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Un message révélateur du colonel Kadhafi aux chefs d'État du monde qui devrait éclairer un bon nombre de chrétiens et leur épargner bien des âneries sur l'islam :  Kadhafi

 

Sur la bienheureuse Trinité : Se connaissant

 

Sur la Vierge, Mère de Dieu le Fils, le Verbe incarné : Voici la Vierge est enceinte

 

Quelques extraits du De Trinitate de S. Augustin : La Trinité

 

Le Oui et le Non, le bien et le mal, l’être et le non-être, langage binaire, algèbre et Boole (1 et O), les tables de vérité ou de Karnaugh : fondamentales

 

S. Thomas d'Aquin répond à travers les siècles aux musulmans (Sarrasins) : musulmans  

 

Dialogue avec un musulman : Dialogue

 

Selon Bossuet, les révélations des prophètes de l'Ancien Testament relatives au Messie sont plus claires que le soleil : Bossuet

 

La civilisation chrétienne : civilisation chrétienne

 

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L'Islam et la pluralité des Personnes en Dieu

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Id., verset 127, page 18 :

"Et cependant qu'Abraham élevait les piliers de la Maison (la Kaâba) ainsi qu'Ismaël : "Seigneur! Agrée notre œuvre! C'est Toi L'Audiant et Le Sachant parfaits"."

Id., 19 - Marie, verset 54, page 268 :

"Mentionne dans le livre Ismaël (1). Il tenait toujours ses promesses et il fut messager-prophète."

1) N.d.t. : " Bien qu'Ismaël fût le fils aîné d'Abraham, il est nommé ici à part.

" Le récit a suivi l'enchaînement des prophètes qui allaient d'abord suivre la lignée d'Isaac pour donner des milliers de Messagers tous du sang d'Israël.

" La descendance d'Ismaël a été réservée dans le temps pour produire, plusieurs siècles après, l'ultime Messager qui viendra corriger la religion déformée par les Hommes et lui faire atteindre son stade de perfection [Enfin, nous y voilà !]."

Épître aux Galates, IV, 21-31 :

" Dites-moi, vous qui voulez vous soumettre à la loi, n'entendez-vous pas la loi ? Il est écrit en effet qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante, l'autre de la femme libre, mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. Il y a là une allégorie : ces femmes représentent deux alliances ; la première se rattache au Sinaï et enfante pour la servitude : c'est Agar, - car Agar, c'est le mont Sinaï en Arabie, - et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui de fait est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalemn d'en-haut est libre, et elle est notre mère ; car il est écrit : 'Réjouis-toi, stérile qui n'enfantais pas, éclate en cris de joie et d'allégresse, toi qui n'a pas connu les douleurs ; car nombreux sont les enfants de l'abandonnée, plus que les fils de l'épouse (1)' Or, vous, mes frères, à la manière d'Isaac [et non d'Ismaël !], vous êtes enfants de la promesse. Mais, comme alors l'enfant de la chair persécutait l'enfant de l'esprit, il en est encore ainsi maintenant. Eh bien, que dit l'Écriture ? 'Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme (2).' Aussi, mes frères, nous ne sommes pas enfants de l'esclave, mais de la femme libre. " [C'est clair : les Arabes ne sont pas les enfants de la promesse. Le Coran ne peut donc pas être le Livre de Dieu au même titre que la Bible - et encore moins l'ultime Message de Dieu.]

1) Isaïe, LIV, 1.

2) Cf. Genèse, XXI, 9-13.

Genèse, XXII, 1-2 :

" Après cela, Dieu tenta Abraham. Il lui dit : " Abraham ! " Abraham répondit : " Me voici ". Et Dieu dit : " Prends ton fils, ton unique, que tu aimes, Isaac [donc Ismaël ne compte pas ou "compte pour du beurre"] ; va au pays de Moria, et là offre-le en holocauste sur une montagne que je te dirai "."

Id., verset 15 :

" L'ange de Dieu appela du ciel Abraham une seconde fois, en disant : " Je le jure par moi-même, dit Dieu : Parce que tu as fait cela et que tu ne m'as pas refusé ton fils unique [Isaac], je te bénirai ; je multiplierai ta postérité comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer, et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. En ta postérité seront bénies toutes les nations de la terre, parce que tu as obéi à ma voix "."

Id., XXVIII, 13 [le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob - et de Jésus-Christ, fils de David, l'Agneau de Dieu (cf. Psaumes, LIII, 7 et Évangile selon S. Jean, I, 29 et 34 : témoignage de Jean-Baptiste] :

" Dieu dit [à Jacob] : " Je suis Dieu, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. Cette terre sur laquelle tu es couché, je te la donnerai à toi et à la postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre ; tu déborderas à l'ouest et à l'est, au nord et au sud, et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité"." [C'est clair comme le jour ! Cf. également Genèse, 15 : 18 ; 17 : 8]

  

Le Nouveau Testament confirme effectivement l'Ancien ,- et vice versa ,- mais le Coran ne confirme pas le Nouveau, ni par conséquent l'Ancien. Quand le Coran fait allusion aux gens du Livre, on se demande bien à quel Livre Muhammad se référait pour en arriver à considérer comme falsifiés des faits et des paroles qui se trouvent dans les deux Testaments et que citent, dès le IIe siècle, plusieurs auteurs chrétiens et même opposés aux chrétiens (1). Nous avons déjà rappelé qu'au IIe siècle, dans son ouvrage intitulé Contre les hérésies, Irénée, évêque de Lyon, relié au collège apostolique par Polycarpe, évêque de Smyrne, qu'il avait vu dans sa prime jeunesse, parle d'un Evangile tétramorphe (2), ou d'un Evangile à quatre formes, encore que maintenu par un unique Esprit, et cite presque constamment les écrits des quatre évangélistes tels que nous les connaissons présentement, c'est-à-dire au XXIe siècle. Il est historiquement prouvé que les Evangiles ne sont pas l'œuvre d'un faussaire ou d'un imposteur. Dieu est la Vérité même et Il est Un. Il ne peut donc pas Se contredire : Il ne peut pas révéler que Jésus a été à la fois crucifié et non crucifié. En effet, ce qui implique simultanément ce qui est et ce qui n'est pas, c'est-à-dire l'être et le non-être, n'est pas compris dans la Toute Puissance divine. Dieu, la Cause première de tout ce qui existe, ou l'Acte pur d'exister, n'intègre en Lui, le Seul Grand Tout, que ce qui ne répugne pas à la notion d'être (3). Il ne peut donc pas faire ce qui implique contradiction.

1) Cf. Blaise Pascal (1623 - 1662), Pensées, nos 190-202 (Celse et Porphyre).

2) Cf. Contre les hérésies, III, 11, 8.

3) Cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, qu. 25, art. 3 ; et Contra Gentiles, II, chap. 22, § " Omnis virtus ".

 

Bossuet (1627-1704), prélat, théologien et écrivain français, Discours sur l'Histoire universelle, IIe partie : La suite de la religion, ch. IV : David, Salomon, les Rois et les Prophètes :

" [...] Cette élection divine avait un objet plus haut que celui qui paraît d'abord. Ce Messie, tant de fois promis comme le fils d'Abraham ; devait aussi être le fils de David et de tous les rois de Juda. Ce fut en vue du Messie et de son règne éternel que Dieu promit à David que son trône subsisterait éternellement. Salomon, choisi pour lui succéder, était destiné à représenter la personne du Messie. C'est pourquoi Dieu dit de lui : " Je serai son père, et il sera mon fils (1) " ; chose qu'il n'a jamais dite, avec cette force, d'aucun roi ni d'aucun homme.

" Aussi, du temps de David, et sous les rois ses enfants, le mystère du Messie se déclare-t-il plus que jamais par des prophètes magnifiques, et plus claires que le soleil.

" David l'a vu de loin, et l'a chanté dans ses Psaumes avec une magnificence que rien n'égalera jamais. Souvent il ne pensait qu'à célébrer la gloire de Salomon, son fils ; et tout d'un coup, ravi hors de lui-même, et transporté bien loin au-delà, il a vu celui qui est plus que Salomon en gloire aussi bien qu'en sagesse (2). Le Messie lui a paru assis sur un trône plus durable que le soleil et que la lune. Il a vu à ses pieds toutes les nations vaincues, et ensemble bénites en lui (3), conformément à la promesse faite à Abraham. Il a élevé sa vue plus haut encore : il l'a vu dans les lumières des saints, et devant l'aurore, sortant éternellement du sein de son Père, pontife éternel et sans successeur, ne succédant aussi à personne, créé extraordinairement, non selon l'ordre d'Aaron, mais selon l'ordre de Melchisédech, ordre nouveau, que la loi ne connaissait pas. Il l'a vu assis à la droite de Dieu, regardant du plus haut des cieux ses ennemis abattus. Il est étonné d'un si grand spectacle ; et, ravi de la gloire de son fils, il l'appelle son Seigneur (4).

" Il l'a vu Dieu, que Dieu avait oint pour le faire régner sur toute la terre par sa douceur, par sa vérité, et par sa justice (5). Il a assisté en esprit au conseil de Dieu, et a ouï de la propre bouche du Père éternel cette parole qu'il adresse à son Fils unique : Je t'ai engendré aujourd'hui ; à laquelle Dieu joint la promesse d'un empire perpétuel, " qui s'étendra sur tous les Gentils, et n'aura point d'autres bornes que celles du monde " (6). Les peuples " frémissent en vain ; les rois et les princes font des complots inutiles ". Le Seigneur se rit du haut des cieux (7) de leurs projets insensés, et établit malgré eux l'empire de son Christ. Il l'établit sur eux-mêmes, et il faut qu'ils soient les premiers sujets de ce Christ dont ils voulaient secouer le joug (8). Et encore que le règne de ce grand Messie soit souvent prédit dans les Ecritures sous des idées magnifiques, Dieu n'a point caché à David les ignominies de ce béni fruit de ses entrailles. Cette instruction était nécessaire au peuple de Dieu. Si ce peuple encore infirme avait besoin d'être attiré par des promesses temporelles, il ne fallait pourtant pas lui laisser regarder les grandeurs humaines comme sa souveraine félicité, et comme son unique récompense : c'est pourquoi Dieu montre de loin ce Messie tant promis et tant désiré, le modèle de la perfection et l'objet de ses complaisances, abîmé dans la douleur. La croix paraît à David comme le trône véritable de ce nouveau roi. Il voit ses mains et ses pieds percés, tous ses os marqués sur sa peau (9) par tout le poids de son corps violemment suspendu, ses habits partagés, sa robe jetée au sort, sa langue abreuvée de fiel et de vinaigre, ses ennemis frémissant auteur de lui, et s'assouvissant de son sang (10). Mais il voit en même temps les glorieuses suites de ses humiliations : tous les peuples de la terre se ressouvenir de leur Dieu oublié depuis tant de siècles ; les pauvres venir les premiers à la table du Messie, et ensuite les riches et les puissants ; tous l'adorer et le bénir ; lui présidant dans la grande et nombreuses Eglise, c'est-à-dire dans l'assemblée des nations converties, et y annonçant à ses frères le nom de Dieu (11) et ses vérités éternelles. David, qui a vu ces choses, a reconnu, en les voyant, que le royaume de son fils n'était pas de ce monde. Il ne s'en étonne pas, car il sait que le monde passe ; et un prince toujours si humble sur le trône voyait bien qu'un trône n'était pas un bien où se dussent terminer ses espérances.

" Les autres prophètes n'ont pas moins vu le mystère du Messie. Il n'y a rien de grand ni de glorieux qu'ils n'aient dit de son règne. L'un voit Bethléem, la plus petite ville de Juda, illustrée par sa naissance ; et en même temps, élevé plus haut, il voit une autre naissance par laquelle il sort de toute éternité du sein de son Père (12) : l'autre voit la virginité de sa mère, un Emmanuel, un Dieu avec nous sortir de ce sein virginal, et un enfant admirable qu'il appelle Dieu (14). Celui-ci le voit entrer dans son temple (15) ; cet autre le voit glorieux dans son tombeau, où la mort a été vaincue (16). En publiant ses magnificences, ils ne taisent pas es opprobres. Ils l'ont vu vendu ; ils ont su le nombre et l'emploi des trente pièces d'argent dont il a été acheté (17). En même temps qu'ils l'ont vu grand et élevé (18), ils l'ont vu méprisé et méconnaissable au milieu des hommes ; l'étonnement du monde, autant par sa bassesse que par sa grandeur ; le dernier des hommes ; l'homme de douleurs, chargé de tous nos péchés ; bienfaisant et méconnu ; défiguré par ses plaies, et par là guérissant les nôtres ; traité comme un criminel ; mené au supplice avec des méchants, et se livrant, comme un agneau innocent, paisiblement à la mort ; une longue postérité naître de lui par ce moyen (19), et la vengeance déployée sur son peuple incrédule. Afin que rien ne manquât à la prophétie, ils ont compté les années jusqu'à sa venue (20) ; et, à moins que de s'aveugler, il n'y a plus moyen de le méconnaître."

1) II Rois, VII : 14 ; I Paralipomènes ou Chroniques, XXII : 10.

2) Matthieu, VI : 29 ; XII : 42.

3) Psaumes, LXXI : 5, 11 et 17.

4) Id., CIX.

5) Id., XLIV : 3 à 8.

6) Id., II : 7 et 8 ;

7) Id., II : 1, 2, 4 et 9.

8) Psaumes, 10, etc.

9) Id., XXI : 17 à 19.

10) Id., LXVIII : 22 ; XXI : 8, 13, 14, 17, 21 et 22.

11) Id., XXI : 26, 27 et suiv.

12) Id., Michée, V : 2.

13) Isaïe, VII : 14.

14) Id., IX : 6.

15) Malachie, III : 1.

16) Isaïe, XI : 10 ; LIII : 9.

17) Zacharie, XI : 12 et 13.

18) Isaïe, LII : 13.

19) Id., LIII.

20) Daniel, IX.

         Nier la crucifixion et la mise à mort de Jésus, relève manifestement d'un faux historique. Ni les quatre Évangiles - l'Évangile quadriforme - ni les autres écrits du Nouveau Testament n'autorisent de telles allégations. Bien au contraire, tous les écrits du Nouveau Testament (1), et même ceux de l'Ancien (2), convergent vers le mystère de la Rédemption - la synthèse de tous les mystères - qui consiste à croire que le Verbe éternel du Père s'est uni à une nature humaine, a souffert, a été crucifié et a connu la mort pour racheter le monde de ses péchés par l'offrande de ses souffrances, l'effusion de son sang et le don de sa vie en se substituant à la place des pécheurs ou en prenant sur Lui toutes les conséquences de nos actes mauvais pour nous réconcilier avec Dieu - à condition de nous laisser réconcilier avec Lui en coopérant délibérément à la Passion de son Fils unique, le Verbe incarné, l'Agneau sans tache, par l'aveu de nos fautes, la contrition et la charité parfaites, étant bien entendu que l'acte rédempteur du Christ ne s'accomplit pas sans nous. Dès le début de l'Évangile, Jean, le Baptiste, reconnaît en Jésus l'Agneau de Dieu, celui qui ôte le péché du monde (3). Et qui peut remettre les péchés, si ce n'est Dieu seul ? (4) En se réconciliant avec Dieu dans le Christ, le dernier Adam (5), tous les pécheurs repentants sont restaurés dans les privilèges de l'état primordial (6), c'est-à-dire de l'état d'avant le péché du premier Adam, notre premier père, qui a été fait âme vivante, et sont tous appelés à la même résurrection corporelle et glorieuse que celle du Christ, le Premier-né d'entre les morts (7), le dernier Adam, qui a été fait esprit vivifiant (8). Les textes qui nous citons plus bas prouvent incontestablement que les deux Testaments sont intimement liés.

         De ces considérations et vérifications scripturaires, il résulte la preuve absolument certaine que Muhammad n'a jamais lu la Bible contenant les Livres sacrés des juifs et des chrétiens, mais qu'il n'en a recueilli oralement que des brides plus ou moins authentiques ou venues d'autres sources plus ou moins polluées.

