratie chrétienne n'ont rien de commun ; il y a entre elles toute la
différence qui sépare le système socialiste de la profession de foi chrétienne.
[...] De la même façon, il faut mettre la démocratie chrétienne à couvert d'un
autre grief : à savoir qu'elle consacre ses soins aux intérêts des classes
inférieures, mais en paraissant laisser de côté les classes supérieures, dont
l'utilité n'est pourtant pas moindre pour la conservation et l'amélioration
de l'État. "
Allocution du Pape saint Pie X à
des pèlerins français, 19 avril 1909 :
" [...] Nous nous réjouissons
avec vous, catholiques bien-aimés de
Encyclique Il fermo proposito du
Pape saint Pie X sur l'Action catholique, 11 juin 1905 :
" [...] La civilisation du
monde est une civilisation chrétienne ; elle est d'autant plus vraie, plus
durable, plus féconde en fruits précieux, qu'elle est plus nettement chrétienne
; d'autant plus décadente, pour le grand malheur de la société, qu'elle se soustrait
davantage à l'idée chrétienne. Aussi, par la force intrinsèque des choses,
l'Église devient-elle encore en fait la gardienne et la protectrice de la
civilisation chrétienne. Et ce fait fut reconnu et admis dans d'autres siècles
de l'histoire ; il forme encore le fondement inébranlable des législations
civiles. Sur ce fait reposèrent les relations de l'Église et des États, la
reconnaissance publique de l'autorité de l'Église dans toutes les matières qui
touchent de quelque façon à la conscience, la subordination de toutes les
lois de l'État aux divines lois de l'Évangile. "
Décret Lamentabili du Pape
saint Pie X sur les erreurs relatives à l'Institution de l'Église, 3
juillet 1907 :
" LXIII.- L'Église se montre
incapable de défendre efficacement la morale évangélique, parce qu'elle se
tient obstinément attachée à des doctrines immuables qui ne peuvent se
concilier avec les progrès actuels. "
Syllabus, recueil joint à l'encyclique Quanta Cura par ordre du
Pape Pie IX et renfermant les principales erreurs de notre temps, 8 décembre
1864, chap. VII : Erreurs sur la morale naturelle et chrétienne :
" 56 - Les lois de la
morale n'ont pas besoin de la sanction divine, et il n'est pas du tout
nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de
Dieu le pouvoir d'obliger.
" 58 - Il ne faut reconnaître
d'autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de
morale, toute honnêteté doivent consister à accumuler et augmenter de toute
manière ses richesses et à satisfaire ses plaisirs.
" 59 - Le droit consiste dans
le fait matériel, tous les devoirs de l'homme ne sont qu'un vain mot, et tous
les faits humains ont force de droit.
" 60 - L'autorité n'est autre
chose que la somme du nombre et des forces matérielles. "
Encyclique Quas Primas du
Pape Pie XI sur
" [...] C'est pourquoi, en
vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de
Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi, fête qu'il faudra célébrer chaque année, dans
tout l'univers, le dernier dimanche d'octobre, c'est-à-dire le dimanche avant
R. P. Garrigou-Lagrange, O. P.,
Préface Du Gouvernement royal de S. Thomas d'Aquin, ouvrage cité plus haut, :
" [...] Mais ce qui importe
évidemment, c'est de revenir à la considération attentive des principes que
saint Thomas énonce dans ce traité [Du
Gouvernement Royal] et dont bon nombre s'appliquent à tout régime légitime. Ces
principes relatifs au bien commun et à sa subordination à la fin dernière de
l'homme sont ceux qui s'opposent à la conception païenne de l'État moderne,
issu de
"Le Souverain Pontife (Pie
XI), dans sa dernière Encyclique sur
' [...] Dieu et Jésus-Christ ayant
été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tirant
plus son origine de Dieu, mais des hommes, écrivions-Nous en gémissant au début
de Notre Pontificat, il arriva que les bases mêmes de l'autorité furent
renversées, dès là qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de
commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres ... C'est pourquoi,
si les hommes reconnaissent en particulier et en public le pouvoir royal
du Christ, il en résulte nécessairement des bienfaits incroyables, qui
pénètrent aussitôt la société civile, comme une juste liberté, l'ordre et la
tranquillité, la concorde et la paix.'
"Ce sont les fondements mêmes
de cette doctrine, sans laquelle aucune forme de gouvernement n'est durable que
le Du Gouvernement Royal expose excellemment, et c'est par le retour à
ces principes qu'on travaillera efficacement à l'assainissement des
intelligences, sans lequel aucune restauration de l'ordre social n'est
possible."
" Saint Pie X, le 13 décembre
1908, lors de la lecture du Décret de Béatification de Jeanne d'Arc, disait de
ce Testament de Saint Rémi :
'Vous direz aux Français qu'ils
fassent leur Trésor des Testaments de Saint Rémi, de Charlemagne et de Saint
Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l'Héroïne d'Orléans
:
Vive le Christ qui est Roi de
France !
A ce titre seulement
a) Actes de Saint Pie X, tome V,
pp. 204-205.
Id., pp. 13-14 :
" Le 19 décembre 1907, Saint
Pie X déclararait au Cardinal Luçon, Archevêque de Reims :
'Reims conserve la source
baptismale d'où est sortie toute
a) Bulletin du Diocèse de Reims :
28 décembre 1907. Note de l'auteur : Le Cardinal Luçon a daigné nous envoyer de
sa main une copie du document lors de la première édition de
Les textes que nous venons de
citer nous permettent de soutenir que l'État français a le devoir de
reconnaître publiquement et officiellement l'autorité de l'Église de Rome en
matière de morale, " Église avec laquelle, en raison de son origine plus
excellente, écrivait déjà saint Irénée de Lyon au IIe siècle, doit
déjà nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de
partout " (a). Sans cette reconnaissance publique et officielle,
a) Contre les hérésies, III,
3, 2, éd. du Cerf, Paris, 1985.
b) Cf. Proverbes, III, 15 ; S.
Matthieu, VI, 26, 31-33 ; Psaumes, XXXV (XXXIV), 10 ; XXXVII (XXXVI), 25 ;
Deutéronome, XXVIII, 1-12 ; VI, 4-13 ; II Corinthiens, VI, 10 ; R. P. Louis de
Grenade, Guide des pécheurs (livre vivement recommandé par saint François
de Sales à Mgr de Revol), tome I, chap. XXII, Librairie catholique de Perisse
frères, Lyon, 1838..
S. Thomas d'Aquin, Du Gouvernement royal, ouvrage cité plus
haut, liv. Ier, chap. VIe Est-il permis de tuer
le tyran ?] :
" [...] nous trouvons un exemple du fait dans l'Ancien
Testament (a). Car un certain Aioth tua d'un coup de poignard dans la cuisse,
Eglon, roi de Moab, qui tenait le peuple de Dieu dans un pénible esclavage, et
il devint juge d'Israël. Mais cette conduite n'est pas conforme à la doctrine
des Apôtres. Saint Pierre, en effet, nous enseigne à être respectueusement
soumis à nos maîtres [quand ils sont véritablement nos maîtres et se considèrent
comme tels, et non quand ils placent l'autorité publique dans le peuple,
faisant ainsi de leur autorité une ombre ou un mythe et annihilant ipso facto
toute loi proprement dite et corrélativement l'obéissance], non seulement
lorsqu'ils sont bons et modérés, mais même lorsqu'ils est
pénible de vivre avec eux (b).
"C'est en effet une faveur céleste, si, pour rendre témoignage
à Dieu [on
est appelé] à supporter des afflictions imméritées. On le vit bien lorsque
beaucoup d'empereurs romains persécutèrent tyranniquement la foi chrétienne et
qu'une grande multitude de personnes, appartenant aussi bien à la noblesse
qu'au peuple, se convertit à cette même foi : ceux qui ont mérité d'être loués,
l'ont été, non pour avoir résisté, mais pour avoir soutenu pour le Christ avec
patience et résolution la [perspective de la] mort." [Et cela se trouve en
démocratie dans la mesure où la majorité parlementaire est fatalement acculée à
rejeter les principes fondamentaux de la loi morale et la référence à Dieu, et
ce à l’encontre des fidèles du Christ, en se soumettant à un peuple qu’elle a
elle-même égaré par ses enseignements évolutionnistes et par conséquent livré à
la loi fatale du prétendu progrès qui lui fait accepter les mœurs les plus
contraires à la loi naturelle que Dieu a gravée dans le cœur des hommes (cf.
Épître de S. Paul aux Romains, 2 : 14-15).]
" [...] Et il [Dieu] dit par la
bouche d'Ézéchiel (XXXIV, 10) : 'Je délivrerai mon troupeau de la gueule de
ceux-ci', [faisant allusion à l'avidité de
ces bêtes sauvages que deviennent] les
pasteurs qui se paissent eux-mêmes (c). Mais, pour que le peuple mérite de Dieu
ce bienfait, il doit s'affranchir du péché, car en punition de l'offense [qui lui est faite]
Dieu permet aux impies de s'emparer du pouvoir. Le Seigneur dit en effet par la
bouche d'Osée (XIII, 11) : 'Je te donnerai un roi dans ma fureur', et dans Job
(XXXIV, 30), il est écrit que [Dieu] 'fait régner l'homme hypocrite à cause des péchés du
peuple'. Il faut donc ôter le péché, si l'on veut que cesse la plaie de la
tyrannie."
a) Cf. Juges, IV, 15 et ss.
b) Cf. I Pierre, II, 18.
c) Cf. S. Jean, X, 7-9, 12-13.
11) S. Jean, I, 18 : " Dieu,
personne ne l'a jamais vu ; un Dieu, Fils unique, qui est dans le sein du Père,
Celui-là l'a fait connaître. "
12)
S. Luc, XVII, 20.- Cf. Sainte Thérèse d'Avila,
Œuvres complètes, Le Château de l'âme, et Saint Jean de
14) I Timothée, VI, 16.
15) Épître de S. Paul aux Hébreux,
XIII, 14 : " Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous
recherchons celle de l'avenir. "
16) S. Jean, XVII, 11, 16-18, 21 :
" Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; et moi je
vais vers toi, Père saint, garde-les en ton Nom que tu m'as donné, afin
qu'ils soient un comme nous. [...] Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne
suis pas du monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. Et
pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés
par la vérité. [...] Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux
aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. " - Id.,
XX, 17 : " [...] je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre
Dieu. "
17) S. Jean, XIV, 2-3 : "
Dans la maison de mon Père, nombreuses sont les demeures. Sinon, vous aurais-je
dit : 'Je vais vous préparer une place ?' Et quand je serai allé et
vous aurai préparé une place, je viendrai de nouveau et je vous prendrai auprès
de moi, pour que là où je suis, vous soyez, vous aussi. " - IIe Épître
aux Corinthiens, V, 1 : " Nous savons en effet que si cette tente - notre
demeure terrestre - vient à être détruite, nous avons une maison qui est
l'œuvre de Dieu, une demeure éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, et
qui est dans les cieux. " - Apocalypse, XXI, 1-2, 5, 9-10, 23 : "
Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - le premier ciel, en
effet, et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je
vis
18) Jean Marie Vaissière,
Fondements de la cité, ouv. cité plus haut, page
87 :
"
On comprend que Léon XIII n'ait pas craint de désigner comme un des plus
sûrs remèdes aux maux dont souffre la société, le rappel de la fin véritable
de l'homme, telle qu'elle est rappelée par saint Ignace dans ses
'Exercices'. 'A elle seule, disait Léon XIII au clergé de Carpinetto, cette
fameuse méditation sur la fin de l'homme suffirait au redressement complet de
a)
Discours aux
membres italiens de l'Union Nationale Saint-Luc, 12 novembre 1944.
19)
Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Œuvres complètes, Vie écrite par
elle-même, chap. XXe, éditions du Seuil, Paris 1949.- Cf.
Josemaría Escrivá de Balaguer, Amis de Dieu, nn. 10, 59 et 202.
S.
