Par
Monseigneur
Henri DELASSUS
Docteur en
théologie
(1910)
L’antipape
Ratzinger/Benoît XVI :
Le pseudo
Vatican II : « Une sorte de contre-Syllabus »
(Les principes de la théologie catholique,
Téqui, 2005, p. 426)
Tome Ier
Page 9 (chapitre Ier : Les deux
civilisations)
Le Syllabus de Pie IX [recueil
de propositions condamnées infailliblement par le Pape] se termine par cette
proposition condamnable et condamnée :
« Le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec
le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne. »
La dernière proposition du décret que l'on a appelé le Syllabus de
Pie X, proposition également condamnable et condamnée, est ainsi conçue :
« Le catholicisme d'aujourd'hui ne peut se concilier avec la vraie
science, à moins de se transformer en un christianisme non dogmatique,
c'est-à-dire en un protestantisme sage et libéral. »
Ce n'est sans doute point sans intention que ces deux propositions
ont reçu, dans l'un et l'autre Syllabus, cette place, la dernière,
apparaissant là comme leur conclusion. C'est qu'en effet elles résument les
précédentes et en précisent l'esprit.
Page 10
Il faut que l'Eglise se réconcilie avec la civilisation moderne. Et
la base proposée pour cette réconciliation, c'est, non point l'acceptation des
données de la vraie science que l'Eglise n'a jamais répudiée, quelle a toujours
favorisée, aux progrès de laquelle elle a toujours applaudi et contribué plus
que qui que ce soit; mais l'abandon de la vérité révélée, abandon qui
transformerait le catholicisme en un protestantisme large et libéral dans
lequel tous les hommes pourraient se rencontrer, quelles que soient leurs idées
sur Dieu, sur ses révélations et ses commandements. Ce n'est, disent les
modernismes, que par ce libéralisme que l'Eglise peut voir de nouveaux jours
s'ouvrir devant elle, se procurer l'honneur d'entrer dans les voies de la
civilisation moderne et de marcher avec le progrès.
Toutes les erreurs signalées dans l'un et l'autre Syllabus se
présentent comme les diverses clauses du traité proposé à la signature de
l'Eglise pour cette réconciliation avec le monde, pour son admission dans la
cité moderne.
Civilisation moderne. Il y a donc civilisation et civilisation ? II
y a donc eu, avant l'ère dite moderne une civilisation autre que celle dont
jouit, ou du moins que poursuit le monde de notre temps ? En effet, il y a eu,
et il y a encore en France et en Europe, une civilisation appelée la
civilisation chrétienne. Par quoi ces deux civilisations se différentient-elles
? Par la conception qu'elles se font de la fin dernière de l'homme, et par les
effets divers et même opposés que l'une et l'autre conception produisent dans
l'ordre social comme dans l'ordre privé.
Pages
11-12
L'impulsion vers le bonheur vient du Créateur, et Dieu y ajoute la
lumière qui en éclaire le chemin, directement par sa grâce, indirectement par
les enseignements de son Eglise. Mais il appartient à l'homme, individu ou
société, il appartient au libre arbitre de se diriger, d'aller prendre sa
félicité là où il lui plaît de la mettre, dans ce qui est réellement bon, et,
au-dessus de toute bonté, dans le Bien absolu, Dieu; ou dans ce qui n'a que les
apparences du bien, ou qui n'est qu'un bien relatif.
Page
12
Dès la création du genre humain, l'homme s'est fourvoyé. Au lieu de
croire à la parole de Dieu et d'obéir à son commandement, Adam écouta la voix
enchanteresse qui lui disait de mettre sa fin en lui-même, dans la satisfaction
de sa sensualité, dans les ambitions de son orgueil. « Vous serez comme
des dieux » ; « le fruit de l'arbre était bon à manger, beau à voir, et d'un
aspect qui excitait le désir ». Ayant ainsi dévié, dès le premier pas, Adam a
entraîné sa race dans la fausse direction qu'il venait de prendre.
Elle y marcha, elle s'y avança, elle s'y enfonça durant de longs
siècles.
Page
42 (chapitre IV :
Dans son livre
On ne pouvait mieux dire. Les hommes du moyen âge étaient de même
nature que nous, nature inférieure à celle des anges et de plus déchue. Ils
avaient nos passions, se laissaient comme nous entraîner par elles, souvent à
des excès plus violents. Mais le but était la vie éternelle : les mœurs, les
lois et les coutumes s'en étaient inspirées ; les institutions religieuses et
civiles dirigeaient les hommes vers leur fin dernière, et l'activité humaine se
portait, en premier lieu, à l'amélioration de l'homme intérieur.
Page 43
Aujourd'hui, — et c'est là le fruit, le produit de
[…] Pour atteindre ce bien-être, ont été successivement proclamées
nécessaires l'indépendance de la raison vis-à-vis de
Page 44
[…] De plus, c'est à la cour des princes que les humanistes avaient
leurs académies ; c'est là qu'ils composaient leurs livres ; c'est là qu'ils
répandaient leurs idées, qu'ils étalaient leurs mœurs ; et c'est toujours d'en
haut que descend tout mal et tout bien, toute perversion comme toute
édification.
Page 45
Le protestantisme nous vint de l'Allemagne et surtout de Genève. Il
est bien nommé. Il était impossible de qualifier
Page 46
[…]
Depuis Clovis, le catholicisme n'avait pas cessé un seul, jour
d'être la religion de l'Etat. Des traditions carlovingiennes et mérovingiennes,
c'est la seule qui fût conservée complètement intacte jusqu'à
Page
51 (chapitre V :
Le protestantisme avait échoué ;
Ainsi que le démontrera la conclusion de ce livre, tout le
mouvement imprimé à la chrétienté par
Page 53
[…] Le Philosophisme nia que Dieu eût jamais
parlé aux hommes, et
Le Journal des Débats, en l'un de ses numéros d'avril 1852,
reconnaissait cette filiation : « Nous sommes révolutionnaires ; mais nous
sommes les fils de
[…] Inutile de nous étendre longuement sur l'œuvre entreprise par
Page 54
Disciples de J.-J. Rousseau, les Conventionnels de 1792 donnèrent
pour fondement au nouvel édifice ce principe, que l'homme est bon par nature;
là-dessus, ils élevèrent la trilogie maçonnique : liberté, égalité, fraternité.
Liberté à tous et pour tout, puisqu'il n'y en l'homme que de bons instincts ;
égalité, parce que, également bons, les hommes ont des droits égaux en tout;
fraternité, ou rupture de toutes les barrières entre individus, familles,
nations, pour laisser le genre humain s'embrasser dans une République
universelle.
Page
56
[…] Poètes, orateurs, Conventionnels, ne cessaient de faire
entendre des invocations à «
Page
57
[…] La fête républicaine par excellence était celle du 21 janvier,
parce qu'on y célébrait « l'anniversaire de la juste punition du dernier roi
des Français ». Il y avait aussi la fête de la fondation de
Page
64 (chapitre VI :
[…] Et conséquemment, de Maistre, de Bonald, Donoso-Cortès,
Blanc de Saint-Bonnet, d'autres sans doute s'accordent à dire : «Le monde ne
peut rester en cet état.
Ou il touche à sa fin, dans la haine de Dieu et de son Christ que
l'Antéchrist rendra plus générale et plus violente ; ou il est à la veille de
la plus grande miséricorde que Dieu ait exercée en ce monde, en dehors de
l'acte Rédempteur.
Page 73 (chapitre VII : Ce que fait et dit de nos jours
[…] L'évolution sociale voulue, poursuivie, c'est, nous le verrons
dans toute la suite de cet ouvrage, la sortie, sans espoir de retour, des voies
de la civilisation chrétienne, et la marche en avant dans les voies de la
civilisation païenne.
Page 75
[…] Partout la guerre est déclarée aux religieux, partout le mot
d'ordre est donné de les chasser, de les anéantir. Que de lois, que de décrets
Pages 76-77 (chapitre VIII : Où aboutit la civilisation
moderne)
La nécessité d'anéantir l'Eglise pour assurer le triomphe de la
civilisation moderne, c'est ce que M. "Waldeck-Rousseau avait donné à
entendre dans le discours de Toulouse. C'est ce que M. Viviani dit brutalement,
le 15 janvier 1901, du haut de la tribune :
« Nous sommes chargés de préserver de toute atteinte le patrimoine
de
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Tome II
Chapitre XXXV
Corruption des idées
(suite)
VII. – La perversion du
langage
Pages 491-493
Le grand moyen employé pour corrompre les idées a été de pervertir
le langage.
La franc-maçonnerie a su faire adopter par le public le mot Laïcisation,
au lieu de déchristianisation ; sécularisation, au lieu de
séparation entre l'ordre religieux et l'ordre civil, dans la famille et dans la
société ; neutralité scolaire, au lieu d'enseignement athée ; séparation
de l’Eglise et de l'Etat, au lieu d'athéisme dans le gouvernement et dans
les lois ; dénonciation
du Concordat, au lieu de spoliation de l'Eglise ; désaffectation, au
lieu de confiscation ; lois existantes, au lieu de décrets arbitraires et illégaux ; tolérance, au
lieu de licence donnée aux pires erreurs, etc., etc.
Elle a fait des mots cléricalisme, main morte, etc., des
épouvantails ; et des séductions, des mots liberté, égalité, fraternité,
démocratie, etc.
« Ce sont, disait M. de Bonald, des expressions à double entente,
où les passions trouvent d'abord un sens clair et précis, sur lequel la raison
s'efforce en vain de les faire revenir par de tardives explications; les
passions s'en tiennent au texte » et rejettent le commentaire (1). »
« Malgré les enseignements donnés par la raison et l'évidence
produite par nos catastrophes, dit M. Le Play cette phraséologie abrutissante
fournit un aliment journalier aux tendances révolutionnaires incarnées dans
notre race. Sous cette influence, pénètrent de plus en plus, dans les couches
inférieures de la société, le mépris de la loi de Dieu, la haine des
supériorités sociales et l'esprit de révolte contre toute autorité (2). »
Mazzini ne pensait pas autrement que M. le Play sur ce point. Au
rapport de Lubienski, il disait : « Les discussions
savantes ne sont ni nécessaires, ni opportunes. Il y a des mots régénérateurs
(3) qui contiennent tout ce
qu'il faut souvent répéter au peuple : liberté, droits de l'homme, progrès, égalité,
fraternité.
Voilà ce que le peuple comprendra, surtout quand on opposera les mots
despotisme, privilèges, tyrannie, etc. »
Le sens plein des mots : liberté, égalité, progrès, esprit moderne,
science, etc., qui reviennent sans cesse dans les discours et les articles des
politiciens et dans les professions de foi des candidats patronnés par
Que ce soit la direction suprême de la franc-maçonnerie qui fasse
le choix de ces mots, qui les lance et qui charge ses adeptes de les propager,
il n'y a pas le moindre doute.
« Nous allons commencer, avaient dit les Instructions secrètes, à
mettre en circulation les principes humanitaires. » Réformes, améliorations,
progrès, république fraternelle, harmonie de l'humanité, régénération
universelle : tous ces mots décevants se lisent dans les Instructions. Piccolo-Tigre les fait
suivre de ceux-ci : « Le bonheur de l'égalité sociale » et « les grands
principes de liberté. » Nubius ajoute : «
L'injuste réparation des biens et des honneurs. » Résumant le tout, Gaétan se
réjouissait de voir le monde lancé sur la voie de la démocratie.
Dans le compte rendu du 3e congrès des Loges de l'Est, à Nancy, en 1882,
on lit : « Dans les derniers degrés (les plus hauts de la hiérarchie
maçonnique), se condense un travail maçonnique international d'une très grande
profondeur. Ne serait-ce pas de ces sommets que nous viennent les mots
mystérieux qui, partis on ne sait d'où, traversent parfois les foules au milieu
d'un grand frémissement, et les soulèvent pour le bonheur (!) de l'humanité ? »
1) De Bonald. A l'Institut national, séance du 29
juin 1805. Mgr Darbois, archevêque de Paris, otage,
rappelait, à ceux qui le collaient au mur, qu'il avait toujours défendu
2) Réforme sociale, t. IV, p. 29.
3) Des mots
qui peuvent servir à opérer la régénération de la société, au sens maçonnique.
4) L’Univers, dans non numéro du 13 septembre 1902, rapportait qu’au précédent
pèlerinage des Français à Rome, M. Harmel, dans le toast qu'il prononça à
Sainte-Marthe, s'écria : « Nous sommes des serviteurs passionnés de la
liberté. - oui, des serviteurs
passionnés de la liberté, prêts à donner notre vie, et à répandre notre sang
pour la cause sacrée de la liberté ! »
La liberté pour les âmes de pouvoir aller à Dieu, leur
fin dernière, sans entraves, fort bien. Mais est-ce ainsi que l'entendirent les
auditeurs de M. Harmel, est-ce bien cette liberté qu'il voulait leur faire
acclamer ?
Un mot d'explication n'eût point été inutile, au
lendemain du jour où le chef des démocrates chrétiens d'Italie était condamné
pour son discours : Liberté et Christianisme.
Pages 493-495
Il est à remarquer que c'est de la langue française que la
maçonnerie s'est servi pour forger ses formules révolutionnaires. Cela n'a
point échappé à de Maistre, qui a si bien connu la puissance mystérieuse de
notre langue. Dans la troisième des Lettres d'un royaliste savoisien à ses
compatriotes écrites aux jours de
Toutes ces formules perfides ont été créées depuis deux siècles.
Sous le règne du Philosophisme, ce fut « tolérance » et « superstition qui
passèrent de bouche en bouche ; sous celui de
Au-dessus de tous ces mots, trône depuis
un siècle la devise « Liberté, égalité, fraternité ». La secte la fait retentir
partout, elle a obtenu de la faire inscrire sur les édifices publics, sur les
monnaies, sur tous les actes de l'autorité législative et civile.
« Cette formule, dit le F.:. Malapert dans un de ses discours aux Loges (3) ; fut
précisée vers le milieu du siècle dernier (XVIIIe) par Saint-Martin (fondateur de l’Illuminisme français). Tous les
ateliers l'ont acceptée, et les grands hommes de
Voilà ce que ces trois grands mots disent aux initiés, voilà ce
qu'ils ont dans leur pensée, ce à quoi ils veulent nous faire arriver. Ils ont
fait adopter les mots; par les mois ils insinuent les idées, et les idées
préparent la voie aux faits. Il ne faut donc point s'étonner si, à leur
admission dans les Ventes, les postulants au Carbonarisme doivent dire, dans le
serment qu'ils sont obligés de prêter : « Je jure d'employer tous les
moments de mon existence à faire triompher les principes de liberté, d'égalité,
de haine à la tyrannie, qui sont l'âme de toutes les actions secrètes et
publiques de
1) Œuvres complètes, t. VIl, pp. 139-140.
