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Lamentable
spectacle : principes modernes
LES
JUIFS, NOS MAITRES !
DOCUMENTS ET
DEVELOPPEMENTS
NOUVEAUX
SUR
PAR
L'ABBÉ E.-A. CHABAUTY
CHANOINE HONORAIRE
D'ANGOULÊME ET DE POITIERS
PARIS, 1882
Paris, Société Générale
de Librairie Catholique, Victor Palmé,
Directeur Général, 76,
rue des Saints-Pères.
Genève, Henry Trembley,
Directeur de
Suisse, 4, rue
Corraterie.
Bruxelles, J. Albanel,
Directeur de
Sur internet : http://www.nostra-aetate.org/Bibliotheque/1882_Abbe-Chabauty_Les-Juifs-nos-maitres.pdf
Extraits à retenir par les mots-clefs
suivants : Les
chrétiens de ce temps-là ; …égorgèrent deux victimes chrétiennes ; Crémieux ; Les
chefs d’Israël ; Les Modernisés ; crimes tamuldiques ; L’organisation ; Revenir en Palestine ; l’Antéchrist ; le Talmud la
quintessence ;
Nicolas
Donin (sur le Talmud) ; Le meilleur des
chrétiens, tue-le ; Talmud (extraits) ; la valeur morale des
talmudistes ; histoire souterraine ; la réalisation des principes modernes ; la ruine presque
complète des Etats chrétiens ; détruire l’idée chrétienne ; presque plus de prêtres et de fidèles ; code sacré des juifs.
P R É F A C E
Le livre Francs-Maçons
et Juifs a reçu du public un accueil que l'auteur était loin d'espérer.
Son unique but avait été d'attirer l'attention et de provoquer l'examen des
hommes compétents sur deux idées en particulier qui lui
paraissaient d'une grande importance et d'une saisissante actualité. L'une
dépendait de l'exégèse sacrée ; l'autre appartenait à l'histoire contemporaine.
Malgré la légèreté d'esprit que l'on reproche à notre siècle, il s'est trouvé nombre
de lecteurs que n'a pas effrayé l'épaisseur de ce volume, et qui n'ont point
été découragés par les longs développements et les preuves multiples de ces
deux idées. Naturellement tout n'a pas été admis sans conteste. La critique a
ses droits légitimes, même vis-à-vis des œuvres qu'elle approuva le plus dans
leur ensemble (1).
(1)
L'auteur a reçu de nombreuses lettres de félicitations, notamment de
Nosseigneurs les Evêques de Grenoble, d'Angoulême de Tuile, de Poitiers et
d'Anthédon ; de Messieurs les Vicaires Généraux de Bordeaux et de Quimper, et de beaucoup
d'ecclésiastiques et de laïques de distinction.
Je n'ai point à relever ici les objections qui ont été
formulées contre la partie scripturale de l'ouvrage ; je le ferai plus tard
ailleurs. Je m'occuperai seulement de répondre aux observations présentées sur
un des points historiques le plus important : l’action du Juif dans
Mon vénérable critique
n'est pas seul de son avis. Plusieurs de mes lecteurs ont également répugné à «
imputer aux Juifs toutes les horreurs de
Je conclus de là que je
n'ai pas su exprimer assez nettement, dans mon livre, ma véritable pensée.
L'idée- d'attribuer à
la nation juive entière, à tous et à chacun des
Juifs, en général comme en particulier, les projets terribles et les actes
abominables de
1° Le peuple juif a
traversé les nations et les siècles, en étant continuellement dirigé et
gouverné par une succession non interrompue de chefs suprêmes.
2° Ces chefs, que
j'appelle les Princes de Juda ou d'Israël, ont toujours caressé l'espoir de
retourner dans
(1) Bibliographie
Catholique, Revue
critique, etc., septembre 1881, Justin Fèvre.
3° De tout temps, et
plus ou moins selon les circonstances, les Princes d'Israël ont tenté, mais
sans réussite, de parvenir à ce double résultat. L'ébranlement causé dans la
société chrétienne par le Protestantisme et par
4° Par suite, les Juifs,
sous la direction occulte de leurs chefs, ont pu pénétrer de toutes parts dans
cette société chrétienne qui les avait repoussés si sagement pendant le Moyen
Âge. Ils y sont entrés tout à la fois d'une manière cachée, dans le XVIIIe
siècle, en s'affiliant aux diverses sociétés secrètes existantes et en en
fondant eux-mêmes de nouvelles, et d'une manière ouverte, soit par de
nombreuses conversions au Protestantisme, soit en obtenant dans la plupart des
pays civilisés l'émancipation politique et les droits de citoyens.
5° Par
leur or, leur habileté, leur persévérance, les Princes Juifs sont arrivés à
s'emparer de toutes les sociétés secrètes. Ils en sont devenus les suprêmes et
uniques directeurs. Ils les tiennent entre leurs mains depuis qu'ils les ont
unifiées et rattachées toutes, par des liens plus ou moins secrets, à
6° Eux SEULS étaient aptes à opérer cette unification universelle
des ennemis de Jésus-Christ et de son Eglise, parce que, d'abord, plus que tout
autre peuple, ils sont sous la domination de Satan à cause de leur déicide qui
est pour eux comme un second péché originel; parce que, ensuite, de tout temps,
et dès l'origine du Christianisme, ils avaient pied, par
7° C'est au moyen de ce
formidable engin de destruction, que j'ai nommé la « Maçonnerie judaïque »,
qu'ils veulent faire disparaître tous les obstacles à leurs séculaires
desseins, à savoir : les idées, les institutions et les nations chrétiennes.
Leur infernal travail est grandement avancé. Plus que jamais ils espèrent le
mener à fin, et devenir les uniques maîtres du monde.
Voilà les choses que j'ai exposées
et assez prouvées, il me semble, pour qu'elles attirent l'attention et
obtiennent un sérieux examen. Je conviens sans peine que « le Juif athée,
franc-maçon, nihiliste en matière de culte, rationaliste en matière
de doctrine, n'est plus un Juif, enfant de Moïse ». Tous ces Juifs-là,
extérieurement affublés d'un nom ou d'un autre, ne sont même plus des Juifs du
Talmud ; mais ils sont toujours Juifs de cœur non moins que de sang. Comme
tels, ils sont soumis, plus ou moins immédiatement, à leurs Princes, et ils
conservent toujours, sinon par sentiment religieux, du moins par orgueil de
race et de nation, le désir du rétablissement de leur patrie et le rêve de la
domination universelle. Soyons sûrs que tous, sous quelques bannières qu'ils
soient enrôlés et de quelques titres qu'ils se targuent, serviront, à leur
manière, et de leur mieux, les intérêts de leur peuple et les projets des chefs
d'Israël.
Maintenant que certaines
individualités juives plus ardentes et plus audacieuses, en nombre
restreint, trempent seules directement dans les horreurs des hauts
grades maçonniques, de l'Internationale et du Nihilisme, j'en conviens sans
peine. Que les trois quarts des Juifs de tout pays ignorent absolument les
manœuvres que l'on combine, les procédés dont on se sert et les instruments que
met en jeu la politique mystérieuse et satanique des Princes de leur nation,
pour atteindre le but cher à tous, j'en suis tout à fait persuadé. Que, depuis
une cinquantaine d'années, beaucoup de Juifs se convertissent, individuellement
et sincèrement, au Catholicisme, c'est une chose certaine, grâce à Dieu, et
dont je ressens la plus grande joie. Mais tout cela ne prouve rien contre ma
thèse et passe complètement à côté. Tout cela n'empêche pas que les Princes
Juifs ne puissent être, et ne soient réellement, à la tête de
Par les documents et les
développements nouveaux que je vais mettre sous les yeux de mes lecteurs,
j'espère éclaircir davantage tous ces points, confirmer amplement la thèse de Francs-Maçons
et Juifs, et justifier le titre principal donné à ce nouveau livre : les
Juifs, nos maîtres !
En la fête du Patronage de saint Joseph,
30 Avril 1882,
Abbé E.-A. CHABAUTY, Chanoine Honoraire.
LES JUIFS, NOS MAÎTRES !
DOCUMENTS ET
DÉVELOPPEMENTS
NOUVEAUX SUR
Les idées exposées dans
l'ouvrage Francs-Maçons et Juifs n'étaient point des rêveries
singulières qui hantaient l'imagination seule de l'auteur.
A l'époque où ce livre
paraissait à Paris, des propositions, toutes semblables à celles qu'il
contient, étaient émises et défendues, à Rome, dans une série d'articles
remarquables, par un journal de grande autorité,
(1) Le livre Francs-Maçons
et Juifs a paru chez Palmé, à Paris, en décembre 18^0, sous le pseudonyme
C. C. de Saint-André. Les articles de
Ce sont mes propres thèses, presque
dans les mêmes termes.
Ce point d'histoire
contemporaine a une très haute importance. Il est évident, si nous avons
raison, que là est le grand danger, à l'heure actuelle, pour l'Eglise
catholique et la société chrétienne en général, et probablement pour
C'est donc un devoir
impérieux de donner le plus de publicité possible aux documents connus déjà, ou
ignorés jusqu'ici, qui ont rapport à ce grave sujet, et dont le rapprochement
et la comparaison peuvent contribuer à faire la pleine lumière sur cette
question politique, sociale et religieuse à la fois.
Parmi ces pièces
historiques, à peu près inconnues avant ces dernières années, se trouvant deux
lettres juives, datées du quinzième siècle, qui méritent, à mon
avis, la plus sérieuse attention.
Elles
ont été remises au jour par l’Armana
prouvençau de 1880 (1), par
(1) Publication annuelle
de l'association de plus en plus célèbre des Félibriges, les nouveaux poètes
provençaux, et sur laquelle, en 1881,
(2) La création de cette
revue date de 1880. Elle a été fondée sous le patronage de M. le baron James de
Rothschild, qui a réuni à Paris, le 10 novembre 1871, un certain nombre de
jeunes gens israélites pour fonder une société des études juives. Le but
annoncé, c'est le développement de l'amour et de la culture des lettres et des
sciences chez la jeunesse israélite ; le but véritable c'est, comme en tout ce
que font les juifs, l'avancement et le triomphe des idées et des desseins des
chefs de la nation. L'esprit général de
Je me suis proposé
d'étudier ces anciens textes avec un soin particulier.
Après les avoir cités,
traduits et expliqués dans un premier chapitre, puis démontrés
authentiques dans un second, je ferai ressortir et je développerai, dans
un troisième, à l'aide d'autres documents secondaires plus connus, les
conséquences qui, découlant des uns et des autres, complètent et confirment les
assertions du livre Francs-Maçons et Juifs.
(3) Le Courrier de
CHAPITRE PREMIER
TEXTES ET TRADUCTIONS
DES DEUX LETTRES JUIVES
DU XVe
SIÈCLE.
Ce vieux document a été imprimé, pour la
première fois dans un livre français, par l'abbé Bouis, prêtre d'Arles. Son ouvrage
porte ce titre en majuscules, au milieu d'un frontispice illustré :
A la page suivante, le titre
est répété avec quelques modifications; entre autres celles-ci : par J. M.
Bovis, prestre, 1641, in-4° (1).
On sait
que, dans la seconde moitié du XVe siècle, les juifs furent chassés
de la plupart des royaumes d'Europe, en particulier de
(1) Le Dictionnaire
biographique de Michaut qualifie ce livre de « rare ». Le Bristich Muséum
ne le possède pas. Il existe à
Extrait de
« Les consuls d'Arles
entendant les plaintes que tous les habitants faisaient contre les perfides
juifs, a qui habitaient dans la ville, à cause des usures qu'ils
commettaient... Aussi dans Arles, le peuple s'était si fort ému qu'on eut
beaucoup de la peine d'éviter que tous les juifs ne fussent jetés dans le Rhône
; de quoi le roy Charles averti, et désirant de capter toujours mieux le cœur
des habitants d'Arles, chassa par son édit cette maudite race de la ville et de
son terroir, l'an 1493. »
« Deux ans auparavant,
les juifs se voyant grandement haïs en France et que le roy Louis XI les avait
chassés de son royaume avant qu'il fût comte de Provence, et qu'ils étaient
menacés du même exil, écrivirent une lettre aux juifs de Constantinople leur
demandant conseil de ce qu'ils avaient à faire. La copie de cette lettre a été
fidèlement tirée sur une vieille copie des archives d'une des plus fameuses
abbayes de Provence; laquelle j'ai trouvé à propos d'insérer dans ce discours,
à cause de la curiosité. »
(2) Pour la plus grande
commodité du lecteur, je modifie la vieille orthographe de Bouis, tout en
reproduisant exactement son texte.
« Lettre des juifs
d'Arles envoyée aux juifs de Constantinople. »
« Honorables Juzious, salut
et graci. Devez saber que lou Rey de Franzo que a de nouveau agut lou
païs de
Chamorré Rabbin des
Juzious d'Arlé, le 13 de Sabath 1489.
« Ceux de Constantinople
firent tôt réponse; mais ce ne fut pas en langue hébraïque ni provençale, mais
en espagnol, car ce langage était fort bien entendu en ce temps, vu que le roy
René et ses devanciers étaient comtes de Barcelone voisins des Espagnols (1);
laquelle trouvée en suite de l'autre, j'ai insérée à son langage naturel.»
(1) « L'explication
que Bouis essaie de donner de l'emploi de l’espagnol est peu exacte. La lettre
de Constantinople l'espagnol est peu exacte. La lettre de Constantinople est
écrite en espagnol tout simplement parce que l'espagnol était la langue
maternelle des juifs de Constantinople, comme la lettre des juifs d'Arles était
écrite en provençal, parce que le provençal était la langue maternelle des
juifs de Provence. L'espagnol du XVe et du XVIe siècle
est encore aujourd'hui le ce langage courant des juifs sur le littoral oriental
de
«
Réponse des juifs de Constantinople à ceux d'Arles et de Provence. »
« Amados hermanos en
Moisen, vestra carta ricebimos en la quai nos significais les habaijos et
infortunios que padecer; de las quales il sentimiento nos a cabido en tanta
parte como a vos ostros; il parecer delos grandez Satrapas y rabinos es lo
sequienté :
« A lo que dezis
que il Rey de Francia os haze boluer Christianos : que lo hagais, pues no
podeis otro; mais que se tiene la lei de Moisen el curazon ;
« A la que dezis que os
mandan quitar vuestras haziendos : hazeds vuestros hijos mercaderos, paraque, a
poco a poco, les quiten las suias ;
« A lo que dezis que
os quitan las vidas ; hazeds vuestros hijos medicos y apotecarios, paraque las
quiten las suias;
« A lo que dezis que os
destruien vuestras sinagogas : hazeds vuestros hijoscanonicosy clerigos, para
quie les destruien sus templos ;
« A lo que dezis que hos
hazen otros vexationes : procurais que vuestros hijos sean abogados, y
notarios, y que semper intienda en negotios de Republicas : parague subjugando
los chrestianos, ganeis « tierra, y os podais vengar delos. »
« Non salgais destra orden
que os damos, por que per experiencia verreis que de abatidos verneis sertenido
en algo. »
« V.S.S.V.F.F.
Principe de los judeos de Constantinopola, lo XXI de Gasleu, 1489. »
« J'ai trouvé à propos
de traduire cette réponse à notre langage français, pour mieux donner à
connaître la malice de cette nation » (1).
Il est nécessaire de
faire quelques observations sur le texte de ces deux lettres avant de les
traduire.
Entre le texte provençal
de la première lettre, imprimé par Bouis, et celui qu'a reproduit l’Armana
pronvençau de 1880, il y a de légères différences d'ortbographe qui sont
entièrement indifférentes pour le sens. Ainsi l’Armana met un s là
où Bouis a un z ; le premier écrit : Marselho, proun, ren où le
second dit : Marzeillo, pron, ten (2).
(1)
(2) L’Armana
prouvençau commence ainsi son article : « En furetant dans les
archives d’Arles, nous avons trouvé une vieille paperasse fort
curieuse ; c'est une lettre écrite en 1489 par les juifs, etc. » A ce début, on
serait tenté de croire que l'auteur de l'article a mis la main sur le vieux manuscrit lu et copié autrefois
par l'abbé Bouis. Mais, après avoir donné la traduction seulement de la seconde
lettre, il met cette note : Extrait de
Je
citerai bientôt un texte espagnol de cette première lettre qui offre des
variantes plus considérables.
La seconde lettre, en
langue espagnole, transcrite par Bouis, renferme des fautes d'orthographe et
d'impression en plusieurs endroits. Inutile de relever les fautes d'orthographe.
Comme faute d'impression, j'indique les endroits suivants : « para que les destruien
sus templos, pour destruian los templos ; — intienda pour intiendana;
— verneis pour venireis... etc.
Voici la traduction de
ces deux lettres, aussi littérale que possible. Je souligne les passages
importants.
I. « Lettre des
juifs d'Arles à ceux de Constantinople. »
« Honorables juifs,
salut et grâce. Vous devez savoir que le roi de France, qui est de
nouveau maître du pays de
II. « Réponse des
juifs de Constantinople à ceux d'Arles et de Provence. »
« Bien-aimés frères en
Moïse, nous avons reçu votre a lettre dans laquelle vous nous faites connaître
les « anxiétés et les infortunes que vous endurez. Nous en « avons été pénétrés
d'une aussi grande peine que vous mêmes.
« L'avis des
grands Satrapes et Rabbins est le suivant :
« — A ce que vous
dites que le roi de France vous oblige à vous faire chrétiens : faites-le,
puisque vous ne pouvez faire autrement ; mais que la loi de Moïse se
conserve en votre cœur.
« — A ce que vous
dites qu'on commande de vous dépouiller de vos biens : faites vos enfant
marchands, afin que, peu à peu, ils dépouillent les chrétiens des leurs.
« — A ce que vous
dites qu'on attente à vos vies : faites vos enfants médecins et apothicaires,
après qu’ils ôtent aux chrétiens leurs vies.
« — A ce que vous
dites qu'ils détruisent vos synagogues : faites vos enfants chanoines et
clercs, afin qu’ils détruisent leurs églises.
« — A ce que vous dites
qu'on vous fait bien d'autres vexations : faites en sorte que vos enfants
soient avocats et notaires, et que toujours ils se mêlent des affaires des
Etats, afin que, en mettant les chrétiens sous votre joug, vous dominiez le
monde et vous puissiez vous venger d'eux.
« Ne vous écartez pas de
cet ordre que nous vous donnons, parce que vous verrez par expérience
que, d'abaissés que vous êtes, vous arriverez au faîte de la
puissance. »
« V. S. S. V, F.
F., prince des juifs de Constantinople, le 21 de Casleu, 1489. »
Cette seconde lettre
est ainsi traduite par l'abbé Bouis.
Je rectifie sa vieille
orthographe, et je désigne, en les soulignant, les passages de sa version où il
s'éloigne de la mienne, et qui sont plus ou moins fautifs.
« Bien-aimés frères
en Moïse, nous avons reçu votre lettre par laquelle vous nous signifiez les
traverses et infortunes que pâtissez (Le ressentiment desquelles nous a autant
touchés qu'à vous autres). Mais l'avis des plus grands Rabbins et Satrapes
de notre loi est tel que s'en suit :
« Vous dites que le roi
de France veut que vous soyez chrétiens : faites-le, puisque autrement ne
pouvez faire; mais gardez toujours la souvenance de Moïse dans le cœur.
« Vous dites qu'on veut
prendre vos biens : faites vos enfants marchands, et, par le moyen du
trafic, vous aurez peu à peu tout le leur.
« Vous vous plaignez
qu'ils attentent contre vos vies : faites vos enfants médecins et apothicaires,
qui leur feront perdre la leur, sans crainte de punition.
« A ce que dites qu'ils détruisent vos
synagogues : tachez que vos enfants viennent chanoines et clercs, parce qu'ils
ruineront leur église.
« Et ce que dites que
supportez des grandes vexations, faites vos enfants avocats, notaires et
gens qui soient d'ordinaire occupés aux affaires publiques, et par ce moyen
vous dominerez les chrétiens, gagnerez leurs terres et vous vengerez
d’eux.
« Ne vous écartez point
de l'ordre que nous vous donnons; car vous verrez par expérience que,
d'abaissés que vous êtes, vous serez grandement élevés. »
Les fautes de cette
traduction de Bouis sont faciles à voir. Toutefois il ne sera pas sans utilité
de les faire ressortir, afin que le lecteur se pénètre mieux de la véritable
signification de ce vieux texte.
I° « Mais l'avis des
plus grands Rabbins et Satrapes de notre loi. »
Ce passage présente une interversion
des mots du texte et une addition qui dénaturent le sens et la
portée de l'original plus qu'il ne semblerait au premier abord. Dans le texte,
il n'y a point « de notre loi ». ni « des plus », mais seulement : «
l'avis des grands Satrapes et Rabbins », « il parecer de los grandez
Satrapas y Rabinos... » Bouis n'a pas compris qu'il s'agissait ici des grands
chefs juifs, assesseurs et conseillers politiques et religieux du prince de
la nation, et de « l'avis » délibéré entre eux. Il a cru à une
consultation purement religieuse des rabbins les plus doctes; c'est pourquoi il
a mis « Rabbins » avant « Satrapes », et il a ajouté « de notre
loi ».
2° « Mais gardez
toujours la souvenance de Moïse dans le cœur. » La « souvenance »
n'exprime pas la force du texte qui porte « la loi ».
3° « Par le
moyen du trafic » et « sans crainte de punition » sont des
explications qui complètent légitimement la pensée du texte, mais qui ne lui
appartiennent pas.
4° « Faites vos enfants
avocats, notaires et gens qui soient d'ordinaire occupés aux affaires
publiques. »
Cette traduction fait
disparaître toute l'énergie du texte :
« Procurais que vuestros
hijos sean abogados, y notarios, y que semper intiendan en negotios de
Republicas. » L'explication grammaticale va le démontrer clairement.
« Procurais », faites en sorte, ayez
soin. Ce verbe principal de la phrase a pour complément deux incidentes
qui commencent par que : la première : « que vuestros hijos sean
abogados y notarios ». que vos enfants soient avocats et notaires : la
seconde : y que semper intiendan en negotios de Republicas », et que toujours
ils se mêlent des affaires des Etats. Le sens véritable de ce passage est donc
celui-ci : faites en sorte que vos enfant soient avocats, etc., et faites en
sorte, de plus, qu'ils se mêlent toujours, etc…
« Semper » n'a jamais signifié «
d'ordinaire ».
« Intiendan, (pour
entiendan) du verbe « entender », veut dire soient occupés de, s'adonnent à, administrent,
etc. : car le dictionnaire de l'Académie espagnole traduit le verbe « entender
» suivi de la préposition en, de cette manière : « entender en
alguna cosa, occuparse en ella, tractare, agere ». Par conséquent, «
entender en negotios » doit se traduire par s'occuper, se mêler des affaires,
s'adonner aux affaires, administrer les affaires.
« De Republicas », mot à mot « des
Républiques », dans le sens du latin, c’est-à-dire de la chose publique, de
l'Etat, du gouvernement. Dans le texte ce mot porte la majuscule, Republicas.
La pensée du prince juif
est donc grandement affaiblie, pour ne pas dire dénaturée, par la traduction de
Rouis. Elle est claire et énergique dans le texte original : faites tout ce que
vous pourrez afin que vos enfants deviennent avocats et notaires, et afin que,
par le moyen de ces fonctions, ils puissent s'appliquer sans cesse à mettre la
main sur l'administration, sur la direction des affaires publiques, des
affaires des Etats.
5° « Et par ce
moyen vous dominerez les chrétiens et vous gagnerez leurs terres. »
Ici il y a contre-sens
formel. Le texte porte : « Paraque, subjugando los chrestianos. ganeis tierra
». Ce qui signifie mot à mot : paraque, afin que ; subjugando
los chrestianos, en subjuguant les chrétiens, en les mettant ainsi sous
votre joug (ce qui arrivera quand, par le moyen de leurs fonctions d'avocats et
de notaires, vos enfants se seront emparés de l'administration des affaires
publiques, de la direction des Etats), ganeis tierra, vous (juifs)
dominiez la terre, c'est-à-dire le monde. Le texte ne dit pas tierras au
pluriel, mais tierra au singulier. Traduire « leurs terres » est
donc un contre-sens ; d'autre part, « ganeis » n'a pas uniquement le sens de «
gagner », mais encore et surtout celui de conquérir, réduire sous sa puissance,
dompter, dominer.
6° «
D'abaissés que vous êtes, vous serez grandement élevés. »
Cette traduction est
exacte. L’Armana prouvençau rend ainsi cet endroit : « D'abeissa que
sias, vous sarés auboura mai que mai », d'abaissés que vous êtes, vous vous
serez élevés tant et plus. C'est bien le sens.
Cependant la phrase : « Vous
arriverez au faîte de la puissance », me semble mieux rendre la forme
figurée et la vigoureuse concision du texte espagnol, qui dit mot à mot : «
Vous arriverez à être tenus pour quelque chose », « en algo ». En espagnol, ce mot « algo »
a, parmi ses nombreuses significations, un sens particulier qui est une espèce
de litote. Il veut dire quelque chose dans le sens de beaucoup, de
tout. C'est de cette signification que vient l'expression proverbiale :
« algo, o nada». c'est-à-dire tout ou rien, ou encore,
comme traduit le dictionnaire de l'Académie : « aut Cœsar, aut nihil »,
ou le premier, ou rien. « Venireis ser tenido en algo » doit
donc se rendre littéralement par : vous arriverez à être tenus pour les
premiers, ou bien, pour tout : par conséquent vous arriverez au
faîte de la puissance (1).
(1) V. Diccionario de
la lengua castellana, par
Le texte de nos deux
lettres ne se rencontre pas uniquement dans le livre que l'abbé Bouis a mis au
jour au XVIIe siècle (1641). Elles ont été imprimées,
probablement pour la première fois, au XVIe siècle, dans un
ouvrage espagnol intitulé :
« Le compilateur a fait
précéder la première lettre, de cette note... : « Esta carta siguiente
fué ballada por el Ermitaño de Salamanca en los archivos de Toledo, buscando
las antiguëdades de los reinos de España (2). »
En français : « La
lettre suivante a été trouvée par le gardien de la bibliothèque de Salamanque
dans les archives de Tolède, en cherchant les antiquités du royaume d'Espagne.
»
Immédiatement après ces
lignes,
« Carta
de los judios de España a los de Constantinopola. Judios honrados, salud y
gracia. Sepades que el Rey de España, por pregon publico, nos hace
volver cristianos; y nos quitan las haciendas y las vidas, y nos destruien
nuestras sinagogas, y nos hacen otras vejaciones, las cuales nos tienen
confusos e inciertos de lo que hemos de hacer, por la ley de Moisen Os rogamos
y supplicamos tengais por bien de hacer ayuntamiento, y enviarnos con toda
brevedad la deliberacion que en ello hubieris hecho. »
« Chamorro,
principe de los judios de España. »
Ce qui veut dire : «
Honorés Juifs, salut et grâce. Vous savez que le roi d'Espagne, par
ordonnance publique, nous force à nous faire chrétiens. On nous enlève nos
biens et nos vies, et on détruit nos synagogues, et on nous fait bien d'autres
vexations ; ce qui nous rend anxieux et incertains de ce que nous devons faire
pour la loi de Moïse. Nous vous prions et nous vous supplions de vouloir bien
tenir conseil et de nous envoyer le plus tôt possible la délibération que vous
y aurez prise. »
« Chamor, prince
des juifs d'Espagne. »
(1)
(2) Voir, dans
En comparant ce texte
espagnol de notre première lettre avec le texte provençal copié par Bouis, on
se convainc promptement que l'un et l'autre sont, quant au sens général,
absolument identiques.
Par rapport aux
expressions, si nous retranchons certains passages ajoutés d'un côté comme de
l'autre, nous trouverons qu'elles sont presque semblables, ou bien qu'elles ne constituent
que de simples variantes. Ainsi le texte provençal renferme deux détails que
n'a pas le texte espagnol : « Que a de nouveau agut lou pais de
Ensuite le texte
provençal comme le texte espagnol finissent en demandant l'avis des juifs de
Constantinople, mais par deux phrases de termes différents ayant toutefois la
même signification. « Enviarnos... la délibération que... hubieris hecho »,
envoyez-nous la délibération, la résolution que vous aurez prise, dit
l'espagnol ; « Sagiamen non manda zo que deven fairé », mandez-nous
sagement ce que nous devons faire, dit le provençal.
C'est évidemment la même
chose.
Il faut encore noter
que, dans le texte provençal, ce sont les juifs d'Arles et de
Provence qui écrivent à ceux de Constantinople, et qui se plaignent du roi
de France et des Provençaux, et que Chamor, le signataire, est qualifié de Rabbin
des juifs d'Arles; tandis que, dans le texte espagnol, ce
sont les juifs d'Espagne qui écrivent à ceux de Constantinople, qui se
plaignent du roi d'Espagne et des Espagnols, et que Chamor y est appelé Prince
des juifs d’Espagne. Nous en expliquerons plus loin les raisons.
Ces différences mises à
part, les deux textes sont identiques, non seulement quant au sens, mais quant
aux expressions. Nous devons donc les regarder comme reproduisant, avec
quelques légères variantes, un même texte primitif.
La seconde lettre, la
réponse des juifs de Constantinople, suit la première dans
Cette seconde lettre,
nous affirme
Il est très important de
constater ce fait : la réponse des juifs de Constantinople est écrite en
espagnol, et elle est, de tous points, semblable dans les deux seuls
auteurs connus jusqu'à présent qui l'ont imprimée les premiers, l'un Navarrais,
au XVIe siècle, l'autre Français, au dix-septième.
Sauf cette unique
différence : dans Bouis, cette réponse est adressée aux juifs provençaux, et
dans Medrano, à ceux d'Espagne.
Notons encore ce détail
que nous fournit
CHAPITRE DEUXIÈME
AUTHENTICITÉ DES DEUX
LETTRES JUIVES DU XVe SIÈCLE
La première question qui
s'impose d'elle-même, après la lecture et l'étude de ces deux curieuses pièces,
est celle-ci : sont-elles bien authentiques ?... sont-elles réellement et des
auteurs et du temps que supposent les signatures et les dates ?
Plusieurs écrivains
nient cette authenticité. Nous l'affirmons expressément, parce que aucun des
systèmes imaginés pour soutenir la négative n'a de fondement sérieux, et parce
que ces lettres possèdent tous les caractères intrinsèques et extrinsèques qui
doivent nous les faire regarder comme authentiques
D'abord, il n'est pas
possible d'établir, avec quelque vraisemblance, ni à quelle époque, ni par quel
faussaire cette correspondance aurait été fabriquée.
I. Selon un premier
sentiment, l'abbé Bouis serait l'auteur de ces lettres. Mais cette opinion est
absolument insoutenable.
Car, dit fort justement M.
Arsène Darmesteter, dans
On ne saurait mieux
raisonner. De plus, si l'abbé Jean-Baptiste Bouis, du clergé d'Arles, n'est
point très recommandable comme historien, ni par le fond, ni par la forme de
son livre, son témoignage, quant au document en question, a toute la valeur et
toute l'autorité qu'il est impossible de refuser à un prêtre respectable,
affirmant formellement que la copie de ces pièces « a esté fidellement tirée
sur une vieille coppie des archives d'une des plus fameuses abbayes de Provence
». Le caractère sacerdotal de Bouis doit éloigner de lui tout soupçon de
mensonge, et surtout d'un mensonge absolument gratuit et inutile pour lui-même
et pour son œuvre.
Enfin, ce qui est tout à
fait péremptoire et clôt la discussion, c'est que les deux lettres existaient cinquante-huit
ans avant que Bouis ne les publiât. Nous venons de voir que l'Espagnol
Julien de Medrano les avait fait imprimer à Paris eu 1383.
Il est donc manifeste
que Bouis n'est point l'auteur de nos deux lettres juives.
II. Les
historiens espagnols D. Adolpho de Castro (2) et D. Amador de Los Bios (3), et
après eux le docteur allemand Kayserling (4), ont émis une seconde opinion. Ils
présentent ces lettres comme l'œuvre du cardinal Jean Martinez Guijarro, ou
Siliceo, archevêque de Tolède depuis jusqu'à 1557, qui les aurait fabriquées
pour lui servir d'armes contre les ecclésiastiques de Tolè, le favorables aux
juifs.
Ce prélat avait fait une
ordonnance, connue sous le nom de « Estatuto de limpieza », en vertu de
laquelle nul ne pouvait être admis au rang des chanoines, bénéficier et
prébendiers de l'église métropolitaine, sans avoir été « soumis aux
preuves de pureté de sang, requises jusqu'alors seulement pour l'entrée
dans les ordres militaires. En conséquence, on ne pouvait plus entrer dans
l'état ecclésiastique et recevoir la tonsure cléricale, ni être promu à aucune
dignité avant d'avoir établi clairement qu'on était de pur sang espagnol, et
qu'on ne descendait point d'une famille juive convertie. Ce « Statut »
eut beaucoup de retentissement à l'époque; il souleva de nombreuses
récriminations et de vives controverses tant de la part des juifs convertis et
de leurs amis et protecteurs que de celle des clercs qui appartenaient à la
race d'Israël.
Donc,
d'après les historiens cités plus haut, le cardinal Martinez Siliceo aurait fabriqué
cette correspondance juive, il en aurait mis en circulation de nombreuses
copies, et aurait affirmé qu'il en avait trouvé les originaux dans les
archives de son église de Tolède. Son but eût été de démontrer à tout le
monde la nécessité de son ordonnance. Assurément la preuve était triomphante :
« Vous blâmez cette
mesure, pouvait dire le cardinal, vous vous insurgez contre elle; mais voyez
donc combien elle est urgente dans l'intérêt de l'Eglise. Voici ce que les chefs
juifs ont écrit à leurs sujets d'Espagne avant qu'ils n'en soient chassés. Nous
ne pouvons donc pas nous fier à ceux des juifs qui se sont convertis, il y a
une soixantaine d'années, afin de rester parmi nous: ils n'étaient pas sincères.
Quand donc les enfants de ces familles se présenteront, soit pour entrer dans
le clergé, soit pour s'élever dans les dignités ecclésiastiques, si nous les
admettons, ce seront des traîtres que nous recevrons, tout préparés de longue
main et tout disposés, pour venger leurs pères, à déshonorer et à perdre
l'Eglise. »
Dans
(1) Revue des études
juives, n° 1, juillet-septembre 1880, p. 122.
(2)
Historia de los judios en España, Cadiz,
(3) Estudios
historicos, potiticos y literarios sobre los judios de España, 1848 ; et Historia
social, politica y religliosa de los judios de España y Portugal, 1875-1876.
(4) Sephardim, Romanische poesien der juden in Spanien,
Je ne connais aucunement
ces trois auteurs. Je n'ai point leurs ouvrages sous la main. Tout ce que j'en
dis, et tout ce que j'en cite, dans le présent paragraphe, je le tire de
l'article de M. Alfred Morel-Fatio. Revue
des études juives, n° 2, 1880, pages 301-304.
M. Morel-Fatio a
pleinement raison en ce point. Une supposition pareille, émise sans ombre de
preuve, n'est qu'une pure calomnie.
D'autant plus que
l'archevêque de Tolède n'avait absolument aucun besoin de commettre un faux pour
appuyer et justifier son ordonnance. Elle se tenait debout en vertu des lois
canoniques. Car aucun prélat ne peut être obligé d'admettre aux différents
degrés des ordres et des dignités ecclésiastiques, et encore moins à l'entrée
dans la cléricature, un sujet qu'il ne juge pas digne, ou bien que, sur de
justes motifs, il croit devoir être un jour nuisible à l'Eglise. Or, à toutes
les époques, la conversion forcée des juifs n'a jamais offert de
garanties de solidité, et 60 ans après l'expulsion du XVe siècle,
les enfants de ces juifs, violentés dans leurs croyances religieuses, ne
devaient point être d'assez purs et d'assez fermes chrétiens pour qu'on pût, en
sûreté de conscience, en faire d'utiles et honorables ministres des autels.
Cette seule raison appuyait canoniquement et justifiait complètement
l'ordonnance archiépiscopale (1).
Il était donc
entièrement inutile et sans intérêt aucun pour le cardinal de Tolède, tout
aussi bien que pour les partisans et défenseurs de son « Estatuto de
limpieza », d'inventer ces pièces, de les colporter, et de commettre les
énormes péchés de faux et de calomnie.
Donc, ni les uns ni les
autres ne peuvent être, et ne sont les auteurs de nos deux lettres juives.
III.
Une troisième hypothèse est faisable; « Est-ce, dit M. Arsène Darmesteter, un
faussaire chrétien qui aurait voulu exciter à la haine des juifs ?... Nous
ne saurions dire» (2).
Nous disons, nous,
nettement, que cette hypothèse n'est pas plus acceptable que les précédentes.
Sans doute, de prime abord, elle naît dans l'esprit à la lecture de ces lettres
; mais elle ne peut y demeurer et se faire accepter, parce qu'un examen, même
rapide et superficiel, suffit à démontrer qu'elle n'a aucune vraisemblance.
Ces lettres ne s'étant
trouvées jusqu'ici que dans des archives espagnoles et provençales du XVIe
et du XVIIe siècle, le faussaire supposé devra être un chrétien
inconnu de l'un ou de l'autre de ces deux siècles, vivant en Espagne ou en
France.
Mais,
pour
Serait-ce
un Espagnol du XVIe ? Pas plus, et par la même raison. Depuis
l'expulsion de
Ce chrétien, faussaire
par haine, n'a donc jamais existé.
IV. M. Morel-Fatio
propose à son tour un quatrième sentiment.
Il lui paraît que « les
érudits espagnols de Castro et de Los Rios, et après eux Kayserling, ont pris
trop au sérieux ces morceaux… »
Selon lui, ces deux
lettres sont « une fabrication espagnole du XVIe siècle », « un
pastiche agréablement tourné », « œuvre d'un Espagnol, vieux chrétien, ou
réputé tel, plus plaisant au fond que méchant » ; c'est donc « une plaisanterie
assez spirituelle d'un littérateur espagnol de la seconde moitié du XVIe
siècle ». — «Que l'idée en ait été suggérée par les disputes que provoqua le Estatuto
de limpieza, on peut l'admettre (4). »
(1) Vers la fin du XVIe
siècle, Clément VIII, par un bref, que confirma et renouvela Paul V en défendit
que les canonicats, prébendes et dignités ecclésiastiques des églises
cathédrales, et les principales dignités des collégiales dans les royaumes de
Portugal et d'Espagne (Algarve espagnole, Andalousie), fussent conférées à des
descendants de familles juives converties, jusqu'au septième degré de
génération inclusivement. Cette prescription fut adoucie plus tard (1624, 1628)
et ramenée au droit commun par rapport à l'admission aux ordres sacrés et aux
dignités ecclésiastiques des descendants des juifs convertis. (Voir Ferraris, Prompta
bibliotheca ; édition Migue, au mot Hæbræus, no s 22, 23,
24 et 106.)
(2)
Revue des études juives, n° 1, juillet-septembre 1880, p. 123.
(3) Delamarre,
Traité de la police, 4 vol. in-fol., tome 1e r, p.
285, Paris, 1705.
(4)
Revue des études juives, n° 2, octobre-décembre
1880, p. 304.
Ainsi, dans cette opinion, nos deux lettres juives auraient été
fabriquées par un auteur espagnol inconnu, dans la seconde partie du XVIe
siècle, à l'occasion de l'ordonnance du cardinal de Tolède, pour se moquer des
juifs.
M. Morel-Fatio appuie
son sentiment sur les raisons suivantes :
1. Ces deux lettres sont
identiques, et dans le livre de Bouis imprimé en 1641, et dans le livre de
Medrano imprimé beaucoup plus tôt en 1583. Donc l'exemplaire dont s'est servi
Bouis a été copié ou bien sur le livre de Medrano, ou bien sur un manuscrit
venu d'Espagne ; et c'est « Bouis ou un Arlésien quelconque » qui a modifié les
titres et les souscriptions de ces lettres, en mettant, là où il était besoin,
« Arles et Provence », à la place de « Espagne ».
2. « Il
suffit, continue-t-il, de lire attentivement la seconde lettre, la réponse des
juifs de Constantinople, pour se convaincre aussitôt que tout ce qui y est dit
ne peut se rapporter qu'à ces juifs d'Espagne, plus ou moins convertis, qui
avaient réussi à passer entre les mailles des filets tendus par les
inquisiteurs. »
3.
Cette réponse n'est pas un écrit sérieux ; ce ne peut être qu'une plaisanterie.
Premièrement, parce que, dit aussi lui M. Darmesteter, « elle offre une
apparence d'ironie... Certains traits piquants sur les médecins et les
apothicaires ne rappellent-ils pas Molière ? Secondement, parce que le nom du signataire
de la première lettre est un nom inventé par moquerie. La forme provençale Chamorré
paraît être l'hébreu Chamor signifie due, et la forme
espagnole Chamorro veut dire « tondu, pelé » ; toutes appellations qui
sont risibles. Troisièmement, parce que « la présence de ces lettres »
dans un grand nombre de publications espagnoles badines, satiriques,
humoristiques, et, en particulier, dans
Toutes ces raisons ,
intrinsèques comme extrinsèques, ne résistent pas à un examen attentif.
1. D'abord, pourquoi,
sans donner de preuves, supposer que Bouis, ou tout autre Provençal, a modifié
les titres et les souscriptions de ces lettres ? Bouis affirme que sa «
coppie... a esté fidellement tirée sur une vieille coppie ». S'il avait
substitué partout les mots « Provence, Arles et France », à celui de « Espagne
», sa copie ne serait pas fidèle. Quel motif avait-il de mentir ? Et quelle
raison un autre Arlésien, avant lui, aurait-il eue de taire ces changements, en
copiant soit le livre de Medrano, soit un manuscrit espagnol ? Pourquoi ces
modifications de lieux dans la première, comme dans la seconde lettre, ne
seraient-elles pas le fait des parties intéressées, des correspondants
eux-mêmes ? C'est possible tout autant que les suppositions gratuites de M.
Morel-Fatio. Nous démontrerons tout à l'heure que c'est bien plus
vraisemblable.
Ensuite, de ce que le
manuscrit provençal dont s'est servi Bouis est identique au manuscrit d'Espagne
dont a usé Medrano, il ne suit pas rigoureusement que le premier soit une copie
du second ; car ils ont pu être l'un et l'autre copiés directement et
exactement sur un original commun. Ils seraient donc parfaitement indépendants l’un de l'autre, tout en étant
identiques, parce qu'ils se rapporteraient tous les deux, soit immédiatement,
soit médiatement, à une seule et même source.
Ce point de départ de M.
Morel-Fatio n'est donc aucunement prouvé, et, partant, rien moins que certain.
2. La seconde raison n'est pas plus solide.
« Il suffit de lire
attentivement la seconde lettre, la réponse des juifs de Constantinople, pour
se convaincre aussitôt »… du contraire de ce que M. Morel avance, à savoir ;
qu'il ne s'agit nullement « des juifs d'Espagne, plus ou moins bien
convertis », mais uniquement des juifs non convertis encore et qui ne savent
pas trop ce qu'ils doivent faire. Et la preuve, c'est d'abord le texte de la
première lettre, d'où il découle évidemment que la conversion n'est pas faite;
et, ensuite, c'est la seconde lettre elle-même, la réponse des juifs de
Constantinople, qui dit positivement qu'on peut faire cette conversion :
« à ce que vous dites que le roi de France ou d'Espagne vous oblige à vous
faire chrétiens, faites-le... » Il n'est donc pas question dans cette
correspondance de juifs convertis, « passés à travers les mailles des filets tendus par les
inquisiteurs ».
3. Je cherche en vain ce
que ces messieurs de
Cependant n'y lit-on pas
« certains traits piquants, qui rappellent Molière ? »... Ce comédien n'est
point à citer ici ; car l'auteur de la lettre imprimée au XVIe
siècle ne pouvait pas penser à Molière, qui a composé et joué ses comédies au
dix-septième. Cet auteur inconnu fait allusion à ce qui est vrai
malheureusement en tout siècle et en tout pays : les médecins et les
apothicaires tuent beaucoup plus de malades qu’ils n'en guérissent. Et pour ces
meurtres officiels il n'y a point de répression. Le prince juif ne le dit pas;
mais sa phrase le sous-entend. C'est pourquoi Bouis a cru devoir compléter sa
pensée en ajoutant : « sans craindre de punition ».
