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Le Coran, IV, 82 : « Que ne soumettent-ils donc le Coran à une profonde étude ? » : Coran

Sur les erreurs modernistes : Les mots et les dogmes

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CHRETIENS EN TERRE D'ISLAM, par l'abbé Mazzucchelli, un témoignage qui mérite toute notre attention : Témoignage

Les séminaires de l’islam, par Michel Sarlon-Malassert (Lectures Françaises – N° 569 – Septembre 2004) : Les séminaires de l’islam

Le Coran passé aux cribles de la logique, par Laurent LAGARTEMPE (une véritable mystification) : ceshlaga.htm

 

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L'Islam et la pluralité des Personnes en Dieu

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Saint Matthieu, 17 : 5 : " Comme Pierre parlait encore, une nuée lumineuse couvrit Pierre, Jacques et Jean.

Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles :

 

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection : écoutez-le ! "

 

Saint Jean, 7 : 16 :

 

" Jésus leur répondit : Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé."

 

Id., 14 : 21 :

 

" Celui qui a mes commandements et les garde, voilà qui m'aime. Celui qui m'aime sera aimé par mon Père. Moi aussi je l'aimerai et je me manifesterai à lui."

 

Saint Marc, 13 : 31 :

 

" Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point."

 

Id., 16 : 15-16 :

 

" Et Jésus leur dit : Allez par le monde entier prêcher l'évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné. "

 

Eva de Vitray-Meyerovitch, Islam, l'autre visage (Entretiens avec Rachel et Jean-Pierre Cartier), p. 114, éd. Albin Michel, Paris, 1995, collection Espaces libres :

 

" R. et J.-P. C. : Il y a un parallélisme extraordinaire et bouleversant entre la crucifixion d'Al Halladj et celle de Jésus.

- E. de V.-M. : C'est vrai et, à propos de Jésus, j'aimerais citer ce mot d'Ibn Arabî qui, stricto sensu, peut être considéré comme le plus orthodoxe des orthodoxes de l'Islam (1). Ibn Arabî a donc dit : 'Je crois que Jésus est Dieu, mais je ne crois pas que Dieu est Jésus.' Il a voulu dire par là que Jésus est devenu Dieu parce qu'il s'est dépouillé de lui-même à un point tel qu'il a été totalement habité par Lui. [...] J'ajoute, mais je crois vous l'avoir déjà dit, que les mystiques de l'Islam comparent le livre du Coran à la personne humaine de Jésus. [...] Vous savez d'ailleurs qu'on peut pas être musulman si on ne reconnaît pas la Thorah et l'Évangile comme des livres sacrés. "

1) Nonobstant l'erreur philosophique de dire que "Jésus est devenu Dieu", puisqu'il n'y a aucun devenir en Dieu, c'est-à-dire "ni aucun changement ni l'ombre d'une variation" (a), cette phrase prouve incontestablement qu'Eva de Vitray-Meyerovitch, pourtant tôt convertie à l'Islam, croit à la crucifixion de Jésus - laquelle est niée par le Coran (voir plus bas). En effet, pour que son parallélisme soit recevable, il faut nécessairement que la crucifixion de Jésus soit également vraie. Est-elle véritablement musulmane, c'est-à-dire entièrement soumise aux révélations du Coran, Livre considéré par les musulmans comme le Message ultime de Dieu ou le Verbe de Dieu ?

 a) Épître de saint Jacques, I, 17.

Nous ne pensons pas que la phrase attribuée à Ibn Arabî puisse être comprise comme l'entend Eva de Vitray-Meyerovich. En effet, dans " La sagesse des prophètes ", Ibn Arabî, avec le Coran (1), s'en prend aux mécroyants qui soutenaient que " Dieu est Lui-même le Messie, fils de Marie ", " puisqu'ils identifiaient Dieu avec la forme humaine terrestre désignée expressément comme le fils de Marie (2) ". Nous voyons bien que, pour Ibn Arabî, la raison première de la condamnation des mécroyants consiste avant tout à croire que la nature humaine de Jésus est absorbée par la Nature divine, alors que Celle-ci est en réalité incorporelle, incorruptible et parfaitement immuable. Et c'est également la pensée de S. Augustin (v. 354-430) qui écrit : " L'apôtre Paul (3) ajoute : 'Aucun homme ne L'a vu ni Le peut voir '. Non, puisqu'il s'agit là encore du Christ dans Sa Divinité. Or Sa Divinité, les Juifs ne L'ont pas vue. Ce qu'ils ont vu c'est sa chair et ils l'ont crucifiée. Voir la Divinité avec un regard humain est absolument impossible (4). " En réalité, Ibn Arabî n'est pas " le plus orthodoxe des orthodoxes de l'Islam ". A l'encontre du Coran, il soutient également la non-éternité des châtiments infernaux, l'existence de cent mille mondes successifs ayant chacun leur propre Adam et le salut dans toutes les formes de croyance, et, chose tout à fait surprenante, sa conversion à Dieu grâce à l'intervention de Jésus, reconnu comme son " premier maître " (5). Eva de Vitray-Meyerovich s'égare en soutenant qu'on ne peut pas être musulman si on ne reconnaît pas la Thorah ni l'Évangile comme des livres sacrés, parce que le Coran contient des sourates inconciliables avec ces livres, révélant ainsi que Muhammad n'a jamais eu entre les mains les livres sacrés des juifs et des chrétiens. Notre présente étude le prouve par les citations qu'elle offre à la sagacité de tout lecteur de bonne volonté.

1)  Coran, chap. V, Le festin, verset 17, traduction et notes du Dr Salah ed-Dine Kechrid, avec reproduction du texte arabe, publié sous la supervision de : Habid El-Lamssi, Beyrouth, B.P. : 113/5787, Graphic et Arts Services, Beyrouth - Liban, texte français, revu et corrigé par Dr. Mohammad Yalaoui, professeur à l'Université de Tunis, sixième édition, 1994.- Notons bien que si, pour le Coran, Jésus n'est pas Dieu, il reste néanmoins le Messie. En effet, la sourate 45 de " La famille d'Imran ", verset 45, est ainsi traduite : "  Et lorsque les Anges dirent : 'O Marie! Dieu t'annonce la bonne nouvelle [l'Évangile] de la prochaine venue d'une Parole de lui. Son nom est le Messie, Jésus-fils-de-Marie, notable de ce monde et dans l'autre et parmi les rapprochés.' "

2)  La sagesse des prophètes, De la Sagesse de la Prophétie dans le Verbe de Jésus, p. 127, collection Spiritualités vivantes, série Islam, éd. Albin Michel, Paris, 1974.

3)  I Timothée, VI, 16.

4)  La Trinité, liv. I, IIe partie, section II, p. 113, éd. Desclée De Brouwer, 1955, Bibliothèque augustinienne.

5)  Futuhat, II, p. 620, III, pp. 549, 341, éd. critique par O. Yahia, 9 volumes parus, Le Caire, 1972-1985 (textes cités par Claude Addas, in Ibn 'Arabi ou La quête du Soufre Rouge, éd. Gallimard, 1989, pp. 326, 188-189, 258, 58-59) ; La sagesse des prophètes, ouv. cité plus haut, Le Verbe de Muhammed, pp. 220-221.

 

S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, qu. 3, art. 7, conclusion :

 

" [...] puisque Dieu n'est composé ni de parties quantitatives, n'étant pas corporel, ni de matière, puisqu'en lui le suppôt n'est pas autre que la nature et la nature que l'être, puisqu'il n'y a en lui ni composition ni de genre et de différence, ni de sujet et d'attribut, il est manifeste que Dieu n'est composé d'aucune manière, mais qu'il est absolument simple. [...] Ainsi, en tout composé il y a quelque chose qui ne lui est pas identique. [...] Dès lors, puisque Dieu est forme pure, forme absolue, ou pour mieux dire puisqu'il est l'être même, d'aucune manière il ne peut être composé. "

 

Id., qu. 11, art. 4, conclusion :

 

" Dieu est l'être par excellence, car il n'a pas un être déterminé par une certaine nature, à laquelle cet être surviendrait ; il est l'être même subsistant et indéterminé, illimité de toute manière. Il est souverainement indivis, n'étant divisé ni en acte, ni en substance, de quelque mode de division que ce soit, mais étant absolument simple, ainsi qu'on l'a fait voir. Il est donc clair que Dieu est souverainement un. "

 

Id., qu. 39, art. 3, conclusion :

 

" [...] la substance a unité ou pluralité par soi, comme elle a l'être par soi [...] Tandis que l'accident, qui a l'être dans un sujet, reçoit aussi du sujet son unité ou sa pluralité. [...] En Dieu, avons-nous dit, nous signifions l'essence divine comme une forme, qui est simple et souverainement une : on l'a montré plus haut. [...] Et voilà pourquoi Socrate, Platon et Cicéron font trois hommes, tandis que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne font pas trois Dieux, mais un seul Dieu. En trois suppôts de nature humaine, il y a en effet trois humanités (tres humanitates) ; mais dans les trois Personnes divines, il n'y a qu'une Essence divine."

 

S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. IVe, chap. X, § 8 :

 

"  Socrate et Platon ne sont pas un seul homme, bien qu'ils communient dans l'humanité. " [L'humanité se ne trouve pas d'une manière parfaite, non composée et non divisée, dans l'homme. Seul son archétype, au titre d'exemplaire, qui est en acte et de toute éternité dans l'Esprit divin, est parfait.]

 

Id., Somme théologique, Ire Partie, qu. 39, art. 4, sol. 3 :

 

" Le mot Dieu possède une aptitude à suppléer pour la personne, qui diffère de l'aptitude correspondante du mot homme. La forme signifiée par le mot homme, c'est-à-dire l'humanité, étant réellement divisée en des suppôts différents, ce terme supplée de soi pour la personne [...] l'unité ou communauté de la nature humaine n'existe pas dans les choses, mais seulement dans la pensée [...] Au contraire, la forme signifiée par le mot Dieu, c'est-à-dire la Déité, est une et commune dans la réalité : ce terme supplée donc de soi pour la nature commune [...].  "

 

Id., ibid., Ire Partie, qu. 39, art. 4, conclusion :

 

" [...] les exigences de la Simplicité divine : Celle-ci veut qu'en Dieu sujet et forme s'identifient [...]. " 

 

Id., ibid., IIIe Partie, qu. 2, art. 2, conclusion :

 

" Dans les composés de matière et de forme, on n'attribue pas la nature au suppôt ; on ne dit pas en effet : 'cet homme est son humanité'. "

 

        Nous nous abstiendrons d'analyser et de comparer les mœurs des musulmans et des chrétiens, car nous passerions à côté du véritable problème, qui consiste à discerner le vrai du faux dans le domaine de la révélation divine. En effet, la foi et la morale, vertus formellement distinctes, l'une visant l'intellection, qui est relative à l'être, et l'autre, non spéculative, visant le comportement, qui fluctue sans cesse dans ses causes ou ses motivations, ne sont pas convertibles. Par conséquent, si nous voulons parvenir à la vérité, ne les confondons pas. En effet, puisqu'il nous arrive de rencontrer fréquemment dans n'importe quelle religion (et même en dehors de toute religion) des hommes de bonne moralité, pouvons-nous pour autant conclure, sans nous contredire, que toutes les religions sont vraies ? Et en ne retenant que les hommes de mauvaise moralité, conclure que toutes les religions sont fausses ; ou en considérant les hommes de bonne et de mauvaise moralité, qu'elles sont en même temps vraies et fausses ? Faudrait-il soutenir avec les disciples du sophiste grec Protagoras (a) ou de notre contemporain Pirandello qui, après quelques investigations superficielles, se font gloire de conclure : " A chacun sa vérité " ? Comme le dit si bien Platon (b) : " Ne valent-ils pas mieux pour l'intelligence qu'un têtard de grenouille ? "

a)  Cf. Aristote, Métaphysique, livre Gamma ; Platon, Théétète, Cratyle.

b)  Platon, Théétète, 161c-162b.

