L’enseignement hebdomadaire du maintien de
la foi
FIDEM SERVAVI
« J’ai gardé
la foi » - II Timothée 4 / 7
N° 29
Prieuré saint Pierre et saint Paul
Le
prieuré – 6, rue du Chapité – 25920 Mouthier Haute-Pierre
![]()
dimanche 15 juin 2008
Ce sermon peut être téléchargé au format .wma
ou .mp3 depuis le site http://fidemservavi.info/
à l’adresse suivante :
http://fidemservavi.info/index_a_sermons.htm
La stabilité, le ciment et les matériaux qui rentrent en œuvre dans
l'édification de l'Église d'après la vision du Pasteur d'Hermas (écrits du II°siècle).
La règle que l'Église observe pour les révélations privées. La vision de la vénérable
Anne Catherine Emmerich. Ce qui est déjà réalisé, ce qui s'accomplit, ce qui doit
s'accomplir. Résolutions pratiques.
Sermon du « Cinquième dimanche après la Pentecôte »
Mes bien chers frères,
Dimanche dernier, nous
avons vu la pêche miraculeuse et aujourd'hui c'est toujours saint Pierre, le
chef de cette pêche mystérieuse, qui, prenant la parole dans l'Epître, nous
intime d'être une seule âme dans la prière, d'avoir une charité compatissante,
qui appelle à la vertu d'humilité et à ne point rendre le mal pour le mal, ni
la malédiction pour la malédiction, mais de bénir, ce qui est effectivement le
contraire de la loi du talion : « œil pour œil, dent pour
dent ». Et c'est bien la raison pour laquelle nous avons ce passage de
l'Evangile, car celui-ci, tiré du Sermon sur la montagne, rappelle que
Notre Seigneur est venu, non point détruire la loi, mais rétablir contre les
Scribes et les Pharisiens son vrai sens, non pas détruire, mais parfaire.
Voilà donc le rapport
entre l'Evangile et l'Epître. Mais c'est à partir du commentaire de Dom Guéranger
sur cette Epître de l'Apôtre saint Pierre que je vous adresse ces quelques mots
ce matin. Celui-ci, en effet, commente cette Epître en faisant allusion aux
écrits du Pasteur d'Hermas ,
ces écrits du II° siècle, qui, s'ils ne font pas partie du Nouveau Testament,
ont cependant bénéficié d'une grande autorité aux IIème et IIIème siècles . Je
vais donc regarder la vision où est question de l'édification d'une tour, tour
qui représente bien sûr l'Église, et puis je vous commenterai une autre vision,
celle de la vénérable Anne Catherine Emmerich.
La vision du Pasteur d'Hermas nous fait comprendre la
façon dont est construite l'Église. La vision de la vénérable Anne Catherine
Emmerich, nous fait voir comment l'adversaire du Christ et de l'Église, ainsi
que ceux qui se sont mis à son service, détruisent celle-ci, mais aussi comment
s'effectue sa réfection par les catholiques demeurant fidèles.
Regardons tout d'abord
cette vision du Pasteur d'Hermas. C'est l'Église elle-même qui parle pour
répondre aux questions qui lui sont posées. « La tour a été érigée par la
parole du Nom tout-puissant et glorieux, dit-elle, et elle est maintenue par la
force invisible du Maître ».
Dom Guéranger, tout en
donnant quelques applications pratiques en rapport avec l'Epître, nous explique
le sens général de cette vision. Il nous dit que « le ciment » de
cette construction est l'union d'une vraie charité, la concorde et la paix à
maintenir à tout prix comme condition de la félicité présente et future de ceux
qui composent l'Église. « La solidité et la durée des palais de la terre
eux-mêmes, remarque Dom Guéranger, ne dépendent-elles pas de l'union plus ou
moins persistante et intime des matériaux qui les composent ? ».
Et de donner ensuite la
raison pour laquelle cette tour est bâtie sur les eaux. L'Église, en effet,
avait dit dans cette vision : « Parce que votre vie a été sauvée par
l'eau et qu'elle le sera encore ». C'était bien sûr signifier le baptême.