Cet argument n’a donc pas de valeur.
Le
suivant en a moins encore. Je suis surpris que deux Israélites, qui doivent connaître,
au moins quelque peu, la langue et l'histoire de leur race, aient présenté la
signature « Chamorré » comme un nom de moquerie et une preuve du
but plaisant des deux lettres en question. Ce mot, il est vrai, signifie âne
dans la langue hébraïque. Mais ces messieurs n'ignorent pas sans doute que
cet animal n'est point tenu en mépris chez les Orientaux comme chez nous ; que,
en Asie, il y a des ânes « d'une beauté remarquable », et que l'âne y est
estimé presque à l'égal du cheval ; que « c'est encore aujourd'hui chez
quelques peuples la monture des gens de condition » (1). Toutes ces assertions
de Bouillet sont confirmées par les textes bibliques (2). Le mot « âne » n’est donc pas en Orient une
appellation méprisante ou plaisante, comme chez les Occidentaux.
Ces messieurs savent
encore que dans leur nation, aussi bien qu'en tout pays, les hommes et les
femmes portent fréquemment des noms d'animaux. Ainsi nous connaissons par
Les
signatures Chamorré et Chamorro n'ont donc rien de risible en
elles-mêmes. Le nom hébreu Chamor a reçu, en Provence, la forme et la
terminaison provençales, Chamarré, et, en Espagne, la forme et la
terminaison espagnoles, Chamorro. Que ce second mot ait aussi un sens en
cette dernière langue, et signifie tondu ou pelé, cette
coïncidence est toute fortuite; elle se rencontre assez souvent entre les
langues différentes, et, dans le cas présent, elle ne prouve rien.
(1)
Dictionnaire des sciences, etc., de Bouillet, au mot Âne.
(2) Voir Genèse, XXII,
(3) En hébreu rwmx, Chamor, ou Hhamor, avec l’a très bref. Les Septante ont
traduit Emmwr.
Les preuves intrinsèques
présentées par M. Morel-Fatio en faveur de son opinion n'ont donc aucune
solidité. Voyons si ses preuves extrinsèques sont meilleures. Il n'en a apporté
qu'une seule.
4. La présence
de ces deux lettres dans de nombreux recueils espagnols, satiriques et badins,
n'est point un motif qui s'oppose à ce qu'elles soient des documents sérieux et
authentiques. Car un écrit, en lui-même très authentique et très sérieux, peut
avoir, par suite de circonstances extérieures, un coté ridicule ou comique, qui
provoque un rire méprisant. Telle aurait été, par exemple, la lettre qu'un
condamné aux galères à perpétuité eût osé adresser au roi Louis XIV, toute
remplie de menaces, exposant ses plans de vengeance, et lui annonçant qu'il le
remplacerait un jour sur le trône (1). La colère et la rage de ce forçat, ses
idées et ses projets insensés, son écrit, tout aurait pu être fort sérieux de
sa part et très authentique ; mais cette lettre absurde et son contenu ne
devaient amener évidemment sur les lèvres des lecteurs qu'un rire de pitié. La
pièce aurait donc pu prendre place, en raison des circonstances où elle se
serait produite, dans un recueil d'histoires curieuses et plaisantes, comme
nouvelle et singulière preuve des aberrations innombrables de la cervelle
humaine. La correspondance juive du XVe siècle est dans ce cas. Très
sérieuse en elle-même et très authentique, dès qu'elle a été connue des
chrétiens espagnols, elle a dû provoquer de leur part un grand éclat de rire,
par la comparaison de sa teneur et de ses prétentions avec l'état d'abaissement
et d'impuissance où paraissaient se trouver les juifs au XVIe
siècle. C'est pour cette cause qu'elle a passé dans les recueils de récits
curieux et amusants, comme témoignage de l'orgueilleuse sottise des juifs.
(1) Je ne puis pas prendre
ma comparaison dans le temps présent, parce qu'elle clocherait plus
qu'il ne convient à une comparaison ; car, de nos jours, les condamnes aux
galères et à l'exil en reviennent et sont en passe de devenir les maître du
pays.
M. Morel-Fatio ne peut
donc invoquer raisonnablement la présence de nos deux lettres dans des recueils
de bons mots, contre leur caractère sérieux et leur authenticité.
5. J'ajoute de plus que
toutes les autres circonstances extérieures dans lesquelles mon honorable
adversaire place leur fabrication, tournent contre son sentiment.
D'après lui, elles
auraient été composées en Espagne, dans la seconde moitié du xviD siècle,
probablement à l'occasion de l’« Estatuto de limpieza », par un auteur
inconnu qui a voulu se moquer des juifs.
Or à ces affirmations,
qui ne sont point d'ailleurs accompagnées de preuves, s'opposent les données
historiques de l'époque assignée pour l'invention.
Admettons un instant que
les deux lettres juives ne soient qu'une farce et une moquerie. D'après leur
contexte, l’objet de la plaisanterie ne peut être que celui-ci :
l’embarras et l'ennui des juifs espagnols, hésitant entre deux choses également
désagréables pour eux, ou perdre leurs biens, ou renoncer à leur religion. Le sel
de la plaisanterie serait dans la solution suggérée par l'auteur du morceau
: « Vous êtes bien maladroits d'être embarrassés pour si peu ! eh !
convertissez-vous donc en apparence! D'abord vous conserverez par ce moyen vos
richesses, puis, en vous y prenant de telles et telles manières, vous vous
enrichirez davantage, vous vous vengerez de ces chrétiens qui vous vexent si
fort, et vous arriverez à les dominer et à les vexer à votre tour. »
Mais, pour que l'idée de
plaisanter vienne à l'esprit de quelqu'un, il faut qu'il voie autour de lui
matière à plaisanterie et personnages à plaisanter. Or, non seulement dans la
seconde moitié du XVIe siècle, mais durant ce XVIe siècle
tout entier, ces deux conditions manquaient absolument en Espagne, au point de
vue qui nous occupe. La prétendue plaisanterie des deux lettres juives ne
pouvait avoir ni application ni sel. Car, depuis longtemps, il n'y avait plus
de juifs embarrassés et hésitants entre deux partis. Les choix avaient été
faits à la fin du siècle précédent : les uns avaient abandonné l'Espagne, et
les autres, en y restant, s'étaient faits chrétiens depuis plus de 60 années. A
qui donc pouvait venir la pensée de rappeler, comme sujet de raillerie, une
situation qui n'était plus actuelle et qui n'offrait absolument rien de
comique, puisque la plaisanterie n'avait personne sur qui tomber ?
La circonstance de l’Estatuto
» et les disputes qu'il occasionna n'ont point pu davantage inspirer l’idée
de la plaisanterie. Car le souvenir de cette position embarrassée des juifs en
1489 ne fournissait de prétexte à rire pour personne, vers l'an 1550. Point aux
adversaires des juifs convertis, aux partisans du « Statut » qui, dans cette
hésitation des ancêtres de ces juifs, trouvaient plutôt un motif fort grave,
appuyant leur adhésion à l'ordonnance épiscopale; point aux juifs convertis
eux-mêmes qui, pour la raison opposée, devaient redouter le souvenir de cette
situation, parce qu'elle laissait planer des soupçons fâcheux sur la sincérité
de la conversion de leurs pères. La question qui s'agitait vers 1550 était trop
sérieuse pour qu'il ait pu se former un tiers-parti n'ayant pour but que d'en
rire et de s'en moquer. Ce n'était pas dans les mœurs du temps, en Espagne
moins qu'ailleurs. Très certainement les juifs convertis n'auraient pas été de
ce parti qui leur eut été contraire. Dans cette hypothèse, le fabricateur
plaisant de ces lettres ne pouvait être qu'un chrétien. Mais son invention
n'aurait pas eu, vu les circonstances, le caractère bénin et uniquement moqueur
qu'on lui suppose C'eût été eu réalité une œuvre méchante et une attaque
calomnieuse très nuisible à tous les juifs convertis. On n'aurait point
universellement ri de ces lettres parmi les chrétiens, comme prétend M.
Morel-Fatio. Les familles juives devenues chrétiennes et leurs protecteurs
espagnols se seraient fortement élevés contre un factum nullement plaisant pour
eux, et au contraire très compromettant pour leur cause. Or, de l'aveu de M.
Morel, il n'est point question de luttes de ce genre dans l'histoire de
l'époque.
Il est donc nécessaire
de remonter au delà du XVIe siècle pour trouver la matière et
là-propos de la plaisanterie supposée dans ces lettres.
Eh bien ! dira
peut-être mon honorable adversaire, ou tout autre, la plaisanterie a été faite
à la lin du XVe siècle, au moment du réel embarras des juifs. Mais
nous demanderons : et par qui ? assurément point par des juifs qui ne devaient
pas alors être en disposition de se moquer les uns des autres. Par des
chrétiens? Mais les chrétiens, à ce moment, éprouvaient des sentiments tout
autres que plaisants et railleurs vis-à-vis des juifs; car c'étaient
l'indignation et la colère qui leur faisaient demander de toutes parts leur
prompte expulsion. Pas plus que les juifs, les chrétiens de ce temps-là
n'étaient en humeur de plaisanter sur leur situation réciproque.
Donc, ni dans les
dernières années du XVe siècle, ni dans tout le cours du XVIe,
on ne peut rencontrer de moment convenable où se place avec vraisemblance la
composition d'une plaisanterie de cette espèce.
6. Ecartons, en passant,
une hypothèse faisable, mais qui n'a été formulée par personne encore : c'est
que Julien de Medrano lui-même serait le fabricateur des pièces qu'il a
publiées.
Il est de toute évidence
que les précédentes raisons militent aussi bien contre la supposition d'un
faussaire au nom connu, que contre celle d'un faussaire inconnu. Pas plus que
d'autres, Medrano ne pouvait songer à combiner une plaisanterie qui n'avait ni
raison, ni à-propos, de son temps, et, moins que d'autres, il devait avoir
l'idée et prendre la peine de composer et d'éditer deux lettres sans intérêt et
sans gaieté, lui qui avait pour but de compiler des amusettes et des
historiettes plaisantes, destinées à égayer « toute conversation vertueuse et
honnête ». En outre, il serait difficile d'expliquer comment et pourquoi les
contemporains de Medrano, au lieu d'acheter son livre, se seraient imposé la
fatigue de tirer de si nombreuses copies précisément de ces pièces récemment
fabriquées et sans actualité aucune. On ne comprendrait pas davantage qu'une
vieille copie de ce pastiche se soit trouvée précieusement conservée « dans les
archives d'une des plus fameuses abbayes de Provence ». Les moines n'étaient
point dans l'usage de perdre leur temps à copier des documents sans valeur,
surtout dans des livres imprimés.
7. Enfin, dans son
article, M. Morel-Fatio nous apporte lui-même des preuves directes et
péremptoires contre son opinion; plusieurs passages des auteurs qu'il cite la
renversent par sa base.
D'après lui, trois
historiens ont traité, plus ou moins longuement, la question de nos deux
lettres juives, MM. Castro, Los Hios et Kayserling. Ces auteurs ont émis sur le
cardinal Martinez Guijarro, ou Siliceo, une assertion qui renferme deux parties
fort distinctes et fort divisibles. En premier lieu, ils disent que ces lettres
ont été fabriquées par le cardinal pour appuyer son « Estatto de limpieza ».
Avec M. Morel-Fatio, nous avons repoussé cette accusation qui n'a en elle-même
aucune vraisemblance, et qui d'ailleurs est avancée par ces historiens sans
preuve aucune.
Mais ils ont affirmé en
second lieu : Siliceo soutint qu'il avait trouvé l'original de ces lettres dans
les archives de son église de Tolède, et il en mit en circulation de très
nombreuses copies. Cette affirmation est, sans conteste, parfaitement séparable
de la première. Les deux faits qu'elle attribue au cardinal peuvent être très
vrais historiquement, alors même que la première affirmation des trois
écrivains est absolument fausse. Car, si on considère ces deux actes en
eux-mêmes, ils n'ont rien d'impossible, c'est évident; et si on les met en
regard du caractère et de la situation
du cardinal à cette époque, ils n'ont rien que de très vraisemblable. En
effet, dès là que celui-ci n'est certainement pas l'auteur de ces lettres, il
est plus que probable, parce que c'est dans les conditions de la nature
humaine, que, les ayant trouvées dans ses archives, il se soit empressé de leur
donner la publicité la plus étendue possible et dédire hautement le lieu où il
avait pris les originaux, puisque ces pièces apportaient tant de force à la
raison fondamentale de son Statut.
Il y a tout lieu de
penser que les trois auteurs cités, sans doute favorables aux juifs, ont induit
de la certitude de ce double fait, et sans autre preuve, que Siliceo avait
fabriqué ces lettres.
M. Morel-Fatio ne dit
pas à quelles sources ces historiens ont puisé ce double fait de la découverte
de ces lettres et de leur diffusion par le cardinal de Tolède. Mais s'il est
véritable, et rien ne s'oppose à ce qu'on le croie tel, deux conclusions en
découlent qui renversent le système de notre honorable contradicteur, à savoir
: 1° donc les deux lettres existaient dans les archives de l'église de Tolède,
avant l'épiscopat du cardinal, c'est-à-dire avant 1546, puisqu'il affirme les y
avoir trouvées, et qu'il est incapable de mentir, et, comme conséquence
immédiate et rigoureuse, donc elles n'ont pas été fabriquées dans la seconde
moitié du seizième siècle ; 2° donc le cardinal les a reconnues et crues
authentiques ; car il était également tout aussi incapable de se servir de
documents qu'il aurait jugés faux, que de les fabriquer lui-même, puisque, mis
à part son caractère, il n'avait nul besoin du mensonge pour défendre sa cause
; et encore comme autre conséquence immédiate et rigoureuse : donc ces lettres
ne peuvent pas être regardées comme un pastiche et une plaisanterie, puisque un
contemporain les a tenues pour authentiques. Le cardinal était réellement
presque contemporain de cette correspondance; car de 1489, date des lettres, à
1546, commencement do son épiscopat, il n'y a que 57 années ; et Siliceo avait
mieux que personne toute possibilité et facilité de s'assurer de l'authenticité
de ces documents.
Mais M. Morel répondra
sans doute : les trois historiens cités sont de notre siècle; ils
n'indiquent point où ils ont pris ce double fait; ils n'en donnent pas de
preuves ; leur autorité est donc récusable, et par suite le raisonnement que
l’on fonde sur leur unique témoignage.
Soit. Mais M.
Morel-Fatio nous a fourni un autre témoignage dont il ne récusera pas la
valeur, et qui continue celui des trois historiens du XIXe siècle.
Le compilateur, Julien
de Medrano, auteur du XVIe siècle, dans sa Silva curiosa
met en tête de notre première lettre juive cette indication que nous avons
déjà rapportée plus haut :
« La lettre suivante a
été trouvée par le gardien de la bibliothèque de Salamanque dans les archives
de Tolède, en cherchant les antiquités des royaumes d'Espagne. »
Très certainement cette
indication s'applique à la seconde lettre juive tout aussi bien qu'à la
première; car elles dépendent l’une de l'autre et ne font qu'un seul tout.
Aussi, à. la suite de cette première lettre, Medrano place immédiatement, sans
répéter son indication, la seconde lettre, réponse des juifs de Constantinople.
Personne ne prétendra
que cette note n'émane point de Medrano lui-même. Elle a été mise par lui pour
attirer l'attention du lecteur sur les pièces qu'il cite, et dont il veut par
là faire remarquer l'intérêt. M. Morel convient, du reste, formellement que
Medrano en est l'auteur ; car il dit : « J'ajoute que le compilateur a fait
précéder la première lettre de cette note où l'allusion aux archives
de Tolède mérite seule d'être relevée » (1).
Nous n'avons aucune
raison de suspecter la sincérité et la certitude du témoignage de Medrano. On
ne voit pas quel motif ce compilateur aurait eu de mentir et d'inventer un
détail qui n'ajoutait rien à l'ensemble de son œuvre. Dans quel but aurait-il
marqué avec tant de précision l'origine de la découverte de ces pièces, si elle
était controuvée ? D'autre part, il lui était bien facile de contrôler et de
vérifier par lui-même les dires et la copie du bibliothécaire de Salamanque.
L'assertion de Medrano
ressemble de tous points à celle de Bouis. Celui-ci dit pareillement que les
textes publiés dans son histoire ont été copiés sur un manuscrit existant dans
les archives d'une célèbre abbaye de Provence. Personne n'hésite à croire
Bouis, parce que son caractère de prêtre respectable écarte tout soupçon d'un
mensonge d'ailleurs sans utilité aucune pour lui, et toute crainte d'erreur
dans une chose qu'il avait une si grande facilité de constater.
Le cas
de Medrano est le même. Je ne connais ni l'ouvrage, ni la valeur morale de ce
compilateur; mais son témoignage se trouve appuyé par toute l'autorité de celui
de Bouis. Si, en effet, un manuscrit de nos lettres se trouvait très
certainement au XVIIe siècle dans les archives d'une abbaye de
Provence, il n'y a rien d'impossible ni d'incroyable qu'il en existât un
premier dans les archives de Tolède au XVIe siècle. Par conséquent, il a été
tout aussi facile à Medrano qu'à Bouis de s'en convaincre, d'en tirer
une exacte copie par lui-même ou par d'autres. Les affirmations semblables et
désintéressées de ces deux auteurs, publiant leurs ouvrages à un siècle de
distance, se corroborent mutuellement.
Donc nous devons tenir
pour démontrées et absolument certaines la sincérité de Julien de Medrano et
l'exactitude de sa note.
(1) Berne des études
juives, n° 2, 1880, p. 302 et 303.
Or ses paroles sont
formelles et sans ambages : les lettres ont été trouvées dans les archives
de Tolède. Donc sûrement elles y existaient de son temps, en 1583, au
moins.
On concédera bien sans
nul doute que ce manuscrit des archives de Tolède n'y avait pas été déposé
l'année même de l'impression de
Cette conclusion devient
irréfragable par l'assertion de Medrano. Le bibliothécaire de Salamanque,
assure-t-il, a trouvé le manuscrit de ces lettres « en cherchant les antiquités
des royaumes d'Espagne ». Assurément ce savant n'allait pas chercher des
documents antiques dans des pièces contemporaines. Or, puisque 26
années seulement séparaient la mort de Siliceo de l'impression de
Donc le témoignage de
Medrano, auteur du XVIe siècle, appuie et confirme l'assertion des trois
historiens du XIXe ; donc nos deux lettres existaient très
certainement dans les archives de Tolède au moins dans la première moitié de ce
XVIe siècle; donc ce n'est point dans la seconde partie de ce même
siècle qu'elles ont pu être fabriquées; donc, en ce point, le système de M.
Morel-Fatio croule complètement.
De là nous arrivons à
une autre conclusion aussi victorieusement opposée aux idées de notre honorable
adversaire.
Comment raisonnablement
expliquer la présence dans les archives de l'église de Tolède de ces deux
lettres, si elles n'étaient qu'un faux, qu'un pastiche, qu'une œuvre plaisante
de quelque Espagnol moqueur du XVIe siècle ? Qui aurait pu
introduire, déposer et conserver en un tel lieu ces pièces apocryphes et
badines ?
À cette époque, en
Espagne surtout, il n'y avait point d'archives proprement civiles, uniquement laïques,
comme on dit aujourd'hui; tout était clérical et entre les mains du
clergé. Dans ces archives des églises cathédrales ne pénétraient que des pièces
sérieuses et authentiques, ou à bon droit réputées telles, puisque ce n'était
que par la main, ou sur les ordres des évêques, que les documents s'y
entassaient. Il en est encore exactement de même de nos jours pour les archives
de nos évêchés. Or, je le demande, qui admettrait comme croyable que le
pastiche fabriqué par le journal plaisantin le Figaro, du 10 décembre
1881, annonçant un coup d'Etat de Gambetta, sera, dans quelques années d'ici,
soigneusement recueilli par ordre d'un évoque français et déposé dans les
archives de son évêché ?... Alors, comment donc ces deux lettres juives, qu'on
prétend être le fait de quelque farceur de la seconde moitié du XVIe
siècle, ce pastiche plaisant qui aurait circulé de mains en mains et tant amusé
les Espagnols aux dépens des juifs, pouvait-il être, avant 1583, au beau milieu
de cette seconde moitié du XVIe siècle, très peu de temps par
conséquent après sa composition, précieusement ramassé et honorablement placé
dans les archives de la grande église métropolitaine de Tolède ?... C’est une
impossibilité morale. Donc, sur cette simple induction, il serait logique
d'affirmer que, nos deux lettres existant dans ces archives au XVIe
siècle, elles y avaient été mises et y étaient considérées comme pièces
sérieuses et authentiques.
Mais le
témoignage de Julien de Medrano va transformer cette induction en conclusion
certaine. Le bibliothécaire de Salamanque, nous dit-il dans sa note, a mis la
main sur ces deux lettres « en cherchant les antiquités des royaumes d'Espagne
». Ce savant cherchait donc d’anciens documents historiques; par
conséquent il ne fouillait point dans des liasses de littérature contemporaine
et badine, qu'on ne rencontre point, du reste, dans les archives épiscopales.
Donc, quelques années au moins avant 1583, nos lettres avaient été classées
parmi les pièces historiques et comptaient comme manuscrits authentiques et
sérieux. Mais elles avaient été ainsi placées et réputées beaucoup plus
anciennement, à une époque antérieure même à l'épiscopat du cardinal de Tolède,
puisque, lui aussi, les a trouvées dans les archives et s'en est servi comme
documents historiques. Il faut donc remonter plus haut que le milieu du XVIe
siècle, et reconnaître que nos lettres ont reçu cette place honorable presque
dès leur apparition. Car, 57 années seulement s'étant écoulées depuis leur date
(1489), jusqu'au commencement de l'épiscopat de Siliceo (1546), il a été très
facile aux hommes de cette période de s'assurer de leur valeur historique; et,
puisque c'est durant ce laps de temps qu'on les a déposées dans les archives de
l'église de Tolède, il en résulte cette conséquence rigoureuse : qu'on avait
acquis la certitude de leur authenticité et qu'elles étaient tenues pour
documents sérieux.
Donc nos deux lettres ne
sont point un pastiche, ni une plaisanterie, et n'ont jamais été regardées
comme telles.
Le sentiment de M.
Morel-Fatio ne se soutient, on le voit, sur aucun point. Les autres opinions ne
sont pas plus solides, nous l'avons prouvé. Donc il n'est pas possible
d'établir avec quelque vraisemblance, ni à quelle époque, ni par quel
faussaire, cette correspondance aurait été fabriquée. Donc rien de valable ne
peut être objecté contre l'authenticité de nos deux lettres juives du quinzième
siècle.
Nous n'avons plus devant nous d'adversaires.
Nous devons donc
maintenant examiner nous-mêmes cette correspondance juive, et montrer à nos
lecteurs tous ses caractères intrinsèques et extrinsèques d'authenticité.
I. Si nous la
considérons en elle-même, cette correspondance présente tous les caractères
delà véracité.
Son sujet, fonds et
forme, est en accord complet avec les circonstances historiques où les met sa
date. Vers la fin du XVe siècle, de tous côtés en Europe les
populations chrétiennes se soulevèrent contre les juifs. Ils sont chassés de
France, nous dit Bouis, en 1487. et d'Allemagne à peu près vers la même époque
; en 1492, ils furent expulsés d'Espagne, et en 1493, de Provence. Rien de plus
vraisemblable que, entre ces dates de 1487 et de 1492, les juifs, fort nombreux
et fort riches dans ces deux dernières contrées, aient été très inquiets des
coups frappés autour d'eux et de l'orage soulevé contre eux-mêmes. Rien de plus
croyable qu'ils aient pris soin do prévenir leurs chefs de cette situation
précaire, des menaces et des sévices qu'on leur faisait subir, de l'embarras
qu'ils éprouvaient sur la conduite à suivre, quand ils seraient mis, eux aussi,
en demeure d'abandonner leurs biens et leurs pays.
La première lettre
reproduit exactement cette situation et toutes ces impressions. Elle le fait
d'une manière brève et simple, comme écrivent des gens pressés d'être tirés
d'embarras et de peine. Elle est donc, dans son ensemble, entièrement en
harmonie avec les événements de l'époque. Elle s'accorde aussi très bien avec
un des principaux côtés du caractère des juifs talmudistes, qui sont fort
attachés à leurs biens, et ne le sont pas moins à la loi de Moïse. De là
l'anxiété que cette lettre exprime d'une façon si vive et si naturelle.
La réponse des juifs de Constantinople possède
les mêmes marques de véracité. Son début rappelle les circonstances historiques
particulières qui ont motivé la correspondance. Sa décision fondamentale
est tout à fait conforme aux enseignements du Talmud, qui permet de renoncer
extérieurement au judaïsme, pourvu qu'on reste juif de cœur. Les conseils donnés
sont énergiques et habiles; ils respirent la haine et l'esprit de vengeance
contre les chrétiens. Ces qualités et ces sentiments conviennent parfaitement
aux juifs talmudistes et surtout à leurs chefs. Dans tout l'ensemble de cette
lettre, il circule comme une sorte de colère concentrée, bien motivée de la
part de ces princes juifs, par suite du redoublement de persécution dont leurs
frères étaient partout victimes en Occident vers la fin du XVe
siècle.
Si nous
étudions à présent les deux lettres en même temps et dans leurs rapports l'une
avec l'autre, il nous sera de toute évidence, après simple lecture, qu'elles ne
font qu'un seul tout, que dans l'une et l'autre il n'y a pas une phrase, pas un
mot qui se contredise, qui s'écarte du sens général, qui soit en désaccord avec
les circonstances historiques, et qui signale tant soit peu la main d'un
faussaire. Toutes les deux sont en harmonie parfaite entre elles et aussi dans
leur ensemble, comme dans leurs détails, avec le temps dont elles portent la
date, avec le caractère, les idées, les sentiments, les croyances de ceux à qui
leurs signatures les attribuent. Elles sont donc authentiques.
II. Non
seulement les caractères intrinsèques de ces lettres, mais encore toutes les
conditions externes plaident en faveur de leur authenticité.
1.
D'abord, pendant quatre siècles cette authenticité n'a été attaquée par
personne. Pour le prouver, résumons rapidement ce qui a été établi dans la
précédente discussion.
Le
texte de ces deux lettres a été fixé pour la première fois par l'impression dans
un livre en 1583, quatre-vingt-quatorze ans seulement après leur date
(1489). Il était encore facile de s'assurer de leur authenticité. L'auteur du
livre, digne de foi, et qui n'avait aucun intérêt à tromper en cette
circonstance, ne la met pas le moins du monde en doute; au contraire, il
affirme que le manuscrit de ces lettres a été trouvé dans les importantes
archives d'une église cathédrale, par un savant sérieux, au milieu d'anciens
documents historiques.
D’où il
faut logiquement conclure que ces textes ne sont pas contemporains de cet
auteur, et qu'ils doivent remonter au moins aux commencements du XVIe
siècle. Or entre 1489 et les débuts de ce siècle, il n'y a que quelques années
; on touche à l'origine de cette correspondance. Si donc, à cette époque, ces
lettres ont été placées dans les archives d'une église métropolitaine, et parmi
les pièces historiques, c'est que, alors, leur authenticité ne faisait de doute
pour personne.
De nombreuses copies manuscrites circulent et se
conservent, surtout en Espagne, toutes conformes en substance, et le plus grand
nombre identiques de sens et d'expressions, pendant les XVI et XVIIes siècles;
et l'on ne conteste pas davantage l'authenticité des deux lettres dans un temps
et dans un pays où les descendants des juifs auraient eu tout intérêt à le
faire.
Cinquante-huit ans après la première impression,
elles sont imprimées de nouveau dans une contrée différente, par un autre
écrivain digne de foi, lui aussi, et incapable de mentir. Il ne connaissait pas
cette publication antérieure ; car il dit formellement qu'il imprime un
manuscrit découvert dans les archives d'une célèbre abbaye de Provence. Ce
second auteur n'émet pas le plus petit soupçon sur l'authenticité de ce nouveau
texte, qui se trouve être en tout semblable au premier.
Aucune réclamation ne s'est donc élevée contre
ces lettres ni au siècle contemporain, ni aux siècles suivants, jusqu'au
dix-neuvième. Notre correspondance juive est par conséquent en possession d'une
authenticité incontestée durant quatre cents ans. Dès lors, les attaques et les
hypothèses formulées aujourd'hui, après quatre siècles, ne sauraient prévaloir
contre elle. Du reste, nous en avons démontré l'inanité.
2. En outre, si, d'après
les circonstances du temps, des événements, des lieux et des personnes, nous
cherchons à nous rendre compte de la manière dont ces textes ont pu être
composés, dont leurs copies ont été multipliées et conservées, nous verrons que
tout s'explique et s'agence de la façon la plus naturelle et la plus logique.
La facilité et la grande vraisemblance de ces explications apportent un nouvel
appui à l'authenticité de ces documents.
Le sort des juifs de
France et d'Allemagne fait trembler pour eux-mêmes les juifs d'Espagne et de
Provence. Ils sont sous la menace de la même persécution, ils doivent redouter
pour eux une terminaison semblable. Se trouvant les plus proches voisins les
uns des autres (car ceux d'Italie ne sont pas encore dans l'inquiétude; les
Papes les ont toujours protégés et défendu), les juifs de Provence et d'Espagne
se concertent entre eux. Leurs Rabbins se réunissent. La situation est
embarrassante. Comment sauvegarder leurs intérêts particuliers, et surtout ceux
de leur nationalité et de leur religion ? Faut-il que tous partent et abandonnent
leurs biens et leur position importante et influente dans des contrées où ils
sont établis riches et nombreux ? Vaut-il mieux rester, au moins quelques-uns.
et embrasser le christianisme ? Mais, après, que faire dans les intérêts de
leur nationalité et de la loi de Moïse ?... Ne voulant pas décider ces
questions et en trancher les difficultés par eux-mêmes, les Rabbins conviennent
entre eux que la ligne de conduite à suivre sera demandée aux chefs de la
nation. Le Rabbin d'Arles est chargé d'écrire, sans doute pour ces deux motifs
: qu'il avait une autorité supérieure, et que, plus que les Rabbins d'Espagne,
il était en mesure défaire tenir sa lettre aux juifs de Constantinople, par la
voie de Marseille, ville voisine d'Arles, et en relations commerciales très
fréquentes avec l'Orient.
La lettre du Rabbin
Chamor est datée du milieu de janvier 1489. La réponse du prince juif est du 21
novembre de la même année. Dix mois environ s'écoulèrent entre ces deux
lettres. Ce temps pour nous semble bien long. Mais cet intervalle s'explique
sans peine à cette époque. D'abord est-il sûr que la lettre d'Arles soit partie
juste à sa date ? Y avait-il précisément ce jour-là un vaisseau en partance de
Marseille pour l'Orient? Combien de jours le départ s'est-il fait attendre ? Le
délai a pu être long. De leur côté, les chefs juifs n'ont peut-être pas été en
mesure de se réunir et de se consulter aussitôt la lettre reçue. Enfin, raison
générale qui suffit seule à justifier cet intervalle de dix mois, c'est que, au
XVe siècle, les correspondances par mer, comme par terre, ne
s'opéraient point avec la rapidité à laquelle nous sommes habitués de nos
jours. Bouis, au XVIIe siècle, regarde cet intervalle comme court :
« Ceux de Constantinople, dit-il, firent tost responce ».
Le prince des juifs
adressa sa lettre tout naturellement à celui par qui il avait été directement
consulté, c'est-à-dire au Rabbin d'Arles. Chamor avait dû évidemment s'engager
à transmettre cette réponse à ses collègues, les Rabbins d'Espagne, chefs des
différentes communautés juives de cette contrée. Il leur en envoya donc à chacun
une copie, en y joignant un exemplaire de sa propre lettre. Il était commandé
par les circonstances, et tout simple du reste, que, dans cet envoi, le Rabbin
d'Arles dise aux Rabbins espagnols : voici ce que j'ai écrit, ainsi que nous en
étions convenus, et voici ce qui m'a été répondu par le prince de la nation.
Les conseils et les
ordres du prince des juifs regardaient principalement les pères de famille.
C'est incontestable; le texte est formel. À chaque sujet de plainte, le prince
répond : faites vos enfants marchands, médecins, chanoines, avocats,
etc. Les Rabbins provençaux et espagnols étaient donc dans l'obligation de
délivrer à chaque père de famille une copie, et de leur lettre collective de
consultation, et de la réponse circulaire du prince ; et cela, afin de
conserver le souvenir de la persécution qui avait motivé cette correspondance
et la décision si importante des chefs, et encore afin de maintenir présents à
toutes les mémoires les ordres reçus et de les faire exécuter sans retard et
sans relâche.
Avant
de remettre à chaque père de famille ces deux copies, les Rabbins espagnols ont
dû nécessairement y faire quelques modifications imposées par la différence des
lieux : il fallait rendre le document en son entier plus compréhensible aux
générations à venir, et lui donner le plus de poids possible, dans leur pays
d'Espagne. Ainsi ils ont écrit : le « roi d'Espagne », à la place du « roi de
France » ; ce qui était dans la vérité par rapporta eux. Ils ont retranché les
détails particuliers à
La phrase finale de
notre première lettre offre, dans le texte de Medrano, une légère différence de
rédaction avec celle du texte provençal de Bouis; mais le sens est absolument
le même (1). Rien ne s'oppose à ce que cette modification soit encore le fait
des Rabbins d'Espagne.
Ces explications sont suffisantes.
Toutefois je croirais plus
volontiers que ce dernier changement, et aussi tous les autres qui se
rencontrent dans le texte espagnol des deux lettres juives chez Medrano, sont
l'œuvre de Chamor seul. En envoyant à ses collègues d'Espagne la copie de sa
lettre au Prince de Constantinople, il peut fort bien en avoir modifié la
rédaction dans quelques points. Il est d'expérience que, en cas analogue, ces
variantes se reproduisent assez fréquemment. Quant aux autres changements, il
me semble plus probable que le Rabbin d'Arles aura pris soin de faire lui-même,
dans les deux copies qu'il envoyait, les modifications indispensables pour les
rendre l'une et l'autre conformes à l'état différent des lieux, des choses et
des personnes. L'unique affaire importante pour les Rabbins d'Espagne, comme
pour ceux de Provence, c'était que Chamor, après avoir rappelé à tous le
sens général de sa demande, déjà convenu entre eux, leur transmît, avec
la plus parfaite exactitude, la teneur de la réponse du chef de la nation.
Le Rabbin d'Arles n'a point manqué à ce devoir. C'est pourquoi, s'il y a
quelques variantes entre le texte provençal et le texte espagnol de sa lettre,
quant à la seconde lettre : « avis des Satrapes et Rabbins », il n'y en a
aucune ; les deux textes la reproduisent d'une manière tout à fait identique.
(1) Texte provençal : «
Nous vous prions de vouloir sagement nous mander ce que nous devons
faire ».
Texte
espagnol : « Nous vous supplions de vouloir bien tenir conseil et de nous
envoyer le plus tôt possible la délibération que vous y aurez prise ».
Les suscriptions
différentes que portent nos deux lettres dans les livres imprimés, et peut-être
aussi dans les manuscrits (ce que je ne puis vérifier), sont, je pense,
l'ouvrage des copistes chrétiens. Mais il n'y aurait aucune difficulté à
admettre que ces changements ont été exécutés soit par les Rabbins espagnols
dans les copies délivrées aux pères de famille, soit par Chamor, dans les
exemplaires expédiés à ses collègues.
Le moment de suivre les
conseils et les ordres du prince arriva donc pour les juifs espagnols en 1492,
et pour les juifs provençaux, l'année suivante, 1493.
Un grand nombre quitta
ces deux contrées et se réfugia en Italie et ailleurs. On trouvera peut-être un
jour, dans ces différents lieux de leur exil, quelques copies, plus ou moins
fidèles, de cette correspondance de leurs chefs. Peut-être encore
découvrira-t-on les mêmes textes, plus ou moins intacts, ou bien des textes à
peu près semblables, que très probablement les juifs expulsés de France,
d'Allemagne et des autres contrées de l'Europe, ont dû recevoir, eux aussi,
parce que, vers la même époque à peu près, ils auront consulté les princes de
leur nation. Ces textes gisent enfouis dans quelques archives, ou encore sont
imprimés et oubliés dans quelques vieux bouquins.
Les autres juifs, ne
voulant point abandonner leur pays, et se conformant aux conseils reçus,
abjurèrent le judaïsme, pour embrasser, en apparence du moins, la religion
chrétienne. Mais un des actes préliminaires de cette abjuration, c'était la remise
aux mains de l'autorité ecclésiastique de tous les ouvrages talmudistes et
autres contre le christianisme que chaque juif possédait. En se convertissant
dans des conditions pareilles, tous les fils d'Israël ne livraient point
exactement et fidèlement, sans exception, les écrits de leurs Rabbins.
L'histoire prouve que très souvent ils les dissimulaient et les cachaient de
leur mieux. Mais il aura suffi de quelques chefs de famille plus accessibles à
la crainte, moins adroits ou plus sincères, pour que, avec les livres
talmudiques, la correspondance des chefs juifs de 1489 ait été remise aux
inquisiteurs.
Nul doute que ceux-ci
n'aient trouvé ces deux lettres extrêmement curieuses et intéressantes; et
parce que d'ailleurs elles ne contenaient aucune proposition directement
contraire à la foi, ils jugèrent que quelques exemplaires de ces copies étaient
dignes d'échapper au bûcher et d'être conservées dans les archives des églises,
comme monument de l'orgueil et delà malice judaïques.
Et c'est ainsi que, dans
les archives des églises où se seront laites les abjurations, ces lettres
auront été placées parmi les documents historiques. D'ordinaire les abjurations
et les baptêmes des juifs avaient lieu dans les églises cathédrales ou
abbatiales. C'est pourquoi on a trouvé des exemplaires de nos lettres dans les
archives d'une grande abbaye de Provence et dans celles des deux églises
cathédrales de Tolède et de Barcelone (1).
Déposés, vers la fin du
XVe siècle, aux archives de cette célèbre abbaye de Provence dont
parle Bouis, ces documents y restèrent ignorés pendant tout le XVIe
siècle, et on peut dire aussi pendant tout le XVIIe et le XVIIIe.
Car, bien que Bouis, en fouillant ces archives pour composer son histoire
d'Arles, les retrouve au XVIIe siècle et les fasse imprimer, ils ne
furent pas beaucoup plus remarqués que le livre de l'indigeste écrivain, et,
pour
Mais,
en Espagne, les choses se passèrent tout différemment. Au milieu de ce xvi°
siècle, s'y souleva une question juive
qui passionna tous les esprits. Le « Estatuto de limpieza » du cardinal archevêque
de Tolède, Martinez Guijarro Siliceo excita les plus vives controverses. Est-ce
réellement la découverte de ces lettres dans les archives de son église qui a
donné au cardinal l'idée de son ordonnance, ou bien est-ce seulement par suite
de cette ordonnance que le souvenir de ces lettres a été réveillé, qu'on les a
cherchées, retrouvées et publiées? Je ne sais. Toujours est-il que, soit du
fait du cardinal Guijarro, soit en conséquence de la dispute suscitée par son «
Statut », la diffusion des copies de ces lettres devint considérable en Espagne
(2). Chacun voulut connaître ces curieux documents et en rire; car la colère
impuissante des chefs juifs, leur outrecuidance à prédire la vengeance et le
triomphe futurs de leur nation, si leurs singuliers conseils et leurs ordres
étranges étaient suivis, devaient paraître aux Espagnols du xvi* siècle le
comble de l'orgueil, de la sottise et de l'absurdité. Aussi n'est-il pas
étonnant que, d'une part, de nos jours, en Espagne, les « copies manuscrites
foisonnent », qu'il n'y ait pas « une grande « bibliothèque d'Espagne qui n'en
possède quelques « exemplaires dans des recueils de mélanges littéraires « ou
historiques » (3). D'autre part, il n'est pas non plus surprenant que ces
lettres soient fréquemment citées dans tant de recueils légers et « d'écrits
humoristiques » ; car ces lettres avaient, à l'époque, un coté plaisant et
ridicule, qui en faisait une preuve nouvelle et saillante des extravagances et
des folies de l'esprit humain. Enfin par
cette multiplicité de copies s'expliquent encore les différences dans les
expressions que présentent certains manuscrits. Le fonds est partout le même.
Mais il n'y a rien d'insolite en ce que, parmi ce grand nombre de copistes,
quelques-uns ne se soient pas gênés do remanier la forme et de délayer le texte
de ces lettres (4).
Ainsi, nous le voyons,
l'origine de ces lettres, leur destination, leur conservation, leur présence
dans des archives épiscopales et abbatiales, la multiplicité de leurs copies,
leurs variantes, etc., se comprennent et se justifient aussi simplement et
naturellement qu'on peut le désirer.
Toutes les circonstances
et conditions extrinsèques de ces documents plaident donc en faveur de leur
authenticité. D'un autre côté, ces deux lettres sont intrinsèquement
inattaquables.
Donc elles sont
certainement authentiques.
Dans notre siècle, cette
vieille correspondance juive, malgré les multiples manuscrits espagnols,
n'aurait guère attiré l'attention, à l'exception peut-être de quelques rares
érudits, si l'Europe, et Ton doit dire le monde entier, n'était en ce moment en
présence d'une question juive de la plus haute gravité. De lu ces pièces tirent
une actualité singulière et prennent une importance inattendue.
(1) Le journal espagnol
(2) Revue des études
juives, p. 303.
(3) Ibidem.
(4) « M. de Castro, dit
Ce
n'est plus pour en rire que les chrétiens du XIXe siècle doivent
s'attacher à lire et à examiner ces vieux textes. L'esprit reste confondu en
voyant, par tout ce qui se passe aujourd'hui, que les prévisions si nettes du
prince juif du XVe siècle se trouvent réalisées à la lettre, et
précisément par le moyen des conseils et des ordres qu'il a donnés, et que par
conséquent les uns et les autres ont dû être suivis et exécutés par la nation
avec une indomptable et effrayante persévérance.
Cette réussite,
évidente, incontestable (nous allons tout à l'heure en rappeler les principales
preuves), cette réussite apporte à la certitude de l'authenticité de ces
lettres tout le poids du fait brutal. Car il est impossible d'admettre que le
hasard ait si parfaitement servi les inventions légères ou haineuses d'un
faussaire d'il y a trois ou quatre cents ans.
CHAPITRE III.
EXPOSÉ ET PREUVES DES
CONSÉQUENCES QUI DÉCOULENT
DES DEUX LETTRES JUIVES
DU XVe SIÈCLE
L'authenticité de nos
deux lettres juives étant parfaitement démontrée et, je le crois, désormais
inattaquable, il reste à les étudier au point de vue des conséquences qui en découlent
nécessairement.
Je dis donc : de ces
documents se déduisent logiquement les trois vérités historiques suivantes :
1° Un centre unique de
commandement et de direction et une autorité suprême incontestée ont toujours
existé chez les juifs depuis leur dispersion jusqu'à nos jours.
2° Les chefs juifs, et
la masse de la nation avec eux, n’ont pas cessé de rêver la domination du
monde, et depuis le XVe siècle, ces chefs ont fait suivre en ce but
à leur peuple, autant qu'il a été possible, un plan qui est sur le point de
réussir entièrement aujourd'hui.
3° Les princes de Juda,
et cette masse la plus considérable de leur nation, ont été dans le passé, et
sont encore dans le présent, animés envers les chrétiens de sentiments tout
semblables à ceux de leurs ancêtres, aux premiers siècles de l'Eglise.
Afin de démontrer
irrésistiblement ces trois déductions, je vais soumettre et expliquer à mes
lecteurs un bon nombre d'autres documents qui augmenteront la force probante de
notre document principal. Je compléterai ainsi la thèse qui ne pouvait être que
sommairement exposée dans l'ouvrage Francs-Maçons et Juifs.