 

Saint Jean de la Croix, Docteur de l'Eglise, la Montée du Mont Carmel, Livre II, chap. XXII :

 

" [...] Mais à présent que la foi est fondée dans le Christ et que la loi évangélique est manifestée en cette ère de grâce, il n'y a plus lieu de s'enquérir de cette manière ni qu'Il parle ni réponde comme alors. Car, en nous donnant comme Il nous l'a donné, son Fils qui est son unique Parole, - car Il n'en a point d'autre, - Il nous a dit et révélé toutes choses en une seule fois par cette seule Parole et Il n'a plus à parler.

" Et c'est le sens du texte par lequel saint Paul veut induire les Hébreux à se retirer de ces premières manières et façons de traiter avec Dieu selon la loi de Moïse, et à jeter seulement les yeux sur le Christ, disant : ' Ce que Dieu, autrefois a dit à nos Pères par ses prophètes en maintes sorte et manières, maintenant, en ces derniers jours, Il nous l'a dit en son Fils tout en une seule fois ' (Hébreux, I, 1). En quoi l'Apôtre donne à entendre que Dieu est demeuré comme muet [como mudo] et qu'Il n'a plus rien à dire, parce que ce qu'Il disait alors par parcelles aux prophètes, Il l'a tout dit en Lui, en nous donnant le tout, qui est son Fils.

" C'est pourquoi celui qui demanderait maintenant à Dieu ou qui voudrait quelque vision ou révélation non seulement ferait une sottise mais ferait injure à Dieu, ne jetant pas entièrement les yeux sur le Christ, sans vouloir quelque autre chose ou nouveauté. Car Dieu pourrait lui répondre de cette manière, disant : ' Si Je t'ai tout dit en ma Parole qui est mon Fils, Je n'en ai point d'autre que Je puisse maintenant te répondre et révéler qui soit davantage que cela ; regarde-Le seulement parce que Je t'ai tout dit et révélé en Lui, et tu y trouveras encore plus que tu ne demandes et plus que tu ne saurais souhaiter. [...] Si tu veux que Je te dise un mot de consolation, vois mon Fils qui M'est si obéissant et soumis pour mon amour et qui est affligé et tu entendras ce qu'Il te répondra. Si tu veux que Je te déclare des choses cachées ou des événements, jette seulement les yeux sur Lui et tu y trouveras des mystères très cachés et la sagesse et les merveilles de Dieu qui sont encloses en Lui, selon que dit mon Apôtre : ' En lequel Fils de Dieu, tous les trésors de la sagesse et science de Dieu sont cachés ' (Col., II, 3). Lesquels trésors de sagesse seront pour toi beaucoup plus sublimes, plus savoureux et plus utiles que ce que tu veux savoir. Car pour cela le même Apôtre se glorifiait, disant qu'il avait ' donné à entendre qu'il ne savait autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié ' (I Corinthiens, II, 2). Et si tu veux encore d'autres visions et révélations divines ou corporelles, regarde-Le aussi humanisé, et tu y trouveras plus que tu ne penses, parce que l'Apôtre dit aussi que ' toute la plénitude de la Divinité demeure corporellement dans le Christ ' (Col., II, 9).'

" [...] Car lorsque le Christ dit en la Croix ces paroles : ' Tout est accompli ' (S. Jean, XIX, 30), quand Il expira, non seulement ces anciennes façons prirent fin, mais aussi toutes les cérémonies et coutumes de la vieille loi. Et ainsi nous devons nous gouverner en tout par la loi du Christ-Homme et par celle de son Église et de ses ministres, humainement et visiblement, et remédier par cette voie à nos ignorances et faiblesses spirituelles. "

 

        Les mots et les dogmes ont-ils de l'importance ? Quand, par exemple, on nous parle d'humanité, il s'agit bien de quelque chose de réel. Sans cela à quoi bon parler de crime contre l'humanité, des droits de l'Homme et de bien d'autres choses encore ? A moins de parler pour ne rien dire, il est donc inévitable ou nécessaire d'une nécessité de droit de soutenir que les hommes en tant que tels participent d'une même nature ou de la même humanité. Et du fait même que les hommes sont unis par une même nature, il doit logiquement s'ensuivre qu'il y a eu à l'origine du genre humain une unité de langage qui a dû ultérieurement se diversifier. Cette inférence prouve en outre que les hommes sont capables de se comprendre en utilisant un même langage et en affirmant ou infirmant les mêmes choses (1). Nous éprouvons une vive répugnance à soutenir que les mythes, symboles, archétypes et concepts de toutes les religions finiront par être intégrés à la conscience humaine dans un seul grand tout ou par dire "de façon univoquement positive la vérité essentielle" et que nos concepts, même révélés, empêchent "l'épanouissement de l'âge de l'Esprit" (2). Saint Jean de la Croix, le Docteur Mystique, dans son commentaire du XIIe couplet de son Cantique spirituel, soutient bien que pour arriver à la divine lumière de l'union d'amour de Dieu ou à la vraie union de Dieu, l'âme, en cette vie, doit s'appuyer uniquement sur les propositions et les articles que lui propose la foi, comparant la foi à l'argent et la claire vision de Dieu à l'or de la foi mis à nu. Dieu n'intègre pas les contradictoires. On va à Lui par la voie de la Vérité ou par sa Parole substantielle avec l'aide du Saint-Esprit. Et quand le Docteur Mystique parle, dans sa Nuit obscure de l'âme, de la nécessaire et amère purgation ou forte lessive que Dieu opère en notre âme en vidant ses puissances de tout ce qu'elles contiennent d'humain et de naturel pour parvenir à l'union avec Lui, il s'agit de la sortie de notre propre maison intérieure pour que Dieu l'habite dans la solitude ["en la soledad"]. Ce qui signifie, précise le Saint, qu'il faut sortir de notre basse manière d'entendre et de notre faible façon d'aimer. Autrement dit, dans l'union à Dieu, nos mythes, symboles, archétypes et concepts doivent être évacués de notre âme (3). En effet, Dieu est inaccessible à notre intelligence et à nos sentiments et par conséquent à notre expérience propre. Pour éviter de tenir pour vraies toutes les religions, il y aurait grand profit à relire et à méditer la Lettre encyclique "Pascendi Dominici gregis" du Pape saint Pie X sur les erreurs modernistes (4).

 

1) Genèse, II, 20 ; XI, 1, 5-9.

 

2) Le Saux (Henri), 1910-1973, O.S.B., moine bénédictin devenu Swâmi Abhishiktananda (profession monastique en 1931), Intériorité et révélation, essais théologiques, éd. Présence, 1982, IIe Partie, 3, IX : MYTHE, LOGOS, ESPRIT, pp. 203-207.

 

3) La Nuit obscure, Livre II, cc. XIII, XIV, IV : Explication ("Declaracion").

 

4) Pape Saint Pie X, Lettre encyclique "Pascendi Dominici gregis" du 8 septembre 1907 sur les erreurs modernistes, Vérité prétendue de toutes les religions, n. 16 :

 

"Ce que nous voulons observer ici, c'est que la doctrine de l'expérience, jointe à l'autre du symbolisme, consacre comme vraie toute religion, sans en excepter la religion païenne. Est-ce qu'on ne rencontre pas dans toutes les religions, des expériences de ce genre ? Beaucoup le disent. Or, de quel droit les modernistes dénieraient-ils la vérité aux expériences religieuses qui se font, par exemple, dans la religion mahométane ? Et en vertu de quel principe attribueraient-ils aux seuls catholiques le monopole des expériences vraies ? Ils s'en gardent bien : les uns d'une façon voilée, les autres ouvertement, ils tiennent pour vrai toutes les religions.

"C'est aussi bien une nécessité de leur système. Car, posés leurs principes, à quel chef pourraient-ils arguer une religion de fausseté ? Ce ne pourrait être évidemment que pour la fausseté du sentiment, ou pour celle de la formule. Mais, d'après eux, le sentiment est toujours et partout le même, substantiellement identique ; quant à la formule religieuse, tout ce qu'on lui demande, c'est l'adaptation au croyant - quel que soit par ailleurs son niveau intellectuel - en même temps qu'à sa foi. [...]

"Ce qui est fort étrange, c'est que des catholiques, c'est que des prêtres, dont Nous aimons à penser que de telles monstruosités leur font horreur, se comportent néanmoins, dans la pratique, comme s'ils les approuvaient pleinement ; c'est que des catholiques, des prêtres, décernent de telles louanges, rendent de tels hommages aux coryphées de l'erreur, qu'ils prêtent à penser que ce qu'ils veulent honorer par là, c'est moins les hommes eux-mêmes, non indignes peut-être de toute considération, que les erreurs par eux ouvertement professées et dont ils se sont faits les champions.

 

Id., ibid., II - Ignorance, n. 58 :

 

"Que si, des causes morales, Nous venons aux intellectuelles, la première qui se présente - et la principale - c'est l'ignorance. Oui, ces modernistes, qui jouent aux docteurs de l'Église, qui portent aux nues la philosophie moderne et regardent de si haut la scolastique, n'ont embrassé celle-là [la philosophie moderne], en se laissant prendre à ses apparences fallacieuses, que parce que, ignorants de celle-ci [de la scolastique ou de la philosophie thomiste], il leur a manqué l'instrument nécessaire pour percer les confusions et dissiper les sophismes. [...]

"Ignorance ou crainte, à vrai dire l'une et l'autre, c'est un fait qu'avec l'amour des nouveautés va toujours de pair la haine de la méthode scolastique ; et il n'est pas d'indice plus sûr que le goût des doctrines modernistes commence à poindre dans un esprit, que d'y voir naître le dégoût de cette méthode. [...]

"La tradition, ils s'efforcent d'en fausser perfidement le caractère et d'en saper l'autorité, afin de lui ôter toute valeur. Mais le second Concile de Nicée [en 787] fera toujours loi pour les catholiques ; il condamne ceux qui osent, sur les traces des hérétiques impies, mépriser les traditions ecclésiastiques, inventer quelque nouveauté... ou chercher, avec malice ou avec astuce, à renverser quoi que ce soit des légitimes traditions de l'Église catholique."

 

Pape Benoît XV, Encyclique Ad beatissimi, Ier novembre 1914, sur l'union des esprits et " les monstrueuses erreurs du Modernisme " :

 

     « Ainsi surgirent les monstrueuses erreurs du " Modernisme " que, à bon droit, notre prédécesseur [saint Pie X] a proclamé " le rendez-vous de toutes les hérésies " (Enc. Pascendi) et qu'il a solennellement condamné. Cette condamnation, vénérables frères, Nous la renouvelons dans toute son extension ; et comme une si pernicieuse contagion n'est pas complètement écoulée, mais maintenant encore se répand çà et là, quoique sournoisement. Nous demandons que tous se gardent, avec le plus grand soin, d'une peste si dangereuse, dont on peut bien dire ce que Job disait d'un autre mal : " C'est un feu qui dévore jusqu'à la ruine et qui détruit tous les germes [racines, fondements] " (Job, XXXI, 12)." Et nous ne désirons pas seulement que les catholiques détestent les erreurs des " modernistes ", mais aussi qu'ils évitent les tendances et l'esprit qui en est infecté repousse avec dégoût ce qui sent l'ancienneté, il recherche avidement et partout la nouveauté, dans la manière de parler des choses divines, dans la célébration du culte sacré, dans les institutions catholiques et jusque dans l'exercice de la piété sacrée. C'est pourquoi, Nous faisons nôtre cette règle sacrée de nos pères : " N'innovez rien, contentez-vous de la tradition " (Nihil innovetur, nisi quod traditum est. S. Etienne Ier, cité par S. Cyprien, epist. LXXIV ad Pomp.). que si cette loi doit être gardée inviolablement dans les choses de la foi, elle doit encore servir de norme en tout ce qui est sujet à changement, bien que sur ce dernier point vaille aussi la plupart du temps cette autre maxime : " Non des nouveautés, mais d'une façon nouvelle ". »

 

Pape Pie XII, Lettre encyclique Humani Generis du 12 août 1950, I, 3 :

 

"Il se présente encore un autre danger, d'autant plus grave qu'il se cache davantage sous l'apparence de la vertu. Beaucoup, déplorant la discorde et la confusion qui règnent dans les esprits, mus par un zèle des âmes imprudentes, éprouvent dans leur ardeur un vif désir de rompre les barrières qui divisent d'honnêtes gens ; ils adoptent, en conséquence, un tel 'irénisme' que, laissant de côté les questions qui divisent les hommes, ils envisagent non seulement de combattre d'un commun accord l'athéisme envahissant, mais même de réconcilier les dogmes, fussent-ils opposés. Et de même qu'il y eut autrefois des gens pour demander si l'apologétique traditionnelle de l'Église ne constituait pas plutôt un obstacle qu'une aide pour gagner les âmes au Christ, il n'en manque pas non plus aujourd'hui pour aller jusqu'à demander sérieusement si la théologie et la méthode qu'elle emploie, telles qu'elles se pratiquent dans les classes avec l'approbation de l'autorité ecclésiastique, ne doivent pas être non seulement perfectionnées, mais encore complètement réformées pour que le règne du Christ parmi les hommes de quelque culture ou de quelque opinion religieuse que ce soit. [...] ... enfin, qu'ils se gardent de croire, par un faux 'irénisme' qu'on peut obtenir un heureux retour des dissidents et des égarés à l'Église si on n'enseigne pas à tous, sincèrement, toute la vérité qu'enseigne l'Église, sans aucune corruption et sans aucune diminution."