Dom Guéranger indique par conséquent, que la charité, vertu théologale versée
dans nos cœurs aux fonds baptismaux, est empruntée à l'amour même qui
règne au sein de l'adorable Trinité. « Devenu la vie de l'âme régénérée,
dit-il, le feu divin la pénètre de Dieu tout entière ; il communique à son
amour créé et fini la direction et la puissance de la flamme éternelle. Le
chrétien (comprenez le catholique) doit donc aimer comme Dieu désormais ».
Cette charité
correspondant à cet échange de véritable amitié voulu entre Dieu et ses
créatures. Dom Guéranger précise par conséquent que cette vertu infuse doit
embrasser, non seulement Dieu, mais tous les êtres appelés par lui en
participation de sa vie bienheureuse. Aimer
Dieu et son prochain comme soi-même pour l'amour de Dieu, comme nous le disons
dans l'Acte de charité.
Et celui-ci conclut en
affirmant la stabilité et l'indéfectibilité de l'Église, même si Notre Seigneur
permet, nous allons le voir dans la seconde vision, que celle-ci soit livrée
aux démolisseurs, jusqu'à un certain point, et sans que les portes de l'enfer
ne prévalent contre elle.
« Comprenons
maintenant l'incomparable puissance de l'union dans laquelle le Saint-Esprit
établit l'Église, dit-il : rien d'étonnant que ses liens soient plus forts que
la mort, sa cohésion plus résistante que l'enfer; car le ciment qui joint les
pierres vivantes de ses murailles possède la force de Dieu même et la stabilité
de son amour éternel. L'Église est bien cette tour bâtie sur les eaux, qui
apparut à Hermas, formée de pierres resplendissantes et si intimement
assemblées, que l'œil ne découvrait point leurs jointures ».
Voilà donc, mes bien chers frères, ce que nous pouvons retenir de cette
stabilité de l'Église, du ciment qui joint ses différents éléments. Il nous
faudra bien sûr regarder les qualités des matériaux qui la composent, car ce
sont les vertus qui nous permettent de nous sanctifier et de rester fidèle à
l'Église.
Considérons alors
maintenant l'Église, non plus selon son édification, cette vision du Pasteur d'Hermas correspondant plus
particulièrement aux premiers âges de l'Église, mais selon ce que Notre
Seigneur permet : à la fois cette destruction, mais aussi sa réparation, selon le propre terme de la
vénérable Anne Catherine Emmerich.
Nous nous rappelons que
Notre Seigneur, sur la croix, a prié pour son Église, son Unique, et cela en
récitant le Psaume 21e. Notre Seigneur savait, par conséquent, que
celle-ci serait assiégée ; assiégée par ce concilium malignantium que
l'on sait être ce concile Vatican II, suivant les très sérieux travaux de
Monsieur Jean Vaquié. Et puis nous savons également
ce que Léon XIII a entendu en 1884, ce « plus de pouvoir » pour ceux
qui se mettraient au service du démon. Notre Seigneur permet donc au démon de
détruire son Église dans des limites imposées cependant, et qui englobent même
le fait que ses ennemis très rusés posent
le trône de leur abomination dans l'impiété, là où furent institué le siège du
bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité , en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau
puisse être dispersé , comme le signale très clairement Léon XIII
dans son Exorcisme contre les anges révoltés.
Avec ces éléments, et
puis cette vision de la vénérable Anne Catherine Emmerich dont je vais vous
parler, nous sommes dans le domaine des révélations privées. Si je me permets
d'en parler, c'est que celles-ci ont été éprouvées selon la règle que l'Église
a toujours observée dans ce domaine. Le cardinal Pie nous la rappelle dans
une de ses homélies :
« [...] armé de
l'autorité de l'Apôtre (saint Paul), dit-il, lequel à côté du principe, établit
la règle au moyen du discernement : "Donnez-vous bien garde, dit
saint Paul, d'éteindre l'Esprit, et de mépriser de parti pris toute espèce de
révélations. Mais soumettez-les à l'épreuve, et retenez ce qui est bon "
(I Thes., V, 19-25). Ainsi fait l'Église. Elle a
appris de saint Jean "qu'il ne faut pas se fier à tout esprit, mais
qu'il faut éprouver si les esprits proviennent de Dieu" (I Jean, IV, 1) ».