J'aurai donc beaucoup de
citations à faire, puisque la question étant une question de fait, il est
évident que ses preuves les plus solides doivent consister dans des
affirmations sur des faits. Les témoignages que je rapporterai ont été relatés
primitivement, ça et là, soit dans des livres, soit dans les feuilles
publiques. Lus isolément, ils n’étaient guère démonstratifs et ne pouvaient pas
taire beaucoup d'impression sur l'esprit du lecteur. C'était à peu près comme
les dires rapides et passagers d'une ou deux personnes, qui frappent peu
l'attention et s'effacent presque aussitôt de la mémoire. Mais la lecture
suivie de nombreux documents historiques, dont le rapprochement montre la
ressemblance, devient aussi convaincante pour la raison que l'audition
successive d'une foule de témoins sincères, assurant tous et continuellement la
même chose.
Dans l'exposé de ces
citations, j'ai suivi de préférence l'ordre chronologique. Il peut en résulter
quelque monotonie dans la lecture ; mais la force et la clarté de la
démonstration y gagneront. C'est un avantage incontestable qui doit faire
passer sur ce léger inconvénient.
§ I. — Unité
séculaire de commandement et de direction chez les juifs dispersés.
Depuis leur dispersion,
les juifs ont perpétuellement formé au milieu des autres peuples de la terre,
une nation véritable et distincte, ayant son chef suprême et ses magistrats
secondaires.
Ce pouvoir était
organisé de manière à fonctionner ostensiblement ou secrètement, selon les
circonstances. Après la ruine de Jérusalem et jusqu'à nos jours, les juifs ont
le plus souvent vécu et ont été dirigés comme une immense société secrète.
Dès avant leur
dispersion, ils étaient exercés à ce genre de gouvernement occulte. Car la
secte des Zélés ou Zélateurs, qui fut si nombreuse en Judée, et
qui pénétra dans tous les rangs de la nation, n'était qu'une vaste association
politique, soigneusement dissimulée sous une apparence religieuse. Prétextant
un zèle ardent pour la loi de Moïse, elle avait pour but véritable d'unir tous
les juifs dans un effort général contre les Romains. Et en effet, de l'an 60 à
70, elle organisa et soutint contre eux la résistance et la révolte.
J'ai à démontrer la
vérité de ma première assertion pour trois époques distinctes ; 1° de la
dispersion au XIe ; 2° du XIe au XVe, et 3° du
XVe jusqu'à l'époque contemporaine.
Il est historiquement incontestable
que, depuis leur dispersion jusqu'au XIe siècle, les juifs ont eu un
centre visible et connu d'unité et de direction.
À la ruine de Jérusalem
par Titus (70), commença la première et la grande dispersion des juifs dans le
monde. La seconde eut lieu sous Adrien, après la défaite de Barchochébas (135).
A partir de cette époque, les juifs furent définitivement chassés de Jérusalem
et de
Ceux qui, sous Titus,
échappèrent à l'épée, aux flammes et à la captivité, se réfugièrent en diverses
contrées de l'Europe et de l'Asie.
Les uns se dirigèrent
dans les pays situés au sud et à l’ouest
de
Les historiens racontent
ainsi rétablissement de ces patriarches juifs. Malgré le triomphe des Romains
et la terrible vengeance qu'ils exercèrent, il y eut un certain nombre de lévites
et de simples juifs qui ne purent se résoudre à imiter l'exemple de leurs
frères et à quitter leur patrie. Cachés pendant les premiers temps qui
suivirent la guerre, ils reprirent confiance et reparurent dès qu'ils furent
assurés de n'avoir plus rien à craindre. Ils s'efforcèrent de rassembler en
Judée le plus possible des débris de leur nation, et d'y maintenir l'exercice
de leur culte. L'autorité se concentra naturellement dans les mains de ces
lévites, et plus spécialement de l'un d'entre eux qui fut choisi pour chef, et
à qui l'on conféra le nom de Patriarche. Son autorité augmenta à mesure
qu'augmentaient le nombre et les ressources des juifs établis en Palestine. À
ce groupe se rattachèrent bientôt , spirituellement et politiquement, tous les
juifs émigrés en Egypte, en Italie, en Espagne et dans les autres parties de
l'empire romain. Les patriarches exercèrent sur eux une très grande autorité.
Ils décidaient les cas de conscience et les affaires importantes de la nation ;
ils dirigeaient les synagogues, comme chefs supérieurs; ils établissaient des
impôts; ils avaient des officiers appelés « apôtres », qui portaient leurs
ordres aux juifs des provinces les plus reculées, et qui recueillaient les
tributs. Leurs richesses devinrent immenses. Ces patriarches agissaient d'une
manière ostensible ou cachée, selon les dispositions des empereurs romains à
l'égard des juifs.
En 429, Théodose le
Jeune leur interdit d'établir et de percevoir des impôts. Depuis lors il n'est
plus question d'eux dans l'histoire.
Ces patriarches de
L'autre portion du
peuple juif, qui sortit de
Ces juifs, par
opposition à ceux qui avaient émigré à l'occident de Jérusalem, furent appelés Juifs
d’Orient. Leurs chefs, issus de la famille royale de David, prirent le
titre de Princes de la captivité, ou de l’exil. Les écrivains
juifs mettent une grande différence entre les patriarches de
Les Rabbins, qui nous
rapportent ces faits, doivent mieux que personne connaître l'histoire intime de
leur nation (2).
Au XIe siècle, les califes d'Orient, effrayés de la
puissance et de l'audace des princes de la captivité, se déclarèrent les ennemis
des juifs. Ils fermèrent leurs nombreuses et florissantes académies,
dispersèrent leurs docteurs, et mirent à mort leur prince Ezéchias (1005).
Cette persécution força les juifs orientaux, à abandonner, presque tous, les
contrées qu'ils avaient habitées en paix pendant longtemps. Les uns se
réfugièrent en Arabie, les autres, en plus grand nombre, se retirèrent vers
l'Occident, et jusqu'en France et en Espagne (3).
À partir du onzième
siècle, l'histoire ne parle plus des princes juifs de la captivité (4).
(1) Voir Mizkheth et
Ibérie, notices sur
(2) Pour ne citer qu'un
seul écrit rabbinique, mais qui jouit parmi les juifs de la plus haute
autorité, le Talmud de Babylone, vers le VIe siècle, affirme
expressément l'existence et le pouvoir souverain des Princes de la captivité.
Interprétant dans le traité Sanhédrin, folio 5 recto, le fameux texte de
la prophétie de Jacob (Genèse, XLIX, 10): « Le sceptre ne défaudra pas
en Juda : Ce
sont, dit-il, les Echmalotarques, Princes de la captivité, en Babylone, qui
tiennent le sceptre d’Israël. »
(Voir De l’Harmonie entre l’Eglise et
Je rejette
l'interprétation scripturale du Talmud, qui est fausse ; nous le verrons plus
bas ; mais son témoignage sur l'existence et l'autorité des Princes de la
captivité conserve toute sa valeur. Les écrivains rabbiniques qui ont rédigé le
Talmud babylonien vivaient sur les lieux et sous la puissance des Princes de la
captivité. Plus que tous autres, ils étaient à môme de savoir quelle était
l'autorité, et surtout l'autorité secrète, de ces princes sur la nation
juive.
Echmalotarque est un terme grec, dit
Drach, qui signifie Prince de la
captivité. (Ib. p. 173.) Racine probable, je crois, Ecma, lien, et arcw, commander, régner.
(3) Voir, pour les
sources et les détails : Histoire des juifs depuis Jésus-Christ jusqu'à
présent, etc., par M Basnage. tome V-III, Ire partie, pp. 1 à 112, passim,
(4) Le fameux rabbin
voyageur, Benjamin de Tudèle, prétend en avoir vu un, régnant encore à
Babylone, de son temps, au XIIe siècle. Mais son témoignage est
unique; aucun autre auteur contemporain n’en parle ; il n’est même pas
certainement démontré que ce Rabbin ait fait personnellement les voyages qu’il
raconte.
Ce
serait une erreur de penser que ce silence de l'histoire équivaut à une
disparition réelle des princes de l'exil, et que, depuis ce onzième siècle, les
juifs n'eurent plus de pouvoir central ni de chefs souverains. Jusqu'à présent
les historiens l'ont formellement affirmé; mais c'est parce que, jugeant selon
les procédés de la critique ancienne, ils ont tenu compte uniquement de
l'histoire extérieure. Aujourd'hui la lumière est faite sur tout un
ordre de causes dans les événements historiques, sur lequel on n'avait point
porté précédemment une assez sérieuse attention. Nous avons appris, à nos
dépens, nous surtout catholiques, que, depuis plus d'un siècle, les
bouleversements religieux, politiques et sociaux, dans les deux mondes, ont
dépendu, le plus souvent, de causes occultes, qui seules les rendent vraiment
explicables et compréhensibles. Ceci ne peut plus être nié : au-dessous de
l'histoire apparente, il y a eu, et il y a encore une histoire souterraine.
Dès
lors, puisque la vie et l'action des sociétés secrètes, et de
Il est facile, en effet, de comprendre et
d'accepter comme très possibles et fort probables ces deux séries de faits
successifs dans l'histoire de la nation juive, cette société secrète
universelle et perpétuelle. Tels de ses personnages souverains ont apparu dans
l'histoire comme chefs dirigeants d'Israël et ont joué un rôle connu, eu
exerçant ostensiblement l'autorité, à des époques favorables ; puis, devant la
persécution violente, ou simplement dans des temps difficiles, ils se sont
cachés et se sont perpétués par une succession mystérieuse et ignorée. Ne
paraissant plus sur la scène publique pendant des siècles, l'existence de ces
hommes n'a été mentionnée à l'extérieur par aucun document. De là les
historiens ont conclu à tort et ont affirmé indûment qu'ils n'existaient plus.
Et cependant ni les personnages eux-mêmes, ni surtout l'institution n'avaient
cessé d'être et de fonctionner dans le cours des siècles suivants. L'histoire
des premiers temps de
Ces inductions, très
légitimes et très probantes par elles-mêmes, sont transformées en conclusions
historiques certaines par nos deux lettres juives de 1489.
Après avoir lu la
première, on est amené à se demander pourquoi les juifs de Provence et
d'Espagne sont allés chercher si loin des conseils et une direction dans leurs
anxiétés et leur sollicitude « pour la loi de Moïse ». Car, si réellement alors
leur embarras portait sur un point de religion et sur un doute de conscience,
pourquoi ne se sont-ils pas adressés à leurs propres Rabbins ? Tout près d'eux,
et même tout à fait chez eux, ils avaient, à cette époque, de nombreux docteurs
versés dans leur science sacrée. En particulier, dans ce temps-là, vivait
précisément en Espagne, occupant une position sociale des plus élevées,
ministre et conseiller des rois, le très célèbre Rabbin Abrabanel, un de leurs
docteurs le plus considéré et le plus écouté. Il était certainement à même de
leur donner d'utiles conseils et de sages décisions. Si donc les juifs
d'Espagne et de Provence n'ont point trouvé suffisante l'autorité pourtant si
grande de ce docteur, pas plus que celle de tous les autres, c'est que,
évidemment, ils cherchaient et voulaient avoir la décision d'une autorité
religieuse la plus haute possible pour eux, supérieure encore à celle des
docteurs et des Rabbins les plus renommés. D’où cette lettre de consultation
envoyée à Constantinople par les juifs espagnols et provençaux nous conduit à
conclure logiquement que, au quinzième siècle le peuple juif avait un pouvoir
religieux suprême, résidant dans cette vile.
Mais si nous examinons
avec attention le texte de cette consultation et de la réponse, nous verrons
promptement qu'il ne s'agissait point dans cette correspondance d'une question
purement religieuse.
D'abord, en réalité, les
juifs de Provence et d'Espagne ne devaient avoir aucune difficulté de
conscience dans cette circonstance particulière ; car ils savaient bien qu'ils
étaient entièrement libres, à tous les
points de vue, ou de quitter le pays, ou d'y rester en apostasiant. L'exemple
du premier parti venait de leur être donné par un grand nombre de leurs frères
de France et d'Allemagne. D'ailleurs, dans les siècles précédents, maintes
fois, en pareille occurrence, leurs ancêtres avaient fait ainsi. D'un autre
côté, ils n'ignoraient point que leur code sacré par excellence, le Talmud, révéré et
obéi par tous leurs docteurs et par la nation entière, au-dessus même des
livres de Moïse, leur permettait absolument de changer de religion en apparence,
dans le cas de nécessité, pourvu que, intérieurement, ils restassent fidèles au
judaïsme. Il semble donc qu'ils n'avaient aucun besoin réel de consultation
religieuse, et que leur lettre était sans but. Mais, pour bien comprendre ce
qui les rendait « incertains de ce qu'ils devaient faire pour la loi de
Moïse », il faut connaître le véritable sens de cette dernière expression. Chez les juifs
talmudistes, ceci est certain, « la loi, le culte, la religion de Moïse »
expriment la même idée et sont la même chose que « la nationalité juive ». Pour eux, religion et
nationalité ne font qu'un. De sorte que « ce que nous devons faire pour la
loi de Moïse » veut dire vraiment : « ce que nous devons faire dans les
intérêts de notre nationalité, pour l'avantage de notre nation ». Le vrai but
de la consultation des juifs de Provence et d'Espagne était donc d'abord de
donner connaissance de la persécution qu'ils subissaient à leurs frères
d'Orient, et puis surtout de demander ce que ceux d'entre eux qui, ne voulant
pas abandonner leur pays, embrasseraient le christianisme, devraient faire
ensuite dans les intérêts de la nation juive. Et la preuve, c'est que la
réponse venue de Constantinople ne parle pas d'autre chose. « Faites-vous
chrétiens, puisque vous ne pouvez faire autrement », si vous voulez rester; «
mais gardez toujours la loi de Moïse dans le cœur ». Ceci n'est que la décision
du Talmud. Puis, et c'est là le point capital et spécial de la réponse des
chefs juifs : dans les intérêts de notre nation, « faites en sorte que vos
enfants soient » médecins, apothicaires, chanoines, avocats, etc., afin que par
là vous puissiez arriver à dépouiller les chrétiens, à les mettre sous le joug,
à vous venger d'eux et à dominer le monde. C'était donc une ligne de conduite politique
et sociale que demandaient, et que, en effet, ont reçue les juifs espagnols
et provençaux. Dès lors on s'explique parfaitement pourquoi, laissant de côté
tous leurs docteurs et Rabbins des contrées voisines et même de chez eux, ils
s'adressent ailleurs, fort loin, à Constantinople, parce que, et ce doit être
maintenant pour nous de toute évidence, dans cette ville résidait leur chef
suprême, non seulement religieux, mais aussi politique ; là était la tête et le
cœur de la nation.
En outre, le texte de la
seconde lettre nous apprend quel était ce chef, son origine et sa puissance.
Incontestablement ce « Prince des Juifs » dont elle nous fait connaître
l'existence à Constantinople vers la fin du XVe siècle ne peut pas
être autre qu'un des successeurs de ces princes de la captivité qui régnaient
au onzième en Babylonie; car la dénomination de « Grands Satrapes », que
ce prince donne à ses conseillers et assesseurs, rappelle manifestement
Par ce document
historique, passé inaperçu jusqu'ici, nous tenons un des chaînons de la
succession cachée, mais ininterrompue, des princes du peuple juif du XIe
au XVe siècle. Il nous donne à comprendre ce qui s'est passé vers
l’an 1005, à la suite de la mort du prince de l'exil Ezéchias.
Obligés de se replier
vers les pays occidentaux, ses successeurs s'arrêtèrent et se fixèrent, de
préférence, à Constantinople. Cette ville était un point central entre l'Orient
et l'Occident. De là ils continuèrent, en sûreté, et secrètement désormais, à
surveiller et à diriger tous les juifs répandus en Europe, en Asie et en
Afrique.
A cette époque, les juifs se trouvaient
établis en grand nombre dans presque toutes les contrées européennes situées à
l'ouest de Constantinople, en Italie, en France, en Allemagne, en Espagne,
etc. Au nord de cette ville, dans notre Russie actuelle, existait depuis le IXe
siècle le royaume juif d'Arménie et de Géorgie, sous les dynasties judaïques
des Pagratides et des Rupéniens, puis des Lusignan, qui ne fut renversé qu'au
XIVe siècle par les Mogols ; et plus au nord, un autre royaume juif,
le royaume des Chazares, fondé dès le VIIIe siècle, sur les
bords du Volga. Au sud de Constantinople, en Afrique, il y avait, dès avant l'ère
chrétienne, un État juif, qui plus tard fut persécuteur du christianisme. En
Arabie, la population de race judaïque atteignait un chiffre très élevé et
s'était constituée en royaume, avant Jésus-Christ, selon toute probabilité. Un
de ses rois, au VIe siècle, opprima violemment les chrétiens. À
l’est de Constantinople, dans les Indes orientales, florissait, depuis
le VIe siècle, le royaume juif de Crangor, qui dura mille ans. Les
juifs avaient pénétré jusqu'en Chine, où ils s'étaient fait des
établissements très considérables (1).
Constantinople était
donc, par sa position, le séjour le plus convenable pour que les princes juifs
fussent à portée de diriger leurs frères de race disséminés sur une aussi vaste
étendue. C'est de ce centre qu'ils les ont gouvernés du onzième au quinzième
siècle inclusivement.
(1) Voir l'ouvrage déjà
cité de M. de Villeneuve, Notices sur
En poursuivant notre raisonnement par induction, nous disons : du
XVe au XIXe siècle, la succession cachée des princes
d'Israël a pu se perpétuer tout aussi bien, et sans plus de difficultés, que du
XIe au XVe; et, par conséquent, pendant ces quatre
derniers siècles, les juifs ont eu de même un centre unique du gouvernement et
un chef suprême de toute leur nation. Il est très probable que ces princes ont
toujours été pris dans les mêmes familles et qu'ils ont réside au même lieu, à
Constantinople.
Nous appuyons ce
raisonnement par trois témoignages formels et par deux faits incontestables,
témoignages et faits qui appartiennent à notre XIXe siècle.
I. En 1815, un célèbre écrivain
allemand, « un des coryphées de l'école des publicistes philosophes, dont, par
conséquent, le témoignage ne saurait être suspect, et qui avait étudié avec le
plus grand soin la question des juifs et leur situation à cette époque (1),
J.-L. Kubler, écrivait ces lignes bien remarquables dans le sens de notre
présente thèse :
« Les
juifs forment une secte politico-religieuse, placée sous le rigoureux
despotisme théocratique des Rabbins. Non seulement ils sont étroitement
unis et conjurés entre eux, au point de vue de certains dogmes
religieux, mais ils constituent une société héréditaire, « tout à
fait close, pour tout ce qui concerne la vie ordinaire, le commerce habituel,
l'éducation du peuple, excluant tout progrès, et entretenant soigneusement
entre eux l'esprit de caste et de famille par l'interdiction formelle de toute
alliance avec des personnes d'une autre religion… Le judaïsme n'a jamais été, jusqu'à
ce jour, au point de vue politique, religieux et physique, qu'un
esprit de caste qui, par la rigueur, l'inexorable partialité de ses partisans,
n'a son égal dans aucune autre classe d'hommes en Europe. Les Juifs forment SUR TOUTE
(1) La
question juive fut l'objet d'une des premières
délibérations du Congrès de Vienne en 1815.
Une cinquantaine
d'années plus tard, un témoignage plus grave encore, et tout à lait identique,
nous arrive du fond de l'Europe orientale.
En 1808, trente membres
de la chambre législative des Etats roumains, ayant à leur tôle le président
même de cette assemblée, ont présenté à leur gouvernement un projet de loi
refusant l'égalité civile et politique aux juifs très nombreux établis en
Roumanie. Ces juifs sont tous de purs talmudisants, de vrais juifs du Moyen Âge
(3).
(2) Voir Dictionnaire
de Goschler, au mot Émancipation des juifs. Voir Kubler, Coup
d'œil des délibérations diplomatiques du Congrès de Vienne, t. III, p. 3(JO.
— Le supplément de la biographie universelle de Feller, par Perennès
(tome XIII, Besançon, 1838), donne ainsi le titre de cet ouvrage de Kubler : Commentaire
sur les actes du Congrès de Vienne, 1814 et 1815. 8 vol. in 8°. — Sur J.-L.
Kubler, voir ces deux dictionnaires.
(3) M. Ernest
Desjardins, professeur de l'Université, dans une brochure intitulée Les
Israélites en Moldavie, 1868 (
Nous prenons dans l’exposé des motifs de ce projet de loi
les assertions suivantes :
« Les populations roumaines se voient inondées d'une race à
part, hostile, qui a formé, à côté de la nation roumaine, une nationalité
étrangère et opposée aux intérêts de celle-ci... La race juive se distingue
des Roumains par sou origine, par ses mœurs, sa langue, sa religion, sa morale,
et surtout parce qu'elle s’obstine à rester absolument isolée de la
société, et à se préserver de toute fusion arec d'autres races étrangères... Les
juifs, forcés par le besoin, se soumettent extérieurement à
l'autorité des Etats non-juifs, mais jamais ils ne peuvent consentir à
en devenir une partie intégrante. Ils ne peuvent effacer de leur esprit L'IDÉE DE L'ÉTAT
JUDAÏOUE, idée que nous voyons, EN TOUTE OCCASION, ressortir forte et
vivace de toutes leurs actions... Ils ne sont pas seulement une secte
religieuse, ils sont surtout l'expression de certaines particularités
indélébiles de race et de certaines croyances invincibles de NATIONALITÉ. C'est pourquoi le juif
de l’Espagne, de l'Angleterre, de
(1) Je prie le lecteur
de vouloir bien comparer ces paroles des députés roumains avec ce que j'ai
affirmé plus haut sur le véritable sens les mots « la loi de Moïse ». Il
est incontestable que chez les juifs de nos jours, comme des temps passés, ces
expressions « loi de Moïse, religion, culte, judaïsme », ont la même
signification que nationalité juive, race juive, gouvernement national,
constitution juive, État juif ».
A l'appui de ces deux
témoignages, un autre publiciste, M. Herman Kuhn, vient constater,
soixante-cinq ans après Kubler, dans l'année dernière 1881, que la position
politique et sociale des juifs, en Allemagne, est entièrement la même.
« La position des
juifs, nous dit-il, est fort avantageuse. A côté des droits civils communs à
tous les citoyens, ils ont conservé leurs anciennes franchises, leurs droits
de corporation et d'autonomie... Chaque communauté juive s'administre
elle-même, lève des impôts, nomme ses fonctionnaires et rabbins, dirige ses
écoles, sans intervention de l’autorité civile. Les nombreuses et riches
associations juives jouissent d'une immunité, d'une inviolabilité absolue... LES JUIFS FORMENT
VÉRITABLEMENT UN ETAT DANS L’ETAT (2). »
L'écrivain
philosophe Kubler, en 1815, les trente députés roumains, en 1868, le publiciste
catholique Kuhn, en 1881, disent donc des juifs, on le voit, absolument les
mêmes choses. Ils nous les montrent, en Allemagne et en Roumanie, à quelques
mille lieues de distance, vivant et agissant dans une situation physique,
intellectuelle, politique et sociale tout à fait identiques.
(1) Voir Archives israélites, IX et X, 1808.
Ce journal juif de Paris a emprunté aux Feuilles publiques roumaines, et
a publié cet important document, dans le but de le combattre, parce qu'il fait
trop connaître et stigmatise les vices, les idées haineuses et révolutionnaires
et les projets subversifs de la nation juive. J'en donne plus loin d'autres
extraits, non moins intéressants que celui-ci. Voir aussi Le Juif, le
judaïsme, etc., par M. Gougenot des Mousseaux (Plon, Paris, 1869), qui le
reproduit en grande partie; chap. XIe, pp. 441 et suivantes.
(2) V. Revue du monde
catholicité, La question juive en Allemagne, n° du 15 octobre 1881.
Nous connaissons donc
avec certitude par ces trois écrits l’état politique et social réel des juifs
dans notre XIXe siècle.
Mais, pour que la race
juive « s'obstine ainsi à rester isolée » et « à se
préserver de toute fusion avec d'autres races étrangères », pour que les
juifs gardent toujours dans leur esprit cette « idée de l’État judaïque »,
et cette « croyance invincible de leur nationalité » que toutes
leurs actions, en toutes occasions, font ressortir forte et vivace,
pour que le juif « reste toujours juif », pour qu'il puisse
constituer, en tant de pays du globe éloignés les uns des autres, « UN ÉTAT DANS L’ÉTAT », et former « SUR
TOUTE
Sa religion exclusive et
son code sacré, le Talmud, malgré leur immense influence, n'auraient jamais pu
suffire seuls à produire cet étonnant résultat de lui faire traverser les
nations et les siècles sans être entamé ni dans sa croyance, ni dans sa race,
ni dans son indomptable nationalité. Il y a eu sans nul doute une action spéciale de
Si le catholicisme
n'avait pas eu dans
C'est par un moyen
analogue que le peuple juif s'est conservé religieusement et politiquement
durant les dix-huit siècles de sa dispersion dans le monde.
II. Cette preuve d'ordre
moral est corroborée par deux faits irrécusables et bien démonstratifs
dans le sens de notre proposition.
Le premier date de 1823.
En cette année, un Israélite des plus distingués de France, le Rabbin Paul Drach,
de Strasbourg, se convertit au catholicisme. Drach avait fait de longues et
sérieuses études sur tous les écrits rabbiniques, et sur le Talmud en
particulier. Il était directeur de l'école juive de Strasbourg. Le titre et le
diplôme de Rabbin, docteur de la loi, qui lui avait été conféré par les
principaux grands Rabbins de France, les ouvrages qu'il venait de publier avec
succès pour la défense du judaïsme, l'estime et l'autorité dont il jouissait
auprès de ses coreligionnaires, lui donnaient « l'expectative du premier siège
de grand Rabbin qui serait venu à vaquer ». Paul Drach fit le sacrifice de tous
ces avantages et de toutes ces espérances : il abjura le judaïsme et entra dans
l'Eglise catholique. Mais tout aussitôt s'élève contre lui une terrible
persécution. Sa femme l'abandonne, en emmenant
avec elle ses trois enfants. « Le concours de bien des juifs fut
nécessaire à cette entreprise audacieuse », qui était une vengeance de la
synagogue contre Drach. « Les ravisseurs prirent si bien leurs mesures,
que les recherches les plus actives de l'autorité » ne parvinrent point à
découvrir la direction qu'avaient prise les fugitifs. « On sut dérober aux
investigations de la police jusqu'à la moindre trace du passage de quatre
individus depuis Paris jusqu'à Londres, par Calais et Douvres. »
Ce fut dans la capitale
de l'Angleterre que les juifs cachèrent l'épouse et les enfants de Paul Drach.
« Là, sous un faux nom, Mme Drach avec ses enfants se montrait
publiquement parmi les juifs de cette ville, continuellement en relation avec
ceux de Paris. Ces derniers, au reste, savaient très bien où elle s'était
réfugiée, sans avoir besoin de l'apprendre de leurs coreligionnaires de l'autre
côté de
Le malheureux père, au
désespoir, intenta un procès « pour rapt d'enfants mineurs, dans le but, non
pas d'atteindre les coupables, mais de retrouver la trace de ses enfants.
Plusieurs mandats de comparution furent décernés contre des Israélites que l’on
savait être parfaitement instruits de la retraite de Madame « Drach. » On n'en
put tirer aucun renseignement.
« La
police, continue l'infortuné Drach, pendant près de deux ans, ne put pas
découvrir ce qui était à la connaissance des plus petits enfants juifs, non
seulement en Angleterre, mais encore dans tous les pays où est
dispersée la race de Jacob. L'incontestable adresse de la police française
échoua contre la profonde discrétion que les juifs savent observer envers
les Goyim (1), toutes les fois qu’il y va DE L'INTÉRÊT DE QUELQUE
AFFAIRE NATIONALE »
« ... Que peuvent les
plus sages mesures des autorités de tous les pays contre
Après avoir appris par
l'effet du hasard, ou plutôt par l'action de la divine Providence, que ses
enfants se trouvaient à Londres, Drach se pose à lui-même cette objection : «
Mais comment les obtiendra-t-il, ces petits innocents ? S'adressera-t-il à
l'autorité, car la législation anglaise reconnaît, comme la nôtre, les droits
du père sur ses enfants ? A sa première démarche, les juifs, maîtres de sa
famille, usant DES GRANDS MOYENS DONT ILS DISPOSENT, la feront
DISPARAÎTRE pour toujours ! »
C'est pourquoi Drach
résolut d'employer la ruse. A son tour il réussit à reprendre ses enfants et à
les enlever des mains de ses ennemis.
Il termine son long
récit en assurant qu'il est « fidèle », et « appuyé du témoignage d'un
très grand nombre de personnes recommandables et de plusieurs pièces d'une
exacte authenticité (2) ».
(1) Non-juifs chrétiens.
(2) Voir De l’harmonie entre l’Eglise et
(3) ID., pages 1 à 80. — Dans son livre, M. Drach s'est approprié le récit
de tous ces événements fait par un de ses amis.
Or ce fait et les
affirmations dont celui qui en a été la victime en accompagnent le
récit, forment une preuve de la plus grande force à l'appui de notre thèse.
Car, ici, ce n'est point un étranger qui parle du peuple juif, c'est un de ses
membres principaux, un Rabbin des plus estimés et des plus versés dans la
science de sa loi religieuse, qui par conséquent doit être parfaitement
instruit de ce qui regarde sa nation, de son état, de son organisation, de sa
direction, de son gouvernement. D'après ses assertions formelles, les juifs, au
XIXe siècle, forment une immense et permanente conjuration ; ils
sont constitués comme une sorte de réseau aussi vaste que solide, qui enveloppe
l'univers; c'est un peuple de conspirateurs ; il en a et en donne la discrétion
et les habitudes même à ses petits enfants. Lui, Drach, a été la victime de
cette organisation que, en sa qualité de Rabbin, il connaissait si bien et
redoutait si fort pour sa famille. Mais la conséquence qui ressort avec la plus
complète évidence de ce fait et des véridiques assertions de cet ancien Rabbin,
c'est que les juifs ne sont capables d'agir ainsi, de déjouer « pendant deux
années l’incontestable adresse de la police » d'un grand pays , d'inspirer
« une si profonde
discrétion aux plus petits de leurs enfants dans tous les pays où
est dispersée la race de Jacob », de disposer « de si grands moyens », de
former une conjuration permanente », d'être « un réseau vaste autant que
solide jeté sur tout le globe», de pouvoir « porter leurs forces partout
où surgit un événement qui intéresse le nom israélite, que parce qu'ils ont
un centre d'autorité et un pouvoir souverain, d'où part
l'organisation d'une affaire, le mot d'ordre, le mouvement et la direction, et
qui est universellement reconnue et obéie par eux tous dans le monde entier.
Le second fait a eu plus
de retentissement encore que le premier.
Une vingtaine d'années plus tard, en février 1840, le Père
Thomas, capucin français, et son domestique furent assassinés à Damas (Syrie)
par les principaux juifs de cette ville. Les
meurtriers égorgèrent ces deux victimes chrétiennes et recueillirent leur sang,
dans le but de remplir un rite religieux prescrit par leurs traditions.
La disparition subite de
ces deux hommes éveilla promptement l'attention générale. Informé par la voix
publique, le consul de France, M. le comte de Ratti-Menton, prévint la justice
du pays et réclama la recherche et la poursuite des coupables. Par les soins et
sous la direction de Chérif-Pacha, magistrat suprême et gouverneur général de
Quatre d'entre eux
obtiennent leur grâce pour avoir fait des révélations ; les dix autres sont
condamnés à mort.
Mais, à la première
nouvelle de cette affaire, les juifs de toutes les parties du monde se mettent
en action. La presse européenne, qui leur était déjà en grande partie vendue,
élève un long concert de récriminations bruyantes, non contre les assassins,
mais contre les assassinés, contre le consul français, contre la justice de
Damas, On essaie d'atténuer le forfait, d'excuser les meurtriers ; on calomnie
les victimes et tous ceux qui poursuivent le châtiment mérité d'un crime si
abominable. En même temps des délégués d'Israël s'empressent de tous
côtés, offrant des sommes énormes pour suborner de faux témoins, gagner les juges,
obtenir l'acquittement des coupables, puis le retard de l'exécution, enfin la
grâce des condamnés.
Une de ces députations
juives, envoyée par les Israélites d'Europe, ayant à sa tête le juif anglais
sir Moïse Montefiore et le juif français Isaac-Adolphe Crémieux (1), parvint à s'entendre
avec Méhémet-Ali, vice-roi de Syrie et d'Egypte, qui accorda, à prix d'argent,
la mise en liberté des assassins.
Recueillons en passant
l'appréciation de ce fait par un des hommes qui ont le mieux connu les secrets du
monde judaïque, le Rabbin Drach, dont nous venons de raconter les tribulations
:
« Les assassins du
Père Thomas, à Damas, dit-il, convaincus de leur crime, ont été soustraits à la
vengeance de la loi PAR LES EFFORTS RÉUNIS DES JUIFS DE TOUS LES PAYS. Une
députation d'Israélites de marque s'est transportée de France en Orient pour
solliciter du pacha d'Egypte la grâce des coupables. L'argent a joué le
principal rôle dans cette affaire. »
(1) Ce Crémieux, qui
apparaît en 1840, est l'homme de nos deux révolutions de 1848 et de 1870, et le
célèbre président de l’Alliance Israélite universelle, fondée en 1859.
II est mort le 11 février 1880, et non pas 1874, comme le dit par faute d'impression
le livre Francs-Maçons et juifs, p. 334, note.
II faut observer que Drach fait cette
réflexion, en racontant l'enlèvement de ses enfants, et en reconnaissant, non
seulement sa propre impuissance, mais celle « des autorités de tous les pays
contre la vaste et permanente conjuration d'un peuple... qui porte ses forces
partout ou surgit un événement qui intéresse le nom israélite » (1).
Dans cet événement, je
ne relève qu'un seul point, c'est l’ensemble parfait avec lequel, par
toutes sortes de voies et de moyens, les juifs d'Europe et d'Asie sont
venus au secours de leurs frères de Damas. D'où nous devons conclure de nouveau
forcément que, si, de nos jours, Israël n'avait pas un centre d'unité et de
direction, si les juifs de chaque pays ne formaient que des communautés
indépendantes et à peu près étrangères les unes aux autres, si, dans chaque
contrée et dans les deux hémisphères, ils n'étaient pas tous reliés et
commandés par une autorité universellement reconnue et obéie, comment se
seraient-ils occupés de quelques misérables assassins, convaincus, condamnés et
perdus dans un coin de l'Orient ? Comment auraient-ils pu s'entendre si
unanimement de tous les points de l'Asie et de l'Europe pour agir dans le même but,
et surtout pour réunir ces monceaux d'or qu'il a fallu dépenser dans
l'entreprise, et payer au pacha musulman en échange de la grâce de ces affreux
criminels (2) ?
(1) De l'harmonie entre
l’Eglise et la Synagogue, t. Ier, page 79, note G.
(2) Sur cet abominable crime de Damas, sur
les détails du procès et sur les manœuvres des juifs du monde entier, voir
: I° les pièces authentiques du procès qui sont déposées au ministère des
affaires étrangères à Paris ; 2°
De ces deux faits, comme
des trois témoignages cités, il résulte donc que très certainement, au XIXe
siècle, les juifs ont des princes et des chefs suprêmes par lesquels, sur toute
la surface du globe, ils sont commandés et dirigés.
Par conséquent, de ce
quinzième siècle, où un document authentique nous prouve leur existence,
jusqu'à notre dix-neuvième siècle inclusivement, la succession de ces chefs a
été ininterrompue.
Dès lors doit être
acceptée comme incontestable notre première proposition : un centre unique de
commandement et de direction et une autorité suprême incontestée ont toujours
existé chez les juifs depuis leur dispersion jusqu'à nos jours (1).
Sur des faits semblables,
perpétrés plus récemment, ou des enfants ont été les victimes, et que l’or des
juifs et leur influence de plus en plus croissante ont étouffés, voir l’Univers
quotidien du mois de janvier 1859 et ce même journal du 5 avril 1879 et de juin
1882.
(I) Les docteurs et les
Rabbins juifs ne sauraient se prévaloir de l'existence ininterrompue de cette
autorité centrale dans leur nation, afin d’éluder la force de la célèbre
prophétie de Jacob au sujet de la venue du Messie et afin de nier son accomplissement.
Dans
Un corollaire en découle nécessairement. Cette
autorité centrale étant devenue, à partir du XIe siècle, une
autorité complètement ignorée dans son nom et inconnue quant à son siège, elle
s'est donc exercée d'une façon tout à fait cachée. Dès lors, ainsi que nous
l'avons déjà affirmé, la nation juive a été conduite, depuis près de neuf
siècles, comme une immense société secrète. L'histoire en effet n'a plus
rien su et ne dit plus rien des chefs suprêmes des juifs, depuis la disparition
extérieure des princes de la captivité. Assurément ils ne sont pas restés
inaetifs; et c'est par leur impulsion et par leurs ordres souterrains que bien
des mouvements de toute nature se sont opérés dans le cours des siècles passés
chez leur nation, et, sans nul doute aussi, chez les autres peuples. Les
historiens ont relaté les faits, sans chercher à remonter à la cause première,
faute de preuves ou d'indications extérieures. Sous ce rapport, nos deux
lettres de 1489, en npus apprenant la succession perpétuée de ces princes, sont
une précieuse révélation.
Le sceptre
est le symbole extérieur, visible et connu de l'autorité
royale, de l'autorité souveraine ; il ne peut donc désigner et prédire qu'une
autorité extérieure, visible et connue. Or aucun de ces
caractères ne convient aux autorités qu'ont eues et qu'ont encore les juifs,
depuis leur dispersion. L'autorité des princes de l'exil à Babylone n'était extérieurement
qu'une « ombre d'autorité », comme celle d'Anne et de Caïphe à
Jérusalem, aux temps de Jésus-Christ. Quelque grande qu'elle fût moralement et
secrètement sur la nation, à l’extérieur et visiblement, c'était
Hérode, c'étaient les gouverneurs romains, c'étaient les califes de Babylonie
qui, de fait, tenaient le sceptre. A l'une comme à l'autre époque, le sceptre
était sorti de Juda; il n'était plus eu Juda. Nous admettons que les rois
juifs d'Arménie ont été des descendants de David. Ils ont vraiment porté le
sceptre. Mais ceci ne fait rien contre la prophétie, parce que ce sceptre,
revenu en Juda, en était sorti depuis sept à huit cents ans. Du reste,
d'un côté l'ombre d'autorité extérieure des princes de l'exil a
complètement cessé au onzième siècle ; d'un autre côté, le sceptre a disparu de
tous les royaumes juifs d'Asie, après leur ruine aux XIVe et XVIe
siècles; par conséquent, depuis au moins trois cents ans, il n’y a plus de
sceptre en Juda : et le Messie attendu par les Juifs n'a pas encore paru.
Tandis que, au contraire, précisément à cette première époque, où, pour la
première fois, le sceptre a été ôtê de Juda, en passant des
princes Asmonéens, descendant de cette tribu, aux mains de l'étranger Hérode,
l'Iduméen, le Messie des chrétiens, Notre-Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu
et fils de
Ce que
disent plusieurs écrivains que les juifs, depuis leur dispersion, n'ont plus de
centre d'autorité, ni politique, ni religieux, doit
donc s'entendre seulement d'un centre visible et connu, comme
chez les autres peuples, et sous le rapport religieux, d'une autorité véritablement
légitime. Ce qui n'exclut pas l’existence de fait d'une autorité centrale
et suprême, mais occulte, dont les juifs suivent, et ont toujours suivi
la direction religieuse et politique.
Afin
de rendre notre thèse de plus en plus évidente, il nous reste à élucider deux
intéressantes questions qui se rattachent étroitement à la précédente, à savoir
: 1° quelle a été, et quelle est encore aujourd'hui l'étendue de l'autorité des
princes et chefs d'Israël ? Nous l'avons déjà qualifiée d'absolue, de
souveraine, d'incontestée. Tout ce que nous avons relaté jusqu'ici de faits et
de témoignages démontre bien qu'elle est telle en effet. Mais, pour que la
question de cette autorité soit complètement éclairée, il est nécessaire
d'exposer et son origine et les motifs pour lesquels elle est si respectée de
toute la nation juive. 2° Par quels moyens et de quelle manière ces chefs
ont-ils pu gouverner leur peuple dispersé d'un bout du monde à l'autre? Quelle a été. et quelle
est présentement l'organisation administrative et politique qui rend possible
ce gouvernement universel ?
Nous allons étudier ce
double point dans les deux sections suivantes.
L'autorité des princes
et chefs suprêmes d'Israël a toujours été, et est encore de notre temps,
absolue, incontestée et universellement obéie, parce que, aux yeux de tous les
juifs, elle n'est autre que celle de l’ancien grand Sanhédrin.
I. Quelle que soit sa
véritable origine et la date réelle de ses premiers commencements, le Sanhédrin,
ou Grand Conseil, existait chez les juifs avant leur dispersion et
siégeait à Jérusalem.
Cette assemblée,
politique, religieuse et judiciaire à la fois, était chargée de toutes les
affaires importantes de la nation. Elle se recrutait d'elle-même et choisissait
ses propres membres. Son autorité était immense. Le grand prêtre, qui en
faisait partie de droit, en était ordinairement le chef. C’est devant elle que
se portaient en dernier ressort toutes les causes graves jugées en première
instance par les tribunaux inférieurs. Le Sanhédrin pouvait infliger la peine
de mort (1).
Il en fut de même sous
Judas Aristobule, son fils (106-105). Elles portent, avec la couronne d'olivier
: Judas grand prêtre et le conseil des Juifs.
Un des trois types de
monnaies que nous a laissés Alexandre Jannée, frère et successeur d'Aristobule
(105-78), reproduit la même inscription : Jonathan le grand prêtre et le
conseil des Juifs. Sur des monnaies d'un second type, on lit en hébreu : Jonathan,
le Roi, et en grec : Alexandre (étant) Roi.
Alexandre II, petit-fils
d'Alexandre Jannée, prenait aussi, sur ses monnaies, le titre de Roi, en grec :
d'Alexandre, Roi.
Les monnaies du dernier
des princes Asmonéens, Antîgone (40-37), portent sur la face, en grec : du
Roi Antigène, et sur le revers, en hébreu : Mathatias le grand prêtre et
le grand conseil des Juifs. Cette légende hébraïque nous apprend que Mathatias
était le nom hébreu du prince juif qui, en grec, s'appelait Antigène.
Depuis
l'ère chrétienne, on trouve plusieurs monnaies que l'on rapporte à l'époque de la
première révolte des juifs contre les Romains (66-67), et qui ont ces légendes
: Eléazar le grand prêtre ; Simon Nasi Israël, Simon, prince d'Israël
(Voir Revue des études bibliques et orientales : la monnaie chez les juifs,
dans le journal le Monde, 5 mai 1882).
(1) Les monnaies juives
des deux premiers siècles avant Jésus- Christ et du premier siècle de notre ère
témoignent de cette grande autorité du Sanhédrin et de son chef habituel, le
grand prêtre.
Depuis Jean Hyrcan, fils
et successeur de Simon Machabée (135-106 avant Jésus-Christ), les monnaies
juives eurent sur la face cette légende, entourée d'une couronne d'olivier : Jean
le grand prêtre et le conseil des Juifs.
Le Sanhédrin se composait de soixante et onze membres, savoir :
d'un président, en hébreu Nasi ou Nâci, chef, prince,
et de soixante-dix assesseurs. Ces membres étaient partagés en trois classes
distinctes :
1° Les Princes des
Prêtres : « Principes Sacerdotum ». Cette dénomination générale comprenait
non seulement le grand prêtre en fonction et ses prédécesseurs encore vivants,
mais aussi les chefs des vingt-quatre familles sacerdotale.
2° Les Scribes : «
Scribæ populi », ou docteurs de la loi. Ils formaient une corporation nombreuse
et puissante, dont le ministère consistait surtout à interpréter la loi
mosaïque. Sous le régime théocratique des juifs, la religion et la politique se
trouvaient étroitement unies; aussi les Scribes étaient tout à la fois des
jurisconsultes et des théologiens. Ils appartenaient presque tous à la secte
pharisienne, et jouissaient d'un grand crédit auprès du peuple. Ce n'étaient
que les plus illustres d'entre eux, tels que les Nicodème, les Gamaliel, qui
entraient au Sanhédrin.