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. IV, Les femmes, verset 171, p. 89 :

 

"  O gens du Livre ! Ne sortez pas de la juste mesure dans votre religion et ne dites sur Dieu que la vérité : Le Messie-Jésus-fils-de-Marie n'est que le Messager de Dieu. Son Verbe qu'Il a jeté à Marie et un esprit venant de Lui. Croyez donc à Dieu et à Ses Messagers et ne dites point 'trois'. Cessez ! C'est préférable pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Loin de Sa gloire et de Sa pureté qu'il ait un enfant. C'est à Lui qu'appartient ce qui est dans les cieux et en terre et Dieu suffit comme défenseur. " [Le verbe jeter est mal choisi car il suggère une action empreinte de désinvolture, de dédain, voire de mépris. On ne jette que ce qui est encombrant ou inutile. Quant aux gens du Livre, ils ne sortiraient de la juste mesure dans leur religion qu'en soutenant sur Dieu des propriétés qui contredisent celles qui sont contenues dans leur Livre.]

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. IV, Les femmes, verset 159, p. 88 :

 

" Il n'est certainement pas un seul parmi les gens du Livre à ne pas croire à lui (1) avant sa mort et le jour de la résurrection Jésus sera témoin contre eux." [Il s'agit des chrétiens qui soutiennent que " le Messie Jésus-fils-de-Marie, le Messager de Dieu ", est le fils de Dieu qui a été tué et crucifié et est ressuscité des morts, auquel les musulmans ne croient pas ! Cf. versets 157 et 158 cités plus bas.]

1)  Note du Dr Salah ed-Dine Kechrid : " Il est dit dans ce verset que tout homme se verra dévoilé la vérité sur son lit de mort et pas un seul humain ne mourra sans avoir reconnu auparavant le vrai du faux. C'est ainsi que les gens du Livre sauront toute la vérité sur Jésus. Les Juifs ne diront plus que c'est un menteur et les Chrétiens ne diront plus qu'il est le fils de Dieu. Mais hélas pour eux, Dieu n'accepte pas la conversion ni le repentir d'un mourant. La foi n'a de valeur que on l'accorde à l'Inconnu, car une fois qu'on a vu les choses de ses yeux, on n'a plus aucun mérite d'y croire." [Les Juifs et les Chrétiens, s'ils ne se convertissent pas à l'Islam, subiront donc le même sort, savoir la damnation éternelle. Et malgré les textes coraniques que nous venons de citer et d'autres que nous citerons encore, et qui sont à la portée de tout le monde, certaines autorités chrétiennes osent encore parler des "valeurs de l'Islam"! Ces valeurs ne sont-elles pas régressives par rapport aux nôtres ? Cette apologie à bon marché ne peut qu'apporter de l'eau au moulin des contempteurs du christianisme et combler d'aise les musulmans. Qu'on y réfléchisse et qu'on en tire toutes les conséquences pratiques !]

 

Id., chap. V, Le festin, verset 73, p. 102 :

 

« Ont effectivement renié ceux qui ont dit : "Dieu est le troisième de trois". Et il n'est de Dieu qu'un Dieu unique. S'ils ne mettent pas fin à leurs dires, un supplice douloureux touchera très certainement ceux d'entre eux qui auront renié. » [Les chrétiens en croyant au mystère de la Très Sainte Trinité sont donc voués aux supplices de l'enfer éternel.]

 

Id., chap. XCVIII, La preuve évidente, verset 6 :

 

« Ceux des gens du Livre qui ont mécru ainsi que les Associateurs sont dans le feu de l’Enfer où ils s’éterniseront. »

 

Id., chap. CXII, La Foi pure et exclusive, versets 1-3 :

 

« 1 – Dis : C’est Lui Dieu, seul et unique.

« 2 – Dieu, le recours suprême et efficient.

« 3 – Il n’a jamais enfanté et Il n’a jamais été enfanté. »

        Jamais l'Eglise catholique n'a enseigné qu'il y avait plusieurs Dieux. Quiconque soutiendrait une telle thèse ne serait plus catholique, ni même chrétien. Et, à plus forte raison, le Magistère authentique de cette Eglise n'a jamais assimilé le Père, le Verbe éternel et le Saint-Esprit à trois personnes humaines. L'Évangile de Jésus-Christ n'y fait aucune allusion. Il y aurait là un anthropomorphisme inconciliable avec la foi catholique reçue des Apôtres et confirmée tout au long des siècles par les successeurs de l'Apôtre Pierre.

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. IV, Les femmes, versets 157 et 158, p. 88 :

 

Parce qu'ils ont dit : 'Nous avons tué le Messie Jésus-fils-de-Marie, le Messager de Dieu.' Ils ne l'ont ni tué, ni crucifié mais ils furent abusés par quelque ressemblance. Ceux qui ont été en désaccord à son sujet doutèrent certainement de sa vraie identité car ils n'avaient de lui aucune connaissance sûre si ce n'est une simple conjecture et ils ne l'ont pas tué pleinement convaincus de son identité. "

" Dieu l'a plutôt élevé à Lui et Dieu est constamment puissant et sage. " [L'auteur de cette sourate fait vraiment montre d'une assurance effrontée pour soutenir sans le moindre document à l'appui et sans la moindre connaissance des quatre Évangiles que les évangélistes, et même les autres apôtres et disciples du Christ, furent abusés dans leur témoignage. A ce compte-là, n'importe qui peut soutenir n'importe quoi. Gardons les yeux ouverts. Essayons de discerner le vrai du faux et ayons le courage de déclarer sans ambages que cette sourate ne mérite pas d'être prise au sérieux. Il est vraiment surprenant que, malgré des textes rationnellement et théologiquement irrecevables, l'Islam ait pu produire de remarquables sages ou métaphysiciens, à l'instar d'Al-Kindî (+ 873), de Hallâj (v.857-v.922), d'Al-Fârâbî (+ 950), d'Avicenne (980-1037), de Hujwîrî (+ v.1074), d'Al-Gazzâlî (+ 1111), d'Averroès (1126-1198), d'Ibn Arabî (1165-1240), de Rûmî (1207-1273), de Djâmî (1414-1492) et de bien d'autres auxquels nous rendons hommage. On peut voir ici la mystérieuse clémence, l'infinie miséricorde et la pure gratuité de l'Amour de Dieu. Vraiment, comme le dit Jésus, il y a plusieurs demeures dans la Maison du Père (a). Il est des êtres qui sont semblables aux abeilles capables de produire un miel excellent en butinant les fleurs les plus disgracieuses ou encore des êtres semblables au roi Midas qui changeait en or tout ce qu'il touchait (bien que le roi Midas priât Bacchus de lui retirer son don qui le condamnait à mourir d'inanition, ses aliments mêmes se changeant en or - et c'est la raison pour laquelle on ne peut changer tout en or sans encourir les foudres de dame Nature). Qui peut en effet mesurer la profondeur de l'Amour du Père ? Seul l'Esprit sonde les profondeurs de Dieu et révèle celles-ci au cœur de l'homme, et non pas à sa pensée bien trop limitée. L'Action de Dieu ajuste si merveilleusement et si mystérieusement les contradictions humaines qu'Elle atteint toujours ce qu'Elle vise (b). En effet, Dieu "fait miséricorde à qui Il fait miséricorde" (c). Et Il ne nous voit que dans la pureté et la simplicité de son Être, au-delà de tout concept mental ("vritti") ou de toute pensée, à la source même de notre être, là d'où jaillit notre conscience profonde et absolue d'être et où nous pouvons vraiment dire : "Je suis". Et c'est surtout à ce niveau qu'il convient de se placer pour avoir avec les musulmans de profonds et solides liens spirituels, - ce qui n'est possible qu'avec la grâce de Dieu, car humainement parlant les musulmans n'utilisent la plupart du temps que des affirmations tirées du Coran et se montrent incapables de défendre leur position ou d'infirmer la nôtre par la raison, au point même qu'ils en arrivent en remettre en question les premiers principes s'ils sont poussés dans leurs derniers retranchements ou s'ils se voient mis en état de vulnérabilité, ce qui rend stérile tout dialogue, puisque la valeur du principe de non-contradiction n'est plus reconnue, réduits à se réfugier dans une nouvelle logique prétendument extraite directement du Coran pour les besoins de leur cause, ne voyant plus que ce principe convient à tout mode d'être, réel ou possible, en acte ou en puissance, existence ou essence, substance ou accident, et jusqu'à l'être idéal d'une pensée, rejetant ainsi son caractère d'universalité. Ce genre d'approche, quand il s'établit, va beaucoup plus loin que l'humanisme de notre monde d'aujourd'hui qui ignore ou récuse la possibilité de pénétrer dans le centre de la crypte du cœur humain, lieu de l'Être même ou du Soi suprême apparemment expérimenté par Husayn Mansûr Al-Hallâj, humanisme qui refuse de se référer à Dieu, Cause première universelle de toutes choses, Souverain Bien et fondement ultime de la connaissance du bien et du mal, connaissance nécessaire sans laquelle l'homme est capable du pire. Cela dit, au sujet de l'expérience religieuse de Hallâj, nous laissons à l'Église le soin de se prononcer (personnellement nous pensons plutôt à une expérience d'ordre métaphysique, et non mystique au sens chrétien du terme, car Dieu ne peut pas se contredire dans ses révélations). Que Dieu souverainement bon, souverainement clément et souverainement miséricordieux nous accorde la grâce d'agir constamment avec un esprit de douceur et de bonté ! Et retenons cet enseignement très précieux de saint Denys l'Aréopagite qui nous dit par sa lettre huitième au moine Démophile que " la théologie a proclamé bons tous ceux qui ne soupçonnent et n'accomplissent pas le mal, et que la méchanceté même d'autrui ne fait pas sortir de leur bonté ; qui au contraire, à l'exemple de la Nature divine, rendent bons les mauvais, et déploient à leur égard une bonté immense, et leur inspirent doucement une sainte émulation". "Aussi notre auguste initiateur instruit en toute charité ceux qui résistent à la doctrine de Dieu, précise ce premier des mystiques après les apôtres en s'appuyant manifestement sur l'autorité saint Paul (d) ; car il faut éclairer et non punir les ignorants : c'est ainsi qu'on ne frappe pas les aveugles, mais on les guide par la main "." C'est ce que fit saint Pierre Nolasque (v. 1182 ou 1189-1256) avec un roi maure d'Andalousie qui, touché par la charité de ce saint, se jeta entre ses bras, reçut le baptême et lui demanda même l'habit de son ordre (e).

a)  Cf. S. Jean XIV, 2.

b)  Cf. Jean-Pierre de Caussade (1675-1751), S. J., L'abandon à la Providence divine, collection Christus, éd. Desclée de Brouwer, Paris, 1966, chap. X.

c)   Romains, IX, 15.

d)  Cf. II Timothée, II, 24-26.

e)  Bossuet, Panégyrique de saint Pierre Nolasque, édit. Lebel, T. XVI, pp. 74, 75, cité par le cardinal Pie (1815-1880) [évêque de Poitiers (1849) qui contribua au concile du Vatican à la définition de l'infaillibilité pontificale (1870) et fut créé cardinal par le Pape Léon XIII en 1879], Œuvres de Mgr l'Evêque de Poitiers, 10 volumes, tome VI, chap. XVIII, dans sa Lettre au clergé du 10 mai 1868, prescrivant une quête en faveur de la population arabe de l'Algérie, décimée par la famine, Henri Oudin, Librairie-Editeur, Paris, Victor Palmé, Librairie-Editeur, 1872, pages 194-195.