C'est ainsi qu'en
suivant les détails qui nous sont donné dans cette vision, nous constatons ce
qui, pour l'Église, s'est déjà réalisé, ce qui s'accompli actuellement, et que
voyons ce qui s'accomplira. Les descriptions sont suffisamment explicites pour
nous permettre de comparer les faits avec ce qui nous est dit dans l'Apocalypse
de saint Jean tout particulièrement, avec les demandes du Sacré-Cœur pour
l'établissement de son règne, et puis ce que n'a cesse de nous rappeler sa très
sainte Mère, la très sainte Vierge Marie, particulièrement dans ses apparitions
au Royaume de France.
Par conséquent la
vénérable nous dit qu'elle vit l'église de Saint Pierre (Il s'agit bien sûr de
l'Église Catholique) et une énorme quantité d'hommes qui travaillaient à la
renverser. Elle en voyait aussi d'autres qui y faisaient des réparations. Les
démolisseurs détachaient de gros morceaux, et nous avons cette précision fort
importante : « c'étaient particulièrement des sectaires en grand
nombre et avec eux des apostats».
Qu'est-ce à dire, sinon
que nous avons ici des démolisseurs, qui, en tant que sectaires (se sont les
francs-maçons, condamnés par Léon XIII) et les autres en tant qu'apostats, ne
font point partie de l'Église. Un simple catéchisme, à la question :
«Quels sont ceux qui ne font pas partie de l'Église ? », nous le
rappelle. Ainsi peut-on déjà éliminer cette fausse idée d'auto destruction de l'Église, ainsi
que toutes les autres fausses comparaisons qui visent à rendre l'Église
elle-même coupable de cette destruction !
Voilà donc une première
description concernant ces sectaires, mais nous pouvons également comprendre
par apostats ,
tous ceux qui ont rallié la secte conciliaire et qui, eux aussi, détruisent
directement ou indirectement l'Église catholique.
« Ces gens, en
faisant leur travail de destruction, continue la vénérable, semblaient suivre
certaines prescriptions et une certaine règle : ils portaient des tabliers
blancs bordés d'un ruban bleu et garnis de poches, avec des truelles fichées
dans la ceinture. (…) ».
La description ne laisse
aucun doute quant à la panoplie des francs-maçons, mais ce qu'il faut retenir
ici, c'est que ceux-ci suivent les Constitutions
de la Haute Vente, par exemple, dans lesquelles sont stipulées les
méthodes pour faire en sorte que clercs et laïques reconnaissent comme légitime
celui (et ceux) qu'ils auront réussi à faire élire au(x) conclave(s), et ainsi
faire croire qu'ils marchent sous la juridiction d'un véritable successeur de
saint Pierre. Voici la phrase précise :
« Que le clergé
marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des
Clefs apostoliques ».
Anne Catherine Emmerich
donne ensuite différentes descriptions sur certains hommes, et de nouveau
celle-ci précise : « Lesquels toutefois, dit-elle, ne mettaient pas
eux-mêmes la main à l'ouvrage, mais marquaient sur les murs avec la truelle les
places où il fallait démolir. Je vis avec horreur qu'il y avait aussi parmi eux
des prêtres catholiques ».
Nous savons, mes bien chers frères, Mgr Fellay
également puisqu'il en parlait ouvertement, mais qu'il se tait depuis quelques
années sur ce sujet, nous savons l'existence de deux Loges au Vatican, tout
spécialement réservées aux ecclésiastiques.
Et puis en ce qui
concerne là encore les prêtres et les religieux, mais au niveau du modernisme,
l'un n'empêche pas l'autre, comment saint Pie X dans son Encyclique Pascendi a porté l'attention sur cette
infiltration des modernistes. Je ne reprendrai pas ici tout ce qui est dit dans
mon ouvrage 40 ans d'erreurs sur
l'infaillibilité de l'Église , mais je signale que même les espérances
de la Haute-Vente furent dépassées, car le clergé qui a envahi toutes les
hautes fonctions et choisi son « pontife » , non seulement fut acquis
à ces principes humanitaires condamnés
par Pie IX dans son Syllabus (
il faut lire le Petit catéchisme du
Syllabus de Mgr Gaume aux Editions Saint-Rémi), mais encore et
surtout fut imbu de ces erreurs modernistes condamnées par saint Pie X suite à
son encyclique Pascendi, en 1907.