3° Les Anciens du
peuple : « Seniores populi », c'est-à-dire les notables, qui étaient pris
parmi les chefs des principales familles. Ils constituaient l'élément purement
laïque du Grand Conseil de la nation (1).
Dans le principe, le
Sanhédrin avait pour principale mission de conserver la loi orale, c'est-à-dire
cette tradition véritable et légitime, venue de Moïse et des prophètes et
transmise de vive voix, à laquelle Notre-Seigneur et les apôtres ont fait des
allusions fréquentes, et qui était le commentaire et le complément de la loi
écrite, c'est-à-dire de
(1) Voir Sainte Bible
de Lethielleux. Evangile de saint Matthieu\ p. 54, note. — Sur le
Sanhédrin, voir encore Fleury : Mœurs des Israélites. — Dom Calmet: Dictionnaire
de
Les Evangiles et les Actes des Apôtres parlent
souvent du Grand Conseil de la nation juive, ou Sanhédrin, notamment : Evangiles
: Matth., ch. 2, v . 4 : Quand Hérode, « assemblant tous les princes des
prêtres et les scribes du peuple, s'enquit d'eux où naîtrait le
Christ ». Cette assemblée n'était autre que le Sanhédrin ; puis, ch. 5, v. 22 :
« Celui qui dira à son frère Raca sera justiciable du Conseil; et
encore, ch. 23, vers. 2 et 3 : « Les scribes et les pharisiens sont assis
sur la chaire de Moïse; observez donc et faites tout ce qu'ils vous diront
». (V. Sainte Bible. Evangile selon saint Matthieu.) Dans le récit de
(2) V. Drach, De
l’harmonie entre l’Eglise et
Lorsque
le sceptre sortit de Juda, sous Hérode l’Iduméen, la puissance du Grand Conseil
fut singulière ment diminuée. Au point de vue extérieur et gouvernemental,
elle n'eut plus qu'une faible action ; elle devint presque nulle, quand
Mais il est indubitable
que, même alors, dans cette situation extérieurement amoindrie, le
Sanhédrin et son président ordinaire, le grand prêtre, avaient sur tous les
juifs, sous le rapport religieux, politique et national, une influence morale
et une autorité occulte des plus considérables, et que la direction
réelle de la nation juive , soit dans
Ce Grand Conseil
disparut dans la première dispersion.
Mais les auteurs du
Talmud et les écrivains rabbinistes postérieurs nous assurent que le Grand
Conseil de la nation fut reconstitué dans
II n'y a rien
d'improbable à ce que, de 70 à 133, les révoltes générales des juifs contre les
Romains, hors de
Quoiqu'il
en soit, et bien que, pendant un certain temps, autour des patriarches de
Judée, autorité secondaire, se soient groupées de célèbres écoles ou académies,
d'où sortirent les docteurs Emoraïm qui écrivirent les premières parties
du Talmud (1), il est
certain que, dès le IVe siècle, au témoignage de saint Jérôme qui
habitait ce pays, il n'y avait plus, ou presque plus de docteurs de la loi en
Palestine (2) ; et que,
au VIe siècle, le pouvoir suprême, religieux et politique de la
nation avait son siège unique dans
Pour établir l'autorité
et la mission spirituelle de leurs docteurs, les écrivains talmudistes et
rabbinistes les font remonter jusqu'à Moïse par une chaîne traditionnelle
ininterrompue, dont les anneaux se sont communiqué les uns aux autres la loi
orale que le conducteur d'Israël reçut de Dieu, disaient-ils, en même temps
que la loi écrite, sur le mont Sinaï. Cette chaîne des docteurs de la
loi est partagée en plusieurs séries.
La première
série part de Moïse et va jusqu'à Esdras inclusivement. Elle se nomme la
série des Prophètes.
La seconde
commence à Siméon le Juste, grand prêtre après Esdras. Elle est appelée la
série des docteurs Thanaïtes (c'est-à-dire traditionnaires, qui ont
conservé et transmis de vive voix la tradition, la loi orale), et encore Misnites
(c'est-à-dire auteurs de
La 3e série
des docteurs fut celle des Emoraïm (qui disputent, expliquent). Ils
exposèrent et interprétèrent différentes parties de
La. 4e série
comprend les docteurs dits Séburaïm (opinants). Ils donnaient leur
opinion sur tel ou tel point du Talmud. Plusieurs de leurs enseignements ont
fini par être introduits dans ce code et ont fait comme une seconde et dernière
clôture du Talmud un peu après le milieu du VIe siècle.
La 5e et
dernière série fut celle des Gaonim (illustres, excellents, seigneurs).
Au onzième siècle, la grande persécution de Babylonie mit fin aux académies de
ces docteurs et à leur succession, qui ne s'est plus continuée d'une manière
visible et connue. Beaucoup plus tard, s'élevèrent ailleurs, en Espagne
surtout, des écoles juives renommées et des docteurs célèbres, mais sans avoir
aucun lien ni rapport de succession avec la grande chaîne traditionnelle (6).
C'était donc, ainsi que
l'affirme aussi, d'après les Rabbins, le savant Drach, parmi ces docteurs de la
loi, Tanaïtes, Emoraïm, Séburaïm et Gaonim, que, de la dispersion
au XIe siècle, furent successivement choisis les chefs souverains de
la nation juive (7). Et c'est sur cette grande chaîne traditionnelle des
docteurs, dont ils soudent plus ou moins bien les anneaux, que se sont appuyés
et s'appuient encore les juifs talmudistes pour prétendre qu'Israël a toujours
possédé de vrais docteurs de la loi, et qu'il n'a pas cessé d'avoir à sa tête
un pouvoir spirituel légitime, véritablement d'origine divine, et auquel il est
obligé d'obéir comme à Dieu même (8).
(1)
(2) Comment, in Oscam, in prologo, circà finem.
(3) Le titre de
« Rabban » est le plus distingué de tous les titres honorifiques que
pouvaient recevoir les docteurs juifs. Après ce titre venaient ceux de Rabbi
et Ribbi, donnés surtout aux docteurs des académies de
(4) « Secus pedes Gamaliel eruditus juxtà veritatem paternæ legis. » Act. Apost., c. 22, v.
3.
(5) Ghémara. c'est-à-dire
interprétation, explication. Talmud c'est-à-dire doctrine, la doctrine
parfaite, par excellence.
(6) Voir Drach, De
l'harmonie entre l’Eglise et
(7) Drach, Ibidem., pages
172 et 173.
(8) Pourtant le Talmud
reconnaît positivement que, « depuis la dernière dispersion des juifs, il n'y a
plus de docteurs en Israël, parce que l'imposition des mains, une fois
interrompue, ne peut plus se reprendre. Le Messie seul... pourra donner à ce
signe extérieur la vertu d'imprimer le caractère de docteur de la loi ». (V.
Drach, De l'harmonie entre l’Eglise et
Il est incontestable
que, au point de vue extérieur et officiel, les princes de la captivité et leur
Sanhédrin n'avaient qu'une bien faible autorité, sous la domination des califes
de Babylone. Leur situation ne différait guère de celle du Sanhédrin de
Jérusalem sous les Romains. Mais leur autorité morale et leur action
occulte sur la nation dispersée égalait au moins celle de l'ancien Grand
Conseil.
La raison en est que
cette puissance politique et religieuse des princes de la captivité et de leurs
assesseurs était affirmée et consacrée par le Talmud même. En traduisant et en
interprétant la prophétie de Jacob (Genèse, c. 49, v. 10) : « Le sceptre ne
sera pas ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu'à ce que
vienne celui qui doit être envoyé » ; le Talmud dit : « Le sceptre
ne défaudra pas en Juda : ce sont les princes de la captivité qui tiennent
le sceptre d'Israël ; et le législateur en sa postérité : ce sont les
descendants d'Hillel qui enseignent la religion à la multitude (1). »
Ce texte prouve avec
évidence que, pour les auteurs du Talmud, ou Ghémara de Babylone, les
princes de la captivité étaient les légitimes continuateurs et détenteurs de la
puissance souveraine concentrée autrefois dans la tribu de Juda. Par les
expressions : le législateur en sa postérité : ce sont les descendants
d'Hillel, etc. », ces docteurs Emoraïm se désignent eux-mêmes, et leurs
autres collègues. Ils se disent issus de David et de Juda, comme Hillel dont
ils « sont les descendants » et les successeurs dans la mission
spirituelle d'enseigner « la religion à la multitude ». Par conséquent,
d'après leur affirmation, il y avait, au VIe siècle, à Babylone,
auprès des princes de la captivité, de véritables docteurs de la loi, comme
dans le passé, à Jérusalem, auprès du grand prêtre. Pour eux donc rien
n'était changé dans le pouvoir politique et religieux de la nation : celui de
Jérusalem s'était perpétué dans celui de Babylone.
Or le
Talmud a été, et est encore la règle absolue et universelle de tout Israël,
adoptée par lui sans hésitation ni conteste, dès sa terminaison. Plus loin, nous
donnerons des preuves nombreuses et convaincantes du respect et de la
soumission des juifs pour les enseignements de leur code sacré. Donc, dès le sixième
siècle au moins, les juifs, d'après les affirmations et les prescriptions
révérées et incontestées de leur Talmud, ont dû considérer les princes de la
captivité et leur conseil comme les successeurs et de leurs anciens rois et des
membres de leur antique Sanhédrin, comme réunissant la puissance des uns et des
autres, comme étant par conséquent le seul légitime pouvoir gouvernemental, à
la fois religieux et politique, de la nation dispersée.
Ces affirmations du
Talmud, qui furent continuellement enseignées et commentées par les Rabbins
dans les siècles suivants, « dans chaque ville et dans chaque contrée », ainsi
que l'affirme Maïmonide. ont formé la conscience des juifs, qui se sont crus
obligés d'obéir avec le plus profond respect et avec une exactitude et une
soumission parfaites aux ordres et aux décisions de cette autorité suprême, et
de la consulter dans toutes les circonstances embarrassantes et difficiles.
Nous avons comme preuve
de ces dispositions réelles et persévérantes en Israël, nos deux lettres juives
du XVe siècle. Elles sont en effet une consultation des juifs
nombreux de deux grands pays, et une réponse du chef suprême, donnant ses ordres
et traçant la conduite à suivre.
Le changement de siège
de cette autorité centrale et sa disparition extérieure n'ont pu faire aux
juifs aucune impression défavorable, ni diminuer en quoi que ce soit leur
respect à son égard. Naturellement ils ont tous été prévenus en toute contrée,
et de la persécution violente des califes d'Orient, et de la translation de
l'autorité suprême à Constantinople. Instruits par une expérience bien des fois
séculaire, les juifs ont partout compris sans peine la nécessité qui incombait
à leurs chefs de se déplacer et de se cacher pour l'avantage et le salut de la
nation.
Une importante remarque
a ici sa place convenable. Les historiens chrétiens ont eu tort, il nous
semble, de n'accorder, jusqu'à présent, presque aucune valeur aux assertions et
aux récits des écrivains talmudistes et des Rabbins qui sont venus après eux.
Le protestant Basnage, en particulier, prétend qu'il n'y a pas eu de plus
mauvais historiographes que les uns les autres (2). Ces appréciations sont inexactes.
Que les auteurs talmudistes et rabbinistes ne méritent qu'une médiocre
confiance quand ils traitent de l'histoire des non-juifs, soit. Mais quand ils
parlent de l'histoire particulière de leur nation, de ses affaires intimes, ils
parlent de ce qu'ils savent pertinemment, de ce qu'ils ont connu, soit par
eux-mêmes, soit par des témoignages ou des écrits transmis dans l'ombre et le
secret, ainsi qu'il arrive dans toutes les sociétés occultes. Les chrétiens qui
récupèrent ces récits, en taxant les Rabbins d'ignorance ou d'exagération, ou
de vaniteuse invention, parce qu'on ne trouvait pas de documents extérieurs qui
confirmassent leurs dires, ont parlé de ce qu'ils ne savaient pas, et ils ont
raisonné, en ce point, comme ils ont fait presque tous à propos des événements
de notre histoire d'Europe et d'Amérique, depuis un siècle. Ils ignoraient
qu'il y avait, au-dessous de l'histoire apparente et officielle, une série de
faits cachés qui étaient la préparation et la cause véritable des faits
publics. Les ouvrages des écrivains Francs-Maçons, carbonari,
internationalistes et autres, nous ont beaucoup appris en cette matière. La
véracité de leurs allégations est contrôlée et démontrée maintenant par les
événements d'hier et d'aujourd'hui, et par la tournure que prennent les choses
qui seront l'histoire de demain. Personne à cette heure ne pourrait
raisonnablement révoquer en doute les récits des faits occultes et complètement
ignorés de l'histoire officielle et patente, racontés dans leurs livres sur
On doit apprécier et juger de la même manière ce
que les Talmudistes et les Rabbins ont rapporté de l'histoire intime de
leur nation qui, dans son ensemble, depuis dix-huit cents ans, n'est autre
chose qu'une immense société secrète. Il serait donc inexact et téméraire
présentement de déclarer sans valeur et sans poids leurs assertions sur la
reconstitution en Babylonie de l'autorité centrale politique et religieuse de
la nation juive. Toutefois il faut dire, à la décharge de ces historiens
chrétiens, que nous possédons actuellement, sur les agissements occultes de ce,
peuple, plus de lumières que dans le passé. Les affirmations du
Talmud et des auteurs rabbinistes, touchant ce rétablissement du pouvoir
central et absolu dans la dispersion d'Israël, sont amplement confirmées et par
notre document de 1489, et
par les témoignages contemporains des écrivains juifs et autres que nous avons
cités, et par les laits que nous avons rapportés, et par tout ce qui se passe
sous nos yeux.
Cette conclusion nous paraît donc démontrée et
désormais indiscutable : le pouvoir qui, depuis leur exil de
(1)
Talmud, traité Sanhédrin, fol. 5 recto. —De
l'harmonie, etc., ib., page 174.
(2)
Histoire des Juifs, t. III, c. VII.
II. De là nous pouvons
regarder comme chose certaine que, durant tout le cours des siècles, pas un
mouvement important, pas un changement notable n'a eu lieu dans la nation
juive, sans que ses chefs suprêmes ne l'aient connu, ordonné et dirigé, ou au
moins permis et surveillé.
Par
conséquent, il est sûr que la grande transformation, opérée de nos jours, dans
une portion du peuple juif, n'a pas pu échapper au regard vigilant de ses
princes, qu'elle ne s’est point exécutée en dehors de leur direction ni
contrairement à leurs ordres.
Le changement d'allures
du juif dans le dix-neuvième siècle n'est donc pas le résultat d'un hasard
heureux, d'un mouvement spontané, d'un développement naturel et inconscient. Il
ne peut être, et il n'est en réalité que la suite de l'impulsion et du
commandement de sou pouvoir central et souverain. Car, très certainement,
jamais le juif talmudiste, si obstinément attaché à ses antiques institutions,
à sa loi, à son culte, à ses usages, n'aurait voulu, ni osé de lui-même sortir
de sa juiverie, passer par-dessus les prescriptions formelles de son livre
sacré et révéré, frayer avec les non-juifs, adopter leurs coutumes et leurs
mœurs, sans y avoir été excité et poussé de toutes manières par cette autorité
supérieure envers laquelle le Talmud lui-même ordonnait la plus entière
soumission.
Les chefs d'Israël n'ont jamais cessé, depuis la ruine de leur
patrie, d'observer d'un œil attentif et sagace, dans le monde entier, tous les événements
qui, de près ou de loin, pouvaient favoriser leurs instincts de lucre, de
domination universelle, et l'infatigable espoir de leur nation, le retour dans
L'ébranlement causé dans
la société chrétienne par le protestantisme, et surtout les conséquences
pratiques qui en découlèrent au point de vue politique, social et religieux,
durent exciter singulièrement l'attention de ces princes juifs. Au commencement
du XVIIIe siècle ces résultats se manifestèrent avec plus de force
et d'éclat. A cette époque, et même dès la fin du dix-septième, partout en
Europe les juifs étaient traités avec bienveillance et jouissaient d'une grande
liberté. C'est alors que, à l'instigation et sur les ordres de ses chefs, la
partie la plus intelligente, la plus active et la plus riche d'Israël
commence à sortir de son immobilité de tant de siècles et de sa vie
exclusivement talmudique, pour envahir la société chrétienne et pour agir sur
elle par trois moyens différents, par les sociétés secrètes, par
l'émancipation civile et politique et par les conversions au protestantisme.
Ce mouvement de
transformation et sou influence sur nos sociétés marchèrent d'abord très
lentement ; puis, dans la dernière moitié du dix-huitième siècle, leurs progrès
devinrent considérables, et enfin, après la grande révolution française et ses
suites physiques et morales, ce mouvement et cette action arrivèrent à leur
apogée par tous les moyens à la fois, dans le cours de notre dix-neuvième
siècle.
Ces assertions ne sont
pas nôtres seulement. Les juifs modernes reconnaissent eux-mêmes la réalité de
ces causes occasionnelles de leur rapide transformation, et ils avouent à
demi-mot les moyens qu'ils ont employés pour les réaliser.
« L'Israélite, disait en 1866 une
Revue juive, se « montrerait bien ingrat, s'il ne reconnaissait pas TOUT
CE QU'IL DOIT au mouvement qui, depuis trois siècles, a ébranlé, et depuis
quatre-vingts ans, a renversé l’ancienne organisation de la société (1).
L'âpre souffle de la persécution ne nous oblige plus à nous serrer les uns
contre les autres; nous pouvons marcher isolément, sans crainte
d'attaques contre nos personnes ou notre foi… Nous avons observé ces
tendances de la société moderne, nous avons sérieusement médité sur les
conséquences qu'elles devaient avoir pour notre culte (2), et loin
d'y avoir rien trouvé qui nous démontrât la nécessité de relâcher le lien de
la communauté, nous y avons au contraire puisé de nouvelles raisons pour le
maintenir et le fortifier (3). »
Ces paroles transparentes
delà feuille judaïque nous donnent à comprendre comment les chefs juifs ont
exploité ce mouvement qui a ébranlé, puis renversé l'ancienne société
européenne, féodale et catholique, et quels résultats ils en ont tirés pour
leur peuple. Par leur entrée dans les sociétés secrètes et dans les
(1)
C'est-à-dire depuis Luther et depuis la proclamation et la mise en pratique des
principes de 1789, dits « principes modernes ».
(2) Le culte et la nationalité sont
une seule et même chose pour les juifs.
(3) Univers israélite, III, page 129,
1866.
sectes
protestantes, les juifs ont puissamment aidé et contribué à ce renversement.
Par l'émancipation civile et politique, ils n'ont plus besoin de « se
serrer les uns contre les autres » dans les Ghetto ou juiveries; ils
peuvent « marcher isolément » ; c'est ce qu'ils font presque partout
aujourd'hui, et même très souvent sans qu'on sache s'ils sont, ou non, de race
judaïque. Mais les juifs se sont bien donné de garde de relâcher, à cause de
cette liberté nouvelle, « le lien de la communauté » juive, le lien
de la juiverie talmudique.
Les princes juifs le
maintiennent soigneusement : ils n'ont point l'intention de « moderniser » leur
nation tout entière. De plus, ils ont « fortifié » ce lien par
l'adjonction et la multiplication soit de centres juifs de nouvelle forme, soit
de communautés auxiliaires et de sociétés parallèles, telles que
Les chefs juifs tiennent
entre leurs mains tous ces liens réunis, et il est incontestable que le « lien
de la communauté juive », devenu triple, est désormais singulièrement «
fortifié », c'est-à-dire que la puissance de ses princes a étonnamment grandi.
Faisons le rapide
historique de ces trois moyens qu’ils ont mis en œuvre pour transformer une
partie de leur peuple et la lancer contre la société chrétienne.
1. Nous avons exposé et
prouvé dans le livre : Francs-Maçons et Juifs, comment un certain nombre
d'Israélites étaient entrés dans les sociétés secrètes et en avaient formé de
nouvelles; comment ils avaient réussi à s'emparer peu à peu de toutes et à les
mettre sous la direction exclusive et absolue de leurs princes. Nous n'avons
plus à revenir sur ce sujet.
2. Dès que les juifs
eurent acquis une certaine influence dans les sociétés secrètes, au XVIIIe
siècle, ils les poussèrent à s'occuper de leur émancipation civile et
politique, et à la demander aux gouvernements européens. L'entreprise était difficile.
En Allemagne, les protestants et les maçons templiers se montraient tout à fait
opposés aux juifs. Les loges refusaient de les admettre dans leur sein. En
France, catholiques et hérétiques, et même les coryphées du mouvement
philosophique et révolutionnaire, les hauts maçons, « Voltaire et
Rousseau, pour ne citer que les plus éminents, étaient hostiles aux juifs , et
ne les croyaient pas dignes de tolérance : encore bien moins auraient-ils voulu
voir la liberté et l'égalité accordées aux enfants d'Israël (1) ». C'est
pourquoi ceux-ci ne firent de tentatives sérieuses pour leur émancipation que
vers la fin du siècle, quand ils se virent en nombre et puissants dans
(1) Revue des études juives, 1880,
n° 1, pages 83 et suivantes — Émancipation des Juifs, par Ab. Cahen,
grand Rabbin; travail fort intéressant.
(2) Revue des études
juives, 1880, n° 1, p. 84.
Parmi les mémoires
présentés sur cette question, celui du fameux abbé Grégoire, curé
d'Emberménil, fut un des plus favorables aux juifs : il concluait à leur
émancipation complète. Dans la commission chargée de la lecture et de l'examen
des manuscrits, nous remarquons le nom de Rœderer, conseiller au Parlement
de Metz, qui ce se passionna pour cette question et qui demanda et obtint
d'être le rapporteur. Le rapport de Roederer et le plan d'un mémoire qu'il
écrivit lui-même sur la question posée, concluent également à l'émancipation
des juifs. Vers la même époque surgissait un nouvel avocat de la cause
Israélite, le comte de Mirabeau qui,
dans un livre intitulé : Sur la réforme politique des juifs (Londres, 1787; Paris et Bruxelles,
1788), arrivait à la même conclusion. Ces trois hommes, Grégoire, Rœderer et
Mirabeau, furent nommés, en 1789, députés à l'Assemblée nationale. Ils s'y
rencontrèrent avec Duport et Barnave, et tous successivement
prirent avec ardeur et éloquence devant la haute assemblée la défense des
juifs. En 1791, le 27 décembre, fut votée la proposition de Duport, par
laquelle tout juif qui prêterait le serment civique serait également reconnu
comme Français (1). C'était le point de départ de l'émancipation totale des juifs.
Enfin, en 1807, Napoléon Ier organisa religieusement et civilement
la nation juive dans son empire, et mit tous les juifs sur même le pied que les
autres Français, en leur accordant la liberté et l'égalité devant la loi.
Or ces
défenseurs et protecteurs des juifs étaient tous des Francs-Maçons de haut
grade. Mirabeau, Rœderer, Grégoire, Duport et Barnave faisaient partie du
comité secret du Grand-Orient de France et de ce club de
Cette émancipation
entière des juifs fut établie dans les contrées allemandes, par suite de la
domination française sous Napoléon (3). Après sa chute, elle fut abrogée presque
partout, sauf en France. Mais, depuis, les juifs sont parvenus, en ce siècle,
principalement par les efforts universels et constants des Francs-Maçons
d'Europe et d'Amérique, à conquérir tous les droits de citoyens , dans presque
tout le monde civilisé.
3. Le protestantisme,
dit une Revue maçonnique allemande (4), n'est que « la moitié de
(1)
Revue des études juives, 1880, n° 1 , p . 84
(2) V. P. Deschamps, Les sociétés secrètes et la société.
(3)
Ces bienfait
de Napoléon l’ont fait regarder par quelques juifs comme leur véritable Messie.
Il n'a été qu'un de ses précurseurs.
(4) Deschamps, Les
Sociétés, etc.
Cette transformation si
étonnante, voulue et poursuivie par les princes de Juda, partage aujourd'hui
leur nation en deux portions bien distinctes : les juifs talmudistes, et
les juifs-modernes, que j'ai appelés, pour plus d'exactitude, « modernisés
», par opposition aux premiers, qui ne modifient point leurs antiques
allures.
Les TALMUDISTES, «
composés de la vieille génération, des gens de la campagne et de ceux de la
plus basse classe des villes, reconnaissent l'autorité religieuse des
Rabbins, l’autorité législative du Talmud, observent scrupuleusement la
loi, non pas mosaïque, « mais rabbinique, ne se mêlent aux chrétiens que pour
leurs affaires d'intérêt, et continuent à être les ennemis traditionnels de
l'Eglise. C'EST LE NOYAU INDESTRUCTIBLE DE
(1) Dictionnaire de
Goschler, au mot Juif, note. L’abbé Goschler est de race juive.
Les MODERNISÉS sont les
moins nombreux. Ce sont eux qui, sous les excitations et les ordres de leurs
chefs suprêmes, sont entrés, timidement d'abord, dans la société chrétienne,
puis bientôt, l'envahissant de toutes parts, sont parvenus à s'emparer de sa
direction, et vont, à courte échéance, si Dieu n'y met arrêt, la dominer
tout entière pour la détruire plus sûrement.
Ils se distinguent en quatre
classes : 1° les militants, 2° les réformés, 3° les indifférents,
4° les convertis.
1° Les militants sont
les juifs lancés dans le mouvement politique et social. Ils sont les grands et secrets
instruments de destructions de toutes sortes, mis en œuvre par les princes de
la nation. Ils fournissent à
2° Les réformés, qui
peuvent se subdiviser en réformés talmudistes et en réformés
anti-talmudistes.
Les premiers, tout en
acceptant l'organisation extérieure religieuse qui leur est imposée par les
pouvoirs civils, en France et ailleurs, conservent leur loi rabbinique et leurs
séculaires espérances, révèrent le Talmud et l'autorité des Rabbins, comme les
simples talmudistes, et observent leurs prescriptions, autant qu'ils peuvent,
dans tout ce qui n'est pas incompatible avec les pratiques de la société
moderne.
Les seconds, «éclairés, riches,
bien élevés, ont secoué le joug des Rabbins, les formes surannées de
« 3° Les indifférents,
comme ceux de toutes les religions, ne s'inquiètent ni de la tradition, ni
de la réforme, ni des Rabbins, ni des synagogues, ni de Moïse, ni du
Consistoire, à peine de la circoncision. Ils ne conservent le nom de juifs que
par un respect humain honorable, puisqu'ils n'ont pas la foi nécessaire pour
l'échanger contre celui de chrétiens. Quand l'occasion s'en présente, ils
épousent volontiers des chrétiennes, font sans hésiter baptiser leurs enfants,
et pratiquent dans ce cas, à l'égard des croyances religieuses de leur famille,
une tolérance qui pourrait servir d'exemple à maints catholiques de nom (2). »
4° Les convertis. Sous
ce nom je comprends uniquement les juifs très nombreux qui sont passés au
protestantisme. En général, ces sortes de conversions ne sont pas sérieuses.
Elles se font sans scrupule de la part des juifs, d'après les principes du
Talmud et l'approbation de leurs chefs. Elles n'ont point un motif sincèrement
religieux. Ces chrétiens-là, redisons-le, restent juifs avant tout, et prennent
toujours par-dessus tout les intérêts du judaïsme.
(1) Dictionnaire de Goschler, môme
article.
(2) Ibidem.
Nous ne
faisons point entrer dans notre nomenclature les juifs convertis au
catholicisme, parce que, à notre époque, ce sont ordinairement les seules
conversions sincères et solides. Ces juifs catholiques cessent absolument
d'être juifs selon le sens et les aspirations du Talmud… Spirituellement ils
n'obéissent plus qu'au Pape. Les princes de la nation perdent sur eux toute
autorité, soit directe, soit indirecte, soit ostensible, soit cachée. Aussi ces
hauts chefs juifs détestent ces convertis; ils les regardent comme des renégats
et des traîtres; ils les persécutent et les poursuivent à outrance, témoin le
rabbin Drach et bien d'autres. Les princes d'Israël qui, au XVe
siècle, permettaient à leurs sujets de se faire chrétiens dans la nécessité, ont
appris par expérience que la conversion, même apparente, d'une famille juive au
vrai christianisme, c'est-à-dire au catholicisme, finissait, après quelques
générations, par détacher complètement ces branches du tronc de Juda. C'est là
une des causes de l'insuccès absolu, avant
(1) Deux réflexions du célèbre
Rabbin converti, Paul Drach, doivent avoir leur place ici.
« Les bonnes
conversions au christianisme, dit-il, ne s'opèrent généralement que parmi les
juifs de cette dernière classe (les juifs purement talmudistes et réformés
talmudistes, les juifs de la masse de la nation), parce que leur foi, quoique
erronée, ou plutôt faussée, sert de point de départ ; tandis que les autres
(les modernisés), ne croyant à rien, n'offrent guère de prise à l'apostolat. »
« Ce mouvement (de
conversion) bien extraordinaire dans la nation juive, et qui semble être un
signe certain des derniers ce temps du monde, a commencé à se
manifester, il y a une vingtaine d'années (vers 1820), dans tous les pays, mais
surtout en France... Les enfants de Jacob retournent en foule, sans
exagération, à la foi catholique... Une partie va se perdre dans le
protestantisme. Mais il n'est pas rare de voir ces Israélites, misérablement
fourvoyés, rentrer dans le droit chemin. »
Rapprochons de ces
paroles celles de deux écrivains plus contemporains :
« Si nous comparons
cet étrange mouvement du judaïsme moderne avec l'immobilité où il est demeuré
depuis plus de 18 siècles, ne
pouvons-nous pas constater quelque dessein providentiel sur les restes
de Jacob ? » (Notice sur la congrégation des Religieuses de Notre-Dame de
Sion.)
« Voici que tout d'un
coup, après 18 siècles d'inébranlable fixité, tout change (dans une partie du
peuple juif), tout s'ébranle, tout se meut; signe éclatant dune époque nouvelle
et présage d'événements grandioses ! »... « L'époque de la fin
des temps peut être assez proche de nous, et de très longue durée. »
Des Mousseaux, Le Juif, le Judaïsme, etc.
Tel
est, à l'heure présente, au déclin de notre dix-neuvième siècle, l'état de la
nation juive. Sur ces deux portions si distinctes de leur peuple, sur les juifs
talmudistes et sur les juifs modernisés, les chefs suprêmes continuent
d'exercer, d'un bout du monde à l'autre, leur autorité souveraine et
incontestée.
Comment peuvent-ils la
faire reconnaître, aujourd'hui surtout, et comment fonctionne ce gouvernement
universel, nous allons l'exposer et le prouver dans la section suivante.
Grâce à l'antique organisation de leur peuple et à quelques
modifications qu'ils vont ajoutées, les princes de Juda, depuis la dispersion jusqu'il
nos jours, ont gouverné très facilement la nation juive, sur toute la surface
du globe.
Leur mode de
gouvernement doit être étudié durant trois grandes périodes seulement : 1° de
la dispersion au XIe siècle ; 2° pendant le Moyen Âge ; 3° du XVIe
siècle au XIXe inclusivement.
I. Il est incontestable
que, dès le commencement de l'ère chrétienne, les juifs possédaient de nombreux
et florissants établissements dans presque tous les pays connus à cette époque.
Nous nous contenterons de citer en preuve les Actes des Apôtres. Au jour de
Ces « hommes religieux »
venaient, pour la plupart, des colonies juives établies dans ces contrées. Tous
les ans, principalement aux fêtes de Pâques et de
Il y avait donc des
rapports fréquents entre la mère-patrie et les colonies juives, si éloignées
qu'elles fussent. Ces rapports n'étaient pas exclusivement religieux : ils
devenaient, par le fait même, nécessairement civils et politiques; car, nous le
savons, chez les juifs, le culte et la religion, c'était aussi la nationalité,
puisque toutes les obligations de l'individu, au point de vue politique, civil
et social, étaient réglées par la religion. Dès lors, pour le juif, non
seulement de
Cette venue annuelle
d'un aussi grand nombre de juifs coloniaux rendait donc facile l'influence et
l'action gouvernementale du Sanhédrin sur toutes les colonies de la nation, où
qu'elles fussent établies. Quoi de plus simple, en effet, pour le grand prêtre
et pour les membres du conseil, que de s'aboucher avec les chefs et les
principaux de ces caravanes nombreuses qui venaient et séjournaient, à
l'occasion des fêtes, dans la capitale de
L'organisation de ces colonies
nous fait en outre connaître et comprendre, sous un autre mode, la facilité du
gouvernement de la mère-patrie.
Nous
savons certainement, par les Actes des Apôtres (1), entre autres sources, que
dans les villes et dans les lieux de
quelque importance où ils étaient colonisés, les juifs avaient des synagogues,
en plus ou moins grand nombre, selon le chiffre de leur population. Ces
édifices étaient construits d'ordinaire dans les quartiers où cette population
était le plus agglomérée (2). Là elle trouvait son centre physique et surtout
moral, parce que la synagogue était le lieu de la réunion religieuse
obligatoire pour tous les juifs.
«
Chaque synagogue avait ses autorités et ses ministres. » La
première de ces autorités était le chef de la synagogue, que l'Evangile
nomme « archisynagogus ». « Il avait pour assesseurs ou conseillers les
anciens, qui étaient appelés aussi pasteurs et présidents. Ceux-ci
réglaient avec lui l'organisation de la synagogue, s'enquéraient des violations
de la loi, condamnaient les prévaricateurs aux peines méritées. » Comme toute
la vie extérieure, morale et religieuse des juifs était réglée par la loi de
Moïse, les chefs des synagogues exerçaient sur leurs coreligionnaires une
autorité absolue, qui allait jusqu'au droit de porter sentence de mort; quand
ce droit ne leur était pas enlevé par les princes païens dont les colonies
juives habitaient le territoire. Les ministres étaient le chantre... le
surveillant... qui ouvrait et fermait les portes… et les collecteurs
des aumônes. Il y avait en plus, attachés à chaque synagogue, dix
assistants, désignés par un mot hébreu signifiant « hommes de loisir », et
qui s'obligeaient à être présents toutes les fois qu'on y célébrerait un office.
La présence de ces dix hommes de bonne volonté était absolument nécessaire, non
seulement pour qu'on pût faire l'office religieux, mais même pour qu'il fût
permis de bâtir une synagogue (3).
Ainsi
posée au milieu de la colonie juive, la synagogue, par le moyen de son
organisation intérieure, devenait l'intermédiaire naturel et commode entre la
population coloniale et les autorités nationales et religieuses de la
mère-patrie. Rien n'était plus facile au Sanhédrin que d'envoyer au chef de la
synagogue des lettres ou des messagers, pour porter un commandement, imprimer
une direction, donner un mot d'ordre. Ces deux procédés étaient d'usage
habituel, comme nous le voyons par les Actes des Apôtres, au sujet de saint
Paul (4). De leur coté, les chefs de la synagogue, soit publiquement dans les
réunions religieuses, soit secrètement,
selon le besoin, par leurs ministres, et en particulier par les dix
assistants nécessaires, « hommes de loisir », pouvaient communiquer avec
la plus grande rapidité un ordre, un avertissement, un renseignement, à chacun
des membres de la colonie.
(1) Actes des Apôtres,
ch. IX, 2 ; XIII, 5 et 14 ; XIV, 1 ; XVII, 1 et 10 ; XVIII, 4 et 19 ;
XIX, 8.
(2) « Dans
l'antiquité, les juifs avaient des quartiers séparés, dans certaines villes où
ils jouissaient du droit de cité. A Rome, par exemple, ils habiteront d'abord
le Vatican, puis le bois de la nymphe Egérie. (Basnage, t. IV, pp. 10-18.) Les
nécessités de se voir et de se réunir fréquemment, pour s'entendre sur leurs
intérêts communs et, au besoin, se prêter mutuellement main-forte, ne leur
permettaient pas de se loger à une grande distance les uns des autres ; le
caractère exclusif de leurs institutions et leur naturel peu sociable les
disposaient encore à vivre à l'écart. Aussi avaient-ils l'habitude de se
grouper autour d'un point central, qui naturellement devait être leur temple »
(leur synagogue). (Revue des études juives, 1880, n° 2, p. 267. — Antiquité et organisation Des Juiveries du
comtat Venaissin, par Léon
Bardinet.)
(3) Voir Dictionnaire
de Goschlcr, au mot Synagogue.
(4) Saint Paul, arrivé à
Rome sous la garde des soldats
romains, convoque dans sa prison les principaux des juifs de cette ville qui
lui disent : « Nous n'avons point reçu de lettre de Judée à ton sujet, et
aucun frère n'est venu, qui
nous ait parlé, ou nous ait dit aucun mal de toi ». (Actes des Apôtres, ch.
XXVIII, v. 21.) La colonie romaine juive n'avait pas encore été prévenue par le
Sanhédrin de la conversion de saint Paul, de son zèle apostolique et de ses
succès.
Lorsque,
en 70 et en 135 de Jésus-Christ, les juifs furent définitivement chassés de
II. Au commencement de
ce onzième siècle, les princes de l'exil, comme nous l'avons raconté,
transportèrent à Constantinople le siège et le centre de leur pouvoir.
Pendant toute la durée
du Moyen Âge, et jusqu'à nos jours même, cette autorité s'est exercée sur les
juifs talmudisants, par des voies presque identiques à celles des siècles
antérieurs. Seulement, dans les pays chrétiens, les établissements juifs
subirent quelques modifications physiques que nous indiquons brièvement.
Dans l'antiquité et
jusqu'à la constitution complète des Etats chrétiens, les juifs avaient
aggloméré leurs demeures et constitué leurs quartiers, dans les différentes
villes de l'empire d'Occident, à peu près à leur guise. Ils y formaient, comme
toujours, une société moralement close et physiquement interdite à tous les
non-juifs. Mais extérieurement leurs rues étaient restées ouvertes et nullement
séparées des autres rues de la cité habitées par les païens ou les chrétiens.
Au Moyen Âge, sous l'action de l'Eglise et par les ordres du pouvoir civil, cet
état de choses se modifia. Les quartiers juifs furent fermés par des barrières
et par (les portes, et l'accès en fut prohibé à tous autres qu'aux descendants
de Jacob. Ceux-ci, de leur côté, reçurent défense formelle de demeurer ailleurs
que dans leurs quartiers spéciaux, qu'on appela généralement «
Un juif modernisé
explique ainsi cette transformation :
Dans
les villes, les juifs « avaient l'habitude de se grouper autour d'un point
central... Ils évitaient par là
d'attirer sur leur religion détestée la curiosité importune des païens,
l'attention jalouse des chrétiens, et de les choquer par la singularité de
leurs rites et de leurs usages. Pour n'être point troublée dans sa tranquillité et pour jouir de son autonomie
religieuse, la synagogue avait jugé prudent de s'isoler. « La haine des
chrétiens la surprit dans son isolement et l’y parqua. Telle nous semble
avoir été l'origine des Ghetto, ou Juiveries (1) ».
Cette explication est
incomplète et injuste. Un autre juif, contemporain aussi, plus impartial et
plus véridique, expose cette origine en ces termes :
L'Eglise catholique
« a énergiquement condamné par l'organe des pontifes les fureurs de ces inimitiés
cruelles (contre les juifs), alors même quelles étaient des représailles. Elle
a couvert de son égide les juifs
tremblants ; elle ne s'est pas bornée à les arracher aux fureurs
populaires, elle leur a ouvert des asiles inviolables où ils trouvaient la
sécurité. C'est Rome qui a donné l'exemple de cette charité protectrice; elle a
concédé aux juifs un quartier à part et plusieurs autres villes ont
imité l'initiative des Pontifes romains. Grâce aux lieux de refuge, les
juifs vivaient ensemble autour de leur synagogue, conformément à leurs lois,
sous l’autorité de leurs chefs spirituels, et ils avaient la jouissance pleine
et entière de leur culte. De là les Ghetto, dont l’origine se rattache à une
pensée hospitalière trop oubliée et trop calomniée de nos jours. La
philanthropie en a fait de sombres tableaux, et en déplore, à juste titre, la
vétusté et la malpropreté. Mais on oublie qu'ils datent d'un temps où
généralement toutes les villes avaient le même aspect. Au Moyen Âge, la
civilisation chrétienne ne mettait pas son orgueil à transformer en palais les
fragiles demeures de ce monde... Si, avec les progrès du siècle, on a
singulièrement embelli les cités de l'exil terrestre, il ne faut pas s'étonner
que les juifs n'aient pas suivi ce mouvement. Les Ghetto sont restés
stationnaires comme les populations qui y demeuraient. Ce sont les juifs qui
les ont maintenus dans l'état où ils se trouvent. Il paraît même que ces
habitations délabrées ne leur déplaisent point ; car aujourd'hui même ils les
préfèrent à d'autres. Depuis le commencement de son règne, Pie IX a mis tous
les quartiers de Rome à leur disposition, et cependant ils s'obstinent à ne pas
quitter le Ghetto, et ils y restent volontairement attachés (2) ».
Dans leurs Ghetto, les
juifs du Moyen Âge avaient donc un refuge, disposé pour eux par l'Eglise,
contre les fureurs, souvent trop motivées, des populations chrétiennes. Ils s'y
gouvernaient à peu près comme aux époques précédentes.
L'affirmation
du R. P. Ratisbonne est confirmée en ce dernier point par un article
remarquable et fort intéressant de
(1)
Revue des études juives, 1880, n°2, pp. 267-268. — Léon Bardinet, Antiquité
et organisation des Juiveries du comtat Venaissin.
(2)
Je vais tantôt citer
textuellement, tantôt analyser une partie de ce travail, qui a été fait sur les
statuts du Ghetto d'Avignon de 1558. Nous connaîtrons par là l'organisation
de toutes les Juiveries des Etats chrétiens pendant les siècles du Moyen Âge.
Il ne faut pas oublier
que c'est un juif modernisé qui parle.
« Dans leur Ghetto, les
israélites..., écartés avec dédain des affaires publiques, reprenaient ce que
leur refusait la société chrétienne, la jouissance intégrale de leurs droits de
citoyens; là était vraiment pour eux la cité; là seulement ils retrouvaient une
sorte d'existence politique.
(1) Du
Pape, à Avignon ; ailleurs, Des rois
chrétiens.
« La
population de cette petite république était gouvernée par une assemblée unique,
nommée Parlement, ou Conseil, et composée d'un certain nombre de
membres désignés par l'élection.
Ce conseil se recrutait
lui-même et à nombre égal dans les trois classes de la population. »
Je remarque que cette
organisation du parlement des Ghetto ressemble beaucoup à celle du Sanhédrin de
Jérusalem.
« Ce Conseil est
l'assemblée souveraine de la cité juive; il réunit dans ses mains le pouvoir
législatif et le pouvoir exécutif. C'est lui qui dresse ses statuts, qui
autorise la levée de ses impôts..., choisit et nomme ses magistrats, ses
fonctionnaires. »
« C'est
lui qui reçoit les plaintes portées contre la communauté et juge les différends
qui s'élèvent entre elle et les particuliers ; il dirige, en un mot, toutes ses
affaires, toute son administration ; il en est la tête et le bras... » « Les
lois faites par le conseil, puis approuvées » par le gouvernement, « sont
obligatoires pour tous les juifs. Quiconque vient à les enfreindre est maudit,
excommunié et banni de la juiverie » « Ainsi, à la force que lui donnait
son omnipotence, le conseil ajoutait encore celle que lui prêtait la sanction
de la religion, qui mettait à sa disposition la peine la plus rigoureuse de la
législation israélite et la plus redoutée. Cette peine consistait à faire un
serment terrible (1), dont la violation pouvait attirer sur la tête du coupable
les plus épouvantables châtiments… » Ce serment, qui résumait les plus sauvages duretés et les
plus implacables colères de
« L'omnipotence du
conseil avait pourtant des bornes », que lui assignaient les princes chrétiens.