1) S. Luc, I, 68 :  " Et Zacharie son père [le père de Jean, le Baptiste, prêtre, du temple de Jérusalem, de la classe d'Abia, et l'époux d'Élisabeth, parente de Marie, mère de Jésus] fut rempli de l'Esprit-Saint et prophétisa disant : ' Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il est venu parmi nous, qu'il a opéré la délivrance de son peuple [...] Et toi-même [Jean, le Baptiste], tu seras nommé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies, afin de donner la connaissance du salut à son peuple, en la rémission de leurs péchés ".- S. Jean, I, 6-8 : " Il y eut un homme, envoyé de Dieu. Son nom était Jean [le Baptiste]. Celui-là vint pour le témoignage, afin de rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui - non qu'il fût, lui, la lumière, mais afin qu'il rendît témoignage à la lumière. " - S. Matthieu, III, 3 : " Car c'est lui dont il est parlé par le ministère du prophète Isaïe, disant :'Préparez la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers.' " (a) - S. Jean, I, 23 : " Jean [le Baptiste] dit : 'Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez la voie du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.' " - Ibid., vv. 29-34 : " Le lendemain, Jean, le Baptiste, vit Jésus venant à lui, et il dit : 'Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. C'est celui dont j'ai dit : Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi. Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau.' Jean [le Baptiste] rendit ce témoignage : J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur Jésus. Je ne le connaissais pas, mais Celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, Celui-là m'a dit : 'Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit.' Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu. " - S. Marc, I, 9-11 : " En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir, et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection. " - S. Jean, II, 18-22 : " Les Juifs interpellèrent Jésus : 'Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là?' Jésus leur répondit : 'Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai.' Les Juifs lui répliquèrent : 'Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais!' Mais le Temple dont Jésus parlait, c'était son corps. Aussi, quand Jésus ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite. " - Ibid., III, 14 : " Et de même que Moïse a élevé le Serpent [d'airain] dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. " (b) - S. Jean, VIII, 26 : " Jésus donc dit aux Juifs : 'Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez que Je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que m'a enseigné le Père.' " - Id., XII, 32-33 : " ... et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi.' En parlant ainsi, Jésus indiquait de quelle mort il devait mourir. " - S. Matthieu, XXIV, 1-2, 15-18 : "  Jésus sortit du Temple et, comme il s'éloignait, ses disciples le rejoignirent pour lui faire remarquer les constructions du Temple. Mais il leur répondit : 'Vous voyez tout cela, n'est-ce pas ? En vérité, je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre : tout sera détruit. [...] Lors donc que vous verrez l'abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel (c), installée dans le Lieu saint,- que le lecteur comprenne! - alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes!' " - Ibid., XXVI, 30, 32 : " Alors Jésus dit à ses disciples : '... Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée.' " - S. Luc, IX, 30-31 : " Et voici que deux personnages s'entretenaient avec Jésus, lesquels étaient Moïse et Élie, qui, apparus avec gloire, parlaient de sa mort (de son grand départ : excessum ejus), qu'il avait à subir à Jérusalem... " - S. Matthieu, XXVI, 1, 24 : " Or, quand Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples : 'Vous le savez, dans deux jours, c'est la Pâque ; le Fils de l'homme sera livré pour être crucifié. [...] Le fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet, mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! " - S. Matthieu, XXVI, 14-16 : " Alors, l'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla vers les grands prêtres, et dit : 'Que voulez-vous me donner, et je vous livrerai Jésus ?' Les grands prêtres lui assurèrent trente pièces d'argent. Depuis ce moment, Judas cherchait une occasion pour livrer Jésus. (d) " - Ibid., XXVII, 46 : " Vers la neuvième heure, Jésus [sur la croix] s'écria d'une voix forte : 'Eli, Eli, lama sabaqthani ", c'est-à-dire : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as Tu abandonné ? (e)' " - S. Luc, XXIII, 46 : " Jésus s'écria d'une voix forte : 'Père, je remets mon Esprit entre Tes mains.' " - S. Jean, XIX, 23-24 : " Les soldats donc, lorsqu'ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Et ils prirent aussi la tunique. Mais la tunique était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut. Ils se dirent donc les uns aux autres : 'Ne la déchirons pas. Mais tirons au sort à qui elle sera.' Afin que l'Écriture fût accomplie : 'Ils se sont partagés mes vêtements ; et ils ont tiré au sort ma tunique. (f )' C'est donc ce que firent les soldats. " - Id., 31-37 : " Les Juifs donc, comme c'était la Préparation, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix durant le sabbat - car ce jour de sabbat était un grand jour - demandèrent à Pilate qu'on leur rompît les jambes et qu'on enlevât les corps. Les soldats vinrent donc et rompirent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui ; mais, venant à Jésus, comme ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes. Mais un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il sortit de l'eau et du sang. Et celui qui a vu cela a rendu témoignage, et son témoignage est véridique ; et il sait qu'il dit la vérité, afin que vous croyiez aussi. Car ces choses sont arrivées afin que fût accomplie cette parole de l'Écriture : 'Aucun de ses os ne sera brisé (g)'. Et une autre écriture dit encore : 'Ils verront celui qu'ils ont transpercé (h)'. " - S. Luc, XXIII, 53 : " Et Joseph d'Arimathie alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l'enveloppa dans un linceul et le plaça dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n'avait été mis. " (Cf. S. Marc, XV, 46 ; S. Matthieu, XXVII, 59-69 ; S. Jean, XIX, 38-42.) - S. Jean, XX, 3-10 : " Donc Pierre sortit, ainsi que l'autre disciple [Jean]. Et ils se rendaient au sépulcre. Ils se mirent à courir tous deux ensemble : et même l'autre disciple courut plus vite que Pierre [étant beaucoup plus jeune que celui-ci], et arriva le premier au sépulcre ; s'étant baissé, il constata que les linges étaient retombés ; toutefois il n'entra pas [eu égard à la préséance de Pierre]. Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre ; il vit les linges qui étaient retombées et le linge qui avait été en contact avec la tête de Jésus [le sudarium] non pas retombé avec les linges, mais enveloppé dans un lieu à part. Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi. Et il vit et il crut. Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter d'entre les morts. " - Ibid., XX, 19-20 : " Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées - à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs. Jésus vint, se présenta au milieu d'eux et leur dit : 'La paix soit avec vous!'. Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. " - Actes des Apôtres, I, 3 : " C'est aux apôtres aussi qu'après sa passion Jésus montra, de bien des manières, qu'il était vivant, leur apparaissant au cours de quarante jours et les entretenant du Royaume de Dieu. " - Id., I, 9-11 : " ... et une nuée déroba Jésus aux yeux de ses apôtres. Et comme ceux-ci avaient les regards fixés vers le ciel pendant que Jésus s'en allait, voici que leur apparurent deux hommes vêtus de blanc, qui leur dirent : 'Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé loin de vous au ciel, reviendra un jour de la même manière que vous l'avez vu monter au ciel.' " - I Corinthiens, XV, 1-9 : " Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; et qu'il est apparu à Céphas, puis aux douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton ; car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu. " - Hébreux, IX, 11, 13-15, 26-27 : " Mais le Christ est venu comme grand prêtre des biens à venir [...] Car si [selon la première ou l'ancienne alliance] le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui, par un Esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant! Et c'est pour cela qu'il est le médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis. Car là où il y a testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. [...] le Christ a paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. Et comme il est réservé aux hommes de mourir qu'une seule fois, après quoi vient le jugement, de même le Christ, qui s'est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut. " - Actes des Apôtres, X, 36-40 : " Dieu a envoyé sa Parole aux enfants d'Israël, leur annonçant la Bonne Nouvelle [l'Évangile] de la paix par Jésus-Christ : C'est lui le Seigneur de tous. Vous savez ce qui s'est passé dans toute la Judée : Jésus de Nazareth, ses débuts en Galilée, après le baptême prêché par Jean ; comment Dieu l'a oint de l'Esprit-Saint et de Puissance, lui qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable ; car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes tous témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Lui qu'ils sont allés jusqu'à faire mourir en le suspendant au gibet, Dieu l'a ressuscité le troisième jour [...]. " - I Corinthiens, I, 22-25 : " Frères, alors que les Juifs réclament des signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est Puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. Car la Folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la Faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme. "

a) Cf. Isaïe, XL, 3.

b) Nombres, XXI, 7-9 : " Le peuple se rendit auprès de Moïse et dit : 'Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Éternel et contre toi. Prie l'Éternel, afin qu'Il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. L'Éternel dit à Moïse : 'fais-toi un serpent et place-le au haut d'une perche. Quiconque aura été mordu, qu'il le regarde et il vivra!' Et Moïse fit un serpent d'airain, le fixa sur une perche ; et alors si quelqu'un était mordu par un serpent, il levait les yeux vers le serpent d'airain et était sauvé. "

c) Chap. IX, verset 27.

d) Zacharie, XI, 12 : " Je leur dit : 'Si cela vous paraît bon, octroyez-moi mon salaire ; sinon laissez. " Et ils pesèrent mon salaire : trente sicles d'argent. Mais Yehovah me dit : 'Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils M'ont estimé.' " - Exode, XXI, 32 : " Si le taureau encorne un esclave ou une servante, le propriétaire de l'animal versera à leur maître une somme d'argent - trente sicles - et le taureau sera lapidé. ".

e) Psaumes, XXI ou XXII, 2.

f) Psaumes, XXI ou XXII, 19.

g) Psaumes, XXXIII ou XXXIV, 21 ; cf. id., XXI ou XXII, 18 ; cf. Exode, XII, 46.

h) Zacharie, XII, 10.

2) Isaïe, VII, 14 : " C'est pourquoi le Seigneur vous donnera Lui-même un prodige : Voici la Vierge est enceinte et enfantera un Fils qui sera nommé Emmanuel (a). " - Michée, V, 2 : " Et toi, Bethléem Éphrata, si peu importante parmi les villes de Juda, c'est de toi que naîtra Celui qui est destiné à dominer sur Israël. (b) " - Isaïe, IX, 6 : " Car un Enfant nous est né ; et un Fils nous a été donné : Il portera sur ses épaules la marque de sa principauté. Il sera appelé l'Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le Père d'une famille éternelle, le Prince de la paix. " - Osée, XI, 1 : " J'ai appelé mon Fils hors d'Égypte. (c) " - Jérémie, XXXI, 15 : " Ainsi parle l'Éternel : 'On entend des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations ; Rachel pleure ses enfants et n'a pas voulu être consolée, parce qu'ils ne sont plus.' (d) " - S. Matthieu, XXI, 4-38 : " Or, cela arriva, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète, disant : 'Dites à la fille de Sion : Voici ton Roi qui vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse.' Les disciples allèrent et firent comme Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent sur eux leurs vêtements, et firent asseoir Jésus dessus. La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtement sur le chemin ; d'autres coupèrent des branches d'arbres, et en jonchèrent la route. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : 'Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux! Lorsque Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville fut émue, et l'on disait : 'Qui est celui-ci ?' La foule répondait : 'C'est Jésus, le prophète de Nazareth en Galilée.' " S. Jean, V, 39 : " Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en Elles la Vie éternelle : ce sont Elles qui rendent témoignage de moi [Jésus]. " - Ibid., XX, 9 : " Car les disciples de Jésus ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait ressusciter d'entre les morts. " - S. Luc, XXIV, 25-27 : " Alors Jésus leur dit : 'Esprits sans intelligence, lents à croire tout ce qu'ont annoncé les Prophètes! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?' Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, Jésus leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait. " - S. Matthieu, V, 17 : " Ne pensez pas que je sois venu abroger la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu abroger mais parfaire. " [Jésus-Christ (et non Muhammad!) est l'Entéléchie suprême, c'est-à-dire l'Accomplissement parfait ou la Cause finale de la Loi et des Prophètes, car il est venu pour les accomplir pleinement en nous révélant qu'Il est Lui-même leur seule raison d'être, Celui qui confirme et scelle toutes les prophéties, et en Qui toutes les prophéties trouvent leur Principe et leur Fin.] - S. Matthieu, XIII, 57 : " Et ils se scandalisaient à son sujet. Jésus leur dit : 'Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison'. " (Où l'on voit que Jésus se nomme lui-même prophète. - S. Luc, XIII, 33 : " Mais aujourd'hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem. " - Cf. également S. Luc, IV, 24, et S. Marc, VI, 4.) - S. Jean, VI, 14 : " Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait [le miracle de la multiplication des pains], disaient : 'Celui-ci est vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde.' " - S. Luc, XXIV, 19 : " Et les disciples d'Emmaüs lui répondirent : 'Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple [...].' " - Actes des Apôtres, III, 13, 19-20, 22-23, 26 : " Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son Fils Jésus (e) que vous, vous avez livré et que vous avez renié devant Pilate alors que celui-ci était décidé à le relâcher. [...] Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit garder jusqu'au temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes. Moïse d'abord a dit : 'Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. Quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple.' [...] C'est à vous en premier lieu que Dieu a suscité son Fils (f) et l'a envoyé vous bénir en détournant chacun de vous de ses iniquités. " (g) - Hébreux, I, 1 : " Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses. " - Deutéronome, XVIII, 15, 17, 22 : " Yehovah ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi, que vous écouterez. [...] Si ce prophète a parlé au nom de Yehovah, et que sa parole reste sans effet et ne s'accomplisse pas, alors Yehovah n'a pas dit cette chose-là. " [Retenons bien que S. Luc, dans Les Actes des Apôtres, chap. III, versets 20-22, cités plus haut, nous révèle que le Christ est le Prophète mentionné par le verset 17 du chap. XVIII du Deutéronome, - passage que les musulmans ou les imams appliquent néanmoins à leur prophète et dont ils se servent habituellement pour essayer de convertir les chrétiens à l'Islam.] - Isaïe, XL, 3 : " Une voix crie dans le désert : Préparez une route pour Yehovah, tracez droit dans la steppe un chemin pour notre Dieu. " - S. Jean, I, 19-21 : " Et voici quel fut le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent vers lui, de Jérusalem, des prêtres et des lévites, pour lui demander : 'Qui es-tu,' Et il reconnut - loin de nier il reconnut : 'Ce n'est pas moi qui suis le Christ.' Et ils lui demandèrent : 'Quoi donc ? Es-tu Élie ?' Et il dit : 'Je ne le suis pas.' 'Es-tu le Prophète ?' Et il répondit : 'Non.' " - S. Matthieu, XI, 7, 9-15 : " Lorsque les envoyés de Jean, le Baptiste, s'en furent allés, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean : ' [...] Mais pourquoi êtes-vous sortis ?... Pour voir un prophète?... Oui, vous dis-je, et plus qu'un prophète. C'est celui dont il est écrit : Voici que j'envoie mon messager devant Ta face, pour disposer Ta voie devant Toi (h). En vérité, je vous le dis : parmi les fils de la femme, il n'a été suscité personne de plus grand que Jean, le Baptiste ; mais le moindre dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. Car tous les prophètes et la Loi jusqu'à Jean ont fait des prophéties ; mais depuis les jours de Jean, le Baptiste, jusqu'à maintenant, le Royaume des Cieux est pris de force et les violents s'en emparent! [Par cette parole, Jésus nous révèle que Jean, le Baptiste, est le dernier prophète à l'oracle définitif. - S. Luc, I, 68 :  " [...] Et toi-même [Jean, le Baptiste], tu seras nommé prophète du Très-Haut ; car tu marcheras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies, afin de donner la connaissance du salut à son peuple, en la rémission de leurs péchés ".- S. Luc, XVI, 16 : " La Loi et les Prophètes ont subsisté jusqu'à Jean [le Baptiste] ; depuis lors, dit Jésus, le Royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. " - S. Matthieu, XI, 14-15 : " Et, poursuit Jésus, si vous voulez l'entendre : lui-même [Jean, le Baptiste] est Élie, qui doit venir. Que celui qui a des oreilles, écoute!' " - 2 Rois, 2, 6-9, 11, 13-15 : " Voici ce qui arriva lorsque l'Éternel fit monter Élie au ciel dans un tourbillon : Élie et Élisée partirent de Guilgal [...] Élie dit à Élisée : 'Tu vas rester ici, car l'Éternel m'envoie au Jourdain.' Élisée répondit : 'L'Éternel est vivant! je ne t'abandonnerai pas!' Ils poursuivirent tous deux leur chemin. Cinquante hommes d'entre les fils des prophètes arrivèrent et s'arrêtèrent à quelque distance d'eux, et tous deux s'arrêtèrent au bord du Jourdain. Alors Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux qui se partagèrent çà et là, et ils passèrent tous deux à sec. Lorsqu'ils eurent passé, Élie dit à Élisée : 'Demande ce que tu veux que je fasse pour toi avant que je sois enlevé d'auprès de toi.' Élisée répondit : 'Qu'il y ait sur moi, je te prie, une double part de ton esprit!' [...] Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici qu'un char de feu et que des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre. Alors Élie monta dans un tourbillon. [...] Puis Élisée retourna et s'arrêta au bord du Jourdain ; il prit le manteau qu'Élie avait laissé tomber, il en frappa les eaux et dit : 'Où est l'Éternel, le Dieu d'Élie ?' Lui aussi, il frappa les eaux qui se partagèrent çà et là. Élisée passa. Les fils des prophètes le virent à distance et dirent : 'L'esprit d'Élie s'est reposé sur Élisée.' " [Remarquons qu'Élie n'a pas connu la mort.] - S. Marc, IX, 2-4 : "  Et après six jours, Jésus prend à part Pierre, Jacques et Jean [l'apôtre] et les conduit sur une haute montagne, à l'écart, seuls. Et il fut transfiguré devant eux ; et ses vêtements devinrent éclatants, si blancs qu'aucun foulon de la terre ne peut blanchir de la sorte. Et Élie leur apparut avec Moïse. Et ils s'entretenaient avec Jésus. Et Pierre prenant la parole, dit à Jésus : 'Rabbi, il est bon que nous soyons ici ; et nous allons faire trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie.' Car il ne savait que dire : car ils étaient effrayés. Il survint une nuée les couvrant d'ombre. Et une voix vint de la nuée : 'Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le.' Et soudain, regardant à l'entour, ils ne virent plus personne avec eux, sinon Jésus seul. " (i) - Daniel, IX, 21-22, 23, 24-27 : " [...] je parlais encore en prière, quand Gabriel, l'être que j'avais vu en vision au début, fondit sur moi en plein vol, à l'heure de l'oblation du soir. Il vint, me parla et me dit : 'Daniel, me voici : je suis sorti pour venir t'instruire dans l'intelligence. [...] Pénètre la parole et comprends la vision : Soixante-dix semaines ont été fixées comme terme à ton peuple et à ta ville sainte (Jérusalem) pour faire cesser les transgressions, mettre fin aux péchés, effacer l'iniquité et établir une justice éternelle, pour mettre le sceau à la vision et à [la parole] du Prophète et oindre le Saint des saints. Sache donc et comprends qu'à partir du moment où fut donné l'ordre de rebâtir Jérusalem jusqu'au chef-messie, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines ; les places et les murs seront rétablis et reconstruits en des temps d'angoisse. Et après ces soixante-deux semaines, un oint sera supprimé [il faut voir là la mise à mort du Christ], sans avoir... [phrase mystérieusement tronquée - ou voilée et traduite différemment en grec par les Septante et en latin par la Vulgate.- Ce Oint sera celui qui ne jugera pas ses ennemis et qui sera de souche royale et issu d'un peuple qui rejettera son témoignage.]. La ville et le sanctuaire seront détruits par un prince qui viendra [par l'Adversaire, le Prince de ce monde, l'Impie dont la venue sera marquée par l'influence de Satan : II Thes., II, 9]. Alors sa fin sera dans un débordement [de vices] et, jusqu'à la fin, la guerre et les dévastations décrétées. Il conclura une alliance solide avec un grand nombre le temps d'une semaine ; et durant la moitié de la semaine il fera cesser le sacrifice et l'offrande, et sur l'aile du Temple sera l'abomination de la désolation jusqu'à la fin, jusqu'au terme assigné par le désolateur." [Cf. sur l'Internet : #Y23. "The Unexpected King", ("A Precise Mathematical Prediction", l'url http://www.yfiles.com/ ] - Isaïe, XLV, 3-8 : " Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui devant qui l'on se voile la face, il était méprisé, nous ne l'avons pas considéré. Certes, ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé (j) ; et nous, nous l'avons considéré comme atteint d'une plaie ; comme frappé par Dieu et humilié. Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l'Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraité, il s'est humilié et n'a pas ouverte la bouche, semblable à l'agneau qu'on mène à la boucherie. " - Nombres, XXI, 7-9 : " Moïse intercéda pour le peuple et Dieu [Yehovah] lui répondit : 'Façonne-toi un Brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie.' Moïse façonna donc un Serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le Serpent d'airain et il restait en vie (k). "  

a) Emmanuel, nom hébreu qui se traduit par " Dieu avec nous ". La Bible de Jérusalem, ou la Sainte Bible traduite en français sous la direction de l'École biblique de Jérusalem, se permet de traduire le mot hébreu " almah " (Ayin Lamed Mem Hé : hmle ) par jeune fille, alors que ce mot a pour racine " chA L M " (Ayin Lamed Mem : mle) qui signifie à la fois " cacher " et " éternité " (a). Les Septante, ou les soixante-dix traducteurs juifs de l'Ancien Testament hébreu en langue grecque, ont traduit, au troisième siècle avant Jésus-Christ, le mot " almah " par " parqenoV " (b), " vierge ". La Vulgate, traduction latine due à saint Jérôme, traduit ce mot par " virgo " ; et la Bible du roi Jacques, quant à elle, le traduit en anglais par " virgin ". Les auteurs de la Bible de Jérusalem n'ont, hélas! rien compris et semblent remettre en question le dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie et corrélativement celui de l'Incarnation du Verbe de Dieu. Qu'une jeune fille ait été mise enceinte par l'opération d'un homme, cela est un événement tout ordinaire ou ne constitue pas "un signe" frappant de Dieu, mais que cette jeune fille accouche d'un fils qui soit Dieu, cela devient en apparence contraire à la raison, car il n'existe en Dieu " aucun changement ni l'ombre d'une variation " ( g), comme pour Jésus-Christ, qui " est le même hier, aujourd'hui et éternellement " (kai eis tous aiwnas) (d). Seule l'union des deux natures du Christ, divine et humaine, dans sa Personne unique et éternelle (e), ou son Moi profond, hypostase gratifiée d'une Conscience pure et incréée, justifie rationnellement la traduction du mot " almah " par " vierge " - et même " toujours vierge " (z). Le plus effarant et scandaleux, c’est que saint Matthieu lui-même, au verset 23 du chapitre Ier , reprend les mêmes termes que le prophète Isaïe (virgo et  parqenoV) !