François de Sales, Docteur de l'Eglise, Traité de l'amour de Dieu, livre
XI, chap. X (Digression sur l'imperfection des vertus des païens) :
"
Ces anciens sages du monde furent jadis des magnifiques discours à l'honneur
des vertus morales, oui même en faveur de la religion... Aristote, le plus
grand cerveau d'entre eux, prononce cette horrible et très piteuse sentence (a)
: 'touchant l'exposition', c'est-à-dire l'abandonnement 'des enfants, ou leur
éducation, la loi soit telle : qu'il ne faut rien nourrir de ce qui a été privé
de quelque membre ; et quant aux autres enfants, si les lois et coutumes de la
cité défendent qu'on abandonne pas les enfants, et que le nombre des enfants se
multiplie à quelqu'un en sorte qu'il en ait déjà au double de la portée de ses
facultés, il faut prévenir et procurer l'avortement.' (...) Ah! quelle horreur qu'un si grand philosophe conseille
l'avortement! 'C'est devancer l'homicide, dit Tertulien (b), d'empêcher un
homme conçu de naître'; et saint Ambroise reprenant les païens de cette même
barbarie : 'On ôte, dit-il (c), en cette sorte la vie aux enfants avant qu'on
la leur ait donnée.' "
b)
Aristote,
c)
Tertullien, Apologétique,
chap. IX. Cf. Juste-Lipse, cent. I, lettre LXXXV (F. de S.).
d)
Saint Ambroise, Docteur
de l'Eglise, Hexaemeron (Exahmeron), L'Œuvre des six jours, livre V, chap. XVIII (F. de
S.).
Pour avoir une information plus
complète, voici la suite de la citation de
Coordination des Rosaires pour
"Ce ne sont pas les
détracteurs de l'I.V.G. qui affirment cela, mais l'O.N.U. Plus précisément : le
F.N.U.A.P. (Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de
Population) a reconnu, il y a deux ans, une moyenne de quarante cinq millions
d'enfants avortés tous les ans, les vingt années précédentes, sur le plan
mondial.
"Cela situe le 'cap du
milliard' au cours des mois de Mars ou Avril 1997. [...] 1°/ Le mémoire de
Henri Kissinger, intitulé : 'Incidences de la croissance de la population
mondiale sur la sécurité des États-Unis et sur ses intérêts outre-mer'. Ce
mémoire, produit dans le cadre du 'National Security Council' des U.S.A., porte
le n° NSMM 200 et est daté du 10.12.1974. [...] Il est resté secret jusqu'au
31.12.1990, date à laquelle le mémoire a été 'déclassé' et donc mis à la
disposition de ceux qui le demandent. [...] L'idée de base du mémoire de Henry
Kissinger est que 'pour perpétuer l'hégémonie américaine du monde et assurer
aux Américains un libre accès vers les minéraux stratégiques de l'ensemble de
la planète, il est nécessaire de contenir, voire de réduire la population des
13 pays du Tiers Monde (Inde, Bangadesh, Nigéria, Brésil, Pakistan, Mexique,
Indonésie, Philippines, Thaïlande, Égypte, Turquie, Éthiopie, Colombie), dont
le poids démographique à lui seul les condamne, pour ainsi dire, à jouer un
rôle de premier plan en politique internationale'. [...] 4°/ Il faut rappeler
la 'logique du système', mis en place par la fondatrice du Family Planning :
Mme Margaret Sanger, riche américaine des années 20-30-40, grande admiratrice
de Hitler pour ses efforts nietzchéens d'amélioration de la race humaine. [...]
Margaret Sanger fut l'avocate de la stérilisation coercitive et de la
ségrégation obligatoire des 'dysgenic stock' (noirs, 'hispanics', c'est-à-dire
hispano-américains, indiens d'Amérique... et les catholiques, surtout ceux de
l'Europe du Sud). Elle prônait leur éventuelle 'réhabilitation' dans des
camps."
Benoît XV, allocution au Sacré
Collège, Noël 1917 :
" C'est l'athéisme légal
qui a précipité le monde dans un déluge de sang. "
Livre de Judith, XI, 12 :
" Donc, parce qu'ils font ces
choses, il est certain qu'ils seront mis en déroute." (La santa Judit a
Holofernes, citée par saint Jean de
Louis de Grenade (1504-1588), Le
guide des pécheurs, Librairie catholique de Perisse frères, Lyon, 1838,
tome I, chapitre XXII :
"Ne vous imaginez donc pas que
Dieu laisse mourir de faim ceux qui se donnent à lui, lui qui a soin de la
nourriture des fourmis et des vers de terre. Si vous ne me croyez pas, lisez le
chapitre VI de saint Matthieu, et vous y verrez les promesses qui vous y sont
faites : 'Regardez, dit Jésus-Christ (Matth. VI, 26), les oiseaux
du ciel ; ils ne sèment point et ne moissonnent point ; ils ne recueillent ni
ne font provision pour l'avenir ; et néanmoins votre Père céleste prend soin de
leur nourriture : ne lui êtes-vous pas plus chers que ces animaux ?' Enfin,
après ces paroles, il conclut : Ibid., v. 31) : 'Ne soyez donc plus en
peine de ce que vous mangerez ni de ce que vous boirez ; car ces soins ne
sont dignes que des gens qui n'ont pas la connaissance de Dieu : mais pour
vous, cherchez premièrement le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout le reste
vous sera donné par surcroît.' (a)
"Le Prophète se sert de cette
raison, qui suffit pour engager tant de monde au service des hommes pour nous
exhorter à servir Dieu : 'Craignez dit-il (Psaumes, Vg. XXXIV, v. 10),
le Seigneur, vous ses saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent.'
[...] Cela est si véritable, que le même prophète ajoute dans un autre psaume (Psaumes,
XXXVI, 25) : 'J'ai été jeune, et je suis maintenant vieux ; mais je n'ai
jamais vu le juste abandonné, ni ses enfants mendier leur pain.'
"Ces promesses sont surtout
développées au Deutéronome, (Deutéronome, XXVIII, 1-4, 9-12) : 'Si vous
êtes attentifs à la voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse, et si vous
observez Ses commandements, Il vous élèvera au-dessus de toutes les nations qui
habitent sur la terre, et Il répandra sur vous ses bénédictions : vous serez
bénis en la ville et aux champs ; béni sera le fruit de vos entrailles, le
fruit de votre terre et le fruit de votre bétail, celui de vos troupeaux, les
portées de tes bovins et le croît de tes ovins [...] Dieu rendra votre peuple
saint, seulement pour Sa gloire, ainsi qu'Il vous l'a juré, si vous gardez Ses
commandements, et si vous marchez dans les voies qu'Il vous a prescrites. Enfin
vos prospérités seront si grandes, qu'elles feront connaître à tous les peuples
de la terre que le Nom du Seigneur est invoqué sur vous, et ils vous
craindront. Dieu fera multiplier tous vos biens, le fruit de vos entrailles
comme les fruits de vos troupeaux, et ceux de la terre qu'Il a promis de vous
donner. Dieu ouvrira sur vous les trésors du Ciel ; Il fera pleuvoir en sa
saison sur vos terres, et donnera sa bénédiction sur toutes les œuvres de vos
mains.' Ce sont les paroles de Dieu même, prononcées par Son prophète. Toutes
les richesses des Indes sont-elles comparables à ces bénédictions ? [...]
"L'autre avantage est,
qu'avec moins de bruit, Dieu donne aux siens plus de joie, que les impies n'en
trouvent en leur abondance ; parce que tout ce que l'homme peut faire par
l'entremise des causes secondes, Dieu le peut opérer de Lui-même, et beaucoup
plus parfaitement. N'en a-t-il pas usé ainsi envers tous les saints, au nom
desquels l'Apôtre disait (II Cor., VI, 10) : 'Nous n'avons rien, et nous
possédons tout'. [...]
"En effet tel est le traité
qui est entre Dieu et les hommes ; pendant que ceux-ci s'appliqueront à
observer Sa loi, Il s'appliquera à la conservation de leurs biens. Et
certainement il ne faut point craindre que le contrat manque de la part de Dieu
; au contraire, si l'homme est bon serviteur, Dieu sera encore meilleur maître.
C'est là cette seule chose que le Sauveur disait être nécessaire, connaître et
aimer Dieu ; car qui sait plaire à Dieu doit être assuré de tout le reste. 'La
piété, dit saint Paul, est utile à toutes choses, parce que toutes les
promesses de la vie présente et de la vie à venir sont pour elle.' [Quand allons-nous enfin prendre au sérieux
"Que celui au contraire qui
voudra connaître la pauvreté des méchants, lise le vingt-huitième chapitre du
Deutéronome ; il verra des choses terribles : 'Si vous ne voulez pas écouter la
voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse (Deutéronome, XXVIII, 15,
28-29, 32), ni obéir à Ses commandements, voici les malédictions qui
tomberont sur vous, et qui accableront. [...] ... que le Seigneur vous envoie
pour châtiment la folie, l'aveuglement et la fureur, en sorte que vous alliez
tâtonnant les murailles en plein midi, comme font les aveugles dans
l'obscurité, sans que vous puissiez trouver votre chemin [où en est le monde aujourd'hui ?] [...] ... que vos fils et vos filles soient livrés à un
autre peuple ; que vos yeux voient ce malheur [...]'
"Enfin, après plusieurs
autres effroyables malédictions, il ajoute encore (Id., 45, 49-52) :
'Toutes ces malédictions tomberont encore sur vous, et vous saisiront jusqu'à
ce que vous périssiez. [...] Le Seigneur fera venir des extrémités du monde,
avec autant de vitesse qu'un aigle, une nation dont vous n'entendrez point la
langue, une nation impudente et sans honte, qui n'aura ni respect pour les
vieillards, ni compassion pour l'enfant, qui enlèvera le fruit de vos troupeaux
et le fruit de votre terre ; de sorte qu'elle ne vous laissera ni blé, ni vin,
ni huile, ni bœufs, ni vaches, ni brebis, jusqu'à ce que vous soyez ruinés dans
toutes vos villes, et que les murailles hautes où vous mettiez votre confiance
soient rasées. [...]'
"Ce qui doit le plus nous
frapper, c'est que ces terribles paroles ne sont pas tant de menaces que de
véritables prophéties des malheurs qui arrivèrent depuis à ce peuple infidèle :
car au temps d'Achab, les Israélites assiégés en Samarie par l'armée du roi de
Syrie (II Rois, VI), mangèrent jusqu'aux hommes, jusqu'à la fiente des
pigeons, et même ce n'était qu'au poids de l'or qu'on pouvait se procurer de si
horribles aliments. Les misères allèrent si loin, que les mères tuèrent leurs
enfants pour s'en nourrir : ce que Joseph écrit être arrivé durant le siège de
Jérusalem (Joseph, l. 7, cap. 17). [...]
"Que l'on se trompe pas
non plus en se persuadant que ces menaces ne regardaient que le peuple juif :
elles s'adressent à tous ceux qui, ayant connaissance de la loi de Dieu, la
méprisent et la violent. Dieu même le témoigne par le prophète Amos, en
disant (Amos, IX, 7-8) : 'Peut-être que ce n'est pas moi qui ai retiré
les enfants d'Israël des maisons des Égyptiens, les Palestins de Cappadoce, et
les Syriens de Cyrène, parce que les yeux du Seigneur sont sur le royaume [ou la république] qui pèche, pour le détruire, et pour l'effacer de dessus la
terre.' Cela nous fait connaître que tous
les changements d'états et d'empires se font à cause des péchés, et quiconque
voudra s'assurer que cela nous regarde, n'aura qu'à lire l'histoire, et il
verra comment Dieu traite tous les méchants, et principalement ceux qui, ayant
connaissance de Sa loi, ne l'ont pas gardée.
"C'est le mépris de
l'Évangile qui a été cause que les plus considérables parties de l'Europe, de
l'Asie et de l'Afrique, autrefois remplies de temples et de chrétiens, sont
maintenant possédées par les Barbares. C'est de là qu'est venue la
ruine qu'a soufferte autrefois l'Église par l'invasion des Goths, des Huns et
des Vandales, qui, au temps de saint Augustin [le berbère, le grand Africain de Thagaste], ravagèrent toute l'Afrique, sans épargner ni le sexe ni
l'âge. De cette même cause est venue presque en même temps la désolation du
royaume de Dalmatie, et des autres provinces voisines, réduites en un tel état
par les mêmes barbares, que, selon saint Jérôme, qui était de ce pays (S.
Hier. in c., I Soph.), ceux qui passaient par ces provinces n'y voyaient
plus que le ciel et la terre, tant elles avaient été désolées.