Il lui « était « interdit de prononcer d'autres peines que l'amende et
l'excommunication » « Néanmoins, à l'intérieur, le gouvernement de la juiverie,
théocratique, puisqu'il s'appuyait sur la sanction religieuse; républicain,
puisqu'il était fondé sur l'élection; aristocratique, puisque l'élection était
faite, non par les gouvernés, mais par les gouvernants eux-mêmes, avait une
grande puissance d'action et pouvait facilement dégénérer en despotisme... »,
bien qu'il fût « dans la dépendance et sous la surveillance du pouvoir
souverain » Il était « presque tout entier DANS
On peut encore remarquer
combien les attributions de ce conseil des Ghetto avait de ressemblance avec
celles du Sanhédrin.
Les autres
fonctionnaires civils de la juiverie étaient le Trésorier, qui avait la
garde et la responsabilité des deniers de la communauté ; le Gardien des
bulles, ou des archives, et le Messager, agent intermédiaire entre
le gouvernement et les gouvernés, qui était « tenu de transmettre à toute la
juiverie les ordres, mandements invitations et avertissements » du conseil.
Parmi les ministres de
la religion et du culte, je mentionne les collecteurs des aumônes, qui
recueillaient les dons de la charité publique et privée : ils tenaient, pour
ainsi dire, la caisse des pauvres; les lecteurs de la loi, ou sermonaires,
les chantres, etc., etc.
« Tous ces ministres,
dit
« Telle est
l'organisation intérieure de la juiverie ». .... « Ce qui nous frappe..., c'est
la fidélité, c'est l’attachement opiniâtre de la race juive à
ses vieilles institutions. Ce sont toujours les mêmes usages, les mêmes lois,
la même religion, le même culte ; l'esprit de
En
mettant en regard, d'un coté, ce que nous avons écrit plus haut touchant
l'organisation des synagogues et le gouvernement de chaque colonie juive, au
temps de l'empire romain, et, de l'autre, ce tableau des juiveries du Moyen
Âge, tracé par un israélite sur des documents irrécusables, nous voyons
manifestement que, chez les juifs, il n'y a eu rien, ou presque rien de changé,
d'une époque à l'autre, et que, en effet, « ce sont toujours les mêmes
usages, les mêmes lois », et ces « vieilles institutions » auxquelles ils
demeurent opiniâtrement attachés.
On comprend dès lors
parfaitement combien il a été facile aux princes de la nation, résidant à
Constantinople, de la diriger souverainement, dans le monde entier, depuis le
XIe siècle jusqu'au XVIe et au delà, en se mettant en
rapport avec les chefs et les Rabbins des Ghetto ou juiveries , soit par le
moyen d'émissaires spéciaux, comme faisaient autrefois les patriarches de Judée,
soit par lettres, comme nos pièces de 1489 prouvent que le prince juif de
Constantinople l’a fait pour les Rabbins provençaux et espagnols.
(1) Le hèrem ou
anathème.
(2) Il faut lire, parce
que c'est plus conforme à la vérité, l%csprit du Talnmd.
(3) Revue des études
juives, 1880, n° 2, pages 274 à 288.
III. Du XVIe
au XIXe siècle inclusivement, les chefs suprêmes d'Israël n'ont pas
été plus embarrassés pour gouverner leur nation.
Les juiveries sont
demeurées ce qu'elles étaient au Moyen Âge, à peu de chose près.
En Orient, leur état et
leur organisation n'ont nullement changé. Sans recourir aux témoignages qui
abondent, un simple détail suffira pour nous en convaincre. C'est un aveu
recueilli dans le procès des assassins de Damas.
Une lettre du consul
français, M. le comte de Ratti-Menton, informe Chérif-Pacha qu'un envoyé des
juifs avait offert cinq cent mille piastres pour obtenir en faveur des
condamnés la commutation de la peine de mort en tout autre châtiment. Et comme on demandait à
ce juif où se prendrait une somme aussi considérable, il répondit que « cette
somme ne devait être prise sur personne, mais qu'elle se trouvait prête dans la
caisse de la synagogue (de Damas), appelée caisse des pauvres (1)
».
Nous avons vu que, sous
l'empire romain, chaque synagogue, et, au Moyen Âge, chaque juiverie
avait ses collecteurs et sa caisse des aumônes. Il en est donc
encore de même dans les juiveries d'Orient à notre époque (1840). D'où il est permis
de conclure que l'organisation de ces juiveries ne s'est pas modifiée.
De plus, ce détail
prouve d'abord que l'argent de cette caisse des pauvres, si bien alimentée,
n'était pas toujours destiné ni employé au soulagement des nécessiteux. Il prouve ensuite
quelles sommes énormes, par le moyen de ces caisses de réserve, le pouvoir
central de la nation avait la facilité de réunir en quelques jours et de verser
là où les intérêts d'Israël le demandaient. Ici nous découvrons une des
nombreuses et intarissables sources de la puissance financière des juifs.
En Occident, malgré la
liberté et l'égalité des droits politiques accordées successivement aux juifs
dans la plupart des pays civilisés, la situation générale et l'organisation de
la masse du peuple juif n'ont presque pas varié : leurs juiveries sont dans le
même état. Un témoignage tout récent et irrécusable nous en fournit une preuve
convaincante pour les juifs d'Allemagne plus spécialement, mais aussi en même
temps pour tous les juifs d'Europe.
A propos
de la situation matérielle des israélites dans l'empire allemand en l'année
1881, voici ce qu'écrit
« La position des juifs
est fort avantageuse. A côté « des droits civils, communs à tous les
citoyens, ILS ONT CONSERVÉ LEURS ANCIENNES FRANCHISES, LEURS DROITS DE
CORPORATION ET D'AUTONOMIE. ILS FORMENT VÉRITABLEMENT UN ÉTAT DANS L’ÉTAT.
CHAQUE COMMUNAUTÉ JUIVE S'ADMINISTRE ELLE-MEME, LEVE DES IMPOTS, NOMME SES
FONCTIONNAIRES ET RABBINS, DIRIGE SES ÉCOLES, SANS INTERVENTION DE L'AUTORITÉ
CIVILE. Les nombreuses et riches associations juives JOUISSENT D'UNE IMMUNITÉ,
D'UNE INVIOLABILITÉ ABSOLUE, à laquelle même les anti-sémites ne songent à
toucher. Le budget de là communauté juive de Berlin dépasse un million
cinq cent mille marks (plus de deux millions de francs) employés à l'entretien
du culte dans plusieurs synagogues, d'un hôpital, d'orphelinats, d'hospices de
« vieillesse, D'ÉCOLES RABBINIQUES, et surtout D'UNE ÉCOLE DE HAUTES ÉTUDES
JUDAÏQUES. »
(1) Achille Laurent, Relation
des affaires de Syrie... etc., tome II, p. 90, 1840.
« LES LOIS DE MAI, qui
ne tendent à rien moins qu'à anéantir le catholicisme, en le réduisant au rôle
d'une institution ministérielle, n’existent pas pour les juifs. Et pourtant ces lois ont été EXPRESSÉMENT
ÉTABLIES POUR TOUTES LES RELIGIONS professées en Prusse. Mais personne
n'a jamais songé à les appliquer AUX COMMUNAUTÉS JUIVES, qui jouissent
ainsi d'une position exceptionnelle, à laquelle ni catholiques, ni
protestants ne songeraient jamais prétendre (1) ! »
(1) Revue du monde
catholique,
« Jouissant de tous
les droits politiques, solidement cantonnés dans leurs privilèges, les juifs
ont abusé de cette position avantageuse qu'ils croyaient inexpugnable... Ils
ont... attisé avec ardeur et passion les luttes religieuses des chrétiens...
Ils ont excité les masses contre l'Eglise et poussé au Kulturkampft, avec une
haine souvent impitoyable. Tout alla bien tant que les catholiques, la minorité
exclue des faveurs officielles, étaient seuls en cause, et que tous les organes
du pouvoir étaient là pour les soutenir... »
Mais les juifs ayant
attaqué les protestants, et s'étant mêlés des affaires intérieures de la
religion de l'Etat et de l'Eglise officielle, ceux-ci, furieux, relevèrent le
gant et organisèrent la ligne anti-sémitique, qui, toutefois, n'a pu aboutir à
rien, ainsi que je l'avais prévu et dit dans Francs-Maçons et Juifs, p.
541.
Tout ceci est une
nouvelle preuve, en premier lieu, que l'on trouve la main du juif, de nos jours
surtout, en toutes occurrences où la division peut être introduite dans le
christianisme, et la persécution suscitée contre les catholiques et en second
lieu combien grande est la puissance des juifs en Allemagne, puisque ni les
lois de mai, ni les efforts des anti-sémites ne peuvent les atteindre, ni les
ébranler. Ils sont les véritables maîtres de l'empire. Bismarck, Guillaume et
les autres ministres et souverains d'Europe et d'Amérique ne sont que leurs
dociles et souvent aveugles instruments. Il sera utile de se rappeler cette
citation et ces conclusions dans ces paragraphes qui vont suivre.
(1) Les israélites, qui
possèdent, de nos jours, en Allemagne et ailleurs, tous les droits et tous les
bénéfices de citoyens, se donnent bien de garde, on le voit, de renoncer à
leurs antiques privilèges, à ces restes de l’odieux Moyen Âge, à cette position avantageuse que leur
avait faite l’Eglise, en ces siècles « ténébreux et violents ». Ils
se plaignent sans cesse de « l'âpre souffle de la persécution » qui les
obligeait alors « à se serrer les uns contre les autres ». Mais il paraît
bien que cette persécution n'était pas si âpre qu'ils disent, puisqu'ils
conservent si soigneusement ce qu'elle leur a procuré.
Il est évident, par
cette citation, que les Juiveries d'Allemagne, dans l'année de l'ère chrétienne
1881, ne diffèrent en rien, quant à leur situation privilégiée, quant à leur
organisation intérieure et à leur administration autonome, des Ghetto du Moyen
Âge (1).
Donc, du XVIe
à notre XIXe siècle inclusivement, les princes de Juda ont possédé
et possèdent les mêmes facilités qu'à toutes les époques antérieures, pour
diriger souverainement leur nation.
Mais ne nous imaginons
pas que cette puissance gouvernementale ne peut plus s'exercer aujourd'hui que
sur les juifs talmudistes, sur cette masse ignorante et arriérée de la race
juive, encore courbée sous le joug des Rabbins.
Quand les hauts chefs
juifs se sont décidés à faire sortir de leurs juiveries et de leur vie,
jusque-là rigoureusement talmudique, une certaine portion de leurs sujets, pour
attaquer la société chrétienne, ils ont bien eu soin de préparer et d'établir,
en dehors des Ghetto, quelque autre moyen tout aussi sur et aussi facile, afin
de tenir les juifs modernisés sous leur dépendance et de leur
transmettre leurs volontés.
Pour les juifs
militants, ils ont les loges maçonniques exclusivement judaïques. Rappelons-nous le
témoignage de ce franc-maçon protestant de Berlin qui assurait en 1802 :
« II existe encore
d'autres loges, composées exclusivement de juifs, dans lesquelles les
non-juifs n'ont pas d'accès... A Londres... il existe deux loges juives qui
ne virent jamais de chrétiens passer leur seuil. C'est là que se
réunissent tous les fils des éléments révolutionnaires qui couvent dans les
loges chrétiennes...
« A Rome, une autre
loge, entièrement composée de juifs, où se réunissent tous les fils des
trames révolutionnaires ourdies dans les loges chrétiennes, est le suprême
tribunal de
Ces loges, uniquement
composées de juifs, existent aussi dans l'autre hémisphère, aux Etats-Unis
d'Amérique. Le journal juif Les Archives israélites nous a fait
connaître l'ordre maçonnique, tout judaïque, des Béni-Bérith, ou Fils
de l'alliance (2).
Etre en rapports
constants avec les chefs de ces loges juives est tout aussi possible et facile
aux princes actuels de Juda qu'il l’a été pour leurs prédécesseurs pendant
vingt siècles, et qu'il l’est pour eux, en ce moment, de se mettre et de se
maintenir en relation avec les synagogues et les juiveries du monde entier.
Ces juifs militants qui
paraissent, aux yeux de l'observateur superficiel, n'être que des enfants
perdus d'Israël, sont donc, tout aussi bien que les talmudisants, dans la main
et sous la direction des grands chefs de la nation.
Les réformés
talmudistes ne leur échappent pas plus que les talmudistes purs. Les
princes ont pour agents intermédiaires, soit les chefs des simples synagogues
et des juiveries modernes, soit les Rabbins des consistoires locaux, soit
plutôt et surtout le grand Rabbin de chaque consistoire central, comme en
France et en plusieurs autres pays.
Quant aux réformés
anti-talmudistes, aux indifférents, aux convertis des sectes protestantes
et autres, les chefs juifs ont établi pour eux, il y a 25 ans, la célèbre
association, si puissante à cette heure, appelée l'Alliance
Israélite universelle. Elle a été fondée, nous affirmait, en 1839, le juif
M. Cahen, directeur des Archives Israélites, « pour resserrer le lien
confraternel de l'israélisme du monde entier (3) », c'est-à-dire pour
unir en un seul faisceau tous les juifs modernisés, qui aujourd'hui
répudient leur vieux nom de juif et veulent être appelés « israélites ». Moins
de 10 ans plus tard, en
Traduisez : société,
toujours prête... à combattre les catholiques : et reconnaissez dans ces
paroles hostiles le juif de race qui n'a jamais cessé de
considérer l'Eglise connue l'ennemie-née de sa nation, et aussi le franc-maçon
grand maître des loges écossaises, qui vante « la lumière » et « la liberté
» maçonniques. Le juif du Talmud «dispersé » n'a jamais manqué de centre.
1)
V. Francs-Maçons et Juifs, 1862, pages 503 et suiv.
2)
(2) Tome XX, pp.
885-886. — V. Francs-Maçons et Juifs, p. 507. Fils de l’alliance : B’naï B’rith : tyrb ynb.
3)
V. Francs-Maçons et Juifs, page 334.
Nous
l'avons démontré. En bon maçon, M. Crémieux veut nous donner le change. Mais il était vrai que
les juifs modernisés, les juifs des principes modernes et du progrès n'en
avaient point avant 1859 : chacun d'eux opérait à peu près individuellement.
Par l’Alliance Israélite universelle, ils sont tous reliés entre eux et
devenus torts comme une armée.
Pour juger de la force
et de la puissance de cette association juive, lisez attentivement l'extrait
suivant d'un journal russe, le Golos de Saint-Pétersbourg :
« À en croire les
journaux, M. Crémieux, se rendant à Saint-Pétersbourg, va présider à Berlin une
assemblée générale de l’Alliance israélite universelle, qui se propose
de traiter de la situation malheureuse des juifs dans
« Tout
le monde se rappelle quel orage a soulevé M. Crémieux, à propos de la prétendue
persécution des juifs dans les Principautés danubiennes. Il a même osé
adresser des questions à notre gouvernement, quand on a expulsé de
Saint-Pétersbourg des juifs qui n'avaient pas le droit d*y demeurer, et il
est parvenu à obtenir des explications détaillées sur ce sujet. »
« Quel est donc enfin ce
M. Crémieux ? Un chef d'Etat, ou un simple particulier ?... Il nous
semble que traiter avec lui comme avec un personnage officiel n'est conforme ni
à notre dignité, ni à notre bon sens. Il n'y a pas, comme on sait, d'Etat juif,
en ce moment. Il ne peut donc être question d'un gouvernement juif, et
moins encore d'un gouvernement universel !... Ses succès en
Roumanie l'encouragent peut-être à intervenir dans les affaires de nos juifs...
À Bucharest, les conseils amicaux de Napoléon III peuvent être reçus comme des
ordres, mais à Saint-Pétersbourg ? (1) »
Tout en s'indignant
contre les allures et l'action du président de l’Alliance Israélite
universelle, le journaliste russe ne peut s'empêcher de constater la puissance
de cette association, puissance qui évidemment ne résidait pas dans l'unique
personne de l'avocat Crémieux.
L'article du Golos a
été écrit en 1869. Depuis lors, les développements et l'influence de l’Alliance Israélite ont
suivi une marche toujours croissante. Une nouvelle question juive a surgi en
1881 dans
(1) V. le Golos, 3, 15 octobre 1869.
(2) Voir le journal l’Univers
de mai, juin et juillet 1881, du 26 juillet 1881 et des 26 et 30 janvier
1882.
L’Alliance israélite universelle est donc, en premier lieu,
un centre juif de forme nouvelle, et, en même temps, une communauté
auxiliaire; car elle ouvre aussi ses rangs aux hommes de toute race et de
toute religion. Pourvu qu'ils s'engagent à soutenir les intérêts du juif,
qu'ils consentent à en être les dociles instruments, à subir ses idées et son
influence, ils deviennent pour lui une espèce particulière de « prosélytes »,
qu'il regarde et protège comme des frères (1).
Donc, grâce à
l'organisation ancienne et récente de la nation, pas un seul juif de l’univers,
excepté le juif sincèrement converti au catholicisme, n'échappe à l'action
et à la direction immédiate, ou médiate, du pouvoir central d'Israël.
De tout ce que nous
avons établi dans ce premier paragraphe découlent deux corollaires évidents :
1° Çà été sans beaucoup de
peine et sans longs efforts que les grands chefs juifs de notre siècle se sont
emparés successivement de toutes les sociétés secrètes, les ont unifiées et
placées sous leur domination.
La
nation juive étant formée et dirigée, depuis au moins huit cents ans, comme une
vaste société occulte, les familles qui fournissent les princes d'Israël et
leurs assesseurs ont dû, par suite de cet exercice séculaire joint à l'esprit
traditionnel tout particulier à leur race, acquérir une expérience consommée et
une habileté singulière en ce genre de gouvernement et d'influence mystérieuse sur les individus et sur les
masses. Aussi les hauts chefs juifs, dès qu'il leur a été possible de se mettre
régulièrement en rapport avec les hommes des sociétés secrètes, ont-ils pu
arriver très promptement à s'emparer d'eux, et à les manœuvrer avec autant de
force que de finesse.
D'autre part, en plus de
ces chefs suprêmes et de ces princes de la nation, un grand nombre d'autres
juifs étaient façonnés, eux aussi, aux habitudes et formés aux qualités qui
conviennent pour le maniement inaperçu des populations. Car les chefs
particuliers de chaque synagogue et de chaque juiverie, sortes de petites
républiques aristocratiques et oligarchiques, comme nous l'avons vu, devaient
être souvent obligés, soit pour arriver et se maintenir au pouvoir, soit pour
gouverner leur communauté récalcitrante, d'agir d'une manière plus ou moins
détournée, et de mettre en mouvement des ressorts plus ou moins secrets. Les
princes de Juda eurent donc sous la main, dès que surgirent les occasions
propices pour les utiliser, des hommes précieux, parfaitement exercés déjà à
leur rôle et tout préparés à être les cadres solides et habiles de n'importe
quelle association patente ou occulte. Ce sont ces hommes qui ont composé les
premières phalanges des juifs modernisés.
(1) Voir les
développements et les preuves de cette assertion au paragraphe III, n° VII.
Ajoutez la puissance de l'or. Seuls les princes juifs
possèdent des veines d'or qui ne s'épuisent jamais. Quand donc ces
sociétés, Maçonnerie templière et autres, voulurent agir en dehors de leurs
loges et faire quelque entreprise politique ou religieuse, l'or devint
absolument nécessaire. Les hauts chefs juifs l'ont fourni en toutes
circonstances, sans hésiter et sans se lasser ; mais pour remboursement ils ont
imposé leur autorité et leurs volontés.
C'est ainsi que par leur
longue expérience, leur génie naturel, leurs richesses inépuisables, l'habileté
et l'adresse de leurs agents immédiats, ils ont pu s'emparer de
Le second corollaire,
non moins évident, mérite toute l'attention du lecteur : Combien est donc
formidable la puissance des princes juifs au dix-neuvième siècle ! Car ils ont
à leurs ordres, cantonnées dans d'inexpugnables positions, sur toute la surface
du globe, deux immenses armées, parfaitement distinctes et parfaitement
disciplinées, qui, sous leur main, n'en font qu'une seule, à savoir : leur
propre nation, qui comprend sept millions de sujets, selon les uns (3), ou
dix-sept millions, selon les autres (4) ; puis l'association
judaïco-maçonnique, encore plus considérable, dont les adhérents se nombrent
par le chiffre énorme d'une trentaine de millions (5). Les princes d'Israël
n'ont-ils pas présentement à leur disposition les moyens les plus efficaces de
devenir les maîtres du monde ?...
(2)
Voir les preuves de fait dans Francs-Maçons et Juifs, p. 488 et suiv.
(3) Francs-Maçons et Juifs, p. 671.
(4) Dictionnaire
historique de Bouillet, dernière édition, 1880, au mot Juifs.
(5) Francs-Maçons et Juifs, page 367.
Où résident aujourd'hui
ces grands princes des juifs, et ce chef des chefs, ce prince des princes, qui
dirige si souverainement et si absolument toute
Combien le chef suprême
des juifs a-t-il à présent de « satrapes et de grands Rabbins » pour assesseurs
et conseillers ? Je ne possède aucun document qui puisse m'éclairer sur ce
point.
Le grand conseil des
docteurs de la loi a été reconstitué à côté des princes de l'exil, h Babylone,
au vi° siècle ; c'était dans ce Sanhédrin nouveau que d'ordinaire étaient
choisis les chefs de la nation, les princes d e l à captivité; cet état de
choses a duré jusqu'au onzième siècle. Les écrivains du Talmud et les Rabbins
postérieurs nous ont appris ces particularités de l'histoire intime de leur
nation. Mais, à partir du onzième siècle, nous ne possédons, que je sache,
aucun document qui puisse nous renseigner, sauf nos deux lettres de 1489.
Par la lettre du prince
juif de Constantinople, nous savons indubitablement que la succession des
princes de la captivité a continué, et que jusqu'au xve siècle ils
ont résidé dans cette ville. De plus, nous pouvons induire de ce même texte que
le grand conseil existait encore, puisque le prince parle de Satrapes et
de grands Rabbins » dont il a pris l’avis
avant de répondre. La puissance prolifique et la vitalité
exceptionnelle du peuple juif (1) permettent de supposer que les familles des
docteurs de la loi du onzième siècle se sont perpétuées jusqu'au quinzième, et
de là jusqu'au dix-neuvième.
En ce moment, le conseil
suprême qui assiste le prince juif, et qu'il préside, est-il de nombre et de
composition absolument semblables aux conseils qui se sont succédé du VIe
au XIe siècle ? Je n'en sais rien.
M. des
Mousseaux nous assure, de source certaine, que le conseil souverain de
Je suis porté à croire
que le grand conseil qui dirige tout Israël à notre époque, avec un président.,
nâci, ou prince, à sa tête, est composé et fonctionne, à peu de
chose près, comme aux temps passés, selon ses traditions et les prescriptions
du Talmud, pour ces deux motifs sérieux : parce que la nation juive, dans sa
presque totalité, est demeurée exclusivement et rigoureusement talmudiste,
jusqu'aux commencements du XIXe siècle, même en Occident, et parce
qu'elle n'a pas cessé d'avoir « un attachement opiniâtre à ses vieilles
institutions ».
C'est donc dans cette
assemblée souveraine, dans ce Sanhédrin actuel du peuple juif que se sont
discutés et réglés, que se discutent et se règlent les mouvements de toutes
sortes, antipolitiques, antisociaux et antireligieux, qui s'opèrent dans le
présent et s'opéreront dans l'avenir. C'est là que se prépare le triomphe
complet et définitif de la race de Jacob et de ses chefs.
Quant
au secret des délibérations, pour nous convaincre qu'il est bien gardé et que,
seuls, soit les événements déjà accomplis, soit le raisonnement par induction,
ou bien une espèce d'intuition philosophique, peuvent nous en révéler quelque
chose, il suffit de rappeler ce que dit le Rabbin Drach, à propos de
l'enlèvement de ses enfants :
« Et la police, pendant
près de deux ans, ne sut pas découvrir ce qui était à la connaissance
des plus petits « enfants juifs, non seulement en France, non seulement en
Angleterre, mais encore dans tous les pays « où est dispersée la race de Jacob.
»
Si, « toutes les fois
qu'il y va de l'intérêt de quelque affaire nationale », les petits enfants
juifs eux-mêmes sont si bien dressés à la discrétion, que sera-ce des grands
chefs d'Israël ?...
(1) Francs-Maçons et
Juifs, p. 669.
(2) Ibidem, p.
513.
(3) Francs-Maçons et
Juifs, pp. 506 et 507.
(4) Ibidem, p.
480.
Notre première
proposition générale et ses annexes sont donc certaines :
Un centre unique de
direction et de commandement s'est perpétuellement maintenu chez les juifs,
depuis leur dispersion jusqu'à nos jours. Cette autorité souveraine a été
exercée par les princes suprêmes d'Israël, assistés d'un conseil supérieur,
sorte de continuation de l'ancien Sanhédrin. Elle continue d'être exercée de
même, à l'heure actuelle, d'une manière absolue et incontestée, secrète et
facile.
Démontrons
maintenant que ces grands chefs de Juda ont eu par le passé, et ont surtout
présentement la pensée de la domination universelle, qu'ils en ont formé le
dessein et le plan, et qu'ils sont bien près de devenir les maîtres uniques de
nos sociétés civilisées.
II — Les chefs juifs, et la masse de la nation avec eux, ont
toujours rêvé la domination du monde, et depuis le XVe siècle ces
princes ont fait suivre dans ce but à leur peuple, autant qu'il a été possible,
un plan qui est sur le point de réussir.
De tout temps le peuple
juif a eu la pensée que, un jour, par la puissance triomphante et le règne
glorieux du Messie, il deviendrait le premier de tous les peuples et dominerait
l'univers. Cette idée et cette espérance lui viennent de l'interprétation des prophéties
messianiques, adoptée et enseignée par
On
trouve les premières indications écrites des doctrines de
Il est évident que cette
femme, les apôtres, les disciples, la foule, tous gens du peuple et illettrés,
ne connaissaient le règne futur du Messie et sa gloire que d'après les
enseignements donnés dans les synagogues par les docteurs de la loi.
Dans un passage célèbre
de son Histoire de la guerre des juifs,
l'écrivain Josèphe affirme clairement les espérances de sa nation et
de ses chefs :
« Ce qui détermina
principalement les juifs pour la guerre contre les Romains, ce fut une
prophétie ambiguë, contenue dans les livres sacrés, savoir : que, « vers ces
temps, quelqu'un, sortant de leur pays, OBTIENDRAIT L’EMPIRE DU MONDE. Ils
s'appliquaient à eux-mêmes cette prophétie, et bon nombre de leurs docteurs se
méprirent de même sur son interprétation. » (De Bello judaico, lib. VI, cap. v, n° 4.)
Les historiens romains
Suétone et Tacite constatent la même chose.
« Dans tout l'Orient,
dit le premier, s'était accréditée cette antique et persévérante croyance que,
d'après les prophéties, en ce temps, des hommes partis de Judée DOMINERAIENT
LE MONDE. » (In Vespas.)
Le second parle dans les
mêmes termes :
« Il était dans la
conviction d'un grand nombre que, selon la teneur d'antiques écrits
sacerdotaux, en ce temps-là même, l'Orient deviendrait puissant, et que des
hommes partis de
Cette croyance antique
et persévérante à la domination future d Israël n'avait pu s'implanter parmi
les peuples païens qu'en conséquence de la diffusion faite par les juifs
eux-mêmes et de leurs oracles sacrés et des interprétations de leurs docteurs.
La dernière guerre des
juifs contre les Romains, sous Barchochébas, eut la même cause.
Après leur ruine et leur
dispersion définitives, les chefs juifs et leur peuple emportèrent avec eux, à
travers le monde, cette espérance indomptable qui a survécu à toutes leurs
déceptions sur la venue du Messie. La masse de la nation et ses princes attendent
toujours ce triomphateur puissant, ce libérateur glorieux, qui fera cesser
l'exil d'Israël et lui apportera l'empire du monde.
Des témoignages de
toutes provenances et de toute époque établissent que cette croyance est
enracinée et indestructible chez le peuple juif.
Pour les siècles passés,
je me contente d'en rappeler quelques-uns :
Au IVe
siècle, saint Jérôme, qui était si au courant des croyances judaïques, disait :
« Les juifs prétendent que, à la fin des siècles, leur nation deviendra » très-puissante,
renversera tous les royaumes de la t terre et régnera éternellement (1) ».
(1) Je répète, pour être
plus complet, plusieurs citations faites déjà dans Francs-Maçons et Juifs.
Au VIe
siècle, le Talmud exprime la même idée d'une autre manière :
« Au siècle à venir
(l'époque du Messie), aucune nation, aucune langue n'aura le pouvoir de
subjuguer les juifs... Toutes les nations du monde viendront et se convertiront
» (au judaïsme) (2).
Neuf cents ans plus
tard, les idées et les espérances des juifs n'ont pas varié. Nous en rapportons
deux remarquables témoignages, l'un venu du christianisme, l'autre du judaïsme.
Le savant allemand
Reuchlin parle des juifs du quinzième siècle en ces termes :
« Ils attendent avec
impatience les guerres, les ravages des provinces et la ruine des
royaumes. Leur espoir est celui d'un triomphe (sur tous les non-juifs)
semblable à celui de Moïse sur les Chananéens, et qui serait le prélude d'un
glorieux retour à Jérusalem rétablie dans son antique splendeur. Ces idées
sont l’âme des commentaires rabbiniques sur les prophètes. Elles ont été TRADITIONNELLEMENT
TRANSMISES ET INCULQUÉES dans les esprits de cette nation; et ainsi se sont
préparés, de tout temps, les israélites à cet événement, TERME SUPRÊME DES
ASPIRATIONS DE
(1)
« Judæ ... Israël.... in fine sæculorum volant esse fortissimum et omnia
régna conterere et regnare in æternum. » (Com. in Dan., c. II). – V. Francs-Maçons
et Juifs, page 653.
(2)
Talmud, traité Meghilla, fol. 2 recto ; et traité Aboda-Zara, fol.
3 verso; cité par Drach, De l’ harmonie entre l’Eglise et
(3) V. Francs-Maçons et Juifs, p. 654.
Ce témoignage suffît à lui seul pour tous les siècles antérieurs.
Il est admirablement confirmé par notre document juif du même siècle, la lettre
du prince de Constantinople.
Cette pièce de 1489,
correspondance secrète, destinée aux seuls juifs, montre bien que les idées et
les espérances des chefs de leur peuple étaient toujours les mêmes : En mettant
les chrétiens sous votre joug, vous dominerez le monde... ; vous verrez
par expérience que, d'abaissés que vous êtes, vous arriverez au faîte de la
puissance.
De nos jours, rien n'est
changé dans ces pensées des juifs, tant de l'Orient que de l'Occident.
Les Orientaux ne cessent
point d'espérer, pour un avenir peu éloigné, voir Jérusalem « capitale
de toute les nations sous un chef juif (1)
».
En Occident, l'espoir
non seulement persévère, mais il est de plus en plus ravivé par le succès.
Pour la première
moitié de notre dix-neuvième siècle, nous avons l'affirmation précise du
Rabbin Drach, dont l'autorité en ce point est irrécusable. Voici ce qu'il nous
apprend des idées et des espérances de sa nation et de ses chefs à cette époque
, d'après les enseignements de leurs docteurs et de leurs rabbins :
« Le
Messie doit être un grand conquérant, qui rendra toutes les nations du monde
esclaves des juifs. « Ceux-ci retourneront dans
(1) Lire les deux
citations faites dans Francs-Maçons et Juifs, pp. 454-55.
(2) V, De l’harmonie
entre l’Eglise et
(3) V. Deuxième
lettre d'un Rabbin converti aux israélites, ses frères, sur les motifs de sa
conversion, p. 99. Paris, 1827. Ces affirmations du célèbre Rabbin sont
d'autant plus probantes qu'il a été élevé lui-même dans ces idées et qu'il les
a longtemps enseignées aux autres. Dans cette deuxième lettre, il raconte sur
son enfance une anecdote plaisante et caractéristique, qui vient à l'appui de
ses dires et de nos citations :
« Dans l’école où
j'étais, à Strasbourg, les enfants prirent la résolution de faire, à
la première apparition du Messie, main basse sur toutes les boutiques de
confiseurs de la ville. On discuta pour savoir qui serait dépositaire de
ce précieux butin. En attendant les dragées, il se distribuait force coups de
pieds et de poings. Ces arguments ad hominem amenèrent une convention,
en vertu de laquelle chacun devait garder ce dont il s'emparerait. J'ai
dressé longtemps, à part moi, l'état des lieux d'une belle boutique au coin de
la place d'Armes, sur laquelle j'avais jeté mon dévolu. » (Deuxième
lettre, p. 319.) Les doctrines talmudiques sur le triomphe d'Israël à la
venue du Messie étaient donc enseignées et inculquées aux enfants juifs, en
France même, au commencement de ce siècle tout comme en plein Moyen Âge. Ce
n'était donc pas faute d'enseignement que ces idées régnaient dans tous
les esprits chez le peuple juif, mais par suite de l'enseignement.
Pour la seconde moitié
de notre siècle, je multiplie à dessein mes citations et je les prends de
tous côtés :
En
1860, un juif allemand, nommé Stamm, publie à Amsterdam un livre dans lequel il
annonce au monde que le royaume de la
liberté universelle sur la terre serait fondé par les juifs.
Dans la même année, un
autre, allemand lui aussi, et qui signe Sammter, adresse une longue lettre à un
journal de Berlin pour démontrer que « désormais les juifs doivent
prendre la place de la noblesse chrétienne », et que « Dieu a dispersé
les juifs sur la terre entière, alin qu'ils soient comme un ferment pour
tous les peuples, et comme les élus destinés à RÉGNER un jour SUR
TOUS LES HOMMES ».
Ce que sera ce « règne
de la liberté universelle » et du juif, un autre fils de Jacob, de Francfort,
l'avait dit en 1858 :
« Rome, écrivait-il,
qui, il y a dix-huit cents ans, a foulé aux pieds le peuple juif, doit
tomber par les forces réunies de ce même peuple, qui, par là, répandra
la lumière sur le monde entier et rendra à l'humanité un service
éminent (4). »
Il importe de rapprocher
ces paroles d'autres dires analogues, proférés aussi par des bouches juives.
En 1851, le président de
l’Alliance israélite universelle, l'avocat
Crémieux, s'écriait dans plusieurs de ses discours :
« Israël ne finira pas. Cette petite
peuplade, c'est la grandeur de Dieu… Un
messianisme de nouveaux jours doit éclore et se développer line
Jérusalem de nouvel ordre, saintement assise entre l'Orient et
l'Occident, doit se substituer à la double cité des Césars « et des Papes (5).
»
En 1864, un juif
français de Nancy, M. Lévy Bing, écrivait ceci :
« … Il faudrait fermer
depuis le premier jusqu'au dernier de nos livres sacrés et liturgiques), s'il
fallait chasser Jérusalem de nos pensées ! Et ces aspirations, ces
pensées ne sont pas seulement une chose intime, personnelle à notre race,
c'est un besoin universel… Il est
nécessaire de voir bientôt un tribunal suprême, saisi des grands démêlés
publics, des plaintes entre nation et nation, jugeant en dernier ressort, et
dont la parole fasse foi. Et cette parole, c'est la parole de Dieu, prononcée
par ses fils aînés, les Hébreux, et devant laquelle s'inclinent avec respect tous
les puînés, c'est-à-dire l'universalité des hommes nos frères, nos amis,
nos disciples (6). »
Les prétentions de Lévy
Bing ne sont pas petites, puisque, d'après lui, il est nécessaire que, bientôt,
la nation juive devienne le tribunal suprême, et jugeant en
dernier ressort, de toutes les nations du monde, le peuple, arbitre
universel, dont la parole fasse foi, par conséquent le peuple-Pape. Il
n'est pas seul dans ces idées :
« Dieu, disait en l’Univers
israélite de Paris, a choisi Israël pour être le porte-flambeau
de l'humain nité (7). »
(4) Voir le Monde, 12
novembre 1875, qui cite le Tijd d'Amsterdam, le Preussische
Votksblatt de Berlin, n° 229, 1860, et le Frankfurter journal de
1858, n° 346.
(5) Archives
Israélites, XXV, p. 515 et 600, Paris, 1851.
(6) Archives
Israélites, pp. 335 à 350, 1864.
(7) Univers
israélite, II, p.
71, 1866.
En
La métropole du monde régénéré (par le juif) ne doit
être ni Londres, ni Paris, ni Rome, mais Jérusalem, relevée de ses
ruines, t une Jérusalem nouvelle », appelée à de grandes destinées, et qui sera
« à la lois la « ville du passé et de l'avenir (1) ».
On le voit, sous une
forme ou sous une autre, toutes ces bouches juives manifestent l'espoir et
l'attente de la domination universelle, physique ou morale, de leur race. De
ces juifs modernisés, les uns, comme l’Univers Israélite et M. Lévy
Ring, sont orthodoxes, c'est-à-dire réformés talmudistes, les autres
sont réformistes purs, anti-talmudistes et progressistes (2).
(1) Archives israélites, XI, p. 495.
1868.
(2) Sur la fameuse question du Messie, les
juifs do nos jours se partagent en deux camps. Pour les juifs anti-talmudistes,
le Messie n'est plus un homme, et sa venue ne sera point un
fait particulier. Le Messie, pour eux, c'est une idée philosophique, qui
appartient à la race de Jacob, c'est l'idée progressiste et révolutionnaire qui
bat en brèche toutes les religions, institutions et sociétés basées sur des
révélations, des livres sacrés et des doctrines positives et exclusives. La venue
du Messie, c’est une époque philosophique et tout un ensemble
d'événements; c'est l’époque actuelle, notre époque de révolutions et de
progrès, à la tête de laquelle marche le juif modernisé, et qui prépare le
triomphe complet de sa nation.
Pour les juifs talmudistes,
purs et réformés, le Messie est toujours un personnage réel, et sa venue,
comme son triomphe, un événement futur spécial. Ces fidèles du Talmud regardent
l'époque actuelle, cette époque philosophique que nous traversons et dans
laquelle leurs frères anti-talmudistes, militants, etc., ont une part d'action
si grande et font une besogne si révolutionnaire, comme une des étapes qui
préparent la venue et le triomphe tant désiré de leur Messie. (V, Le Juif,
le Judaïsme, e t c ., p. 474-75, et passim.)
Remarquons ici de nouveau deux choses.
1° Les juifs
anti-talmudistes sont les moins nombreux, quoique les plus agissants contre la
société chrétienne. Les talmudistes forment la masse de la nation, la portion
de beaucoup la plus considérable, établie principalement dans les contrées
orientales de l'Europe et dans les vastes régions de l'Afrique et de l'Asie.
2° Les princes de Juda
gouvernent et dirigent absolument ces deux parties de leur peuple et sont obéis
de l'une comme de l'autre. Donc, au temps marqué par Dieu, il n'y aura
aucune difficulté à ce qu'ils leur fassent acclamer à tous la personne et la
doctrine d'un homme qui serait l'Antéchrist.
A ces
témoignages venus d'Israël, ajoutons des témoignages chrétiens.
Le manifeste des députés
roumains de 1868 va encore nous fournir une preuve que les idées et les
espérances des juifs talmudistes purs du XIXe siècle sont identiques
à celles des juifs du Moyen Âge.
« L'histoire
prouve, disent-ils, que le judaïsme est a caractérisé par la prédomination
et par l'exclusivisme le plus sévère… Poussés par une force instinctive à s'isoler
au milieu des peuples qui les entourent, ils (les juifs) sentent qu'ils ne
peuvent pas faire cause commune avec les peuples chrétiens, car ils
leur sont en tout diamétralement opposés. On a observé au contraire que,
quelque part qu'on les transporte, « soit en grand, soit en petit nombre, ils
introduisent partout, par l'effet même de leur présence, des germes de
destruction et de dissolution; car leur tendance est de S'ÉLEVER PARTOUT
SUR LES RUINES DES AUTRES. Et quant à ce qui est de la reconnaissance, ils
s'en croient complètement déliés envers les peuples qui leur ont donné
l'hospitalité, parce qu'ils les regardent comme des usurpateurs. C'est
pourquoi ils font usage de tous les moyens pour acquérir de
nouveau les droits de SUPRÉMATIE ET DE DOMINATION SUR L’UNIVERS , droits qu'ils
se croient assurés par leur antique pacte religieux… »
« Les juifs considèrent
le temps qu'ils passent parmi les autres peuples comme un temps d'expiation,
d'épreuve, d'exil, et les habitants des pays où ils sont dispersés comme des ennemis;
car ils attendent le moment promis où ils constitueront de nouveau UNE
NATIONALITÉ DISTINCTE. Leur religion les nourrit de cet espoir, en leur
faisant entrevoir la perspective d'un avenir brillant, où, finalement,
EUX SEULS DOMINERONT SUK L'HUMANITÉ ENTIÈRE… »
« II est pour nous
un fait constaté, qui résulte de tous ces détails, comme aussi de la
persévérance avec laquelle les juifs prennent racine et s'accroissent en
Roumanie, c'est qu'ils essaient d'ériger ici cet État judaïque qui est la
première réalisation DE LEURS IDÉES DE PRÉDOMINATION SUR LES PEUPLES CHRÉTIENS
(1). »
Les députés roumains,
qui connaissent parfaitement les juifs, puisqu'ils les ont étudiés et vus à
l'œuvre depuis longtemps dans leur propre pays, parlent de ce peuple, sous le
rapport des idées, des espérances et des agissements, absolument comme on l'a
fait au Moyen Âge. Ces juifs talmudisants de la seconde moitié de notre siècle
sont donc entièrement semblables à leurs pères des époques reculées, et ils
attendent, tout comme eux, leur jour de triomphe et de domination universelle,
(l) Exposé des motifs
du projet de loi contre l’émancipation des juifs de Roumanie. — Archives
Israélites, IX et X, 1868.
Enfin
une appréciation portée, il y a un peu plus d'une année à peine, nous indique
que l’on commence généralement aujourd'hui à reconnaître la réalité de ces
désirs et de ces visées d'ambition chez le peuple juif contemporain.
Dans un article de l'Univers
(27 janvier 1881) intitulé l’Aliénation mentale en Italie, on trouve
les curieuses remarques suivantes :
« Chose étrange ! les juifs
ont cinq fois plus d'aliénés que les autres classes sociales Le fait de la
prédisposition des juifs à la folie n'est pas particulier à l'Italie; on le
signale dans d'autres contrées, et il s'explique par deux raisons : l’une qui
vient de l’âpreté au gain, de la passion de l'avarice; l'autre de l'ambition
exagérée que la liberté moderne et leurs succès dans la
politique, dans la finance, dans la presse, dans l'enseignement,
dans la philosophie, dans les arts, ont développée parmi les
juifs. Il est bien certain que cette race, demeurée forte et
intelligente, au milieu de ses vicissitudes cent fois méritées, RÊVE À CETTE
HEURE L'EMPIRE DU MONDE. Autant elle se distingue par la tête, autant elle
manque de cœur. Chez elle, l'ingratitude est innée, et ce vice la
prédispose davantage à l'ambition. »
Il nous semble que ces
citations sont amplement suffisantes.
Toutes ces assertions
concordantes, de sources et de date si diverses, sont donc une démonstration
irrécusable de inexistence chez les juifs contemporains et chez leurs chefs
d'un espoir et d’une attente invincible de leur domination future sur l’univers
entier.
Mais, de plus, nos
lettres juives de 1489 nous fournissent une lumière nouvelle et inattendue sur
les pensées d'Israël.
A partir du XVe
siècle au moins, les princes juifs ne se sont plus contentés d'espérer et
d'attendre; ils ont formellement voulu agir. Ils ont conçu un plan de conduite
dans le dessein de transformer leurs longues espérances en réalité; ils l'ont
imposé à toute leur nation, qui, sitôt que les temps ont offert l'occasion
propice, l'a fidèlement et persévéramment exécuté.
La simple lecture de la
lettre du prince de Constantinople prouve d'abord qu'elle renferme le tracé
d'une ligne de conduite nettement et clairement énoncé. Mais cette ligne de
conduite n'est pas limitée à un cas particulier; elle n'est pas locale, pour
ainsi dire, et ne regarde pas que les seuls juifs espagnols et provençaux. Il
est évident, par le contexte, que cette lettre donne une direction générale,
applicable aux juifs de tous les pays et de tous les temps, puisque le résultat
à obtenir est universel : « Mettre les chrétiens sous le joug... », « parvenir
au faîte de la puissance », et « dominer le monde ». Pour que ce but soit
atteint, il est évidemment nécessaire que tous les juifs de l'univers se
mettent de la partie, et fassent des efforts communs, identiques et
persévérants dans le môme sens.