a) Cf. Dictionnaire hébreu-français contenant tous les Mots hébreux et chaldéens contenus dans la Bible, par Sander, professeur, et Trénel, directeur de l'École centrale rabbinique, réimpression anastatique de l'édition 1859, Comptoir du Livre du Kéren Haséfer, Paris 1965, page 534.- A.D. Grad, Le véritable Cantique des Cantiques, pp. 94, 95 : "... L'Écriture ajoute : C'est pourquoi les vierges t'aiment. C'est réellement des vierges que l'Écriture parle, ainsi qu'il est écrit : Al-alâmôth chîr, 'Cantique pour les vierges' (Psaumes, XLVI, 1). [...] Tel est l'enseignement traditionnel.".- Cf. également dans le Cantique des Cantiques, IV, les versets 7 et 12 extrêmement clairs.

b) Mot grec qui a donné en français le mot " parthénogenèse ".

g) S. Jacques, I, 17.- Irénée de Lyon (première moitié du IIe siècle), Contre les hérésies, III, 21, 6 : "Enfin la phrase 'Le Seigneur Lui-même vous donnera un signe' souligne le caractère inattendu de sa génération : celle-ci n'aurait jamais eu lieu si le 'Seigneur', le Dieu de toutes choses, n'avait Lui-même donné ce signe dans la maison de David. Car qu'aurait eu de remarquable ou quel signe eût constitué le fait qu'une 'jeune femme' conçût d'un homme et enfantât, puisque c'est là le fait de toutes les femmes qui mettent au monde? Mais, parce qu'inattendu était le salut qui devait advenir aux hommes par le secours de Dieu, inattendu aussi était l'enfantement qui aurait pour auteur une Vierge : c'est Dieu qui donnerait ce signe, et l'homme n'y serait pour rien."

d) Hébreux, XIII, 8.

e) Cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIe Partie, qu. 16, a. 2, sol. 3.

z) En accord parfait avec les termes "cacher" et "éternité" découverts et communiqués plus haut.

b) Cité par S. Matthieu, II, 6.

c) Cité par S. Matthieu, II, 15.

d) Cité par S. Matthieu, II, 18.

e) Son Fils Jésus, gr. : ton paida autou ihsou, lat. : filium suum Jesum.

f) Son Fils, gr. : ton paida autou, lat. : Filium suum.

g) N'oublions pas que le Christ Jésus en tant que Verbe incarné ou Personne divine incarnée était tout à la fois bienheureux et pèlerin, et qu'il n'était prophète qu'en tant que pèlerin, car la partie supérieure de son âme a joui de la vision de l'Essence divine, dès que son âme a été créée et insufflée dans son corps, qui a été parfaitement et instantanément formé par le Saint-Esprit du sang ou d'une ovule de la Vierge Marie, et ce parce que le Verbe n'aurait pu s'unir à quelque chose d'informe (1). En se faisant homme ou en prenant une nature humaine individuelle il n'a pas cessé d'être une Personne divine. Il avait donc parfaitement conscience de son Moi divin, tout en ayant le pouvoir d'agir uniquement en tant qu'homme en se limitant volontairement aux seuls moyens de sa nature humaine. Il disposait librement de deux natures unies dans sa Personne sans la moindre confusion ou mélange, non fondues en une seule nature, sa Nature divine restant parfaitement immuable et identique à sa Personne, sans aucune addition ni transformation. (Signalons que de nombreux musulmans s'appuient sur le verset 15 du chapitre XVIII du Deutéronome pour soutenir que le prophète annoncé par Dieu dans ce verset désigne Muhammad ou Mahomet.)

1) Journal de l'abbé Combe, Dernières années de Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette, Editions Saint-Michel, 1967, pp. 113 et 114 :

" Dimanche 31 décembre 1901. - Comment a-t-elle pu écrire si rapidement et presque sans ratures ces belles choses inédites, nettes, précises ?

" J. M. J. - Diou, 31 décembre 1901.- Mon très révérend et très cher père. J'aime faire l'obéissance, mais je ne me rappelle pas au juste tout ce que votre Révérence m'a demandé ; je mets ici ce dont je me souviens.

" Le Très Haut envoya l'ange Gabriel à Marie, la plus pure, la plus humble de toutes les créatures sorties des mains du divin Créateur. [...]

" En même temps l'Esprit Saint forma, avec quelques gouttes du très pur sang de la plus sainte et plus parfaite des créatures, un tout petit corps du genre masculin, très parfait en tout et d'une beauté ravissante, puis il lui créa une âme comblée de toutes les perfections. Cela fait, le Verbe Eternel, sans laisser le sein de son Père, prit possession du petit corps, qu'il éleva à la Divinité, étant Dieu et homme tout ensemble. L'Immensité s'est restreinte dans un tout petit corps parfait mains limité, sans cesser d'être au Ciel et tout et partout." [Cf. Isaïe, 66 : 7-8 ; Psaumes, 44 :: 3.]

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L'Amour de la Sagesse Éternelle, n° 108 :

"Regardez qu'au même instant que Marie consentit à être Mère de Dieu, il se fit plusieurs prodiges. Le Saint-Esprit forma du plus pur sang du cœur de Marie un petit corps ; Il l'organisa parfaitement ; Dieu créa l'âme la plus parfaite qu'Il eût jamais créée. La Sagesse éternelle ou le Fils de Dieu s'unit, en vérité de Personne, à ce corps et à cette âme. Et voilà la grande merveille du ciel et de la terre, l'excès prodigieux de l'amour de Dieu : Verbum caro factum est : Le Verve s'est fait chair ; la Sagesse éternelle s'est incarnée. Dieu est devenu homme, sans cesser d'être Dieu ; cet Homme-Dieu s'appelle Jésus-Christ, c'est-à-dire Sauveur." [Rien que pour cela, saint Louis-Marie Grignion de Montfort mérite d'être déclaré Docteur de l'Église.]

h) Malachie, III, 1 ;

i) Cf. également S. Matthieu, XVII, 1-8 ;

j) Cf. Isaïe, LIII, 4 ;

k) Cf. S. Jean, III, 14-15, note précédente.

3) S. Jean, I, 29 : " Le lendemain, Jean, le Baptiste, voit Jésus venant à lui, et dit : 'Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.' "

4) Cf. S. Luc, V, 20 ; et VII, 48.- Et qui est également maître du sabbat, si ce n'est Dieu seul? (cf. S. Marc, II, 28, et S. Matthieu, XII, 8.).

5) I Corinthiens, XV, 45 : " Le dernier (a) Adam est devenu un esprit vivifiant. "

a) En lat., novissimus ; en grec, escatos.

6) Ou en quelque sorte ramenés à l'Age d'Or, c'est-à-dire à l'Age d'avant la chute originelle.

7) Colossiens, I, 18 : " Jésus-Christ est le Principe (a), le Premier-né d'entre les morts. "

a) En lat., principium, principe, commencement, origine ; en grec, arch, commencement, principe, origine.

8) Cf. plus haut, note 5.

 

        En Se connaissant ou en connaissant tout être en Lui (1), Dieu  engendre nécessairement un Fils, comme l'homme engendre un concept en connaissant un être singulier ou universel - sans toutefois connaître l'un ou l'autre en lui, car Dieu seul connaît tout singulier et tout universel en Lui-même en tant que Cause première de tout ce qui est. Si Dieu Se connaît, Il ne peut Se connaître qu'en réfléchissant sur Lui-même à partir d'un Autre Lui-même constituant l'Intelligible même ou son Verbe éternel (sa Pensée même) sans Lequel Il demeurerait dans une ignorance absolue. Pour qu'il y ait connaissance, il faut bien qu'il y ait un connaissant et un connu, c'est-à-dire deux réalités qui diffèrent par leur relation - et non nécessairement par leur essence. Or la relation en Dieu se faisant par mode de substance, il s'ensuit que ces deux réalités désignent directement deux Réalités subsistantes ou deux Personnes qui subsistent par Elles-mêmes en se distinguant uniquement par leur relation et qui signifient indirectement l'Essence divine (2). Nous voyons ainsi que nous ne nous opposons pas à la suprême unité et simplicité de Dieu en soutenant une pluralité de Personnes en Celui-ci et - pour mieux comprendre le rôle respectif de ces Personnes - en ne retenant que les propriétés ou les relations inhérentes à chacune d'Elles, c'est-à-dire la Paternité pour la Personne du Père, la Filiation pour la Personne du Fils et la Procession pour la Personne du Saint-Esprit - le Saint-Esprit étant l'Amour qui procède du Père et du Fils, qui est la Connaissance que le Père a de Soi en concevant son Verbe éternel ou son Fils unique en un seul instant ou en un seul acte, car il est clair que l'on ne saurait aimer ce qui est inconnu (3). Le Père et le Fils S'aiment d'un même Amour qui est l'Amour même ou l'Amour en Personne qui procède nécessairement d'Eux et se nomme le Saint-Esprit. On peut également affirmer que sans cette troisième Personne (l'Amour même), Dieu serait absolument dépourvu d'amour. En réalité, on voit bien, avec l'aide du Saint-Esprit (4), que la Connaissance et l'Amour impliquent trois Personnes en un seul et même Dieu (5) - la Structure intime et secrète de Dieu et la Source de toute lumière ou de toute intelligibilité, de tout amour et de toute manifestation ou création, ce qui fait que Dieu est la Fécondité même. En créant notre âme à son Image, Dieu nous a donné la mémoire, l'intelligence et la volonté pour que nous ayons la joie d'être en permanence conscients d'être de son Être, dans sa Pensée éternelle (6) et son Amour infini, et que, comme Jésus, nous soyons Un avec le Père dans l'Unité du Saint-Esprit (7). Pour que la Connaissance soit, il faut que soient également le Connaissant et le Connu et que Ceux-ci soient Un - un acte d'Identité. Et pour que l'Amour soit, il faut que soient également l'Amant et l'Aimé et que Ceux-ci soient Un - un autre acte d'Identité. Toute chose s'accomplit par l'unification d'une trinité ; et la divine Trinité, qui est un seul et vrai Dieu, est partout sans la moindre altérité ou dans la non dualité de son Essence qui est identique à son Être.  

 

1) S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 28, art. 4, sol. 1 : " En Dieu, connaissant et connu ne font absolument qu'un ; car c'est en se connaissant qu'il connaît tout le reste. " - Id., sol. 2 : " Dieu connaît tout dans un acte unique. " - Id., qu. 14, art. 2, conclusion : " Comme donc, en Dieu, rien n'est potentiel ; comme Dieu est Acte pur, il y a nécessité qu'en Lui l'Intellect et l'Objet de l'Intellect soient identiques de toute manière, de telle sorte que jamais Il ne soit dépourvu de forme intelligible. " - Id., art. 7, conclusion : " Dieu voit tout en Un Seul qui est Lui-même, ainsi qu'on l'a établi : Il voit donc tout ensemble, et non pas successivement. " - Id., art. 11, conclusion : " Toutefois, les perfections qui se trouvent dans les choses inférieures à l'état de dispersion se trouvent en Dieu simples et ramenées à l'unité. C'est pourquoi, alors que nous avons, nous, connaissance de l'universel et de l'immatériel par certaines facultés, et par une autre du singulier et du matériel, Dieu, par son unique et simple intelligence, connaît l'un et l'autre. "  - Id., q. 57, a. 1 : " [...] 'en Dieu, qui est au sommet de toutes choses, tout préexiste d'une manière supersubstantielle, en l'absolue simplicité de son Etre' (Saint Denys l'Aréopagite, Des Divins Noms). " - Ibid., De Potentia, q. 3, a. 16, sol. 24 : " La créature en Dieu, c'est l'essence divine elle-même. " - S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 28, art. 2, conclusion : " Or ce qui, dans les créatures, possède un être accidentel, dès là qu'on le transfère en Dieu, y possède l'être substantiel ; car rien n'existe en Dieu à la manière d'un accident dans son sujet : tout ce qui existe en Dieu est son Essence. "

2) Par exemple, les relations de connaissant à connu et de connu à connaissant, d'engendrant à engendré et d'engendré à engendrant ou de Père à Fils et de Fils à Père, de voulant à voulu ou de voulu à voulant, d'aimant à aimé, et vice versa. - Le mot " personne " vient du latin per se una qui signifie " une par soi ", où una désigne l'unité de l'essence et per se la relation immanente avec soi-même par un retour sur sa propre essence (cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 29, art. 4, conclusion). - S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu.. 29, art. 3, conclusion : " La personne signifie ce qu'il y a de plus parfait dans toute la nature : savoir, ce qui subsiste dans une nature raisonnable. " - Id., sol. 3 : " Le nom d'hypostase non plus ne convient pas à Dieu dans son sens étymologique [du grec upo stasis : qui se tient en dessous], puisque Dieu ne soutient pas d'accidents ; par contre il Lui convient dans son sens authentique de Réalité subsistante. " - Id., art. 4 : " Dans la nature humaine, la personne signifie ces chairs, ces os et cette âme, qui sont les principes individuants de l'homme. S'il est vrai que ces éléments-là n'entrent pas dans la signification de la personne, ils entrent bien dans la signification de la personne humaine. [...] La relation en Dieu n'est pas comme un accident inhérent à un sujet : elle est la divine Essence même ; par suite elle est subsistante au même titre que la divine Essence. [...] La Personne divine signifie la relation en tant que subsistante : autrement dit, elle signifie la relation par manière de substance - c'est-à-dire d'hypostase subsistant en la Nature divine. "

3) Cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 34, art. 1, sol. 2 et 3 ; art. 2, conclusion et sol. 1 et 4 ; qu. 36, art. 1, conclusion ; art. 2, conclusion (" Or nécessairement l'amour procède du verbe : nous n'aimons rien qu'autant que nous l'appréhendons dans une conception de l'esprit. ") et art. 7.

4) Ire Épître aux Corinthiens, chap. II, verset 10 : " Car c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'Esprit ; l'Esprit en effet scrute tout, jusqu'aux Profondeurs divines. "

5) Jean-Gaston Bardet, Le trésor secret d'Ishraël, éd. Robert Laffont, Paris, 1970, pp. 357-358 : " Claire de la Croix vivait au XIVe siècle, elle fut canonisée en 1882. Sa vie a donc été publiée officiellement en 1881 seulement, à Rome, en une période où le surnaturel modal commençait à être sérieusement mis à l'épreuve. Née à Spolète, en 1275, elle suivait la règle très douce de saint Augustin ; à sa mort, le 17 août 1308, donc, on trouva dans son foie [...] trois petites billes disposées en forme de triangle : 'A sa mort, outre les instruments de la Passion [du Christ], imprimés dans son cœur, on trouva dans la vésicule du foie (le fiel étant blanc) trois petites boules de même couleur, de même volume et de même poids.' Attention : 'Chacune d'elles pesait autant que les deux autres, ou toutes les trois réunies (1 = 2 = 3) !' ".- Voici quelques citations bibliques qui suggèrent et révèlent même l'existence d'une pluralité ou d'une trinité de Personnes en Dieu : Genèse, III, 22 :

 

« Et Dieu (Yehovah Élohim) dit : Voici l'homme (l'Adam) devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. " ;

 

en hébreu : « Vayomèr Yehovah Élôhîm hén haAdam hayah kearhad mimènou lada'at tôv vara » ou, en lettres hébraïques :

 

rmayw hwhy Myhla Nh Mdah hyh dxak wnmm tedl bwj erw ;

 

en grec :

 

« Kai epen o qeos : idou Adam gegoven ws eis ex hmwn, tou gignwskein (ou ginwskein) kalon kai ponhron » ;

 

en latin :

 

« Et ait : Ecce Adam quasi unus ex nobis factus est, sciens bonum et malum » ;

 

