Vénérable
Mère Marie de Jésus d’Agréda (1602-1665)
Abbesse
du Monastère de l’Immaculée Conception
de la ville d’Agréda, de l’Ordre de S. François
La
Cité Mystique de Dieu
Ire partie,
livre Ier, chap. VII
80. La cause de toutes les causes et le créateur de tout ce qui a l'être
est Dieu; il commença par la puissance de son bras toutes ses œuvres
merveilleuses au temps que sa volonté avait déterminé. Moïse raconte l'ordre et
le principe de cette création dans le premier chapitre de la Genèse; et parce
que le Seigneur m'en a donné l'intelligence, je dirai ici ce qu'il faudra pour
nous faire trouver les couvres et les mystères de l'incarnation du Verbe et de
notre rédemption dans leur source.
81. La lettre du chapitre premier de la Genèse est celle-ci :
« Dans le commencement Dieu créa le ciel et la terre. Et la terre était
vide et sans fruits, et les ténèbres étaient sur la face de l'abîme, et
l'Esprit du Seigneur était porté sur les eaux. Et Dieu dit : « Que
la lumière soit faite; et la lumière fut faite. Et a Dieu vit que la lumière
était bonne; et il la sépara des ténèbres, et il appela la lumière jour, et les
a ténèbres nuit, et il fut fait un jour du soir et du matin (1). » En ce
premier jour, Moïse dit que Dieu créa dans le commencement le ciel et la terre,
parce que ce principe fut celui que Dieu tout-puissant donna étant dans son
être immuable, comme sortant de soi pour créer hors de lui-même les créatures,
qui commencèrent alors à recevoir l'être en elles-mêmes, et Dieu commença à se
récréer en ses ouvrages comme en des couvres également parfaites. Et afin que
l'ordre en fût aussi très-parfait, avant que de donner l'être aux créatures
intellectuelles et raisonnables, il forma le ciel pour les anges et pour les
hommes, et la terre où premièrement les mortels devaient être passagers. Ce
ciel et cette terre furent des lieux si proportionnés à leurs fins et si
parfaits, que, comme le prophète David dit avec bien de la raison : « Les
cieux publient la gloire de Dieu, et le firmament et la terre annoncent les
rouvres de ses mains (2), » les cieux ; avec leurs beautés, manifestent sa
magnificence et sa gloire, parce qu'ils sont le dépôt du prix qui est destiné
pour les saints. Le firmament de la terre annonce qu'il y doit avoir des
créatures et des hommes pour l'habiter et pour aller par elle à leur Créateur.
Et avant que de les créer, le Très-Haut veut préparer et créer le nécessaire
pour cela et pour le temps qu'il leur devait accorder de vivre ; afin que par
tous les endroits ils se trouvent forcés d'obéir et d'aimer leur Créateur et
leur bienfaiteur, et qu'ils connaissent par ses ouvrages son admirable nom et
ses perfections infinies (3).
82. Moïse dit que la terre était vide (4), ce qu'il ne dit pas du ciel,
parce qu'en celui-ci Dieu créa les anges dans l'instant dont Moïse dit : Dieu
a dit : Que la lumière soit faite; et la lumière fut faite (5). Car il ne
parle pas seulement de la lumière matérielle, mais aussi des lumières
angéliques ou intellectuelles. Et il n'en fit pas une plus claire mention que
de les signifier sous ce nom, à cause du facile penchant que les Hébreux
avaient d'attribuer la divinité à des choses nouvelles et moins nobles que les
esprits angéliques. Mais la métaphore de la lumière fut fort juste et fort
propre pour nous signifier la nature angélique et pour nous faire mystiquement
entendre la lumière de la science et de la grâce dont ils furent éclairés en
leur création. Dieu créa, conjointement avec le ciel empyrée, la terre pour y
former l'enfer en son centre; car dans le même instant qu'elle fut créée, il se
trouva par la divine disposition au milieu dé ce globe des cavernes fort
profondes et spacieuses, capables de contenir l'enfer, les limbes et le
purgatoire. En même temps il fut créé dans l'enfer un feu matériel et toutes
les autres choses qui y servent à présent pour tourmenter les damnés. Le
Seigneur devait ensuite séparer la lumière des ténèbres et appeler la lumière
jour, et les ténèbres nuit (6); et cela n'arriva pas seulement entre la nuit et
le jour naturel, mais entre les bons et les mauvais anges; car il donna aux
bons la lumière éternelle de sa vision, et il l'appela jour, et jour éternel;
il appela les mauvais nuit du péché, et ils furent précipités dans les ténèbres
éternelles de l'enfer, afin que nous connussions tous combien furent unies la
libéralité miséricordieuse du Créateur et du Vivificateur dans la récompense,
et la justice du très-équitable Juge dans le châtiment.