Donc cette lettre nous
dévoile, non seulement la présence permanente de l'idée de domination
universelle dans l'esprit des princes juifs, mais de plus l'existence d'un certain
plan conçu par eux afin de réaliser leurs séculaires ambitions.
Les princes de Juda
avaient-ils formé ce plan avant le XVe siècle ? Ont-ils essayé de
rappliquer dans les siècles antérieurs ? Je ne sais. Mais il est sûr que,
durant tout le Moyen Âge, et depuis le XVe jusqu'au XVIIIe siècle,
tant que nos sociétés occidentales ont conservé un certain degré de
christianisme, les juifs n'ont jamais pu ni les entamer, ni les envahir. On en trouve quelques-uns,
ici et là, qui atteignent des positions élevées, ou qui sont considérés soit à
cause de leurs talents, soit à cause de leurs richesses extraordinaires, mais
dont l'action est absolument nulle quant à la diffusion et à l'influence de
leurs idées.
Pour que leurs ambitieux
projets vinssent à réussir, il fallait aux juifs, tout à la fois, ce plan
d'action habile et nettement formulé, puis une énergique et sagace direction,
une complète et persévérante obéissance à leurs chefs, et enfin des circonstances
favorables. Ils ont eu toutes ces choses.
On doit en convenir, la
ligne de conduite tracée aux juifs est de la plus grande habileté. En envahissant et en
accaparant, avec persévérance, quoique avec lenteur, au besoin sous le couvert
d'une feinte conversion, toutes les positions importantes et toutes les forces
vives des nations chrétiennes, commerce et finances, magistrature et barreau,
maniement des affaires publiques et privées, les juifs devaient arriver
infailliblement, dans un temps donné, à tout tenir entre leurs mains et à
dominer complètement tous ces peuples.
Le
prince juif qui a écrit cette lettre de 1480, où n'importe quel de ses
prédécesseurs qui a imaginé le plan, avait eu certainement une inspiration de
génie. Il connaissait admirablement les ressources de sa race orgueilleuse,
tenace, vindicative, intelligente et prolifique par-dessus toutes les autres
races humaines, merveilleusement douée par conséquent sous tous rapports pour
accepter, opérer et poursuivre l'application de ce plan et la réalisation de
ces desseins.
Dès lors, lui et ses
successeurs ont pu manier et diriger avec sûreté l'instrument qu'ils
employaient, qu'ils connaissaient si parfaitement et qui était si bien
organisé, comme nous l’avons prouvé, pour une facile direction.
L'histoire d'un passé
peu éloigné, celle d'un présent lamentable et plein de menaces pour un prochain
avenir, démontrent que les juifs ont universellement compris et adopté les
idées de leurs chefs.
Toutefois il ne faudrait
pas conclure de là que tous les juifs indistinctement, talmudistes et
modernisés de tous degrés dans l'échelle sociale, sont complètement au courant
des faits et gestes, des projets et des trames, et de la politique profondément
mystérieuse de leurs princes suprêmes. À un certain moment, la nation a reçu,
et elle reçoit sans nul doute de temps à autre, une impulsion puissante qui
revêt la forme, soit d'ordres généraux, soit de prescriptions particulières,
soit de défenses ou de conseils, et qui, partant des chefs supérieurs, lui est
communiquée, sur tous les points du globe, par ses chefs intermédiaires et
immédiats. Cette impulsion a été, est encore aujourd'hui d'autant, plus
docilement acceptée et fidèlement suivie par les juifs qu'elle concorde
parfaitement avec leurs séculaires aspirations et quelle les a conduits à des
succès incontestables et extraordinaires. Ils ont donc pu, et se mettre à
exécuter, et continuer d'exécuter les plans de leurs chefs avec une fidélité,
une persévérance et une habileté surprenantes, sans avoir besoin de tout
connaître dans leurs idées, leurs desseins ultérieurs et leurs voies. Car il
doit nécessairement arriver, comme l'observe judicieusement l'auteur du Juif,
etc., qu'il existe souvent « une grande différence... entre ce que croit et
dit le commun des juifs, et la secrète pensée des chefs et
des meneurs mystérieux de la nation juive (1). »
Je vais plus loin : il
est possible, il est même croyable que la presque totalité des juifs ne connaît
aucunement les membres du Grand Conseil, et encore moins son président, prince
souverain de tout Israël ; et même que le plus grand nombre ignore l'existence
de ces hauts personnages et ne sache absolument rien et ne se doute nullement
de la manière dont la nation est gouvernée. Vous les surprendriez beaucoup en
leur affirmant qu'il y a d'autres autorités au-dessus des chefs de leurs
juiveries ou des Rabbins et grands Rabbins de leurs synagogues.
La
raison de ceci se trouve dans ce fait que le peuple juif est conduit, depuis
des siècles, comme une société secrète. Nous savons que dans
(1) Gougenot des
Mousseaux, Le Juif, etc., page XXXIV.
Cette situation a pu se
produire, même en dehors des sociétés secrètes. L'expérience en a été faite
dans notre propre pays et dans l'Eglise catholique. Il y a une quarantaine
d'années, sous l'action du gallicanisme, la pensée et le nom des Souverains
Pontifes avaient été tellement écartés de l'esprit des simples fidèles, que la
plupart ne portaient aucune attention ni au rôle, ni à la nécessité de
L'ignorance de la grande
majorité des juifs à l'égard de leurs chefs suprêmes et du gouvernement de leur
nation n'aurait donc rien d'étonnant, ni de contradictoire avec leur zèle et
leur persévérance à poursuivre l'exécution des desseins de ces chefs, quand se
sont présentées les occasions propices.
Ces occasions, nous
devons le dire, ont été bien favorables.
Le protestantisme, les
bouleversements de la société chrétienne, l'abri et le masque de
Et avouons-le,
l'inattention et l'incurie des catholiques comme des chrétiens ont ouvert à
Israël toutes les entrées possibles.
Que le plan juif, s'il
avait été connu au XVe siècle, n'eût paru aux chrétiens d'alors
qu'une chimère et une folie absolument inoffensive; qu'au XXVe
siècle, même après les ébranlements de
Mais au commencement du
dix-neuvième siècle, après les orgies intellectuelles et morales de la grande
Révolution, il y avait bien lieu de surveiller les menées du peuple juif, tout
au moins après les avertissements que des voix autorisées avaient donnés à la
société européenne.
M. de
Bonald, voulant justifier le régime sous lequel les juifs avaient été maintenus
autrefois en France, écrivait en 1819 les paroles suivantes, qui étaient comme
une annonce de ce qui se passe sous nos yeux :
« Les juifs, s'ils
eussent été répandus partout en France, unis entre eux, comme ceux qui
souffrent pour une même cause, et d'intelligence avec les juifs étrangers auraient
fait servir leurs richesses à acquérir une grande influence DANS LES
ÉLECTIONS POPULAIRES, et auraient fait servir leur influence à acquérir DE
NOUVELLES RICHESSES (1). »
N'est-ce pas à la lettre
ce que nous voyons de nos yeux ? Et ne dirait-on pas que ces lignes sont le
résumé, fait par un journaliste contemporain, de nos élections politiques
depuis une dizaine d'années ?
En 1831, une association
chrétienne, protectrice des juifs, disait dans un de ses rapports, et ceci à l'adresse
de toute la chrétienté :
« Lorsque les chrétiens renonceront
eux-mêmes à leur foi cesseront d’être chrétiens et deviendront des
prosélytes des juifs, alors non seulement tes juifs seront leurs égaux,
mais ILS SERONT BIENTÔT LEURS MAÎTRES (2). »
Nous assistons à ce
lamentable spectacle. Les catholiques et les chrétiens, en acceptant et en
proclamant les principes modernes,
Les avertissements de
ces deux écrivains des commencements de notre siècle étaient donc prophétiques.
Personne n’a voulu y faire attention. Tout a favorisé les visées judaïques.
(1) De Bonald, Mélanges, t. II, p. 250.
Paris, 1810, in-8°, XIe des Œuvres complètes. — Ces paroles de
l'illustre philosophe sont, au point de rue politique, une des raisons
les plus justificatives de l'établissement et du maintien des Ghetto.
(2) Dictionnaire de Goschler, art. Émancipation
des Juifs.
Néanmoins
reconnaissons que, si les juifs n'avaient pas eu un plan et des desseins bien
arrêtés, et, de plus, unité de direction et universalité d'obéissance et
d'efforts, jamais nous n'aurions vu le programme de 1489 accompli à la lettre,
comme nous en avons la preuve évidente aujourd'hui ; il n'y a plus à nier, ni à
contester : le fait est là qui s'impose. Il suffit de se rappeler ce qui se
dit, s'opère et se voit.
Mettez en regard, d'un
coté, le programme des princes de Juda en ses points principaux, et, de
l'autre, la situation des juifs à l'heure actuelle.
Au XVe
siècle, en 1489, le prince de la nation écrit de Constantinople à ses sujets de
Provence et d'Espagne persécutés, en ces termes :
« Faites vos enfants MARCHANDS, afin que peu
à peu ils DÉPOUILLENT LES CHRÉTIENS
DE LEURS BIENS. »
« Faites en sorte que vos enfants soient AVOCATS
ET NOTAIRES et que TOUJOURS ILS SE MÊLENT DES AFFAIRES DES ÉTATS, afin que, en
mettant LES CHRÉTIENS SOUS VOTRE JOUG, VOUS DOMINIEZ LE MONDE, et vous puissiez
vous venger d'eux. »
Au XIXe siècle, de nombreux
publicistes constatent la situation d'Israël.
Sous le rapport commercial et financier,
ils sont unanimes à reconnaître que les juifs dirigent les branches les
plus importantes du commerce et de l'industrie, qu'ils détiennent le monopole
de la finance, de
Sous le rapport gouvernemental
et politique, ces mornes publicistes affirment, en 1844 : que les
ministères les plus importants des plus grands pays de l'Europe sont dirigés
par les juifs, et que toute la politique européenne est menée secrètement par
eux ; en 1854 : « qu'ils sont les maîtres... et au trône du monde (2) » ; en
1872 : que LES SOMMITÉS DU POUVOIR sont PARTOUT OCCUPÉES par DES JUIFS,
dont l'origine judaïque est le plus souvent inconnue des chrétiens; en 1875 et
1876 : qu'ils possèdent et inspirent presque toute la presse ; que par elle ils
forment l'opinion... qu'ils sont les Rois DE L'ÉPOQUE ; en 1881 : que
(1) V. Francs-Maçons
et Juifs, pp. 531-37, où
ces témoignages sont cités tout au long, avec leurs sources.
(2) Cette dernière
parole n'est pas citée dans Francs-Maçons et Juifs. Elle est de Michelet,
écrivain anticatholique bien connu. Voici ce qu'il dit :
« Au Moyen Âge, celui
qui sait où est l'or, le véritable alchimiste, le vrai sorcier, c'est le
juif. Le juif, l'homme immonde,...
c'est à lui qu'il faut
s'adresser... Sale et prolifique nation !... Mais ils ont résolu le
problème de volatiliser la richesse. Affranchis par la lettre de change, ils
sont maintenant libres, ils sont MAÎTRES ! De soufflets en
soufflets, les voilà Au TRÔNE DU MONDE ! » M, Hallez, écrivain
favorable aux juifs, rapporte dans son livre Le Juifs en France (Paris,
1854, pp. 37-38) ce passage d'un discours ou d'une conférence de Michelet.
(3) Il est d'une extrême importance, je l'ai
déjà dit en commençant ce travail, que la plus grande lumière possible soit
faite sur la jouissance financière et politique du juif qui, selon la
prévision de M. de Bonald, se sert de l’une pour amener l'autre, et
réciproquement. C'est pourquoi, sans craindre d'être trop long en pareil sujet,
je cite ici en leur entier plusieurs témoignages récents qui ne sont point consignés
dans Francs-Maçons et Juifs :
« L'Europe est
inféodée à la domination d'Israël. Les juifs ont ce frappé TOUS LES ÉTATS
d'une nouvelle hypothèque, et d'une hypothèque que ces États ne pourront jamais
rembourser avec leurs revenus. La domination universelle, que tant de
conquérants ont rêvée, les juifs l’ont entre leurs mains, Jérusalem a
imposé tribut À TOUS LES EMPIRES. La première part du revenu public de TOUS
LES ÉTATS, le produit le plus clair du travail de tous, passe dans la bourse
des juifs sous le nom d’INTÉRÊT DE
L'Estafette, dans un article sur
Le lecteur n'a pas
oublié, sans doute, le désastre récent de la banque l'Union générale préparé
et causé par les financiers juifs.
Et pour
Enfin,
deux témoignages rapportés dans Francs-Maçons et Juifs, et qu'il est
utile de remettre sous les yeux des lecteurs et de recommander à leurs
sérieuses réflexions, résument parfaitement la situation du juif au
dix-neuvième siècle dans les deux hémisphères.
(1) V, Francs-Maçons et Juifs, pp.
531-37.
(2) V. Courrier de
Le R. P. Ratisbonne,
juif converti, devenu prêtre catholique, fort au courant des choses de sa
nation, disait en 1868 :
« Naturellement habiles,
ingénieux et possédés par l’instinct de
Ces paroles sont encore
plus vraies aujourd'hui, en 1878, que lorsqu'elles ont été écrites, il y a
quatorze ans; car la marche ascendante du juif ne s'est pas ralentie.
Dix ans après, en 1878,
un économiste distingué, en ne s'appuyant que sur les données de la science
économique et statistique, émettait des affirmations presque toutes semblables
:
« Que
de fonctions, que d'honneurs, que d'attributions, que de privilèges
sont, dans notre siècle, la propriété d'Israël !... L'ÉLÉVATION
PROCHAINE D'ISRAËL AU FAÎTE DES GRANDEURS semble certaine, puisque, DANS
CE MOMENT, rien ne parait devoir la conjurer. Ainsi, à moins d'une
grande modification dans l’ordre et le mouvement des sociétés, nous le verrons,
avant peu, quelque extraordinaire que paraisse un pareil coup du SORT,
GOUVERNER LES NATIONS, APRÈS S'ÊTRE APPLIQUÉ TOUTES LEURS RICHESSES, et par
suite se multiplier sans mesure en chassant de devant lui les habitants de
toute la terre (2). »
Maintenant prenez la
peine de comparer les aveux, les cris d'indignation et d'alarme de tous ces
publicistes, proférés en plein dix-neuvième siècle, avec le plan
d'envahissement et de domination tracé par le prince juif du XVe, et
voyez si ces divers documents ne jettent pas les uns sur les autres un vive et
effrayante lumière !
Ce programme
d'envahissement, lent et successif, de toutes les positions importantes et de
toutes les forces vives des nations chrétiennes, commerce et finances,
magistrature et barreau, maniement des affaires privées et publiques, n'est-il pas
admirablement réalisé ?
Aux juifs de 1489,
humiliés et pourchassés, il a été dit : « Vous METTREZ LES CHRÉTIENS, sous
VOTRE JOUG, vous DOMINEREZ LE MONDE… Ne vous écartez pas DE L'ORDRE que
nous vous donnons, parce que vous verrez par expérience que, d'abaissés
que vous êtes, vous arriverez AU FAÎTE DE
Des
juifs de 1808,1875,1878 et 1881, il est hautement reconnu et proclamé que « ILS TIENNENT ENSERRÉE COMME DANS UN RÉSEAU
TOUTE
QUELLE RÉUSSITE !
(1)
(2) M. du
Mesnil-Marigny, Histoire de l’économie politique des anciens peuples, Paris,
1878, p. 283.
Nous ne pouvons pas
laisser de côté un autre rapprochement, d'une moindre importance, mais qui a sa
valeur, et qui est fort curieux.
«
Faites en sorte que vos enfants soient AVOCATS.... et que toujours ILS
SE MÊLENT DES AFFAIRES DES ÉTATS », écrivait, en 1489, le prince juif de
Constantinople. Or il est historiquement certain que Messieurs les avocats, depuis
plus d'un siècle, jouent un rôle extrêmement important dans toutes les affaires
politiques, en France particulièrement. Au dix-huitième siècle, ils
remplissaient les loges des sociétés secrètes ; ils y abondent encore
aujourd'hui. Ils ont été en grand nombre dans toutes les assemblées politiques
de notre première révolution, et si ma mémoire ne me fait pas défaut en ce
point, de toutes les corporations supprimées par
(1)
V. Francs-Maçons et Juifs, p, 646, note.
On serait presque tenté
de croire que ce prince juif a eu l'intuition prophétique de l'influence
prépondérante et du rôle dominateur que devaient prendre sur les affaires
publiques, à notre époque, l'art de la parole et la corporation des avocats.
Le
juif veut donc dominer le monde. Depuis quatre siècles environ, la ligne de
conduite à suivre pour atteindre ce but lui a été tracée et imposée par les
chefs suprêmes de sa nation. Depuis à peu près un siècle, les juifs de
tous pays, profitant des circonstances favorables, s'appliquent avec l'ardeur
la plus vive, et avec la discipline la plus exacte, à mettre en œuvre le
programme et à réaliser le plan et les desseins de leurs chefs. On ne peut pas
raisonnablement, il me semble, soutenir le contraire. Mais enfin si, par
impossible, il se rencontrait quelqu'un qui contestât l'existence de cette idée
et de ce projet de domination universelle chez les juifs, dans le passé, il
serait obligé, par la logique écrasante des faits, de convenir que, à tout le
moins, dans le présent, en raison de la puissance immense dont ils
disposent, et par suite des merveilleux succès qu'ils ont déjà obtenus, les
princes d'Israël doivent avoir la pensée et la résolution formelles de devenir
les maîtres uniques et absolus de l'univers. Car, pas plus que les autres
hommes, ces princes juifs ne sont dépourvus d'orgueil et d'ambition.
À leur plan primitif,
les princes de la nation juive ont ajouté, de nos jours, un détail de la plus
haute importance, sur lequel les hommes politiques feraient bien, à mon avis,
de porter la plus sérieuse attention.
Le juif voit clairement
aujourd'hui qu'il touche presque à son but. Encore quelques efforts, encore quelques
années, et le monde tout entier, chrétien et païen, sera sous la main de ses
chefs.
Mais son orgueil, sa
soif de grandeurs, le besoin de prendre sa revanche de tant de siècles de
mépris, ne lui permettent pas de se contenter d'une domination cachée et
inconnue du plus grand nombre, si réelle et si absolue qu'elle puisse être. Le
juif prétend à présent imposer son joug aux nations, et aux nations chrétiennes
surtout, comme juif, comme peuple juif, sous son nom, proclamé et accepté, de
fils de Jacob, Il aspire à dominer et à gouverner tous les « non-juifs », comme
les Turcs dominent et gouvernent les Grecs, comme les Anglais dominent et
gouvernent les Hindous.
Pour atteindre ce
résultat, il lui faut nécessairement un centre de nationalité. Il faut qu'il
existe d'abord quelque part, en Palestine ou ailleurs, comme peuple reconnu.
Cette situation, il ne l’a pas encore; et les gouvernements européens, en
particulier
Malgré tout le pouvoir
secret qu'ils possèdent, et en raison même de son étendue, cette position
effacée, et, pour mieux dire, nulle vis-à-vis des Etats et des gouvernements
existants, doit profondément vexer et humilier, on le comprend sans peine,
l'orgueil du prince souverain d'Israël et de ses assesseurs.
Il est très naturel et
très supposable qu'ils désirent vivement en sortir. De même donc qu'ils sont
parvenus à obtenir presque partout pour les individus de leur nation le titre
et les droits de citoyens, de même ils se proposent de faire donner à leur
peuple et à leur, gouvernement occulte une place distincte et un rang déterminé
et avantageux au milieu des États civilisés.
Revenir
en Palestine et y reconstituer leur nationalité est bien certainement
l'espérance indomptable et le désir le plus ardent des princes juifs et de leur
nation. Mais, pour les temps actuels, cette affaire offrirait des obstacles
trop considérables à vaincre et de trop longues difficultés à surmonter. Du
reste, exister d'abord quelque part ailleurs comme nation juive reconnue et
acceptée, ce serait assurément préparer et avancer la solution favorable du
retour en Palestine (2).
(1) Univers, 20
juillet 1SS1.
(2) Je n'ai point à,
donner ici de nouveaux développements à cette question. Ce désir et cet espoir
sont suffisamment démontrés en Francs-Maçons et Juifs, p. 653 et
suivantes. Quant à l'événement futur de ce retour, c'est un point d'exégèse
sacrée.
C'est pourquoi, depuis une trentaine d'années
environ, les juifs cherchent activement à se créer ce centre national, cette
contrée israélite, dans les Provinces danubiennes, aujourd'hui royaume
de Roumanie.
Cette assertion si grave
n'est pas le produit de mes conceptions particulières. Elle vient d'autorités
bien autrement élevées et convaincantes : d'abord, des députés roumains eux-mêmes.
Je répète les paroles si
remarquables, déjà citées, de cette sorte de manifeste qu'ils ont présenté à
leur gouvernement et qui a été publié dans tous les journaux de leur pays en
1868 (1) :
« Il est pour nous, disent-ils,
UN FAIT CONSTATÉ, qui résulte de tous ces détails, comme aussi de
L'affirmation est nette
et précise. Pour les députés roumains, c'est un fait constaté, par
conséquent indéniable, que les juifs veulent ériger en Roumanie UN ÉTAT
et UN GOUVERNEMENT JUDAÏQUES.
Remarquons bien la valeur de ce témoignage. Ce sont trente
députés et le président de l'Assemblée souveraine de Roumanie qui
avancent ce fait, qui s'en sont assures et qui le dénoncent à leur
gouvernement et à l'Europe !
(1) Exposé des motifs
du projet de loi contre l’émancipation des juifs en Roumanie. [Archives
israélites, IX et X, 1868.)
Mais ce n'est pas par
eux seuls que ce fait est constaté et affirmé. Le peuple roumain tout entier
dit la même chose. Le juif Crémieux et la presse autrichienne le
reconnaissent.
« Le préjugé contre les
juifs, avoue celui-ci, en est à ce point (en Roumanie) qu'un candidat à un
siège vacant à l'Assemblée constituante s'engageait formellement, dans sa
profession de foi imprimée que j'ai dans mes mains, à voter contre toute
proposition favorable aux juifs. » Et le motif allégué, c'est que : étrangers, les
juifs feraient de
De son côté, le journal
« La nation (roumaine)
accuse sir Moses Montefiore (2) d'être venu dans les Principautés
danubiennes pour EN FAIRE UNE NOUVELLE PALESTINE, pour enlever aux
Roumains leur territoire et leurs produits (3). »
(1) Archives israélites, XVI, p. 719,
1866.
(2) Sir Moses Montefiore
est le même juif anglais que nous avons vu intervenir, en 1840, en faveur des
assassins du P. Thomas de Damas, en compagnie de M. Crémieux.
(3) Archives israélites, XX, p. 929,
1807.
Ce projet, ils
travaillent à le faire réussir par les efforts de toute la nation : juifs
talmudistes et juifs modernisés s'y emploient tant qu'ils peuvent.
Sur les ordres de leurs
chefs, les juifs talmudisants des contrées voisines de
« L'invasion des juifs en
Roumanie, et particulièrement dans
Dans les années
suivantes, deux publicistes constatent que cette invasion juive va toujours
en croissant (1). Par
un document officiel, daté du 9 juillet 1879, et adressé à toutes les cours
européennes, le premier ministre du gouvernement roumain, M. Campineano, s'en
plaint avec amertume (2). La statistique des années 1878 et
(1) En
(2) V. Agence Havas et
Univers, 22 juillet 1879.
(3) Univers du 12 octobre
1879.
Ces
juifs deviennent promptement propriétaires de terrains nombreux, très étendus,
soit par acquisitions directes, soit par voies hypothécaires, garanties de
leurs usures. M. Campineano dit dans son mémoire que, « en Moldavie surtout,
une grande partie de la propriété rurale se trouvé engagée entre leurs mains »,
et qu'elle y passera bientôt toute entière.
Les juifs roumains ont
sollicité avec insistance du gouvernement des Provinces danubiennes leur
émancipation, c'est-à-dire l'égalité des droits civils et politiques avec les
indigènes.
Cette concession avait
la plus grande importance pour la réussite du plan des princes juifs; car « la
propriété rurale, dit M. Campineano, joue le principal rôle dans l'organisation
politique du pays, notamment dans la constitution des collèges électoraux qui
nomment le Sénat et qui concourent aussi à la formation de
Mais la nation et les
autorités roumaines, prévoyant toutes ces conséquences et ne voulant pas être
absorbées par les juifs, se prononcèrent avec la plus grande énergie contre
leur émancipation. Toutes les lois qui leur refusaient le titre et les droits
de citoyens furent rigoureusement maintenues.
Alors les hauts chefs
d'Israël, pour triompher de cette résistance, firent marcher leur autre corps
d'armée. Les juifs modernisés de l’Alliance Israélite universelle entrèrent
à leur tour en ligne de bataille. Il fallait une raison d'intervenir. Le motif
apparent tut vite trouvé : les juifs de Moldavie auraient subi de prétendus
sévices et persécutions populaires (en 1867). Le Gouvernement roumain eut beau
démontrer par une sérieuse enquête que les juifs eux-mêmes avaient «
OCCASIONNÉ, sinon provoqué le mouvement (1) », le prétexte cherché était
à leur disposition; c'était tout ce que voulaient les chefs Israélites.
Aussitôt le président de
l’Alliance, l'avocat Crémieux, fait, par la presse, retentir le monde de
ses doléances et de ses menaces. Il écrit, du ton le plus dictatorial, lettres
sur lettres à tous les gouvernements européens, les sommant d'intervenir en
faveur des juifs, malheureuses victimes de l'intolérance roumaine, et d'exiger
leur émancipation totale, afin de prévenir le retour de pareilles persécutions.
Les gouvernements, tous plus ou moins menés par
(1)
Le
ministre des affaires étrangères de
De son coté, M.
Crémieux, assisté de sir Montefiore, se rendit dans les Provinces danubiennes pour
agir sur les lieux en faveur de ses coreligionnaires, auxquels il assura que,
avant un an, ils jouiraient de tous les droits civils et politiques des
indigènes roumains (1).
Toutefois, les efforts
des juifs et de leurs protecteurs n'eurent point, en ce temps, pleine réussite;
ils se brisèrent contre la résistance unanime et désespérée de la nation
roumaine.
Mais le juif dépasse qui
que ce soit en ténacité. Il n'a point cessé de poursuivre le même but, et, pour
y arriver tôt ou tard, de travailler partout les esprits en Roumanie et dans le
reste de l'Europe.
Dix ans
après ces événements, le congrès de Berlin (1878), par son article 41 il posait
en principe l'émancipation complète des juifs en Roumanie. Ce succès avait été
obtenu par l'infatigable Crémieux, grâce à la pression exercée par lui sur le
ministre plénipotentiaire français, le franc-maçon anglican Waddington. Le
gouvernement roumain a de nouveau fortement protesté.
Possesseurs qu'ils sont
d'une grande portion du territoire et des capitaux de ce royaume, les juifs,
citoyens désormais de
Il est facile de
comprendre quelle puissance politique les chefs juifs auraient à cette époque
entre les mains. D'une part, comme État de premier ordre, leur royaume ou leur
république jouirait d'une grande autorité dans les conseils et les affaires
extérieures de l'Europe. De l'autre, ils continueraient de dominer et de
diriger les gouvernements européens par leurs finances et par l'association
maçonnique et ses annexes. Ce sera donc un jeu pour eux d'établir et de
maintenir en républiques antichrétiennes tous les pays d'Europe, de fondre
ensuite ces républiques les unes dans les autres par des guerres ou par des
alliances, et enfin de les absorber toutes dans la leur. L'Europe se
transformerait ainsi en cette République universelle que veulent et que
prêchent toutes les société secrètes, vassales et esclaves du juif. Si déjà les
princes d'Israël n'avaient pas renversé l'Empire ottoman, par l'intermédiaire
de
(1) Voir les journaux Univers
israélite et Archives israélites, de 1867 à 1809, et le Juif, etc.,
ch. XIe.
(2) Cette campagne,
menée en commun, depuis 1867, contre
Transportant son centre
d'action et sa capitale à Jérusalem, et ayant à sa tête un des membres de ces
familles messianiques, descendants de David, depuis longtemps peut-être tout à
la fois grand Patriarche de
Quoi qu'il en soit de
leurs desseins en Roumanie, et de leurs succès présents et à venir dans cette
contrée, nous devons être convaincus que, au point d'étonnante réussite où est
arrivé leur plan général, les princes juifs, et leur peuple avec eux, ne
peuvent plus s'empêcher de tendre, par tous les puissants moyens dont ils
disposent, « au faîte » du pouvoir et des grandeurs, c'est-à-dire à
mettre la haute main sur toutes choses, à s'emparer entièrement de la puissance
souveraine dans l'univers entier.
Il importe donc
extrêmement à tous les hommes, et en particulier aux catholiques et aux
chrétiens, de connaître quelles sont les dispositions à leur égard, et quel est
le caractère spécial de leurs futurs dominateurs.
Ce sera l'objet des
pages suivantes.
§ III. — Les hauts
chefs de Juda, et la masse de leur nation, ont été dans le passent sont encore
dans le présent, animés envers les chrétiens de sentiments tout semblables à
ceux de leurs ancêtres, aux premiers siècles de l’Église.
I
Un fait absolument
certain, c'est que la nation juive actuelle descend directement de ces
pharisiens et autres juifs qui repoussèrent et crucifièrent le Messie, Jésus-Christ,
et qui, de révoltes en révoltes contre les Romains, ont amené la ruine de leur
patrie et leur dispersion définitive et totale dans le monde.
Sous le rapport
religieux, dit Drach, la synagogue actuelle n'est pas autre chose que la
continuation du pharisaïsme (1).
(1) Drach, De
l'harmonie entre l'Eglise et
Or nous
savons par les évangiles, par les autres parties du Nouveau Testament et par
tous les documents historiques, quels étaient moralement ces pharisiens, cette
classe supérieure et dirigeante de la nation : hommes orgueilleux, envieux,
avares, hypocrites, vindicatifs, persécuteurs acharnés, pleins de rage contre
les chrétiens et contre tout ce qui rappelait le nom de Jésus.
Du premier au sixième
siècle, ni eux, ni leur nation ne changèrent. Les écrits des Pères et des
auteurs ecclésiastiques en font foi. En ce dernier siècle leurs docteurs les
plus estimés condensèrent dans l'immense compilation appelée le Talmud la
quintessence de leurs enseignements contre le christianisme, et de leur
haine sauvage contre les chrétiens.
« Le
Talmud babylonien fut clos... dès les premières années du VIe siècle.
Il fut aussitôt accepté de tout Israël (1). » Depuis cette époque jusqu'à nos
jours, ce recueil est devenu pour toute la nation, pour ses docteurs et pour
ses chefs, le Vivre sacré par excellence, supérieur même aux livres de
Moïse (2). Il fut considéré, étudié et lu par tous, comme le code suprême et
indiscutable de la loi religieuse, morale, politique et sociale.
(1) Drach, De
l'harmonie, ibid., p. 164. — Le Talmud, nous l'avons déjà vu, est divisé en
deux parties bien distinctes : 1°
(2) Dans la nation juive,
« une seule secte, celle des Caraïtes, ne reconnaît que la loi de
Moïse et rejette le Talmud ; mais cette secte ne compte pas au delà de douze
cents fidèles ». (Achille Laurent, Histoire des affaires de Syrie, etc.
— Le Juif, le Judaïsme, etc., p. 9.) Quant à l'époque de la formation de
cette secte, les historiens varient. Les uns font remonter les Caraïtes à
un siècle et demi avant l'ère chrétienne. (V. L'abbé Blanc, Cours d'histoire
ecclésiastique, t. 1er, p. 8, 1803). Les autres ne les font
dater que du 8e siècle de notre ère. (V. Dictionnaire de
Goschler, au mot Caraïtes.)
Les juifs Caraïtes
résident principalement au Caire, à Constantinople et dans les environs de
cette ville, à Nicomédie, en Crimée et en Pologne. (V. même dictionnaire.)
Le récit d'un voyage en
Pologne et en Russie, publié par l’Univers du 22 février 1859), sous la
signature A. Morin, donne sur les Caraïtes les détails suivants, qui
contredisent les opinions précédentes des historiens, quant à l'origine de cette
secte juive :
« Les Juifs
polonais (ils sont tous talmudistes) professent un éloignement très réel pour
les Caraïtes établis en Crimée depuis bien des siècles... Nous ayons visité
avec intérêt, non loin de Batchi-Séraï, la montagne de Tchut-fut-Kalé, où
séjournent les chefs de cette tribu. Là... on nous a montré des bibles
magnifiques, portées, comme ils disent, par leurs pères de Jérusalem à
Babylone, et dont leurs descendants ne se sont jamais séparés. Ils rejettent
le Talmud, assurent que leurs pères ce ne sont point rentrés en Judée à
la fin de la captivité, et qu’ils sont innocents de la mort du Juste… Ils
portent généralement un large turban et de longues robes aux riches couleurs.
Leurs femmes ne sortent que voilées. Ils ont un maintien fort grave, et, dans
tous leurs usages, quelque chose qui rappelle l'antique Orient. »
Ceci
n'est contesté par personne et ne saurait l'être. Mais afin d'enlever jusqu'à
l'ombre d'un doute à l'esprit de mes lecteurs, je vais citer en premier lieu
deux témoignages qui vaudront pour toute la période comprise entre le VIe
et le XIXe siècle exclusivement, et pour notre époque contemporaine,
j'ajouterai les affirmations de deux ou trois auteurs irrécusables.
Un des plus
célèbres docteurs juifs, Moïse Maïmonide, rabbin du XIIe siècle, «
dont l'autorité est si grande, dit Drach, dans la synagogue moderne » parle du
Talmud en ces termes :
« Tout ce que contient
Cette autorité du Talmud
de Babylone est si grande et tellement respectable que, d'après ce même
docteur, le violateur de ses prescriptions doit être mis à mort, et même sans
jugement :
« Ceux qui violent les
préceptes des Scribes, dit-il, a doivent être punis plus sévèrement que
ceux qui violent la loi de Moïse. L'infracteur de la loi de Moïse peut être
absous, mais le violateur des préceptes des Rabbins doit être puni de
mort... Le premier venu des fidèles doit mettre à mort le juif qui nie
la tradition des Rabbins… Ni témoin, ni admonition préalables, ni juges
ne sont nécessaires. Quiconque fait cette exécution a le mérite d'une bonne
œuvre : il a ôté le scandale (2). »
Tout commentaire de ces
textes serait superflu.
(1) Discours préliminaire Yad Hazaka
(main puissante), célèbre abrégé du Talmud, publié en hébreu parle docte
Rabbin, V. Drach, De l’harmonie, etc., t. 1er, pp. 164 et
179, et Dictionnaire de Goschler, au mot Maïmonide.
(2) Maïmonide : Traité
des docteurs rebelles, ch. III, p.
52. V, Drach, Deuxième lettre d'un Rabbin converti, p.
332. Le Juif, etc., pp. 51 et 79. Par les mots Sages, Scribes et Rabbins,
Maïmonide désigne les auteurs du Talmud de Babylone.
Ces autres paroles d'un
Rabbin du XIXe siècle ne sont pas moins probantes :
« L'immense
compilation (du Talmud) s’est répandue parmi les juifs avec une rapidité
presque miraculeuse. Elle fut acceptée dès son apparition, comme l’expression vraie
et sincère de la foi traditionnelle. De nombreuses écoles, où le Talmud fut
l'objet de l'étude la plus respectueuse, surgirent tout d'un coup en
Orient et en Occident. Ses décisions casuistiques furent acceptées par
toutes les communautés (juives), et cette triple barrière, élevée
par les Rabbins de
(1)
(2) Le Rabbin Lazard,
auteur de ces lignes, ignore, ou feint d'ignorer, combien «cette
transmission » fut facile et peu « miraculeuse » en raison de
l'organisation occulte du gouvernement de la nation juive, et de l'existence
d'un centre unique de commandement et de pouvoir suprême. Le double fait de
cette transmission du Talmud entre les mains de tous les Juifs du monde, « en
un instant », et de ces écoles talmudiques qui surgissent, tout d'un
coup, en Orient et en Occident, est une preuve nouvelle à joindre à celles
que nous avons exposées plus haut, touchant l'autorité absolue des princes
d'Israël, leurs communications promptes et régulières avec toutes les
communautés juives tant de l'Occident que de l'Orient, et la soumission
parfaite de celles-ci à leurs ordres souverains.
(3) Archives
israélites, XII, pp. 551-55, 15 juin 1867, Paris, article du
Rabbin Lazard. — Ce journal était à cette date, en France, l'organe des Juifs
modernisés, dits réformés anti talmudistes.
Nos citations de
l'époque contemporaine ne sont pas moins affirmatives sur le même sujet.
M. Achille Laurent, un
des membres de la « Société orientale » le plus au courant des questions juives
de l'Asie, témoigne dans le même sens, sur la suprême autorité dont jouit le
Talmud, à notre époque, aux yeux de tous les juifs en général, et des Orientaux
en particulier :
« La loi donnée par
Moïse au peuple hébreux, dit-il, n'est qu'en apparence, aujourd'hui, la loi des
juifs. Elle a disparu dans les commentaires; et le Talmud, c'est-à-dire
le livre qui a LE PLUS D'AUTORITÉ chez ce peuple, se compose de
Un témoignage encore
plus probant, s'il est possible, nous est fourni par les assertions de l'ancien
Rabbin Drach qui, pendant de longues années, a étudié et enseigné le Talmud et
« C'est, nous dit-il, ce
corps de droit canon, religieux et civil à la fois, QUI RÈGLE, JUSQU'À CE
MOMENT (1844)
« Nous avons déjà parlé
du respect que les juifs portent au Talmud, dit-il ailleurs, nous
ajouterons ici un passage du Ménorat-hamma-or, livre qui jouit d'une
grande autorité dans la synagogue moderne. Tout ce qu'ils (2)
ont dit dans les Médraschim et autres recueils (3) sont choses
auxquelles nous sommes tenus de croire, comme à la loi de Moïse notre maître...
Et si quelque chose nous en paraît exagéré ou incroyable, nous devons
l'attribuer plutôt à la faiblesse de notre entendement qu'à leurs
enseignements. Et quiconque fait des plaisanteries sur quoi que ce soit de ce
qu'iront dit,... en recevra le châtiment (4). »
(1) Achille Laurent, Relation
historique des affaires de Syrie, etc., Paris, 1840, tome II, pp.
351-52-53. — V. Le Juif, etc., pp. 79, 90, 91.
(2) On désigne par ce
pronom ils les Rabbins auteurs du Talmud (note de Drach).
(3) Ce sont des parties du Talmud.
(4) Drach, De l'harmonie, etc., t. 1er,
pp. 164 et 515, Paris, 1844.
Terminons
par quelques témoignages plus récents, pris chez les juifs contemporains :
« Le Talmud, dit l’Univers
Israélite, n'est pas seulement le CODE CIVIL ET ECCLÉSIASTIQUE DU JUDAÏSME,
mais il est une œuvre de haute importance pour le savant. On ne saurait nier que les
auteurs du Talmud ont bien mérité des juifs (1).
« Le Talmud pendant deux
mille ans a été, et IL EST ENCORE, UN OBJET DE VÉNÉRATION pour les israélites,
dont il est le Code religieux (2). »
Il n'est donc pas
contestable que le Talmud, depuis son apparition jusqu'à l'époque actuelle, a
toujours joui, et jouit encore, de la plus grande influence et d'une autorité
révérée et incontestée sur la masse de la nation juive.
Or, selon l'axiome
historique, tout peuple subit dans sa formation l'action irrésistible de
son livre sacré, du livre qui est pour lui la règle de sa foi, le directeur de
sa conduite privée et le régulateur de sa vie sociale et politique. Ainsi
l’Ancien Testament a fait le peuple Israélite, l'évangile et les écrits des
Apôtres ont créé les peuples chrétiens, le Coran a produit les nations
musulmanes, etc… Ne savons-nous pas d'ailleurs, par l'expérience de notre
temps, qu'une simple feuille quotidienne finit par imposer ses lecteurs assidus
ses idées et ses tendances ?
Par conséquent, c'est le
Talmud qui a façonné et moulé, pour ainsi dire, le caractère de tous les juifs,
aux périodes écoulés, et qui, de nos jours, forme le juif talmudiste, et
perpétue dans ce « noyau indestructible de la nation » toutes les dispositions
mauvaises des siècles du passé.
Nous n'avons donc pas
besoin de nous attarder dans le long exposé des faits particuliers et dans leur
interminable discussion, afin de savoir de quels sentiments les juifs actuels
et leurs princes sont animés envers les autres hommes, et spécialement envers
les chrétiens (3). Il nous suffira de consulter le Talmud. En examinant
la direction morale que leur donne ce code suprême et les prescriptions qu'il
leur impose, nous aurons la connaissance et la mesure exacte des dispositions
habituelles et dominantes que ressentent à notre égard les juifs talmudisants
et leurs chefs.
(1) Univers israélite, XII, p. 568, août 1866, Paris. Ce journal était,
à cette époque, l'organe des Juifs modernisés, appelés orthodoxes, c’est-à-dire
des Réformés talmudistes.
(2)
Même
journal, p. 152, juin 1807.
(3) Pour avoir des faits
et des détails nombreux, consulter le livre du chevalier Gougenot des
Mousseaux, Le Juif, le Judaïsme et
II
Il ne m'est pas possible
de faire mes citations avec le texte même du Talmud sous les yeux : je n'ai
point à ma portée ses énormes in-folio ; mais je puiserai à des sources qui,
pour être secondaires, ne sont pas moins sûres.
1° Je prends mes
premières citations dans un manuscrit latin du XIIIe siècle (1), qui a pour
titre : Extractiones de Talmut, Extraits du Talmud.
(1) No 16.558 de la bibliothèque nationale de
Paris, fol. 231. J'emprunte tout ce que je vais dire et citer de ce manuscrit
un travail très intéressant publié par
C'est un ouvrage qui fut composé, à la suite de la controverse sur
le Talmud, engagée en 1240, à Paris, et d'après les ordres d'Eudes de Châteauroux,
chancelier de l'Université, « dans le dessein d'éclairer les théologiens sur
les erreurs, les obscénités et les blasphèmes du Talmud, afin qu'ils ne
puissent point, par ignorance, considérer le Talmud comme un livre sans danger
et qui doit être toléré (1). »
(1) Voici quelle fut l'origine de cette
controverse, d'après ce que rapporte le manuscrit Extractiones de Talmut dans
le Prologue in secundam partem. Vers 1236, un Juif de
Je me permets de
signaler ici à M. Isidore Loeb une amusante distraction qui lui a échappé dans
son article intitulé : Bulles inédites des Papes, n° 1, de
A la fin du manuscrit se trouvent, entre autres documents, trente-cinq
articles ou chefs d'accusation que le pape Grégoire IX avait portés contre
le Talmud. A chaque article, l'auteur ajoute un commentaire, c'est-à dire,
l'indication des endroits du Talmud où ont été puisés ces chefs d'accusation,
et en même temps les paroles incriminées des Rabbins, rédacteurs de ce code
sacré des juifs.
C'est à cette partie du
manuscrit, reproduite en entier par la Revue des études juives, que
j'emprunte mes citations.
L'auteur des Extractiones
de Talmut dit qu'il s'est fait aider par deux chrétiens « très érudits en
hébreu », et la Revue des études juives assure que la traduction de ces
endroits de la Ghémara de Babylone « est exacte, « précise, très
scientifique, et le sens des passages en « général bien saisi ». Nous sommes
donc certain d'avoir, par ces extraits, la pure vérité sur les enseignements du
Talmud.
Je me contente de reproduire les articles qui prouvent le plus en
faveur de mes propositions.
Article 1e r. — Les
juifs affirment que la loi qu'ils appellent Talmud a été promulguée par
Dieu.