(Notons que les pluriels " faisons " (2 : 26), " notre " (2 : 26) et " nous " (3 : 22) peuvent indiquer que Dieu le Père n'était pas seul dans l'œuvre de la création ; mais le mot " un " dans " comme l'un de nous " montre à l'évidence que le " nous " est un pluriel réel, et non pas un pluriel dit de majesté, grâce justement à la distinction qui est faite entre une Personne divine et les Autres. Et s'il était seulement écrit " comme nous ", au lieu de " comme l'un de nous ", nous ne pourrions pas conclure avec certitude qu'il y a plusieurs Personnes en Dieu. Et cela se confirme par le nom d'Élohim que Dieu se donne également en se terminant par " him " (My), " YM ", pour se mettre au pluriel et préciser ainsi que son Nom contient bien un pluriel réel). - Genèse, XVIII, 1-5, 9-10 : " YHWH apparut à Abraham au chêne de Mambré, tandis qu'il était assis à l'entrée de la tente, au plus chaud du jour. Abraham leva les yeux, il regarda et voici : il vit trois hommes qui se tenaient debout devant lui. Dès qu'il les vit, il courut de l'entrée de la tente à leur rencontre, et s'étant prosterné à terre, il dit : 'Seigneur, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t'arrêter. Permets qu'on apporte un peu d'eau pour vous laver les pieds. Reposez-vous sous l'arbre. Je vais apporter une tranche de pain, vous réparerez vos forces, et vous poursuivrez votre chemin, puisque vous vous êtes arrêtés chez votre serviteur. " [Cela dit, ne prenons pas à la lettre ce texte de tournure manifestement pédagogique au point de sombrer en plein anthropomorphisme.]. - S. Matthieu, XXVIII, 19 : " Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit " (et non " aux noms " de Ceux-ci : en latin, in nomine, en grec, to onoma - Isaïe, VI, 3 : " Et les Séraphins se criaient l'un à l'autre ces paroles : 'Saint, Saint, Saint est Yehovah Sabaot.' " (S'il n'y avait pas trois Personnes en Dieu, il n'y aurait aucune raison de Le déclarer trois fois Saint : une seule fois suffirait). - Exode, III, 6 : " Et Yehovah ajouta : 'C'est Moi le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob.' Moïse se cacha le visage, car il craignait de diriger ses regards vers Dieu. " (Ce n'est pas par hasard que Dieu Se désigne comme étant le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Le premier nom, Abraham, figure manifestement Dieu le Père (a) ; le second, Isaac, aussi manifestement Dieu le Fils (b) ; et le troisième, Jacob, conséquemment et nécessairement Dieu le Saint-Esprit (g).). - Le Tétragramme sacré Y H W H est le nom de Dieu qui contient trois lettres distinctes dont la première, le Y (le Yod), première lettre de l'alphabet hébraïque, désigne le Père, le Principe de toute la Déité (S. Augustin) ; la seconde, le H (le Hé), cinquième lettre de l'alphabet hébraïque, désigne le Saint-Esprit, les deux H désignant la double spiration, celle du Père vers le Fils et celle du Fils vers le Père ; et la troisième, le W (le Waw), sixième lettre de l'alphabet hébraïque, à laquelle correspond le nombre 6 et se trouve attaché le sixième jour de la création où l'on voit la venue de l'homme, l'Adam premier, dont le Verbe incarné, le nouvel Adam, est l'archétype. - Blaise Pascal (1623-1662) : " Le vieux Testament est un chiffre. (d) " - Platon (v.427-v.346 av. J.-C.) : " Mais, si l'on a que deux choses, il est impossible de les combiner convenablement sans une troisième ; car il faut qu'il y ait entre les deux un lien qui les unisse. Or, de tous les liens, le meilleur est celui qui, de lui-même et des choses qu'il unit, forme une unité aussi parfaite que possible. (e) "

a) Genèse, XVII, 5 : " On ne t'appellera plus du nom d'Abram, mais ton nom sera AbraHam, car je te rends père d'une foule de nations. " (A la lettre H (Hé), cinquième lettre de l'alphabet hébraïque correspond le nombre 5, qui symbolise la fécondité et détermine par là le Saint-Esprit dont la mission, selon les synoptiques, fut manifestée lors du baptême du Christ sous la forme d'une colombe (1), animal spécialement fécond, et se trouve également attaché le cinquième jour de la création où l'on voit surgir et proliférer, avec les animaux marins, l'espèce ailée (2). Il en est de même pour Saray, la femme d'Abraham, qui reçoit de Y H W H le nom de SaraH (3). Et pensons également aux cinq doigts de la main droite et de la main gauche.) 

b) Genèse, XXII, 1-2, 6, 12-13 : " Après ces événements, Dieu (l'Élohim) mit Abraham à l'épreuve et lui dit : 'Abraham!' Il répondit : 'Me voici'. 'Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes ; va-t-en dans le pays de Moriya et là, offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je t'indiquerai.' [...] Et Abraham prit le bois de l'holocauste, le chargea sur son fils Isaac et prit dans sa main le feu et le couteau [...] L'ange de Dieu (Yehovah) dit : 'Ne porte pas la main sur le jeune homme et ne lui fais rien ; car j'ai reconnu maintenant que tu crains Dieu et que tu ne M'as pas refusé ton fils, ton unique'. [...] Abraham leva les yeux et vit par derrière un bélier retenu dans un buisson par les cornes ; alors Abraham alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils. " - Exode, XXVI, 14 : "  Tu feras pour la tente une couverture de peaux de béliers teintes en rouge, et une couverture de peaux de dauphins par-dessus. " - S. Jean, III, 2 : " Dieu a tellement aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais ait la vie éternelle. " - Romains, VIII, 31-32 : " Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à la mort pour nous tous, comment, avec Lui, ne nous donnera-t-il pas toutes choses ? " 

g) Genèse, XXVIII, 10-14, 18 ; XXX, 43 ; XXXI, 22-23 ; XXXII, 25-29, 31 ; XXXV, 9-11 : " Jacob partit de Beér-Chéba et s'en alla à Harân. Il atteignit un endroit où il passa la nuit, car le soleil était couché. Il prit l'une des pierres de l'endroit, il la plaça sous sa tête, et il se coucha à cet endroit. Il eut un rêve. Voici qu'une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait au ciel ; et les anges de Dieu y montaient et y descendaient. Or Yehovah se tenait au-dessus d'elle ; Il dit : 'Je suis Yehovah, le Dieu d'Abraham, ton père, et le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu t'es couché, je te la donnerai à toi et à ta descendance. Ta descendance sera (innombrable) comme la poussière de la terre [ou comme les grains de poussière de la terre] ; et tu déborderas au couchant et au levant, au nord et au midi ; et toutes les familles de la terre seront heureuses par toi et par ta postérité. [...] Jacob se leva de bon matin ; il prit la pierre qu'il avait placée sous sa tête, il l'érigea en stèle et versa de l'huile sur son sommet. Il donna le nom de Bétel (Maison de Dieu) à cet endroit ; mais la ville avait d'abord porté le nom de Louz. [...] Cet homme (Jacob) s'enrichit de plus en plus ; il eut du petit bétail en abondance, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes. [...] Le troisième jour, on avertit Laban que Jacob avait pris la fuite. Il prit avec lui ses frères, le poursuivit sept journées de marche et le rejoignit dans les monts de Galaad. Mais Dieu vint vers Laban, l'Araméen, dans un rêve nocturne, et lui dit : 'Garde-toi de dire quoi que ce soit à Jacob.' [...] Et Jacob resta seul. Et quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. Voyant qu'il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l'emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui. Il dit : 'Lâche-moi, car l'aurore est levée', mais Jacob répondit : 'Je ne te lâcherai pas, que tu ne m'aies béni.' Il lui demanda : 'Quel est ton nom ?- 'Jacob', répondit-il. Il reprit : 'On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu, et contre les hommes tu l'emporteras.'... Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, 'car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face et j'ai eu la vie sauve.' [...] Et Dieu lui dit : 'Je suis le Dieu tout-puissant : tu vas croître et multiplier ! un peuple, un essaim de peuples naîtra de toi, et des rois sortiront de tes entrailles. Et le pays que j'ai accordé à Abraham et à Isaac, je te l'accorde, et à ta postérité après toi je donnerai ce pays.' " (Jacob, appelé Israël, l'homme vainqueur, donnera donc les douze tribus d'Israël.) - Exode, XXX, 22-23, 24, 25, 26, 29, 30 : " Yehovah parla à Moïse et dit : 'Prends des meilleurs aromates... et un hîn (3 ,5 l) d'huile d'olive. Tu feras avec cela une huile pour l'onction sainte... Tu en oindras la tente de la Rencontre et l'arche du Témoignage... Tu consacreras ces objets, et ils seront très saints ; tout ce qui les touchera sera consacré. Tu oindras Aaron et ses fils ; tu les consacreras afin qu'ils exercent pour Moi le sacerdoce'. " - S. Jean, III, 3, 7-8 : "  En vérité, en vérité, je te le dis, répondit Jésus à Nicodème, nul, s'il ne naît d'en haut, ne peut voir le Royaume de Dieu. [...] Ne t'étonne pas si je t'ai dit : Il vous faut naître d'en haut. Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix ; mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. " - S. Matthieu, XII, 32 : " ... quiconque dira une parole contre l'Esprit-Saint, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. " - Ibid., III, 14-17 : " Baptisé, Jésus remonta aussitôt de l'eau. Et voici que les cieux furent ouverts pour lui. Et il vit l'Esprit de Dieu descendant comme une colombe et venant au-dessus de lui. Et voici qu'une voix venue des cieux disait : 'Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui je me suis complu.' " - Hébreux, I, 8-9 : " Mais au Fils Dieu dit : 'Ton Trône, ô Dieu, est éternel ; le sceptre de Ton Règne est un sceptre d'équité. Tu as aimé la justice, et tu as haï l'iniquité ; c'est pourquoi, ô Dieu, Ton Dieu T'a oint d'une huile de joie, parmi Tes pairs' (cf. Psaumes, XLV, 7-8). "

d) Pensées, en 2 vol., éd. de Cluny, Paris, 1942, vol. I, p. 154, n° 243. fondamentales

         Trois couleurs fondamentales, le rouge, le vert et le bleu, qui obéissent aux règles de la synthèse additive mise en évidence par Isaac Newton, remplissent notre univers comme les trois Personnes de la Très Sainte Trinité. En informatique, l'attribut COLOR a pour paramètre un nombre hexadécimal de 6 chiffres (0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 et A B C D E F à la place de 10 11 12 13 14 et 15), dont chaque groupe de deux chiffres indiquent une valeur pour chacune de ces trois couleurs allant de 00 (couleur absente) à FF (couleur saturée au maximum). Notons que la couleur noire est générée par l'absence des trois couleurs fondamentales (000000) et que le blanc est généré en mélangeant toutes ces couleurs à leur intensité maximale (FFFFFF). L'analogie et le symbolisme avec les trois Personnes divines et avec la Divinité (la blancheur éclatante) sont remarquables et révélateurs (le rouge, pour l'Esprit, les langues de feu le jour de la Pentecôte, le feu de l'Esprit, etc. ; le vert, pour le Verbe incarné, l' "Homme vert", l'homme qui reste vert ou qui dure en gardant sa jeunesse, l'arbre qui n'est pas mort et qui est encore vert (1), la verte jeunesse, "la verdeur de Moïse" (2), etc. ; et la couleur bleue, pour notre Père céleste associé au bleu d'un ciel sans nuage, etc.). On pourrait également voir dans le système de numération binaire n'utilisant que deux valeurs (1 et 0) (3) une application de cette parole de Jésus, le Verbe incarné et créateur : "Que votre parole soit oui, oui, non, non ; tout ce qu'on y ajoute vient du malin" (4), le "oui" correspondant à "ce qui est" ou à la vérité et le "non" à "ce qui n'est pas" ou à l'erreur, ou encore le "oui" au chiffre 1 et le "non" au chiffre 0. Il est également difficile de ne pas faire un rapprochement avec les tables de vérité ou de Karnaugh et avec l'algèbre de Boole, et même avec le principe fondamental de non-contradiction que le Philosophe énonce ainsi : "Il est impossible que le même attribut appartienne et n'appartienne pas en même temps, au même sujet et sous le même rapport (5).

         Nous ne pouvons pas ne pas voir dans toutes les réalités sous-jacentes de notre monde la présence réelle de Dieu par son immensité ni ne pas penser à ces paroles sublimes du Docteur Mystique disant :

 

"O forêts, sombres bosquets,

Qui fûtes plantés par la main de l'Ami,

Pâturage verdoyant,

O pré de fleurs émaillé,

Dites-moi s'Il passa au milieu de vous.

 

En répandant mille grâces

Il a passé par ces bois en grande hâte ;

Posant sur eux son regard,

D'un reflet de son visage,

Il les laissa tout revêtus de beauté. (6)"

 

         Le commentaire de ces deux strophes est lumineux et brûlant d'amour. Il devrait être lu et relu et souvent médité par toute âme assoiffée ou en quête de l'Ami qui donne à toutes choses la vie, le mouvement et l'être (7 ), et qui opère toujours tout ce qui est convenable avec poids et mesure (8 ). C'est notre point de vue qui doit changer, mais il ne changera pas malgré nous ni sans la grâce de Dieu.

 

1° S. Jean de la Croix, Cantique spirituel, strophe IV, vers 3 : "verduras inmarcesibles" : "verdures immarcescibles".

2° Deutéronome, XXXIV, 7 ;

3° Circuit électrique à deux états où la valeur 1 (état haut) signale que le courant passe et la valeur 0 (état bas) qu'il ne passe pas, et par conséquent que le segment magnétique exposé est ou n'est pas magnétisé ;

4° S. Matthieu, V, 37 ; II Corinthiens, I, 17 : " ... Ou bien, mes résolutions sont-elles des résolutions selon la chair, de sorte qu'il y ait en moi le oui et le non ? "

5° Aristote, Métaphysique, Liv. Gamma, chap. 3, 1005 b 20 ;

6° Saint Jean de la Croix, Cantique spirituel, strophes IV et V ;

7° Actes, XVII, 28 ;

8° Sagesse, XI, 21.

 

e) Timée, 31b-33a.

Notes de (a) :

1) S. Matthieu, III, 16 : " Baptisé, Jésus remonta aussitôt de l'eau. Et voici que les cieux furent ouverts pour lui. Et il vit l'Esprit de Dieu descendant comme une colombe et venant au-dessus de lui. " ; S. Luc, III, 21-22 : " Or il arriva, quand tout le peuple eut reçu le baptême, que, Jésus ayant été baptisé, pendant qu'il priait, le ciel fut ouvert, et que le Saint-Esprit descendit sur lui en forme corporelle comme une colombe, et qu'il arriva une voix du ciel : 'Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je me suis complu.' " (Cf. aussi S. Marc, I, 10.)

2) Genèse, I, 22-23 : " Dieu bénit les êtres vivants et dit : 'Soyez féconds, multipliez, emplissez l'eau des mers, et que les oiseaux multiplient sur la terre.' Il y eut un soir et il y eut un matin : cinquième jour. "

3) Cf. Genèse, XVII, 15.

 

6) Dieu est Acte pur. Il n'y a en Lui ni avant ni après. Quand Il nous conçoit ou nous engendre spirituellement, Il ne nous conçoit pas à un certain instant ou moment du temps, mais dans un Présent éternel, c'est-à-dire toujours. Il s'agit en vérité de correspondre à ce que nous sommes éternellement dans la Pensée divine, le Verbe éternel, c'est-à-dire de renaître fils de Dieu ou de prendre conscience de notre " je suis ", ou encore de réaliser que nous sommes ainsi sans commencement ni fin, étant parfaitement Un avec le Père, le " Je Suis " même, grâce à la présence continuellement agissante de l'Esprit (a) et participant à la Conscience divine ou à la Plénitude absolue de l'Etre même en tant que fils de Dieu, éveillés au mystère de la Présence du Père et établis au-delà de tout ce qui semblait nous appartenir. Là il n'y a plus d'égoïsme ou d'égocentrisme possible : plus rien n'est retenu. N'ayant plus de vie propre, nous vivons de la Vie divine. Tout concept doit finalement disparaître pour faire place à la véritable ou très pure conscience que l'on a d'être, ou de notre soi créé, et corrélativement de ce qui est l'Etre même, ou du Soi incréé, et ce dans une non dualité et un silence ineffables et une profonde solitude (b). Et c'est seulement ainsi que nous devenons parfaits comme notre Père céleste est parfait (c), - le Père étant le mystère caché de la Déité, le Fils et l'Esprit Saint étant la manifestation de ce mystère.

a) Henri Le Saux, O.S.B., Intériorité et révélation, essais théologiques, éd. Présence, 1982, page 244 : " Que signifie pour moi, que du Père procèdent le Fils et le Saint-Esprit, tant que je ne me suis pas découvert né Fils avec le Fils dans l'unique Esprit ? "

b) S. Jean de la Croix, poème IV : " De la paix, de la bonté aussi, c'était science parfaite, dans une profonde solitude - le droit chemin vu bien clair. Pourtant c'était chose tant secrète, que je demeurai balbutiant, transcendant toute science. J'en étais à ce point imprégné, absorbé, sorti de moi, que je demeurai dans tous mes sens dénué de tout sentir [...] Tant plus haut je m'élevais ainsi, et tant moins je comprenais. C'est là ce nuage ténébreux qui rend la nuit toute claire. [...] Celui qui soi-même se vaincra à l'aide d'un non savoir savant s'en ira toujours plus outre. Et que si vous voulez ouïr, cette science suprême réside en un sublime sentir de l'Essence de Dieu même. Et c'est bien là l'œuvre de sa Clémence que l'on demeure sans rien entendre, transcendant toute science. " [Or l'on peut remplacer l'Essence de Dieu même, " la divina Esencia ", " la divine Essence ", par " Celui qui est ", c'est-à-dire par " l'Etre même ", " ipsum Esse ".]

c) S. Matthieu, V, 48 : " Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. " - I Corinthiens, XV, 28 : " Et lorsque toutes choses auront été soumises à Dieu, alors le Fils lui-même sera soumis à Celui qui lui a soumis toutes choses ; afin que Dieu soit tout en tous. " - Colossiens, III, 3-4 : " Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez avec lui dans la gloire. "

 

7) S. Jean, XIV, 9, 11 : " Qui m'a vu a vu le Père [...] Croyez-moi : je suis dans le Père et le Père est en moi. - S. Matthieu, V, 8 : " Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. " - S. Jean, X, 30 : " Mon Père et moi ne sommes qu'Un. " - Ibid., XIV, 15, 23, 25-26 : " Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur, afin qu'Il soit avec vous à jamais : l'Esprit de Vérité [...] si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et Nous ferons notre demeure en lui. [...] Demeurant auprès de vous, je vous ai dit ces choses ; mais le Défenseur, le Saint-Esprit, que mon Père enverra en mon nom, Celui-là vous enseignera tout et vous remettra dans l'esprit tout ce que je vous ai dit. " - Ibid., XV, 5 " ... hors de moi vous ne pouvez rien faire. " - Ibid., XVII, 21 : ... afin que tous soient Un, comme Toi-même, ô Père! Tu es en moi et moi en Toi, qu'eux aussi soient Un en Nous. "

Saint Augustin (354-430), La Trinité, livre Ve, L'arianisme réfuté par la théorie des relations, Ire partie, Principes : I-VII, IIe section, Accident et relation, V, 6, Relation :

" Donc, en Dieu, rien n'a de signification accidentelle, car en lui point d'accident. Néanmoins tout ce qu'on lui attribue n'a pas un sens substantiel. Dans les êtres créés et changeants, une attribution qui n'est pas substantielle est accidentelle. En eux tout est accident de ce qui peut disparaître ou diminuer : les dimensions, les qualités et la relation, comme les amitiés, alliances, servitudes, similitudes, égalités et le reste en ce genre, la position et la façon d'être, l'espace et le temps, l'action et la passion.