2) Le « gouvernement des curés » a servi à faire
passer la liste de Gambetta et à constituer le gouvernement des francs-maçons. La peur du « cléricalisme » fait former les yeux sur les pires tyrannies. De peur
d'être accusés de favoriser ce monstre, des catholiques se défendent d'être des
cléricaux. Lors de la validation de M. Gayraud, M.
Lemire dit à la tribune : « Mon
collègue et moi ne sommes pas des cléricaux. » Le 27 novembre 1893, le même : «
Je me permettrai de faire observer que ni M. l'abbé Gayraud,
ni M. l'abbé Lemire, ne sont ici les députés du catholicisme. Je n'ai pas
accepté dans le passé et je n'accepterai pas plus dans l'avenir, que
3) Chaîne d'Union, 1874, p. 85.
4) Saint-Edme. Constitution
et organisation des Carbonari, p. 110.
Pages 496-500
Ce n'est point seulement parmi les classes dégradées, ignorantes ou
souffrantes, que cette phraséologie exerce ses ravages. Elle donne également le
vertige aux classes supérieures de la société, ce que la secte estime bien plus
avantageux pour le but qu'elle poursuit. Grâce à la confusion des idées
introduites par elle dans les esprits, il règne actuellement dans les classes qui
sont appelées par leur situation à donner à la société sa direction, la plus
déplorable divergence de vues, la plus parfaite anarchie intellectuelle.
Nous sommes revenus à la confusion de Babel, toutes les idées sont
troubles et, dans ce trouble, nombre de chrétiens sont entraînés le plus
facilement du inonde dans le sillage des erreurs maçonniques. On ne se défie
point de ces courants, on s'abandonne à leurs flots avec quiétude, et cela
parce que la plupart des mots qui y entraînent peuvent servir à exprimer des
idées chrétiennes, comme ils se prêtent à exprimer les idées les plus opposées
à l'esprit du christianisme. M. Le Play en a fait la remarque. « Aucune formule
composée de mots définis ne saurait satisfaire à la fois, et ceux qui croient
en Dieu, et ceux qui considèrent celte croyance comme le principe de toutes les
dégradations. Mais ce qui ne peut être obtenu par un arrangement de mots
définis devient facile avec des mots vagues qui comportent, selon la
disposition d'esprit de ceux qui les lisent ou les entendent, des sens
absolument opposés (1). »
Parmi les mots en vogue aujourd'hui, il n'en est point dont il soit
fait un plus fréquent et plus pernicieux usage que celui de « liberté ». Il est à deux faces, à
la fois chrétien et maçonnique.
« La liberté, dit Léon XIII, est un bien, bien excellent, apanage
exclusif des êtres doués d'intelligence et de raison. » L'intelligence leur
donne la connaissance de leurs fins, la raison leur fait découvrir les moyens
d'y parvenir, et le libre arbitre leur permet de saisir ceux de ces moyens qui
leur conviennent et de les employer à atteindre la fin qu'ils se proposent. Si
tous les hommes voyaient et plaçaient leur fin derrière là où elle est, en
réclamant la liberté, tous entendraient demander que la voie soit largement
ouverte vers le Souverain Bien, ne soit obstruée par aucune pierre
d'achoppement et qu'eux-mêmes ne soient point entravés dans leur ascension vers
Dieu. Mais qui ne sait que les fins que se proposent les hommes sont sans
nombre, aussi diverses que sont divers les objets de leurs passions ! De sorte
que l'appel à la « liberté » peut jaillir à la fois du cœur des plus grands
saints et des plus grands scélérats, et qu'en la demandant d'une même voix, ils
semblent désirer une même chose. En réalité, ils veulent des choses aussi
diverses et même aussi opposées que sont opposés, d'une part, les infinis
degrés qui portent l'homme à la plus haute vertu, d'autre part, les degrés non
moins nombreux qui le font descendre vers la pire corruption.
A ce cri « liberté », l'enfant indocile, le serviteur orgueilleux
sentent s'élever en leur cœur le désir de l'indépendance à l'égard des parents
et des maîtres : les époux infidèles voient luire le jour où le lien conjugal
sera dissous ; le mauvais sujet aspire à un état politique et social où la
coercition du mal n'existera plus. Ce cri rallie toutes les rébellions, excite
toutes les convoitises. Le chrétien lui-même sent à ce cri le joug du Seigneur
lui devenir plus pesant, car la concupiscence originelle n'est complètement
éteinte an cœur de personne, et tout homme est plus ou moins ami, dans son
mauvais fond, de la liberté pernicieuse. Pour tous, le cri de « liberté »
a un charme malsain, celui que le père du mensonge mit à l'origine des choses
dans sa première tentation : Eritis secut dii ! (Genèse, 3 : 5) : Vous
serez comme des dieux, vous serez vos maîtres, vous ne relèverez plus de
personne. Et comme l'indépendance n'est nulle pari, ce cri devient partout un appel
à la révolte, révolte des inférieurs contre l'autorité, des pauvres contre la
propriété, des époux contre le mariage, des hommes contre le Décalogue, de la
nature humaine contre Dieu.
Aussi parmi les mots en vogue, il n'en est point dont il soit fait
un usage plus pernicieux et plus fréquent que celui de liberté. Il sert à faire
réclamer par les foules, consacrer par les lois, fixer dans les institutions,
les plus puissants dissolvants de l'ordre social. C'est la liberté de
conscience, ou l'indépendance de chacun à l'égard de Dieu ; c'est la
liberté des cultes, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la neutralité et la
laïcisation, toutes choses qui brisent les liens qui attachent l'homme et la
société à Notre-Seigneur Jésus-Christ et à son Eglise ; c'est la
souveraineté du peuple, c'est-à-dire l'indépendance des foules à l'égard des
autorités sociales et civiles ; c'est le divorce et certaines disposions
du code civil qui mettent la même anarchie dans la famille. Enfin, pour pousser
à toutes ces révoltes, pour faire obtenir toutes ces indépendances, la liberté
de la presse qui travaille tous les jours à corrompre dans les esprits la
notion de la vraie liberté et à insinuer dans les cœurs l'amour et le désir des
libertés mauvaises.
Si les catholiques joignent leur voix à celle de tous les révoltés
pour réclamer, eux aussi, la liberté, tout court, et non telle ou telle liberté
définie, et, avant toutes les autres, la liberté pour les âmes de n'être point
entravées dans leurs démarches vers Dieu, ils paraîtront réclamer la même chose
que les révolutionnaires, et ils les aideront à l'obtenir. Et c'est ce que l'on
voit trop souvent.
Au nom du Progrès, de
Dans un de ses ravissements, l'apôtre saint Jean vit tous les
peuples suivre stupéfaits
Ces mots grandiloquents, nous venons de les entendre, et nous
savons quelle étrange séduction ils exercent sur les multitudes. Ce sont vraiment, dans la signification qui leur est
donnée par
Le comble de l'astuce déployée par
« Ce qu'il y a de plus funeste pour les peuples, après
Rejeter fièrement la langue, déloyale, voilà désormais à quoi l’on
reconnaîtra l'homme de cœur.
0 France! tu sauras qu'il te
vient des hommes de cœur lorsqu'on cessera de te flatter et d'employer
des équivoques (3). »
M. Charles de Ribbes a dit aussi : « Le
vrai seul relèvera
1) L'Organisation du Travail, p. 355.
2) Apocalypse, 13 :
6.
3)
4) Le Play, d'après sa Correspondance, p. 191.
Chapitre XXXVI
Corruption des idées (suite)
VIII. – L’esprit maçonnique
Pages 502-515
Des suggestions lancées dans le public par la franc-maçonnerie et
des mots qu'elle met en circulation, naît l'esprit maçonnique.
Dans une Instruction pastorale adressée à son clergé en 1864, Mgr Meirieux, évêque de Digne, disait : « Telle est la sagesse
avec laquelle l'esprit du mal a dressé ses embûches, qu'il égare des esprits
droits, qu'il les fascine au point de s'en faire des défenseurs. Il s'opère
sous nos yeux ce qu'on verra au dernier jour : un grand mystère de séduction.
Il semble, si cela était possible, que les élus mêmes n'y échapperaient pas. »
Un demi-siècle s'est écoulé depuis que ce cri d'alarme s'est fait
entendre. Combien, depuis, le mouvement des esprits s'est accéléré et rend
l'avertissement plus pressant !
La franc-maçonnerie, au vu et au su de tous, est maintenant arrivée
à l'apogée de la puissance. Elle fait ce qu'elle veut, même ce qui, il y a peu
d'années encore, eût paru à tout jamais impossible.
Pour expliquer ce succès, il ne suffit point de dire que la
maçonnerie est une société très savamment organisée, pourvue de moyens
puissants pour arriver à ses fins, et ayant souvent compté en son sein des
hommes d'une merveilleuse habileté. L'Eglise qu'elle veut détruire ne lui cède
en rien. C'est
Il faut donc chercher ailleurs l'explication de la puissance à
laquelle la franc-maçonnerie est parvenue.
Cette explication se trouve, dans les complicités qu'elle se crée
en dehors de ses loges, par ses suggestions. Elle obtient par là que tous ou
presque tous, nous la secondions.
Par l'organisme qu'elle s'est donnée, la franc-maçonnerie a trouvé
moyen de se procurer, dans toutes les classes de la société, d'innombrables
complices qui, alors même qu'ils la détestent, travaillent avec elle et pour
elle. Et cela, par la propagande des idées qu'elle a intérêt à répandre.
Elle s'en vante.
« … La franc-maçonnerie, dit une circulaire, a été jusqu'ici une
vaste école, où des hommes de toutes les classes et de toutes les opinions,
athées ou déistes, sont venus s'instruire, se former pour les bons combats de
la démocratie. Malgré la diversité de leurs origines et de leur condition, des
doctrines communes les incitaient à parler ou à agir, dans le monde profane,
conformément aux enseignements reçus dans les loges. La franc-maç.:.
fut leur inspiratrice, et c’est grâce à leur coopération qu'elle imprégna la
société contemporaine de sa pensée. Si notre Ordre renonçait à son rôle
historique, à sa mission de propagande parmi tous les hommes conscients, sans
exception de croyance ou d'opinion, elle prononcerait elle-même sa
condamnation. » Qui parle ainsi ? Le conseil de l'Ordre du Grand-Orient (1).
La secte viendra à bout de ses entreprises, elle ruinera tout
l'ordre religieux, tout l'ordre civil, tout l'ordre familial, si le public
continue à prêter l'oreille à elle et à ses organes. Comme le disait un jour
Léon XIII aux pèlerins français, la chose la plus urgente est de nous
débarrasser du joug de la franc-maçonnerie.
Et surtout du joug intellectuel, qui, depuis deux siècles pèse sur
nous. Or, pour en débarrasser le pays, il faut d'abord que chacun y soustraie
son propre cou. Personne n'y portera les mains avant d'avoir constaté la
présence de ce joug sur ses épaules. Il faut donc faire voir à chacun qu'il en
est chargé, et lui montrer qu'il a contribué à en charger ses frères, afin de
lui donner la volonté de s'en défaire et de les aider à s'en défaire à leur
tour.
Qu'est-ce donc que le Maçonnisme ? C'est
au fond, comme nous le verrons dans la seconde partie de cet ouvrage, l'esprit
naturaliste.
La franc-maçonnerie poursuit la substitution de l’ordre naturel à
l’ordre surnaturel, dans les idées et dans les mœurs, dans les personnes et
dans les institutions. Le maçonnisme est cette
substitution, à ses divers degrés d'avancement dans les âmes et dans la
société.
Du côté du cœur, il trouve les portes ouvertes devant lui. La
nature est en chacun de nous avec les concupiscences et les passions que le
péché y a perverties. « Ah! fidèles, s'écrie Bossuet, ne craignons pas de
confesser ingénument nos infirmités, avouons que notre nature est extrêmement
languissante. Quand nous voudrions le dissimuler ou le taire, toute notre vie
crierait contre nous.. D'où vient que tous les sages s'accordent à dire que le
chemin du vice est glissant ? D'où vient que nous connaissons par expérience
que non seulement nous y tombons de nous-mêmes, mais encore que nous y sommes
entraînés ? au lieu que pour monter à cette éminence où la vertu établit son
trône, il faut se raidir et bander les nerfs avec une incroyable contention.
Après cela, est-il malaisé de connaître où nous porte le poids de notre inclination
dominante ? et qui ne voit que nous allons au mal naturellement (2) ? » « Cette
maudite concupiscence, dit-il ailleurs, corrompt tout ce qu'elle touche
(3) ». Et ailleurs encore il signale jusque dans les saints « cet attrait
du mal » (4).
La franc-maçonnerie ne se trompe pas en plaçant ses espérances sur
la perversion du cœur humain. « Le rêve des sociétés secrètes, disent les
Instructions de
On peut encore appeler maçonnisme du cœur
cette pusillanimité qui empêche tant d'honnêtes gens, tant de bons chrétiens de
se montrer ce qu'ils sont. Tandis que les méchants s'affichent et affirment
avec audace les erreurs politiques, sociales et religieuses qui nous mènent à
l'abîme, les bons sont mus par des peurs qui se résument dans celle d'être pris
pour ce qu'ils sont. Que de fois on a vu cette crainte amener au point de dire
et même de faire ce que l'adversaire veut taire dire et faire faire !
Quand M. Boni de Castellane soulevait contre lui la presque
unanimité des conservateurs de
Que de gens chez lesquels on trouve ce penchant à suivre l'ennemi,
cette terreur de passer pour des imbéciles, s'il leur arrivait de faire acte
d'indépendance et de jugement.
Au maçonnisme du cœur, vient se joindre
le maçonnisme de l'esprit. Il est devenu, de nos
jours, presqu'aussi général et il est bien plus dangereux, parce que,
n'éveillant point autant que le premier les susceptibilités de la conscience,
beaucoup se laissent entraîner, souvent sans le savoir, et s'y abandonnent sans
remords. Il est aussi plus propice à la secte, il la seconde plus efficacement,
car les idées ont un empire plus étendu et plus durable que les mœurs. Aussi
s'y applique-t-elle avec un soin tout particulier. « Il faut, — est-il dit dans
les Instructions que
L'action exercée sur la jeunesse par ceux qui l'instruisent ou qui
l'approchent, tant recommandée aux Quarante et par eux à toute la secte,
contribue assurément, pour une grande part, à la corruption des idées dans la
société chrétienne. L'empreinte reçue aux premiers jours de la vie s'efface
difficilement et l'homme conserve généralement, dans l'âge mûr, les préjugés
qui ont d'abord pris possession de son intelligence.