 

Autre traduction - en un seul verset - des deux versets précédents par Édouard Montet, professeur de langues orientales, recteur honoraire de l'Université de Genève, éd. Payot, Paris, 1949, Sourate 4, Sourate des femmes, verset 156, p. 181 :

 

« Ils ont dit : "En vérité, nous avons tué le Messie, Jésus fils de Marie, l'Apôtre de Dieu." Mais ils ne l'ont pas tué ; ils ne l'ont pas crucifié : c'était une ressemblance pour eux. En vérité, ceux qui diffèrent à son sujet, sont dans le doute sur lui ; ils n'ont pas sur lui une connaissance (certaine), mais ils suivent (seulement) une opinion. Ils ne l'ont pas tué, c'est certain, mais Allâh l'a élevé auprès de lui, parce qu'Allâh est puissant et sage. » [Cette traduction, il faut bien le reconnaître, est beaucoup plus claire que la précédente. En effet, les mots sont mieux agencés et les phrases plus correctement ponctuées.]

 

L’Emir CHEKIB ARSLAN, Membre de l’Académie arabe de Damas :

 

« Les publications sur l’Islam du Professeur Montet sont très remarquables et occupent un rang exceptionnel et tout à fait à part dans les travaux des savants européens de l’Islam… Sa traduction du Coran, très exacte, très fidèle au texte arabe et d’un caractère hautement littéraire, laisse loin derrière elle toutes les traductions du Livre Saint en langues européennes. »

 

ABD EL HAKIM, Ancien conseiller du Sultan du Maroc Abd Oul-Aziz :

 

« Le professeur Montet est l’ami de l’Islam. C’est ce que démontrent ses travaux sur l’Islam et sa traduction du Coran. »

 

S. Matthieu, XVI, 21-23 (cf. également S. Marc, VIII, 31-33) :

 

A partir de ce moment, Jésus-Christ commença à montrer à ses Disciples qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem et souffrît beaucoup des anciens, et des grands prêtres et des scribes, et qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât le troisième jour. Et Pierre, le prenant à part, se mit à le réprimander disant : 'A Dieu ne plaise, Seigneur! cela ne t'arrivera pas.' Mais lui se retournant, dit à Pierre : 'Arrière de moi, Satan! tu m'es un scandale ; car tes sentiments ne sont pas de Dieu, mais ceux des hommes!' " [Mahomet (ou Muhammad) n'aurait-il pas eu les mêmes sentiments que l'apôtre Pierre en entendant parler des souffrances, de la crucifixion et de la mort du Jésus-fils-de-Marie ? Humainement parlant, est-il en effet tolérable de penser qu'un frère ou un être cher puisse passer par des épreuves comparables à celles de Jésus-Christ ? Mais les voies de Dieu ne sont pas celles des hommes. Quand Dieu parle par l'intermédiaire de ses prophètes ou de ses élus et messagers, l'homme doit se taire et recevoir humblement et fidèlement sa Parole en mettant sa vie en accord avec Celle-ci.]

 

Saint Luc, XXIV, 3-7 (cf. S. Marc, XVI, 5-7 ; S. Matthieu, XXVIII, 5-7) :

 

" Et étant entrées [dans le Saint-Sépulcre], [les saintes femmes] ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Et tandis qu'elles ne savaient à quoi s'en tenir, voici que deux hommes [deux anges] se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Comme elles étaient saisies d'effroi et inclinaient le visage vers la terre, ils leur dirent : " Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est pas ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de ce qu'il vous a dit, étant encore en Galilée au sujet du Fils de l'homme " qu'il devait être livré entre les mains d'hommes pécheurs, et être crucifié et ressusciter le troisième jour " (cf. S. Marc, IX, 31 ; S. Matthieu, XVII, 22-23 ; S. Luc, IX, 44 ; S. Jean, XX : 24-28)."

 

Marie d'Agréda (1602-1665), La Cité mystique de Dieu, éd. Saint-Michel, Saint-Cénéré (Mayenne), 1970, IIe Partie, livre VIe, chapitre XXIII, Conciliabule que Lucifer tint avec ses démons après la mort de notre Seigneur Jésus-Christ, n°1429 :

 

"Après cette délibération, les démons se partagèrent en plusieurs bandes, suivant les différents vices, et se départirent les offices qu'ils devaient exercer pour tenter les hommes avec toute l'astuce possible. Ils décidèrent qu'ils devaient s'efforcer de maintenir l'idolâtrie dans le monde, afin que les hommes n'arrivassent point à la connaissance du vrai Dieu et de la rédemption du genre humain. Et que si l'idolâtrie disparaissait ils feraient naître de nouvelles sectes et des hérésies, en choisissant à cet effet les hommes les plus pervers et les plus corrompus, qui seraient les premiers à les embrasser et à les enseigner. C'est dans ce conciliabule infernal que furent inventées la secte de Mahomet, les hérésies d'Arius, de Pélage, de Nestorius, et toutes celles qui se sont produites dans le monde depuis la primitive Église jusqu'à nos jours, entre plusieurs autres qu'ils y forgèrent et qu'il n'est ni nécessaire ni convenable de rapporter ici. Lucifer approuva ce système diabolique parce qu'il était contraire à la vérité divine, et sapait le fondement du salut des hommes, qui consiste en la foi."

 

Garrido (Jules), Directeur de Recherches au Centre National de la Recherche Scientifique, Attitudes face à l'Islam (Étude des opinions contemporaines sur la religion musulmane), Cahiers Saint Bernard I, Les Éditions du Cèdre, 13, rue Mazarine, Paris, 1965, p. 17 :

 

"L'Islam est pour l'Église catholique non seulement un cas d'infidélité (car elle ne conserve qu'une partie de la Révélation [non pas une partie de la Révélation, mais plutôt un véritable fouillis de contradictions et d'hérésies !]) mais aussi une des infidélités les plus éloignées de la doctrine orthodoxe puisqu'elle nie les dogmes fondamentaux de la Religion chrétienne : la Trinité, l'Incarnation et la Rédemption. En ce sens la doctrine de l'Islam contient un très grand nombre d'hérésies et par conséquent à sa doctrine sont applicables toutes les condamnations, tous les anathèmes qui ont été officiellement prononcés contre ces déviations doctrinales. Une brève énumération (qui n'est pas complète) nous permet d'évaluer le nombre de ces condamnations à plus de 1 000. Malgré ces nombreuses condamnations il se trouve maintenant [en 1965] des 'catholiques' qui, par ignorance, par déformation intellectuelle ou même faisant preuve de mauvaise foi, voudraient altérer la position doctrinale de l'Église dans un sens libéral et contraire à ses définitions dogmatiques qui seraient 'dépassées' (1)." [Nous rejoignons la pensée de Monsieur Jules Garrido lorsqu'il écrit (p.7) "que les musulmans sont les premiers captifs de l'Islam et par conséquent les premiers qu'il faudrait libérer". Ce serait même un acte de charité chrétienne. Le père Charles de Foucauld avait bien prévu ce qui arriverait en écrivant : "Si nous n'arrivons pas à faire chrétiens les peuples d'Afrique du Nord, ils nous chasseront et formeront un empire africain indépendant qui sera notre ennemi", "un empire hostile, redoutable et babare" précise-t-il dans une lettre à son ami Jacques de Fitz James et dans son rapport de 1912." - Cf. note 1, Introduction, page 4.- La mission du P. de Foucauld fut un échec, parce que les gouvernants de son époque, conduits par les principes issus de la Révolution et inspirés par la franc-maçonnerie, qui est tout à fait opposée au Saint Évangile, ne pouvaient pas faire régner le Christ sur la France et son empire - Algérie, Tunisie, Maroc, Soudan et Sahara - sans être désavoués ou rejetés par leur parti. Il ne faut quand même pas rêver. A ce sujet, le P. de Clorivière, un saint jésuite contemporain de la Révolution, nous a apporté un témoignage irrécusable (2).]

1.   « La littérature philoislamique produite par des 'catholiques' hantés par le souci de 'dépasser' la doctrine de l'Église, a augmenté considérablement ces dernières années, surtout en France. Sa lecture est affligeante par son imprécision et sa faiblesse doctrinale : 'Des catholiques 'dépasseurs' verbeux et écrivassiers délivrez-nous Seigneur!!'. »

2.   Cf. Pierre de Clorivière, jésuite, contemporain et juge de la Révolution (1735-1820), Introduction de M. René Bazin, 1863-1932, romancier catholique, membre de l'Académie française, biographe du P. de Foucauld et de saint Pie X, J. de Gigord, Éditeur, Paris, 1926.

 

Charles de Foucauld, En vue de Dieu seul, 2 - Foi, Nouvelle Cité, Paris, 1973, pp. 178-179, 180, 181 :

 

" 75. " Si vous ne croyez pas ce que je suis [que moi je suis], vous mourrez tous dans votre péché." (Jn 8, 24) - C'est le dogme : " Hors la foi, hors l'Eglise, point de salut " (1), que vous énoncez ici, mon Dieu. ... Oui, hors la foi, point de salut. A la vérité, on peut se sauver en croyant en vous de foi implicite, et en étant dans l'Eglise de vœu seulement, mais ceci ne suffit que chez ceux qui sont dans l'ignorance invincible de vous et de votre Eglise. [...] Qui dira le coin du monde où le nom de Chrétien n'est pas connu ? Qui dira si en entendant ce nom, l'âme du sauvage, du musulman n'a pas reçu de Dieu une grâce, une bonne inspiration et que, s'il reste dans sa fausse religion, c'est non ignorance invincible, mais infidélité à la grâce dont il n'a pas suivi l'appel ? [...]

" 76. " Si vous ne voulez pas me croire, croyez à mes œuvres, pour que vous sachiez et que vous croyiez que le Père est en moi et moi dans mon Père." (Jn 10, 38) - Mon Seigneur, vous proclamez la vérité, vous la prouvez par vos miracles et vous daignez encore la démontrer par le raisonnement. Que vous êtes bon ! Que vous prenez de soin et de peine pour faire naître la foi dans les âmes, pour leur faire embrasser la religion catholique ! C'est que vous les aimez ces âmes créées à votre image, sorties de la main de votre Père ; et le moyen presque unique pour elles de se sauver est de devenir chrétien catholique (car au bout de peu de siècles le christianisme était tellement prêché partout, que l'ignorance invincible de la Révélation, est depuis lors presque impossible ; et d'ailleurs, même s'il y avait ignorance invincible, il serait bien difficile de se sauver sans tous les secours que donne l'Eglise, quand nous voyons qu'avec ces secours cela est déjà si laborieux). [...] Désirons donc ardemment que tous les homes aient la foi... travaillons de toutes nos forces, par les moyens que Dieu met dans nos mains, à la faire acquérir à ceux qui ne l'ont pas et à l'augmenter en ceux qui l'ont..."