" Mais en Dieu point d'attribution au titre de l'accident parce qu'en lui il n'y a rien de mobile. Il ne s'ensuit pas, toutefois, que toute attribution ait un sens substantiel. Il y a en effet la relation, par exemple, le Père est relatif au Fils et le Fils relatif au Père, qui n'est pas un accident. L'un est toujours Père, l'autre toujours Fils. ' Toujours ', non pas en ce sens que le Père ne cesse pas d'être Père à partir de la naissance du Fils, parce qu'à partir de ce moment le Fils ne cesse jamais d'être Fils, mais en ce sens que le Fils est né depuis toujours et n'a jamais commencé à être Fils. S'il avait commencé une fois d'être Fils ou devait cesser de l'être un jour, on aurait là une qualification accidentelle. Si, au contraire, le Père était appelé Père par rapport à soi-même et non par rapport au Fils et si le Fils était appelé Fils par rapport à soi-même et non par rapport au Père, l'un serait appelé Père, l'autre Fils en un sens substantiel. Mais vu que le Père n'est appelé Père que parce qu'il a un Fils, et le Fils appelé Fils parce qu'il a un Père, ce ne sont pas là des qualifications de l'ordre de la substance. Ni l'un ni l'autre ne se réfère à soi-même, mais l'un à l'autre et ces qualifications sont corrélatives. Ce ne sont pas non plus des qualifications de l'ordre de l'accident, puisque ce qu'on appelle Père et ce qu'on appelle Fils est éternel et immuable. Voilà pourquoi si être Père et être Fils ce n'est pas la même chose, la substance n'est pourtant pas différente. Ces appellations n'appartiennent pas à l'ordre de la substance mais de la relation, relation qui n'est pas un accident parce qu'elle est étrangère au changement. "

Id., ibid., IIe partie, Qualificatifs absolus et relatifs en Dieu, Ire section, Le pluriel qui est exclu de la Trinité, VIII, 9, Quelques attributs dits absolus :

" Avant tout, retenons ceci : toute qualification absolue de cette souveraine et divine sublimité a une signification substantielle, et une qualification relative appartient à l'ordre non de la substance mais de la relation. Retenons aussi que dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, l'identité de substance est tellement puissante que toute attribution absolue faite à chacun d'eux s'étend dans un pluriel non collectif, mais au singulier. Ainsi le Père est Dieu, le Fils aussi est Dieu, pareillement le Saint-Esprit est Dieu, qualification d'ordre substantiel, personne n'en doute ; ce ne sont pourtant pas trois dieux, nous disons au contraire que la souveraine Trinité est un seul Dieu. Semblablement, le Père est grand, le Fils est grand, grand le Saint-Esprit ; il n'y a cependant pas trois grands mais un seul grand. Ce n'est pas seulement le Père, comme les ariens le croient à tort, mais le Fils aussi et le Saint-Esprit que concerne l'Écriture : ' Tu es le seul Dieu grand ' (Psaumes, LXXXV, 10). De même, le Père est bon, bon le Fils, bon le Saint-Esprit, pourtant il n'y a pas trois bons mais un seul bon, celui dont parle l'Écriture : ' Personne n'est bon, si ce n'est Dieu seul '. Le Seigneur Jésus, en effet, pour prévenir de la part de celui qui l'appelait ' bon maître ' (S. Luc, XVIII, 19, 18), en l'abordant comme un homme, l'erreur de ne voir en lui qu'un homme, ne dit pas : personne n'est bon que le Père seul, mais ' personne n'est bon que Dieu seul '. La raison en est que dans le nom de ' Père ', c'est le Père personnellement qui est désigné ; dans le nom de ' Dieu ', c'est lui et le Fils et le Saint-Esprit, car la Trinité est un seul Dieu. " [Retenons que Saint Augustin, au Ve siècle, avait déjà un bagage philosophique parfaitement élaboré et bien supérieur à celui de nos philosophes de pacotille du XXIe siècle, fût-ce des titulaires d'un prétendu doctorat de philosophie conféré par un État matérialiste et inféodé à une pseudo philosophie maçonnique ou naturaliste, la philosophie scolastique ou thomiste étant évidemment interdite en France, bien qu'elle soit éternelle (philosophia perennis) pour la seule raison qu'elle est démonstrativement vraie ou irréfutable à l'instar des premiers principes sur lesquels elle est fondée. Et c'est ainsi que nos écoles - obligatoires ou dites libres - et universités corrompent systématiquement l'âme et l'intelligence française.]

R. P. Éd. Hugon, O. P., Maître en théologie, Professeur de Dogme au Collège Pontifical " Angélique " de Rome, Membre de l'Académie Romaine de Saint-Thomas d'Aquin, Le Mystère de la Très Ste Trinité, Paris - VIe, Librairie Téqui, Éditeurs, 82, rue Bonaparte, 1921, chapitre II, Les personnes et les relations, I, Notion générale de la relation, pp. 330, 332, II, Existence des relations réelles dans la Trinité, p. 333, 334, 335-336 :

" On entend par ' relation ' l'ordre ou le rapport d'un être envers un autre. [...] La réalité qui est mise en rapport s'appelle sujet, celle envers laquelle elle est mise en rapport est le terme, la raison ou la cause de ce rapport est le fondement ; mais c'est le rapport lui-même qui est, à proprement parler, la relation. Si elle est dans un sujet, elle est avant tout vers un terme et pour un terme. [...]

" Les relations de la créature envers Dieu sont réelles, parce que la créature dépend de Dieu effectivement, mais, du côté de Dieu, elles ne sont que de raison, car Dieu n'a aucune dépendance à l'égard de sa créature. [...]

" C'est encore un point de notre dogme trinitaire qu'il existe en Dieu des relations réelles. Nous avons cité bien souvent l'axiome du concile de Florence, qui, sous une forme si brève, renferme tant de sens : ' Entre les trois personnes tout doit être un partout où n'intervient pas l'opposition de la relation ' : ' omniaque unum sunt ubi non obviat relationis oppositio (Decretum pro Jacobitis, Denzinger-Bannwart, 703) '. On enseigne ainsi du même coup et que la relation existe et que les personnes ne se distinguent entre elles que par des relations. [...]

" ... Langage analogue chez saint Jean Damascène : ' Tout est commun dans la divinité [la nature divine], mais il y a distinction entre ce qui est sans principe et ce qui vient d'un principe, entre celui qui est non engendré et celui qui est engendré et celui qui procède ; ces termes ne désignent pas directement la nature [la nature divine, i.e. la divinité], mais la relation mutuelle entre les personnes, et leur manière d'exister [et même de se faire connaître et d'opérer en nous, cf. les septièmes Demeures du Château de l'âme de Ste Thérèse d'Avila - où l'expérience mystique confirme la théologie du Docteur Angélique.- S. Joan Damascius, De Fide Orthodoxa, lib. I, c. X ; P. G., XCIV, 837]. '

" Arrivons aux témoignages de l'Église Latine. ' Quoique être Père se distingue d'être Fils, dit saint Augustin, la substance pourtant n'est pas distincte, parce que ces termes se rapportent non pas à la substance, mais à la relation, laquelle, toutefois, n'est pas un accident, vu que rien n'est changeant dans la divinité (La Trinité, L'arianisme réfuté par la théorie des relations, livre V, IIe section, Accident et relation, V, 6, Relation). ' - ' Le Père et le Fils, ajoute saint Fulgence, sont des noms de relation qui ne divisent pas la substance dans celui qui engendre et dans celui qui est engendré, mais signifient une seule et même nature. Nous appelons relatif ce que nous rapportons à un autre, de telle sorte que, l'un nommé, l'autre est évoqué aussitôt (S. Fulgentius, Resp. adv. Arian.). ' [...]

" C'est sur l'Évangile qu'est fondée cette théologie. Notre-Seigneur, en déclarant qu'il est sorti du Père (S. Jean., XVI, 28) et que le Saint-Esprit aussi procède du Père (S. Jean, XV, 26), nous laisse entendre qu'il y a entre les personnes des relations d'origine, et c'est ce qui fournit une base à nos spéculations dogmatiques.

" La doctrine des processions divines nous rappelle que le Fils vient du Père, le Saint-Esprit du Père et du Fils, de telle manière que la nature est identique dans les trois. Or, partout où nous trouvons une procession d'origine il faut conclure à la relation réelle de celui qui procède à son principe, et aussi à la relation réelle du principe au terme quand la nature est la même dans les deux. Il va de soi, tout d'abord, que le terme, recevant du principe tout ce qu'il possède de réalité, de vie, de perfection, se réfère à lui par la plus nécessaire des relations. Le principe, en tant que tel, n'ayant rien tiré de son terme, n'a pas forcément de relation réelle avec lui ; c'est ainsi que le rapport des créatures à Dieu est réel, et non point le rapport de Dieu aux créatures. Mais, si le principe et le terme ont la même et unique substance, le principe est ordonné au terme par cette nature même qui est dans les deux et, par suite, il y a relation nécessaire et réelle du principe au terme, comme du terme au principe. Voilà ce qui se vérifie dans la Trinité. "

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S. Thomas d'Aquin " Sur les raisons de la foi " s'adresse à travers les siècles tout particulièrement aux rationes.htmmusulmans : rationes.htm

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Une brève analyse du Coran, par Stéphane Mercier,

Webmaster du site " La chrétienté triomphante "

Coran, IV, 157 :

"Ils ne l'ont pas crucifié [le Christ Jésus]"

ou la preuve de l'impiété du Coran

 

Ils ont dit : "Oui, nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu." Mais ils ne l'ont pas tué ; ils ne l'ont pas crucifié, cela leur est seulement apparu ainsi. (IV, 157)  

   

Cette erreur détestable n'a rien d'original : saint Irénée de Lyon, au IIe siècle, mentionne déjà un gnostique alexandrin, Basilidès qui, entre autres erreurs, professait que c'était Simon de Cyrène qui avait enduré le supplice de la Croix en lieu et place du Christ [1]. Saint Ignace d'Antioche, qui recueillit la palme glorieuse du martyre au début du même siècle, dénonçait déjà l'hérésie de ceux qui niaient que le Christ fût vraiment mort et ressuscité [2].

Mais ce passage nous fournit l'occasion de montrer de façon irrécusable que le Coran est un livre faux et impie. Nous montrerons pour cela dans un premier temps que les Saintes Écritures n'ont pu être corrompues, comme sont pourtant tentés de le penser les Musulmans au vu des contradictions manifestes entre les Saintes Écritures et le Coran. Ensuite, puisque ces contradictions ne peuvent être attribuées à une corruption des Saintes Écritures, il faudra se demander d'où Mahomet tire la 'connaissance [3]' qu'il en possède et qui lui permet de prétendre venir les accomplir.

 

Première partie : Les Saintes Écritures n'ont pas été corrompues.

Le texte des Saintes Écritures n'a pu être corrompu comme sont tentés de le penser les Musulmans au vu des contradictions manifestes existant entre elles et le Coran. Prenons en effet, à titre d'exemple, la filiation divine de Notre Seigneur Jésus-Christ. Celle-ci est notamment affirmée dans les paroles de l'Archange Gabriel à la Très Sainte Vierge Marie, comme on peut le lire au premier chapitre de l'Évangile selon saint Luc [4].

Deux cas se présentent : soit ce message, particulièrement clair et significatif, n'a pas été corrompu par les Chrétiens et nous le lisons tel qu'il a bien été écrit (a), soit il l'a été et nous lisons aujourd'hui en saint Luc un texte modifié par des copistes postérieurs (b).

(a) S'il ne l'a pas été, comme nous le tenons avec la plus entière certitude, la " révélation " coranique contredit clairement la Révélation néo-testamentaire en disant que le Christ n'est pas le Fils de Dieu [5]. Dès lors Mahomet ne peut pas prétendre accomplir les Saintes Écritures  ; or c'est précisément ce que l'on peut lire à la sourate II : " Croyez ce que j'ai révélé, confirmant ce que vous avez déjà reçu un livre venant de Dieu, confirmant ce qu'ils avaient reçu " (II, 41).

(b) Si à présent le message que l'on peut lire en saint Luc avait été corrompu, il faudrait expliquer comment il se fait qu'un des manuscrits de Qumran [6] tient un langage parfaitement semblable en annonçant la venue d'un Roi qui " sera appelé Fils du Très-Haut. " Manifestement ce manuscrit n'a pu être l'objet d'une corruption, ce qui infirme la possibilité de cette seconde hypothèse.

Puisque les deux hypothèses se contredisent, elles ne peuvent être simultanément fausses. La seconde hypothèse étant inadmissible, comme on vient de le voir, il reste que c'est la première qu'il faut adopter, savoir : que les Saintes Écritures n'ont pas été corrompues comme étaient tentés de le penser les Musulmans. Deux conclusions au moins s'ensuivent.

La première est immédiate, il s'agit de la falsification de la Sourate II, 41, puisqu'il serait éminemment déraisonnable d'admettre que la contradiction pure et simple puisse être appelée une " confirmation ".

Une deuxième va nous permettre de passer à la seconde étape de notre raisonnement : puisque ces contradictions que l'on observe entre les saintes Écritures et le Coran ne peuvent être attribuées à une corruption de celles-ci, il faudra se demander d'où Mahomet tire la 'connaissance' qu'il en possède et qui lui permet de prétendre venir les confirmer.  

Seconde partie : D'où Mahomet tire-t-il ce qu'il sait des Saintes Écritures ?

Comment, étant donné ce qui précède, rendre compte de ce qui dit Mahomet en prétendant que Notre-Seigneur n'a pas été crucifié ? Ceci s'oppose manifestement au témoignage absolument explicite des quatre Évangélistes.

D'où Mahomet peut-il donc tirer ce qu'il sait des Saintes Écritures, qu'il prétend accomplir (en ne faisant en fait rien moins que les contredire) ?

Deux cas se présentent ici encore : soit Mahomet a lu les Saintes Écritures, et c'est de cette lecture qu'il tire ce qu'il en sait (a), soit il ne les a jamais lues et il faut alors se demander d'où ce qu'il en connaît lui vient (b).

(a) Dans la première hypothèse, Mahomet a lu les Saintes Écritures et c'est de là qu'il tire ce qu'il sait des saintes Écritures et de la religion chrétienne. Or ceci est impossible, et pour trois raisons principales : 

D'abord parce que Mahomet était illettré [7]. Ensuite, on peut lire dans le Coran qu'il n'avait " aucune connaissance du Livre, ni de la foi " (XLII, 53, La consultation : " Tu ne savais guère ce qu'était le Livre ni la foi ").  Enfin, la contradiction éminemment manifeste avec l'enseignement des Évangiles signifierait qu'il était obtus au point de n'avoir pas compris le moindre mot des Saintes Écritures. De ces trois raisons, il faut dire que c'est la troisième qui fonde l'impossibilité de cette première hypothèse, les deux premières raisons n'étant destinées qu'à montrer qu'un Musulman ne peut la tenir.

(b) Si cette première hypothèse est falsifiée, il reste que la deuxième sera nécessairement vérifiée [8] : Mahomet n'a jamais lu les Saintes Écritures.

Il s'agit à présent de voir d'où il tient ce qu'il sait des Saintes Écritures et de la religion chrétienne.

Trois cas se présentent ici : il tient ce qu'il en sait soit d'un hérétique chrétien de sa connaissance, soit de Dieu (que ce soit ou non par un intermédiaire), soit d'un esprit démoniaque. Il n'y a pas d'autre cas qui soit envisageable.

Voyons la première : Mahomet tient sa connaissance de la religion chrétienne d'un hérétique. C'est une première possibilité, nous y reviendrons pour voir ce qu'elle implique.

La deuxième est impossible : dire que Mahomet tient sa connaissance de la religion chrétienne de Dieu (que ce soit ou non par un intermédiaire), est une position intenable. Bien que Mahomet affirme le contraire, c'est absolument inadmissible pour une foule de raisons : ainsi par exemple, à la Sourate V (verset 116), Mahomet accuse les Chrétiens d'avoir élevé Marie au rang de divinité. Or ceci n'est pas vrai puisque ce n'est pas là la foi chrétienne. Dieu peut-Il révéler une erreur comme celle-là ? - Certainement pas [9]. Ce ne peut donc pas être Dieu qui, directement ou indirectement, a révélé le Coran à Mahomet.

La troisième est la suivante : Mahomet tient d'un démon sa connaissance des Saintes Écritures. Cette possibilité est admissible, tout comme la première. Nous avons donc vu que, n'ayant pas lu les saintes Écritures, il faut bien que Mahomet tire de quelque part ce qu'il en sait. Trois cas se présentaient : un hérétique chrétien, Dieu et un démon. Nous venons d'infirmer la deuxième de ces trois éventualités. Restent donc la première ou la troisième [10]. Nécessairement l'une des deux au moins sera vérifiée, sans quoi l'on serait forcé d'admettre que Mahomet a lu les saintes Écritures, ce dont nous avons établi la fausseté. Considérons la première possibilité. Mahomet nie explicitement devoir le Coran à un homme, le tenant de Dieu par l'Ange Gabriel [11]. Dans ce cas, Mahomet mentirait lui-même et ferait mentir Dieu à qui il attribue la révélation coranique. Il faudrait donc conclure que le Coran est un livre impie, menteur et blasphématoire. Voyons à présent la seconde possibilité. Si c'est un démon qui a révélé à Mahomet ce qu'il sait des Saintes Écritures et de la religion chrétienne, le Coran est alors un mensonge infect vomi par l'enfer et par lequel le démon, se faisant passer pour un ange de lumière en se présentant à Mahomet comme étant l'ange Gabriel et le messager porteur de la parole de Dieu, porte un message corrupteur et impie pour mener des foules innombrables à leur perte. Tertium non datur. Répétons-le, il s'agit nécessairement de l'une de ces deux possibilités au moins. Or dans l'un et l'autre cas, on le voit très clairement, on doit admettre que le Coran est un livre impie. C'était bien ce que nous nous proposions de montrer.  

S. M.

A. D. 2002

 

Bossuet (1627-1704), prélat, théologien et écrivain français, Discours sur l'Histoire universelle, IIe partie : La suite de la religion, ch. XXXI : Suite de l'Eglise catholique, et sa victoire manifeste sur toutes les sectes :

" [...] Ici tombent aux pieds de l'Eglise toutes les sociétés et toutes les sectes que les hommes ont établies au-dedans ou au-dehors du christianisme. Par exemple, le faux prophète des Arabes a bien pu se dire envoyé de Dieu, et, après avoir trompé des peuples souverainement ignorants, il a pu profiter des divisions de son voisinage, pour y étendre par les armes une religion toute sensuelle (1) ; mais il n'a ni osé supposer qu'il ait été attendu ; ni enfin il n'a pu donner, ou à sa personne ou à sa religion, aucune liaison réelle ni apparente avec les siècles passés. L'expédient qu'il a trouvé pour s'en exempter est nouveau. De peur qu'on ne voulût rechercher dans les Ecritures des chrétiens des témoignages de sa mission, semblables à ceux que Jésus-Christ trouvait dans les Ecritures des Juifs, il a dit que les chrétiens et les Juifs avaient falsifié tous leurs livres. Ses sectateurs ignorants l'en ont cru sur sa parole, six cents ans après Jésus-Christ ; et il s'est annoncé lui-même, non seulement sans aucun témoignage précédent, mais encore sans que ni lui ni les siens aient osé ou supposer ou promettre aucun miracle sensible qui ait pu autoriser sa mission."