Depuis 50 ans au
minimum, tous ces candidats se sont noyés en tant que cardinaux, évêques (ou
simple abbé pour Ratzinger), dans ce cloaca maxima, ce modernisme, égout
collecteur de toutes les hérésies, décrit par saint Pie X et c'est
donc la situation dans laquelle les hérétiques, excommuniés par saint Pie X,
ces sectaires par conséquent, se placent ipso
facto qui nous importe, car selon le Droit Canon, de tels hommes ne
peuvent être élus canoniquement (validement) comme successeurs de saint Pierre.
Cette hiérarchie
conciliaire est donc bien une secte qui, comme le dit Notre-Dame à La Salette,
éclipse la véritable Église de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'est donc cette
secte qui l'a détruit. Et pour cela il fallait donc que ces ennemis du Christ
et de l'Église aient un « pape » "à eux", il leur fallait
donc un papabile "à eux", un candidat formé et tenu "par
eux", et par conséquent hérétique avant son élection. Voilà donc ce qui
revient à considérer le problème des marranes introduit dans le clergé.
Il faut avoir
connaissance, mes bien chers frères, de l'existence de
ces ennemis et de leurs méthodes. Ce sont les mêmes par conséquent que ceux
dont Notre Seigneur nous parle dans la parabole des vignerons homicides. C'est
cela ce grave danger causé par les marranes qui ont bénéficié de complicité,
qui ont donc réussi à monter dans la hiérarchie.
Paul IV lorsqu'il a
rédigé sa Bulle Cum ex Apostolatus
en 1559 avait en mémoire, non seulement le cas auquel il fait
allusion, lorsque qu'il dit; « Pour vous dire la vérité, nous avons voulu
nous opposer aux dangers qui menaçaient le dernier conclave et prendre de notre
vivant des précautions pour que le
diable n'asseye pas à l'avenir un des siens sur le siège de Saint Pierre »,
mais il ne pouvait pas également, ne pas connaître, un cas semblable avec Pietro
Pierleoni (devenu Anaclet II), 300 ans auparavant.
Et il y a donc bien
cette association entre francs-maçons et ceux-là même qui ont toujours
complotés contre l'Église. C'est ce qui nous explique également que ces
personnages servent d'instruments pour appliquer le principe du solve et du coagula. Ceux-ci seraient éliminés s'ils outrepassaient les
ordres qui leur sont transmis par des supérieurs inconnus. On l'a bien vu avec
la mort suspecte de Jean-Paul I. C'est ce qui explique également l'aréopage
mondialiste lors de l'enterrement de Wojtyla-Jean-Paul
II, et puis l'élection d'un abbé Ratzinger devenu ''Benoît XVI'' qui
accélère chaque semaine un plan anglican connu de cercles initiés, et plus
exactement, hérité de la période Rampolla où
« l'un des leurs » avait déjà failli être élu.
La vénérable Anne
Catherine Emmerich indique tout cela lorsqu'elle dit dans la vision:
« Souvent, quand ils ne savaient pas bien comment s'y prendre, dit-elle,
ils s'approchaient, pour s'en instruire, d'un des leurs qui avait un grand
livre où l'on aurait dit que toutes les manières de bâtir et de démolir étaient
décrites. Alors ils marquaient de nouveau exactement avec la truelle un
point qui devait être attaqué et sur lequel la démolition était promptement
faite. Ces gens détruisaient avec un grand calme et d'une main sûre,
mais timidement, furtivement et l'œil au guet ».
Voilà donc ce qui s'est
réalisé et comment les réformes liturgiques se sont accomplies. Dans le domaine
liturgique, nous savons cela maintenant, tout particulièrement grâce aux
travaux de Rore Sanctifica.
Après 40 ans, il s'avère que la truelle
de ces ennemis avait marqué, en premier l'épiscopat catholique, et
ainsi le sacerdoce catholique, et puis le rituel du saint sacrifice de la
messe, afin d'invalider par ces nouveaux rituels les sacrements indispensables
à la sanctification des âmes.