"La vertu ne nous aide donc
pas seulement à acquérir les biens éternels, mais encore à nous maintenir dans
la possession des biens temporels. Que la considération de ce petit avantage,
jointe à celle des autres, bien plus précieux, que nous avons énumérés, fasse
impression sur nos cœurs, pour les porter à l'amour et à la recherche de la
vertu, puisqu'elle nous délivre de tant de maux, et qu'elle nous procure tant
de biens."
a) En prenant connaissance de ces
paroles de Jésus-Christ rapportées par l'Évangile selon saint Matthieu, d'aucuns
se sont scandalisés en s'écriant : "Et les petits enfants qui meurent de
faim, et les femmes et les vieillards qui sont innocents ?". Ce n'est pas
juste ! Voilà bien la parole de l'homme qui se prétend supérieure à celle de
Dieu. "Malheur, dit le prophète Isaïe (Isaïe, XLV, 9), à celui qui
entre en lutte avec son Créateur - vase fragile au milieu d'autres vases de
terre ! L'argile dit-elle au potier qui la pétrit : 'Que fais-tu ? Ton œuvre
est imparfaite.'" Et ailleurs encore (Isaïe, XXIX, 16) :
"Quelle perversité est la vôtre ! Le potier est-il tenu pour l'égal de
l'argile, que l'œuvre dise à son ouvrier : 'Il ne m'a point faite' ; et que le
modelage dise au modeleur : 'Il n'y entend rien ?'"
Huvelin (Abbé Henri), 1838-1910,
confesseur et directeur spirituel du Père de Foucault, normalien, agrégé
d'histoire, Cours sur l'Histoire de l'Eglise, en 12 volumes, éditions
Saint-Paul, Paris, 1964-1970, tome X, p. 17 :
"Le Guide des pécheurs,
catéchisme remarquable et profond, qui gravit en même temps les degrés de la
science humaine et ceux de la science mystique." [Notons également que Louis de Grenade était un des auteurs
spirituels les plus appréciés de saint François de Sales, - le saint dont les
miracles, soit avant, soit après sa mort, se comptent par milliers, - écrivant
le 3 juin à Mgr de Revol : "Ayez, je vous prie, Grenade tout entier et que
ce soit votre second bréviaire".]
Jean Daujat, Connaître le
christianisme (Nihil obstat : Paris, 11 juin 1947, Roger Beaussart,
archevêque de Mocissos), Éditions Téqui, 1947, pp. 55, 56, 57, 59, 60,
62 :
"L'amour de Dieu en
Lui-même et pour Lui-même s'appelle
Ibid., Vivre le christianisme (Nihil
obstat : Parisiis die IIa Jannuarii 1954, Victor Dugast, S. V., censor
deputatus), Éd. Téqui, 1975, p. 20 :
"Donc l'unique condition pour
recevoir le don de la vie divine, c'est de le vouloir : à ceux
qui veulent du don de Dieu, Dieu Se donnera toujours. En revanche Dieu ne
contraindra pas à le recevoir ceux qui ne veulent pas du don de Sa propre vie
divine : cette vie est une communauté d'amour avec Dieu, un échange
d'amour qui ne peut se faire que dans la liberté car il n'y a d'amour que
libre, il n'y a pas d'amour contraint. Dieu est l'Amour infini qui ne veut
que Se donner entièrement et Son attitude vis-à-vis de nous est un appel
d'amour qui s'adresse à notre liberté pour que nous aimions librement le
don qu'Il nous fait de Lui-même."
Ire Épître de saint
Paul aux Corinthiens, VI, 9-11 :
"Ne savez-vous pas que les
hommes injustes n'hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas :
ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les
infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les diffamateurs,
ni les rapaces n'hériteront du royaume des cieux. Et c'est là ce qu'étaient
certains d'entre vous ! Mais vous avez été lavés, mais vous avez été
sanctifiés, mais vous avez été sanctifiés par le nom du Seigneur Jésus-Christ
et par l'Esprit de notre Dieu."
Apocalypse, XXI, 8 (et cf. XXII,
15) :
"Mais pour les lâches, les
renégats, les infâmes, les meurtriers, les impudiques (pornois,
"pornois", fornicatoribus), les sorciers, les idolâtres et
tous les menteurs, leur part est dans l'étang embrasé de feu et de soufre :
c'est la seconde mort."
Épître de saint Paul aux Romains,
VIII, 22 :
"Nous le savons en effet, la
création tout entière soupire et souffre des douleurs de l'enfantement."
Apocalypse, VIII, 1 :
"Et lorsqu'il eut ouvert le
septième sceau, il se fit un silence (sigh) au ciel d'environ une
demi-heure."
Jean-Marie Vaissière, Fondements
de la cité, ouv. cité plus haut, pp. 153-154 :
" [...] l'instauration d'un
ordre social chrétien n'a de sens que pour faciliter la conversion plus
générale et plus durable des hommes.
La seule méthode dont l'histoire
montre qu'elle fut à l'origine de toutes les transformations sociales profondes
[...] peut se décomposer en trois temps. [...]
En bref et en ce qui nous concerne,
nous, laïcs catholiques :
1° Travailler à la formation d'un
certain nombre d'hommes qui [...] 2° [...] agissant ensuite sur les
institutions comme avec un levier, travailleront à l'instauration d'un ordre
social chrétien (image ACCIDENTELLE de L'ESSENTIELLE cité catholique évoquée
par saint Pie X) pour que [...] 3° soit rendue plus facile, plus féconde,
l'action spécifiquement apostolique. "
Encyclique
Quas primas, pape Pie XI, 11 décembre 1925 :
"
[...] D'autre part, ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme
la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu'elles soient : Il tient
du Père sur les créatures un droit absolu, Lui permettant de disposer de toutes
à son gré (a).
Néanmoins,
tant qu'Il vécut sur terre, Il s'est totalement abstenu d'exercer cette
domination terrestre, Il a dédaigné la possession et l'administration des
choses humaines, abandonnant ce soin à leurs possesseurs. Ce qu'Il a fait
alors, Il le continue aujourd'hui : pensée exprimée avec tant de charme dans la
liturgie : 'Il ne ravit point les diadèmes éphémères, Celui qui distribue les
couronnes du ciel éternel' (b). "
a)
S. Matthieu, XXVIII, 18
: " Jésus s'approcha et leur parla en ces termes : 'Toute puissance m'a
été donnée au ciel et sur la terre'. " - Hébreux, I, 1 : " Après
avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les
prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils,
qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles.
"
b) Ou : " Il ne ravit pas les sceptres mortels, lui qui
donne les royaumes célestes " : " Non eripit mortalia, Qui regna dat
cœlestia " : l'Epiphanie [
Encyclique Quas primas,
citée plus haut, pape Pie XI : " Toutefois, cette royauté [la royauté du Christ]
est surtout spirituelle et concerne principalement les choses spirituelles.
"
Encyclique Immortale Dei,
citée plus haut, pape Léon XIII, Rome, le 1er novembre 1885 :
" [...] Dieu a donc divisé le
gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance
ecclésiastique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines,
celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles en son genre est souveraine; chacune
est renfermée dans des limites parfaitement déterminées et tracées en
conformité de sa nature et de son but spécial. [...]
" Il est donc nécessaire
qu'il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné non
sans analogie avec celui qui dans l'homme constitue l'union de l'âme et du
corps. On ne peut se faire une juste idée de la nature et de la force de ces
rapports, qu'en considérant, comme nous l'avons dit, la nature de chacune des
deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leurs
buts, puisque l'une a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts
terrestres, et l'autre de procurer les biens célestes et éternels.- Ainsi, tout
ce qui, dans les choses humaines, est sacré à un titre quelconque, tout ce qui
touche au salut des âmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par
rapport à son but, tout cela est du ressort de l'autorité de l'Eglise. "
S. Thomas d'Aquin, De Regimine
principum (Du Gouvernement Royal), 1264, Préface du R. P. Garrigou-Lagrange,
0. P., collection Les Maîtres de
"La fin dernière de la
société n'est donc pas de vivre selon la vertu, mais d'atteindre, par la pratique
de la vertu, la jouissance de Dieu. [...]
"Mais comme l'homme n'atteint
pas sa fin qui est la possession de Dieu, par ses propres forces, mais par la
puissance divine, selon le mot de l'Apôtre (a) : 'Le don de Dieu, c'est la vie
éternelle', il n'appartient pas au gouvernement humain, mais au gouvernement
divin de le conduire à cette fin. Or un tel gouvernement relève de ce roi qui
n'est pas seulement homme, mais aussi Dieu, c'est-à-dire Notre-Seigneur
Jésus-Christ lequel, en faisant des hommes les fils de Dieu, les a introduits
dans la gloire céleste.
"C'est
donc là le pouvoir qui Lui a été donné et qui ne périra pas ; aussi les Livres
Saints Lui donnent-ils le titre non seulement de prêtre, mais de roi, comme dit
Jérémie (XXIII, 5) : 'Un roi régnera qui sera sage'. De Lui découle le
sacerdoce royal ; et, qui plus est, tous les fidèles du Christ, en tant qu'ils
sont ses membres, ont part à ce double titre de roi et de prêtre.
L'administration de ce royaume, pour que le spirituel soit bien distingué du
temporel, n'a pas été confié aux rois de la terre, mais aux prêtres et
principalement à notre 'Grand Prêtre', le successeur de Pierre, le Vicaire du
Christ, le Pontife Romain, à qui tous les rois de la chrétienté doivent se
soumettre comme à Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même."
a)
Romains, VI, 23.
Encyclique Graves de communi
du Pape Léon XIII sur la démocratie, 18 janvier 1901 :
" [...] la démocratie
chrétienne [...] doit pourvoir aux intérêts des petits, sans cesser de conduire
les âmes créées pour les biens éternels à la perfection qui leur convient.
[...] il lui faut garder à l'abri de toute atteinte le droit de propriété et de
possession, maintenir la distinction des classes qui, sans contredit, est le
propre d'un État bien constitué. Enfin, il faut qu'elle accepte de donner à la
communauté humaine une forme et un caractère en harmonie avec ceux qu'a établis
le Dieu créateur. Il est donc évident que la démocratie sociale et la
démocratie chrétienne n'ont rien de commun ; il y a entre elles toute la
différence qui sépare le système socialiste de la profession de foi chrétienne.
[...] De la même façon, il faut mettre la démocratie chrétienne à couvert d'un
autre grief : à savoir qu'elle consacre ses soins aux intérêts des classes
inférieures, mais en paraissant laisser de côté les classes supérieures, dont
l'utilité n'est pourtant pas moindre pour la conservation et l'amélioration de
l'État. "
Allocution du Pape saint Pie X à
des pèlerins français, 19 avril 1909 :
" [...] Nous nous réjouissons
avec vous, catholiques bien-aimés de
Encyclique Il fermo proposito
du Pape saint Pie X sur l'Action catholique, 11 juin 1905 :
" [...] La civilisation du
monde est une civilisation chrétienne ; elle est d'autant plus vraie, plus
durable, plus féconde en fruits précieux, qu'elle est plus nettement chrétienne
; d'autant plus décadente, pour le grand malheur de la société, qu'elle se
soustrait davantage à l'idée chrétienne. Aussi, par la force intrinsèque des
choses, l'Église devient-elle encore en fait la gardienne et la protectrice de
la civilisation chrétienne. Et ce fait fut reconnu et admis dans d'autres
siècles de l'histoire ; il forme encore le fondement inébranlable des
législations civiles. Sur ce fait reposèrent les relations de l'Église et des
États, la reconnaissance publique de l'autorité de l'Église dans toutes les
matières qui touchent de quelque façon à la conscience, la subordination de
toutes les lois de l'État aux divines lois de l'Évangile. "
Décret Lamentabili du Pape
saint Pie X sur les erreurs relatives à l'Institution de l'Église, 3 juillet
1907 :
" LXIII.- L'Église se montre
incapable de défendre efficacement la morale évangélique, parce qu'elle se
tient obstinément attachée à des doctrines immuables qui ne peuvent se
concilier avec les progrès actuels. "
Syllabus, recueil joint à l'encyclique Quanta Cura par ordre
du Pape Pie IX et renfermant les principales erreurs de notre temps, 8 décembre
1864, chap. VII : Erreurs sur la morale naturelle et chrétienne :
" 56 - Les lois de la morale
n'ont pas besoin de la sanction divine, et il n'est pas du tout nécessaire que
les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le
pouvoir d'obliger.
" 58 - Il ne faut reconnaître
d'autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de
morale, toute honnêteté doivent consister à accumuler et augmenter de toute
manière ses richesses et à satisfaire ses plaisirs.