Pour les adultes, c'est par la presse et par les tribunes de tout
genre et de tout ordre, que se fait la contagion du maçonnisme.
Ne vous est-il point arrivé de rentrer, après quelque interruption,
en relations avec des personnes que vous avez connues parfaitement chrétiennes
d'idées et de sentiments. Quelques instants d'entretien vous font demander :
Est-ce bien l'ami d'autrefois ? Il ne voit plus les choses sous le même aspect,
il n'use plus du même critérium pour les apprécier et les juger ; et ses
jugements nouveaux lut inspirent d'autres sentiments ; il n'aime plus ou il
n'aime plus autant ce qu'il aimait autrefois, il ne déteste plus ce qu'il
détestait ; sa conduite, qui s'inspirait en ce temps des principes de la foi,
est guidée aujourd'hui par un rationalisme plus ou moins avoué.
D'où vient ce changement ? Le plus souvent de l'effet produit sur
son esprit par le journal qu'il a l'habitude de lire. Par les journaux se
produisent dans le public des courants d'opinions, des manières de penser et de
faire qui gagnent de l'un à l'autre
et finissent par constituer l'atmosphère morale où tous se trouvent plongés,
l'air ambiant que tout respirent. Les livres, les romans, les ouvrages de
vulgarisation scientifique, les conversations et les exemples le vicient de
jour en jour et en font un poison dont les tempéraments les plus
vigoureux ont peine à se
défendre. Que de familles catholiques s'administrent à elles-mêmes le maçonnisme, franc on raffiné, par les publications
auxquelles elles s'abonnent inconsidérément ! Aussi sont-ils bien rares
aujourd'hui les esprits entièrement vides et purs de naturalisme, de
rationalisme et de libéralisme, autrement dit d'esprit maçonnique.
La secte se vante de répandre la lumière dans le monde. Ce mot peut servir à faire bien comprendre ce
qu'est le maçonnisme et comment il arrive à pénétrer
plus ou moins dans tous les esprits. La lumière est directe ou diffuse. Là où
le soleil envoie ses rayons sans rencontrer d'obstacle, elle est elle-même dans
la plénitude de son être et dans toute sa puissance. Mais lorsqu'elle rencontre
un écran, elle s'infléchit, se répand obliquement dans les lieux circonvoisins
et s'atténue de plus en plus à mesure qu'elle s'éloigne du point d'incidence,
du foyer que les rayons directs alimentent. Ainsi la maçonnerie, ce foyer ténébreux
d'erreurs et de perversité antichrétiennes, étend son influence bien au delà de
ses loges, répand la nuit dans les intelligences même très distantes de son
action, imprègne tellement la société d'idées fausses, que toutes les erreurs
se propagent aujourd'hui comme d'elles-mêmes.
Le maçonnisme intellectuel, c'est donc un
ensemble d'idées émanées de la franc-maçonnerie, répandues par elle dans
l'atmosphère des esprits, respirées et bientôt tenues, professées et pratiquées
par une multitude de personnes qui ne peuvent être appelées « maçons »,
puisqu'elles ne sont pas inscrites sur les registres d'aucune loge, qu'elles ne
se sont pas fait initier, qu'elles n'ont point prêté serment à la secte ; mais
qui lui appartiennent par les idées qu'elles ont accueillies dans leur
intelligence et qu'elles propagent autour d'elles, par leurs écrits, par leurs
discours et par leurs actes, par l'influence qu'elles exercent sur l'opinion,
sur la vie de famille, sur l'enseignement, sur les divertissements publics et
les œuvres sociales, sur la législation et les relations internationales, sur
tout, en un mot, et qui contribuent ainsi puissamment au progrès de l'œuvre
maçonnique qui est la ruine de la société.
Un Espagnol, Don Sarda y Salvany, dans un livre intitulé : Le Mal social, ses
causes, ses remèdes, a appelé l'attention sur quelques-unes des questions
où l'esprit maçonnique s'est le plus donné carrière et a fait les ravages les
plus pernicieux. Le principaux objets de ses observations sont : la religion,
l'Etat, la famille, l'enseignement, etc., etc.
1° La religion. Nous avons entendu la maçonnerie dire dans ses
loges que le but auquel doivent tendre tous ses efforts est d'anéantir la
religion, et même toute idée religieuse. En public, elle se contente,
généralement parlant, de mettre dans les esprits cette persuasion, que la
religion est affaire purement individuelle dont chacun décide dans son for
intérieur : l'homme est libre de servir et d'adorer Dieu de la manière qui lui
paraît la meilleure. Par là elle accrédite, elle propage l'indifférentisme
religieux qui devient bientôt l'absence de toute religion ; elle proclame la
liberté de conscience, la liberté des cultes et le droit de les discréditer.
Beaucoup de conservateurs se laissent séduire au point d'appeler ce maçonnisme un progrès.
2° L'Etat. L'erreur relative à l'Etat qu'adopte le maçonnisme est celle-ci : l'Etat est souverain, d'une
souveraineté absolue. C'est en lui-même, et non en Dieu, qu'il trouve la source
de son autorité. Il n'a à reconnaître d'autre sujétion que celle que lui
imposent ses propres lois. Il est l'auteur du droit, non seulement dans son
domaine, mais dans celui de la famille, de la propriété, de l'enseignement. Il
fait les lois, et ces lois qui disposent ainsi de toutes choses ne peuvent émaner
d'une autre autorité que de la sienne. Ce que la majorité des suffrages déclare
bon est bon, ce qu'elle déclare vrai est vrai. Devant ses arrêts, il n'y a qu'à
courber la tête, alors même que les droits de la conscience chrétienne sont
outragés. Cela est maintenant admis par la multitude. Pour elle, dès que le mot
« loi » est prononcé, tout est dit.
3° La famille. Le maçonnisme approuve
l'institution du mariage civil et tout ce qui en résulte, c'est-à-dire qu'il
accepte que l'Etat s'attribue le droit de sanctionner l'union de l'homme et de
la femme, d'en déterminer et d'en prescrire les conditions, de dissoudre le
lien conjugal comme il l'a formé, il admet que l'Etat se substitue à Dieu qui a
institué le mariage à l'origine des choses, à Notre-Seigneur Jésus-Christ qui
l'a élevé à la dignité de sacrement, à l'Eglise le fondé de pouvoirs de Dieu et
du Christ, pour le réglementer, le reconnaître et le bénir.
4° La puissance paternelle. Le maçonnisme
considère l'exercice de l'autorité paternelle comme n'appartenant aux parents
qu'en vertu d'une concession supposée de la loi civile qui peut le restreindre
ou l'étendre à son gré. Il reconnaît comme légitimes les droits que l'Etat
s'arroge sur l'éducation des enfants et la répartition des héritages.
5° L'éducation. En fait d'éducation et dans la direction qu'il lui
donne, le maçonnisme part du principe de la
perfection originelle. L'enfant, selon lui, est naturellement porté
au bien et n'a qu'à suivre ses inspirations pour être bon et vertueux. Cela est
contredit, comme l'observe M. Le Play, par la plus grossière des nourrices,
comme par la plus perspicace des mères. Elles constatent à chaque instant que
la propension au mal est prédominante chez le jeune enfant. N'importe, le maçonnisme ne s'appuie pas moins sur ce faux dogme pour
faire consister toute l'éducation dans l'instruction, pour interdire la
correction, pour écarter renseignement religieux, pour développer le sentiment
de l'orgueil, et stimuler
l'ambition.
Dans l'enseignement, le maçonnisme
n'admet pas que la science soit subordonnée au dogme, la vérité présumée et
hypothétique à la vérité fixe et absolue (5). Il n'admet pas que celle-ci serve de pierre de touche pour
vérifier celle-là. Le maçonnisme trouve bon que
l'enseignement soit obligatoire et neutre, c'est-à-dire que l'Etat fasse passer
toutes les âmes sous le laminoir de son enseignement pour les maçonniser toutes ; et s'il proteste contre le monopole
absolu de l'enseignement, s'il veut que soit conservée une certaine liberté
permettant d'échapper à l'enseignement de l'Etat, il trouve juste que celui qui
veut en user, non seulement se le procure à ses frais, mais soit tenu de
contribuer à l'enseignement neutre ; il trouve bon que l'Etat ait le monopole
des examens, qu'il ait le contrôle des livres de l'enseignement libre, qu'il
ait son Index et que par
là il s'ingère très avant dans l'enseignement prétendu libre.
Que l'Eglise enseigne ses dogmes à celui qui est baptisé et exige
de lui l'adhésion de
6° La propriété. Le maçonnisme reconnaît
à l'Etat le pouvoir de déclarer nul le droit de propriété, lorsqu'il a pour
objet les biens ecclésiastiques, la plus sacrée de toutes les propriétés. Il
lui reconnaît le droit de faire des lois pour la transmission et la jouissance
de la propriété privée, et par là il achemine les esprits et les institutions
vers le socialisme d'Etat.
7° La bienfaisance. Le maçonnisme
détourne l'attention et le cœur de l'homme des besoins principaux du pauvre, de
ceux de son âme. Il ne voit en lui que le corps, et parmi les œuvres de
miséricorde, il n'admet que celles qui ont le corps pour objet. Il veut que le
pain donné pour apaiser la faim, le vêtement destiné à couvrir la nudité, la
visite faite à l'indigent nu à l'infirme, le remède offert au malade, n'aient
d'autre fin que le soulagement corporel ; il ne veut pas qu'au-dessus de cette
fin immédiate, il y en ail une autre : édifier l'âme, la perfectionner, l'aider
à obtenir les biens qui lui sont propres, la vérité, la grâce de Dieu, le
bonheur éternel. Et c'est pourquoi, s'il trouve mauvaise la laïcisation des
hôpitaux, des hospices, des orphelinats, c'est uniquement parce qu'il constate
expérimentalement que les soins des laïques ne valent pas ceux des religieux.
Il ne regrette point l'absence des secours spirituels, il ne les reconnaît
point comme bienfaisants.
Le maçonnisme tarit la vraie source de la
bienfaisance en dédaignant le vrai, le principal motif qui doit la déterminer :
l'amour de Dieu. Il veut que l'on aime l'homme pour l'homme ; il appelle cela
de la philanthropie, il l'oppose à la charité divine. Pour obtenir le concours
à ses œuvres de philanthropie, le maçonnisme,
ignorant ou dédaignant les motifs d'ordre supérieur, a recours à divers moyens,
tous aussi misérables les uns que les autres. Il s'efforce de stimuler la
sensibilité naturelle, mais l'égoïsme lui répond en faits, sinon en paroles,
qu'il est moins désagréable de voir souffrir son prochain que de s'imposer à
soi-même des sacrifices. Il ouvre des souscriptions publiques, et il se sert du
respect humain pour y faire contribuer par la crainte du ridicule et de la
censure. Il organise des fêtes de bienfaisance, marchés publics de sensualité,
où l'on prend occasion du malheur des autres pour se procurer du plaisir.
8° L'art n'est pas plus que le reste hors des atteintes du maçonnisme. L'art qu'il patronne, qu'il exalte est celui
qui exprime et qui surexcite les concupiscences qui animalisent l'homme, au
détriment de celui qui exprime les sentiments qui ennoblissent l'âme humaine,
qui relèvent sa dignité. Le maçonnisme est, à l'heure
actuelle, tout à fait dominant dans l'art. La poésie et le chant, la peinture
et la sculpture s'attachent de nos jours à flatter les sens, à amener les
hommes à chercher leurs joies dans ce qui les avilit et les souille, au lieu de
les élever aux joies de l'intelligence et de l'âme.
Immense est l'influence du maçonnisme
artistique et littéraire. Il atteint toutes les classes de la société, même les
plus infimes, par le feuilleton, l'affiche, les statues officielles, et les
amusements publics qui ne sont plus autre chose qu'une grande entreprise de
corruption générale.
On le voit, le maçonnisme s'étend à tout.
A l'heure actuelle, sa contagion est si puissante et si étendue que quiconque
voudra rentrer en lui-même, faire l'inspection de ses idées et de ses
sentiments, devra reconnaître qu'il en est plus d'un et plus d'une qui sont
altérés en lui, qu'il n'a pas conservé entière la pureté de la doctrine et du
sens catholique.
C'est par cet affaiblissement graduel, méthodique, que la secte
espère arriver peu à peu à anéantir l'idée chrétienne dans le monde. Le journal
l’Opinion nationale écrivait sous le règne de Napoléon III : « Il existe
en certaines parties de l'Afrique et de l'Amérique un insecte d'une activité et
d'une fécondité effrayantes : le pou-de-bois. C'est une bête molle, blanchâtre,
sans résistance, organisée qu'elle est pour vivre dans les ténèbres. Cependant,
lorsqu'elle s'attaque aux habitations, il faut toujours finir par lui céder la
place. Rien ne peut l'arrêter. Sans bruit, elle ronge solives, poutres,
madriers et jusqu'à la rampe de l'escalier. Vous appuyez dessus sans défiance :
le bois cède, sous les doigts. Les poux vont ainsi creusant, creusant avec une
activité incroyable et se multipliant chaque nuit par milliers. Ils avancent.
Au dehors nulle trace ; tout conserve l'apparence de la solidité, jusqu'à ce
qu'un jour, au premier souffle de la tempête, la maison tombe en poussière sur
ses habitants surpris et montre, au grand jour, l'innombrable et immonde
fourmilière des poux, grouillant sur les ruines. »
Cette vermine, sous la plume de l’Opinion nationale, c'était
les Petites Sœurs des Pauvres, les Filles de Saint-Vincent de Paul et autres
congréganistes. N'est-il pas plus juste de voir sous cette figure le maçonnisme et son œuvre ? Les idées qui le constituent sont
bien ces termites. Elles se répandent de proche en proche dans la société, la
minent sans que l'on s'en aperçoive. Au jour de la tempête révolutionnaire, on
la verra tomber ; et tous, ceux qui auront propagé ces idées, comme ceux qui
n'auront point réagi contre elles périront sous ses ruines.
Combien de personnes, si elles voyaient ce travail obscur de
destruction, reculeraient d'effroi ! Et c'est pourquoi il est nécessaire et
charitable de leur ouvrir les yeux, de leur apprendre à traduire devant leur
conscience les idées qui hantent leur intelligence, et à se demander si, de cet
examen, il ne résulte pas qu'elles appartiennent, du moins par quelques
tendances de leur esprit, à l'âme de la franc-maçonnerie.
Car de même que l'on distingue dans l'Eglise de Dieu le corps et
l'âme, et que l'on peut être du corps sans être complètement de l'âme, et
réciproquement de l'âme sans être du corps ; ainsi en va-t-il du Temple de Satan. Le corps, ce sont
les loges et ceux qui s'y sont
inscrits, l'âme, c'est le libéralisme et
le rationalisme, en un mot le naturalisme. Tous ceux qui en tiennent
appartiennent à l'âme de la secte dans la mesure où ils se sont laissé
déchristianiser l'esprit ou le cœur, ou le cœur et l'esprit.