(1) Gen., 1, 1-5. — (2) Ps. XVIII, 2. ― (3)
Rom., I, 20. — (4) Gen., I, 2. — (5) Ibid., 3.
― (6) Gen., I, 5.
83. Les anges furent créés en grâce dans le ciel empyrée, afin que par
son secours leur mérite précédât le prix de la gloire qui leur était préparée;
car, bien qu'ils fussent dans le lieu de gloire, la Divinité ne leur avait pas
été découverte face à face et avec une claire connaissance, jusqu'à ce que ceux
qui furent obéissants à la divine volonté l'eurent mérité par la grâce. Ainsi
ces bienheureux anges aussi bien que les autres apostats demeurèrent fort peu
dans cet état de passage; parce que leur création, leur état et leur terme
furent divisés en trois demeures ou en trois stations, et même par quelque
intervalle en trois instants. Dans le premier ils furent tous créés et ornés de
la grâce et de dons, se trouvant de très-belles et très-parfaites créatures. A
cet instant succéda une station, dans laquelle la volonté de leur Créateur leur
fut à tous proposée et intimée; il leur fut imposé une loi et un précepte d
opérer, de le reconnaître pour leur souverain Seigneur, et d'arriver à la fin
pour laquelle il les avait créés. Dans cette demeure ou intervalle, cette
fameuse bataille que saint Jean rapporte au chapitre 12 de l'Apocalypse, arriva
entre saint Michel et ses anges, avec le dragon et les siens; les bons anges
persévérant en la grâce méritèrent la félicité éternelle; et les désobéissants
se révoltant contre Dieu méritèrent les peines qu'ils souffrent.
84. Et bien qu'en cette seconde demeure le tout eût pu se passer fort
brièvement, selon la manière d'agir de la nature angélique et du pouvoir divin;
néanmoins il me fut découvert que la charité du Très-Haut le suspendit et leur
proposa par quelque intervalle le bien et le mal, la vérité et le mensonge, le
juste et l'injuste, sa grâce et la malice du péché, l'amitié et l'inimitié de
Dieu, la récompense et le châtiment éternels, la perte de Lucifer et de tous
ses adhérents; sa Majesté leur montra même l'enfer et ses tourments, tellement
qu'ils n'ignorèrent rien : car en leur nature si noble et si excellente, toutes
les choses créées et terminées se peuvent voir comme elles sont en elles-mêmes,
de sorte qu'ils virent, avant que de déchoir de la grâce, le lieu du châtiment.
Et bien qu'ils ne connussent pas de la même façon le prix de la gloire, ils en
eurent pourtant une autre connaissance, aussi bien que de la promesse manifeste
et expresse du Seigneur; de façon que le Très-Haut eut de quoi justifier sa
cause, et opérer selon sa souveraine justice et équité. Et parce que tant de
bonté et de justification ne suffirent pas pour retenir Lucifer et ses
sectateurs dans leur devoir, ils furent, comme des obstinés, châtiés et
précipités au profond des malheureuses cavernes infernales, et les bons furent
confirmés en grâce et dans la gloire éternelle. Tout cela arriva dans le
troisième instant, auquel il fut connu véritablement que Dieu seul était
impeccable par nature; puisque l'ange, qui en a une si excellente et qui la
reçut enrichie et ornée de tant de dons de science et de grâce, ne laissa pas
de pécher et de se perdre. Que deviendra, après cette fatale expérience, la
fragilité humaine, si le pouvoir divin ne la défend et si elle l'oblige de
l'abandonner ?