" 59 - Le droit consiste dans
le fait matériel, tous les devoirs de l'homme ne sont qu'un vain mot, et tous
les faits humains ont force de droit.
" 60 - L'autorité n'est autre
chose que la somme du nombre et des forces matérielles. "
Encyclique Quas Primas du
Pape Pie XI sur
" [...] C'est pourquoi, en
vertu de Notre autorité apostolique, Nous instituons la fête de Notre-Seigneur
Jésus-Christ Roi, fête qu'il faudra célébrer chaque année, dans tout l'univers,
le dernier dimanche d'octobre, c'est-à-dire le dimanche avant
R. P. Garrigou-Lagrange, O. P.,
Préface Du Gouvernement royal de S. Thomas d'Aquin, ouvrage cité plus
haut :
" [...] Mais ce qui importe
évidemment, c'est de revenir à la considération attentive des principes que
saint Thomas énonce dans ce traité [Du
Gouvernement Royal] et dont bon nombre
s'appliquent à tout régime légitime. Ces principes relatifs au bien commun et à
sa subordination à la fin dernière de l'homme sont ceux qui s'opposent à la
conception païenne de l'État moderne, issu de
"Le Souverain Pontife (Pie
XI), dans sa dernière Encyclique sur
' [...] Dieu et Jésus-Christ ayant
été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tirant
plus son origine de Dieu, mais des hommes, écrivions-Nous en gémissant au début
de Notre Pontificat, il arriva que les bases mêmes de l'autorité furent
renversées, dès là qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de
commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres ... C'est pourquoi,
si les hommes reconnaissent en particulier et en public le pouvoir royal du
Christ, il en résulte nécessairement des bienfaits incroyables, qui pénètrent aussitôt
la société civile, comme une juste liberté, l'ordre et la tranquillité, la
concorde et la paix.'
"Ce sont les fondements mêmes
de cette doctrine, sans laquelle aucune forme de gouvernement n'est durable que
le Du Gouvernement Royal expose excellemment, et c'est par le retour à ces
principes qu'on travaillera efficacement à l'assainissement des intelligences,
sans lequel aucune restauration de l'ordre social n'est possible."
" Saint Pie X, le 13 décembre
1908, lors de la lecture du Décret de Béatification de Jeanne d'Arc, disait de
ce Testament de Saint Rémi :
'Vous direz aux Français qu'ils
fassent leur Trésor des Testaments de Saint Rémi, de Charlemagne et de Saint
Louis, qui se résument dans ces mots si souvent répétés par l'Héroïne d'Orléans
:
Vive le Christ qui est Roi de
France !
A ce titre seulement
a) Actes de Saint Pie X, tome V,
pp. 204-205.
Id., pp. 13-14 :
" Le 19 décembre 1907, Saint
Pie X déclararait au Cardinal Luçon, Archevêque de Reims :
'Reims conserve la source
baptismale d'où est sortie toute
a) Bulletin du Diocèse de Reims :
28 décembre 1907. Note de l'auteur : Le Cardinal Luçon a daigné nous envoyer de
sa main une copie du document lors de la première édition de
Les textes que nous venons de
citer nous permettent de soutenir que l'État français a le devoir de
reconnaître publiquement et officiellement l'autorité de l'Église de Rome en
matière de morale, " Église avec laquelle, en raison de son origine plus
excellente, écrivait déjà saint Irénée de Lyon au IIe siècle, doit
déjà nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de
partout " (a). Sans cette reconnaissance publique et officielle,
a) Contre les hérésies,
III, 3, 2, éd. du Cerf, Paris, 1985.
b) Cf. Proverbes, III, 15 ; S.
Matthieu, VI, 26, 31-33 ; Psaumes, XXXV (XXXIV), 10 ; XXXVII (XXXVI), 25 ;
Deutéronome, XXVIII, 1-12 ; VI, 4-13 ; II Corinthiens, VI, 10 ; R. P. Louis de
Grenade, Guide des pécheurs (livre vivement recommandé par saint
François de Sales à Mgr de Revol), tome I, chap. XXII, Librairie catholique de
Perisse frères, Lyon, 1838..
S. Thomas d'Aquin, Du
Gouvernement royal, ouvrage cité plus haut, liv. Ier, chap. VIe [Est-il permis de tuer le tyran?] :
" [...] nous trouvons un
exemple du fait dans l'Ancien Testament (a). Car un certain Aioth tua d'un coup
de poignard dans la cuisse, Eglon, roi de Moab, qui tenait le peuple de Dieu
dans un pénible esclavage, et il devint juge d'Israël. Mais cette conduite
n'est pas conforme à la doctrine des Apôtres. Saint Pierre, en effet, nous
enseigne à être respectueusement soumis à nos maîtres [quand ils sont véritablement nos maîtres et se considèrent
comme tels, et non quand ils placent l'autorité publique dans le peuple,
faisant ainsi de leur autorité une ombre ou un mythe et annihilant ipso facto
toute loi proprement dite et corrélativement l'obéissance], non seulement lorsqu'ils sont bons et modérés, mais même lorsqu'ils est pénible de vivre avec eux (b).
"C'est en effet une faveur
céleste, si, pour rendre témoignage à Dieu on est appelé à supporter des
afflictions imméritées. On le vit bien lorsque beaucoup d'empereurs romains
persécutèrent tyranniquement la foi chrétienne et qu'une grande multitude de
personnes, appartenant aussi bien à la noblesse qu'au peuple, se convertit à
cette même foi : ceux qui ont mérité d'être loués, l'ont été, non pour avoir
résisté, mais pour avoir soutenu pour le Christ avec patience et résolution la [perspective de la mort]."
Et cela peut aussi bien se trouver sous un
régime démocratique dans la mesure où la majorité parlementaire ou sociale
rejette les principes fondamentaux de la loi morale et la référence à Dieu et
opprime les fidèles du Christ, c'est-à-dire où tout le peuple devient alors un
seul tyran - et notre démocratie semble actuellement s'acheminer vers ce
totalitarisme caractérisé.]
" [...] Et il [Dieu] dit par la
bouche d'Ézéchiel (XXXIV, 10) : 'Je délivrerai mon troupeau de la gueule de
ceux-ci', [faisant allusion à l'avidité de
ces bêtes sauvages que deviennent] les
pasteurs qui se paissent eux-mêmes (c). Mais, pour que le peuple mérite de Dieu
ce bienfait, il doit s'affranchir du péché, car en punition de l'offense [qui lui est faite]
Dieu permet aux impies de s'emparer du pouvoir. Le Seigneur dit en effet par la
bouche d'Osée (XIII, 11) : 'Je te donnerai un roi dans ma fureur', et dans Job
(XXXIV, 30), il est écrit que [Dieu] 'fait régner l'homme hypocrite à cause des péchés du
peuple'. Il faut donc ôter le péché, si l'on veut que cesse la plaie de la
tyrannie."
a) Cf. Juges, IV, 15 et ss.
b) Cf. I Pierre, II, 18.
c) Cf. S. Jean, X, 7-9, 12-13.
13) S. Jean, I, 18 : " Dieu, personne
ne l'a jamais vu ; un Dieu, Fils unique, qui est dans le sein du Père, Celui-là
l'a fait connaître. "
14)
S. Luc, XVII, 20.- Cf. Sainte Thérèse d'Avila,
Œuvres complètes, Le Château de l'âme, et Saint Jean de
16) I Timothée, VI, 16.
17) Épître de S. Paul aux Hébreux,
XIII, 14 : " Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous
recherchons celle de l'avenir. "
18) S. Jean, XVII, 11, 16-18, 21 :
" Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; et moi je
vais vers toi, Père saint, garde-les en ton Nom que tu m'as donné, afin qu'ils
soient un comme nous. [...] Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas
du monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m'as
envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je
me sanctifie moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés par la vérité.
[...] Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient un en
nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. " - Id., XX, 17 : "
[...] je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. "
19) S. Jean, XIV, 2-3 : "
Dans la maison de mon Père, nombreuses sont les demeures. Sinon, vous aurais-je
dit : 'Je vais vous préparer une place ?' Et quand je serai allé et vous aurai
préparé une place, je viendrai de nouveau et je vous prendrai auprès de moi,
pour que là où je suis, vous soyez, vous aussi. " - IIe Épître
aux Corinthiens, V, 1 : " Nous savons en effet que si cette tente - notre
demeure terrestre - vient à être détruite, nous avons une maison qui est
l'œuvre de Dieu, une demeure éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, et
qui est dans les cieux. " - Apocalypse, XXI, 1-2, 5, 9-10, 23 : "
Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - le premier ciel, en effet, et
la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus. Et je vis
20) Jean Marie Vaissière, Fondements
de la cité, ouv. cité plus haut, page 87 :
" On comprend que Léon XIII
n'ait pas craint de désigner comme un des plus sûrs remèdes aux maux dont
souffre la société, le rappel de la fin véritable de l'homme, telle qu'elle est
rappelée par saint Ignace dans ses 'Exercices'. 'A elle seule, disait Léon XIII
au clergé de Carpinetto, cette fameuse méditation sur la fin de l'homme
suffirait au redressement complet de
a) Discours aux membres italiens
de l'Union Nationale Saint-Luc, 12 novembre 1944.
21) Sainte Thérèse d'Avila
(1515-1582), Œuvres complètes, Vie écrite par elle-même, chap. XXe,
éditions du Seuil, Paris 1949.
S. François de Sales, Docteur de
l'Eglise, Traité de l'amour de Dieu, livre XI, chap. X (Digression sur
l'imperfection des vertus des païens) :
" Ces anciens sages du monde
furent jadis des magnifiques discours à l'honneur des vertus morales, oui même
en faveur de la religion... Aristote, le plus grand cerveau d'entre eux,
prononce cette horrible et très piteuse sentence (a) : touchant l'exposition,
c'est-à-dire l'abandonnement des enfants, ou leur éducation, la loi soit
telle : qu'il ne faut rien nourrir de ce qui a été privé de quelque membre ; et
quant aux autres enfants, si les lois et coutumes de la cité défendent qu'on
abandonne pas les enfants, et que le nombre des enfants se multiplie à
quelqu'un en sorte qu'il en ait déjà au double de la portée de ses facultés, il
faut prévenir et procurer l'avortement. (...) Ah ! quelle
horreur qu'un si grand philosophe conseille l'avortement ! C'est devancer
l'homicide, dit Tertulien (b), d'empêcher un homme conçu de naître'; et
saint Ambroise reprenant les païens de cette même barbarie : On ôte, dit-il
(c), en cette sorte la vie aux enfants avant qu'on la leur ait donnée."
a) Aristote,
b) Tertullien, Apologétique,
chap. IX. Cf. Juste-Lipse, cent. I, lettre LXXXV (F. de S.).
c) Saint Ambroise, Docteur de
l'Eglise, Hexaemeron (Exahmeron), ou l'Œuvre des six jours, livre V, chap. XVIII
(cité par S. François de Sales).
Pour avoir une information plus
complète, voici la suite de la citation de
Coordination des Rosaires pour
"Ce ne sont pas les
détracteurs de l'I.V.G. qui affirment cela, mais l'O.N.U. Plus précisément : le
F.N.U.A.P. (Fonds des Nations Unies pour les Activités en matière de
Population) a reconnu, il y a deux ans, une moyenne de quarante cinq millions
d'enfants avortés tous les ans, les vingt années précédentes, sur le plan
mondial.
"Cela situe le 'cap du
milliard' au cours des mois de Mars ou Avril 1997. [...] 1°/ Le mémoire de
Henri Kissinger, intitulé : 'Incidences de la croissance de la population
mondiale sur la sécurité des États-Unis et sur ses intérêts outre-mer'. Ce
mémoire, produit dans le cadre du 'National Security Council' des U.S.A., porte
le n° NSMM 200 et est daté du 10.12.1974. [...] Il est resté secret jusqu'au
31.12.1990, date à laquelle le mémoire a été 'déclassé' et donc mis à la disposition
de ceux qui le demandent. [...] L'idée de base du mémoire de Henry Kissinger
est que 'pour perpétuer l'hégémonie américaine du monde et assurer aux
Américains un libre accès vers les minéraux stratégiques de l'ensemble de la
planète, il est nécessaire de contenir, voire de réduire la population des 13
pays du Tiers Monde (Inde, Bangadesh, Nigéria, Brésil, Pakistan, Mexique,
Indonésie, Philippines, Thaïlande, Égypte, Turquie, Éthiopie, Colombie), dont
le poids démographique à lui seul les condamne, pour ainsi dire, à jouer un
rôle de premier plan en politique internationale'. [...] 4°/ Il faut rappeler
la 'logique du système', mis en place par la fondatrice du Family Planning :
Mme Margaret Sanger, riche américaine des années 20-30-40, grande admiratrice
de Hitler pour ses efforts nietzchéens d'amélioration de la race humaine. [...]