1) Extrait de la circulaire du Conseil de l'Ordre du 13 février 1904, au sujet
de la modification de l'article 1er
de
2) Sermon pour le jour de
3) Ibid.,
Sermon sur
4) Ibid.,
Sermon pour le jour de Pâques, p. 506.
5) On
voit à chaque instant les théories scientifiques les plus autorisées, les plus
universellement acceptées, être rangées tout à coup parmi les paradoxes.
Chapitre XXXVII
Corruption des idées
(suite)
IX. – Maçonnisme et Évangile
Pages 517-536
Nous avons entendu l'un des membres de
L'effort pour la répandre vient de loin, et si on remonte à sa
source, on trouve qu'elle a pour premiers auteurs Weishaupt
et Knigge, les deux hommes qui ont donné aux sociétés
secrètes leur dernière et décisive impulsion, ceux qui leur ont marqué le but suprême qu'elles
doivent s'efforcer d'atteindre : l'anéantissement du christianisme.
Knigge, dans une lettre à Zwach,
expose que parmi les élèves de l'Illuminisme il se trouve des hommes qui ont
besoin d'une religion révélée pour fixer leurs idées, et d'autres qui détestent
toute révélation. « Pour mettre en action pour faire concourir à notre objet
ces deux classes d'hommes, pour réussir, il fallait trouver une explication du
christianisme qui rappelât les superstitieux à la raison et qui apprît à nos
sages plus libres à ne pas rejeter la chose pour l'abus. Ce secret devait être
celui de la maçonnerie et nous conduire à notre objet. Pour réunir ces deux
extrêmes, nous disons donc que Jésus n'a point établi une nouvelle religion,
mais qu'il a voulu simplement rétablir dans ses droits la religion naturelle.
Son intention était de nous apprendre à nous gouverner nous-mêmes, et de rétablir,
sans les moyens violents de révolution, la liberté et l'égalité parmi les
hommes. Il ne s'agissait pour cela que de citer divers textes de l’Écriture et
de donner des explications vraies ou fausses, n'importe, pourvu que
chacun trouve un sens d'accord avec sa raison dans la doctrine de Jésus.
Spartacus (Weishaupt) avait réuni bien des données
pour cela ; j'ai ajouté les miennes dans l'instruction pour ces deux grades
(les deux grades des petits mystères). » (1).
Conformément à ces Instructions avant d'admettre le Chevalier
Ecossais au grade d'Epopte, on lui adressait diverses
questions auxquelles il devait répondre par écrit.
«
« 2. N'a-t-il pas existé autrefois un ordre de choses plus
simple ? Quelle idée vous faites-vous de cet ancien état du monde ?
« 3. A présent que nous sommes passés par toutes les nullités
(par toutes les formes vaines et inutiles de gouvernement et de religion),
serait-il possible de revenir à cette première et noble simplicité de nos pères
?
« 4. Comment faudrait-il s'y prendre pour ramener cette heureuse
période ?
« 7. Peut-on connaître et enseigner un meilleur christianisme
? Le monde tel qu'il est à présent supporterait-il plus de lumière ?
« 9. En attendant, ne faut-il pas semer la vérité dans les
sociétés secrètes ?
« 10. N'observez-vous pas les mesures d'une éducation
graduelle dans cet art que vous voyez transmis à notre Ordre depuis les temps
les plus anciens ? »
Quand les réponses convenables avaient été données et que le
Chevalier Ecossais était admis au grade d'Epopte,
l'Hiérophante lui disait dans la cérémonie de l'Initiation : « Notre doctrine
est cette doctrine divine, telle que Jésus l'enseignait à ses disciples, celle
dont il leur développait le vrai sens dans ses discours secrets... Il enseigna
à tout le genre humain la manière d'arriver à
Weishaupt, en rédigeant cette partie de son
rituel, chargeait ses disciples de répandre cette persuasion que la liberté, l'égalité et
la fraternité, entendues au sens maçonnique, ont eu pour inventeur Notre-Seigneur
Jésus-Christ ; que sa doctrine secrète, celle qui était vraiment et
complètement sienne, mais qui ne devait être prêchée ouvertement que lorsque le
monde serait capable de l'entendre, était la pure doctrine démocratique, celle
qui rejette toute autorité et maudit toute propriété.
Qu'ils fussent persuadés ou non, ses disciples ne manquèrent point
de parler en ce sens. Qu'il suffise de citer Camille Desmoulins, qui faisait de
Notre-Seigneur Jésus-Christ « le premier sans-culotte » ; Gracchus Babeuf, qui
lui donnait un rôle de partageux ; et, plus près de nous, Proudhon qui le
transfigurait en « divin socialiste » ; Lamennais, qui entreprit de donner la
démonstration de ce sophisme : que
Et Pie IX, dans l'allocution consistoriale prononcée à Gaëte, le 20 avril 1849, dit aussi : « Les chefs de la
faction, par un coupable abus des paroles et des pensées du très saint
Evangile, n'ont pas craint, loups ravisseurs déguisés en agneaux, d'entraîner
la multitude inexpérimentée dans leurs desseins et leurs entreprises et de
verser dans les esprits imprévoyants le poison de leurs fausses doctrines. »
Piccolo-Tigre a donné la raison dernière pour laquelle cette
tactique a été inventée et mise en œuvre : «
Nos démocrates s'y sont laissé prendre.
Dans son numéro-programme,
Et ailleurs : « La démocratie est bonne, son principe est
inattaquable, puisqu'elle est l'état social le plus conforme à l'esprit de
l'Eglise, parce qu'elle a été promulguée par Jésus-Christ. »
« La liberté, l'égalité, la fraternité, sont des bienfaits qui nous
viennent du christianisme. »
La liberté dont parle Notre-Seigneur lorsqu'il dit : Veritas liberabit vos ? Oui, assurément, cette liberté est l'un
des grands bienfaits du christianisme. La vérité sur Dieu, sur l'homme, sur nos
destinées que sa Bonté infinie a faites surnaturelles et éternelles, cette
vérité délivre l'homme de l'esclavage de Satan et du monde, de celui de ses
passions et de ses péchés. Voilà la liberté qui vient du christianisme. Mais
non la liberté démocratique dont l'essence est de se soustraire à l'Autorité,
d'en secouer le joug. Le mot a été pris au christianisme, la chose aux passions
de l'homme, à son orgueil. Et ravir ainsi au christianisme ses mots pour les
interpréter dans le 'sens du paganisme, c'est mettre le comble à l'anarchie
intellectuelle, c'est prendre la voie la plus sûre pour mener les peuples à
leur perte la plus irrémédiable.
Mêmes observations sur le mot égalité. L'égalité des hommes
appelés tous à la vie éternelle, rachetés tous par le sang de Notre-Seigneur
Jésus-Christ, recevant toutes les grâces nécessaires au salut, cette égalité
vient du christianisme. Mais est-ce celle-là que revendique la jalousie
démocratique qui veut tout abaisser sous son niveau? l'orgueil démocratique qui
ne peut souffrir de supérieur ?
Et la fraternité que prêche la démocratie, est-ce la fraternité des hommes
en Jésus-Christ qui s'est fait leur frère et qui leur a donné pour Père le
Souverain Seigneur qui est aux cieux ? N'est-ce point plutôt l'humanitarisme
qui tend à un Etat-Humanité par la solidarité universelle ?
« Quand on voit quelles sont les doctrines contre lesquelles
beaucoup d'hommes ont échangé les trésors de vérités cachées dans le Christ, a
dit Shelling, on se rappelle involontairement ce roi
dont Sancho Pança (Don Quichotte de Cervantes) raconte
qu'il avait vendu son royaume pour acheter un troupeau d'oies. »
Non, la liberté, l'égalité, la fraternité démocratiques n'ont point
été promulguées par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce n'est point là ce qu'il a
voulu faire prévaloir en venant sur la terre. On ne peut dire que cette
liberté, cette égalité et cette fraternité soient des bienfaits qui nous
viennent du christianisme et que l'état social qui reposerait sur elles serait
le plus conforme à l'esprit de l'Eglise. L'état social le plus conforme à
l'esprit de l'Eglise est celui qui aide le mieux les hommes à faire leur salut.
Ces confusions d'idées et les actions libérales qui en sont la mise
en œuvre, préparent une société essentiellement antichrétienne ; car il n'y a rien qui
puisse s'opposer plus efficacement au retour de notre société révolutionnaire à
l'esprit du christianisme, à cet esprit qui, d'après Léon XIII, — s'adressant
directement aux démocrates chrétiens, — doit donner à la communauté humaine une
forme et un caractère en harmonie avec ceux que Dieu a établis (3). Dieu a établi la
société non sur la liberté, mais sur la soumission aux autorités; non sur
l'égalité, mais sur la hiérarchie ; non sur l'humanitarisme, mais sur la divine
charité.
On l'a toujours dit, et rien de plus vrai : l'erreur la plus
nuisible est celle qui est la plus proche de la vérité, ou celle qui en
emprunte les termes. Les hommes les plus dangereux sont ceux qui ont la vérité sur le
visage et l'erreur dans le sein. Comment la jeunesse se mettra-t-elle en garde
contre des écrivains et des orateurs honnêtes et brillants, qui annoncent à
tous le règne de la liberté et de l'égalité avec du pain et des plaisirs ? Ils
affirment apporter en cela la solution chrétienne de la question sociale, alors
qu'ils propagent les idées de
M. de Montalembert ne parlait pas autrement :
« Si la contagion socialiste allait envahir jusqu'aux enfants de
l'Eglise elle-même, si une portion de notre jeunesse catholique avait le
malheur d'ouvrir son esprit et son cœur à ces doctrines fallacieuses, c'est
alors vraiment que le mal pourrait sembler irréparable et qu'il ne resterait
plus qu'à pleurer sur les ruines d'une société condamnée à mourir dans les
étreintes d'une incurable anarchie. »
« C'est pour un prêtre une trahison, disait encore M. de
Saint-Bonnet, que de faire porter la question sociale ailleurs que sur
Il y a une dizaine d'années, dans un numéro de l'Eclair, daté
du 6 juillet, l'abbé Charbonnel, qui n'avait point encore apostasié, écrivait un
article intitulé : Le Socialisme chrétien. Il y invoquait l'autorité de
saint Paul, de Mgr Ketteler, de Mgr Ireland, de M. le comte de Mun, de l'abbé Hitze. Et il terminait par ces mots :
« Au dire de Proudhon, la question sociale est déjà soulevée, mais
elle est errante : prêchée au nom de Dieu, consacré par la parole du prêtre
elle se répandra avec la rapidité de la foudre. C'EST CE QUI ARRIVE et l'évolution a été singulièrement prompte de
Lamennais à Léon XIII. Qui disait donc que l'Eglise ne change pas ? »
Non, l'Eglise ne change pas, elle dit aujourd'hui ce qu'elle a dit
hier, mais ils sont bien dangereux ceux qui essaient de lui faire dire le
contraire de ce qu'elle a toujours enseigné et qui, pour cela, se présentent
sous le couvert du Pontificat suprême et de l'infaillibilité doctrinale !
De la persuasion que le christianisme est une doctrine
essentiellement démocratique est né le désir de la réconciliation de l'Eglise
et du siècle d'abord dans l'ordre politique, puis en tout ordre de choses. Dans
la lettre à son clergé sur le concile œcuménique du Vatican (5), le cardinal
Régnier disait : « Le catholicisme libéral travaille à faire sortir l'Eglise de
ses voies traditionnelles et séculaires, pour la faire entrer dans celles où
s'est engagée la société moderne et dont Dieu seul connaît l'issue. »
Les catholiques libéraux se proclament volontiers les fils de la
société moderne qu'ils déclarent être « la moins imparfaite, la meilleure des
sociétés qui aient jamais existé. » Ils répètent sur tous les tons qu'ils «
l'acceptent telle qu'elle est », et que personne ne doit plus songer à réagir
contre le courant qu'a créé
La plupart de ces citations sont prises dans le livre de l'abbé Bougaud : LE
CHRISTIANISME ET LES TEMPS PRÉSENTS (6). M. Vacherot avait une plus juste compréhension
des choses lorsqu'il disait : « A ceux qui croiraient encore que
Faut-il s'étonner après cela que dans les premiers jours de juin
1885, le Figaro ait eu l'insolence d'adresser cette invite à Léon XIII :
« Si Léon XIII se levait avec le grand chiffre 1789 à la main tout à
coup de son fauteuil où il est assis calme, penseur, voyant — il serait aussi
grand que le Moïse de Saint-Pierre-aux-Liens. A les voir assis, le Pape et
Moïse, on juge de leur taille s'ils étaient debout ! IL A COMPRIS que, si son Eglise ne marchait pas avec la société
moderne — la société moderne marcherait sans son Eglise. » Ce que le Figaro
disait, toute la clientèle des Ignotus, des
Wolff, des Grandlieu, des Millaud,
etc., en un mot, tout le catholicisme libéral le pensait.
C'est Lamennais qui est le père et le chef de l'école à la fois
catholique et révolutionnaire de la pacification, de la conciliation, de
l'adaptation, de l'union enfin et de la fusion entre le Christianisme et
« C'est ici, dit M. Chapot, le point
culminant de la séduction libérale. Il ne saurait y avoir rien au-delà. Faire
croire aux bons, faire croire au clergé que le salut nous viendra du
libéralisme, c'est l'apogée et le triomphe de
« Voilà plus de soixante-dix ans que cette nouvelle manière de
comprendre les intérêts de l'Eglise a tout envahi. Elle trône au sein des
académies, elle siège dans les sanctuaires, elle a toutes les faveurs de
l'opinion publique; on la considère comme la garantie certaine, infaillible, de
la victoire prochaine de l'Eglise sur la terre.
« Grâce à l'ingénieuse distinction entre la thèse et l'hypothèse du
libéralisme, l’évolution des catholiques sur le terrain révolutionnaire du
droit commun, des droits de l'homme, de la liberté pour tous, du ralliement aux
idées, aux institutions politiques et sociales du monde moderne, s'est
accomplie. L'armée chrétienne est passée tout entière, avec armes et bagages,
sous les étendards du libéralisme et de
« La confusion envahit tous les esprits, même les meilleurs.