1)  " Extra Ecclesia salus non est." S. Cyprien, Ep. 73, ad Jubaianum, 21 ; De Unitate Ecclesiæ, VI, P. L., IV, 503 : " Hors de l'arche, le déluge et la mort ; hors de l'Eglise, la damnation." ; Conc. Later. cap. IV, Firmiter ; Conc. Florent. Decretum pro Jacobitis. Cf. Denzinger Bannwart, 430, 714, 1647, 1677. 

 

Id., pp. 191-192 :

 

" 86. " Le Père vous aime, parce que vous m'aimez et que vous croyez que je suis son Fils [et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu]." (Jn 16, 27) - Vous donnez ici à la foi accompagnée de la charité, le pouvoir d'attirer l'amour du Père. Il ne suffit pas qu'on pense aimer son Fils comme homme, qu'on l'admire, il faut qu'on l'admire assez pour reconnaître en lui plus qu'un homme, qu'on l'aime, non de l'amour qu'on attribue à un homme, mais de celui qu'on doit à Dieu... Quand on croit en votre Fils comme on doit croire en lui et qu'on l'aime comme on doit l'aimer, alors on est vraiment son ami, son fidèle serviteur, son disciple dévoué, ... et par un effet naturel de l'amour du Père pour le Fils, le Père aime les amis, les fidèles serviteurs, les disciples dévoués, les vrais amis de son Fils. Mais le Père aime trop le Fils pour pouvoir aimer ceux qui, avertis de ce qu'ils doivent aux Fils, ne lui rendent pas les devoirs qui lui sont dus. Et c'est une des causes pour lesquelles " hors de la foi, hors de l'Eglise pas de salut " (1), c'est que le Père aime trop le Fils pour pouvoir aimer et recevoir comme siens ceux qui, avertis de ce qu'est le Fils, appelés à lui par la grâce du Père et par ses envoyés, ont trop de mauvaise volonté, d'indifférence ou de lâcheté pour reconnaître le Fils pour ce qu'il est et lui rendre les devoirs et l'amour qu'ils lui doivent : Le Père aime trop le Fils pour pouvoir aimer de tels hommes."

1)  Cf. note 1 plus haut.

 

II Timothée, III, 16 :

 

"Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit parfaitement équipé pour faire toute œuvre bonne."

 

Galates, I, 8-10 :

 

« Eh bien! Si jamais quelqu'un, fût-ce nous même, fût-ce un ange venu du ciel, vous prêchait un évangile autre que celui que nous avons prêché, qu'il soit anathème! Nous l'avons déjà dit, je le redis à cette heure : si quelqu'un vous prêche un évangile autre que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème! A cette heure, est-ce donc la faveur des hommes ou celle de Dieu que je veux gagner? Est-ce aux hommes que je cherche à plaire ? Si j'en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas un serviteur du Christ. »

 

I Jean, II, 22-23 ; IV, 1-3 :

 

"Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ? Le voilà l'Antichrist, celui qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils possède aussi le Père. [...] Mes bien-aimés, n'ayez pas foi en tout esprit, mais contrôlez les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu, car quantité de faux prophètes [dont Muhammad] sont venus dans le monde. Voici à quoi vous reconnaîtrez l'Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ incarné est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas ce Jésus n'est pas de Dieu ; mais cet esprit est celui de l'Antichrist, dont vous avez appris qu'il vient et qui, dès maintenant, est dans le monde."

 

II Jean, I, 9-11 :

 

" Quiconque va plus avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ n'a pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine a le Père et aussi le Fils. Si quelqu'un vient à vous qui ait une doctrine différente, ne le recevez pas chez vous et ne le saluez pas. Car celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises."

 

Saint Bonaventure (1221 - 1274), le " Docteur Séraphique ", franciscain, cardinal, qui fut le VIIIe successeur de saint François d'Assise à la tête de son Ordre, docteur de l'Église, Questiones disputatae de Myst. Trin., q. 2, a. 2 (V, 65 a - 66 a) :

 

" Ainsi il apparaît qu'on ne peut louer la divine Unité si l'on ne tient également la Trinité, et que nul ne peut honorer Dieu-Un, s'il ne tient en même temps que ce Dieu est trine..." [Avis aux musulmans ou aux catholiques qui les induisent en erreur en leur faisant croire qu'ils peuvent obtenir le salut éternel en vivant dans une fausse et abominable religion et en les encourageant ainsi à y demeurer et dans laquelle Jésus-Christ est rejeté en tant que Dieu, Créateur, Rédempteur et Sauveur. Ceux qui se font les complices d'une telle apostasie ou s'opposent à la prédication de l'évangile à toute créature (1) sont eux-mêmes des apostats et devront répondre de leurs actes devant la bienheureuse Trinité, parce que l'on ne se moque pas impunément de Dieu et que Jésus n'est pas mort pour rien ou pour rire. - S. Matthieu, 16 : 15 ; Syllabus, Pape Pie IX, ch. III, nos 15-18 ; R. P. Edouard Hugon, Prof. de Dogme aux facultés de " L'Angelico " de Rome, Membre de l'Académie Romaine de Saint Thomas d'Aquin, Hors de l'Église point de salut, Pierre Téqui, Librairie-Éditeur, 1927].

 

Ibid., Itinéraire de l'esprit vers Dieu, Prologue :

 

" 2. Circonstances de la composition de ce livre.

" [...] C'est alors qu'une inspiration, vers le trente-troisième anniversaire du trépas de saint François d'Assise, me conduisit à l'écart sur le mont Alverne comme en un lieu de repos, avec le désir d'y trouver la paix de l'esprit. Là, tandis que je méditais sur les élévations de l'âme vers Dieu, je me remémorai, entre autres choses, le miracle arrivé en ce lieu à saint François lui-même : la vision du séraphin ailé en forme de croix. Or il me sembla aussitôt que cette apparition représentait l'extase du bienheureux père et indiquait l'itinéraire à suivre pour y parvenir.

" 3. Le séraphin aux six ailes, symbole des sis degrés d'illumination.

" Les six ailes du séraphin sont en effet une heureuse figure des six élévations ou illuminations qui acheminent l'âme, comme autant de degrés ou de sentiers, à la possession de la paix au moyen des transports extatiques de la sagesse chrétienne (per ecstaticos excessus sapientiae christianae). Quant à l'itinéraire à suivre, il n'est autre que l'amour très ardent du crucifié, cet amour qui ravit Paul au troisième ciel (cf. II Cor., 12 : 2) et le transporta tellement en Jésus-Christ qu'il pouvait dire : " Avec le Christ je suis cloué à la croix. Je vis, ou plutôt non, ce n'est plus moi qui vis : c'est le Christ qui vit en moi " (Galates, 2, 19-20) ; cet amour surtout qui imprégna tellement l'âme de saint François qu'il finit par transparaître dans sa chair, les deux dernières années de sa vie où il porta sur son corps les stigmates sacrés de la Passion (de 1224 à 1226). Les six ailes du séraphin signifient donc les six degrés d'illumination qui partent des créatures et conduisent jusqu'à Dieu, auprès duquel nul ne réussit à pénétrer s'il ne passe par Jésus crucifié : " Celui, en effet, qui n'entre pas par la porte, mais qui monte par ailleurs, est un voleur et un brigand (S. Jean, 10 : 1). Celui, au contraire, qui passe par cette porte entrera et sortira à la rencontre des pâturages " (S. Jean, 10 : 9). C'est pourquoi Jean dit dans l'Apocalypse : " Bienheureux ceux qui lavent leurs vêtements dans le sang de l'Agneau ; ils auront droit à l'arbre de vie et pénétreront dans la cité par les portes " (Apocalypse, 22 : 14). Autrement dit : la contemplation ne peut introduire personne dans la Jérusalem d'en haut, s'il n'y entre par la porte qu'est le sang de l'Agneau."

 

Ibid., Id., chap. VII : De l'extase mystique où notre intelligence se tient en repos, tandis que notre ferveur passe tout entière en Dieu :

 

" I. [...] Il nous reste à dépasser et à transcender par la contemplation, non seulement le monde sensible, mais l'âme elle-même (1). Dans ce passage le Christ est " la voie et la porte, l'échelle et le véhicule " (2) ; il est " le propitiatoire posé sur l'Arche de Dieu " (3) et " le mystère caché depuis le commencement " (4).

" 4. Ce passage, pour être parfait, doit laisser en arrière toutes les opérations de l'intelligence, puis transporter et transformer en Dieu le foyer de toutes nos affections. Mais c'est là un don mystique très secret, que " personne ne connaît s'il ne l'a reçu " (5), que nul ne reçoit s'il ne le désire et qu'on ne saurait désirer à moins d'être embrasé jusqu'à la moelle par le feu de l'Esprit saint, que le Christ a porté sur la terre (6). C'est pourquoi l'Apôtre déclare que cette mystique sagesse est une révélation du saint Esprit (7).

" 6. Comment tout cela peut-il se faire, demandes-tu ? Interroge la grâce et non la science ; le désir et non l'intelligence ; les gémissements de la prière (8) et non l'étude des livres ; l'époux (sponsum) et non le maître (magistrum) ; Dieu et non l'homme ; l'obscurité (caliginem) et non la clarté ; non la lumière qui brille mais le feu qui embrase tout entier et qui transporte en Dieu par les onctions de l'extase et les plus brûlantes affections. Ce feu c'est Dieu lui-même, et " son foyer se trouve dans la sainte Jérusalem " (9). C'est le Christ qui l'a allumé par la ferveur dévorante de sa Passion, et celui-là seul en reçoit vraiment les atteintes, qui s'écrie : " Mon âme a souhaité prendre son vol et mes os ont demandé la mort " (10). Quiconque désire une telle mort peut voir Dieu, car on ne peut douter de la vérité de cette parole : " L'homme ne me verra pas de son vivant " (11). Mourrons donc et entrons dans les ténèbres (12) ; imposons silence aux préoccupations, à la concupiscence et à l'imagination sensible. Passons avec Jésus crucifié " de ce monde au Père " (13). Après avoir vu le Père, nous déclarerons avec Philippe : " Cela nous suffit " (14). Et nous entendrons dire comme Paul : " Ma grâce te suffit " (15). Transportés de joie nous chanterons avec David : " Ma chair et mon cœur défaillent, ô Dieu de mon cœur, mon partage pour l'éternité. Béni soit le Seigneur éternellement et que tout le peuple s'écrie : Fiat, qu'il soit fait ainsi ! " (16). Amen."

1)  Cf. I Timothée, 2 : 5 ;

2)  S. Jean, 14 : 6 ; 10 : 7 ;

3)  Exode, 25 : 20 ;

4)  Ephésiens, 3 : 9 ;

5)  Apocalypse, 2 : 17 ;

6)  Cf. S. Luc, 12 : 49 ;

7)  Cf. I Corinthiens, 2 : 10 et suiv. ;

8)  Cf. Romains, 8 : 26 ;

9)  Isaïe, 31 : 9 ;

10)                   Job, 7 : 15 ;

11)                   Exode, 33 : 20 ;

12)                   Il s'agit des ténèbres de la foi, qui est une nuit obscure pour les puissances naturelles de notre âmes (cf. S. Jean de la Croix, la Nuit obscure, livre II) ;

13)                   S. Jean, 13 : 1 ;

14)                   Ibid., 14 : 3 ;

15)                   II Corinthiens, 12 : 9 ;

16)                   Psaumes, 2 : 26 ; 105 : 48.

 

Charles de Foucauld (1858-1916), cité par Jean-François Six dans son livre : Vie de Charles de Foucauld, "Au cœur du monde, 1901-1916", pp. 234 et 239 ("Un demi-siècle") :

 

"Quel bel empire : Algérie-Tunisie-Maroc-Soudan-Sahara ! Quel bel empire ! A condition de le civiliser, de le franciser et non de se contenter de le maintenir et de l'exploiter. Si nous cherchons à civiliser, à élever à notre niveau ces peuples qui sont trente millions maintenant et qui seront, grâce à la paix, soixante millions dans cinquante ans, cet empire africain sera dans un demi-siècle un admirable prolongement de la France. Si, oublieux de l'amour du prochain, commandé par Dieu, notre Père commun, et de la Fraternité écrite sur tous nos murs, nous traitons ces peuples, non en enfants, mais en matière d'exploitation, l'union que nous leur aurons donnée se retournera contre nous, et ils nous jetteront à la mer à la première difficulté européenne. [...] Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens."