Margaret Sanger fut l'avocate de la stérilisation coercitive et de la
ségrégation obligatoire des 'dysgenic stock' (noirs, 'hispanics', c'est-à-dire
hispano-américains, indiens d'Amérique... et les catholiques, surtout ceux de
l'Europe du Sud). Elle prônait leur éventuelle 'réhabilitation' dans des
camps."
Benoit XV, Allocution au Sacré
Collège, Noël 1917 :
" C'est l'athéisme légal qui
a précipité le monde dans un déluge de sang. "
Livre de Judith, XI, 12 :
" Donc, parce qu'ils font ces
choses, il est certain qu'ils seront mis en déroute." (La santa Judit a
Holofernes, citée par saint Jean de
Louis de Grenade (1504-1588), Le
guide des pécheurs, Librairie catholique de Périsse frères, Lyon, 1838,
tome I, chapitre XXII :
"Ne vous imaginez donc pas
que Dieu laisse mourir de faim ceux qui se donnent à lui, lui qui a soin de la
nourriture des fourmis et des vers de terre. Si vous ne me croyez pas, lisez le
chapitre VI de saint Matthieu, et vous y verrez les promesses qui vous y sont
faites : 'Regardez, dit Jésus-Christ (Matth. VI, 26), les oiseaux du ciel ; ils
ne sèment point et ne moissonnent point ; ils ne recueillent ni ne font
provision pour l'avenir ; et néanmoins votre Père céleste prend soin de leur
nourriture : ne lui êtes-vous pas plus chers que ces animaux ?' Enfin, après
ces paroles, il conclut : Ibid., v. 31) : 'Ne soyez donc plus en peine de ce
que vous mangerez ni de ce que vous boirez ; car ces soins ne sont dignes que
des gens qui n'ont pas la connaissance de Dieu : mais pour vous, cherchez
premièrement le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout le reste vous sera donné
par surcroît.' (a)
"Le Prophète se sert de cette
raison, qui suffit pour engager tant de monde au service des hommes pour nous
exhorter à servir Dieu : 'Craignez dit-il (Psaumes, Vg. XXX, v. 10), le
Seigneur, vous ses saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent.' [...]
Cela est si véritable, que le même prophète ajoute dans un autre psaume
(Psaumes, XXXVI, 25) : 'J'ai été jeune, et je suis maintenant vieux ; mais je
n'ai jamais vu le juste abandonné, ni ses enfants mendier leur pain.'
"Ces promesses sont surtout
développées au Deutéronome, (Deutéronome, XXVIII, 1-4, 9-12) : 'Si vous êtes
attentifs à la voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse, et si vous observez Ses
commandements, Il vous élèvera au-dessus de toutes les nations qui habitent sur
la terre, et Il répandra sur vous ses bénédictions : vous serez bénis en la
ville et aux champs ; béni sera le fruit de vos entrailles, le fruit de votre
terre et le fruit de votre bétail, celui de vos troupeaux, les portées de tes
bovins et le croît de tes ovins [...] Dieu rendra votre peuple saint, seulement
pour Sa gloire, ainsi qu'Il vous l'a juré, si vous gardez Ses commandements, et
si vous marchez dans les voies qu'Il vous a prescrites. Enfin vos prospérités
seront si grandes, qu'elles feront connaître à tous les peuples de la terre que
le Nom du Seigneur est invoqué sur vous, et ils vous craindront. Dieu fera
multiplier tous vos biens, le fruit de vos entrailles comme les fruits de vos
troupeaux, et ceux de la terre qu'Il a promis de vous donner. Dieu ouvrira sur
vous les trésors du Ciel ; Il fera pleuvoir en sa saison sur vos terres, et
donnera sa bénédiction sur toutes les œuvres de vos mains.' Ce sont les paroles
de Dieu même, prononcées par Son prophète. Toutes les richesses des Indes
sont-elles comparables à ces bénédictions ? [...]
"L'autre avantage est,
qu'avec moins de bruit, Dieu donne aux siens plus de joie, que les impies n'en
trouvent en leur abondance ; parce que tout ce que l'homme peut faire par
l'entremise des causes secondes, Dieu le peut opérer de Lui-même, et beaucoup
plus parfaitement. N'en a-t-il pas usé ainsi envers tous les saints, au nom
desquels l'Apôtre disait (II Cor., VI, 10) : 'Nous n'avons rien, et nous
possédons tout'. [...]
"En effet tel est le traité
qui est entre Dieu et les hommes ; pendant que ceux-ci s'appliqueront à
observer Sa loi, Il s'appliquera à la conservation de leurs biens. Et
certainement il ne faut point craindre que le contrat manque de la part de Dieu
; au contraire, si l'homme est bon serviteur, Dieu sera encore meilleur maître.
C'est là cette seule chose que le Sauveur disait être nécessaire, connaître et
aimer Dieu ; car qui sait plaire à Dieu doit être assuré de tout le reste. 'La
piété, dit saint Paul, est utile à toutes choses, parce que toutes les
promesses de la vie présente et de la vie à venir sont pour elle.' [Quand allons-nous enfin prendre au sérieux
"Que celui au contraire qui
voudra connaître la pauvreté des méchants, lise le vingt-huitième chapitre du
Deutéronome ; il verra des choses terribles : 'Si vous ne voulez pas écouter la
voix du Seigneur votre Dieu, dit Moïse (Deutéronome, XXVIII, 15, 28-29, 32), ni
obéir à Ses commandements, voici les malédictions qui tomberont sur vous, et
qui accableront. [...] ... que le Seigneur vous envoie pour châtiment la folie,
l'aveuglement et la fureur, en sorte que vous alliez tâtonnant les murailles en
plein midi, comme font les aveugles dans l'obscurité, sans que vous puissiez
trouver votre chemin où en est le monde aujourd'hui ?] [...] ... que vos fils
et vos filles soient livrés à un autre peuple ; que vos yeux voient ce malheur
[...]'
"Enfin, après plusieurs autres
effroyables malédictions, il ajoute encore (Id., 45, 49-52) : 'Toutes ces
malédictions tomberont encore sur vous, et vous saisiront jusqu'à ce que vous
périssiez. [...] Le Seigneur fera venir des extrémités du monde, avec autant de
vitesse qu'un aigle, une nation dont vous n'entendrez point la langue, une
nation impudente et sans honte, qui n'aura ni respect pour les vieillards, ni
compassion pour l'enfant, qui enlèvera le fruit de vos troupeaux et le fruit de
votre terre ; de sorte qu'elle ne vous laissera ni blé, ni vin, ni huile, ni
bœufs, ni vaches, ni brebis, jusqu'à ce que vous soyez ruinés dans toutes vos
villes, et que les murailles hautes où vous mettiez votre confiance soient
rasées. [...]'
"Ce qui doit le plus nous
frapper, c'est que ces terribles paroles ne sont pas tant de menaces que de
véritables prophéties des malheurs qui arrivèrent depuis à ce peuple infidèle :
car au temps d'Achab, les Israélites assiégés en Samarie par l'armée du roi de
Syrie (II Rois, VI), mangèrent jusqu'aux hommes, jusqu'à la fiente des pigeons,
et même ce n'était qu'au poids de l'or qu'on pouvait se procurer de si
horribles aliments. Les misères allèrent si loin, que les mères tuèrent leurs
enfants pour s'en nourrir : ce que Joseph écrit être arrivé durant le siège de
Jérusalem (Joseph, l. 7, cap. 17). [...]
"Que l'on se trompe pas non
plus en se persuadant que ces menaces ne regardaient que le peuple juif : elles
s'adressent à tous ceux qui, ayant connaissance de la loi de Dieu, la méprisent
et la violent. Dieu même le témoigne par le prophète Amos, en disant (Amos, IX,
7-8) : 'Peut-être que ce n'est pas moi qui ai retiré les enfants d'Israël des
maisons des Égyptiens, les Palestins de Cappadoce, et les Syriens de Cyrène,
parce que les yeux du Seigneur sont sur le royaume ou la république] qui pèche,
pour le détruire, et pour l'effacer de dessus la terre.' Cela nous fait
connaître que tous les changements d'états et d'empires se font à cause des
péchés, et quiconque voudra s'assurer que cela nous regarde, n'aura qu'à lire
l'histoire, et il verra comment Dieu traite tous les méchants, et
principalement ceux qui, ayant connaissance de Sa loi, ne l'ont pas gardée.
"C'est le mépris de
l'Évangile qui a été cause que les plus considérables parties de l'Europe, de
l'Asie et de l'Afrique, autrefois remplies de temples et de chrétiens, sont
maintenant possédées par les Barbares. C'est de là qu'est venue la ruine qu'a
soufferte autrefois l'Église par l'invasion des Goths, des Huns et des
Vandales, qui, au temps de saint Augustin le berbère, le grand Africain de
Thagaste], ravagèrent toute l'Afrique, sans épargner ni le sexe ni l'âge. De
cette même cause est venue presque en même temps la désolation du royaume de
Dalmatie, et des autres provinces voisines, réduites en un tel état par les
mêmes barbares, que, selon saint Jérôme, qui était de ce pays (S. Hier. in c.,
I Soph.), ceux qui passaient par ces provinces n'y voyaient plus que le ciel et
la terre, tant elles avaient été désolées.
"La vertu ne nous aide donc
pas seulement à acquérir les biens éternels, mais encore à nous maintenir dans
la possession des biens temporels. Que la considération de ce petit avantage,
jointe à celle des autres, bien plus précieux, que nous avons énumérés, fasse
impression sur nos cœurs, pour les porter à l'amour et à la recherche de la
vertu, puisqu'elle nous délivre de tant de maux, et qu'elle nous procure tant
de biens."
a) En prenant connaissance de ces
paroles de Jésus-Christ rapportées par l'Évangile selon saint Matthieu,
d'aucuns se sont scandalisés en s'écriant : "Et les petits enfants qui
meurent de faim, et les femmes et les vieillards qui sont innocents ?". Ce
n'est pas juste ! Voilà bien la parole de l'homme qui se prétend supérieure à
celle de Dieu. "Malheur, dit le prophète Isaïe (Isaïe, XLV, 9), à celui
qui entre en lutte avec son Créateur - vase fragile au milieu d'autres vases de
terre ! L'argile dit-elle au potier qui la pétrit : 'Que fais-tu ? Ton œuvre
est imparfaite.'" Et ailleurs encore (Isaïe, XXIX, 16) : "Quelle perversité
est la vôtre ! Le potier est-il tenu pour l'égal de l'argile, que l'œuvre dise
à son ouvrier : 'Il ne m'a point faite' ; et que le modelage dise au modeleur :
'Il n'y entend rien ?'"
Huvelin (Abbé Henri), 1838-1910,
confesseur et directeur spirituel du Père de Foucault, normalien, agrégé
d'histoire, Cours sur l'Histoire de l'Eglise, en 12 volumes, éditions
Saint-Paul, Paris, 1964-1970, tome X, p. 17 :
"Le Guide des pécheurs,
catéchisme remarquable et profond, qui gravit en même temps les degrés de la
science humaine et ceux de la science mystique." Notons également que
Louis de Grenade était un des auteurs spirituels les plus appréciés de saint
François de Sales, - le saint dont les miracles, soit avant, soit après sa
mort, se comptent par milliers, - écrivant le 3 juin à Mgr de Revol :
"Ayez, je vous prie, Grenade tout entier et que ce soit votre second
bréviaire".]
Jean Daujat, Connaître le
christianisme (Nihil obstat : Paris, 11 juin 1947, Roger Beaussart,
archevêque de Mocissos), Éditions Téqui, 1947, pp. 55, 56, 57, 59, 60, 62 :
"L'amour de Dieu en Lui-même
et pour Lui-même s'appelle
Ibid., Vivre le christianisme,
Éd. Téqui, 1975, p. 20 :
"Donc l'unique condition pour
recevoir le don de la vie divine, c'est de le vouloir : à ceux qui veulent du
don de Dieu, Dieu Se donnera toujours. En revanche Dieu ne contraindra pas à le
recevoir ceux qui ne veulent pas du don de Sa propre vie divine : cette vie est
une communauté d'amour avec Dieu, un échange d'amour qui ne peut se faire que
dans la liberté car il n'y a d'amour que libre, il n'y a pas d'amour contraint.