Voilà donc, mes bien
chers frères, le plan et les réalisations de ces ennemis très rusés qui
appliquent à la lettre et avec patience les ordres qui leurs sont donnés. Je
vous livre alors ici cette anecdote que certains connaissent : pendant mes
années d'études (dans les années 70), j'avais comme professeur d'architecture,
le président des rationalistes de Lorraine, et celui-ci passant à côté de moi,
pendant les cours, me disait, me sachant catholique pratiquant: « Le ver
est dans le fruit ». Il faisait allusion à ce plan consistant à envahir
les hautes fonctions de la hiérarchie conciliaire, afin de vider tout
particulièrement par les réformes liturgiques, tout ce qui pourrait transmettre
validement la grâce. Ce but, par conséquent, était bien connu de cet homme, car
c'est la fameuse ou plutôt fumeuse technique « du ver dans le fruit »
du chanoine luciférien Rocca. Cette technique, comme chacun le sait, consiste à
ne laisser que l'enveloppe du fruit, que les apparences afin que le clergé et
les laïques croient toujours marcher sous la bannière des clefs
apostoliques !
Aussi, pour revenir à
cette vision, après une description qui correspond plutôt à son temps, la
vénérable continue par des détails qui sont tellement étonnant qu'il est
impossible de ne pas y voir décrit ici la période que nous traversons :
« Pendant que l'église était ainsi démolie d'un côté, on la rebâtissait de
l'autre côté, mais avec très peu de zèle. Ils semblaient tous n'avoir, ni
confiance, ni ardeur, ni méthode, et ignorer absolument de quoi il s'agissait.
C'était déplorable ».
Comme cette remarque
s'applique particulièrement bien à notre époque ! En effet, l'on voit
bien, malheureusement, que ceux qui se sont imposés dans ce qu'il faut appeler
désormais cette fausse tradition, ne possèdent, ni
confiance, ni ardeur, ni méthode. Lorsqu'ils parlent de la situation de
l'Église, de l'ennemi, ils ignorent de quoi il s'agit. Nous les voyons
particulièrement médiocres, insensés, creux, futiles, et je vous l'ai dit,
inconstant dans leurs fausses comparaisons pour tenter d'expliquer la situation
de l'Église. Et nous les voyons également, tout récemment, tellement suffisant
d'eux-mêmes. Il suffit pour cela de lire le communiqué publié par le supérieur de
District de France de la FSSPX sur le site La Porte Latine pour s'en rendre
compte. Ainsi, pour synthétiser cette reconstruction de la part de beaucoup
dans cette majorité traditionnelle, il me semble qu'une épitaphe est fort
à propos: « Le bien qu'ils firent, ils le firent mal, et le mal qu'ils
firent, ils le firent bien ! ». Alors effectivement le résultat est
déplorable, et ce genre d'ouvriers, nous le constatons là encore, constitue
beaucoup plus d'entraves à la reconstruction, quand au contraire ils ne rendent
pas de grands services aux démolisseurs eux-mêmes !
Aussi, lorsque la
vénérable nous dit que « Déjà toute la partie antérieure de l'église était
abattue ; il n'y restait plus debout que le sanctuaire avec le saint
Sacrement », nous voyons bien que selon ces atteintes à l'apostolicité, à
l'épiscopat, et ainsi au sacerdoce catholique depuis 40 ans, il ne faille pas
compter encore plusieurs générations pour que le niveau de démolition dont il
est question, soit atteint.
C'est pourquoi, il nous
faut maintenant espérer en ce qui doit s'accomplir. Et cette espérance nous l'a
trouvons dans ce qui nous est décrit dans la suite de cette vision :
« Alors je vis une
femme pleine de majesté s'avancer dans la grande place qui est devant l'Église.
Elle avait son ample manteau relevé sur les deux bras et elle s'éleva doucement
en l'air. Elle se posa sur la coupole et étendit sur toute l'étendue de
l'Église son manteau qui semblait rayonner d'or. Les démolisseurs venaient de
prendre un instant de repos, mais, quand ils voulurent se remettre à l'œuvre,
il leur fut absolument impossible d'approcher de l'espace couvert par le
manteau ».