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. V, Le festin, verset 46, p. 98 :

 

" Nous avons enchaîné sur leurs traces par l'envoi de Jésus-fils-de-Marie confirmant la Torah venue avant lui. Nous lui avons apporté l'Évangile contenant une bonne direction et une lumière, confirmant la Torah venue avant lui et apportant une bonne direction et une école de morale pour les gens pieux. " [La première phrase est mal construite. Le verbe nous avons enchaîné, qui est un verbe transitif direct, appelle, en principe, un complément d'objet. L'Évangile de Jésus-Christ confirme effectivement la Torah, mais Muhammad se référait malheureusement à un Évangile et à une Torah inconnus des chrétiens et des juifs ou qui n'existaient que dans sa pensée pour justifier ses préventions. Selon l'Évangile de S. Luc, l'ange Gabriel fut envoyé à Marie et lui annonça qu'elle concevrait et enfanterait un fils qu'elle appellerait du nom de Jésus. Marie, qui avait fait vœu de virginité, fut fort surprise et demanda à l'ange comment cela se ferait. Et l'ange Gabriel lui répondit que l'Esprit-Saint viendrait sur elle, que la vertu du Très-Haut la couvrirait de son ombre et que, pour cela, l'enfant serait saint et appelé Fils de Dieu. De son côté, Muhammad soutint qu'un ange de Dieu nommé Gabriel ou " Saint-Esprit " lui apparut et lui dicta un Message ultime venu de Dieu et désigné par le nom de Coran (a). Or le verset 30 de la sourate IX de ce Message nous révèle que les chrétiens s'égarent en croyant que le Messie, ou Jésus de Nazareth, est Fils de Dieu. Il est impossible que l'archange saint Gabriel, la Force de Dieu et le céleste ambassadeur de la glorieuse Trinité auprès de notre Mère immaculée, ne soit pas et soit le Saint-Esprit et que Jésus soit et ne soit pas le Fils unique de Dieu (b). Un ange de Dieu ne peut se contredire ni se tromper ni nous tromper. Ne blasphémons donc pas en prenant l'ange de l'Annonciation pour le père du mensonge (c). Quant à l'appellation Saint-Esprit utilisée pour désigner cet ange, en l'occurrence l'Ange de l'Incarnation, elle désigne en réalité Dieu en tant que troisième Personne de la Trinité qui procède éternellement du Père et du Fils, et non pas une créature. De ce qui précède on peut déjà conclure avec certitude que la Révélation chrétienne et la " Révélation " coranique sont absolument inconciliables. Et celui qui soutient le contraire en nous faisant remarquer que le Pape invite les musulmans à prier avec les chrétiens pour la paix ne mérite qu'un bonnet d'âne. De plus, il convient de ne pas oublier que le Coran ne peut pas constituer une nouvelle révélation publique de Dieu, puisque l'économie chrétienne est l'alliance nouvelle et définitive. Le Coran n'étant par conséquent qu'une œuvre humaine, il ne sied pas de le considérer comme une révélation divine. Et si l'on soutient que l'auteur de ce livre a été quelque peu inspiré, il n'a pu l'être que par le prince des ténèbres, car " quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père" (d). Ce qui est écrit, est écrit. Que cela soit dit une fois pour toutes ! Les écrits et les discours des plus grands orateurs, écrivains, philosophes et savants n'y changeront rien. Le principe de contradiction s'impose à tout être raisonnable et vaut absolument. Hélas! dirait l'incomparable Virgile, avec des dieux contraires, on ne peut compter sur rien. (e) ".]

a) Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. 2 , La vache, verset 97 :

 

        " Dis : Celui qui est ennemi de Gabriel, eh bien c'est Gabriel qui t'a fait descendre sur ton cœur, avec la permission de Dieu, le Coran venant confirmer ce qui l'a précédé, guider les Croyants sur le droit chemin et leur annoncer la bonne nouvelle."

 

Non, les chrétiens et les musulmans n'adorent pas le même Dieu ou une même Personne divine, car Dieu ne peut pas se contredire en envoyant un de ses anges révéler à l'un une chose et à l'autre son contraire. Ne faisons pas de Dieu un menteur ou le père du mensonge (cf. S. Jean, 8 : 44). Dieu est la Vérité même (cf. S. Jean, 14 : 6). Il ne peut par conséquent ni Se tromper ni nous tromper. Outre cela, l'Islam sans le Coran n'existerait pas et les musulmans non plus. Or, selon la foi catholique, la Révélation divine a été close avec les Apôtres. Le Coran n'a donc été révélé ni par Dieu ni par l'un de ses anges. Le Christ n'a-t-il pas dit sur la Croix qu'il avait parachevé l'œuvre de son Père (cf. S. Jean, 19 : 30 ; en latin "Consummatum est", en grec "Tetelestai") ? Ô misérables théologiens modernistes faux et fuyants, qui se permettent de dire n'importe quoi et d'égarer le peuple de Dieu ! N'est-il pas évident que le Coran ne peut absolument pas avoir le Dieu de Jésus-Christ pour auteur ? Dans ces conditions, il est impropre de parler du Dieu des musulmans et même absurde d'identifier le Dieu des chrétiens et celui des musulmans. Et si ce n'est pas Dieu ou l'un de ses anges qui est l'auteur du Coran, quel en est donc l'auteur véritable ? Pouvons-nous répondre autrement qu'en le nommant le Serpent antique, qui est le Diable et Satan ? Il ne faut quand même pas être un petit génie pour tirer cette conclusion. A moins d'avoir perdu la raison, celui qui ne nous suit pas fait manifestement preuve de mauvaise volonté ou de malhonnêteté intellectuelle. Se prévaudrait-il même - pour faire illusion - d'une licence ou d'un doctorat que cela ne lui donnerait aucune autorité pour nier les principes premiers de la raison spéculative ou les vérités du sens commun et les règles fixées par la logique (cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, I, question I, article 8). Et à quoi sert un chrétien qui n'a pas le courage de témoigner de sa foi ou de la nature de son Dieu ? (cf. S. Luc, 19 : 11-27 ; 14 : 34-35 ; S. Matthieu, 5 : 13).

 

b) Cf. S. Jean, I, 14 et 18.

 

c) S. Jean, VIII, 44 : " Vous avez le Diable pour père. Et ce sont les désirs de votre père que vous voulez réaliser. Celui-là était homicide dès le commencement. Il ne se tenait pas dans la vérité, parce qu'il n'y avait pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son fonds, parce qu'il est ami et père du mensonge."

 

d) Ire Epître de S. Jean, II, 21-23 : " Si je vous écris, ce n'est pas que vous connaissiez pas la vérité ; c'est parce que vous la connaissez. Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l'Antichrist, celui qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils possède aussi le Père."

 

e) L'Énéide, liv. II.

 

Coran, Le festin, chap. V, verset 48, p. 98 :

 

" Nous t'avons fait descendre le Livre [le Coran] en toute vérité et bon droit, confirmant ce qui l'a précédé du Livre et le dominant. Juge entre eux d'après ce que Dieu a fait descendre et ne suis pas leurs passions en t'écartant de ce qui t'est venu comme vérité. A chacun de vous Nous avons établi une législation et une voie bien claire. "

 

Id., chap. II, La vache, verset 136, p. 19 :

 

Dites : 'Nous avons cru à Dieu, à ce qui nous a été descendu (le Coran) à ce qui a été descendu à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux chefs des douze tribus d'Israël et à leur descendance, à ce qu'ont reçu Moïse et Jésus et à ce qu'ont reçu les prophètes de leur Seigneur. Nous ne faisons entre eux aucune discrimination et nous Lui sommes musulmans (= entièrement soumis).' " [Seulement nous allons voir que le Coran contredit l'Ancien Testament et le Nouveau.]

 

Id., chap. V, Le festin, verset 51, p. 99 :

 

O vous qui avez cru ! Ne prenez pas les Juifs et les Chrétiens comme amis et soutiens ! Ils sont les amis et les soutiens les uns des autres. Celui qui les prend comme amis et soutiens est certainement des leurs. Dieu ne guide pas la gent injuste. " [C'est clair !]

 

Coran (traduction d'Édouard Montet), Sourate de la table servie, verset 56, p. 195 :

 

" O vous qui croyez ! Ne prenez pas les Juifs ni les Chrétiens pour patrons (a) : ils sont les patrons les uns des autres. Mais celui d'entre vous qui les prend pour patrons, en vérité, est de leur parti. En vérité, Allâh ne guide pas le peuple pervers. " [Ce qui signifie clairement que les juifs et les chrétiens appartiennent à un " peuple " pervers que Dieu ne guide pas.]

a) Note du traducteur : " Le mot arabe employé exprime en même temps l'intimité et la supériorité : maître, protecteur, bienfaiteur, patron, et, en même temps, ami, associé, camarade. " [Cela prouve incontestablement que le vocabulaire français, par ses nuances et ses finesses, est beaucoup plus riche que le vocabulaire arabe. On comprend que des doctes musulmans soutiennent que le Coran ne se prête qu'à des traductions médiocres ou imprécises et qu'il vaudrait mieux s'abstenir de le traduire (solution facile qui permet de se mettre à l'abri des critiques). D'aucuns prétendent que ce Livre est intraduisible parce qu'il contient des révélations divines ou des vérités sublimes qui échappent aux non-musulmans. Si la lettre ne signifie rien ou se révèle intraduisible, sur quoi s'appuiera l'esprit humain pour commencer à comprendre ce qu'il lit et développer ses connaissances par la réflexion et la méditation ? De plus, le Coran ne foisonne pas de vérités sublimes, mais il contient aussi de nombreuses parties narratives et des sujets d'ordre moral et d'ordre cultuel qui ne requièrent pas des lumières particulières ou des capacités intellectuelles hors du commun pour être comprises et qui méritent néanmoins d'être connues. Est-il besoin de rappeler qu'aucune question théologique n'est soulevée ni résolue par ce Livre ? Il y a surtout des affirmations péremptoires et des condamnations doctrinales sans appel.]