On en est venu à ne plus distinguer nettement les caractères du règne de Satan
de ceux du règne de Jésus-Christ les principes du christianisme, des principes
de l'hérésie de Satan (8). »
Heureusement Rome est toujours là [plus maintenant, en l’an 2010, car
« Rome a perdu
La lettre du Pape au cardinal Gibbons vint condamner cette
proposition : « Pour ramener plus facilement à la vérité catholique les
dissidents, il faut que l'Eglise s'adapte davantage à la civilisation d'un
monde parvenu à l'âge d'homme et que, se relâchant de son ancienne rigueur,
elle se montre conciliante à l'égard des aspirations et des exigences des
peuples modernes. » C'était, sous une nouvelle forme, la dernière des
propositions que le Syllabus de Pie IX a condamnées : « Le Pontife
romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme
et la civilisation moderne. »
Au lendemain de la publication de cette Encyclique, le 24 mars
1899, le Temps, l'un des organes du protestantisme,
vint dire aux conciliateurs de ne point renoncer cependant à leur
projet : « Ceux qui, dans le clergé comme chez les laïques, cherchent un renouveau,
une action sociale plus profonde, une entente plus cordiale avec la société
moderne, n'ont aucune raison de se décourager. »
Dieu, et devant l'Eglise, il est un rebelle et un traître. » Rebelle, parce qu'il
veut aller à rencontre des directions séculaires de l'Eglise; traître, parce
qu'il fait le jeu des ennemis de l'Eglise.
On ne saurait dire s'il est une seule des possessions de l'Eglise
où le recul ne lui soit demandé pour arriver à la conciliation : l'Écriture
Sainte ne devrait point maintenir intacte son inspiration, sa véracité, son
authenticité ; la théologie devrait diminue le nombre de ses dogmes et les
soumettre au contrôle du scientisme ; la philosophie, se kantiser
; la politique, consacrer la souveraineté du peuple ; l'économique, faire
trouver le ciel ici-bas, etc., etc. A toutes et à chacune de ces prétentions,
Léon XIII a répondu par ses immortelles encycliques. La première, Inscrutabili, a dit que la civilisation qui
répugne aux doctrines de l'Eglise n'est qu'une fausse civilisation ; celle
commençant par les mots Quod apostolici a repoussé les conclusions
pratiques auxquelles cette fausse civilisation doit aboutir : le socialisme, le
communisme, le nihilisme, qui veulent établir l'ordre social sur l'égalité de
tous les hommes, c'est-à-dire le renversement de toute hiérarchie, l'abolition
du mariage et de la famille, la négation du droit de propriété. Les Encycliques
suivantes sont revenues sur chacune de ces bases de l'ordre social : Arcanum divinæ sapientiæ, sur le mariage et la famille ; Diuturnum, sur le pouvoir civil ; Immortale Dei, sur la constitution chrétienne
des Etats ; Libertas præstantissimum,
sur la vraie notion de la liberté : Sapientiæ
christianæ, sur les devoirs civiques des
chrétiens ; Rerum Novarum,
sur la paix sociale et les moyens de l'obtenir ; Æterni
patris, sur la philosophie ; Providentissimus
Deus, sur l'Écriture Sainte, etc., etc. ; et au centre de cette sphère d'où
la lumière rayonne sur toutes les questions agitées de nos jours, l'Encyclique
sur l'Eglise, dépositaire et docteur de toutes les vérités, et celle
sur la franc-maçonnerie, foyer de toutes les erreurs.
« Nous faisons tous nos efforts, disait Léon XIII aux pèlerins de
Malte, le 22 mai 1893, pour ramener sur le droit chemin la société humaine » ;
et dans une lettre adressée le 6 janvier 1896 au cardinal Langénieux,
il exhortait en ces termes tous les catholiques à seconder ses efforts : « Les
catholiques doivent s'affirmer comme des fils de lumière, d'autant plus
intrépides et plus prudents qu'ils voient une puissance ténébreuse mettre plus
de persistance à ruiner autour d'eux tout ce qui est sacré et bienfaisant ; ils
doivent prendre avec clairvoyance et courage, conformément à la doctrine
exposée dans nos Encycliques, l'initiative de tous les vrais progrès sociaux,
se tenir au premier rang parmi ceux qui ont l'intention loyale, à quelque degré
que ce soit, de concourir à faire régner partout, contre les ennemis de tout
ordre, les éternels principes de la justice et de la civilisation chrétienne. »
Le refus de conciliation opposé par l'Eglise aux ennemis de tout ce
qui constitue l'ordre, ne porte donc que sur l'erreur et le mal qu'elle ne peut
consacrer, même au degré le plus infime. À cela, son opposition est à tout
jamais irréductible. Mais c'est une perfidie de la secte, qui voudrait la
conciliation dans l'erreur et le mal, de faire croire que l'Eglise a en horreur
les découvertes de la science moderne et leur application aux usages de la vie.
L'apôtre saint Paul a dit : « Nolite
conformari huic sæculo (9). Ne vous conformez pas au siècle présent. » Et l'apôtre saint Jacques
: « Quiconque veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » Jamais
l'Eglise ne mettra ces paroles en oubli.
Les Instructions données aux Quarante, sur les moyens à employer
pour corrompre l'esprit public, furent si bien suivies et eurent tant de succès
que, dix ans après leur rédaction, le pape Pie VIII dut déplorer, dans son
Encyclique du 24 mai 1829, le mal qu'elles avaient déjà fait.
Le 23 janvier 1844, Gaétan écrivait à Nubius.
« Dans l'espace d'un petit nombre d'années, nous avons fait beaucoup de chemin.
La désorganisation règne partout, au Nord comme au Midi, dans le cœur des
nobles comme dans celui dos prêtres. Tous ont fléchi sous le niveau que nous voulons imposer à l'humanité
pour l'abaisser. Le monde est lancé sur la voie de
Gaétan prenait ses désirs pour des réalités. Non, il n'était pas
vrai de dire que tous avaient fléchi sous le niveau que la maçonnerie
veut imposer à l'humanité pour l'abaisser. Il y en avait pourtant, et il y en
avait assez pour que l'année suivante, le 4 août 1845, le cardinal Bernetti, dont la perspicacité avait effrayé Nubius ait pu écrire à l'un de ses amis :
« Un jour viendra où toutes ces mines chargées de poudre
constitutionnelle et progressive éclateront. Fasse le Ciel qu'après avoir vu
tant de révolutions et assisté à tant de désastres, je ne sois pas témoin des
nouveaux malheurs de l'Eglise ! La barque de Pierre surnagera sans aucun doute,
mais je sens le besoin de me recueillir dans la paix avant d'aller rendre
compte à Dieu d'une vie si tourmentée au service du Siège apostolique. Que sa
divine volonté soit faite et tout sera pour le mieux ! »
Il n'y avait pas plus de vingt ans que
Chose incroyable, chose que l'on n'aurait pu imaginer : pour faire
accueillir ses suggestions par nombre d'esprits qui ne demandaient qu'à marcher
à la lumière de la vérité, la secte a trouvé le moyen 'de les faire présenter à
la jeunesse sous le couvert de l'autorité du Souverain Pontife.
Les Instructions secrètes données à
Dans son livre Nouveau Catholicisme et nouveau Clergé, M. Maignen n'a point hésité à signaler des paroles et des
faits qui montrent que cette illusion a existé pour plusieurs. « Qu'il y ait
danger pour la foi et pour la discipline de l'Eglise, dans ce besoin insatiable
de nouveauté qui emporte beaucoup de catholiques et une partie du clergé, il
devient chaque jour plus difficile de le contester.
« Mais nous croyons apercevoir un danger plus grand dans la
façon dont les novateurs prétendent faire prévaloir leurs doctrines.
« Cette tactique, en effet, est merveilleusement adaptée à la
situation présente et à ce que l'on pourrait appeler la mentalité catholique depuis
le Concile du Vatican.
« Non seulement les modernes novateurs ne prétendent point rompre
avec Rome, ni s'insurger ouvertement contre l'autorité pontificale, mais ils
ont hautement avoué le dessein à accaparer, en quelque sorte l’influence de
cette autorité même, et de la faire servir à l’avènement de leur parti.
« Dans le domaine de la théorie, il ne s'agit plus pour les novateurs
de nier un dogme, mais de donner, selon l'occasion, à tous les dogmes un sens
nouveau.
« Dans le domaine des faits, il n'est pas question de résister au
Pape, mais de faire croire à l’opinion publique que les meneurs du parti sont
les seuls fidèles interprètes de la pensée du Pape.
« Pour parvenir à leurs fins, les novateurs disposent de deux
moyens puissants : l'un qui est de tous les temps, l'intrigue, par laquelle ils
s'efforcent de pousser leurs partisans dans l'Eglise et dans l'Etat ; l'autre,
très moderne et très redoutable, la presse, qu'ils savent faire manœuvrer
habilement de façon à créer ces sympathies populaires, ces courants d'opinion, d'autant plus pernicieux à
la vie de l'Eglise qu'ils paraissent plus inoffensifs et plus spontanés
(10). »
Feu M. Auguste Sabatier, alors doyen de
Après avoir observé que :
« L'américanisme est fils du libéralisme. »
Il dit :
« Sa pensée dominante est d'UNIR
LE SIÈCLE ET L'ÉGLISE, de
chercher une conciliation entre la tradition de l’Église et les aspirations du
siècle, de faire cesser le conflit entre la théologie des séminaires et
les sciences modernes. »
Il termine en disant que les américanistes espèrent triompher de
toutes les résistances.
Comment ? il le dit encore : « En redoublant leurs protestations
de soumission au Saint-Siège, en abritant tout cela sous la souveraineté
du Pape, en protestant d'une pleine obéissance à ses directions. »
Ceux qui ont suivi les novateurs, ceux qui ont observé leur
attitude et leurs actes, qui ont lu leurs écrits, reconnaîtront que M. Sabatier
a saisi sur le vif leur tactique. C'est d'ailleurs ce qu'a constaté Mgr Lorenzelli, dans le discours qu'il prononça au grand
séminaire de Soissons dans les premiers jours de l'année 1902. Le nonce après
avoir parlé des dangers qui menacent l'Eglise catholique à l'heure présente et
signalé « la tendance à naturaliser l'esprit du clergé, à accueillir toute
nouvelle doctrine, toute nouvelle méthode d'action », ne craignit point
d'ajouter : « Cet esprit voudrait se justifier par certaines paroles du
Saint-Siège. »
Cette manière de faire, il n'est pas inutile de le remarquer,
répond d'une manière frappante aux vœux qu'exprimaient les Instructions données
à
Démocrates chrétiens d'abord, puis américanistes et enfin
modernistes n'ont cessé d'agiter la bannière du Pape et de se présenter comme
ses hérauts, tout en enseignant et en propageant de leur mieux les doctrines
que le Saint-Siège n'a cessé de condamner.
Ils ont pris leur point d'appui à Rome même. Des directions
pontificales, interprétées contre le sens commun, ils se sont forgé une arme
contre les défenseurs de la saine doctrine; ils ont gagné des journaux, même
ceux autrefois les plus opposés au libéralisme, de sorte qu'en France et en
Italie, en Allemagne et en Amérique, on a eu la douleur de voir des célèbres
champions de l'Eglise s'appliquer à dissimuler les vérités, quand ils ne
propageaient pas eux-mêmes les erreurs de l'américanisme, du libéralisme et de
la démocratie. Ainsi appuyée, l'audace des novateurs ne connut plus aucune
crainte (11).
Quand vint la condamnation de l'américanisme, ils dirent que cette
condamnation avait été « arrachée à la faiblesse maladive du Saint-Père. » Et
ce n'est point Le Figaro seul
qui a parlé ainsi (numéro du 11 juin 1899). Le Sillon, qui n'a pas eu à changer, soit dit en passant,
avait l'audace de ces perfides insinuations : « On chuchote bien des choses, je
ne l'ignore pas, sur la façon dont l'entourage du Saint-Père aurait mis à
profit, ces temps derniers, sa vieillesse et sa maladie. »
Dans le Problème de l'heure présente, bien d'autres faits
semblables ont été rapportés (12).
Quels troubles de tels dires produisent dans les esprits qui n'ont
point les défiances commandées par le malheur des temps !
Dans son numéro du 10 avril 1899, le Sillon publiait sans
commentaires une lettre où l'un des siens commençait par lui rappeler le doute
qu'il avait émis peu de temps auparavant, à propos de l'Encyclique aux
américanistes : « Léon XIII pouvait-il condamner du même coup l'œuvre
entière de son pontificat ? » Puis il en venait aux reproches :
« Maintenant, vous lâchez des hommes ou des idées que vous
souteniez, dans l'espoir, semble-t-il, que ces concessions vous en épargnent
d'autres. Permettez-moi de croire que c'est peine perdue. On vous délogera de
vos derniers retranchements… Ne serait-il pas plus franc d'avouer que le Pape
semble en train de ruiner peu à peu, — ou de laisser ruiner et défaire,
dans ce qu'elle a d'humain et par suite de destructible, bien entendu, —
l'œuvre de son glorieux pontificat ? Cela peut et doit nous attrister : cela ne
peut ni ne doit nous décourager. Mais pourquoi ne pas le constater ? »
La suite de l'article montrait la pensée de l'apostasie roulant
dans l'esprit de ces jeunes gens qui ont « cru marcher sous la bannière des
clefs apostoliques », alors qu'en réalité ils étaient lancés sur les voies
ouvertes par le maçonnisme.
Au moment où la franc-maçonnerie arriva au pouvoir et qu'elle jeta
son cri de guerre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi », un des maçons les
mieux instruits et des plus capables de se rendre compte des desseins et des
plans de la secte, dit à un évêque, qui
le redit à l'Univers : « Nos mesures sont trop bien prises, nous avons
trop bien préparé nos moyens d'attaque, nous nous sommes trop bien assuré toutes
les alliances, toutes les connivences, TOUTES LES COMPLICITÉS de tout ce qui est une
force, une influence, une puissance, pour que notre succès ne soit pas
certain. »
Hélas ! tout a marché comme la
franc-maçonnerie l'avait préparé et comme l'interlocuteur de l’évêque l’avait
prédit.
1) Écrits originaux, t. II, pp. 104 et ssq.
2) Au
moment où le P. Lacordaire, Ozanam, l'abbé Maret, fondaient l’Ere nouvelle, paraissaient les
journaux intitulés : Le Christ
républicain. — Le Christ socialiste.
3)
Encyclique Graves de communi.
4) M.
Blanc de Saint-Bonnet a fourni lui-même la réponse : « Pour la reconnaître, il
reste un signe certain. L'esprit du christianisme se décèle immédiatement : au
lieu d'enfler le moi, il en demande le sacrifice ».
5) Œuvres, t. IV, p. 189.
6) Dans
ce même ouvrage, t. V, p.
7) De
8) Revue catholique
des Institutions et du Droit, septembre, 1901, N. 9, p.
202.
9) Rom., XII, 2.
10) Nouveau
Catholicisme et nouveau Clergé, pages 435-436.
11) En novembre 1894,
12) Voir 1re
partie, chapitre XXXV.