Dieu est l'Amour infini qui ne veut que Se donner entièrement et Son attitude
vis-à-vis de nous est un appel d'amour qui s'adresse à notre liberté pour que
nous aimions librement le don qu'Il nous fait de Lui-même."
Ire Épître de saint
Paul aux Corinthiens, VI, 9-11 :
"Ne savez-vous pas que les
hommes injustes n'hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas :
ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les
infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les diffamateurs, ni
les rapaces n'hériteront du royaume des cieux. Et c'est là ce qu'étaient
certains d'entre vous ! Mais vous avez été lavés, mais vous avez été
sanctifiés, mais vous avez été sanctifiés par le nom du Seigneur Jésus-Christ
et par l'Esprit de notre Dieu."
Apocalypse, XXI, 8 (et cf. XXII,
15) :
"Mais pour les lâches, les
renégats, les infâmes, les meurtriers, les impudiques (pornois,
"pornois", fornicatoribus), les sorciers, les idolâtres et tous les
menteurs, leur part est dans l'étang embrasé de feu et de soufre : c'est la
seconde mort."
Épître de saint Paul aux Romains,
VIII, 22 :
"Nous le savons en effet, la
création tout entière soupire et souffre des douleurs de l'enfantement."
Apocalypse, VIII, 1 :
"Et lorsqu'il eut ouvert le
septième sceau, il se fit un silence (sigh) au ciel d'environ une
demi-heure."
Catéchèse
catholique
du
mariage
Abbé Noël
BARBARA
(quelques extraits significatifs)
Nihil obstat,
Seduni, die 2 - 7 - 63
R. Mengis,
Cens.
Ed.
Rhodaniques S.A. - Saint-Maurice (Suisse) - 1963
Préface
du Docteur Jean Rivière
Professeur à
S. Matthieu, X, 21, 22, 33, 35, 36, 38 :
" Les enfants se
soulèveront contre leurs parents ...
Vous serez haïs à cause de
mon nom ...
Ce que je vous dis ...
dites-le en plein jour ... mais
quiconque me reniera devant les hommes,
je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux.
Ne croyez pas que je sois
venu apporter la paix sur la terre ...
je suis venu mettre la division entre l'homme et son père ...
et
l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison ... celui qui ne
prend pas sa croix, et ne me suis pas, n'est pas digne de
moi."
J'ai
volontiers accepté de la " Catéchèse
catholique du " du R. Père BARBARA, après l'avoir lue avec soin sous une
double optique : celle de l'homme marié catholique moyen, d'âge moyen, père de
famille nombreuse quotidiennement aux prises avec les différents aspects de la
vie conjugale, celle aussi du médecin encore plus quotidiennement en mesure de
constater le désarroi des intelligences et des cœurs en ce domaine.
A ma connaissance, ce travail n'a
actuellement pas d'équivalent. A ce titre seulement, il mérite d'intéresser ;
et l'expérience a déjà permis de vérifier que son contenu, son mode de rédaction,
son souci de ne pas laisser dans l'équivoque les problèmes les plus délicats,
ont soulevé beaucoup de questions, troublé des esprits trop ignorants de la
doctrine de l'Eglise.
Faudra-t-il s'étonner si à
l'avenir la lecture de cette catéchèse suscite des objections et des
discussions ? Je ne le pense pas car, à la réflexion, on s'aperçoit aisément
que l'Eglise catholique a toujours revendiqué et revendique encore un
imprescriptible droit de regard sur la morale [domaine où elle est également infaillible - cf.
Que de ménages cherchent, sans
toujours le trouver, le secours du conseil du prêtre dans leurs problèmes
conjugaux ! Combien s'avère nécessaire le développement de travaux en équipe,
clercs, sociologues, médecins, etc., si l'on veut dans tel ou tel cas concret
aboutir à des solutions vraiment chrétienne ! Le prêtre n'a-t-il pas mission
pour enseigner la morale ? [et à mettre sont enseignement en parfait accord avec celui
du Christ, le Verbe incarné, notre Créateur et Seigneur]. Ce livre ne nous dit pas autre chose que la conduite des
" enfants de Dieu engagés dans l'état de mariage " [et non dans l'état de fornication ou d'adultère où nul ne
peut faire son salut]. La qualité
sacerdotale de l'auteur loin de choquer, ne peut qu'inspirer confiance à ceux
qui le liront.
A notre époque qui se targue
d'être éclairé [l'Evangile de Jésus-Christ
n'est quand même pas un ouvrage si difficile à comprendre au point d'être
réservé aux sages de ce monde ou à " la sagesse des sages et à la science
des savants " - Ire Corinthiens, 1 : 19 ; cf. aussi Matthieu,
22 : 29], le rappel de la conception
chrétienne et du sens profond des "obligations" du mariage semblera
peut-être périmé [nous y voilà ! cf. Matthieu,
19 : 10-12 - on ne peut pas être plus précis]. En fait, on constate chaque jour que de nombreux foyers ignorent tout
de la doctrine de l'Eglise sur le mariage ou n'en connaissent que des bribes
éparses, incoordonnées, glanées au fil du hasard. Cette ignorance, disons-le
sans amertume, n'épargne pas des ecclésiastiques [mais nul, devant Dieu, n'est sensé ignorer les lois
fondamentales de sa propre religion et tout particulièrement celles qui le
concernent en propre, car aucun engagement sacré ne doit être traité à la
légère].
Aussi suis-je persuadé que le
travail du R. P. Barbara, malgré sa présentation un peu rude, rendra de grands
services à ceux qui voudront bien, humblement, le prendre comment instrument de
travail.
Il ne faudrait d'ailleurs pas se
méprendre sur les intentions de l'auteur. Je lui appliquerai volontiers cette
belle définition : "l'esprit dur et le cœur doux" [cependant Jésus n'a pas hésité à dire à ceux qui, sur le
mariage, trouvait sa doctrine excessive qu'il existe cependant des eunuques qui
se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux et que celui qui
peut le comprendre le comprenne (cf. Matthieu, 19 : 12). Dans la vie, il
faut savoir qui l'on veut servir et ce que l'on veut atteindre, car il convient
toujours de " lutter pour entrer par la porte étroite qui conduit à la vie
éternelle, et peu nombreux sont ceux qui la trouvent " (Luc, 13 :
24 ; cf. Matthieu, 19 : 16-18). Sait-on également que, selon Jésus
lui-même, le ciel et la terre passeront, et que ses paroles ne passeront point,
et que sa doctrine n'est pas de lui, mais de Celui qui l'a envoyé ? (cf. Matthieu,
24 : 35 ; Marc, 13 : 31 ; Jean, 7 : 16)].
Ce catéchisme ne constitue pas un
réquisitoire. Pas davantage, le Père Barbara n'a consacré des mois à son
travail pour le plaisir de satisfaire à quelque "intégrisme" de
principe ou de fait en un domaine où tant de consciences droites cherchent des
solutions à des situations souvent douloureuses [et qui exigent parfois des choix crucifiants pouvant même
aller jusqu'au martyre - cf. Luc, 12 : 49-53 ; Matthieu, 10 :
34-36 ; Luc, 14 : 25-27 ; Matthieu, 10 : 24-32].
Or qui détient encore la lumière
qui éclaire tout homme venant en ce monde si ce n'est l'Eglise catholique [l'Eglise bâtie par Jésus-Christ sur Pierre et sur ses
successeurs - cf. Matthieu, 16 : 18]
?
Le premier devoir de la charité
n'est-il pas d'éclairer ceux qui marchent dans l'obscurité ? [Cf. Ezéchiel, 33 : 7-11 ; Matthieu, 18 :
15-17.]
La doctrine de l'Eglise [ou du Christ] sur le
mariage reste la pierre d'angle des ménages chrétiens. Si sur certains la
discussion reste ouverte, de préférence entre personnalités compétentes et en
dehors de la place publique, dans l'ensemble, la voie tracée par l'Eglise en ce
domaine comme en d'autres, est seule susceptible d'apporter aux âmes la paix,
parfois au prix d'une lourde croix. Mais plaisir et bonheur ne se confondent
pas et Notre-Seigneur Jésus-Christ a plus souvent parlé de voie étroite que
de voie large.
Il faut remercier le R. Père Barbara
d'avoir su, en effaçant sa personnalité derrière l'autorité de la pensée de
l'Eglise, le rappeler.
Avant-propos
Ignorance des
gens mariés
Nombreux, à notre époque, sont les
chrétiens qui, prenant conscience des exigences du christianisme, veulent le pratiquer
avec générosité dans toute leur vie.
Mais, dans leur vie, il est comme
un domaine où la lumière de la doctrine n'a guère pénétré, celui de leur vie
conjugale.
Là, dans toutes les classes
sociales, se découvre une ignorance effroyable (1). On peut dire que bien des
époux ignorent presque totalement les limites de ce qui leur est permis ou
défendu. Beaucoup pensent qu'entre mari et femme tout est licite, jusqu'aux
pires abominations ; et combien, par contre, qui prennent pour péchés inévitables
les privautés de la vie conjugale. Que de fois, dans des cercles d'étude,
des hommes n'ont-ils pas avoué que, pour eux, le péché originel c'était tout
simplement l'acte procréateur [en soi], dans lequel ils voyaient quelque chose de pas très bien,
et, comme tous les enfants étaient conçus de même façon [mais non du Saint-Esprit - cf. Matthieu, 1 : 18], ils naissaient tous
avec le péché originel [Psaumes, 50 : 7 :
" J'ai été en effet engendré dans l'iniquité : et dans le péché ma mère
m'a conçu."]. Ces mêmes hommes
confondaient très souvent le dogme de l'Immaculée Conception de
Engagés dans l'état de mariage,
c'est dans cet état même que les époux doivent se sanctifier ou se laisser sanctifier] ; et comment le pourrait-il en ignorant tout, ou presque
tout, des devoirs primordiaux que cet état implique ?
Une telle ignorance se conçoit
facilement quand on songe au peu de préparation des fiancés à cet égard. Quelle
que situation qu'un jeune homme ou une jeune fille choisissent pour s'établir
dans la vie, ils doivent sérieusement s'y préparer. Durant des mois, voire des
années, sous la conduite d'un maître, ils apprennent leur futur métier.
Mais où et comment, ces jeunes
gens et jeunes filles, apprennent-ils leur métier d'époux, de parents ?
Savent-ils seulement, dans bien des cas, à quoi ils s'engagent définitivement ?
Comment s'étonner, dès lors, des
résultats : multiplication en chaîne des divorces, des avortements, des
adultères, généralisation de la pratique de l'onanisme ? [c'est-à-dire le crime d'Onan, qui
consiste à détourner notre faculté de transmettre la vie " de sa haute et
véritable fin " (Discours de Pie XII aux jeunes époux, 5 mars 1941)
- cf. Genèse, 38 : 8-10]. Pour combien de conjoints le mariage n'est-il pas un état de
paganisation, au lieu d'être un moyen de sanctification ? D'où vient, en
effet, que nos églises et surtout la table sainte, où se distribue le Corps du
Christ, soient désertées, et particulièrement par des couples depuis leur
mariage ou leur premier enfant, jusqu'à la cinquantaine ?
Autant la vérité délivre, autant
l'ignorance, l'erreur éloignent du Dieu de vérité.
Cette ignorance quant aux choses
de la vie conjugale n'a été, de nos jours, aggravée si l'on peut dire, par une
multitude d'écrits de toutes sortes, émanant aussi, comme le remarquait Pie
XII, de source catholique, qui sont venus troubler les fiancés et les
jeunes époux, pervertir l'opinion publique même catholique. On reste
atterré, disait encore Pie XII, devant l'intolérable effronterie d'une
telle littérature !
Dans le domaine de l'intimité
conjugale, on ne peut pas ne pas souligner aussi tout le mal fait par ces enquêtes,
menées à grand renfort de publicité, dans les publications catholiques, comme
dans la presse du cœur, et qui, sur des problèmes de morale conjugale qui réclament,
nous dit Jean XXIII, de la préparation, de la maturité de jugement et de la
sincérité de conscience, propagent la pensée du premier venu, voire d'un
non catholique ou d'un incroyant.