1)  Cf. Coran, 44 : 54 ; 52 : 20 ; 56 : 17, 22 ; 78 : 33 : le paradis d'Allah avec des houris ou des épouses aux seins juvéniles et aux yeux grands et beaux, et toutes du même âge, que Dieu donne aux gens pieux, accoudés sur des lits disposés en ordre, avec toutes sortes de fruits et délices en récompense de leurs actes, ou plutôt un don comblant tout désir, et entre eux circulant des jeunes garçons à la jeunesse éternelle. [Oui, le Livre est probant.]

 

Robert Martel (né au Ciel en 1998), 23, rue Debussy, Bruz (35170), le 13 mai 1994, Faitima 1917 - Alger 1958, pages 7 à 11 :  - Vérité sur l'Islam -

La poussée islamique

" C'est en se reconnaissant pécheur, donc libre, que l'homme peut retourner vers le Bien, aller vers la perfection malgré, cependant, une suite ininterrompue de fautes. Pour l'Islam, il n'y a pas de péché, seulement une ERREUR. Ainsi son fatalisme le conduit au DJIHAD (Guerre Sainte), et à la " conversion " par l'ÉPÉE."

" Le CORAN, d'inspiration certainement diabolique, a versé dans les âmes une boisson enivrante qui donne satisfaction aux désirs charnels coupés de toute transcendance. Il absorbe tout dans la religion qui, en fait, devient une loi civile."

" Tout est donc mis en œuvre par nos gouvernants pour laisser les Occidentaux Chrétiens dans l'ignorance totale de ce qu'est réellement l'ISLAM. RÉALITÉ REDOUTABLE tant combattue par nos Ancêtres qui, il est vrai, disposaient d'une hiérarchie ecclésiale connaissant les limites de la Charité. Cet Islam sait malicieusement être doux quand il se trouve dans une position de faiblesse, mais implacable dans le cas contraire.

" Qui est, en vérité, Mahomet ? Bien malin celui qui répondra à cette question ! Et le CORAN lui-même n'est pas très bavard sur le sujet."

" Ne nous méprenons pas. Sa prière, son jeûne, son aumône n'ont rien de commun avec les notions évangéliques car, par le Coran, l'Alliance de Dieu se fait par ABRAHAM et ISMAËL, ce qui est un extraordinaire sophisme et une subversion radicale. Dieu a établi son Alliance avec le fils selon l'esprit, ISAAC, et non selon la chair, ISMAËL. Les Chrétiens deviennent alors aux yeux du Coran des schismatiques, et Jésus un autre Dieu. Nous sommes des INFIDÈLES, et nous abolissons la distinction entre l'Ancien et le Nouveau Testament, d'où : CIRCONCISION CONTRE BAPTËME.

" L'Islam accapare alors l'alliance avec ISRAËL. Le Fils de l'homme n'est plus que le fils de Marie, donc un Christ Nestorien (hérésie affirmant que la Vierge Marie n'était pas Mère de Dieu). Le Coran a RÉAMÉNAGÉ l'Evangile, et son alliance avec Dieu (ISMAËL) devient servitude (subversion) selon la chair (Mahomet a eu neuf femmes plus des concubines)."

" Le Coran brouille très adroitement les pistes, et camoufle ses vues totalitaires (F.I.S. - Front Islamique du Salut - en est un exemple, mais ce n'est pas nouveau)."

" Par " la chair ", on comprend mieux pourquoi l'Islam a tant de défenseurs, et avec quelle facilité il a pu submerger le Christianisme, dont il est d'ailleurs la négation radicale de son essence sacrée. La négation de l'INCARNATION, c'est l'antichrist (Saint JEAN) : une fausse révélation venant d'en bas, une fausse paix, une hypocrisie redoutable, une soumission à un dieu donnant satisfaction à tous les plaisirs charnels les plus invertis."

- Islam - Soumission -

" L'Eglise a relevé l'intelligence européenne après les invasions barbares. Pour Mahomet il n'y a pas de propriété : l'homme est l'esclave d'un Allah discrétionnaire. Pas d'autorité, pas de droit à l'intelligence [primat de la " logique " du Coran], tout est imposé d'en haut. Seul le sabre peut éliminer ceux qui ne croient pas en Allah."

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Œuvres complètes, éd. du Seuil, Paris,1966, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge ou Préparation au règne de Jésus-Christ, numéros 56, 57, 58 et 59 :

" [56] Mais qui seront ces serviteurs, esclaves et enfants de Marie ?

" Ce seront un feu brûlant, ministres du Seigneur qui mettront le feu de l'amour divin partout.  

" Ce seront sicut sagittæ in manu potentis (1), des flèches aigües dans la main de la puissante Marie pour percer ses ennemis.

" Ce seront des enfants de Lévi, bien purifiés par le feu de grandes tribulations et bien collés à Dieu (2), qui porteront l'or de l'amour dans le cœur, l'encens de l'oraison dans l'esprit et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ (3) aux pauvres et aux petits, tandis qu'ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et orgueilleux mondains.

" [...] Ce seront des nues tonnantes et volantes (4) par les airs au moindre souffle du Saint-Esprit, qui, sans s'attacher à rien, ni s'étonner de rien, ni se mettre en peine de rien, répandront la pluie de la parole de Dieu et de la loi éternelle ; ils tonneront contre le péché, ils gronderont contre le monde, ils frapperont le diable et ses suppôts, et ils perceront d'outre en outre, pour la vie ou pour la mort, avec leur glaive à deux tranchants de la parole de Dieu (5), tous ceux auxquels ils seront envoyés de la part du Très-Haut.

" [58] Ce seront des apôtres véritables des derniers temps, à qui le Seigneur des vertus donnera la parole et la force pour opérer des merveilles et remporter des dépouilles glorieuses sur ses ennemis ; ils dormiront sans or ni argent et, qui plus est, sans soin, au milieu des autres prêtres, et ecclésiastiques et clercs, inter medios cleros (6), au milieu des plus grands périls ; et cependant auront des ailes argentées de la colombe, pour aller avec la pure intention de la gloire de Dieu et du salut des âmes, où le Saint-Esprit les appellera, et ils ne laisseront après eux, dans les lieux où ils auront prêché, que l'or de la charité qui est l'accomplissement de toute la loi (7).

" [...]

" [59] [...]

" Voilà de grands hommes qui viendront, mais que Marie fera par ordre du Très Haut, pour étendre son empire sur celui des impies, idolâtres et mahométans. Mais quand et comment cela sera-t-il ? ... Dieu seul le sait : c'est à nous de nous taire, de prier, soupirer et attendre : Exspectans exspectavi (8)."

1) Psaumes 126, 4;

2) Malachie 3, 3 ; I Corinthiens 6, 17 ;

3) Cf. 2 Corinthiens 2, 15-16 ;

4) Cf. Isaïe 60, 8 ;

5) Cf. Hébreux 4, 12 ; Ephésiens 6, 17 :

6) Psaumes 67, 14 ;

7) Cf. Romains 13, 10 ;

8) Psaumes 39, 2.

 

Fallaci (Oriana), La Rage de l'Orgueil, traduit de l'italien par Victor France avec la collaboration de l'auteur, Éditions Plon, 2001, pages 27-28, 29-30, 31-32, 37-38, 98-99, 102-103, 105-106 :

" [...] Deux mois après l'apocalypse de New York le même Ben Laden prouva que je n'ai pas tort de crier : " Vous ne comprenez pas, vous ne voulez pas comprendre, qu'une Croisade à l'envers est en marche. Une guerre de religion qu'ils appellent Djihad, Guerre Sainte. Vous ne comprenez pas, vous ne voulez pas comprendre, que l'Occident est pour eux un monde à conquérir. A châtier, soumettre à l'Islam ". Il le prouva, Ben Laden, pendant la proclamation télévisée où il exhibait une bague noire comme la Pierre Noire qu'ils vénèrent à La Mecque. [...] " Dans son essence, notre guerre est une guerre de religion. Et celui qui le nie, ment, dit-il. [...] Les chefs politiques arabes et musulmans qui se trouvent aux Nations Unies et acceptent leur politique se placent hors de l'Islam, ce sont des Infidèles qui ne respectent pas le message du Prophète. Ceux qui se réfèrent à la légitimité des institutions internationales renoncent à l'unique et authentique légitimité : la légitimité du Coran [la logique du Coran]." Et enfin : " La grande majorité des musulmans, dans le monde, ont été contents des attaques contre les Tours jumelles. Cela résulte des sondages."

" [...] Les Occidentaux aveugles n'ont qu'à écouter leurs hosannas au Dieu-miséricordieux-et-coléreux, leurs braillements Allah akbar, Allah akbar. Djihad-Guerre, Sainte-Djihad. De simples franges extrémistes ? De simples minorités fanatiques ? Non, mon cher, non. Ils sont des millions et des millions, les extrémistes. Ils sont des millions et des millions, les fanatiques. Les millions et millions pour lesquels, mort ou vif, Oussama Ben Laden est une légende comme l'était Khomeiny. [...]

" [...] Il se trompe, donc, l'optimiste qui pense que la Guerre Sainte s'est achevée avec la défaite du régime taliban en Afghanistan. L'optimiste qui jubile parce que les femmes de Kaboul ne portent plus le bourkah et se promènent de nouveau à visage découvert, vont de nouveau à l'école et chez le médecin et chez le coiffeur. L'optimiste qui exulte parce que, après la défaite des Talibans, leurs hommes se sont réduit ou enlevé la barbe comme après la chute de Mussolini les Italiens enlevèrent les insignes fasciste.

" Il se trompe parce que la barbe repousse et le bourkah se remet : pendant les vingt dernières années l'Afghanistan a été un va-et-vient de barbes rasées et repoussées, de bourkahs retirés et remis. Il se trompe parce que les actuels vainqueurs prient Allah autant que les actuels vaincus : des actuels vaincus ils se distinguent seulement par une question de barbe et en effet les femmes en ont peur comme elles avaient peur des autres.

" [...] Tous admirateurs impudents de Ben Laden, et le plus impudent est l'imam de Bologne dont la remarquable intelligence a produit le verdict suivant : " C'est la droite américaine qui a abattu les deux Tours et qui utilise Ben Laden comme paravent. Si ce n'est pas la droite américaines, c'est Israël. De toute façon le danger n'est pas Ben Laden : c'est l'Amérique. Ben Laden est innocent."

" On le dirait crétin, et rien de plus, n'est-ce pas ? N'importe quel théologien de l'Islam peut t'expliquer que pour défendre la foi le Coran [la logique du Coran] autorise le mensonge, la calomnie, l'hypocrisie.

" Ceux qui prétendent n'avoir pas peur à la guerre sont des crétins et des menteurs en même temps. Mais dans la Vie et dans l'Histoire, il y a des situations où il n'est pas permis d'avoir peur. Des situations où avoir peur est immoral et barbare. Et ceux qui par faiblesse ou manque de courage ou habitude de ménager la chèvre et le choux se détournent de cette tragédie, se cachent, ne sont pas seulement lâches. Pour moi ils sont aussi idiots et masochistes.

" Et, cela dit, voyons les qualités de ce Coran que les Cigales respectent plus que Das Kapital et les Evangiles. Qualités ? Depuis le 11 septembre 2001 les spécialistes de l'Islam ne font que chanter les louanges de Mahomet, me raconter que le Coran prêche la paix et l'amour et la justice. (Bush aussi, pauvre Bush. Pour garder les vingt-quatre millions d'Américains arabo-musulmans, il répète ces trois mots comme les Français de la Révolution et du Directoire répétaient le slogan Liberté-Égalité-Fraternité.) [...] Comment explique-t-on le drap hallucinant avec lequel des millions de malheureuses musulmanes couvrent leur corps et leur visage, et à cause duquel elles regardent le monde à travers une minuscule grille placée devant leurs yeux, bref, le bourkah ? Comment explique-t-on l'infamie de la polygamie et le principe selon lequel les femmes comptent moins que les chameaux, ne peuvent pas aller à l'école, ne peuvent pas jouir du soleil, ne peuvent se faire photographier, et cetera et cetera, amen ? Comment explique-t-on l'interdiction de boire de l'alcool et la peine de mort pour ceux qui en boivent ? Comment explique-t-on l'histoire des femmes adultères lapidées ou décapitées ? (Pour l'homme coresponsable, rien). Comment explique-t-on le cas des voleurs auxquels en Arabie Saoudite le bourreau coupe les mains, au premier vol la gauche, au deuxième la droit, au troisième un pied, et puis Dieu sait quoi ? Ces horreurs aussi sont imposées par le Saint-Livre, oui ou non ?!?

" [...] Oussama Ben Laden affirme que la planète entière doit devenir musulmane, que nous devons tous nous convertir à l'Islam, que de gré ou de force, lui, il nous convertira, que c'est dans ce but qu'il nous tue et continuera à nous tuer. Et même pas à vous cela ne peut vous plaire, émasculés amis de l'Islam. A moi personnellement, il me vient une grande envie de renverser les rôles et de le tuer, lui. Le problème est que rien ne se résoudra avec la mort d'Oussama Ben Laden. Car les Oussama Ben Laden ne sont pas seulement dans les pays musulmans. Ils sont partout, et les plus aguerris sont précisément chez nous [en Italie]. La Croisade à l'Envers dure depuis trop longtemps, mon cher. Et elle est bien trop nourrie par la faiblesse de l'Occident, par la timidité de l'Occident, par la non-clairvoyance de l'Occident, par le bien-être de l'Occident, par la technologie et les opportunités de l'Occident. [...] Ses soldats, ses Croisés, ont désormais conquis leurs positions et les tiennent comme leurs ancêtres tenaient l'Espagne et le Portugal du IXe au XVe siècle. Ils sont de plus en plus, ils seront de plus en plus, ils voudront de plus en plus, et ceux qui aujourd'hui vivent sur notre territoire ne peuvent être considérés que comme des pionniers. Donc négocier avec eux est impossible. Raisonner avec eux, impensable. Les traiter avec indulgence ou tolérance ou bien espoir, un suicide. Et quiconque croit le contraire est un pauvre con.

" Je ne parle pas comme ça par ouï-dire, mon cher. Je parle comme ça car le monde de ces pionniers je l'ai assez bien connu. En Iran, en Irak, au Pakistan, au Bangladesh, en Arabie Saoudite, au Koweït, en Libye, en Jordanie, au Liban, et chez nous : en Italie. Je l'ai connu, oui, et même à travers des épisodes grotesques j'en ai eu les conformations les plus effrayantes [nous conseillons à tous ceux qui nous lisent de commander l'ouvrage dont nous citons seulement quelques passages afin d'avoir la suite de la présente citation qui mérite d'être connue]. [...] " [Nous saluons la grand courage de l'auteur qui ne mâche pas ses mots, mais nous n'apprécions guère son vocabulaire parfois vulgaire et nous regrettons qu'elle ait écrit, à la page 92 : " Moi je suis athée, grâce à Dieu. Irrémédiablement, orgueilleusement, athée." Cela est stupide et proche du péché contre l'Esprit. Ce qui, cependant, ne l'empêche quand même pas d'écrire, à la page 151 : " Les tableaux avec les images du Christ et de la Vierge et des Saints me plaisent aussi : en effet je collectionne les icônes et ma maison est pleine d'icônes. Les monastères et les couvents me plaisent aussi." Et, un peu plus loin, à la page 153, de louer également Dante Alighieri [qui, dans sa Divine Comédie, L'Enfer, chant VIIIe, vers 70-73, damne Mahomet - et cf. XXVIIIe, 31], Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, etc. Ne voit-elle pas que si la foi catholique n'avait pas animé ardemment le cœur des Italiens et produit tant de martyrs, tout ce qu'elle loue n'aurait pas existé ? Le Dante lui-même doit se retourner dans sa tombe ! et bien d'autres... Et passons pour Jean-Jacques Rousseau qu'elle considère comme le parangon de la vertu civilisatrice (cf. page 53). Quant à l'existence de Dieu, elle se prouve métaphysiquement sans la moindre difficulté. Sa culture ne va pas jusqu'à la connaissance et la compréhension du thomisme, ce qui, pour un catholique instruit, constitue une lacune et une tare difficilement pardonnables. A cet auteur, nous adressons fraternellement ces vers du Dante : " O chrétiens orgueilleux, malheureux infortunés, qui, dans l'aveuglement de votre esprit, mettez votre confiance en des pas de recul, ne vous apercevez-vous pas que nous sommes des larves nées pour former ce papillon du ciel qui s'envole vers la justice sans moyen de défense ? " (Le Purgatoire, chant Xe, 121-124) Et puisse-t-elle également méditer le chant XXVe du Purgatoire sur la question de l'âme humaine ! La " sublime vision " de Dante n'était pas un rêve illusoire produit par un mental déficient mais un don ineffable de la bienheureuse Trinité (cf. Le Paradis, chant XXXIIIe, 142).]

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Dialogue récent (en 2001 !) avec un musulman : dialmusul.htm

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Message du colonel Kadhafi aux

chefs d'État du monde

(janvier 1984)

(message cité par L'Homme nouveau du 15 avril 1984

et repris par Action Familiale et Scolaire, Supplément au n° 65 : Connaissance élémentaire de l'islam, 31, rue Rennequin, 75017 Paris, tél. : 01.46.22.33.32, fax : 01.46.22.65.61)

 

" Je vous félicite à l'occasion de la nouvelle année qui tombe, mille neuf cent quatre-vingt-trois ans après la naissance de Jésus - la paix soit sur lui - dont nous ne saurions rien si la révélation n'avait été descendue sur Mohammed [voilà qui est réglé pour l'Écriture sainte des chrétiens] - les prières et la paix de Dieu sur lui - auquel Dieu a raconté l'histoire de Jésus, et de sa mère Marie, fille d'Imran, tout entière ; dès lors nous avons cru, nous musulmans, par la voie du Coran descendu sur Mohammed, - que vous n'avez pas reconnu malheureusement pour vous - au miracle de la naissance de Jésus et à sa prophétie qui ne nous étaient pas parvenus avec clarté ni par la Thora ni par l'Évangile, car le livre de l'Ancien et du Nouveau Testament qui existe actuellement est falsifié [par Irénée de Lyon et les Pères de l'Église ?]. Il a été modifié et amputé délibérément du nom du prophète Mohammed, et de bien d'autres choses, car Jésus dit dans la vraie Bible [où est-elle ], s'adressant aux fils d'Israël qui l'ont renié et voulu le tuer [car, selon le Coran, Jésus n'a pas été crucifié ni connu la mort] :

' Oh ! Fils d'Israël, je suis l'envoyé de Dieu à vous, confirmant ce que j'ai entre les mains de la Thora, et annonçant un prophète qui viendra après moi, nommé Ahmad ' (Coran, sourate 61 dite des rangs, verset 6).