- - - - - - - - - - - -
TOME II
L’AGENT DE
- - - - -
-
III. – SON
BUT
- - - - -
-
LE TEMPLE
I. – NEF
POLITIQUE
- - - - -
-
CHAPITRE XXXVIII
VERS UNE
ÉTAT SOCIAL NOUVEAU
Pages 540-550
Aux premières pages de ce livre, nous avons vu qu'il y a deux
façons d'envisager la vie présente :
Comme ayant sa fin en elle-même.
Comme préparant à la vie éternelle.
Ces deux manières de voir ouvrirent la voie à deux civilisations :
La civilisation chrétienne.
La civilisation humanitaire.
Toujours elles ont été en conflit. Mais ce conflit qui, depuis
l'apparition du christianisme n'avait cessé d'exister dans le cœur de l'homme,
est devenu public, social, du jour ou les humanistes ont fait porter les
regards en arrière, vers le paganisme et se sont proposé de le restaurer.
Une société secrète s'est formée pour poursuivre la réalisation
dans la société chrétienne de l'idéal nouveau, ou plutôt de l'idéal ancien :
jouir et mourir, — en opposition à l'idéal que le Christ et son Eglise nous
avaient fait admettre : mériter et vivre éternellement en participation de la
nature divine, de sa béatitude et de sa gloire.
Nous avons suivi les développements de cette société depuis le XVe
siècle jusqu'à nos jours, ses transformations et son action incessante pour
détruire tout l'état de choses existant : action politique, renversant et
élevant les princes et les régimes, selon qu'elle pouvait pu non les inspirer,
les gouverner, les faire servir à la réalisation de ses desseins ; en même
temps, action morale sur les peuples par la corruption des idées et des mœurs.
Nous avons suivi cette double action incessamment mise en œuvre et courant de
succès en succès, grâce à un merveilleux organisme supérieurement manié.
Nous avons à voir maintenant ce que la franc-maçonnerie poursuit ce
à quoi elle veut aboutir.
Déjà, par leurs correspondances et par les papiers saisis à Munich
et à Rome, nous avons entendu Voltaire et les Encyclopédistes, Weishaupt et les illuminés, Nubius
et ses conjurés se confier les uns aux autres leurs desseins, et nous en avons
vu un premier essai de réalisation de 1789 à 1800. Nous assistons, depuis 1830,
et surtout depuis 1875 à un second essai, plus prudemment conduit, plus
astucieux, et par là se tenant plus assuré d'aboutir.
Quel doit être cet aboutissement ? C'est la question qui se pose
maintenant et à laquelle nous essayerons de
répondre.
Disons d'abord qu'il serait erroné de croire que tous les
Francs-Maçons connaissent explicitement l'œuvre à laquelle ils collaborent.
Cette connaissance n'est point donnée complètement même aux initiés des Hauts
Grades, même à ceux des arrière-loges. Chacun, ou plutôt chaque équipe fait
l'œuvre qui lui est assignée, à la place qui lui a été marquée, auprès des
princes et du clergé, auprès des parlementaires et des fonctionnaires, auprès
des journalistes et des professeurs, auprès des magistrats et des officiers, et
encore au sein de la multitude. Mais en accomplissant la tâche qui leur est
imposée l'individu, l'équipe ignorent la place que l'œuvre particulière à
laquelle ils collaborent, occupe dans le plan général, car ils n'en ont point
le tracé complet sous les yeux.
Ce plan est double : destruction et réédification : destruction de
la cité chrétienne, édification de la cité maçonnique. La destruction nous en
avons vu les travaux et les ruines dans les pages qui précèdent. Nous devons maintenant
assister à l'édification du Temple .:. . Les mêmes ouvriers, les mêmes maçons sont
employés à ce second travail, mais ici apparaîtront dans une plus grande lumière
les maîtres de l'œuvre, et au-dessus d'eux le Grand Architecte.
« Il est absurde, a dit M. Aulard,
professeur d'histoire révolutionnaire à
Ordinairement en effet on ne démolit que pour réédifier : c'est
bien la pensée de la secte qu'a traduite M. Aulard.
Elle veut élever un nouvel ordre de choses sur les ruines de l'ancien. Elle a
son idéal, elle en poursuit la réalisation. Quel est-il ? Elle lui a donné un
nom le TEMPLE. C'est pour
l'édification de ce Temple que, depuis des siècles, elle recruté des maçons.
Que doit être ce Temple ?
Le divin Sauveur, apportant à la terre la conception chrétienne de
la civilisation, n'a pas voulu l'abandonner aux hasards que court
nécessairement une idée laissée à elle-même, et par conséquent livrée flottante
au souffle des fantaisies et des passions humaines. Il l 'a remise aux mains de la société qu'il a élevée sur Pierre,
et il a donné à celle-ci la charge de maintenir sa doctrine dans sa pureté, de
la défendre contre les idées contraires, de la propager dans le monde et de lui
faire porter des fruits de vie. Aussi, le divin Maître s'est-il comparé à un
architecte : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas
contre elle. »
Pour mieux marquer son opposition, Satan s'est fait appeler le «
Grand Architecte (1) », et en face de l'Eglise il construit un « Temple ». Comme
l'Eglise, ce Temple est à la fois esprit et corps : corps, une société, la
maçonnerie ; esprit, une idée que la société a la mission de propager dans le
monde et de réaliser par des institutions.
Cette idée est une conception de l'ordre social opposée à celle que
le christianisme a fait prévaloir.
« Il ne s'agit de rien moins, dit Findel, que d 'une réédification
de la société sur des bases entièrement nouvelles, d'une réforme du droit, d'un
renouvellement complet du principe de l'existence, notamment du principe de la
communauté, et des relations réciproques entre l'homme et ses semblables (2) ».
Rabaut-Saint-Etienne avait dit avant lui, à la tribune
de
Voilà ce que la franc-maçonnerie se propose d'obtenir par
Quelles sont donc les bases entièrement nouvelles sur lesquelles la
société doit être réédifiée ? Sur quel principe nouveau le droit social doit-il
être réformé?
Jean-Jacques Rousseau l'a longuement exposé dans ses divers
ouvrages, et tout le monde sait que c'est son Contrat social à la main
que les hommes de 89 ont fait
Le principe sur lequel repose l'existence humaine a été, de tout
temps et chez tous les peuples, celui-ci : « L'homme est naturellement un
être sociable, et celui qui demeurerait à l'état isolé et sauvage serait un
être dégradé (4). » C'est sur ce principe, posé de la main de Dieu au fond de la
nature humaine, qu'elle vit depuis ses origines ; c'est en observant ce qu'il
prescrit, que la société s'est constituée et se maintient, que l'homme naît et
grandit. Le christianisme avait mis dans une plus parfaite lumière cette
vérité, reconnue par la sagesse des nations, que la société sort spontanément
de la nature humaine, qu'elle est le résultat de la constitution, de la manière
d'être que Dieu a donnée à l'homme. L'individu isolé est impuissant à se
procurer ce dont il a besoin pour vivre et prendre son développement ; il ne
peut le trouver que dans le secours qu'il reçoit de ses semblables et qu'en
retour il leur donne, en un mot, dans les relations qui naissent de
l'association. Et comme ses besoins sont multiples et divers, divers aussi sont
les motifs et les fins pour lesquels il s'associe, multiples sont les aspects
sous lesquels l'association se présente.
L'homme a des besoins physiques, des besoins intellectuels, des
besoins religieux. En naissant, il se trouve au sein d'une société, la famille,
qui défend sa fragile existence contre les agents extérieurs, et lui procure la
nourriture qui maintient sa vie et peu à peu accroît ses forces.
Mais la famille ne peut non plus se suffire ; elle ne trouve point
en elle les ressources nécessaires pour porter ses membres à la perfection à
laquelle chacun peut atteindre au point de vue physique, aussi bien qu'au point
de vue intellectuel et religieux. Et c'est pourquoi la famille n'es' pas plus
isolée que l'individu : elle aussi naît et vit au sein d'associations plus
vastes qui l'environnent de leur protection, qui président aux intérêts
généraux de bien-être matériel, de culture intellectuelle et de
perfectionnement moral et religieux, qui sont dans les exigences ou du moins
dans les aspirations de la nature humaine. Autant sont nombreuses et diverses
ces exigences ou ces aspirations, autant l'association prend de formes
différentes pour que tous puissent atteindre les fins communes à l'humanité, et
les fins spéciales propres aux aptitudes de chacun.
Les sourdes à fin
particulière et contingente prennent leur origine dans les conventions que font
entre eux ceux qui poursuivent le même but.
Mais il n'en est point de même de la société appelée à conduire
tous les hommes à leur fin dernière. Celle-là a nécessairement pour auteur le
Dieu qui a assigné à l'homme ses destinées. De fait, Dieu l'a fondée aux
origines, et la seconde Personne de
Sainte Trinité est venue au milieu des temps lui donner sa dernière
perfection. Cette société se nomme la sainte Eglise catholique : catholique
parce que, virtuellement du moins, elle embrasse tous les temps et tous les
lieux et que tous les hommes sont appelés à en faire partie, Dieu voulant le
salut de tous ; sainte, parce que sa mission est de conduire les hommes à la
sainteté ; non ras seulement à la perfection morale, mais à un état surnaturel,
à une certaine participation à la nature divine, à la vie divine, commencée
ici-bas par la grâce sanctifiante, achevée par la gloire dans l'éternité des
cieux.
La société civile tient le milieu entre l'Eglise et les
associations particulières : elle est plus nécessaire que celles-ci, répondant
à des besoins qui ne peuvent trouver en elles leur pleine satisfaction ; elle
ne peut être aussi générale que celle-là, parce que les diverses tribus de la
famille humaine, ayant des aptitudes et des caractères différents, demandent à
n'être point gouvernées de la même manière. Dans la formation des sociétés
civiles, il entre donc de la nécessité et de la convention, du divin et de
l'humain ; divin, ce qui est fondamental, ce qui vient des exigences de la
nature ; humain, ce qui est d'ordre secondaire et variable comme les
tempéraments des peuples.
J.-J. Rousseau
s'inscrivit en faux contre ces données de la raison et de la foi ; et voici ce
qu'il imagina, ce qu'il consigna dans tous ses écrits, et ce que la maçonnerie
s'est donné la mission de réaliser. La société, l'état social, ne résulte point de
la constitution de l'homme et de l'institution divine ; c'est, dans le monde,
une excroissance accidentelle et l'on pourrait dire contre nature, qui est
survenue un beau jour par le fait des volontés humaines.
Les hommes vivaient à l'état de nature, dit J.-J. Rousseau, comme
le font les sauvages, les animaux, et c'était l'âge d'or ; état de liberté et
d'égalité, où les fruits étaient à tous et la terre à personne, où chaque homme
était citoyen de l'univers.
Pour passer de l'état de nature à l'état social, les hommes
primitifs firent un pacte, un contrat, « le contrat social (5) ». D'une part, chaque individu se remit, sa personne et tous
ses droits, entre les mains de tous ; d'autre part, tous garantirent à chacun
une part égale des biens communs. L'individu donna à la société tout ce qu'il a
et tout ce qu'il est, et la société admit l'individu à la communion de toute la
chose publique, de la république.
« Les clauses du pacte social, dit J.-J. Rousseau (6), se réduisent toutes à
une seule : l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses
droits à toute la communauté... S'il restait quelques droits aux
particuliers, l'état de nature subsisterait et l'association deviendrait
nécessairement vaine... L'aliénation se faisant sans réserve, l'union est aussi
parfaite qu'elle peut l'être, et nul associé n'a plus rien à réclamer. »
Voilà l'idée que la maçonnerie se fait de la société, voilà le plan
sur lequel elle veut la reconstituer. Si longtemps que cela ne sera point complètement
réalisé, c'est-à-dire si longtemps que les individus prétendront conserver
quelques droits, l'état social, tel que le contrat l'a fait, tel qu'il doit
être, ne sera point jugé parfait ; l'état de nature, auquel le contrat a voulu
mettre fin, subsistera en quelque chose. Le progrès, c'est donc la marche vers
l'absorption complète de tous les droits par l'Etat ; plus de droits pour
l'individu, plus de droits pour la famille, plus de droits à plus forte raison
pour une société quelconque qui se formerait au sein de l'Etat, ou au-dessus de
lui.
Dans la société démocratique rêvée par la franc-maçonnerie il n'y
aura plus ou il ne doit plus y avoir que ces deux unités : l'individu et
l'Etat. D'un côté l'Etat omnipotent, de l'autre, l'individu impuissant,
désarmé, privé de toutes les libertés, puisqu'il ne peut rien sans la
permission de l'Etat.
N'est-ce pas vers cela que nous marchons à grands pas ? et cette
conception de la société n'est-elle point l'explication, et, pour nos maçons,
la justification de tout ce qui est actuellement fait ou tenté contre la
liberté de l'Eglise, contre la liberté des associations, contre la liberté des
familles, contre la liberté individuelle elle-même ? L'Etat ne peut, ne doit
souffrir aucune association autre que celle qu'il est. Si des événements
passés, si des individualités puissantes ont créé au sein de la société civile
des associations distinctes, l'Etat doit travailler constamment à rétrécir le
cercle dans lequel élites vivent et agissent, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à
les absorber ou à les anéantir. Selon Rousseau, selon
Que l'on cesse donc de s'étonner que dans cette société sortie de
Cette revendication doit s'exercer surtout à l'égard des
associations, parce qu'elles sont plus puissantes que les individus, et surtout
à l'égard des associations qui ont un idéal autre que celui de l'Etat
naturaliste. Le pacte social a été contracté pour une plus complète jouissance
des biens de ce monde. S'il est des sociétés formées dans le but de porter
ailleurs le regard de l'homme, de l'exhorter à se détacher des biens présents
pour ambitionner et poursuivre d'autres biens, ces sociétés sont la
contradiction vivante
de la société sortie du contrat social, elles
doivent disparaître avant toute autre. Le devoir est de les traquer, de les
mutiler jusqu'à complet anéantissement. C'est là l'explication des calomnies
répandues par les humanistes dans leurs écrits contre les religieux, et des
persécutions sans cesse renouvelées contre eux depuis
On constate actuellement un mouvement de réaction contre l'état
social institué en France par
La démocratie, c'est
l'esclavage.
1) Le Grand Architecte est une de ces expressions
que la franc-maçonnerie excelle à créer, et qui ont pour elle le grand avantage
que tous peuvent les accepter, parce que chacun les comprend selon ses propres
idées. Pour les juifs et les déistes, le Grand Architecte de l'univers, c'est
le Créateur du monde; les chrétiens peuvent y voir, s'ils le veulent,
Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit : « Je suis la
lumière du monde ; celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres, mais il
possède la lumière de la vie : croyez à la lumière, afin que vous soyez les
fils de la lumière ». Ici encore apparaît la contrefaçon. La maçonnerie se dit
posséder la lumière ; ses loges sont le lieu de la lumière, elle appelle à elle
les hommes afin de leur communiquer la lumière dans ses initiations, et son
maître et son prince est Lucifer, l'astre déchu.