II. Ils la disent
transmise par Dieu.
IV. Ils disent aussi que
la loi du Talmud a été conservée sans être écrite, jusqu'à ce que vinssent des
hommes qu'ils appellent docteurs et scribes, qui, de peur qu'elle ne disparût
par oubli de la mémoire des hommes, la rédigèrent en un écrit dont le volume
dépasse considérablement le texte de la Bible.
V. Dans cette loi
talmudique se trouve, entre autres absurdités, que les dits docteurs et scribes
sont supérieurs aux prophètes ;
VI. Et qu'ils ont pu
renverser les paroles de la loi ;
VII. Et qu'il faut les
croire quand même ils diraient que la gauche est la droite, ou la droite, la
gauche.
Je ne donne ni le renvoi
au Talmud, ni le commentaire dont le manuscrit des Extractiones accompagne
ces articles, parce qu'ils n'offrent pas pour nous matière à contestation. Ils
confirment tout ce qui a été dit plus haut sur l'autorité du Talmud chez les
juifs.
VIII. « Et celui qui
n’observe pas ce qu'ils disent mérite la mort. »
« Cela se lit dans
l'Ordre Moëd, traité de Erubim « (fol. 21.6), chapitre Ocimpacim,
où il est dit : Rabha fait cette glose : … Mon fils, observe les paroles
des scribes plus que les paroles de la loi... ; quiconque transgresse les
paroles des scribes mérite la mort... Rab Papa dit : Cela nous enseigne que
celui qui se moque de la parole des sages est puni du châtiment de la boue
bouillante. »
X. « Parmi eux (les
scribes et les docteurs du Talmud) il y en a qui ont donné pour loi : Le
meilleur des chrétiens, tue-le. »
… « Rabbi Siméon
dit : Le meilleur des chrétiens, tue-le; le meilleur des serpents, écrase-lui
la tête… Le meilleur des chrétiens peut donc être tué comme un méchant. »
XII. « Un
chrétien peut être trompé, par ruse ou artifice, sans péché. » Ceci se lit
dans l'Ordre Yeschuot, traité Baba-Kamma (fol.
« Dans le même traité Baba-Kamma
(fol.
« Rabbi Samuel dit : il
est permis de profiter de l'erreur (de compte) du chrétien; et on le prouve en
cet endroit par de nombreux exemples des docteurs. »
— « Rabbi lsmaël
dit : Si un chrétien et un Israélite ce viennent devant toi pour
un différend, si tu peux faire que l’israélite ait gain de cause suivant la loi
juive, fais-le, et dis au chrétion : telle est notre législation ; ou
bien, suivant la loi du chrétien, fais gagner l'israélite, et dis au chrétien :
telle est votre législation. Si. au contraire, tu ne peux pas (faire
gagner l'Israélite d'une manière ou de l'autre), on emploiera contre le
chrétien des astuces et des fraudes (1) »
— « Rabha a dit : Un
fils d'Israël qui est témoin dans l'affaire d'un chrétien et témoigne en sa
faveur devant le tribunal des gentils contre un fils d'Israël son frère, nous
l'excommunions. »
XIII. « Quiconque
veut n’être pas tenu d'observer son serment n’a qu'à protester au commencement
de l’année que les vœux ou les serments qu'il pourra faire dans l’année sont
nuls. »
« Ceci se lit dans
l'Ordre Naschim, traité Nédarim * (fol. 23. b), chapitre Arba
nédarim, etc. »
XIV. « Trois juifs
quelconques peuvent délier quelqu'un de tout serment qu'il a fait. »
« Ceci se lit dans Moëd,
traité Hagiga (fol.
XXX. « Trois fois par
jour, dans la prière qu’ils regardent comme la plus importante, ils maudissent
les ministres de l'Eglise, les Rois, et tous les autres, mêmes juifs, qui sont
les ennemis des juifs. »
(1) M. Des Mousseaux,
dans son livre Le Juif, etc., reproduit aussi cet endroit du Talmud, et
il fait, en 1800, la réflexion suivante : « Donnez donc un Israélite
véritablement orthodoxe pour juge au chrétien ! J'ajoute,
en 1882 : Cette situation est commencée pour les catholiques de France. Les
Juifs ont envahi le barreau, la magistrature, le conseil d'Etat, les
préfectures, sous-préfectures et leurs conseils, etc. Et nous savons déjà, par
expérience, comment ils rendent la justice aux religieux, aux prêtres, aux
cléricaux. On nous annonce un renouvellement de la magistrature assise. Que
sera-ce avec cette magistrature nouvelle, toute juive, ou humble servante du
Juif ? Les catholiques devront veiller soigneusement à n'avoir aucun procès
avec des Juifs, ou avec leurs prosélytes, les Francs-Maçons.
« Cette prière est
dans le Talmud, et on doit la dire debout, les pieds joints, et celui qui la
récite doit se garder de parler d'autre chose, quand même un serpent
s'enroulerait autour de son talon. De plus, le
Rabbin (dans l'office public) la dit (deux fois) à haute voix, et les
fidèles répondent amen à chaque imprécation. Le paragraphe de cette
prière dans laquelle ils maudissent ceux que nous avons dit ci-dessus est ainsi
rédigé :
« Que pour les convertis
(au christianisme) il n'y a point d'espoir ! Amen ! Et que tous les Minim (infidèles,
c'est-à-dire chrétiens) soient dispersés sur l'heure ! Amen ! Et que tous
les ennemis de ton peuple Israël soient mis en pièces !... Amen ! Et
déracine le royaume de la perversité (l'empire romain, puis, après sa chute,
l'Église,
« Ce paragraphe est appelé bénédiction
des Minim, et toute la prière, les dix-huit bénédictions, quoiqu'il
y en ait dix-neuf Rabbi Lévi dit : La bénédiction des Minim a été
instituée à Jabné (Japhné) ; Glose de Salomon : longtemps après les dix-huit
autres, après l'hérésie de Jésus Nocéri (de Nazareth), qui a appris à renverser
les paroles du Dieu vivant... Dans l'ordre Moëd, traité Rosch-haschana,
chapitre 1er, il est dit : Les Minim, ce sont les
disciples de Jésus Nocéri qui ont tourné en mal les paroles du Dieu vivant. Ces
mêmes paroles se trouvent dans le même ordre, traité de Berakhot» (1).
(1) Saint Jérôme n'ignorait pas cette
abominable prière des Juifs : (Judæi),
dit-il... usque hodiè persévérant in blasphemiis et ter per singulos dies in
omnibus synagogis, sub nomine Nazarenorum anathematizant vocabulum
christianum (Comm. in Isa, lib.
Maïmonide dit dans son
Traité de la prière que les docteurs insérèrent cette bénédiction dans la
formule des prières, afin, de la rendre familière dans la bouche de tous (Yad
Hhazaka, Traité de la prière, ch. II, parag. 1er).
Drach assure que la
rédaction de cette prière varie beaucoup selon que les livres de prières sont
imprimés dans les pays soumis aux chrétiens ou aux Mahométans ». De
l’harmonie, tome 1er, p. 100.
Nous pourrions assurément nous arrêter là et nous contenter de ces
extraits du Talmud. Mais nous voulons que notre thèse devienne l'évidence même.
2° Nous mettrons donc
sous les yeux de nos lecteurs d'autres extraits du Talmud analysés et résumés
par Sixte de Sienne, juif converti du XVIe siècle, dans sa Bibliothèque
sainte. Il indique soigneusement les endroits correspondants du Talmud.
— « Nous ordonnons que
tout juif, trois fois par jour, maudisse tout le peuple chrétien, et prie Dieu
de le confondre et de l'exterminer avec ses rois et ses princes. Et que surtout
les prêtres des juifs fassent trois fois le jour, dans la synagogue, cette
prière en haine de Jésus de Nazareth. » — [Tamuld (Ghémara de Babylone), ordre 1er,
traité 1, distinction (ou chapitre) 4.]
— « Dieu a prescrit aux
juifs de s'approprier par n'importe quel moyen, soit par ruse, soit par
violence, soit par usure, soit par vol, les biens des chrétiens (Ibid.). »
— « Il est prescrit à
tous les juifs de regarder les chrétiens comme des brutes, et de ne pas les
traiter autrement que comme des bêtes brutes. » (Ord. 4, tr. 8.)
— « Que le juif ne fasse
ni bien ni mal aux païens, mais qu'il s'efforce par tous les moyens possibles
d’ôter la vie au chrétien- » (Ord. 4, tr. 8. dist. 2.)
— « Si un juif voit un
chrétien sur le bord d'un précipice, il est tenu de l'y précipiter aussitôt. »
(Ord. 4, tr. 8.)
— « Les Etats chrétiens sont plus exécrables
que les états des autres peuples, et c'est un moindre péché (pour un juif)
d'être au service d'un prince païen que d'un prince chrétien. » (Ord. 2. tr. 1,
dist. 2.)
— « Les églises des
chrétiens sont des maisons de perdition et des lieux d'idolâtrie que les
juifs sont tenus de détruire. (Ord. 1, tr. 1, dist. 2.)
— Les Evangiles des
chrétiens, qui doivent être intitulés : l'iniquité révélée et le péché
manifeste, doivent être brûlés par les juifs... etc... (1). »
3° Un autre témoignage que
personne ne sera tenté de récuser, c'est celui du Rabbin converti Drach, que
nous avons cité plusieurs fois, et que nous citerons souvent encore. Il a, sur
le Talmud et sa doctrine, toute la compétence désirable :
« Nous,
dit-il, qui, par état, avons longtemps enseigné le Talmud et expliqué sa
doctrine, après en avoir suivi un cours spécial, pendant de longues années,
sous les docteurs israélites les plus renommés ce siècle... nous en parlerons
avec connaissance de cause et impartialité (2). »
.... « On y trouve,
continue-t-il, des passages qui déclarent que les préceptes de justice,
d’équité, de charité envers le prochain, non seulement ne sont pas
applicables à regard du chrétien, mais font un crime à celui qui
agirait autrement… Le Talmud défend expressément de sauver de la mort un
non-juif,... de lui rendre ses effets perdus,... d'en avoir pitié », etc. (3).
« D'après le Talmud, le total des préceptes de la loi de Dieu... n'est pas
moins de six-cent-treize, savoir 248 préceptes affirmatifs… et 365
négatifs » ... « Les préceptes affirmatifs 185e et 198e ordonnent, celui-ci, de faire
l’usure aux non juifs, et celui-là, d'exterminer sans ménagements et
sans pitié les idoles et les idolâtres (4) » … On sait que les
Rabbins considèrent les chrétiens comme des idolâtres. » ... (5).
4° Enfin on lit encore dans
le Talmud, affirme à son tour M. le chevalier Gougenot des Mousseaux :
«
Descendants d'Abraham, le Seigneur vous a désignés par la bouche d'Ezéchiel :
Vous êtes mon troupeau... c'est-à-dire : vous êtes des hommes, tandis les
autres peuples du monde ne sont pas des hommes, ce sont des bêtes. Le
Seigneur a dit à Israël : « Vous êtes les brebis de mon pâturage, vous avez la
qualité d’hommes, tandis que les nations du monde n'ont que la
qualité de brutes. »...
« Les possessions des
chrétiens sont, ou doivent être réputées comme un désert, ou comme le sable
de la mer : le premier occupant en sera le vrai propriétaire (6). »
(1) Sixti Senensis Bibliotheca
Sancta, Paris, 1610, p. 124. Voir Ferrarîs, Prompta bibliotheca, au mot
hebræus, éd. Migne, nos
83- 90. — V. Rohrbacher, Histoire universelle de l’Eglise
catholique, livre 70, éd. L. Vives,
Paris, 1873, t . 8, pp. 221-22.
(2) Drach, De
l’harmonie entre l’Eglise et la Synagogue, 1844, t. 1er, p. 122.
(3) lbid., p. 167, et note où Drach cite :
Traité Aboda-Zara, fol. 13, verso et fol. 20, recto. Traité Baba-Kamma,
fol. 29, verso.
(4) Ibid., p. 170.
(5) lbid., p. 167.
(6) Le Juif, le
Judaïsme et
Ces analyses et ces
extraits textuels suffisent, croyons-nous, pour donner une idée précise et complète
de l'esprit et des prescriptions du Talmud, par rapport au christianisme et aux
chrétiens.
Ainsi ce code sacré des
juifs enseigne positivement que l'hypocrisie, le parjure, la tromperie, la
haine, le vol et le meurtre sont non seulement permis, mais ordonnés à tout
juif à l'égard des chrétiens, et que ceux-ci ne doivent être considérés et
traités par lui que comme des animaux.
III
Mais peut-être
objecterez-vous que ces enseignements sont devenus, dans le cours des siècles, une
lettre morte.
Tout au contraire. En
s'appuyant sur ces préceptes du Talmud et en les commentant dans leurs écrits,
les docteurs juifs de toutes les époques ont profondément inculqué à leur
nation, la morale la plus monstrueuse envers les non-juifs et particulièrement
envers les chrétiens.
Je laisse de côté les six
premiers siècles qui ont suivi la publication du Talmud, et je ne prends
mes preuves qu'à partir du douzième.
Maïmonide, docteur de si
grand poids à son époque et même aujourd'hui dans la synagogue moderne, soutenait
« une morale anti-sociale ». Il « admettait avec une foi aveugle les
rêveries les plus extravagantes des rabbins. C'était un des docteurs juifs les
plus fanatiques et les plus intolérants envers les autres nations. Il enseignait
que c'est un précepte divin d’écraser d'usures les non-juifs, qu'il est
défendu de leur sauver la vie ; que, dans certains cas, on doit les
tuer, ou procurer leur mort, que c'est un péché d'avoir pitié d'eux (1)
».
Dans
son commentaire sur
Au XIIIe
siècle, le rabbin Isaïa disait de même : « L'Israélite qui s'est donné à un
culte étranger doit être considéré COMME LE CHRÉTIEN, et jeté dans la
fosse; s'il tombe dans un puits et qu'on puisse faire adroitement qu'il y
reste, qu'on le fasse (3) » ! Le rabbin Joseph Albo enseignait ceci au XVe
: « Puisque la vie de l'idolâtre (du chrétien) est à la
discrétion des juifs, à plus forte raison, son bien (4) ».
Au même siècle, un des
docteurs les plus célèbres et les plus autorisés parmi les juifs, le rabbin
Isaac Abrabanel, exhalait sa haine contre le christianisme et les chrétiens
dans tous ses ouvrages, et notamment dans son Prœco salutis, où il
annonçait, pour le siècle suivant, la venue du Messie et l'extermination par
les juifs de tous les chrétiens (5).
(1) Drach, De
l'harmonie, etc., t. 1er, p. 558.
(2) Ibidem, p.
106. — V. aussi Buxtorfii, Synagogua judaica.
(3) Sommaire de l’Avoda-Zara.
Cod. vatic. hebraïc, n° 184, p. 65. — V. Le Juif, etc., p. 132.
(4) Joseph Albo, Fondements
de la foi, p. III, c. 25. V. De l’harmonie, etc., t. 1er,
p. 167.
(5) De l’harmonie, etc.,
t. 1er, pp. 383 et 556, t. 2, pp. 23 et 84. — Sur Abrabanel, voir aussi
les auteurs cités plus haut, Beugnot et Basnage, etc.
Le lecteur n'aura pas
manqué d'être frappé de la ressemblance qui existe entre la doctrine du Talmud
et les enseignements de ces rabbins du XIIe au XVe
siècle, dont nous ne nommons que les plus connus, et entre les sentiments
manifestés et les ordres donnés, à l'égard des chrétiens, par le prince juif de
Constantinople et ses assesseurs, dans leur lettre de 1489 :
«
Faites vos enfants marchands, afin qu'ils dépouillent les chrétiens de leurs
biens; — Faites vos enfants médecins et apothicaires, afin qu'ils ôtent
aux chrétiens leur vie; — Faites vos enfants chanoines et clercs, afin qu'ils
détruisent leurs églises ; — Faites vos enfants avocats et notaires, alin
que, mettant les chrétiens sous le joug, vous puissiez vous VENGER
D'EUX. »
Quant à l'époque
contemporaine, un des premiers ouvrages du rabbin Drach a confirmé d'une
manière générale ces enseignements du Talmud et des docteurs juifs :
« Ce serait ici le lieu,
dit-il, de faire connaître les maximes intolérantes et inhumaines que
les rabbins ce professent à l’égard des juifs convertis, DES
CHRÉTIENS, des païens et des juifs qui trahissent les secrets de la
synagogue... Mais la charité chrétienne me défend de publier, si ce
n'est en cas de nécessité absolue, la traduction des passages révoltants que
je pourrais citer » ... « Le Talmud et les autres ouvrages des rabbins
contiennent une foule de sorties contre les chrétiens et le christianisme,
et des blasphèmes contre notre divin rédempteur. Depuis que la connaissance de
la langue hébraïque s'est répandue en Europe, les imprimeurs juifs ont
pris la précaution de supprimer tous ces passages, en laissant des lacunes à
leur place. Ils substituent des noms quelconques à ceux de Minim, Goyim
nohherim (chrétiens), Meschoumim moumerim (juifs baptisés). Les
rabbins enseignent verbalement ce qu'indiquent ces lacunes, et ils rectifient
les mots changés à dessein. Quelquefois aussi ils rétablissent à la main,
dans leurs exemplaires, les suppressions et les corrections politiques des
éditeurs juifs. Ce dernier cas est arrivé dans l'exemplaire du Talmud que je
possède. Helvicus raconte, dans son Traité sur les paraphrases des Bibles
chaldéennes, p. 10, qu'il avait un Talmud. dont un juif s'était servi avant
lui et dans lequel
toutes ces corrections étaient faites à la plume (1) ».
De tous ces témoignages
il résulte que cette conclusion générale, tirée de l'historien Rohrbacher, est
l'expression delà vérité même :
(1) Drach, Deuxième
lettre d'un Rabbin converti, ec, pp. 300 et 301 ; citée dans Rohrbacher, Histoire
universelle de l’Eglise, liv. 70, t. 8, éd. Vives, p. 222, et aussi dans Le
Juif, etc., pp. 94, 95.
Rohrbacher reproduit,
d'après cette deuxième lettre les citations de ces passages révoltants que
Drach ne veut pas traduire par charité. Comme ils sont différents de ceux
indiqués par les Extractiones de Talmut, je copie ici quelques-unes de
ces citations, ad abundantiam juris : TALMUD, traités : Aboda-Zara, fol. 4, verso (in
Tocephot), fol. 10, verso (Ibid.), fol. 26, verso ; — Sanhédrin, fol. 7,
recto (in glossâ Jarkhi); — Hhoulin, fol. 13, verso. — Baba-Kamma,
fol. 17, recto; — DOCTEURS : Maïmonide, Traités : de l’homicide, ch.,
4, parag. 10 ; De l’idolâtrie, ch. 10, parag. 1 ; Des docteurs
rebelles, ch. 3, parag. 1er et suiv., ch. 9, parag. 1eret
suiv. ; De la royauté, ch. 9, parag. 2 ; Des blessures, ch. 8,
parag. 11, etc., etc. ; Correspondance théologique de Rabbi Ascher,
classe 17e, nos
1, 3, 6, etc. etc. (Voir Rohrbacher.)
Drach cite, dans De
l'harmonie, etc., t. 1er, pp. 167 et 168, un passage de la
circulaire du Synode juif de Pologne (1631), qui enjoint « sous
peine d'excommunication majeure, de ne rien imprimer dans les éditions à venir
soit de
«
Au-dessus de la loi divine, au-dessus de
IV
Nous savons bien que les
juifs ont souvent tenté de détruire la force de tous ces accablants témoignages
par des dénégations persistantes qui ne sont que gratuites et intéressées, ils
n'ont pas pu prouver autrefois que ces enseignements détestables n'existaient
point dans le Talmud et dans les écrits de leurs docteurs. Ils ne le démontrent
pas davantage aujourd'hui. Les juifs modernisés plaident, du mieux qu'ils
peuvent, en faveur de ce code révéré de leur nation (2) :
(1) Rohrbacher, livre
70, t. 8, éd. Vives, pp. 221 et 222.
(2) Je reproduis en
particulier le plaidoyer que M. Isidor Loeb fait, passim, en faveur du Talmud, dans son article déjà cité.
On n'a
pas compris ce livre, disent-ils; les talmudistes étaient de leur temps et de
leur pays; ils en avaient les préjugés et les haines. Très souvent les paroles
qu'on reproche à ces docteurs ne sont pas données par eux comme des préceptes
ou des prescriptions durables. Ce sont plutôt des cris d'indignation que leur
arrachent les cruautés des Romains contre leurs frères. Bien des lois
talmudiques concernant les goïm, comme, par exemple,
Nous ne voulons point
mettre en doute la science rabbinique des modernes défenseurs du Talmud. Mais
ils viennent bien tard nous donner le sens du code religieux et politique de
leur nation, après que tant de savants de tous âges, de tous pays et de race
juive même, nous ont exposé la véritable signification de ses enseignements et
de ses préceptes. Saint Jérôme, le Pape Grégoire IX, l'auteur des Extractiones, Nicolas
Donin, Sixte de Sienne, Maïmonide, Abrabanel, le Rabbin Drach, et bien
d'autres, sont des autorités dont on ne pourra jamais infirmer les témoignages.
Nous avons reproduit leurs paroles. De plus, tous, écrivains du Moyen Âge et
auteurs contemporains, assurent que, de leur temps, les prescriptions du
Talmud étaient enseignées et pratiquées rigoureusement en tous lieux par
les juifs. Qu'il y ait eu quelques Rabbins exposant une doctrine moins
inhumaine que celle du Talmud, cela ne prouve rien en faveur de ce livre et
n'empêche pas ses principes d'être exécrables, et cela ne démontre point non
plus que la presque universalité des Rabbins juifs n'enseignassent, et la masse
de la nation ne suivît strictement ses doctrines. Dire que les juifs convertis,
accusateurs du Talmud, ne sont que des apostats et des calomniateurs, ne
diminue en rien la valeur de leurs affirmations. Car il reste toujours ce
double fait indéniable. Premièrement, ces juifs convertis ont été unanimes, à
toutes les époques, à présenter des accusations identiques. Que l’on compare ce qui
a été dit par Nicolas Donin au 13e siècle, Sixte de Sienne au 16e
et le Rabbin Drach au 19e ! Dans une langue et sous une forme
différentes, ils font au Talmud les mêmes reproches. Et ces trois juifs ne sont
pas les seuls accusateurs. Il s'en est levé un grand nombre dans presque
tous les siècles et de presque tous les pays, dont les ouvrages contre le
Talmud ont eu plus ou moins de notoriété. Quel intérêt ces hommes, inconnus la
plupart du temps les uns des autres dans leurs personnes et dans leurs écrits,
auraient-ils eu à se constituer faussaires en faisant successivement les mêmes
mensonges ? Peut-on mettre en doute les assertions si précises et si prouvées d'un Rabbin Drach,
par exemple, qui, sachant parfaitement les persécutions auxquelles il
s'exposait de la part de ses frères de race, abandonne pour se faire chrétien,
uniquement par amour de la vérité reconnue, sa position si avantageuse dans le
judaïsme et un avenir plus brillant encore ? Du reste, en second
lieu, cet autre fait est là, indestructible, à savoir, l'existence de ces
enseignements abominables dans le Talmud et dans les écrits des Rabbins les
plus fameux et les plus écoutés en Israël. On peut effacer et laisser en blanc
certains passages; il y a des éditions sincères qui dévoilent la supercherie
(1).
Quant au vrai sens du
mot « Goïm », d'après les auteurs cités, dont la science hébraïque est
au-dessus de toute contestation, ce mot, dans le Talmud et chez les écrivains
rabbiniques, veut très certainement dire chrétiens. Il suffit d'apporter
en preuve les paroles de M. Drach; il dit formellement : Les juifs ont
appelé, ET ILS APPELLENT ENCORE (1859), les chrétiens Goïm; bien
plus, un chrétien particulier, ils le désignent par le mot Goï singulier masculin de Goïm, et
une chrétienne par le mot Goïa (féminin singulier). Ce mot Goï était,
avant Jésus-Christ, un nom général; les juifs en ont fait un nom particulier,
en le restreignant aux seuls chrétiens. Ils n'appellent point les
musulmans Goïm, mais Ischmhêlim (2). »
Si par « Judaïsme » les
défenseurs du Talmud entendent les livres de Moïse, ou encore l'Ancien
Testament dans son entier, nous sommes d'accord. Ce « Judaïsme » est
véritablement « une haute école de religion et de morale ». Mais s'ils
entendent par ce mot « Talmudisme », ou « le Rabbinisme », tout ce que
nous avons cité des préceptes moraux de cette « religion », prouve qu'elle est
justement le contraire de ce qu'ils disent. Malgré les persécutions, « le Judaïsme
» a pu traverser les siècles, c'est vrai; toutefois nous savons que ce n'est ni
par sa valeur, ni par sa vertu, mais par un dessein spécial de la divine
Providence, aidée de la secrète et puissante organisation sociale du peuple
juif.
V
Il n'est donc pas surprenant,
parce que c'est fort naturel et très logique, que, sous cette impression
perpétuellement entretenue et ravivée par les préceptes et les enseignements du
Talmud et de leurs docteurs, par les excitations et les ordres de leurs
princes, les juifs aient toujours eu au cœur les plus acres sentiments de haine
et les plus vifs désirs de vengeance contre la société chrétienne et les
chrétiens.
Ces dispositions
expliquent d'abord ces assassinats particuliers nombreux, et aux circonstances
exécrables, d'hommes, de femmes, et surtout d'enfants, que leur ont reprochés
tous les siècles passés et même le notre (3). La haine et la religion étaient
d'accord pour les commander. Les écrivains juifs et autres prétendent que ce
sont des calomnies, parce que la loi de Dieu que « professent les juifs » y est
contraire. La réponse et la preuve sont aussi fausses l'une que l'autre. Nous
venons de voir que la religion, vraiment professée par la nation juive, inspire
au contraire et glorifie ces actions criminelles. De plus, à toutes les
époques, les juifs ont été juridiquement convaincus de ces crimes
affreux. « Dire, pour toute réponse, que les témoins et les juges sont des
calomniateurs, c'est ne rien dire; car tout criminel en dira autant » (4).
En outre, de tels sentiments
chez ce peuple, joints à l'appétit de la domination, font comprendre comment le
juif dispersé a toujours été, à toutes les époques et en toutes contrées, un
révolutionnaire par excellence.
Cette
disposition n'est point naturellement dans le tempérament ni dans le caractère
des juifs. Chez eux, nous le savons, ils sont autoritaires dans toute la force
du terme, et ils acceptent sans peine de vivre sous un pouvoir absolu, témoin
l'organisation gouvernementale de la nation depuis quelle est dispersée et la
discipline de fer de
(1) « Les premières
éditions du Talmud, dit Drach, offrent le texte de ce code dans toute son
intégrité, comme celle de Cracovie, de Venise en 1530, d'Amsterdam,
(2) Voir Catholicum
lexicon hebraïcum de Guillehmi
Gesenii, publié et expurgé par Drach, édit. Migne, 1859. — Ou écrit
indifféremment Goïm, ou Goyim ou Goym.
(3) Voir plus haut,
pages 83 et s., et page 86, note.
(4) Rohrbacher, liv. 70,
t. 8, p. 221.
On se ferait difficilement
idée jusqu'à quel point les docteurs juifs se montrent républicains
révolutionnaires dans leurs écrits. En particulier mérite d'être signalé le
fameux Rabbin du XVe siècle dont nous avons déjà parlé, le juif
Abrabanel. Ce docteur, ministre sous plusieurs rois chrétiens, était un
républicain exalté, un forcené radical, un ennemi acharné des rois, déclamant
de toutes ses forces contre le gouvernement monarchique et le représentant
comme le plus mauvais que les hommes pussent choisir.
« Ses opinions sur ce
sujet, dit le comte Beugnot, sont tellement exclusives, tellement outrées, que,
vivant sous une monarchie, je ne dois pas les rapporter (1). »
Rien de surprenant dès
lors que chez la nation juive, dans son ensemble, la haine, le désir de
vengeance et tous les complots imaginables contre le christianisme, les
monarchies et les sociétés chrétiennes soient séculaires, implacables et
incessants.
Le
juif a toujours été eu révolte, ouverte ou cachée, de sentiments ou d'action,
contre les gouvernements et les peuples qui le souffraient au milieu d'eux.
Nous en avons un témoignage fort ancien dans la cérémonie d'installation des
Princes de la captivité à Babylone.
(1) Voir Histoire des Juifs d’Occident, 3°
partie, pp. 215 et 219.
Pendant
cette cérémonie, qui se faisait publiquement et en grande pompe, grâce à la
protection qu'accordaient aux juifs les rois et les sultans, possesseurs
successifs de
En rapportant ce détail
historique, le protestant Basnage fait cette réflexion, fort juste de son
temps, et trop justifiée par les faits dans le nôtre : « En effet, le règne
des juifs ne peut s'élever que sur les débris des autres
monarchies. » Le Talmud, nous l'avons vu, prescrit à tous ses fidèles, trois
fois par jour, une prière analogue, dans laquelle ils doivent maudire le peuple
chrétien et prier Dieu de le confondre et de l'exterminer avec ses rois et
ses princes. De son temps, au 17e siècle, Buxtorf faisait
remarquer avec quelles instances ces fils de la synagogue conjuraient le Seigneur
de faire passer entre leurs mains TOUTES LES RICHESSES DES CHRÉTIENS
RUINÉS, et d'exciter entre eux, de l’Orient à l’Occident,
Il y
aurait une étude intéressante à faire sur l'action secrète, plus ou moins
efficace, du peuple juif, dans les diverses révolutions qui, pendant le cours
des siècles, ont renversé et transformé les empires.
On ne doit pas perdre de
vue ces dispositions et cette attitude perpétuelle des juifs vis-à-vis des
peuples chrétiens, si l’on veut bien comprendre et apprécier l'histoire de
cette nation durant le Moyen Âge. Les auteurs que j'ai cités, Basnage et
Beugnot après lui, ont écrit une apologie plutôt qu'une histoire véridique des
juifs depuis leur dispersion. Ils n'ont fait voir que les beaux côtés de ce
peuple, en tenant le plus souvent dans l'ombre ce qui le rendait si dangereux
et si justement haï.
Qu'on représente le juif
imprimant le mouvement au commerce, aux finances, à l'industrie, même aux
sciences et aux arts, soit, mais qu'on ne fausse pas la vérité en le montrant
sans cesse comme une malheureuse victime du « fanatisme » des chrétiens et «
des siècles de ténèbres». Les chrétiens de ce temps-là comprenaient beaucoup mieux leurs
vrais intérêts que ceux d'aujourd'hui. Ils ne voulaient se laisser ni déchristianiser,
ni ruiner, ni dominer par les juifs. Ce serait une grande
illusion de croire que les juifs n'ont été dans le monde, depuis leur
dispersion, qu'un troupeau de malheureux parias, sans force et sans soutien.
«Leur faiblesse n'était qu'apparente dit très judicieusement M. des Mousseaux
(2). Car par leur forte organisation en immense société secrète, par leur
commerce si étendu, par leur or et par leur génie, ils ont été dans le passé
une puissance redoutable, qui, aussi bien qu'à notre époque, était de force « à
ébranler jusqu'aux trônes ». Ils tentaient contre la société chrétienne du
Moyen Âge ce qu'ils font aujourd'hui contre la nôtre. Ils cherchaient à
l'ébranler, à la détruire, à s'en emparer par tous les moyens en leur pouvoir,
occultes ou publics, selon les circonstances. Mais ils n'ont pas réussi, parce
que, si cachés ou si violents qu'ils fussent, ils trouvaient devant eux la
puissante hiérarchie féodale dans laquelle ils n'avaient aucune place et ne
purent jamais pénétrer. Du haut en bas de la société, au Moyen Âge, princes et
sujets, grands et petits, avaient trop de foi, et aussi une intelligence trop
vive du vrai principe de conservation sociale, pour introduire dans leurs rangs
un révolutionnaire haineux tel que le juif. On le tolérait et on le tenait
sagement à l'écart. Mais, quand par leur orgueil et leur audace, quand par leurs
usures, leurs empiétements, leurs attaques de toutes sortes, sourdes et
patentes, contre l'ordre social et religieux, quand par leurs actes sacrilèges
et tous leurs crimes talmudiques, les juifs avaient poussé à bout la patience
du populaire chrétien, alors, ou bien les princes, par leurs ordonnances
d'expulsion, donnaient satisfaction à la juste colère des peuples, ou bien les
populations exaspérées, se faisant justice elles-mêmes, rejetaient violemment
le juif du milieu d'elles. Israël allait ailleurs refaire ses familles, sa
fortune et ses complots, et les chrétiens respiraient quelque temps en paix.
Les historiens ont
raconté trop au long et avec trop de complaisances les représailles populaires
du Moyen Âge contre les juifs, et trop brièvement et avec trop de teintes
adoucies les furieuses attaques des juifs contre la société chrétienne.
(1) V. Buxtorfii Synagogua
judaïca, et L’Eglise et
(2) Le Juif, etc., p. 338.
VI
Mais, dites-vous, vous nous
parlez-là de juifs qui n'existent plus; chez les juifs de nos jours on ne
trouve ni dispositions semblables, ni actes pareils.
Profonde erreur ! Les
juifs talmudistes du présent sont semblables à ceux du passé.
Même en France ils
étaient tels dans la première moitié de notre siècle. Le Rabbin Drach vient de
nous parler tout à l'heure des maximes intolérantes et inhumaines que
les Rabbins professent à l'égard des juifs convertis, des chrétiens, des
païens et des juifs qui trahissent le secret de la synagogue (1). C'est bien
aux enseignements des Rabbins de son temps (1827) qu'il fait allusion,
puisqu'il ajoute que la charité chrétienne lui défend de traduire
la doctrine qu'ils professent, et par là de révéler à tout le monde
combien elle est abominable. Ce sont bien ces Rabbins, ses contemporains et ses
anciens collègues, qui enseignent verbalement ce qui est omis ou changé
à dessein dans le texte du Talmud.
M. Drach nous fournit en
outre dans un ouvrage postérieur (1845) une preuve que les doctrines et les
pratiques des juifs talmudisants n'ont pas changé, même en France, en plein XIXe
siècle.
Le
Talmud enseigne que « tous les trois (juifs) qu'on érige en tribunal sur Israël
ont la même autorité que la même autorité que le tribunal de Moïse (2) » ;
de plus, que « trois juifs quelconques peuvent délier quelqu'un de tout
serment qu'il a fait (3). »
D'après ces principes de
leur code sacré, DE NOS JOURS ENCORE les trois juifs les moins civilisés, dit
Drach, les plus ignares, que l’on fait asseoir en juges, forment
aussitôt un tribunal, qui, aux yeux DE
« Le juif, ajoute-t-il
plus loin, qui sent sa conscience trop chargée de promesses et de serments, fait
asseoir trois de ses frères, qui se constituent aussitôt en tribunal. Devant
cette cour, il expose qu'il se repent de toutes les promesses et de tous
les serments qu'il a jamais articulés, et qu'il les rétracte. Ils sont si
nombreux, dit-il en terminant sa protestation, que je ne saurais les spécifier.
Qu'ils soient donc à vos yeux, ô Rabbis, comme si je les avais énumérés en
détail. Le tribunal, sans autre forme de procès, déclare les susdits
serments et promesses nuls, de nul effet et non avenus (5). »
Mais, afin d'éviter aux
juifs même la peine de réunir trois de leurs coreligionnaires, la synagogue
fait solennellement pour la communauté au moins une fois par an cette cérémonie
appelée, Hapharat Nédarim (annulation des vœux et des promesses),
communément dans les jours de pénitence, depuis la veille de l’an, vers le mois
de septembre, jusqu'à la veille de la fête des expiations… Avant que le chantre
entonne à la synagogue la première prière « de la fête des expiations, trois
hommes, réunis au tribunal, et placés en tête de l'assistance ANNULENT DE
LEUR PLEINE AUTORITÉ tous les vœux, les engagements el les serments de CHACUN
DE L’ASSEMBLÉE, tant ceux de l’année qui vient de s'écouler que ceux de l’année
« où l’on est entré. On appelle cela Col Nidrè ».
(1) Drach, Deuxième
lettre, etc., Paris 1827.
(2) Talmud, traité Rosch-haschschana,
fol. 25 recto.
(3) Voir plus haut, art.
XIV, des Extractiones du Talmud.
(4) Drach, De
l’harmonie entre l’Eglise et
(5) Ibid. p, 559.
« Nous n'avons pas besoin, conclut Drach, de
faire apprécier le funeste effet de ces deux cérémonies, si
opposées à tous les principes de la morale la plus simple (1). »
Tels sont les
enseignements, et telle est la pratique de
Aussi les actions de ses
fidèles répondent à ses doctrines.
« Ainsi que saint Paul,
nous raconte le même rabbin Drach,... j'ai été converti par la voix de
Dieu (1823). Ainsi que lui... je suis devenu l'objet de la haine et de la
persécution des enfants de la synagogue, qui auparavant m'estimaient et me
soutenaient. »
« Une terrible
persécution éclata contre moi. »... « Le « Seigneur sait déjouer les complots
les mieux concertés (2). »
« Ma
mère, dit de son côté le docteur Morel, autre juif converti (1836)...
quitta la capitale, après ma conversion, par suite de l’intolérance des
israélites de Paris. » « Cependant, ajoute Drach, la mère, restée juive,
n'était coupable que d'avoir un fils catholique (3). »
Bien d'autres faits
seraient à citer, qui appartiennent, non pas seulement à la première, mais à la
seconde moitié de ce siècle, et qui sont la démonstration de la mise en
pratique persévérante, par la synagogue, de ces « maximes intolérantes et
inhumaines » professées par ses Rabbins et ses docteurs à l'égard des juifs
convertis et des chrétiens.
Dès lors nous ne devons
pas être surpris d'entendre des auteurs contemporains apprécier de la manière
la plus sévère, mais la plus juste, la valeur morale des juifs
talmudistes de nos jours. Car la loi historique ne varie pas : étant formés
de la même manière, ils ont les mêmes dispositions et les mêmes vices
qu'autrefois.
« Les juifs, disait
en
« Le
juif, assure M. L. Rupert en 1859, ne traitera a jamais d'affaires avec les
chrétiens qu'animé du désir de les tromper. Ne rêvant contre eux que
fourberies, il reçoit de toutes mains, et sans scrupule, le fruit du vol
sacrilège commis à leur préjudice, et lui-même il apprend au malfaiteur à se
perfectionner dans son art. Vainement chercherait-on une secte plus
malhonnête, plus dangereuse et PLUS FUNESTE AU PEUPLE CHRÉTIEN que la secte
immonde des juifs, NUIT ET JOUR CES HOMMES NE S'OCCUPENT QU'A MÉDITER LES
MOYENS DE DÉTRUIRE ET DE RENVERSER
Dix ans plus tard, des
hommes qui les connaissaient bien, parce qu'ils étaient tous les jours leurs
victimes, traçaient des juifs et du judaïsme un tableau peu flatteur mais
véridique. Nous voulons parler des députés roumains et de leur manifeste dont
nous avons reproduit précédemment de longs extraits. Observons que ces juifs
talmudistes de Roumanie vivent dans un pays qui avait encore à cette date
(1868) des lois protégeant contre eux les chrétiens.
« Possesseurs de sommes immenses,
disent les députés roumains, naturellement enclins à exploiter ceux d'une autre
race, et poussés par leur instinct prédominant de rapacité, les juilsse sont
adonnés à L'USURE SANS
« … L'État roumain est
tolérant pour l'exercice de tous les cultes, mais il ne peut l'être pour une religion
intolérante et sauvage dont les dogmes sont antisociaux... qui
considère notre société chrétienne comme impie et sacrilège qui
maintient secrètement ses adeptes dans L'ÉTAT DE GUERRE PERMANENT avec la
population qui les a admis dans son sein et dont le but principal est de
ruiner les plus graves intérêts de la nation. »
« Au point de vue de la
légalité, les juifs ne peuvent demander des droits égaux à ceux des Roumains,
parce qu'ils ne veulent pas se défaire de leur exclusivisme séculaire... être
traités fraternellement de ceux qu'ils traitent en ennemis implacables.
(1) De l’harmonie, etc.,
t. 1er, p. 559.
(2) lb., pp. 33 et 72.
(3) De l’harmonie, etc.,
t. 1er, p. 251.
(4) Hallez, Des juif
en France, Paris, 1854, pp. 262-263.
(5) L. Rupert, L’Eglise
et
Aussi M. des Mousseaux
dit avec raison, en 1869 : « Le juif est, par le fait de cette éducation
talmudique... l'homme de la patience et, mieux que tout autre, sait
attendre ; il sait coudre la ruse, la prévenance et la câlinerie, À
Les juifs du Talmud, et
ils sont de beaucoup les plus nombreux, ne diffèrent donc point, dans la
seconde moitié de notre siècle, de ceux des siècles du Moyen Âge.
Mais vous insistez de nouveau :
Le juif se modifie
beaucoup; il est grandement en progrès. Drach lui-même reconnaît, en 1844, que
« le programme des écoles talmudiques a été actualisé... aux dépens du
Talmud » que « la science du Talmud a beaucoup décliné (2) ». Par
conséquent, le juif se laisse entamer par la société moderne. Le juif modernisé
n'est plus le juif talmudiste; et bientôt tout Israël va être transformé.
Dites
donc plutôt : le juif du progrès a entamé la société moderne. Car ce n'est pas
notre société chrétienne qui impose aux juifs ses idées et sa direction; ce
sont au contraire les juifs qui l'ont imprégnée de leurs propres idées et qui la dirigent. Il n'est
que trop évident qu'ils ont réussi à ébranler notre ordre social fondé sur le
christianisme, en y pénétrant par tous les côtés (3), Notre société moderne, si
orgueilleuse et si méprisante au regard de la société européenne des siècles de
foi, n'a pas su se défendre aussi bien qu'elle. Elle n'a sur celle-ci que le
triste avantage d'être la très humble servante du juif, « tenue et enserrée par
« lui de toutes parts comme dans un réseau ».
Et ce succès n'a point donné aux juifs de
meilleurs sentiments à l'égard de sa docile esclave.
D'abord les juifs
talmudistes forment au XIXe siècle, comme dans le passé, la plus
grande partie et le * noyau indestructible de la nation ». Nous venons
d'étudier ses impressions actuelles envers le christianisme et les
chrétiens. D'autre part, il ne paraît point que la nation tout entière soit
disposée à renoncer au Talmud et aux Rabbins. Car nous avons vu plus haut que,
en 1881, la communauté juive de Berlin entretient sur son budget « des écoles rabbiniques
», et surtout une école de hautes études judaïques. La matière de
renseignement d'une école rabbinique et de hautes études judaïques ne
peut être que le Talmud et les autres écrits des Rabbins, et le judaïsme.
Il en est sans nul doute de même ailleurs qu'à Berlin.
(1)
Le Juif, etc., pp. 137 et 138.
(2) De l’harmonie, etc., t. 1er, p. 234.
(3) Voir Francs-Maçons
et Juifs, pp. 690-93.
VII
Pour les juifs
modernisés, ils ne forment encore qu'une faible portion du peuple juif, et
ils ne sont pas mieux disposés vis-à-vis de nous que les talmudisants. Afin
d'avoir une idée plus juste et plus nette des dispositions de cette partie
d'Israël, faisons, entre ses différentes catégories, les distinctions
nécessaires.
Les réformés
talmudistes, étant toujours plus ou moins sous l'influence de leur code
religieux et de leurs Rabbins, ne se distinguent pas beaucoup des juifs purement
talmudistes, quant à leur état intérieur et moral, par rapport à la
généralité des chrétiens. Mais, dans leurs relations sociales particulières,
bon nombre d'entre eux ont revêtu les formes et pratiquent les usages de nos
sociétés chrétiennes.