Enfin, on ne peut pas passer sous
silence ces écrits qui, ne traitant que tel ou tel des problèmes conjugaux, ne
les situent pas dans l'ensemble des autres devoirs du mariage et livrent ainsi
à leurs lecteurs un exposé partiel et souvent partial des
obligations des personnes mariées.
Et le catholique moyen, qui aura
lu dans son journal catholique, acheté à la porte de son église, la réponse
d'un inconnu quelconque sur le divorce, l'usage des contraceptifs, le contrôle
des naissances, etc., la retiendra comme étant l'enseignement de l'Eglise.
N'a-t-il pas pris son journal dans l'église ?
Aussi bien, ces exposés
tendancieux dont nous venons de parler, constituent en fait, pour les époux,
des demi-vérités presque aussi nocives que des erreurs. Quand on se rappelle que
les idées mènent le monde, on comprend la gravité du mal fait par de tels
écrits. Une idée fausse, écrit Mgr Suenens, est infiniment plus redoutable
qu'une photo indécente. Devant tant d'ignorance, devant une telle confusion
d'idées sur des problèmes vitaux chez la plupart des chrétiens, cette Catéchèse
catholique du mariage vient, croyons-nous, à son heure [mais en l'an 2003 la situation est pire que jamais : la
terrible marée moderniste qui a fini par envahir le monde n'a jamais pu être
endiguée]. [...]
37 Quelle est la situation des
chrétiens qui, après avoir obtenu les effets du divorce civil, contractent un
nouveau mariage ?
Remarque préalable. - Le mariage étant, de par la volonté du Créateur l'union exclusive
et perpétuelle d'un seul homme avec une seule femme, et le
liens d'un mariage valide ne pouvant être rompu par aucun pouvoir humain
et pour aucun motif (Q. 25), c'est très improprement qu'on emploie le terme de nouveau
mariage pour désigner l'union nouvelle que contractent du vivant de leur
conjoint, ceux qui ont obtenu les effets du divorce civil. Dans la réalité,
cette nouvelle union n'est pas un nouveau mariage mais tout simplement un
concubinage officiel sanctionné par une loi impie.
Le terme de nouveau mariage ne
convient qu'à l'union de ceux qui, leur précédent mariage ayant été rompu par
la mort de l'autre conjoint ou par l'autorité religieuse compétente (Q. 25),
contractent religieusement de nouvelles noces valides.
Les chrétiens qui, après avoir
obtenu les effets du divorce, contractent devant les pouvoirs civils un
pseudo-mariage, non seulement commettent un péché grave, mais s'installent dans
un péché public et sont, par le fait même, des pécheurs publics.
De plus, du point de vue de l'Eglise,
ce sont des bigames que le Droit Canon frappe, par le seul fait de leur
pseudo-union, de la peine d'infamie. Celle-ci rend inaptes à accomplir
les actes ecclésiastiques comme, par exemple, être parrain de baptême et de
confirmation.
Enfin, s'ils continuent à
cohabiter avec leur complice, nonobstant la monition de l'Ordinaire, celui-ci
doit les punir, selon la gravité de leur faute, par l'excommunication ou
par un interdit personnel.
38. Est-il permis de servir de
témoin à un pseudo-mariage ?
La morale défend, sous peine de
péché mortel, de collaborer directement à une action gravement coupable. Elle
défend également de l'approuver ou de l'encourager.
Ce pseudo-mariage étant un acte
intrinsèquement pervers, il est absolument interdit à un chrétien, sous peine
d'une faute grave, d'y servir de témoin, de l'approuver et de l'encourager. Donc, assister à ce pseudo-mariage, présenter ou écrire
des compliments, des félicitations, offrir des fleurs ou autre cadeau, c'est
approuver ou encourager un concubinage et commettre un péché qui a la même
malice que celui qu'on approuve ou qu'on encourage. Et le pardon de ce péché de
scandale exige la réparation du mal qu'on a fait.
39. Les divorcés remariés
sont-ils dispensés de leurs devoirs religieux ?
Non, les divorcés qui ont
contracté un pseudo-mariage ne sont pas dispensés pour cela de leurs devoirs
religieux. Ils sont toujours tenus d'observer les commandements de Dieu et de
l'Eglise.
L'assistance à la messe
dominicale et aux sermons, la prière, le jeûne et l'abstinence, le baptême et
l'éducation chrétienne des enfants, autant de pratiques qui leur sont toujours
possibles et qui peuvent leur obtenir la miséricorde de Dieu.
Installés dans une vie de
pécheurs publics, ils ne peuvent faire leur salut s'ils n'en sortent pas, et
ils n'en sortiront qu'avec le secours du Seigneur.
Qu'ils prient donc beaucoup pour
obtenir la grâce de quitter cette vie de péché au moins en régularisant leur
union quand ce sera possible.
Qu'ils se souviennent que certains
démons ne se chassent que par le jeûne et la prière (Marc, 9 : 28) et
que l'aumône, faite pour l'amour de Jésus-Christ, couvre la multitude des
péchés (Tobie, 12 : 8-9 ; I Pierre, 4 : 8 : Jacques, 5
: 20).
40. Quel doit être notre
comportement vis-à-vis des divorcés ?
Le divorce civil est un outrage
grave à l'institution sacrée du mariage ; il constitue, nous l'avons vu (Q.
36), la matière d'un péché mortel.
Le pseudo-mariage civil, contracté
par les divorcés, constitue un état de péché public beaucoup plus grave, en
quelque sorte, que le divorce lui-même.
Et comme, jamais et pour aucune
raison, on ne peut approuver un péché, - encore moins un état de péché - jamais
et pour aucune raison, on ne peut ni approuver, ni laisser croire qu'on
approuve le divorce de personne religieusement mariées, et encore moins le
"pseudo-mariage" des divorcés.
Sans doute, le Seigneur nous a
défendu de juger des intentions, mais Il ne nous a pas recommandé pour autant
d'approuver ou d'excuser le mal ; et c'est une obligation, pour tout vrai
chrétien, de juger chrétiennement et de désapprouver, non pas les
intentions qui lui échappent, mais la conduite scandaleuse des divorcés
remariés.
Même remariés, les divorcés en
sont pas des excommuniés à éviter ; cependant, ils sont des pécheurs publics, c'est-à-dire des chrétiens en état
notoire de rébellion contre Dieu et son Eglise et, à ce titre, cause de
scandale. Evidemment, il n'est pas permis d'avoir avec eux les mêmes
relations qu'avec ceux qui, apparemment, se conforment aux lois de Dieu et de
son Eglise [II Corinthiens, 6 :
14 : " Ne formez pas avec des incroyants un attelage disparate." ;
cf. Jean, 5 : 44 ; Luc, 8 : 21 ].
Recevoir chez soi, par exemple,
et traiter de la même façon cet homme venant en visite avec sa femme légitime
et cet autre accompagné de sa concubine officielle, n'est-ce pas montrer que, à
nos yeux et d'après notre jugement, les lois de Dieu instituant le mariage et
prohibant le divorce n'ont pas plus de valeur que la volonté sacrilège de
l'homme ayant pris le contre-pied de ces lois ?
Sans doute il y a souvent des
cas délicats qui demandent beaucoup de tact pour l'application de ce principe ;
ainsi lorsque les divorcés nous étant proches parents, une attitude trop rigide
compromettrait la paix de la famille [cf. cependant Matthieu, 10 : 34-35] ; ou encore si des raisons graves de négoce, d'affaires, de
politique, imposaient visite ou réception de personnes divorcées. Dans ce cas
et dans d'autres semblables, il faut toujours sauvegarder le principe et
ne jamais donner l'impression que l'on approuve le divorce ou le
pseudo-mariage.
Au sujet de l'inceste de Corinthe,
saint Paul veut que " l'auteur d'une telle action soit retranché " de
la communauté chrétienne. (cf. I Corinthiens, 5 : 1).
Parlant de ceux dont la conduite
est scandaleuse et avec lesquels il ne faut pas avoir de relations, l'Apôtre
distingue les chrétiens de ceux qui ne le sont pas. S'ils ne sont pas
chrétiens, vous pouvez avoir des relations avec eux, " sinon il vous
faudrait sortir du monde ". Mais " si un homme, tout en portant le
nom de frère, était impudique, cupide, idolâtre, diffamateur, ivrogne, rapace,
n'ayant aucune relation avec lui ; abstenez-vous même de prendre un repas avec
un tel personnage " (I Corinthiens, 5 : 9, 11).
L'apôtre saint Jean, qu'on appelle
l'apôtre de la charité, écrit dans sa seconde épître : " Quiconque... ne
demeure pas dans la doctrine du Christ, ne possède point Dieu ; celui qui
demeure dans cette doctrine, celui-là possède et le Père et le Fils. Si
quelqu'un vient à vous et n'apporte point cette doctrine, ne le recevez pas
dans votre maison et ne lui dites pas : Salut ! Car celui qui lui dit : Salut !
participe à ses œuvres mauvaises " (II Jean,
9-11).
Par cette attitude ferme
dans la foi (I Pierre, 5 : 9), nous accorderons à ces pauvres
pécheurs qui demeurent nos frères, ce que le Pape Pie XII appelait la "
première charité : celle de la vérité " et " la vérité les délivrera
" (Jean, 8 : 32).
N'oublions jamais cette remarque
de saint Pie X : " Si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il
n'a pas respecté leurs convictions erronées, quelques sincères qu'elles
parussent ; et il les a tous aimés pour les instruire et les sauver " (Notre
charge apostolique, 25.8.1910).
Prions pour eux, encourageons-les
à sortir de cet état de péché, aidons-les, dès que la chose est devenue
possible, à surmonter les difficultés pour se mettre en règle avec la loi de
Dieu et, souvenons-nous que parmi les œuvres de miséricorde spirituelle que le
Maître ne laissera pas sans récompense, il y a " la réprimande au pécheur
en vue de le réconcilier avec Dieu " (Jacques, 5 : 20).
Citation de l'auteur : " Il
faut affirmer, contre des erreurs très répandues, que la charité ne peut en
aucun cas comporter la complaisance ou la tolérance pour le péché ou l'erreur ;
la charité nous oblige au contraire à haïr et combattre le péché et l'erreur
qui sont le plus grand mal de nos frères que nous aimons. Plus nous aimons les
pécheurs et ceux qui sont dans l'erreur - et il faut les aimer jusqu'à donner
notre vie pour eux le cas échéant, - plus nous haïssons et combattons leur
péché et leur erreur." (Jean Daujat, "
" Si supporter les injures
qui n'atteignent que nous-mêmes, enseigne saint Thomas d'Aquin, est un acte de
vertu, supporter celles qui atteignent Dieu est le comble de l'impiété " (Somme
théologique, IIa, IIæ, Q.
[...]
125. Qu'est-ce que l'adultère ?
Quelle est sa gravité ?
L'adultère, du latin ad-alterum-ire
= aller vers un autre, est le péché de fornication commis par une
personne engagée dans un mariage valide avec une personne qui n'est pas son
conjoint légitime (cf. §§ 23, 288, 340, 341).
Si les deux fornicateurs sont
mariés, leur adultère est double.
En plus de la faute mortelle
d'impureté, l'adultère comporte une grave injustice, non seulement par
l'affront fait au conjoint innocent, mais aussi parce que le coupable livre un
bien (son corps) qui ne lui appartient plus puisqu'il est la propriété de
l'autre (cf. I Corinthiens, 7 : 4, et § 20).
Cette faute grave [gravissime !] peut se commettre, non seulement en fait, mais aussi par
désir et par pensée. " Et Moi, je vous dis que quiconque regarde une femme
avec convoitise, a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur
", déclare Notre-Seigneur Jésus-Christ en son sermon sur la montagne (Matthieu,
5 : 28 - " ... et que ton corps entier
n'aille dans la géhenne."). Et donc,
chaque fois que quelqu'un s'arrête volontairement à la pensée d'un adultère, a
fortiori ceux qui en conçoivent un vrai désir, commettent un péché grave [gravissime !] par
pensée ou par désir et doivent le confesser comme tel (Q. 232).
Ainsi qu'il a été dit à
De plus, s'il y a conception et
naissance d'un enfant adultérin, les coupables, chaque fois que la
chose leur est possible, ont l'obligation grave de le prendre à leur charge
pour ne léser ni le conjoint innocent ni les enfants légitimes.