Qui ne reconnaîtra pas
en cette Femme, et il faut bien sûr mettre un F majuscule, la très sainte
Vierge Marie intervenant : « A la fin mon Cœur Immaculé
triomphera », protégeant le chœur vital de l'Église, pendant cette période
où l'ennemi ne pourra pas s'approcher de ce qui se mettra alors en place.
Nous avons là, mes bien chers frères, en quelques mots, ce
qui correspond au règne du Sacré-Cœur. Celui-ci est donc préparé par
l'intervention et la protection de sa très sainte Mère, ce qui est conforme à
sa médiation. Nous avons également ce qui est sous jacent, c'est à dire le rôle
de la France qui sera alors régénérée, et qui accomplira par conséquent les
demandes du Sacré-Cœur par l'intermédiaire du Grand Monarque. Celui-ci viendra
au secours de la monarchie pontificale, qui, elle aussi sera rétablie.
Voici ce que dit la
vénérable. Je vous cite toute la fin de cette vision car je n'ai pratiquement
pas besoin de commenter tout ce passage tellement celui-ci exprime l'essentiel
de ce qui sera accompli dans cette période du règne du Sacré-Cœur :
« Cependant, de
l'autre côté, ceux qui rebâtissaient se mirent à travailler avec une incroyable
activité, dit-elle. Il vint des hommes d'un très grand âge, impotents, oubliés,
puis beaucoup de jeunes gens forts et vigoureux, des femmes, des enfants, des
ecclésiastiques et des séculiers, et l'édifice fut bientôt restauré
entièrement. Je vis alors un nouveau pape venir avec une procession. Il était
plus jeune et beaucoup plus sévère que le précédent (combien de temps entre le
dernier et véritable souverain pontife et ce nouveau pape? Cela fait
partie de ce mystère d'iniquité). On le reçut avec une grande pompe. Il
semblait prêt à consacrer l'Église, mais j'entendis une voix disant qu'une
nouvelle consécration n'était pas nécessaire, que le très saint Sacrement y
était toujours resté. On devait alors célébrer très solennellement une double
fête: un jubilé universel et la restauration de l'Église .
Le Pape, avant de commencer la fête, avait déjà disposé ses gens qui
repoussèrent et renvoyèrent de l'assemblée des fidèles, sans trouver aucune
contradiction, une foule de membres du haut et du bas clergé. Je vis qu'ils
quittèrent l'assemblée en murmurant et pleins de colère (les sectaires
conciliaires sont donc évincés). Le Pape prit à son service de toutes autres
personnes, ecclésiastiques et même des laïques. Alors commença la grande
solennité dans l'Église de Saint-Pierre. Les hommes au tablier blanc
continuaient à travailler à leur œuvre de démolition sans bruit et avec
circonspection, quand les autres ne les voyaient pas : ils étaient craintifs et
avaient toujours l'œil au guet ».
Nous venons donc de voir,
mes bien chers frères, comment sera établi ce règne du Sacré-Cœur, et nous
avons également dans les dernières lignes que je viens de vous citer, ce que
Notre Seigneur permettra encore, à savoir que ses ennemis, évincés pendant le
règne de son Sacré-Cœur, attendront de prendre leur revanche. Se sera alors le
Règne de l'Antéchrist et la vengeance de ce dernier sera, aux yeux des hommes
séduits, une victoire diabolique : abattre le Règne du Sacré-Cœur et
y succéder. Mais nous touchons là, à la dernière période de l'Église, celle qui
précédera le retour glorieux de Notre Seigneur, sa Parousie, le jugement
dernier, qui mettra fin à ce règne de l'Antéchrist, et grâce auquel le nombre
des élus sera définitivement fixé.
Rappelez-vous, ce que je
vous ai cité du Père Ventura dimanche dernier, comment celui-ci nous expliquait
que ces deux pêches miraculeuses figuraient l'Église. « L'Église dans le
temps, d'abord, et plus tard dans l'éternité, disait-il. Maintenant l'Église est
multitude, elle englobe sans compter bons et mauvais. Après la résurrection des
morts, seuls les bons formeront l'Église, et leur nombre sera précisé, fixé
pour jamais ».