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. IV, Les femmes, verset 82, p. 78 :

 

Que ne soumettent-ils donc le Coran à une profonde étude ? et s'il provenait d'autre que Dieu, ils y trouveraient certainement des contradictions abondantes. " [Que les musulmans ne nous reprochent donc pas de soumettre le Coran à une profonde étude et de souligner dans cet ouvrage de nombreuses contradictions évidentes. Que ces contradictions ne fourmillent pas, cela ne change pas le fond du problème. Les contradictions que nous avons signalées suffisent amplement pour prouver que le Coran n'est pas d'origine divine. Dieu peut-Il en effet Se contredire ou Se tromper même une seule fois ? Et si le Coran provenait de Dieu, toutes ses parties devraient être solidaires les unes des autres. Or cela est loin d'être le cas. Pour ces raisons, nous devons conclure que le Coran n'a pas été inspiré par Dieu. Autre remarque : Le Dr Salah ed-Dine Kechrid, avec l'accord et le contrôle des autorités islamiques autorisées, dont le Dr Mohammad Yalaoui, professeur à l'Université de Tunis, à la page de titre du Coran écrit : "Initiation à l'interprétation objective du texte intraduisible du Saint Coran". Et pourquoi écrire également "traduction et notes du Dr Salah ed-Dine Kechrid" si le Coran est intraduisible ? Peut-on dans ces conditions répondre à l'auteur du Coran qui nous demande de soumettre sa parole à une profonde étude ? Nous sommes là en présence de deux contradictions flagrantes. Et comble de l'histoire, nous n'avons à notre disposition qu'une initiation à une interprétation. Nous n'irons pas plus loin, car, en vérité, nous savons qu'aucune nouvelle Révélation de Dieu n'est à attendre depuis qu'Il nous a donné son Fils unique Jésus-Christ, qui est sa Parole. En effet, l'Écriture Sainte et la Tradition nous apportent une preuve certaine et par conséquent irréfragable ou définitive que le Coran ne peut absolument pas constituer une nouvelle Révélation divine (1). Sachant cela, il est évident que nous ne pouvons même pas comparer le Coran et l'Évangile de Jésus-Christ, puisque celui-ci est d'origine divine et que l'autre ne l'est point, étant donné que nous ne pouvons comparer que des comparables ni partir d'un présupposé qui reviendrait à nier notre foi ou ferait de nous des infidèles. Ce qui entraîne que tout dialogue engagé avec un musulman sur les bases de la Bible et du Coran est un dialogue de dupes qui ne peut que fausser nos consciences et même celles de nos interlocuteurs. Dans la vie, il faut être droit et vrai. Et nous devons être toujours prêts à nous défendre devant quiconque nous demanderait raison de l'espérance qui est en nous (2) et voudrait connaître ce que croit l'Église catholique. On vit actuellement dans un monde où les mots n'ont plus aucun sens. C'est vraiment un monde de fous (3). La Bible et le Coran sont antinomiques. Ce qui est, est. Si le Coran est vrai ou si Mahomet est un vrai prophète, alors la Bible est fausse ou Jésus est un imposteur. Un chrétien ne peut absolument pas parler de Mahomet en l'appelant " le prophète Mahomet " sans renier en même temps sa propre foi et faire insulte à l'Esprit Saint.- 1) Cf. Hébreux, XI, 1 ; I, 1-2 ; I Timothée, VI, 14 ; Tite, II, 13 ; S. Matthieu, V, 17 ; S. Jean, I, 16 ; XIX, 30 ; Apocalypse, XXI, 5, 6 ; 2) Cf. I S. Pierre, III, 15 ; 3) Ecclésiaste, I, 15 : " stultorum infinitus est numerus " : " le nombre des fous est infini ".]

 

Id., verset 34, p. 72 :

 

Les hommes ont la charge et la direction des femmes vu les avantages que Dieu a accordés aux uns de préférence aux autres et vu ce qu'ils ont dépensé de leur argent. Les vertueuses sont pleines de crainte pieuse et sauvegardent le dépôt (de leur mari en son absence) par la sauvegarde de Dieu. Celles dont vous craignez l'insubordination, sermonnez-les, éloignez-vous d'elles dans les lits et frappez-les. Si elles vous obéissent, ne cherchez plus injustement à leur nuire. Certes Dieu est constamment transcendant et grand. " [Dieu inciterait-il vraiment les hommes à frapper les femmes dont ils craindraient seulement l'insubordination, et même si celles-ci en étaient coupables ? N'est-ce pas là un encouragement à des actes absolument répréhensibles ? Outre cela, la femme est-elle inférieure à l'homme ? N'appartient-elle pas également à l'espèce humaine ? Les fonctions nécessairement différentes ou complémentaires des membres d'une société n'impliquent pas une infériorité entre eux. Notons la lourdeur de cette traduction, voire ses obscurités.]

 

Coran (traduction d'Édouard Montet), Sourate 4 des femmes, verset 38, p. 164 :

 

Les hommes sont supérieurs aux femmes par le fait qu'Allâh en a élevé plusieurs au-dessus des autres, et (aussi) par le fait qu'ils dépensent de leur fortune. Les femmes vertueuses sont dévoués, conservant avec soin, pendant l'absence (de leurs époux) ce qu'Allâh a gardé avec soin (pour elles). Quant à celles dont vous redoutez l'inconduite, avertissez-les, et reléguez-les dans les chambres à coucher (à part), et battez-les ; (mais) si elles vous obéissent, ne cherchez point de voie contre elles. En vérité, Allâh est haut ; Il est grand. " [Les deux traductions, par leur différence notable, témoignent de la pauvreté du vocabulaire arabe, - le dictionnaire arabe-français et français-arabe - par Daniel Reig, Larousse, Paris, 1983 - est d'ailleurs significatif. Décidément, le Coran ne se prête guère à des traductions satisfaisantes !]

 

Id., Sourate 5 de la table servie, verset 42, p. 193 :

 

" Quant au voleur et à la voleuse, coupez leurs mains à tous deux comme rétribution de ce qu'ils ont acquis (par leurs vols) : (c'est) le châtiment d'Allâh. Car Allâh est puissant ; Il est sage. "

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. V, Le festin, verset 38, p. 97 :

 

Le voleur et la voleuse, coupez-leur la main en récompense de leurs acquis et comme châtiment exemplaire de Dieu. Dieu est puissant et sage. " [Cela est excessif et relève de la férocité. Même repentant et désireux ou soucieux de réparer sa faute dans la mesure du possible, et jouissant par conséquent du pardon de Dieu, le voleur ou la voleuse, amputé de sa main, sera handicapé et marqué à vie. Dieu est Amour. Certains musulmans semblent l'oublier.]

 

Id., chap. II, La vache, verset 80 et note du Dr Salah ed-Dine Kechrid :

 

" Ils disent : 'Jamais le feu ne nous touchera si ce n'est un nombre compté de jours (1)'. Dis : 'Avez-vous pris un engagement auprès de Dieu et Dieu ne manquera alors jamais à Son engagement ? Ou bien dites-vous sur Dieu ce que vous ne savez point ? ' "

1)  Note du Dr Salah ed-Dine Kechrid : " C'est ce que les Juifs et certaines sectes hérétiques de l'Islam croient. Mais le Coran ne laisse aucun doute là-dessus : ceux qui mourront en dehors de l'Islam s'éterniseront à jamais en Enfer. " [L'Enfer est donc promis à tous ceux qui ne sont pas musulmans. C'est bien ce que nous avons compris et affirmé plus haut. Et avec cela, des évêques et des prêtres osent nous exhorter à prier avec les musulmans. Cette situation est pire que l'hérésie d'Arius qui avait fait boule de neige en son temps, en Europe, et qui s'inscrivait en faux contre la divinité de Jésus-Christ et les mystères de l'incarnation et de la divine rédemption, portant ainsi, et avant tout, atteinte au premier des mystères, le mystère de la Très Ste Trinité, et rejoignant, à travers les siècles, la conspiration maçonnique du naturalisme moderne qui exerce actuellement, en l'an 2002, une influence prépondérante sur tous les habitants de notre terre.]

 

Id., chap. XLVII, Mohammad, versets 1-4 et 12, pp. 447 et 448 :

 

1 - Ceux qui ont mécru et repoussé loin de la voie de Dieu, Il a égaré leurs actions.

2 - Ceux qui ont cru, accompli les bonnes œuvres et ajouté foi à ce qui a été descendu sur Mohammad (le Coran), et c'est la pure vérité venant de leur Seigneur, Dieu leur efface leurs péchés et leur améliore leur situation et leur cœur.

3 - Et ce parce que ceux qui ont mécru ont suivi le faux et le caduc et que ceux qui ont cru ont suivi la vérité venant de leur Seigneur. Voilà comment Dieu donne aux gens leur image respective.

4 - Quand vous rencontrerez (à la guerre) ceux qui ont mécru, frappez-en les cous. Une fois que vous les avez affaiblis par un grand nombre de morts et de blessés, serrez les liens de leur captivité. Libérez-les ensuite soit par pure générosité de votre part, soit contre rançon jusqu'à ce que cesse la guerre (ou : jusqu'à ce qu'ils déposent les armes). Oui et si Dieu voulait, Il se vengerait d'eux Lui-même, mais c'est pour vous éprouver les uns par les autres. Ceux qui auront été tués sur le chemin de Dieu, Il n'égarera jamais leurs actions (en pure perte).

12 - Dieu introduit ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres dans des jardins sous lesquels coulent les rivières. Et ceux qui ont mécru jouissent et mangent le bétail et le Feu (de l'Enfer) sera leur demeure.

 

Id., chap. XLVIII, Le succès, versets 33-34, p. 450 :

 

33 - O vous qui avez cru ! Obéissez à Dieu, obéissez au Messager et ne réduisez pas vos œuvres à zéro.

34 - Ceux qui ont mécru et repoussé les gens loin de la voie de Dieu puis sont morts en état de mécréance, Dieu ne leur donnera jamais l'absolution.

 

Id., chap. LXXII, Les génies, versets 14-15, p. 512 :

 

14 - Il y a parmi nous les Musulmans et il y a parmi nous les Injustes. Ceux qui ont embrassé l'Islam, ceux-là ont choisi la voie de la raison.

15 - Quant aux Injustes, ce sera du bois pour l'Enfer.

 

Id., chap. XCVIII, La preuve évidente, versets 1-3 et 6, p. 541 :

 

1 - Ceux des gens du Livre (la Bible) qui ont mécru ainsi que les Associateurs (les idolâtres) ne mettront fin à leurs discussions erronées que lorsque leur viendra la preuve évidente.

2 - Un Messager venant de Dieu et récitant des feuillets exempts de toute souillure (le Coran).

3 - Ils contiennent des versets à la parfaite droiture.

6 - Ceux des gens du Livre qui ont mécru ainsi que les Associateurs [principalement ceux qui associent JÉSUS à DIEU] sont dans le feu de l'Enfer où ils s'éterniseront. Ceux-là sont les plus mauvais de toute la création.

 

Le Saint Coran, traduction et note du Dr Salah ed-Dine Kechrid, revu et corrigé par le Dr Mohammad Yalaoui, professeur à l'Université de Tunis, sixième édition, Beyrouth, 1994, chap. IX, Le retour à Dieu, verset 29, p. 163 :

 

Combattez ceux qui ne croient pas à Dieu et au Jour Dernier, n'interdisent pas ce que Dieu a interdit ainsi que Son Messager et ne pratiquent pas la religion du vrai (Dieu) parmi ceux qui ont reçu le Livre (Juifs et Chrétiens) jusqu'à ce qu'ils paient l'impôt de capitation selon leurs moyens et en toute humilité. " [" Dieu " est ajouté entre parenthèses par le traducteur.]

 

Le Coran, traduction nouvelle et intégrale par Édouard Montet, professeur de langues orientales, recteur honoraire de l'Université de Genève (a), Payot, Paris, 1949, sourate 9 du repentir, verset 29, p. 281 :

 

Tuez (b) ceux qui ne croient pas en Allâh ni au dernier jour, et qui n'interdisent pas ce qu'Allâh et Son Apôtre ont interdit, et quiconque ne pratique pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils aient payé le tribut de leurs (propres) mains et qu'ils soient humiliés. " [Ce verset est suprêmement embarrassant pour des musulmans cléments et miséricordieux.]

a)  L'Émir Chekib Arslan, membre de l'Académie arabe de Damas :

b)  " Les publications sur l'Islam du Professeur Montet sont très remarquables et occupent un rang exceptionnel et tout à fait à part dans les travaux des savants européens sur l'Islam... Sa traduction du Coran, très exacte, très fidèle au texte arabe et d'un caractère hautement littéraire, laisse loin derrière elle toutes les traductions du Livre Saint en langues européennes." Cf. Dictionnaire arabe-français par Daniel Reig, cité plus haut, lettre T et page 4163 [ka:f, avec un point sous le k, ta: et la:m : atala : assassiner ; donner la mort à ; tuer ; massacrer (jusqu’au dernier), faire un carnage, supprimer qqn].

 

Le Saint Coran, trad. et note du Dr Salah ed-Dine Kechrid, liv. cité plus haut, 2 (la vache) : 216 :

 

" On vous a prescrit l'obligation du combat et c'est une chose que vous n'aimez guère. Or il se peut que vous n'aimiez pas une chose alors qu'elle est dans votre bien et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle est dans votre mal. Dieu sait et vous ne savez point."

 

Id., 8 (Les dépouilles) : 17 :

 

" Vous ne les avez nullement tués mais c'est Dieu qui les a tués. Tu n'as pas jeté quand tu as jeté mais Dieu a jeté. Et afin qu'Il soumette les Croyants à une bonne épreuve de Sa part. Certes Dieu est parfaitement audiant et sachant."