[...]
233 Quels sont les péchés
contre la chasteté ?
La chasteté est une vertu morale
qui réfrène et domine les appétits sexuels et les ordonne en vue du but pour
lequel Dieu les a voulus : la procréation des enfants dans un mariage légitime
(Q. 165).
Chaque fois que, par un acte
délibéré, ces appétits sont satisfaits en dehors du plan de Dieu (Q. 112) il y
a péché contre la chasteté (cf. §§ 7, 13, 14, 15).
A. La question des péchés contre
la chasteté conjugale est plus particulièrement traitée aux Q. 114, 117, 120,
136, 165 et 252.
B. Ceux qui ne sont pas engagés
dans les liens d'un mariage valide pèchent contre la chasteté :
Par fornication (cf. Tobie,
4 : 12 ; I Corinthiens, 6 : 18 - et
les versets 9 et 10 : " Ne vous y trompez pas : ... ni les adultères...
ni les ivrognes... n'hériteront du royaume de Dieu."), s'ils satisfont leur appétit sexuel dans un acte complet
avec la personne non mariée.
C. Pour tous, mariés ou non, il y
a péché contre la chasteté :
a) par adultère, si le partenaire
est marié (cf. Lévitique, 18 : 20) ;
b) par masturbation ou péché
solitaire, s'ils se procurent seuls le plaisir vénérien ;
c) par inceste, quand l'acte
charnel est accompli entre ceux dont la consanguinité (Q. 105) et l'affinité
(Q. 106) interdisent l'union ;
d) par sodomie [cf. le chap. 19 de
e) par bestialité, si c'est un
animal (Lévitique, 18 : 23).
Toutes ces fautes peuvent être
commises de fait, ou être l'objet d'une pensée, d'un désir ou d'une joie
malsaine (Q. 249). Il est évident que les péchés par action sont ordinairement
plus graves que les péchés purement intérieurs [revoir cependant Matthieu, 5, 28 - on dit bien en
effet communément que " c'est l'intention qui compte ", ou encore,
sous une autre forme, que " l'intention vaut l'action ". - Cf. Nombres,
15 : 39 ; Job, 31 : 1 ; Ezéchiel, 8 : 12-13].
Chaque fois que ces péchés sont
commis avec pleine connaissance et plein consentement, ils sont des péchés
graves (cf. I Cor., 6 : 9-10 [cité
plus haut), puisqu'il n'y a pas de légèreté
de matière en ces choses-là (Q. 249 - 2.).
[...]
28 N'y a-t-il aucune raison qui
justifie le divorce ? (cf. §§ 10, 42, 67, 68,
124 à 128, 353 à 356, 358, 508)
Non ! le
divorce n'est jamais admissible. Toutes les raisons alléguées pour justifier
cette plaie sociale, sont fausses et sans aucune valeur devant l'irréfragable
loi du Créateur rappelée par le Christ : " CE QUE DIEU A UNI, QUE L'HOMME NE LE SÉPARE POINT " (Evangile
selon saint Matthieu, chap. 19, verset 6).
29 Ne peut-on espérer qu'un
jour l'Eglise reviendra sur son intransigeance pour accepter le divorce dans
certains cas ?
Non ! l'Eglise
ne pourra jamais revenir sur l'indissolubilité du mariage. C'est une doctrine
de foi, définie au Concile de Trente contre les protestants, que parmi les
chrétiens la polygamie est défendue de droit divin. " Si quelqu'un
soutient qu'il est permis d'avoir plusieurs femmes à la fois, et que cela n'est
pas défendu par aucune loi divine, qu'il soit anathème " (Session XXIV, c.
2).
Cette intransigeance nécessaire de
l'Eglise a été rappelée récemment par Jean XXIII : Avec l'indissolubilité
" il ne s'agit pas de prescriptions ou de règles... que le cours des
générations peut modifier, mais de la volonté divine, de l'ordre intangible
établi par Dieu lui-même " (cf. §§ 35, 39, 341, 693).
[...]
Jean XXIII, au Tribunal de
693 [...] En sauvegardant avec un soin
jaloux l'indissolubilité du lien (matrimonial) et la sainteté du grand
sacrement, l'Eglise défend non seulement un droit ecclésiastique et civil, mais
surtout le droit naturel et le droit positif divin. Ces deux biens nécessaires
et grands, que le voile des passions et des préjugés obscurcit parfois jusqu'à
les faire oublier, sont voulus, avant de l'être par la loi positive, l'un par
la loi naturelle gravée en caractères indélébiles dans la conscience humaine,
et l'autre par la loi divine de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il ne s'agit
donc pas de prescriptions ou de règles imposées par les circonstances et que le
cours des générations peut modifier, mais de la volonté divine, de l'ordre
intangible établi par Dieu lui-même pour sauvegarder le premier noyau
fondamental de la société civile. Il
s'agit de la loi divine primordiale que, lorsque fut venue la plénitude
des temps, la parole du Christ : " A l'origine,
il n'en fut pas ainsi " (Matthieu, 19 : 8) a ramenée à son
intégrité véritable.
L'Eglise ne défend pas des
intérêts de castes ou des coutumes dépassées. Son chant glorieux, son titre
d'honneur résonne dans le " Pater noster " : " Fiat
voluntas tua sicut in coelo et in terra " (" Que ta volonté soit
faite sur la terre comme au ciel."). Voilà ce qu'elle propose et défend
dans le monde : la volonté de Dieu, dans laquelle est la paix, la sérénité et
la prospérité, même matérielle, pour tous ses fils.
[...]
Enseignement de
Notre-Seigneur sur le mariage
8 " N'allez pas croire que je sois venu abolir
" Vous avez appris qu'il a
été dit : Tu ne commettra point d'adultère. Eh bien ! moi
je vous dis : Quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis
l'adultère dans son cœur (Matthieu, 5 : 28).
" Or, si ton œil droit est
pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est
avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier
ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une
occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car il est avantageux pour
toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille dans la
géhenne " (Matthieu, 5 : 29-30. - L' "œil droit" à
arracher, la "main droite" à couper, sont des métaphores pour
signifier ce qui nous tient de plus près, ce que nous avons de plus cher, et,
tout au moins en apparence, de plus utile. Si la fortune, la santé, les amis,
les parents même [voire encore nos propres
enfants] deviennent pour nous un
"scandale", une occasion de chute, et que l'éloignement soit le seul
moyen efficace de nous préserver, il n'y a pas à hésiter, car, le Royaume de
Dieu ou la géhenne ! C'est l'obligation où nous sommes de subordonner les
intérêts personnels à la vie éternelle. L'Evangile y revient souvent : cf. Matthieu,
8 : 22 et 10 : 37).
9 " Il a été dit aussi : Quiconque répudiera sa femme,
lui donnera une lettre de divorce. Mais moi je vous dis (toujours dans
le " perfectionnement " de
" Des Pharisiens
s'approchèrent de Jésus pour lui tendre des pièges (Matthieu, 19 : 3 :
Les Juifs ont bien compris la réponse de Jésus : le divorce est désormais
supprimé ; après avoir renvoyé son conjoint, l'homme ou la femme n'ont plus que
deux solutions : " demeurer sans se marier " ou " se réconcilier
avec son conjoint renvoyé " - cf. I Corinthiens, 7 : 11. Les Pharisiens
auxquels on a rapporté cette réponse : la suppression du divorce, s'imaginent
que Jésus s'est mis en contradiction avec Moïse et ils en prennent prétexte
pour lui tendre un piège.) ; ils lui demandèrent :
Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif ? Il répondit :
N'avez-vous pas lu, que dès le commencement, Celui qui fit la race
humaine, les fit mâle et femelle ? Et il a dit : A cause de cela,
l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux
seront une seule chair (cf. Genèse, 1 : 27 ; 2 : 24 - Jésus confirme ainsi l'historicité des premiers
chapitres de
10 " Rentrés au logis, les
disciples l'interrogèrent de nouveau sur ce point (Cette intervention prouve
que les disciples ont bien compris la pensée de Jésus abolissant le divorce).
Et il leur dit : Celui qui répudie sa femme et en épouse une autre, commet
un adultère à l'égard de la première ; et si une femme répudie son mari et en
épouse un autre, elle commet un adultère (Marc, 10 : 10 à 12).
" Ses disciples lui dirent :
Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est pas
avantageux de se marier (Matthieu, 19 : 10).
" Il leur dit : tous ne
comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il
y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont
devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes , à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut
comprendre comprenne " (Matthieu, 19 : 11 et 12. - A certaines
situations matrimoniales il n'y a pas d'autre solution que la "castration
volontaire" pour le Royaume de Dieu, c'est-à-dire la "chasteté
parfaite". Alors, la continence totale devenant nécessaire, Dieu donne sa
grâce pourvu qu'on la lui demande et qu'on y corresponde par des efforts généreux
et persévérants - cf. Q. 165 sq.).
Enseignement des Apôtres
Sur l'indissolubilité du
mariage
18 " La loi ne s'impose à l'homme que durant sa vie. C'est
ainsi qu'une femme mariée se trouve liée par la loi au mari tant qu'il est
vivant ; mais si l'homme meurt, elle se trouve dégagée de la loi du mari. C'est
donc du vivant de son mari qu'elle porte le nom d'adultère, si elle devient la
femme d'un autre ; mais en cas de mort du mari, elle est si bien affranchie de
la loi qu'elle n'est pas adultère en devenant la femme d'un autre " (Romains,
7 : 1 à 3).
" Aux gens mariés, j'ordonne - non pas moi, mais le Seigneur -
que la femme ne se sépare pas de son mari. S'il arrive qu'elle soit séparée, qu'elle ne se remarie pas,
ou qu'elle se réconcilie avec son mari. Que
de son côté, le mari ne répudie point sa femme. [...] La femme reste liée à son mari tout le temps de sa
vie. S'il vient à mourir, elle est libre d'épouser qui elle veut, mais à
condition que ce soit dans le Seigneur. Toutefois, à mon avis, elle sera plus
heureuse si elle demeure comme elle est. Et je crois bien avoir moi aussi,
l'Esprit de Dieu " (I Corinthiens, 7 : 10-11, 39-40).
Ephésiens, 5 : 25-33 :
" Maris, aimez vos femmes,
comme le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir
purifiée par le baptême d'eau, afin de faire paraître devant lui cette Eglise
glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et
irrépréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs femmes comme
leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même.
Car jamais personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend
soin, comme le Christ le fait pour l'Eglise, parce que nous sommes membres de son corps. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et
s'attachera à sa femme [et non à ses femmes
!], et les deux et non les trois, ou les quatre, etc.] deviendront une seule chair. Ce
mystère est grand ; je dis cela par rapport au Christ et à l'Eglise. De
reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme
respecte son mari [avec une telle mise au
point, le Christ étant à l'Eglise ce que le mari est à sa femme, on se demande
bien comment il est encore possible de nier l'indissolubilité du mariage et de
croire que l'on héritera malgré tout du royaume du Christ et de Dieu en se
trouvant dans un état où nul, selon
Galates, 6 : 7 :
" Ne vous y trompez pas : on
ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme a semé, il le moissonnera aussi."
Matthieu, 7 : 13-14, 26-229 :
" Entrez par la porte étroite
: large, en effet, est la porte, et spacieux est le chemin, qui conduit à la perdition,
et nombreux sont ceux qui entrent par elle. Qu'elle est étroite, et resserrée
la voie , qui conduit à la vie ; et peu nombreux sont
ceux qui la trouvent !"
" Mais quiconque entend ces
paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme
insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents
sont venus, les vents on soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée,
et sa ruine a été grande. Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut
frappée de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas
comme leurs scribes."
Jean, 7 : 16 :
" Jésus leur répondit : Ma
doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé."
Luc, 11 : 28 :
" Et Jésus répondit : Heureux
plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent !"
Ibid., 8 : 21 :
" Mais Jésus répondit : Ma
mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la
mettent en pratique."
Ibid., 9 : 35 :
" Et de la nuée sortit une
voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le
!"
Matthieu, 17 : 5 :
" Comme Jésus parlait encore,
une nuée lumineuse les couvrit (Pierre, Jacques et Jean, Moïse et Elie). Et
voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils
bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le !"
Marc, 9 : 7 :
" Une nuée vint les couvrir,
et de la nuée sortit une voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !"
Marc, 13 : 31 :
" LE CIEL ET
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