85. Il nous reste de savoir le motif que Lucifer et ses confédérés eurent
en leur péché (qui est ce que je cherche), et d'où naquit leur désobéissance et
leur chute. Sur quoi j'ai appris qu'ils purent commettre plusieurs péchés, secundum reatum (ou
dans cet intervalle que leur révolte dura, jusqu'à ce que Dieu prononça sa
sentence), bien qu'ils ne commirent pas les actes de tous; mais il leur
resta l'habitude de ceux qu'ils commirent par leur volonté dépravée, pour tous
les mauvais actes, en sollicitant les autres et approuvant le péché qu'ils ne
pouvaient opérer par eux-mêmes. Et suivant la mauvaise affection que Lucifer
eut alors, il tomba dans un amour très-déréglé de lui-même, qui lui vint de se
voir avec de plus grands dons de grâce et avec une plus excellente beauté de
nature que les autres anges inférieurs. Il â arrêta trop dans cette
connaissance, et la complaisance qu'il eut de lui-même le retarda et l'attiédit
en la reconnaissance qu'il devait à Dieu, comme l'unique cause de tout ce qu'il
avait reçu. Et se contemplant dans ses propres, ingrates et réitérées
réflexions, il eut une nouvelle et criminelle complaisance pour sa beauté et
pour ses grâces; il se les attribua et les aima comme siennes; et cette
affection propre et désordonnée ne le fit pas seulement se révolter avec ce
qu'il avait reçu d'une vertu supérieure; mais elle l'obligea aussi d'envier et
de désirer les autres dons et les excellences qu'il n'avait pas. Et parce qu'il
ne put les obtenir, il conçut une indignation et une haine implacable contre
Dieu qui l'avait tiré du néant, et contre toutes ses créatures.
86. De là la désobéissance, la présomption, l'injustice, l'infidélité,
le blasphème, et presque quelque espèce d'idolâtrie prirent leur origine, car
cet ingrat désira pour soi l'adoration et l'honneur qu'on doit à Dieu. Il
blasphéma contre sa divine grandeur et contre sa sainteté; il manqua à la foi
et à la fidélité qu'il lui devait; il prétendit de détruire toutes les
créatures, et il présuma de venir à bout de tout cela et de plusieurs autres
choses. Ainsi son orgueil croit et persévère toujours (7), bien que sa témérité
soit plus grande que son pouvoir (8), parce qu'il ne peut croître en celui-ci;
et dans le péché un abîme en attire un autre (9). Lucifer fut le premier ange
qui pécha, comme il contre par le chapitre 14 d'Isaïe; et celui-ci persuada les
autres de le suivre, et c'est de là qu'on l'appelle prince des démons : ce
n'est pas par sa nature qu'il reçoit ce titre, car elle ne pouvait pas le lui
procurer; mais par son péché. Et les malheureux révoltés ne furent pas
seulement d'un ordre ou hiérarchie, mais de chacune il y en eut plusieurs qui
furent précipités.