2) Les principes de la
franc-maçonnerie dans la vie des peuples, p. 163.
3) Congrès des loges
du Nord-Ouest, p. 24. Amiens, imp. Duchâtel.
4) Aristote, Politique, § 9.
5) J.-J. Rousseau n'est point, à proprement parler,
l'inventeur du contrat social. C'est un protestant, Hubert Languet, qui, dans
le Vindiciæ contra tyrannos,
sous le pseudonyme de Junius Brutus, exposa pour la première fois la
théorie d'un « contrat », origine de la société.
Il est aussi absurde de supposer un pacte primitif fondamental de la
société publique, qu'il serait absurde de supposer un pacte constitutif de la
famille entre le père et les enfants. Bonald dénonce le cercle vicieux où tombe
Rousseau : « Une loi, ne fût-ce que celle qui réglerait les formes à suivre
pour faire la loi ; un homme, ne fût-ce que celui qui l'aurait proposée, aurait
toujours précédé cette prétendue institution du pouvoir, et le peuple aurait
obéi avant de se donner un maître ». Bossuet avait dit avant de Bonald : « Bien
loin que le peuple en cet état (sans loi et sans pouvoir) pût faire un
souverain, il n'y aurait même pas de peuple ».
6) Contrat social, livre 1, ch. VI.
CHAPITRE XXXIX
L’ÉTAT SOUVERAIN MAÎTRE DE
TOUTES CHOSES
Pages 552-564
Le Temple que la maçonnerie veut édifier d'après le plan que J.-J.
Rousseau en a tracé dans son Contrat social, c'est donc l'Etat souverain
maître de toutes choses, absorbant en lui tous les droits, aussi bien ceux des
individus que ceux de la famille, ceux des associations que ceux de l'Eglise.
C'est là, dira-t on, une utopie et une prétention aussi monstrueuse
qu'irréalisable. Non, pour les maçons, pour les révolutionnaires, c'est
l'idéal, et un idéal vers lequel on nous fait marcher à grands pas [sous le terme anodin d’idéal se dissimule en réalité le
moyen subreptice et idoine pour anéantir le christianisme et dominer le monde].
J.-J. Rousseau a dit qu'en vertu du contrat social qu'il suppose à
la base de la société, contrairement à l'histoire et contrairement à la nature
humaine qui n'en a que faire, tous les hommes appartiennent totalement à la
collectivité, leur personne et leurs forces, leurs droits et leurs biens. C'est
ce que les maçons veulent réaliser ; c'est bien à cela que
D'abord et surtout, le citoyen n'a pas le droit d'être chrétien. «
Rien, dit Taine, interprétant la pensée fondamentale du Contrat social, n'est
plus contraire que le christianisme [et pour cause !] à l'esprit social... Une
société de chrétiens ne serait plus une société d'hommes, car
Le citoyen n'a pas le droit d'être propriétaire. Tout ce qu'il a,
aussi bien que tout ce qu'il est, est devenu bien social. Aussi, voit-on le
droit de propriété disparaître peu à peu devant les empiétements du socialisme
d'Etat. Les impôts croissent et se multiplient sans cesse. L'utilité publique
exproprie avec une conscience de jour en jour plus légère. Les lois s'essayent
à répartir les gains entre patrons et ouvriers. L'Etat se fait partie prenante
dans les ventes et les donations, et surtout dans les successions. Il parle
maintenant d'impôts sur le revenu et d'impôts progressifs, destinés à niveler
les propriétés, à égaliser les fortunes, ou plutôt à faire que l'Etat devienne
seul et unique propriétaire. Déjà, au XVIIIe siècle, il s'est emparé
de toute la propriété ecclésiastique, et aujourd'hui même il met la main sur celle
qui s'était reconstituée au siècle dernier. Demain, il s'emparera de la même
façon des instruments de travail : mines, usines, champs, tout sera nationalisé
(1).
Ce ne sont pas seulement les biens que l'Etat revendique comme
appartenant à la collectivité,- mais les forces de chacun : « Chaque membre de
la société est à elle, lui et toutes ses forces. » Il faudra bien qu'à un jour
prochain le Contrat se réalise 'aussi sous ce rapport, et que l'Etat en arrive
à attribuer à chacun les
fonctions qu'il aura à remplir dans la société, sous sa surveillance et à son
bénéfice. Les monopoles de l'Etat qui vont de l'instruction publique à la
fabrication du tabac et des allumettes, et le fonctionnarisme qui peu à peu
s'étend à tout, sont un acheminement vers cet esclavage universel. Pour y
arriver, il importe surtout de se saisir des forces naissantes, des générations
qui surgissent. Aussi, le premier souci de l'Etat révolutionnaire est de
s'emparer de l'enfance (2). « Les enfants, disait Danton, appartiennent à
C'est bien à ce point de vue du droit exclusif de l'Etat sur toute
la jeunesse que nous voyons l'Etat moderne se placer. Sa législation la mieux
étudiée, la plus serrée, ses lois les plus intangibles, sont celles qui tendent
à supprimer toute liberté d'enseignement, à réunir sous la férule de l'Etat, à
livrer à son éducation les enfants de toutes les familles, de l'école dite
maternelle aux Facultés. D'abord, c'est son intérêt de former les volontés par
lesquelles il dure, de préparer les votes qui le maintiendront, d'implanter
dans les âmes des passions qui lui seront favorables, des idées qui seconderont
la construction du Temple. N'a-t-il pas le devoir de pétrir les générations de
façon à les rendre aptes au plus parfait fonctionnement du pacte social ? «
L'éducation dans des règles prescrites par le souverain (le peuple souverain)
est une des maximes fondamentales du gouvernement populaire », dit J.-J.
Rousseau. C'est par elle qu'on forme le citoyen, « c'est elle qui doit donner
aux âmes une forme nationale » ; « les bonnes institutions nationales sont
celles qui savent le mieux dénaturer
l'homme, lui ôter son existence absolue pour lui donner une
existence relative et transporter le moi dans l'unité commune (3). »
Dénaturer l'homme ! Quel mot pouvait mieux dire ce que veut la
secte, ce qu'elle fait dans les écoles de l'Etat ?
Pour arriver à réaliser son dessein sans trop d'opposition, elle a
commencé par donner à la jeunesse l'instruction gratuite, aujourd'hui, elle y
joint la nourriture et le vêtement dans les lycées aussi bien que dans les
écoles primaires, espérant se rendre ainsi complices les intérêts.
Que l'on ne dise point que le droit que l'Eglise refuse à l'Etat,
elle le revendique pour elle-même. Non, l'Eglise respecte les droits de la
liberté naturelle à ce point que si un père, une mère n'appartiennent point par
le baptême à sa juridiction, elle se regarde comme empêchée d'intervenir dans
l'éducation de l'enfant jusqu'à ce qu'il soit en âge de se prononcer selon sa
propre conscience. L'Eglise considère, comme un attentat contre le droit naturel,
l'éducation d'un enfant mineur dans la religion chrétienne contre la volonté
expresse de ses père et mère non baptisés. Elle ne permet point de le baptiser.
Et alors mémo que le fils catholique de parents catholiques est arrivé à sa
majorité, elle ne l'admet point à la profession religieuse sans leur
permission, s'il leur est nécessaire pour subvenir à leurs besoins. L'Etat
maçonnique comprend que les enfants ne pourront être complètement à lui aussi
longtemps qu'il n'aura point aboli la famille ; tant qu'elle subsistera, le cri
de la nature protestera contre son intrusion. Et c'est pourquoi il tend à la
suppression du mariage. Dans la pensée des sectaires, le mariage civil et le
divorce sont des étapes qui doivent conduire à l'amour libre, et par suite à l'Etat, unique père nourricier,
unique éducateur des générations à venir.
L'abolition de la famille, la suppression de la propriété,
l'anéantissement de l'Eglise et l’étouffement de toute association autre que
celle qui est l'Etat, « tous ces articles, dit Taine, sont des suites forcées
du contrat social. Du moment où, entrant dans un corps, je ne me réserve rien
de moi-même, je renonce, par cela seul à mes biens, à mes enfants, à mon
Eglise, à mes opinions. Je cesse d'être propriétaire, père, chrétien,
philosophe. C'est l'Etat qui se
substitue à moi dans toutes ces
fonctions. À la place de ma
volonté, il y a la volonté publique, c'est-à-dire, en théorie, l'arbitraire rigide de l’assemblée, de la fraction, de l'individu qui
détient le pouvoir. »
Tel est le « Temple » que la maçonnerie est en train de construire
; où déjà elle nous a fait entrer, pas à
pas, avant achèvement; où elle entend abriter les générations à venir et
l'humanité entière. L'entrepreneur qui a pris à forfait la construction de ce
Temple, c'est le régime parlementaire. Le peuple souverain choisit des délégués,
les investit de tout pouvoir. Ils s'assemblent, la majorité est censée exprimer
la volonté générale, et cette volonté fait loi. Cette loi peut tout atteindre;
et en toutes choses elle crée le
droit, sans égard à qui ou à quoi que ce
soit, pas même à Dieu, pas même aux exigences de la nature humaine.
Déjà, il y a un siècle, pour construire ce Temple, les
constituants, dit Taine, firent trois mille décrets ; et pour les mettre en
vigueur, ils substituèrent le gouvernement de la force au gouvernement de la
loi. L'échafaud
présida à la réédification de la société, à ce qui avait été appelé le «
renouvellement du principe de l'existence humaine. »
Les choses ne se passeront point autrement si l'expérience nouvelle, à laquelle nous
assistons, est poussée à bout. L'Allemand qui fut le docteur des Jacobins et
qui est resté le docteur de nos maçons, a parfaitement tracé la voie que
ceux-là suivirent et dans laquelle ceux-ci se sont engagés.
Dans le rituel que Weishaupt composa pour
les cérémonies de l'initiation aux divers grades de l’Illuminisme, il fait dire
par l'Hiérophante a l'Initié :
« 0 Frères, ô mon fils, quand, assemblés ici, loin des profanes,
nous considérons à quel point le monde est livré aux méchants (aux souverains
et aux prêtres), pourrions-nous donc nous contenter de soupirer ? — Non, Frère,
reposez-vous-en sur nous. Cherchez
des coopérateurs fidèles ; ils sont dans les ténèbres, (dans les sociétés secrètes),
c'est là que, solitaires, silencieux, ou rassemblés en cercles peu nombreux,
enfants dociles, ils poursuivent LE
GRAND ŒUVRE sous la conduite de leurs chefs.
« Dans ce grand projet, les prêtres et les princes nous
résistent; nous avons contre nous les constitutions politiques des peuples. Que
faire en cet état de choses ? Il faut insensiblement lier les mains aux
protecteurs du désordre (aux rois et aux prêtres) et les gouverner sans
paraître les dominer. En un mot, il faut
établir un régime dominateur universel, sous forme de gouvernement, qui
s'étende sur tout le monde. Il faut donc que tous nos Frères, élevés sur le même ton,
étroitement unis les uns aux autres, n'aient tous qu'un même but. Autour des
Puissances de la terre, il faut rassembler une légion d'hommes infatigables, et
dirigeant partout leurs travaux, suivant le plan de l'ordre pour le bonheur de
l'humanité (4). »
Et ailleurs : « Comme l'objet de notre vœu est une révolution universelle, tous les membres
de ces sociétés (secrètes) tendant au même but, s'appuyant les uns sur les
autres, doivent chercher à dominer invisiblement et sans apparence de moyens
violents, non pas sur la partie la plus éminente ou la moins distinguée d'un
seul peuple, niais sur les hommes de tout état, de toute nation, de toute
religion. Souffler
partout un même esprit ; dans le plus grand silence et avec toute l'activité
possible, diriger tous les hommes épars sur toute la surface de la terre vers
le même objet. Cet empire une fois établi par l'union et la multitude des
adeptes, que la force succède à l'empire invisible ; liez les mains à tous ceux
qui résistent, subjuguez, étouffez la méchanceté dans son germe, écrasez tout
ce oui reste d'hommes que vous n'aurez pu convaincre (5). »
C'est bien ainsi que l'entendirent les hommes de 93.
Jean-Bon-Saint-Àndré disait que « pour établir
solidement
La théorie de J. J. Rousseau sur les origines de la société, sur sa constitution rationnelle, sur ce
qu'elle sera lorsque le contrat social aura produit toutes ses conséquences, n'est
point restée à l'état spéculatif. Depuis un siècle, nous approchons de jour en
jour du terme qu'il nous a marqué, où il n'y aura plus ni propriété, ni
famille, ni Etat indépendant, ni Eglise autonome. Sur l'emplacement que les
ruines faites par
Un individu recule devant les conséquences dernières de ses erreurs
lorsqu'il voit où elles le conduisent. Un peuple livré à lui-même, comme l'est tout peuple soumis au régime républicain [maçonnique], ne peut le faire. Ce sont les plus logiques
qui se font entendre des foules, surtout lorsque cette logique est d'accord
avec les passions et promet à la masse l'entrée en possession des biens qu'elle
convoite : ce sont ceux-là que le suffrage universel porte au pouvoir. Et si
les premiers arrivés s'épouvantent et n'osent réaliser le programme, ils sont
supplantés par d'autres, et par d'autres encore, jusqu'à ce que viennent ceux
qui mettent résolument la main aux hautes œuvres que les principes commandent.
Déjà nous avons vu les opportunistes balayés par les radicaux ; ceux-ci
déménagent devant les socialistes, et du sein du socialisme s'élèvent les
anarchistes, les nihilistes et les catastrophards (8).
M. Winterer, dans son livre Le
Socialisme contemporain, fait une observation dont personne ne petit nier
le bien fondé.
« Enlevez Dieu et la vie future, l’homme sans Dieu se trouve placé,
avec ses passions, en face de la vie mortelle, avec l'inégalité des conditions
et l'inégalité de la jouissance. Cet homme demandera au banquet de la vie la
part que réclament ses passions. Il ressentira les barrières qu'oppose à ses
passions la société actuelle basée sur la foi en Dieu et en la vie future ; il
s'irritera contre l'obstacle, et la haine sociale, avec toutes les haines qui
l'accompagnent, entrera dans son âme ». Dans combien de cœurs gronde
actuellement cette haine ! Elle pousse les masses à se ruer, aussitôt que faire
se pourra, sur ce qui reste de l'ordre social ! Et cela par toute l'Europe, et
non seulement dans le vieux monde, mais en Amérique et en Océanie ; et non
seulement chez les miséreux, mais chez les intellectuels ! Qu'il suffise de
nommer Élisée Reclus pour
Nous y allons.