Voilà donc, mes bien chers frères, avec ces deux visions dont je vous ai
fait part aujourd'hui, pourquoi nous devons rester fidèles dans la foi en
l'Église. D'une part parce que celle-ci est bien « la tour bâtie sur les
eaux, qui apparut à Hermas, formée de pierres resplendissantes et si intimement
assemblées, que l'œil ne découvrait point leurs jointures », et d'autre
part parce que nous avons vu, dans ce mystère d'iniquité, qu'elle était, non
seulement l'ampleur de la destruction que Notre Seigneur permettait pour son
Église, mais aussi en quoi consistait sa reconstruction et les différentes
périodes qui se succèdent jusqu'au jugement dernier.
« Quel
mystère ! » dit récemment Mgr Fellay, sur
ce qu'il considère comme des papes libéraux, ou bien ce qu'il a dit également
il y a plus longtemps : « Cette nécessité de distinguer deux Rome (la
Rome éternelle et la Rome moderniste), c'est un cauchemar ».
Eh bien, pour éviter ce
genre de cauchemar, il faut donc qu'il considère, non pas un mystère dans le
libéralisme des ces hommes qui ne sont que les sectaires décrits dans la vision
de la vénérable Anne Catherine Emmerich, mais qu'il admette, et bien d'autres
avec lui, avec humilité, et avec une saine théologie sur le Corps mystique, ce
mystère d'iniquité dont nous avons quelques explications grâce aux révélations
privées éprouvées, aux interprétations sérieuses de l'Apocalypse de saint Jean
et aux rappels et avertissements de la très sainte Vierge Marie elle-même.
Mgr Delassus,
dans son ouvrage sur la Mission posthume
de sainte Jeanne d'Arc, nous dit ce qui est fort juste, que « si
l'action du prêtre pour le bien est infiniment plus puissante que celle du
laïque, la perversion des idées, lorsqu'elle est propagée par lui (le prêtre,
et encore plus par l'Evêque), produit dans les esprits des résultats bien plus
désastreux ». D'où l'importance, mes bien chers frères, de la remarque de
la vénérable Anne Catherine Emmerich, à propos de cette période que nous
traversons en présence de cette majorité traditionnelle : « C'était
lamentable ! ».
Ce qui nous importe donc
maintenant, c'est de savoir comment nous devons vivre, clercs et fidèles,
actuellement et pendant la période du passage du cinquième au sixième âge,
période à laquelle nous devons sérieusement nous préparer, si celle-ci
d'ailleurs n'est déjà pas commencée.
L'enseignement qui nous
est donné par le vénérable B. Holzauser dans son
"Interprétation de l'Apocalypse", nous l'indique. En effet, celui-ci,
en commentant le verset : « Tu
as gardé Ma parole, et tu n'as point renié Ma foi », nous dit que saint Jean désigne ainsi
la constance et la persévérance de ses serviteurs dans son amour et dans sa
foi. Car, vers la fin des temps du cinquième âge, ceux-ci, ayant peu de force,
s'élèveront néanmoins contre les pécheurs qui auront nié la foi à cause des
biens terrestres.
« Or, au temps où
le démon jouira d'une liberté presque absolue et universelle, dit-il encore, et
où la plus grande tribulation sévira sur la terre, ces serviteurs fidèles, unis
entre eux par les liens les plus forts, protégeront le célibat en se conservant
purs au milieu du siècle. Ils passeront pour vils aux yeux des hommes et se
verront méprisés et repoussés du monde, qui les tournera en ridicule. Mais le
Sauveur Jésus-Christ dans Sa bonté, regardera d'un œil propice leur patience,
leur industrie, leur constance et leur persévérance, et Il les récompensera
dans le sixième âge en secondant et favorisant leurs efforts dans la conversion
des pécheurs et des hérétiques ».
Et celui-ci
précise encore: « Lors donc qu'ils verront leurs semblables
apostasier et renier la foi de Jésus-Christ à cause des richesses des honneurs
et des plaisirs, ils en gémiront dans leur cœur devant leur Dieu et ils
persévéreront dans les vrais principes de la foi catholique ».