87. Pour déclarer comme il m'a été manifesté quel honneur et quelle
excellence Lucifer désira et envia par son orgueil, je dirai que, comme
l'équité, le poids et la mesure se trouvent dans les œuvres de Dieu (10), sa
providence détermina avant que les anges pussent tendre à des fins diverses, de
leur manifester immédiatement après leur création la fin pour laquelle il les
avait créés, avec une nature si relevée et si parfaite. Et cette illustration
leur arriva de cette manière : ils eurent premièrement une très-claire connaissance
de l'être de Dieu, un en substance et trois en personnes, et ils reçurent
commandement de l'adorer et de l'honorer comme leur Créateur et leur souverain
Seigneur, infini en son être et en ses attributs. Ils se soumirent et obéirent
tous à ce précepte, mais avec quelque distinction; car les bons anges obéirent
par amour et par justice, se soumettant d'une volonté affectueuse, admettant et
croyant ce qui était au-dessus de leurs forces, et y obéissant avec joie. Mais
Lucifer ne s'y soumit que parce qu'il crut le contraire impossible. Il ne le
fit pas avec une parfaite charité, parce qu'il partagea sa volonté entre
lui-même et la vérité infaillible du Seigneur; et cela lui rendit ce précepte
en quelque façon violent et difficile, et fit qu'il ne l'accomplit pas avec une
affection pleine d'amour et de justice; ainsi il se disposa à n'y pas
persévérer. Et bien que cette lâcheté qu'il eut à opérer ces premiers actes
avec difficulté, ne le privassent pas de la grâce, sa mauvaise disposition
commença pourtant de là; car sa vertu et son esprit en furent ralentis et
affaiblis, sa beauté même perdit de son éclat; et je crois que l'effet que
cette lâcheté et cette difficulté causèrent en Lucifer, fut semblable à celui
que le péché véniel délibéré cause en l'âme; mais je n'assure pas qu'il pécha
alors mortellement ni véniellement, parce qu'il accomplit le commandement de
Dieu; mais cet accomplissement fut lâche et imparfait, et la force de la raison
y eut plus de part que l'amour et que l'inclination volontaire d'obéir, et
c'est ce qui le disposa à tomber.
(7) Ps., LXXIII, 23. — (8) Isa., XVI, 6. — (9)
Ps., XLI, 8. — (10) Sap.,
XI, 21.
88. En second lieu, Dieu leur manifesta qu'il devait créer une nature
humaine et des créatures raisonnables et inférieures, afin quelles l'aimassent,
le craignissent et l'honorassent, comme leur auteur et leur bien éternel; qu'il
devait favoriser beaucoup cette nature; que la seconde personne de la
très-sainte Trinité devait s'incarner, se faire homme, et élever la nature
humaine à l'union hypostatique et à la personne divine; qu'ils devaient
reconnaître, honorer et adorer ce suppôt, Homme-Dieu, non-seulement en tant que
Dieu, mais conjointement en tant qu'homme, et que les mêmes anges devaient être
ses inférieurs et ses serviteurs en grâces et en dignité. Il leur fit connaître
la convenance, l'équité, la justice et la raison qu'il y avait en cela;
d'autant que l'acceptation des mérites prévus de cet Homme-Dieu leur avait
mérité la grâce qu'ils possédaient et la gloire qui ils possèderaient; il leur
fit aussi connaître qu'ils avaient été créés, et que toutes les autres
créatures le seraient pour sa même gloire, parce qu'il devait être supérieur à
toutes; et que celles qui seraient capables de connaître Dieu et de jouir de
lui, devaient être son peuple et les membres de ce chef, pour le reconnaître et
l'honorer. Et ils reçurent ensuite un commandement de se soumettre à tout cela.
89. Tous les bons anges se soumirent à ce précepte, y donnèrent leur
consentement et y applaudirent avec une humble et amoureuse affection de toute
leur volonté. Mais Lucifer y résista par son orgueil et par son envie, et
provoqua ses adhérents à faire de même; ce qu'ils firent en effet en le suivant
par cette désobéissance au divin commandement. Ce mauvais prince leur persuada
qu'il serait leur chef, et qu'ils auraient une principauté indépendante et
séparée de Jésus-Christ : l'envie et l'orgueil ayant bien pu causer un tel
aveuglément en un ange et une affection si désordonnée, qu'elle a été cause que
la contagion du péché s'est communiquée à tant d'autres.
90.