" En cette occasion sacrée, j'appelle les nouvelles générations dans le monde chrétien à s'orienter vers la lecture du Coran [que le colonel Kadhafi connaît bien] pour connaître la vérité du Messie Jésus - paix sur lui - et sa mère Marie, sœur d'Aaron ; comment Gabriel est venu lui annoncer Jésus alors qu'elle était vierge, comme elle a enfanté dans un endroit éloigné, comment Dieu lui offrit boisson et nourriture du ruisseau et du dattier, comment sa tribu l'a dénigrée, comment Jésus a parlé bébé au berceau [cf. sourate 19 de Marie] et convaincu les gens qu'il était prophète, béni et droit, et que Mohammed sera prophète après lui... puis comment les fils d'Israël l'ont renié, tenté de le tuer, et crucifié un sosie en croyant l'avoir crucifié alors que Dieu l'a élevé vers lui... Comment il a ressuscité les morts avec la permission de son Seigneur, guéri le lépreux et l'aveugle entre autres preuves miraculeuses...

" Autant de précisions qui nous ont fait - nous musulmans - croire au miracle de la naissance de Jésus, sa prophétie, son début et sa fin, la guerre que lui ont fait les Israéliens et le soutien que lui ont apporté les apôtres...

" Tout cela nous l'avons appris du Coran seulement... le Coran que vous n'avez pas lu [les chefs d'État semblant en effet ne pas l'avoir lu... mais ont-ils lu seulement le Nouveau Testament ?] et auquel vous n'avez pas cru à cause du fanatisme aveugle contre la nation arabe, à cause de la propagande israélienne qui égare... et à cause de l'ignorance qui fait que vous n'avez pas pris connaissance de la vérité du Coran et de la vérité du prophète Mohammed auquel Dieu a rapporté dans le détail l'histoire de Jésus-Christ et celle d'autres prophètes dans le saint Coran [ce qui n'est pas exact].

" C'est ainsi que j'en appelle aux nouvelles générations du monde chrétien pour provoquer une révolution culturelle dans la culture et les concepts du monde chrétien qui a enregistré un recul et commence à se dégrader [ce qui est tout à fait exact]...

" Et qui, de nouveau, a besoin d'un Savonarole, d'un Martin Luther, d'un Kelvin [quel mélange!].

" La paix soit sur celui qui suit le droit chemin.

" Colonel Moammar Kadhafi

" Guide de la Glorieuse Révolution

" Du Premier Septembre."

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La plus dangereuse de toutes les erreurs

Joseph Hours, La conscience chrétienne devant l'Islam, tiré à part de l'article contenu dans les numéros 60 à 65 de la revue Itinéraires, 4, rue Garancière, Paris-VIe, 1962, pages 29, 30, 19, :

" Je ne crois pas du tout à l'identité entre christianisme et culture occidentale et cela parce que ma foi chrétienne me défend d'y croire. [...] Il peut demain, en d'autres continents, pénétrer fort bien des civilisations différentes de la nôtre et les transfigurer du dedans par la révélation de sa Charité [vertu divine qui, par le Saint-Esprit, infuse dans l'âme humaine l'amour de Dieu], comme il a transfiguré la civilisation gréco-latine. [...]

" [...] Pour un catholique en effet, il ne saurait y avoir de doute. La révélation est close avec la dernière page du Nouveau Testament et c'est contredire nettement l'enseignement de l'Eglise que d'admettre une révélation ultérieure quelle qu'elle soit. [...]

" Puisque c'est en chrétien que j'entends parler, pour un chrétien qu'est-ce donc que l'Islam ? C'est essentiellement la religion qui, postérieure au Christ, a connu l'existence historique du Christ, mais nie sa divinité. C'est donc une erreur, la plus profonde, la plus essentielle, la plus dangereuse de toutes les erreurs, celle qui contredit le plus directement le christianisme. [...]

" Le premier devoir du chrétien, on le sait, est de désirer de tout son être le règne sur le monde entier du Christ-Roi, le retour au Christ de tous les hommes et des musulmans eux aussi pour qui le Christ n'est pas mort moins que pour tous les autres. [...]

" Même au prix de regrettables longueurs, on ne saurait aller plus loin sans répondre à une objection qui est déjà sur toutes les lèvres. Comment nier l'aptitude de l'Islam à l'activité scientifique alors que c'est lui qui au temps du haut moyen âge pendant près de cinq siècles a reçu des Grecs le flambeau de la recherche pour le transmettre par la suite, à nous-mêmes, alors qu'en tous les domaines, de la philosophie aux mathématiques et à ' l'algèbre ', des sciences naturelles et de la médecine jusqu'à ' l'alchimie ', nous lui devons tant de connaissances et que notre langue elle-même conserve encore le souvenir de cette dette.

" Il y a bien longtemps (et notamment dans une conférence en Sorbonne du 29 mars 1883) que Renan répondait à cette objection. Il montrait que si l'étendue des conquêtes arables permit l'entrée en contact de civilisations diverses, de l'indienne à la grecque et à l'Andalousie, en passant par l'iranienne, que si ces contacts favorisèrent sur nombre de points l'accroissement des connaissances, ils ne furent généralement pas l'œuvre d'Arabes proprement dits et que l'élément arable fournit seulement à cette activité une langue véhiculaire. Elle se poursuivit non par l'effet de l'Islam [cf. Averroès, philosophe arabe qui se proposait de restaurer l'aristotélisme dans son intégrité en le purifiant des éléments coraniques et que saint Thomas d'Aquin nomme dans ses œuvres le Commentateur] mais de dehors de lui et sans sa sympathie ; et la puissante réaction musulmane (à laquelle succombait déjà un Al Hallaj) allait arrêter ce mouvement pour l'éteindre bientôt tout à fait. Et Renan concluait : ' Les libéraux qui défendent l'Islam ne le connaissent pas. L'Islam c'est l'union indiscernable du spirituel et du temporel, c'est le règne d'un dogme, c'est la chaîne la plus lourde que l'humanité ait jamais portée. Dans la première moitié du moyen âge ... (il) ... a supporté la philosophie parce qu'il n'a pas pu l'empêcher... Mais quand l'Islam a disposé de masses ardemment croyantes, il a tout détruit.'

" Ces idées ne sont guère originales et nous pourrions nommer à leur appui bien des islamisants d'aujourd'hui. S'il nous a plu de citer Renan c'est que ses conclusions déjà ancienne, n'ont pas été ruinées et surtout parce que nul ne l'accusera jamais d'avoir pris position par fanatisme national ou religieux.

" Pas plus la science, la morale ne peut prendre appui sur l'Islam. Le seul principe sur lequel se fonde la dignité humaine, c'est la création de l'homme par Dieu et à Son Image [selon la Révélation chrétienne]... C'est, plus encore, le message, apporté par la Révélation, que Dieu a aimé l'homme au point que le Christ-Dieu a donné Sa vie pour le racheter. L'Islam rejetant tout cet enseignement n'a pas le sens de la dignité humaine. Devant Dieu, pour lui, l'homme n'est rien qu'esclave. Il n'est donc pas de Droits de l'Homme ; les affirmer est un blasphème. Il n'est pas de Loi naturelle, il n'est que les ordres impératifs et singuliers de Dieu. L'ordre surnaturel, autour de soi-même a tout détruit.

" [...] Dès lors la société musulmane est-elle comme nous le montrait la Turquie de jadis ' le despotisme tempéré par l'assassinat '. Les ' Etats ' musulmans nouvellement venus à l'indépendance en sont venus au même point, non par suite de hasards malencontreux ou par inexpérience temporaire, mais bien par l'effet d'une implacable logique."

 

Pape saint Pie X, encyclique Il fermo proposito, 11 juin 1905 :

" L'Église, tout en prêchant Jésus crucifié, " scandale et folie pour le monde " (I Cor., I, 23), est devenue la première inspiratrice et la promotrice de la civilisation. [...] La civilisation du monde est une civilisation chrétienne ; elle est d'autant plus vraie, plus durable, plus féconde en fruits précieux, qu'elle est plus nettement chrétienne ; d'autant plus décadente, pour le grand malheur de la société, qu'elle se soustrait davantage à l'idée chrétienne."

 

Henri Massis, de l'Académie Française, La Cathédrale effondrée, les Cahiers de l'Ordre Français, 1er Cahier, 1962, " Les valeurs spirituelles de la civilisation et la crise de l'Europe ", pages 13-14, 16, 17, 18 :

" Il y a un aspect tragique de l'effort civilisateur, qui est lutte perpétuelle contre les puissances toujours renaissantes du chaos. Ouvrant des chemins, domptant les eaux et les vents, bâtissant des villes, domestiquant les bêtes, l'homme modèle un monde à l'image de sa raison. Bridées, les forces sauvages de la nature s'organisent selon l'ordonnance magnifique d'un jardin à la française. Illuminées par l'intelligence, les forces aveugles de l'instinct s'emprisonnent dans le champ profond de l'églogue virgilienne. Quand nos regards indifférents se posent sur nos paysages familiers, nous ne parvenons même plus à imaginer qu'il fut un temps où les coteaux de la Loire étaient recouverts de forêts inextricables et peuplées de fauves. Il est, certes, des forêts plus rebelles que celles de l'Amazonie, des brutes plus féroces que les loups du Gévaudan, et rien ne fut plus malaisé à humaniser que l'homme même. La religion, l'éducation réussirent cependant le chef-d'œuvre de défricher ses passions, d'imposer à ses appétits animaux le joug et le mors.

" L'ami de Périclès, Anaxagore, a célébré la victoire de la divine Raison, du " Nous " (Nous) : "toutes choses étant confondues, l'esprit survint et les ordonna en les séparant. Et quand il eut fait le mouvement, il se sépara du mouvement afin d'en mesurer les proportions et d'en définir les lois." Victoire précaire au demeurant et toujours menacée. Il suffirait de laisser à l'abandon, l'espace de quelques générations, les coteaux de la Loire, pour que la forêt retrouve son empire, et les fauves leur domaine. Il n'est besoin que d'évoquer ces temples abandonnés au milieu de la jungle indienne et éventrés par les arbres géants.

" Les barbares d'ailleurs n'ont jamais cessé de rôder aux confins, et les nomades, incapables de construire des villes, restent à l'affût de la moindre défaillance de leurs défenseurs pour les piller et les ruiner. Qui n'a dans les yeux les ruines de Tipaza ou de Cherchell, qui témoignent de la grandeur de cette Berbérie romaine, ensauvagée par les invasions arables. Nous retirerions-nous d'Algérie, qui ne se passerait sans doute pas beaucoup de temps pour qu'Alger ou qu'Oran ne laissent plus d'autres traces de notre passage que des vestiges aussi misérables et sans doute moins glorieux.

" Les plus redoutables des barbares, il est vrai, ne sont sans doute pas les guerriers au visage peint, à la chevelure luisante de beurre, que les soldats romains, du haut du limes, voyaient surgir, avec horreur, des ténèbres de la Thuringe. La frontière de la sauvagerie et de la civilisation n'est pas inscrite seulement sur le sol. Elle partage le cœur de chaque civilisé. Freud n'a eu qu'à les appeler par leur nom pour que jaillissent des abîmes les monstres et les chimères, qu'en des temps plus sages, confesseurs et pédagogues refoulaient au-delà des barrières qui protégeaient les mortels de leur démon nocturne. Chaque âme a besoin d'être, comme la cité, couronnée de remparts [voir les œuvres de saint Jean de la Croix].

" Ce beau mot de refoulement, dont la psychanalyse a fait un usage si frivole et néfaste, il importe de le prendre dans son sens le plus fort, car il résume tout le travail civilisateur. Le laboureur refoule la friche, le soldat le barbare, l'éducateur les phantasmes de l'ignorance, le prêtre les vertiges de l'orgueil ou de la sensualité. Qui dit refoulement dit aussi bien défoulement. Il y a là comme un terrible mouvement dialectique. Dès que l'on cesse de refouler la friche, le barbare, l'ignorance, l'orgueil ou la sensualité, ils submergent tout, ils envahissent tout. En un moment, l'effort séculaire s'abolit [II Ép. de Pierre, II, 22 : " Il leur advient ce que le proverbe dit en toute vérité (Prov., XXVI, 11) : Le chien qui retourne à ce qu'il a vomi, et la truie lavée s'est vautré dans la fange "].

" Une civilisation, en effet, meurt rarement par accident. D'ordinaire, elle ne succombe aux coups des barbares de la périphérie, aux nomades qui guettent ses défaillances, qu'après que les instincts sauvages de ses propres membres [et la télévision française nous en offre un triste spectacle], libérés des contraintes ancestrales, l'aient fait éclater de l'intérieur. L'effondrement du "nous" [nous], de la raison ordonnatrice entraîne la ruine fatale de l'édifice tout entier, puisqu'elle en est la clef de voûte."

 " [...] Si la civilisation tout entière est remise en jeu, c'est, contrairement à ce que disait Paul Valéry, que la " table de jeu " a été renversé, c'est que l'esprit moderne a ignoré et blessé aveuglément l'être humain dans son exigence essentielle. Presque partout dans le monde d'aujourd'hui on semble avoir perdu de vue que l'homme est la seule réalité terrestre qui ne puisse être une monnaie d'échange, car c'est en raison de lui, c'est en raison de la personne humaine que tout doit être évalué. [...] Devant les idéologies qui le sollicitent de toutes parts, l'homme doit défendre son droit de choisir entre elles. Il lui faut s'affirmer au-dessus d'elles comme une loi suprême. " Quelle grandeur ? Quelle liberté ? Quelle raison de vivre et de mourir m'apportez-vous ? doit-il dire à leurs propagandes rivales. Quel humanisme ? Ce n'est pas en raison de la Production, de l'Egalité, de la Richesse, ce n'est pas en raison de vos mythes et de vos mensonges que tout doit être évalué, c'est en raison de cette chair pensante qui a sur vos machines l'inégalable avantage de refuser : c'est en raison de l'homme". [...]

" Ah ! si l'homme n'était vraiment rien que ce pauvre être dégradé, à la conscience obscure, qu'on appelle la masse, les grands mythes matérialistes et totalitaires seraient, en effet, les seuls qui puissent lui convenir. C'est dans la mesure où nous nous fondons sur une philosophie, sur une science, sur une foi capable d'opposer aux idéologies dont ces mythes procèdent l'universalisme de la vérité, que nous savons qu'ils ne peuvent suffire à l'homme. Cette doctrine, cette foi, c'est proprement la sagesse de l'Occident, celle que l'Occident incarne, celle de " l'homme universel ", dont trois villes symbolisent les valeurs permanentes : Athènes, ou la raison et la mesure des choses ; Rome, ou le monde de la loi et du droit ; Jérusalem, ou l'adoration en esprit et en vérité (cf. Jn 4 24), l'amour de Dieu et de tous les hommes (cf. Jn 3 16).

" [...] Le seul commun dénominateur qui nous permette de donner à ce terme d'Occident un sens qui ne soit pas seulement géographique, et qui donne au mot civilisation sa signification, c'est le trait chrétien [et non le sexe, l'argent, le pouvoir, la célébrité, les jeux et les plaisanteries grossières et débiles]. Que l'on objecte point que l'Occident se détache du christianisme [qu'on a plutôt détaché et dégoûté du christianisme par une éducation dévoyée et une propagande éhontée]. Si déspiritualisé, si déshumanisé, si déchristianisé qu'il soit, notre monde, son âme, sa conception de la vie et de l'univers, ses principes de discernement et d'élévation morale, et jusqu'à son idée de la science, c'est le christianisme qui les a faits. Pour connaître son essence, c'est là qu'il faut l'aller chercher. [...]

" C'est à l'heure même où les progrès de la technique se flattent de réaliser l'unité du genre humain que nous voyons se produire la plus complète rupture d'équilibre qu'il ait jamais connue. Oui, Messieurs, " le genre humain est moins uni que sous Titus, où toutes les races civilisées se groupaient sous les mêmes faisceaux ; le genre humain est moins unifié que du temps de Saint Louis, où tous les peuples chrétiens étaient fédérés sous la tiare ". La facilité des communications matérielles, qui devaient réaliser l'union des âmes, a bien pu uniformiser le monde, elle ne l'a pas " uni ". Car la matière est essentiellement diviseuse et les hommes ne communiquent que dans l'immatériel. La pensée, elle, étale partout ses diversités incompatibles ; les idéologies se dressent en concepts antagonistes qui prétendent s'asservir l'essence même de l'esprit. L'esprit est cruellement " blessé ". Matérialisé à son tour, il semble avoir perdu conscience de sa finalité propre. Le progrès mécanique l'a si bien corrompu que rien, parmi les meurtrières rêveries des utopistes, ne peut être comparé à ses résultats positifs. Nous sommes menacés de périr, par où nous avons cru vivre.

" Le problème qui se pose devant nous est donc spirituel d'abord [ce vers quoi tend l'intellect qui est au plus haut degré l'homme même dit Aristote dans son Ethique à Nicomaque]. [...] Pour imposer à " la matière amplifiée une âme vraiment vivante ", pour donner aux progrès de la science moderne un esprit réellement humain, il ne faudra rien de moins qu'une restauration intégrales des principes de la civilisation gréco-latine et du christianisme [et cela ne peut commencer que par l'éducation, c'est-à-dire dans les familles et à l'école]. Cette grande tradition de la sagesse antique et de la sagesse chrétienne peut encore sauver ce qu'il y a de viable dans le monde [et l'on en revient au " Politique d'abord ", car la politique ne doit être la première que dans l'ordre du temps, étant subordonnée ou finalisée par le spirituel qui en constitue le couronnement ou l'entéléchie, c'est-à-dire l'achèvement parfait, car les hommes ne se réunissent pas uniquement pour entretenir leur vie, à l'instar des animaux qui ne sont pas comptés dans la société civile, mais pour vivre selon la vertu, qui est la fin de la société humaine]. [...]

" C'est parce que l'Europe a failli à sa vocation et qu'elle ne l'entend plus que d'une manière matérielle, profane, usurpatrice, qu'il nous faut d'abord la défendre contre elle-même, la replacer dans les conditions nécessaires à son propre salut. Quand un être organique dépérit et se corrompt, c'est qu'il a cessé d'être sous l'action des causes qui lui avaient donné sa constitution et sa forme. Nul doute qu'on ne doive de nouveau le soumettre à leur action vivifiante, si l'on veut qu'il retrouve les conditions de la prospérité. Si l'Occident risque de périr par où il a cru vivre, c'est qu'il s'est soustrait à la salutaire action du christianisme qui, seul, peut lui conserver la solidité de l'existence et la fécondité des résultats."