Voilà donc, mes bien chers frères, ce que nous retiendrons en plus de
ces deux visions. Nous aurons compris l'importance pour tous les véritables
fidèles catholiques, qui subiront une inversion dans le vocabulaire, car sera
appelé catholique celui qui ne
le sera plus ! Nous aurons donc compris que de l'union mutuelle, de cette
charité, si fortement recommandée par la voix de l'Apôtre saint Pierre dans son
Epître ce matin, que de ce ciment dépend
l'édification de la sainte Église.
Et nous comprendrons
également que faire partie de l'Église implique certaines vertus, ces qualités
des matériaux employés dans l'édification de cette tour, dans la vision du
Pasteur d'Hermas. Dans ces écrits, nous avons une fort belle description de ces
vertus. Je vous les présente d'une façon résumée :
Les pierres carrées
blanches, dit l'Église, s'agençant bien entre elles, ce sont les Apôtres, les
évêques, les docteurs, les diacres qui ont marché selon la sainteté de Dieu et
qui ont exercé leur ministère d'évêque, de docteur, de diacre avec pureté et
sainteté, pour les élus de Dieu, et toujours ils se sont accordés entre eux,
ont maintenu la paix entre eux et se sont écoutés mutuellement : c'est pour
cela que dans la construction de la tour leurs joints sont bien agencés.
Les pierres qu'on tire du fond de l'eau, qu'on pose sur la construction
et qui s'agencent bien par leurs joints aux autres déjà utilisées sont ceux qui
ont souffert pour le Nom de Dieu. Celles qu'on apporte de la terre ferme, qui
entrent dans la construction et qui sont équarries, ce sont ceux que le
Seigneur a approuvés, parce qu'ils ont marché dans la voie droite du Seigneur
et qu'ils ont respectés parfaitement ses commandements. Celles qu'on amène et
qu'on place dans la construction, des nouveaux venus à la foi, et des fidèles,
les anges leur rappellent de faire le bien et on n'a trouvé en eux aucun mal.
Celles qu'on repoussait et qu'on rejetait, ce sont ceux qui ont péché et qui
veulent faire pénitence ; c'est pourquoi on ne les a pas rejetés très loin de
la tour : ils seront utiles à la construction s'ils se repentent. Ceux donc qui
sont enclins au repentir, s'ils font pénitence, seront fermes dans la foi, à la
condition qu'ils se repentent maintenant, pendant que la tour est encore en
construction. Quand elle sera achevée, il n'y aura plus de place pour eux : ils
seront rejetés.
Et l'Église alors, parle
d'autres pierres définitivement impropres à rentrer dans la construction. Il
est donc bien question également des réprouvés.
Le cardinal Pie
précisait à propos de la révélation privée que celle-ci n'était pas exclue de
l'économie de la loi nouvelle. « La raison toute seule, nous dit-il, nous
enseigne qu'il est toujours libre à Dieu de se mettre en rapport avec sa
créature ; et les annales de l'Église nous montrent de siècle en siècle de
grands fruits de sainteté obtenus (...) des directions très opportunes offertes
au peuple chrétien par la voix des communications extraordinaires ».
Alors pratiquons ces
vertus, mes bien chers Frères, celles qui nous sont rappelées
dans cette vision du Pasteur d'Hermas, celles qui nous sont nécessaires
dans cette période dans laquelle nous sommes, celles qui nous sont donc
rappelées par le vénérable Holzauser, pour rester
fidèle dans cette période de la fin du cinquième âge.
Il vous sera donné,
suite à cette journée du 21 juin à Saint-Benoît-sur-Loire, la retranscription
de ce qui aura été dit sur les vertus de sainte Jehanne d'Arc, sur le sacre des
Rois de France, sur le Règne du Sacré-Cœur. Alors avec ce lien de la foi qui
nous unis entre nous, le ciment de la charité qui fait que nous sommes assemblés,
ajustés, au sein de l'Église, prions le Sacré-Cœur de Notre Seigneur, le Cœur
Immaculé et Douloureux de sa très sainte Mère, pour notre sanctification, et
pour hâter l'heure de la conversion des pécheurs et des hérétiques dans
l'établissement du règne de Sacré-Cœur sur la France et par la France sur le
monde entier.
Ainsi soit-il.
Abbé Michel Marchiset
Photocopiez et diffusez
- - - - - - - - - - - -