Les convertis protestants
n'acquièrent d'ordinaire par leur changement de religion aucune bienveillance
envers le christianisme. Seulement leur aversion pour le catholicisme
s'augmente de toute la haine nouvelle que leur inocule l'hérésie. Qu'ils soient
hommes privés, ou personnages politiques, que même ils s'intitulent
expressément conservateurs, ils ne manqueront jamais de se mettre en toutes
questions et en toutes circonstances contre l'Église catholique; et partout, et
toujours, quelle que soit leur position dans l'échelle sociale, ces juifs
protestants travailleront, avant tout, pour les intérêts et l'élévation de la
race israélite.
Les réformés
anti-talmudistes et les indifférents semblent avoir des dispositions
notablement différentes envers les chrétiens et les catholiques. Ils n'ont
point à l'égard de ces derniers l’antipathie qu'inspirent les sectes
protestantes, et ils n'ont plus contre le christianisme la répulsion aveugle
que donne le Talmud. Souvent ils sont « plus tolérants que certains catholiques
de nom ». C'est parmi eux que se trouvent principalement les israélites «
riches, éclairés, bien élevés ». À ces deux catégories appartiennent presque
tous les grands financiers juifs européens. La bienfaisance envers les pauvres
de n'importe quelle religion est un des beaux côtés des femmes instruites et fortunées
de cette classe. On doit leur rendre cette justice.
Toutefois, si les «
anti-talmudistes » et les « indifférents » ne sont pas précisément des
adversaires haineux du christianisme, s'ils tolèrent facilement catholiques et
chrétiens, on sait par expérience qu'ils sont loin de les protéger dans les
affaires religieuses et politiques, et surtout dans les affaires d'argent où
chrétiens et juifs se trouvent en conflit. Ils donneront toujours, même contre
la justice et le droit, raison et protection aux juifs. Car naturellement ils
conservent chez eux les instincts et les tendances de la race. A plus forte
raison doit-on tenir pour certain que ces juifs, tout en étant les mieux
disposés de la nation à l'égard du christianisme, font et feront cause commune
avec Israël, dès qu'il s'agira de quelque grande question regardant les
avantages et l'exaltation de leur race.
Un écrivain d'origine
Israélite a fait en quelques mots le portrait des riches juifs allemands du
milieu de notre siècle.
« Les
juifs d'Allemagne, dit-il, ont acquis des fortunes considérables que la plupart
dépensent avec magnificence. Car le juif allemand est vain et orgueilleux,
fier et vindicatif, IL N'A RIEN PERDU DES DÉFAUTS DE SES PÈRES (1).
» Quelques lignes plus haut, cet auteur faisait, à peu près dans le même ordre
d'idées, le portrait de nos riches juifs de France. Dans l'une et l'autre
contrée, et l'on peut dire dans toute l'Europe, depuis trente ans, cette
peinture morale du juif opulent modernisé est toujours fort exacte. II ne s'est
guère amélioré.
(1) A. Cerfberr de
Medelsheim, Les Juifs, leur histoire, leurs mœurs, etc., Paris, 1847, p.
39.
Deux hommes politiques
célèbres, de race juive, l'un de France, l'autre d'Angleterre, nous
fournissent, par la conduite de toute leur vie, l'exacte mesure de ce que les
juifs fortunés et de haute position, qui posent en conservateurs, finit
d'ordinaire à l'égard des sociétés chrétiennes qui les accueillent et les
souffrent à leur tête.
Le premier est le fameux
avocat, Adolphe Crémieux, qui, deux fois, a siégé parmi les maîtres des
destinées de
Le second est le juif
Disraëli, devenu lord Beacons-field, et chef du parti conservateur en Angleterre.
Des journaux non suspects nous ont fait connaître les véritables sentiments de
ce juif passé au protestantisme.
Par sa
conversion, Benjamin Disraeli, dit la feuille italienne
En résumé, de cette
double catégorie de juifs modernisés, anti-talmudiques et indifférents, bien
que les mieux disposés en faveur des catholiques et des chrétiens, les uns et
les autres ne recevront que des témoignages de bienveillance particulière et
personnelle, plus ou moins marqués, et plus ou moins sincères, selon le cas. Mais les sociétés
chrétiennes, de même que la société catholique, n'ont rien de bon à attendre
d'eux. Une fois établis, de par la loi civile, les égaux des chrétiens, ces
juifs-là, comme il a été prédit en 1831, n'ont qu'un but et qu'un désir : c'est
de devenir leurs juges, leurs législateurs, leurs maîtres, c'est de s'asseoir
aux plus hauts sommets de leur société pour parvenir mieux à la détruire en la
transformant à leur guise.
(1) Voir Revue du
monde catholique, 15 juin 1881, p. 629. Ceci confirme ce que
j'ai avancé pages 110 et 118 en parlant des motifs réels de la conversion des
juifs au protestantisme.
Quant aux juifs militants,
ils sont l'armée principale, lancée contre l'idée chrétienne et les
pouvoirs chrétiens par les Princes d'Israël. Dans cette invasion, les autres
juifs modernisés font l'office de troupes de soutien et de renfort. Les
sentiments de ces juifs militants contre les chrétiens et le christianisme ne
sont ni douteux, ni cachés. Ils forment un composé où se mélangent la haine
juive, les violentes antipathies de l'hérétique, et les âpres aversions de
L'israélite Goschler
fait de ce juif-ià le portrait suivant :
« Quand le vent du
siècle tourne à l'incrédulité, à la persécution de l'Église, comme de nos
jours, le juif, oubliant l'oppression sous laquelle il a si longtemps vécu, et
la main si généreuse que lui a tendue l'Église, devient ARROGANT, INSOLENT,
HAINEUX; il remplit le monde de ses doléances; il S'ASSOCIE à toutes les
menées hostiles à l'Église, et devient, DANS SON INTOLÉRANCE
RÉVOLUTIONNAIRE, le plus inconséquent des sectaires (1) ».
Le
journal l’Univers résume
très exactement, en 1881, la situation morale actuelle de la nation juive vis-à-vis
des chrétiens et des catholiques. Son appréciation ne porte directement que sur
le juif italien en particulier; mais elle s'applique aussi en réalité à tous
les juifs du monde :
« Si les Rabbins et les
consistoires israélites ont parfois témoigné leur admiration pour la générosité
du Pontife romain, on sait quelle est aujourd'hui l’ingratitude et
(1) Dictionnaire
encyclopédique, art. Emancipation des juifs, note : « Voir, dit
cette note, les articles curieux écrits dans ce sens dans les journaux
israelites, tels que les Archives Israélites,
(2) Univers
du 16 septembre 1881.
VIII
Il est un autre fait
absolument certain dont nous devons être bien persuadés, c'est que tous ces
juifs modernisés, soit protestants, soit réformés plus ou moins orthodoxes,
soit membres plus ou moins violents des associations occultes, soit
indifférents, libres-penseurs et athées, ne sont d'abord nullement en guerre
les uns contre les autres et pas davantage avec les talmudistes les plus purs
et les plus zélés. Nous l'avons déjà fait remarquer : ce sont les différents
corps d'une même armée qui opère différemment, selon les plans et les ordres du
général en chef.
Tous, intérieurement,
se ressemblent et se valent par un même attachement et un même dévouement à
leur race et à leur nationalité, et par un même désir de leur domination; et
tous aussi, extérieurement, aujourd'hui se rencontrent et sont unis sur
un même terrain, sur le terrain des principes modernes.
1. Les divisions entre
les juifs dits orthodoxes ou réformés
talmudistes et les réformés anti-talmudistes, dits aussi réformistes
purs et progressistes, qui, en France surtout, ont agite le camp des juifs
modernisés, vers le milieu de ce siècle, n'étaient que des luttes de méthode et
de tactique.
Les tenants de
l'orthodoxie consentaient à ne plus parler du Talmud et à éloigner de ses
prescriptions ce qui pouvait heurter la société contemporaine; mais ils
persévéraient à vouloir « conformer les idées du temps « à
Les purs réformistes, au
contraire, avaient repoussé même cette prétendue orthodoxie, qui pourtant
n'était plus que l'ombre du Talmud, tel qu'il était encore professé par le
judaïsme occidental au commencement du siècle, parce que, disaient-ils à leurs
adversaires : « l’immobilité n'est, en ce moment surtout, ni le
DROIT, ni l’AVANTAGE de personne... » (2). « Vos observances surannées
empêchent le judaïsme de se faire accepter, et nous font ainsi manquer au
PROSÉLYTISME que nous DEVONS exercer » (3).
C'était
bien affaire de tactique seulement. Les anti-talmudistes avaient saisi plus
complètement la pensée et le but. et mieux compris les ordres mystérieux des
Princes de la nation. Ils le disent aux orthodoxes, assez clairement quoique à
demi-mot : personne parmi les juifs n'a le DROIT, en ce moment surtout, de
rester immobile; nous DEVONS marcher en avant, exercer le
prosélytisme qui nous est commandé et faire accepter le judaïsme; nous
arrêter au Talmud, même revu, corrigé et mitigé, ne serait à l'avantage de personne. Aussi
l'accord devait promptement intervenir entre les deux partis.
(1) Univers israélite V, p. 19(5. 1868.
(2) Archives israélites XIX, p. 835.
1866.
(3) Ibidem X, p. 448. 1867.
Par ordre secret des
hauts chefs d'Israël fut convoqué, le 29 juin 1869, un grand synode israélite à
Leipzig (1). Des représentants de la nation juive, venus de tous les pays
d'Europe, s'y réunirent sous la présidence du professeur Lazarus, de Berlin.
Les juifs orthodoxes et les juifs réformistes étaient les deux principales
fractions de ce concile judaïque. Les débats y furent très animés. Mais, enfin,
par tous les membres fut adoptée à l'unanimité et par acclamation la
proposition suivante, présentée par le docteur Philipson de Bonn et recommandée
par le Grand-Rabbin de Belgique, Astruc :
« Le
synode reconnaît que le développement et
Chacun
des termes de cette motion, que nous avons presque tous soulignés, est plein de
choses et doit être attentivement étudié.
(1) Voir les journaux de
l'époque et Le Juif, etc.. p. 334, — Cinq mois plus tard, se réunissait
à Rome le si nécessaire et si providentiel Concile du Vatican, qui faisait
l'unité dans la cité de Dieu, au moment où Satan opérait l'unité dans sa cité
du mal. Remarquons encore que le lieu du synode juif est Leipzig, la ville aux
loges exclusivement juives. V. Francs-Maçons et Juifs, p. 505.
D'abord, mieux que
jamais aujourd'hui (1882), nous savons ce que signifient les grands mots, principes
modernes. C'est
Le juif modernisé s'est
donc mis ostensiblement à la tête de
M. Kuhn a raison de
constater « cette revendication des principes modernes » de la part des
juifs, et leur prétention, affichée tout haut désormais, à être
les chefs de file du progrès, c'est-à-dire de
« Nos démocrates » n'ont pas du tout été
humiliés par la motion synodale juive; car déjà depuis longtemps le juif
modernisé les dominait et les dirigeait dans le progrès révolutionnaire, d'une
manière cachée, par sa Maçonnerie et ses sociétés secrètes. Et c'est parce
qu'il était devenu le maître absolu dans le monde entier des associations et
des sectes occultes, que le juif a osé se poser publiquement en chef et
revendiquer à la lumière du soleil le titre et le pouvoir dont il jouissait
dans les ténèbres. Les Princes de Juda ont voulu que, dans l'univers chrétien, leurs
frères de race et sujets parvinssent peu à peu à être les hauts directeurs de
toutes choses, ouvertement comme secrètement. C'est ainsi que
De par l'autorité du
synode de 1869, ces principes modernes ont donc été acceptés par toute
la nation, et sont devenus pour Israël comme un second code sacré, que
juifs modernisés et juifs talmudistes révèrent et suivent fidèlement.
2. Tous les modernisés
marchent unis sur ce terrain. Ces principes forment leur Talmud spécial à
eux. Ils regardent et traitent comme leurs frères tous ceux qui les adoptent,
les pratiquent, les soutiennent, de quelques races et religions qu'ils soient.
Tous les tenants de ces principes sont les « prosélytes» particuliers et immédiats
des juifs modernisés.
Les purs talmudistes ont
aussi adopté, à leur façon, les partisans des principes modernes. Dès là que
ces principes ont été reçus par tout Israël, ceux des autres peuples qui s'y
soumettent et les pratiquent, sont censés être entrés dans la synagogue, et
sont assimilés à ces convertis étrangers qui cessaient d'être « des
brutes » et devenaient des « hommes » qu'il fallait aimer et protéger comme des
enfants de Jacob. Le juif talmudiste reconnaît donc aussi lui les partisans de
ces principes modernes comme de « vrais prosélytes de la justice », comme
« des frères nouveaux », que Dieu lui a suscités et qui « comprennent parfois
mieux » que certains juifs la valeur et les hautes destinées de la nation.
C'est ainsi que, toujours
frères de race, de sentiments et de combat avec les modernisés, les
talmudisants se sont élargi le cœur à l'égard de ce nombre considérable de
non-juifs, de tous ces groupes divers de goïm, libéraux, Francs-Maçons,
sectaires de mille sortes qui, sous la bannière des principes
modernes, marchent selon la volonté et la direction souveraines des Princes
de Juda.
IX
Disons donc comme
conclusions générales :
1. Le juif talmudiste
réserve aujourd'hui sa haine pour tous les goïm étrangers aux principes
modernes, et surtout pour tous leurs adversaires, pour tous ceux qui désirent
et préparent la « Contre-Révolution », par conséquent pour tous les vrais et
sincères catholiques.
2. Les juifs modernisés,
la portion d'Israël la moins nombreuse, mais la plus audacieuse et la plus
agissant, se sont tout particulièrement approprié les idées anti-chrétiennes,
la haine anti-catholique et les sataniques projets qui forment ce qu'on
appelle
Tels sont les sentiments
habituels de ces deux portions de la nation juive à l'égard des chrétiens et
des catholiques dans leur ensemble.
3. Quant aux
dispositions et aux relations des individus juifs avec les individus chrétiens,
nous savons que le juif talmudisant n'a jamais avec eux que des rapports de
commerce et d'affaires. Pour le juif modernisé, quand il est le maître, il ne
souffre à coté de lui que des esclaves, ou tout au moins de dociles serviteurs
; le non-juif indépendant n'est en général à ses yeux qu'un ennemi à dépouiller
et à détruire.
4. Toutefois nous
reconnaissons que beaucoup parmi ces juifs modernisés sont aujourd'hui, dans
leurs relations sociales et individuelles, pleins d'urbanité, de bienveillance
et même de bienfaisance pour les chrétiens et pour les hommes d'une autre race
que la leur. Nous admettons encore que bon nombre d'entre les juifs de cette
catégorie n'ont réellement dans le cœur aucun sentiment prononcé de haine et de
vengeance contre les chrétiens et les catholiques pris individuellement.
5. Mais, ces
restrictions faites, il faut avouer qu'un nombre au moins égal est animé contre
eux de toutes les aversions et de toutes les oppositions que peut inspirer
l’anti-christianisme, et que, sous ce rapport, ils ne cèdent en rien aux juifs
rigoureusement talmudistes.
6. Enfin nous surtout,
catholiques, nous devons comprendre que tous ces modernisés, juifs
bienveillants et juifs ennemis, s'unissent et s'uniront toujours dans une
action commune destructive de l'idée et de la société chrétienne, ceux-ci avec
rage et par haine, ceux-là froidement et par principe, dans le but de réaliser
les plans de leur chef suprême, et les espérances séculaires de leur nation.
Nous aurions donc grand tort de nous lier à leur vernis extérieur de
civilisation et de philanthropie. Ils sont et ne seront toujours, à l'égard de
la société catholique, ainsi que le disait le prince de Metternich qui les
connaissait si bien, que « des révolutionnaires de première volée ».
Leurs œuvres en sont la
preuve irrécusable. Rappelons-les.
X
Depuis
le dix-huitième siècle, en France, les juifs ont saisi et manié l'idée de
République, comme instrument de révolutions et de destructions. Ce genre de
gouvernement est en effet le plus propre, nous en avons la triste expérience, à
accumuler ruines sur ruines.
L'engouement pour
l'antiquité grecque et latine, inspiré par la prétendue Renaissance, avait
préparé les voies à cette idée qui, sans ce précédent, n'aurait pu ni prendre,
ni vivre chez un peuple essentiellement catholique et monarchique. Les juifs
n'ont pas eu de difficulté à faire adopter aux loges templières le gouvernement
républicain, comme le chemin le plus rapide pour arriver à satisfaire leur
haine contre les rois de France et contre les papes. Il paraît certain
aujourd'hui que les chefs de notre grande Révolution n'avaient point, dans le
commencement, le dessein de renverser la monarchie et de la remplacer par
(1) Voir Revue du
Monde catholique, avril, mai et juin 1879, Journal d'un bourgeois de
Paris sous
A
partir de cette époque, dans tous les pays où leur action et leur puissance
s'est étendue, et en France on particulier, les juifs n'ont pas cessé, par
leurs instruments
En ce moment, le juif
est en train de procéder, dans toute l'Europe, à cette désorganisation, par
étapes ménagées. Entre ses mains
D'abord on veut agir en
tout sous l'apparence de la légalité; on a décidé que les violences physiques
et morales les plus odieuses s'exécuteraient sous le couvert des lois.
L'opinion est avertie et préparée d'avance; puis on frappe un grand coup;
ensuite on s'arrête pour laisser l'émotion se calmer et l'impression s'effacer
des mémoires Comme on connaît bien le caractère léger, insouciant et facilement
oublieux des Français ! Plus tard on achèvera, avec les mêmes pauses, la
besogne commencée. Des lois destructrices de la religion, de l'Église
catholique, de l'autorité, de la liberté et de la dignité des pères de famille,
s'élaborent et s'imposent de la même manière lente et mesurée. On les présente
par parties seulement, au milieu de comédies parlementaires, de conflits entre
législateurs qui détournent l'attention des conservateurs irréfléchis. Elles
passent après une résistance invariablement suivie de plusieurs défaillances.
La résistance d'un moment fait croire au conservateur aveugle qu'il y a encore
des garanties sérieuses pour l'ordre social ; les défaillances, prévues et
souvent imposées, permettent à la haine juive et maçonnique de confectionner
contre la religion et la société chrétienne un réseau de lois anti-religieuses
et anti-libérales dans lesquelles le juif compte les enserrer peu à peu, par
intervalles, et les étouffer sans secousse. Il entend bien arriver à
ce résultat qu'un jour, dans notre France, autrefois si catholique et si libre,
pourront être fermés et vendus tous les édifices du culte, sans que personne
réclame, parce qu'il n'y aura plus, ou presque plus, de prêtres et de fidèles.
Le juif se flatte
d'enterrer ainsi sans bruit le catholicisme, et défaire disparaître de l'Europe
la fille aînée de l'Église, LENTEMENT, MAIS SÛREMENT. Ce programme juif de
notre temps est aussi fidèlement suivi que celui de 1489. En dehors de toutes
les autres preuves qui le démontrent surabondamment, cela seul suffirait à
prouver que nous sommes entre les mains des juifs; que Maçonnerie,
République, France, Europe, tout est mené par eux. Car le caractère du Français
n'est pas capable, laissé à lui seul, de ces habiles et froides lenteurs. La «
furie française » apparaît vite dans le mal comme dans le bien.
Notre première
République n'a pas été dirigée par les juifs; ils n'en furent que les
conseillers. Aussi en quatre années, de 1789 à 1793, elle était arrivée à tous
les renversements, à toutes les destructions. Et voilà bientôt douze ans que la
troisième République a été proclamée par les Francs-Maçons séides des juifs, avec le juif Crémieux
à leur tête, et c'est pas à pas que nous descendons le chemin si
rapidement parcouru par nos pères de 89; et nous ne sommes pas encore arrivés à
leur point. Le juif procède après longues réflexions, avec calme et
savamment. Il sait
attendre; il n'hésite point à reculer quelque peu, pour avancer ensuite avec
plus de sûreté. A une énergique résistance, comme en Allemagne, il fait faire
des concessions plus apparentes que solides, qu'il ne sera pas embarrassé de
reprendre plus tard; devant l'agitation violente, il aura sans nul doute
l'habileté d'ouvrir, au moment opportun, une puissante diversion qui
l'absorbera, et tout cela au détriment de notre malheureuse France, qui est
l'objectif premier de ses projets destructeurs.
Le juif a tout
aujourd'hui en sa puissance ; il règle tout. Il maintient les appétits furieux
d'en bas par des promesses, par l'argent, par la crainte du canon. Il manie les
convoitises et les ambitions d'en haut par les honneurs et par la position
lucrative. Aussi, depuis ces douze années, chez nous comme ailleurs,
qu'avons-nous vu, et que voyons-nous encore défiler dans les hautes régions,
sinon des dupes, des marionnettes et des valets d'Israël ?... Les Princes juifs
atteindront tranquillement leur but à moins que, par l'intervention de
Cette façon de procéder,
si absolument en dehors du tempérament français, s'explique facilement dans une
race qui a pu conserver, pendant dix-huit siècles, aussi vivaces que les
premiers jours, sa haine, son désir de vengeance, ses espoir, et qui a
persévéré, sans se lasser, dans l'application du programme tracé par nos
lettres juives depuis près de 400 ans.
C'est donc un duel à
mort qui se poursuit entre la race juive et la société chrétienne, en prenant
de jour en jour de plus effrayantes proportions.
Jusqu'à présent le
triomphe du juif paraît inévitable. Il semble tout près d'arriver au
bouleversement total de nos sociétés et à la ruine complète des Etats
chrétiens.
Aussi le prince
souverain de Juda, ses assesseurs, et les autres grands chefs de la nation,
peuvent-ils savourer un commencement de haine et de vengeance satisfaites, en
voyant ce qu'ils ont fait de l'Europe chrétienne, de
Ils doivent être fiers
de leurs succès !
XI
Ces hommes pourtant ne
sont ni des scélérats, ni des monstres. Il est impossible, au contraire, que
ces chefs suprêmes d'Israël n'aient pas des qualités intellectuelles et morales
supérieures. Je leur crois une intelligence très élevée, et une tête
admirablement douée pour l'organisation et le perfectionnement des choses
matérielles, et pour la direction et le maniement des masses humaines et des
nations.
Ils font preuve d'une
habileté de premier ordre, en s'appliquant, et en réussissant même aujourd'hui
encore, à demeurer totalement inconnus, surtout de leurs ennemis. À l'instar do
tous les ambitieux de génie, ils savent ne reculer devant aucun moyen, dès là
qu'il peut faire avancer de quelques pas leurs projets. De même que le Sénat
romain et tant de célèbres personnages de l'histoire, ils possèdent le talent
d'utiliser tous les instruments qu'il leur est possible de saisir, quels qu'ils
soient.
J'admets même que ces
souverains dictateurs d'Israël sont religieux à leur manière, qu'ils ont
le zèle ardent de leur loi et de leur culte, quand bien même ils permettent,
ils ordonnent que nombre de leurs frères et sujets attaquent et renversent
toute religion.
A leur point de vue, ils
font la guerre, une guerre acharnée, à mort, mais juste et sainte, pour la
gloire d'Israël et de son Dieu, contre tout ce qui est opposé aux doctrines du
Talmud, à leurs prophéties sacrées, à la réalisation de leurs espérances. Dans
la guerre, le général conçoit son plan de bataille, il le met à exécution, il
commande. Des torrents de sang, les incendies des villes, les ravages des
campagnes, des destructions et des horreurs sans nombre, sont la conséquence de
ses idées et de ses ordres. Néanmoins, tout homme de bien qu'on le suppose, si
humain et si doux qu'il soit de caractère, personne ne pensera que ce général
doive s'émouvoir de ces suites prévues de la guerre, se les reprocher et
renoncer à ses dispositions stratégiques; car il subit une nécessité, il
accomplit un devoir.
Je m'imagine que le
grand chef juif et ses hauts conseillers doivent être dans cet état moral au
regard de tout ce qui se commet d'affreux sous leur direction ; d'autant plus
qu'ils se trouvent placés dans une situation telle qu'ils peuvent se croire
encore moins responsables.
Les juifs, en effet, ne
sont pas seuls, hélas t à opérer les ruines de toutes sortes qui s'amoncèlent
sous nos yeux. Ils ont de trop nombreux complices parmi les chrétiens, et parmi
les catholiques eux-mêmes, qui agissent et plus immédiatement, et souvent avec
plus de rage et moins de calme qu'eux.
Le but principal, ou
plutôt unique, que poursuivent les chefs juifs, en notre siècle, se trouve
au-dessus, mais non en dehors de tous les objectifs que se proposent les
ambitieux de toute espèce du monde civilisé. Le juif veut détruire
l'idée chrétienne et tout l’ordre social chrétien. Or, à notre époque, les
princes déclassés, comme les démocrates affamés, ont cherché et cherchent
par-dessus tout à jouir aussi largement que possible « de la concupiscence de
la chair et des yeux, et de l'orgueil de la vie ». Mais, pour qu'ils en
arrivent là, il a fallu, et il faut toujours que bien des bouleversements et
des destructions mettent à leur portée les objets de leurs convoitises. Ils
veulent donc détruire, eux aussi. C'est pourquoi l'accord a été bientôt
fait entre ces juifs et ces chrétiens. Dans le cours de ces quatre-vingts
années, le marché de Juda l'Iscariote s'est maintes fois répété et conclu.
En échange de vos
services, je vous donnerai, leur a dit le juif, tous les moyens de satisfaire
vos ambitions, vos cupidités, vos voluptés; seulement aidez moi à renverser
l'Eglise et la société chrétienne. Et les fils et les frères du Christ ont
consenti à vendre leur maître et leur père, à livrer son épouse, leur mère, la
sainte Eglise catholique; ils s'en sont constitués les assassins aux gages du
juif. Celui-ci alors les a tous introduits dans sa Maçonnerie, dans ce
pandémonium où se sont données rendez-vous toutes les haines hérétiques et
schismatiques du passé et du présent, toutes les révoltes actuelles de
l'orgueil et de l'impiété, toutes les aspirations bestiales du moderne
sensualisme. Puis à la disposition de ces traîtres ont été mises les richesses
juives et toutes les forces des sociétés secrètes, afin qu'ils puissent jouir
pour eux-mêmes, mais aussi, en même temps, travailler pour le juif.
Et les Princes de Juda
n'ont eu, et n'ont guère encore le plus souvent qu'à regarder et à laisser
faire. Il leur suffit de donner, au moment convenable, la meilleure direction à
suivre dans l'œuvre de destruction, et de maintenir l'unité et l'obéissance
absolue au milieu des rangs de leur formidable armée maçonnique.
Donc, sous leur haute
surveillance, juifs et apostats chrétiens, unis et soumis aux juifs, et plus
nombreux qu'eux, se sont mis à la besogne. Ils ont détruit tout ce qui
soutenait l'Eglise; ils se disposent à la détruire elle-même. D'ailleurs, aux
yeux de ces renégats, l'Église catholique a toujours un grand tort : en sa
présence on ne peut jamais jouir sans remords et sans crainte; il faut donc
qu'elle disparaisse.
Ces suppôts du juif se
disputent souvent entre eux : Ils sont comme des chiens à la curée. Ils
travaillent mutuellement à se renverser; ils changent de politique aussi
facilement que de vêtements; ils passent d'une forme gouvernementale à une
autre, au gré de leurs colères ou de leurs ambitions; ils bouleversent les
frontières et les institutions des peuples ; ils soulèvent nation contre nation
; ils ébranlent le monde par les commotions répétées de guerres et de révolutions
sanglantes; peu importe aux Princes d'Israël; ils s'en inquiètent médiocrement,
leurs intérêts n'en souffrent point.
Pourvu
que leurs valets, dans leurs agitations et leurs bouleversements, détruisent
quelque chose de l'Église catholique et de l’ordre social chrétien, ils sont
satisfaits. Toutefois, parmi ces personnages d'action et de renommée plus ou
moins retentissantes, mais au fond esclaves et marionnettes véritables, celui
que les hauts chefs de Juda soutiendront et favoriseront davantage et plus longtemps,
ce sera de préférence l'homme qui saura démolir le mieux, c'est-à-dire le plus
grandement et le plus sûrement. Ils lâchent, rejettent et remplacent les
instruments maladroits, usés ou rebelles. Les remplaçants ne leur manquent
point, ils n'ont que l'embarras du choix. Depuis plus de 50 ans, la cause
secrète, de toute la politique du monde civilisé est là.
Si, à ces grands
directeurs et à ces surveillants de tant de formidables destructions, l’on
faisait cette objection sérieuse : Quand vous aurez ainsi pulvérisé l'ordre
social chrétien et éteint dans les deux hémisphères toute notion et toute
pratique de religion quelconque, il vous sera impossible d'établir et de
conserver la domination universelle que vous rêvez sur des masses devenues
ingouvernables, ils répondraient : Nous détruisons maintenant, parce que
aujourd'hui c'est notre seul but; nous avons à renverser les obstacles à nos
projets par toutes voies et tout moyen. Mais quand nous construirons pour notre
propre compte, nous agirons différemment. Nous, et notre peuple dans son
ensemble, nous demeurons religieux. Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est
toujours notre Dieu. Les goïm sont destinés à être nos esclaves, et les
esclaves doivent avoir la même religion que leurs maîtres. Les chrétiens, étant
devenus pires que les païens, tomberont sous le coup de l’anathème porté au
livre de
Tel est l'avenir que les
chefs de Juda réservent à tous les non-juifs. C'est, en effet, dans ce sens que
les talmudisants, le corps compact et « indestructible de la nation »,
interprètent les prophéties de l'Ancien Testament.
XII
Il serait donc grand
temps que tous les catholiques, tous les chrétiens, et tous ceux qui se
prétendent conservateurs, comprissent enfin à quel ennemi, en réalité, ils ont
affaire.
On dit : Nous sommes
dans le règne de
Chez les classes
éclairées de la société, un certain nombre d'esprits sérieux reconnaissent
aujourd'hui que
J'ai exposé ailleurs par
quels moyens je croyais possible, à l'heure actuelle, de lutter avec quelque
succès contre l'action politique et anti sociale du juif, et de la ralentir
quelque peu (1). Un des principaux, disais-je, ce serait de donner la publicité
la plus grande à cette vérité que, en toute contrée, et particulièrement en
France, toutes choses sont menées par les Princes de Juda et par leurs sujets,
israélites et Francs-Maçons.
Mais
ici je proposerai un procédé qui me semble appelé à plus de réussite, à savoir
: UNE LIGUE UNIVERSELLE de prières ferventes et assidues, dans l'intention
d'obtenir
(1)
Dans le Courrier de
Quelle précieuse recrue
pour l'Eglise que la conversion de cette nation juive, dont il est juste de
reconnaître les merveilleuses qualités naturelles ! Ce peuple n'a pas été en
vain autrefois le peuple de Dieu, choisi et formé par lui. Il est bien déchu ;
mais, comme l'ange tombé, il a conservé les dons de sa nature première.
Comment ne pas
s'intéresser à de si magnifiques ruines !
J'avoue que, pour moi,
malgré tout le mal qu'elle nous fait et veut nous faire, je ne puis m'empêcher
d'aimer cette race juive, de m'intéresser vivement à tout ce qui la regarde, à
tous ses mouvements dans le monde, à tous ses progrès. C'est la race à laquelle
appartiennent Jésus, Marie et Joseph, les Apôtres et les premiers chrétiens.
Sans doute, aujourd'hui
comme autrefois, sous l'épaisse couche de défauts et de vices dont le Talmud
l'a couvert, le juif présente un aspect repoussant ; c'est le plus souvent un être
détestable. Mais voyez donc quelle transformation soudaine s'opère en lui au
moindre contact de sa rouille séculaire avec la civilisation chrétienne !
Malgré tous leurs efforts pour les éteindre complètement, sectes hérétiques et
maçonniques conservent à leur insu quelques faibles étincelles de ce feu que
Jésus-Christ a répandu sur la terre. A peine le juif en est-il touché, et déjà
il n'est plus reconnaissante. Quels hommes sont ces israélites, même
protestants, même impies ! Comme l'intelligence se développe chez eux, et
rapidement et admirablement ! Quelles œuvres elle produit ! Ils n'ont pas
de cœur, dit-on. Ce n'est, pour un grand nombre, que trop vrai. Ils haïssent
les chrétiens et surtout les catholiques. Nous venons de le démontrer, et ce
n'est encore malheureusement que trop certain. Mais si quelques gouttes de la
charité de Jésus-Christ et de sa véritable Eglise tombaient dans ces cœurs,
quels hommes complets et parfaits ne feraient-ils pas ! Nous admirons cette transfiguration
dans nos convertis au catholicisme. La liste de ces saints et savants juifs, que la
grâce a conduits de nos jours aux pieds du vrai Messie, serait trop longue à
faire. Quels beaux noms elle renferme ! Et si la nation entière était convertie
! quel peuple ! Comme il reprendrait vite la place qui est due à son titre
d'aîné de la famille humaine, c'est-à-dire la première à la tète de tous les
peuples de la terre ! Ah ! nous ne redouterions point alors sa domination
universelle. Nous l'appellerions au contraire de tous nos vœux. Avec leur
génie, leur dévorante activité, leur naturel énergique, et toutes leurs autres
qualités transformées et surhaussées par les dons de l'Esprit-Saint, les
enfants de Jacob auraient promptement gagné l'univers à Jésus-Christ.
Verrons-nous en effet,
plus ou moins tôt, le juif devenu catholique opérer dans le monde cet immense
changement et réaliser l'unité spirituelle prédite par l'Evangile : unum
ovile et unus pastor; ou bien, après avoir été le restaurateur de l'empire
de Satan, Israël, rejetant miraculeusement le bandeau de ses yeux et prosterné
aux pieds du Messie véritable, sera-t-il pour l'Eglise une suprême consolation
et un dernier appui ? Problème scriptural d'une solution ardue !...
Toujours
est-il que, d'après la doctrine formelle de saint Paul, le rejet de la nation
juive ayant été un très grand bien pour les gentils, sa conversion devra
apporter au monde un avantage d'un ordre spécial et extraordinaire : vita ex
mortuis (1).
Prions donc ardemment
pour la conversion des juifs et des Francs-Maçons, leurs
prosélytes.
Puissent ces lignes
tomber sous les yeux d'un homme au cœur d'apôtre, et lui suggérer d'établir et
de diriger une association de prières et de bonnes œuvres pour l'entière
conversion de ces puissants ennemis de la sainte Église catholique !
Dès maintenant j'inscris
mon nom parmi les associés, et je commence des prières quotidiennes dans cette
intention.
(1)
Si enim amissio eorum reconciliatio est mundi, quae
assumptio, nisi vita ex mortuis ? (Ad Rom. c. X I , v. 15.)
Dans les deux livres Francs-Maçons
et Juifs et Les juifs nos maîtres ! j'ai exposé et prouvé l'influence désastreuse
pour le monde chrétien de la nation juive, inspirée et dirigée par Satan. Sur
l'action réparatrice et bienfaisante pour l'humanité tout entière de ce même
peuple converti, je prépare un ouvrage de longue haleine que, Dieu aidant,
j'espère parvenir un jour à publier.
NOTES SUPPLÉMENTAIRES
I. — L' AGITATION
ANTI-SÉMITIQUE (voir p. 130 et suivantes).
Ce mouvement
d'opposition et de luttes contre la race juive, commencé en Allemagne, s'est
étendu à l'Autriche, et y a été ravivé par le dernier attentat qu'ont commis
les juifs talmudistes. Ce forfait va être étouffé, s'il ne l'est déjà, dans son
retentissement et dans ses conséquences par les manœuvres secrètes de leurs
chefs. Il est à supposer que cette agitation, suscitée surtout par les
protestants de l'empire germanique, sans résultat sérieux jusqu'à cette heure,
sera arrêtée et absorbée dans les grands événements que les princes israélites
préparent et feront surgir à temps, selon leur habituelle tactique. En
attendant, ils en tireront profit, s'il y a lieu, pour leurs desseins, et ils
l’éteindront ensuite dans le conflit européen qui se trame sur la question
d'Orient, et dont les affaires de Tunisie et d'Egypte ne sont que
secondaires. Cette interminable question d'Orient, dont les Princes de Juda
tiennent les principaux fils, est ; pour eux par dessus tout la question de
II.
Par suite de la présence
des juifs nombreux dans l'association nihiliste, le général Loris-Mélikoff (mai
1880) enjoignit à tous les juifs étrangers d'abandonner Saint-Pétersbourg dans
le délai de six heures (V. Francs-Maçons et Juifs, page 503). D'autre
part, l'année suivante, il y eut, dans diverses localités de l'Empire, incendie
et pillage des propriétés Israélites par les nihilistes russes. C'était deux
belles occasions pour l’Alliance
Israélite universelle d'intervenir. Elle n'a pas manqué de le faire
activement pour le profit de la politique générale et locale du prince
d'Israël.
III. MOUVEMENTS RÉCENTS DES POPULATIONS ISRAÉLITES DE L’EUROPE
ORIENTALE
(Voir pages 175 et suivantes).
Dans
ces dernières années, les Princes d'Israël ont imprimé, et continuent d'imprimer
aux juifs de l'Europe orientale un mouvement d'émigration qui, je pense, se
rapporte à leur dessein de former un royaume provisoire en Roumanie et de
préparer leur retour définitif en Palestine. Ils emploient dans ce double but
tous les moyens et profitent de toutes les occasions.
L'opposition et les
réclamations énergiques du peuple roumain tout entier avaient à peu près
arrêté, de 1879 à
Après les violences
nihilistes, les chefs juifs utilisent maintenant l'agitation anti sémitique,
pour entretenir et accélérer ce mouvement d'émigration. Le gouvernement russe
s'en préoccupe et nous apprend cette nouvelle manœuvre du juif dans un document
officiel (juillet 1882) :
« Les informations du
ministère de l'intérieur, dit cette circulaire, constatent qu'un grand
nombre d'israélites, influencés par de faux bruits, répandus par les agents de
certaines associations israélites étrangères, quittent leurs foyers pour
émigrer dans d'autres pays » (voir Courrier de la Vienne, 24-25
juillet 1882).
Les choses doivent se
passer de la même manière en Autriche.
Il n'est pas difficile
de reconnaître dans ces « associations étrangères » l'Alliance
Israélite universelle, et dans ces « autres pays », les provinces danubiennes.
Depuis que le prince Charles a cédé à la pression juive, afin d'être proclamé
roi de Roumanie, les juifs peuvent, sans rien craindre désormais, et doivent,
de par les ordres de leurs chefs, affluer de tous côtés dans ses États. Car ils veulent de plus,
paraît-il, y préparer à leur aise une invasion de
Un journal de ce
royaume, l’Indépendance roumaine, nous donne, dans un récent article, ce
curieux et important renseignement :
« Les juifs songent,
dit-on, à nous quitter. Ils ont pris la décision d’aller s’établir en
Palestine et y refonder le royaume de Jérusalem. Cette fois-ci, il paraît
qu'ils sont réellement résolus à mettre à exécution cette belle décision
; car voici en quels termes leur organe même, l’Aperatorul de
Bucharest, l'annonce :
« L'idée de colonisation
de
« L’Aperatorul annonce en outre,
continue l’Indépendance roumaine, qu'à Jassy il s'est formé une société de
cent familles qui se sont décidées toutes à émigrer en Palestine pour
s'y consacrer à l'agriculture. »
Une preuve que le peuple
roumain, en 1882, malgré la défection de son gouvernement, n'a pas changé de
sentiment envers les juifs, c'est la conclusion de l'article du même journal :
« Nous souhaitons à ce
comité le plus grand succès, et nous sommes d'avis que le gouvernement devrait
venir, lui aussi, en aide à tous les juifs émigrants. Qu'on les transporte
gratuitement jusqu'à la frontière, et qu'on la leur fasse passer avec tous les
honneurs qui leur sont dus.
« Seulement qu’on prenne
des mesures pour que tous ces juifs, une fois sortis du pays, ne puissent plus
y rentrer. » (Voir Annales de la mission de Notre-Dame de Sion en terre
sainte. Bulletin trimestriel, n°21, juin 1882.)
Que les Roumains le
sachent bien, les juifs ne quitteront point tous
Mais ces succès et tous
ces mouvements de la race israélite. à notre époque, paraissent annoncer, à
courte échéance peut-être, l'accomplissement de bien des textes prophétiques de
nos livres saints.
TABLE DES MATIÈRES
(cherchez par mots-clefs)
PRÉFACE …..
Documents nouveaux sur
la question juive …..
CHAPITRE PREMIER
DEUX LETTRES JUIVES DU
QUINZIÈME SIECLE,
Premier teste, et
traduction …..
Second texte, et
traduction …..
CHAPITRE DEUXIÈME
AUTHENTICITÉ DES DEUX
LETTRES JUIVES DU XVe SIÈCLE
Exposé et réfutation des
opinions contraires …..
Preuves intrinsèques et
extrinsèques d'authenticité …..
CHAPITRE TROISIÈME
EXPOSÉ ET PREUVES DES CONSÉQUENCES
QUI DÉCOULENT DES DEUX LETTRES JUIVES ET DE PLUSIEURS AUTRES DOCUMENTS
Trois conséquences
principales : trois paragraphes …..
Paragraphe 1er.
Unité séculaire de commandement et de direction chez les Juifs dispersés.
I. Depuis leur dispersion
jusqu'au XIe siècle …..
II. — Du XIe au XVe siècle
…..
III. — Du XVe
au XIXe inclusivement …..
Corollaire. La nation juive, du XIe
au XIXe siècle inclusivement, a été constituée et dirigée comme une
immense société secrète …..
IV. — Etendue de
l'autorité des princes d'Israël :
1° Elle est absolue et
incontestée, comme celle de l'ancien Sanhédrin …..
2° Le grand mouvement de
transformation du peuple juif à notre époque a été imprimé et réglé par les hauts
chefs de la nation ; Juifs talmudistes et Juifs modernisés au XIXe
siècle …..
V. — Mode du
gouvernement des princes de Juda :
1° De la dispersion au
XXe siècle : Synagogues.
2° Pendant le Moyen Âge
: Ghetto …..
3° Du XVIe au
XIXe siècle : Loges juives.
Alliance israélite universelle …..
Deux corollaires :
1° Combien il a été facile aux Princes
Juifs de s'emparer de toutes les sociétés secrètes …..
2° De quelle formidable puissance ils
disposent aujourd'hui …..
VI. — Résidence et grand
conseil du Prince suprême d’Israël, au XIXe siècle …..
Paragraphe II. Dessein et plan de
domination universelle,
chez les chefs et le
peuple & Israël.
I. — Désir et espoir
séculaires de cette domination …..
II. — Plan formé au XVe
siècle pour y parvenir …..
III.―
Réalisation presque complète de ce plan au XIXe siècle …..
IV. — Annexe au plan de
1489 : Formation d'un Etat Juif en Roumanie …..
Paragraphe III.
Sentiments actuels de la nation juive et de ses chefs envers
la Société chrétienne et
les chrétiens
I. — La nation juive,
descendue des pharisiens, est formée, depuis le VIe siècle, par le
Talmud, son code religieux, politique et social par excellence …..
II. — Doctrines et
prescriptions abominables du Talmud contre les chrétiens ……
III. — Inculquées sans
cesse aux Juifs par les enseignements de leurs docteurs …..
IV. — Impossibilité de
défendre et d'excuser le Talmud et les Rabbins juifs …..
V. — Cette éducation talmudique
a rendu, à toutes les époques, le Juif haineux, vindicatif et révolutionnaire à
l'égard des chrétiens et des sociétés chrétiennes …..
VI. — Le Juif talmudiste
de nos jours a les mêmes sentiments qu'autrefois ses ancêtres …..
VII. — Le Juif modernisé
lui ressemble en ce point …..
VIII. — Juifs
talmudistes et Juifs modernisés, unis et d'accord sur le terrain des « Principes
modernes » devenus le second code sacré d'Israël …..
IX. — Conclusions
générales sur les sentiments des Juifs à l'égard des chrétiens …..
X. — Lenteur et prudence
des Juifs dans leurs agissements actuels …..
XI. —
Caractère moral des Princes d'Israël et de leurs auxiliaires chrétiens et
catholiques …..
XII. — Le peuple juif,
moteur et directeur actuel de «
NOTES SUPPLÉMENTAIRES
I. — L'Agitation anti
sémitique …..
II. —
III. — Mouvements
récents des populations israélites de l’Europe Orientale : Emigrations en
Roumanie, en Palestine …..