 

Id., verset 39 :

 

" Combattez-les afin qu'il n'y ait plus de foyer de subversion et que la religion soit entièrement à Dieu. S'ils cessent, Dieu voit très clairement ce qu'ils font."

 

Id., 9 (Le retour à Dieu) : 5 :

 

" Une fois que les mois sacrés ont pris fin (se sont écorchés), tuez les Associateurs partout où vous les trouvez. Prenez-les, assiégez-les et installez-vous pour les épier dans tout poste d'observation. S'ils reviennent à Dieu, accomplissent correctement la prière et donnent l'aumône légale, n'entravez plus leur liberté. Dieu est parfaitement absoluteur et miséricordieux."

 

Id., verset 123 :

 

" O vous qui avez cru ! Combattez ceux des Mécréants qui vous sont limitrophes [voisins, près de vous] ; qu'ils trouvent en vous quelque rudesse et sachez que Dieu est avec ceux qui Le craignent avec piété"

 

Le Coran, trad. Montet, 9 (Le repentir) : 30, pp. 281-282 :

 

Les Juifs disent : 'Ozaïr (Esdras) est fils de Dieu (a).' Les Chrétiens disent : 'Le Messie est fils de Dieu.' Ce sont là les paroles de leurs bouches : ils imitent ceux qui étaient incroyants avant eux. Qu'Allâh leur fasse la guerre ! Car ils sont menteurs ! "

a)  Note du traducteur : " La tradition musulmane à laquelle il est fait allusion ici rapporte qu'Esdras, cent ans après sa mort, ressuscita et dicta de mémoire le contenu de toute la Bible hébraïque, qui s'était perdue pendant l'exil des Juifs à Babylone ; les Juifs disaient qu'Esdras n'avait pu accomplir ce prodige que parce qu'il était fils de Dieu. Cette tradition rapportée par les auteurs musulmans, est d'origine juive.- On lit, en effet, au chapitre au chapitre 11 du 4e Livre d'Esdras, écrit juif apocryphe de la fin du Ier siècle après J.-C., le récit... [...] D'après cette légende, Esdras avait été l'instrument d'une inspiration tout à fait exceptionnelle de Dieu, mais il n'est pas dit qu'il fût fils de Dieu, au sens messianique du terme. " [Notons que ce verset s'appuie sur un texte étranger à la Bible hébraïque.]

 

Coran (traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid), chap. IX, Le retour à Dieu, verset 30, pp. 163-164 :

 

Les Juifs ont dit : 'Ozéir (1) est le fils de Dieu'. Et les Chrétiens ont dit : 'Le Messie est le fils de Dieu'. C'est que qu'ils disent de leurs bouches. Ils sont, quant au parler, semblables à ceux qui ont mécru auparavant. Puisse Dieu les combattre ! A quel point ils s'en laissent conter ? "

1)  Notre du traducteur : " Il s'agit de OSÉE ou HOSÉAH, l'un des douze petits prophètes (8e siècle av. J.-C.) " [Notons les divergences de vue des traducteurs. Quant à Osée, il ne se trouve, dans la Bible hébraïque, aucun verset qui le qualifie de fils de Dieu. L'auteur de cette sourate aurait été plus avisé de citer le verset 6 du chapitre IX d'Isaïe (a), mais il est vrai qu'il n'avait jamais eu entre les mains une Bible. En vérité, ceux et celles qui considéreraient le Coran comme l'Œuvre exclusive de Dieu, c'est-à-dire révélée dans toutes ses parties, sombreraient dans un fanatisme qui risquerait de proliférer et de mettre notre planète à feu et à sang. Qu'on y prenne garde ! N'est-il pas plus facile et fort habile de déclarer le Coran intraduisible en soutenant que cette Œuvre cache un trésor de vérités incommunicables aux profanes ou aux hommes indignes, plutôt que de reconnaître qu'il révèle des passages qu'il est préférable de cacher aux hommes de bonne volonté, parce que ceux-ci ne pourraient les recevoir comme venant de Dieu ? La guerre n'est-elle pas déclarée aux juifs et aux chrétiens?]

a)  " Car un Enfant nous est né ; et un Fils nous a été donné : Il portera sur ses épaules la marque de sa principauté. Il sera appelé l'Admirable, le Conseiller, le Dieu fort, le Père d'une famille éternelle, le Prince de la paix. "

 

Édouard Montet, professeur de langues orientales, recteur honoraire de l'Université de Genève, Le Coran, Introduction, § 3 (ouv. cité plus haut), p. 20 :

 

" Il y a dans le Coran trois sources de connaissances religieuse. Il y a d'abord une source juive et chrétienne, à laquelle Mahomet a pu puiser par l'intermédiaire de la tradition orale ; il est absolument certain qu'il n'a jamais eu entre les mains les livres sacrés des Juifs et des Chrétiens. " [C'est une affirmation de taille !]

 

Ferdinand Prat, S. J., Jésus-Christ, vol. I, éd. Beauchesne et ses Fils, Paris, 1933, page 4 :

 

" Plusieurs surates du Coran contiennent d'assez longs passages sur la Vierge et son Fils (1)  ; mais, pour juger de leur valeur historique, il suffit de noter que Mahomet confond la mère de Jésus avec Marie, sœur de Moïse et d'Aaron (2). " [Ferdinand Prat, à notre avis, se contente de peu et nous fait penser à l'arbre qui cache la forêt.]

1.   Notes de l'auteur : "3 - Coran, Surates 2, 3, 4, 5, 19, 43, 57, 61, etc. Voir Hughes, Dict. of Islam, 1896, article Jesus Christ, ou Flemming dans Hennecke, Handbuch zu den neutest. Apokryphen, 1904, pp. 165-171."

2.   Sourate 19 : Sourate de Marie, verset 29.

 

Coran (traduction d'Édouard Montet), Sourate 19 de Marie, versets 20, 21 et 29, p. 421 :

 

" Elle dit : 'En vérité, aurais-je un fils ? Aucun homme ne s'est approché de moi et je ne suis pas une prostituée'.  [...] Il (Gabriel) dit : 'C'est ainsi qu'a parlé ton Seigneur' : 'Ceci m'est aisé. Nous ferons de lui un signe pour les hommes, et (une preuve de) Miséricorde de Notre part : la chose est décidée'.  [...] O sœur d'Aaron ! (1) Ton père n'était pas un méchant homme, et ta mère n'était pas une prostituée. "

1)  Note d'Édouard Montet : "8 - Confusion avec Marie (Miriâm) sœur de Moïse et d'Aaron."

 

Coran, traduction d'Édouard Montet, Sourate 2 de la génisse, verset 119, p. 94 :

 

"Et lorsque Nous fîmes la Maison (1) (comme) lieu de réunion pour les hommes, et (comme) place de sûreté, (Nous dîmes) : 'Prenez la station d'Abraham (2) pour lieu de prière.' Et Nous convînmes avec Abraham et Ismaël (en disant) : 'Vous deux, conservez pure Ma Maison pour ceux qui font le circuit (3), pour ceux qui accomplissent (leurs) dévotions, pour ceux qui font les génuflexions et pour ceux qui adorent."

1)  N.d.t. : La Maison Sainte, la Ka'ba, qui, d'après la légende musulmane, fut construite par Abraham et Ismaël.

2)  N.d.t. : Le Makâm Ibrahîm, dans la cour de la Ka'ba, est ainsi nommé parce qu'on y montre l'empreinte du pied d'Abraham. C'est un lieu particulièrement saint dans l'enceinte de la Mosquée de La Mecque.

3)  N.d.t. : Pour ceux qui, dans l'avenir, viendront faire sept fois le tour de la Ka'ba, pendant le pèlerinage, pratique païenne conservée par Mahomet, mais appliquée au culte d'Allâh.

 

Id., verset 121, page 94 :

 

"Lorsque Abraham et Ismaël eurent élevé les fondations de la Maison, (ils dirent) : 'Notre Seigneur, reçois-la de notre part. En vérité ! Tu entends et tu sais !"

 

Id.,  Sourate 19 de Marie, verset 55, page 424 :

 

« 'Mentionne dans le Livre (1) Ismaël.' En vérité, il était véridique dans ses promesses ; il fut apôtre, prophète. »

1)  Le Coran. Cette parole est adressée par Dieu à Muhammad.

 

Coran, traduction et notes du Dr Salah ed-Dine Kechrid, 2 - La vache, verset 125, page 18 :

 

"Et lorsque Nous fîmes de la Maison (1) (la Kaâba) un point de retour (2) et un lieu de sécurité : 'Et adoptez le sanctuaire d'Abraham comme lieu de prière!' Nous confiâmes alors à Abraham et à Ismaël le soin de purifier Ma Maison pour ceux qui y font les sept tours rituels de la Kaâba, pour ceux qui observent une retraite contemplative et pour ceux qui se courbent et se prosternent (3)."

1)  N.d.t. : Il s'agit du temple de la Kaâba (= cube). On a vu plus haut qu'il a été glorifié pour la première fois par Adam et Eve par reconnaissance à Dieu pour les avoir absous du péché originel.

2)  N.d.t. : La Kaâba, étant le premier sanctuaire du monothéisme, chaque Musulman qui en a les moyens physiques et pécuniaires est tenu de la visiter au moins une fois dans sa vie. C'est un "retour" aux sources de l'Islam et on en ressent largement les bienfaits lors d'un pèlerinage pour Dieu.

3)  N.d.t. : Dans cette fin du verset 125 nous trouvons définies les trois fonctions de la Kaâba :

a.    C'est là que le pèlerin fait les sept tours rituels ou "taouaf" qui symbolisent la rotation perpétuelle de tous les éléments autour d'un même centre.

b.   C'est ensuite là que certains croyants fervents se retirent les dix derniers jours du mois de Ramadhan pour se consacrer à la contemplation et à la prière : "i 'itikef".

c.    C'est enfin un lieu de prière comme toute autre mosquée avec un salaire infiniment plus grand.

 

Le paradis des musulmans (paradis qui n’a aucun rapport avec la vision béatifique des catholiques dont le but final consiste dans l’union de leur âme à l’être immuable de Dieu) :

 

Coran, trad. du Dr Salah ed-Dine Kechrid, LII : Le mont Tor, versets 17-20 :

 

« 17 – Les gens pieux sont dans des jardins et dans des délices.

« 18 -  Se délectant de ce que leur a donné leur Seigneur et leur Seigneur les a préservés des tourments de la Fournaise ardente.

« 19 – Mangez et buvez, grand bien vous fasse ! Pour ce que vous faisiez.

« 20 – Accoudés sur des lits disposés en ordre et Nous leur avons donné comme épouses des Hours aux yeux grands et beaux. »

 

Id., LXXVI : L’Homme, versets 12-20 :

 

« 12 – En récompense de leur patience, Il leur donna Paradis et soie.

« 13 – Ils y sont accoudés sur des lits à dais et ils n’y voient ni soleil, ni froid glacial.

« 14 – Il les couvre de près de ses ombrages et ses fruits et ses fleurs leur ont été rendus humblement bas (à portée de leur main).

« 15 – On passe devant eux en leur présentant des vases d’argent et des coupes de cristal.

« 16 – De cristal pareil à de l’argent et dont le contenu a été savamment dosé.

« 17 -  On les y abreuve d’une coupe où se mêle le gingembre.

« 18 -  C’est une source qui se trouve dans le Paradis et qui se nomme Salsabil.

« 19 -  Parmi eux circulent des adolescents à la jeunesse éternelle. Quand tu les vois, tu les croirais des perles éparpillées.

« 20 – Quand tu promènes ton regard à travers le Paradis tu y vois des délices et un grand royaume. »

 

Id.,  LXXVIII : La nouvelle, versets 31-34 :

 

« 31 – Les gens pieux l’emporteront sur les autres au Paradis.

« 32 – Ils y auront des jardins et des vignobles.

« 33 – Des jeunes filles aux seins juvéniles et toutes du même âge. »

  

 

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