 

Jean Ousset, Patrie, nation, Etat, Montalza, 49, rue des Renaudes, Paris-17e, 1965, pages 45-46 :

" ' L'Islam qu'on nous propose comme guide de l'Occident, écrit Hana Zacharias (1), n'a donné au monde que crasse, saleté, ignorance et misère. Et c'est encore l'Islam qui maintient l'esclavage. La femme recouverte d'un voile élégant ou enveloppée dans ses loques n'y est qu'une pauvre créature... Du point de vue humain, il constitue une stagnation de l'esprit et l'élément le plus nocif au développement de la pensée.

" ' On pourra objecter que la nature du sol rocailleux, aride et désertique est la cause insurmontable de toutes ces misères physiques, morales et intellectuelles. Nous n'admettons pas ces excuses. Entrons dans l'Etat d'Israël. C'est la même terre, le même sol. Malgré cette similitude fondamentale, en franchissant la frontière, nous découvrons un monde absolument nouveau. Les champs sont arrosés, les arbres poussent nombreux, on marche sur un tapis de verdure, les routes sont entretenues, les gourbis ont disparu [et leur système d'irrigation est unique au monde]. Plus de batchich, de hatchich ou de malech...

" ' Par mouvement acquis, les chrétiens convertis à l'Islam apportèrent avec eux leur civilisation ; mais disparues ces premières générations, l'Islam retomba dans son ignorance et son état sordide. Ce croupissement total et universel tient-il au caractère arabe ? On ne peut l'affirmer. Les Arabes chrétiens du Proche-Orient n'ont-ils pas un autre comportement que les Arabes musulmans ? Ils savent se loger, sa laver, manger proprement, ils ont appris à travailler. A mille détails, on peut sans effort dans les rues de Beyrouth, de Damas et de Palestine distinguer à coup sûr l'Arabe chrétien et de l'Arabe musulman...' "

1) Vrai Mohamed et faux Coran, p. 44, Nouvelles Éditions Latines, Paris.

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         Pour les musulmans et conformément au Coran, nous l'avons vu (Coran, IV, 157), Jésus n'a pas été crucifié, mais il a semblé être crucifié ou tout le monde pensait qu'il l'avait été, et donc que l'événement historique était qu'il avait été crucifié. Cette conception de l'authenticité des faits historiques revient à ne faire aucun cas de la vérité historique ou à traiter celle-ci par le plus parfait mépris. Pour lever toute ambiguïté donnons quelques précisions. Nous soutenons qu'il est évident qu'il y a des réalités historiques ou des "faits" de caractère objectif où l'accord est possible. Certes ces réalités ne nous offrent que des phénomènes singuliers et sont inépuisables. Et c'est à l'historien de les interpréter et de les expliquer en les insérant dans des chaînes causales et en étudiant les documents adéquats en vue d'atteindre, par eux, le passé, en les analysant pour passer des traces ou des signes aux choses signifiées et parvenir finalement à la certitude pratique de leur existence par la convergence de plusieurs témoignages crédibles venant de sources différentes ou méritant d'être retenus (1). Et là le danger de la tentation idéaliste qui consiste à réifier nos idées ou nos "types-idéaux" au point de nier l'existence de toute authentique vérité historique nous guette tous. Ainsi, reprenant une conclusion de saint Augustin (2), il arrivera que chacun croira ce qu'il voudra ou ne croira pas ce qu'il ne voudra pas. Et la notion de vérité disparaîtra, car les contradictions relatives à un même sujet seraient vraies en même temps. Pour les besoins de sa cause, n'importe quoi pourrait être avancé. Non seulement c'est trop facile, mais c'est encore stupide, car celui qui raisonne ainsi doit accepter le même genre de réfutation sophistique de son adversaire. Comme le disait Aristote dans sa Métaphysique : "Poursuivre les oiseaux au vol : voilà ce que serait la recherche de la vérité" (3). "L'histoire est vraie, mais cette vérité est partielle : nous ne pouvons pas savoir le tout du passé" (4). "... tous les historiens traitant du même objet finissent par s'accorder sur un noyau commun de faits matériels (5)." Pour juger de la vérité d'un événement, il faut prendre garde aux circonstances qui l'accompagnent, c'est-à-dire à celles qui appartiennent au fait même et à celles qui regardent les personnes par le témoignage desquelles nous sommes portés à le croire" (6). "La connaissance de foi n'est pas un acte irrationnel. La foi, confiance et croyance, procède d'une démarche rationnelle qui la précède et la légitime" (7).

1) Cf. H.-I. Marrou, prof. à la Sorbonne, De la connaissance historique, éd. du Seuil, Paris, 1966, pp. 122, 128, 304 ;

2) Cf. Ep. XXVIII ;

3) Aristote, Métaphysique, liv. Gamma, 5, 10 ;

 4) H.-I. Marrou, cf. ouv. cité plus haut, p. 243 ; 5) Id., p. 296 ;

6) Arnaldo Momigliano, La Logique de Port-Royal, IV, XIII ;

7) H.-I. Marrou, cf. ouv. cité plus haut, pp. 299 et 300.

 

Saint Augustin (354-430), La foi aux choses qu'on ne voit pas, Œuvres de Saint Augustin, Ire Série, Volume 8, La foi chrétienne, Ed. Desclée De Brouwer, 1982, II, La foi religieuse et le signe prophétique :

" [...] Quant à penser que nous croyons au Christ sans aucun signe à son sujet, c'est une grosse erreur. Y a-t-il signes plus clairs, en effet, que les prophéties dont nous voyons aujourd'hui la réalisation ? Vous donc qui pensez n'avoir aucun signe pour vous obliger à croire, au sujet du Christ, ce que vous n'avez pas vu, soyez attentifs à ce que vous voyez.

" C'est l'Eglise qui, d'une voix tendrement maternelle, vous parle : " Moi, dont la fécondité et la croissance à travers le monde vous étonnent, il fut un temps où je n'étais pas telle que vous me voyez. Mais : " En ta postérité seront bénies toutes les nations " (Genèse, XXII, 18). Quand Dieu bénissait Abraham, c'est moi qu'il annonçait : par toutes les nations je me diffuse, bénédiction du Christ. La postérité d'Abraham, c'est le Christ : la suite des générations en témoigne. [...] Et vous avez peur encore de croire en lui, quand vous devriez plutôt avoir peur de ne pas y croire! Doutez-vous ou refusez-vous de croire qu'une vierge a enfanté ? Vous devriez bien plutôt croire que c'est ainsi que devait naître un homme-Dieu! D'ailleurs, un prophète l'avait prédit, écoutez : " Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils ; et on lui donnera le nom d'Emmanuel qui signifie : Dieu avec nous " (Isaïe, VII, 14). [...] C'est pourquoi un prophète dit encore de lui : " Ton trône, ô Dieu, est pour l'éternité ; ton sceptre royal est sceptre de droiture ; tu as aimé la justice et haï l'iniquité ; c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a oint avec l'huile de l'allégresse, de préférence à tes compagnons " (Psaumes, XLIV, 7-8). Voilà l'onction spirituelle dont Dieu a été oint par Diu, le Fils par le Père ; aussi le nom de Christ, nous le savons, est tiré de Chrisma, c'est-à-dire onction. [...]

" [...] Mais si ces faits que vous voyez sont à la fois prédits depuis longtemps et réalisés avec tant d'éclat ; si la Vérité même se révèle à vous par ses effets passés et ceux qui ont suivi, pour vous faire croire ce que vous ne voyez pas, alors, ô restes de l'infidélité, rougissez de voir ce que vous voyez!

" " Regardez-moi, vous dit l'Eglise, regardez-moi. Vous me voyez, quand même vous ne voudriez pas voir." [...] Vous n'avez pas vu ce qui a été prédit et accompli touchant la naissance humaine du Christ : " Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils " ; mais vous voyez accomplie la parole de Dieu adressée jadis à Abraham : " En ta postérité seront bénies toutes les nations ". Vous n'avez pas vu ce qui a été prédit des merveilles opérées par le Christ : " Venez et voyez les œuvres du Seigneur, les prodiges qu'il a accomplis sur la terre " (Psaumes, XLV, 9) ; mais vous voyez ce qui a été prédit : " Le Seigneur m'a dit : Tu es mon fils ; aujourd'hui je t'ai engendré ; demande-moi et je te donnerai les nations pour ton héritage et pour ta propriété la terre jusqu'à ses confins " (Psaumes, II, 7-8). Vous n'avez pas vu ce qui a été prédit et accompli touchant la Passion du Christ : " Ils ont percé mes mains et mes pieds ; ils ont compté tous mes os ; ils sont venus me regarder, m'examiner ; ils se sont partagé mes habits et ont tiré au sort ma tunique " [et cf. Isaïe, chap. LIII], mais vous voyez aujourd'hui clairement réalisée la prédiction du même psaume : " On se rappellera et on se tournera vers le Seigneur, de tous les confins de la terre ; devant lui se prosterneront tous les pays des Gentils : car au Seigneur est la royauté : il sera, lui, le maître des nations " (Psaumes, XXI, 17-19, 28-29). [...]

" [...] Tous ces faits d'un passé révolu, qui concernent le Christ, vous ne les avez pas vus ; mais tout ce qui se passe actuellement dans son Eglise [au Ve siècle], vous n'avez pas la prétention de ne pas le voir. Or, nous vous montrons les uns et les autres annoncés ; quant à vous faire voir de vos yeux les uns et les autres accomplis, nous en sommes incapables, faute de pouvoir rappeler sous vos yeux les événements passés.

" Mais, tout comme des signes visibles nous font croire, chez nos amis, à des sentiments qui ne se voient pas, ainsi l'Eglise, réalité actuelle et visible, manifeste tout un ordre de réalités qui ne se voient pas, mais sont révélées dans des textes où elle aussi se trouve prédite, à la fois garante du passé et annonciatrice de l'avenir. Du passé qu'on ne peut plus voir, comme du présent qu'on ne peut voir tout entier, rien, au temps des prophètes, n'était encore visible. [...] A moins que des incroyants n'aillent penser que des chrétiens ont eux-mêmes composé ces écrits, pour conférer à ce qu'ils croyaient déjà plus de poids et d'autorité, en donnant à penser que la promesse avait précédé l'événement.

" Si tel est leur soupçon, qu'ils examinent les livres de nos ennemis les Juifs [inimicorum nostrorum Judaeorum]. Qu'ils y lisent les prophéties que nous avons mentionnées, concernant le Christ en qui nous croyons et l'Eglise que nous voyons, depuis les débuts laborieux de la foi jusqu'au perpétuel bonheur du Royaume. Leur incompréhension avait été prédite à l'avance par les mêmes prophètes : il fallait que cette prédiction, comme toutes les autres, se réalisât et que, par un mystérieux et juste jugement de Dieu, ils subissent la peine qu'ils avaient méritée. En fait, du gibet où il était suspendu, celui qu'ils ont crucifié [fait historique et objectif], à qui ils ont donné du fiel et du vinaigre, a bien dit à son Père, pour ceux qu'il allait amener des ténèbres à la lumière : " Pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font " (Luc, XXIII, 34) ; mais, à cause des autres que, pour des raisons bien mystérieuses, il allait abandonner, il avait dit beaucoup plus tôt, par un prophète : " Ils m'ont donné du fiel pour aliment ; dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre. Que leur table, devant eux, devienne un piège, un châtiment et une pierre d'achoppement : Que leurs yeux s'aveuglent ; qu'ils cessent de voir : Courbe leur dos pour toujours " (Psaumes, LXVIII, 22-24) [ce qui est écrit est écrit]. [...]

" [...] Mais, puisqu'un si grand mystère d'amour a eu d'avance ses voyants et ses hérauts, qu'il a été annoncé par leurs paroles divines, et qu'il s'est accompli comme il avait été annoncé, qui serait assez fou pour prétendre que les apôtres ont menti au sujet du Christ ? [...] Aussi, à moins d'être aveuglé par une étrange folie, ou endurci comme fer par un singulier entêtement, qui donc refuserait d'ajouter foi aux saintes Ecritures, annonciatrices de la foi universelle ? [...]

" [...] Ne vous laissez prendre ni aux duperies des païens, ni aux mensonges des Juifs, ni aux artifices des hérétiques, ni même, à l'intérieur de l'Eglise catholique [hélas!], aux égarements de certains chrétiens, ennemis d'autant plus nuisibles qu'ils sont dans la place [les modernistes tant stigmatisés par le Pape saint Pie X]. Cela non plus, pour que les faibles n'en soient pas troublés [au point même de quitter l'Eglise ou de sombrer dans un intégrisme borné et sectaire], la prophétie divine ne l'a pas laissé dans l'ombre : dans le Cantique des Cantiques, le fiancé, c'est-à-dire le Christ Seigneur, dit à à la fiancée, c'est-à-dire l'Eglise : " Comme un lys au milieu des roses, ainsi ma bien-aimée parmi les jeunes filles " (Cantique des Cantiques, II, 2). Il n'y a pas : parmi les étrangères, mais : parmi les jeunes filles. " Entende qui a des oreilles pour entendre " (Matthieu, XIII, 9). Tandis que le filet jeté à la mer et plein, comme dit le saint évangile, de toute sorte de gros poissons réunis, est traîné vers le rivage, c'est-à-dire la fin du monde, qu'il se sépare des mauvais poissons, mais de coeur, non de corps ; en changeant de conduite, non en brisant les mailles divines. Sinon des chrétiens, aujourd'hui fermes, qui semblent mêlés aux méchants, recevraient en partage non la vie, mais le châtiment éternel, quand le tri commencera, sur le rivage (Matthieu, XIII, 47-50)."

 

Blaise Pascal (1623-1662), Pensées, éd. de Cluny, Paris, 1941, tome II (les textes intercalés entre astérisques sont des textes qui ont été dictés par Pascal à une personne de son entourage, ou copiés sur son texte aujourd'hui perdu) :

" N° 529. - [...]

" Il naîtra - enfant - (Isaïe, IX, 6 : " Le petit enfant nous est né").

" - *Il naîtra de la ville de Bethléem* (Michée, V, 2 : " Et toi, Bethléem Ephrata, tu es petite entre les milliers de Juda. De toi m'en sortira un qui sera dominateur en Israël").

" - *Il paraîtra principalement en Jérusalem  (Malachie, III, 1 ; Aggée, II, 7-10), et naîtra de la famille de Juda et de David.* - Genèse, XLIX, 10).

" *Il doit aveugler les sages et les savants* , - Isaïe, VI, 10 ; VIII, 14 ; XXIX, 10 - *et annoncer l'Evangile aux pauvres et aux petits*, - Isaïe, XXIX, 19 - *ouvrir les yeux des aveugles et rendre la santé aux infirmes*, - Isaïe, XLI -* et mener à la lumière ceux qui languissent dans les ténèbres*,- Isaïe, LXI, 1.

" *Il doit enseigner la voie parfaite et être le précepteur des Gentils,* - Isaïe, LV, 4 ; XLII, 1, 3.

" Les prophéties doivent être inintelligibles aux impies, - Daniel, XII, 10 ; Osée, XIV, 10 - *mais intelligibles à ceux qui sont bien instruits*.

" Les prophéties qui le représentent pauvre, le représente maître des nations, - Isaïe, LII, 14 ; LIII, 2 ; Zacharie, IX, 9-10.

" Les prophéties qui prédisent le temps, ne le prédisent que maître des Gentils, et souffrant, et non dans les nuées, ni juge ; et celles qui le représentent ainsi, jugeant et glorieux, ne marquent point le temps.

" *Il doit être la pierre fondamentale* - et précieuse - , - Isaïe, XXVIII, 16..

" *Il doit être la pierre d'achoppement, de scandale*, - Isaïe, VIII, 14..

" *Jérusalem doit heurter contre cette pierre.*

" *Les édifiants doivent réprouver cette pierre.*

" *Dieu doit faire de cette pierre le chef du coin*, - Isaïe, VIII, 14.

" *Et cette pierre doit croître en une immense montagne et doit remplir toute la terre*, - Daniel, II, 35.

" - Qu'il doit être la victime pour les péchés du monde, - Isaïe, LIII, 5 ;

" - *Qu'ainsi il doit être rejeté, méconnu, trahi*, - Psaumes, CVIII, 8 [Judas - cf. Matthieu, XXVII, 14-16] - *vendu*,- Zacharie, XI, 12 [cf. Matthieu, XXVI, 14-15, 20, 25 ; XXVII, 3-4] - [*abreuvé de fiel*, - Psaumes, LXVIII, 22] - *craché, souffleté, moqué, affligé en une infinité de manières, transpercé*, - Zacharie, XII, 10 - *les pieds et les mains percés, tué, et ses habits jetés au sort*, - Psaumes, XXI, 18-19 ; cf ; Matthieu, XXVII, 35 - [*ressuscité*, - Psaumes, XV, 10 ; Osée, VI, 3 ; cf. Luc, XXIV, 25-26 ; Jean, XX, 24-26 ; Marc, XVI, 14, etc. - *monté à la droite du Père, et là - devenu - vainqueur de ses ennemis*, - Psaumes, CIX, 1 ] ;

" - Qu'il ressusciterait (Psaumes, XV, 10) [cf. Jean, II, 18-21 ; X, 17-18] le troisième jour, - (Osée, VI, 3) ;

" - Qu'il monterait au ciel pour s'asseoir à la droite (Psaumes, CIX, 1) ;

" - Que les rois s'armeraient contre lui (Psaumes, II, 2) ;

" - Qu'étant à la droite du Père, il serait victorieux de ses ennemis (Psaumes, CIX, 5) ;

" - Que les rois de la terre et tous les peuples l'adoreraient (Isaïe, LX, 3 ; cf. aussi versets 14 et 19, et Apocalypse, XXI, 23 ;

" - Que les Juifs subsisteront en nation (Amos, IX, 14-15) ;

" - Qu'il seront errants, sans rois, etc. (Osée, III, 4), attendant le salut, et ne le trouvant point (Isaïe, LIX, 11).

" Vocation des Gentils par Jésus-Christ (Isaïe, LII, 13-15 ; LV, 5 ; LX, 3 ; Psaumes, LXXI, 11 [le règne du Messie].

" Les Juifs en le tuant - pour ne point le recevoir pour Messie - lui ont donné la dernière marque de Messie.

" Et en continuant à le méconnaître, ils se sont rendus témoins irréprochables.

" Et en le tuant, et continuant à le renier, ils ont accompli les prophéties."

Fin  


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