Ici se donna cette grande bataille que saint Jean dit s'être donnée dans le
ciel (11). Car les anges obéissants, animés d'un ardent zèle de défendre la
gloire du Très-Haut et l'honneur du Verbe humanisé prévu, demandèrent licence
et comme l'agrément du Seigneur pour résister et contredire au dragon; et cette
permission leur fut accordée. Mais il arriva ici un autre mystère; parce que,
quand il fut proposé à tous les anges qu'ils devaient obéir su Verbe incarné,
il leur fut fait un troisième commandement de recevoir conjointement une femme
pour supérieure, dans le sein de laquelle le Fils unique du Père prendrait
chair humaine; il leur fut dit que cette femme devait être leur Reine et la
Maîtresse de toutes les créatures humaines, et qu'elle devait être distinguée
au-dessus de toutes les créatures angéliques et humaines, et les surpasser en
dons de grâce et de gloire. Les bons anges, en obéissant à ce précepte du
Seigneur, augmentèrent leur humilité, et avec elle ils le reçurent, et louèrent
le pouvoir et les mystères du Très-Haut. Mais l'orgueil et la présomption de
Lucifer et de ses confédérés s'augmentèrent par ce mystérieux précepte; et il
désira pour soi avec une fureur effrénée l'honneur d'être le chef de tout le
genre humain et de tous les ordres angéliques, et que si cela devait
s'accomplir par le moyen de l'union
hypostatique, ce fût avec lui.
(11) Apoc., XII.
91. Il résista avec d'horribles blasphèmes sur ce qu'il devait être
inférieur à la Mère du Verbe incarné et notre Reine; se tournant avec une
effrénée indignation contre l'auteur de ces merveilles, et provoquant les
autres, ce dragon leur dit ; « Ces préceptes sont injustes et injurieux à ma
grandeur; et s'adressant à Dieu, il ajouta : « Je persécuterai et détruirai, Seigneur,
cette nature que vous regardez avec tant d'amour, et à qui vous destinez de si
grandes faveurs; j'emploierai pour cela tout mon pouvoir et tous mes soins, et
j'abattrai cette femme Mère du Verbe de l'état honorable que vous lui
promettez, et je renverserai vos desseins. »
92. Cette superbe présomption irrita si fort le Seigneur, qu'en
humiliant Lucifer, il lui dit ; « Cette femme que tu n'as pas voulu honorer,
t'écrasera la tête (12), et tu seras par elle vaincu et abattu. Et si par ton
orgueil la mort entre su monde (13), par l'humilité de cette femme, la vie et
le salut des mortels y entreront; et je tirerai de la nature, et de l'espèce du
Fils et de la Mère, ceux qui doivent jouir des récompenses et des couronnes que
tu as perdues, aussi bien que tes adhérents. » Le dragon ne répondait à
tout cela, et contre tout ce qui lui était déclaré de la divine volonté et de
ses décrets, qu'avec une superbe et téméraire indignation, en menaçant tout le
genre humain. Et les bons anges connurent le juste courroux du Très-Haut contre
Lucifer et contre les autres apostats; et ils combattaient contre eux avec les
armes de l'entendement, de la raison et de la vérité.
(12) Gen.,
III, 15. — (13) Sap., II, 24.
93. Le Tout Puissant opéra ici un autre merveilleux mystère; car, après
avoir manifesté par intelligence à tous les anges le grand ouvrage de l'union
hypostatique, il leur montra la très-sainte Vierge en un signe ou espèce, à la
manière de nos visions imaginaires, selon notre façon de concevoir. Ainsi il
leur fit connaître et leur représenta la pure nature humaine en une femme
très-parfaite, en laquelle le puissant bras du Très-Haut devait être plus
admirable qu'en tout le reste des créatures, parce qu'il déposait en elle les
grâces et les dons de sa droite en un degré supérieur et éminent. Ce signe de
la Reine du ciel et Mère da Verbe humanisé, fut manifesté à tous les anges,
bons et mauvais. Les bons furent ravis d'admiration à sa vue et lui donnèrent
des cantiques de louanges, et dès lors ils commencèrent à défendre l’honneur de
Dieu humanisé et de sa très-sainte Mère, armés par cet ardent zèle et par le
bouclier impénétrable de ce signe. Au contraire, le dragon et ses alliés
conçurent une fureur et une rage implacable contre Jésus-Christ et sa
très-sainte Mère; de sorte qui il arriva tout ce qui est contenu au chapitre 12
de l'Apocalypse, dont je mettrai la déclaration comme elle m'a été communiquée,
en celui qui suit.
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