Quel est l'homme intelligent qui ne soit effrayé des ruines déjà
amoncelées en tout ordre de choses, et, en entendant les clameurs des meutes
prêtes à se jeter sur ce qui reste de l'ordre social, ne se pose à l'heure
actuelle ces terribles questions :
Les biens que le Créateur a mis à la disposition des hommes, mais
que le travail, l'ordre, la tempérance, l'économie ont répartis entre tes
familles, seront-ils encore demain la propriété de ceux, qui les ont ainsi
acquis, ou seront-ils universellement possédés par l'Etat, qui en distribuera
les fruits selon les lois qu'il lui plaira de faire ?
Demain, y aura-t-il encore, entre l'homme et la femme, mariage,
c'est-à-dire contrat passé sous le regard de Dieu et sanctionné par lui,
engagement sacré et indissoluble ? Y aura-t-il encore la famille avec la
possibilité de transmettre à ses enfants, non seulement son sang, mais son âme
et ses biens ?
Demain, que sera
Voilà ce que prépare le
mouvement des idées et des faits qui hantent les esprits et dont nous sommes
témoins. Si le cours des choses actuelles n'avait point ses sources dans un
passé lointain, on pourrait moins s'effrayer, croire qu'il n'y a en tout cela
que des faits accidentels. Mais il n'en est point ainsi. L'état actuel, gros de
l'avenir que nous venons de dire, est le produit naturel d'une idée, jetée
comme une graine sur notre sol il y a cinq siècles. Elle y a germé. Nous avons
vu ses premières pousses sortir de terre ; elles ont été cultivées secrètement
et soigneusement par une société qui, plusieurs fois déjà, a servi au monde
leurs fruits trop hâtivement cueillis ; aujourd'hui elle les voit arriver à
maturité : fruits de mort qui portent
la corruption dans les fondements même de l'ordre social.
Ce que
1) Il est
à remarquer que la franc-maçonnerie n'hésite plus à se déclarer socialiste et
même collectiviste. Le F.:. Bonnardot, qui fut
nommé, en 1901, Grand-Maître de
2) « Les enfants mâles sont élevés depuis cinq ans
jusqu'à seize ans par la patrie. Ils sont vêtus de toile dans toutes les
saisons. Ils couchent sur des nattes et dorment huit heures. Ils sont nourris
en commun de racines, de fruits, de laitage, de pain et d'eau. Ils ne mangent
pas de viande avant seize ans accomplis. Depuis dix ans jusqu'à seize ans, leur
éducation est militaire et agricole. Ils sont distribués en compagnies de
soixante, etc. Tous les enfants conserveront le même costume jusqu'à seize ans;
de seize jusqu'à
vingt-et-un, ils auront le costume d'ouvrier : de vingt-et-un à vingt-six, le
costume de soldat, s'ils ne sont pas magistrats. » (Projet de loi, d'après les Institutions de SAINT-JUST).
Le 12
avril 1903, au congrès des loges de l'Afrique du Nord (de l'Algérie), les F.:. Collin et Marchetti émirent ce
vœu :
« Qu'une disposition, ainsi conçue, soit ajoutée au Code civil : Défenses formelles sont faites aux parents ascendants
ou ayants droit quelconques, de
donner ou, d'enseigner à leurs enfants, pupilles ou descendants, une religion
quelle qu'elle soit, SOUS
PEINE DE DÉCHÉANCE DE PUISSANCE PATERNELLE et de puissance légale. Et
qu'en cas d'infraction, dûment constatée, les enfants, pupilles ou descendants, seront retirés et confiés à l’Etat,
aux frais des parents ou ascendants ».
L'année
précédente, au Convent de Paris, une loge de France,
«
Lorsqu'un enfant, âgé de huit ans révolus et au-dessus, n'aura pas encore
fréquenté l'école, les parents et personnes responsables, pourront être déchus de la
puissance paternelle ».
Condorcet
offrit le premier, à l'Assemblée législative en 1792, un plan d'éducation nationale. D'autres
suivirent en grand nombre sous
3) J.-J. Rousseau, cité par Taine. L'ancien
régime, p.
324.
4) Le
bonheur, auquel l'Illuminisme doit faire parvenir l’humanité, est ainsi exposé
dans ce même discours : « La source des passions est pure ; il faut que chacun puisse satisfaire
les siennes dans les bornes de la vertu et que notre ordre en fournisse les
moyens. » La vertu, le bonheur de l’humanité ! La secte ne peut ouvrir la
bouche qui n'en sortent aussitôt l'hypocrisie et le mensonge.
5) Barruel, t. III, ch. II et IX.
6) Tableau
philosophique, historique et moral de la
franc-maçonnerie.
7)
8) Catastrophards, c'est
le nom que se sont donné, devant le tribunal de
9) En octobre 1882, on inaugurait un groupe scolaire
à Ivry-sur-Seine. Parmi les assistants officiels,
on comptait un grand nombre de représentants des loges maçonniques. Le F.:.
C. Dreyfus prononça l'allocution ; on y trouve ces paroles : « C'est la
franc-maçonnerie qui prépare les solutions que la démocratie fait triompher. De même que
nos glorieux ancêtres de 1789 ont inventé l'égalité civile des hommes devant la
loi (on sait comment elle est pratiquée), de même que nos devanciers de 1818
ont réalisé l'égalité politique des citoyens devant l'urne du suffrage
universel, de même la maçonnerie doit préparer, pour la fin du XIVe
siècle, l'égalité sociale, qui rétablira l'équilibre des forces économiques et
ramènera l'union et la concorde au sein de notre société si divisée ». (Cité
dans le Monde du 4 octobre 18S2.) Nous en sommes donc à
CHAPITRE XLI
Pages 575-577
[…] On le voit, le Pouvoir occulte de la franc-maçonnerie a l'art
d'employer les Puissances à leur mutuelle destruction, pour élever son Temple
sur les ruines de toutes. Déjà en 1811, J. de Maistre avait pénétré ce dessein.
Il écrivait de Saint-Pétersbourg à son roi, ancêtre de Victor-Emmanuel gui fut
un instrument si utile aux mains de la secte : « Votre Majesté ne doit pas
douter un instant de l'existence d'une grande et formidable secte qui a juré
depuis longtemps le renversement de tous les trônes ; et c'est des princes
mêmes dont elle se sert, avec une habileté infernale, pour les renverser... Je
vois ici tout ce que nous avons vu ailleurs, c'est-à-dire une force cachée
gui trompe la souveraineté et la force de s'égorger de ses propres mains... L'action
est incontestable, quoique l'agent ne soit pas encore entièrement connu. Le
talent de cette secte pour enchanter les gouvernements est un des plus
terribles et des plus extraordinaires phénomènes qu'on ait vus dans le monde (1).
»
L'agent est maintenant universellement connu : c'est le franc-maçon
et au-dessus du franc-maçon, le Juif.
« Les Juifs, si remarquables par leur instinct de domination, par leur
science innée du gouvernement, dit M. Bidegain, ont
créé la franc-maçonnerie, afin d'y enrôler les hommes qui n'appartiennent pas à
leur race, s'engageant néanmoins à les aider dans leur œuvre, à collaborer avec
eux à l'instauration du règne d'Israël parmi les hommes.
« Est-il utile de répéter à de bons Français que les
Juifs qui,
disent-ils, n'ont point perdu leur foi en la reconstruction du Temple [cf. « Contre les hérésies » de saint Irénée,
Livre V, 3e partie, 25, 2], cachent, sous cette parole symbolique, sous
cette revendication de leur nationalité, la volonté de faire, du monde entier,
un temple gigantesque où les enfants d'Israël soient prêtres et rois, et où
tous les hommes de tous les climats et de toutes les races, réduits à la
servitude par l'organisation capitaliste, travailleront à la gloire de Javeh. Tout cela peut se dire, mais ne se prouve pas, ne
peut encore se prouver. Ceux-là seuls, qui ont vécu clans l'intimité de l'Ordre
maçonnique, qui en ont deviné la pensée secrète, — non cette pensée que disent
les hommes, mais celle qui se dégage des faits, des symboles, des coutumes, —
ceux-là seuls, peuvent avoir la profonde conviction de cette vérité.
« C'est grâce à d'immenses et patients travaux, que les
Israélites ont pu acquérir la situation prépondérante qu'ils occupent
aujourd'hui. C'est par de savantes et subtiles intrigues qu'ils travaillent à
leur triomphe définitif. La domination financière et politique du Juif ne
pourra s'établir définitivement qu'après la destruction, dans tous les pays —
par les loges, par la presse, par les moyens divers que procurent l'argent et
la ruse — de toutes les institutions, de toutes les forces, de toutes les
traditions, qui forment comme l'ossature de chaque patrie (2). »
Et plus loin : « Les Juifs ne pourront achever, dans l'avenir, leur
œuvre de spoliation et de dénationalisation, qu'au moyen des groupements dits
républicains, tels que
1) Œuvres complètes, t. XII, p. 42.
2) Jean Bidegain,
186-189.
3) Ibid., 256.
CHAPITRE XLII
L’IDÉE DE RÉPUBLIQUE
UNIVERSELLE EN FRANCE
Pages 589-591
Arrivons aux jours présents. Le juif Alfred Naquet
publia en 1901 un livre sous ce titre : L'Humanité et
Le 22 juin
En 1905, parut un livre intitulé : Pour
Une association internationale ayant pour devise : « Ni frontières,
ni Dieu », paraît avoir actuellement pour chefs, en France, les députés Jaurès
et Pressensé ; en Italie, les députés Enrico, Ferri
et Bovio ; en Espagne, Soriano. Son but est de
travailler, sous les auspices des mânes de Garibaldi, à l'union des Etats
latins sous le régime républicain, pour la guerre au catholicisme. On aura ainsi franchi
l’une des étapes qui doivent conduire au but ultime que la synagogue a assigné
aux sociétés secrètes.
Ces idées et ces projets viennent des prophètes de
Dans le discours que l'Hiérophante adresse à celui qu'il initie au
grade d'Epopte, nous lisons : « A l'instant où les
hommes se réunirent en nation (en vertu du contrat social), le nationalisme ou
l'amour national prit la place de l'amour général. Avec la division du globe et
de ses contrées, la bienveillance se resserra dans des limites qu'elle ne
devait plus franchir. Alors ce fut une vertu de s'étendre aux dépens de ceux
qui ne se trouvaient pas sous notre empire. Cette vertu fut appelée le patriotisme.
Et dès lors, pourquoi ne pas donner à cet amour des limites plus étroites
encore ? Aussi vit on alors du patriotisme naître le localisme, l'esprit
de famille et enfin l'égoïsme. Diminuez, retranchez cet amour de la patrie, les hommes de
nouveau apprennent à se connaître et à s'aimer comme hommes... Les moyens de sortir de
cet état d'oppression et de remonter à l'origine de nos droits, sont les écoles
secrètes de la philosophie (les enseignements donnés dans les arrière-loges). Par ces écoles, un
jour, sera réparée la chute du genre humain ; les princes ET LES
NATIONS disparaîtront sans violence (?) de dessus terre. La raison alors sera le
seul livre des lois, le seul code des hommes (1). »
1) Barruel, t.
III, p. 184.
Page 591-592
Jamais, dira-t-on, celte république universelle ne pourra se
réaliser. L'Empire romain lui-même n'a pu arriver au terme de son ambition,
dans les limites restreintes que lui offrait le monde alors connu.
A cela, M. Favière répondait récemment :
« Les causes de l'effondrement de l'Empire
romain furent d'ordre purement
économique. L'Empire périt par la pénurie des ressources matérielles. Il arriva
qu'on ne put plus gouverner ni défendre un empire démesuré, qui n'avait que des
courriers pour porter les ordres de Constantinople à Cadix. » Aujourd'hui il
n'en est plus de même. Ce qui alors était impossible est devenu réalisable. «
Ce sont les chemins de fer, continue M. Favière,
c'est la navigation à vapeur et le
télégraphe, c'est surtout l'immense puissance contributive de l'Etat moderne
sustentant de vertigineux budgets, qui permettent à
1) Réforme
sociale, 1903. Le
Progrès.
Pages 593-594
À la mort de l'empereur Joseph, Léopold, son successeur, appela
près de lui le professeur Hoffmann, qu'il savait avoir été sollicité de
consacrer sa plume à la cause de
D'autres Conventionnels témoignèrent plus d'une fois être dans le
secret des ambitions ultimes de la secte. Un député du Cantal, Milhaut, parlant, à
1) Barruel, t. V, p. 224.
2) Cité par Thiers, Histoire de
3) Le gouvernement des loges a servi
de type, aux hommes de
Le F.:. A. L Régnier, dans un discours aux
Conférences maçonniques de Lyon, prononcé le 22 mai
Pages 606-607
« Le drame qui se joue depuis trente ans, a dit M. Copin-Albancelli, n'est autre
chose que l'assassinat de
Mais, hélas ! comme le dit M. Bidegain :
« Ceux qui dirigent secrètement l'Ordre maçonnique ont si habilement pétri les
cerveaux de leurs disciples devenus leurs serviteurs inconscients, qu'ils
trouvent dans la maçonnerie un instrument admirable pour le coup d'Etat juif
qui consacrera la dénationalisation de notre patrie et la définitive
dépossession des Français de France (1). »
Dans une interview qu'il eut avec un rédacteur du Soleil (2), M. de Marcère dit de
même, à l'occasion du Congrès antimaçonnique qui tint ses assises aux premiers
jours de l'année 1902 : « Il n'y a pas à se le dissimuler, c’est en France
tout particulièrement que se porte l’effort de la désorganisation maçonique, ET CELA FOUR UNE BESOGNE QUI ÉVIDEMMENT
CORRESPOND À
Ce qui est infiniment douloureux, c'est de voir que
L'Armée. — Ce fut vraiment un travail colossal que celui que
Mais bientôt vinrent des hommes qui entreprirent de détruire, par
ordre, tout ce qui constituait l'Armée : la discipline, le respect des chefs,
la confiance réciproque, le sentiment du divin, l'abnégation et jusqu'à l'amour
de la patrie. C'est cela d'abord qu'ils s'appliquèrent à détruire, parce qu'ils
savent que, bien plus que l'armement le plus perfectionné et que les effectifs
les plus considérables, ce sont les vertus de nos officiers et de nos soldats
qui, à travers les siècles, ont constamment fait la force de l'armée française.
1) Bidegain. Le
Grand-Orient de France. Ses doctrines et ses actes, p. 114.
2) Voir le Soleil du 14 février
1902.
Pages 608
Mais ils ne négligèrent point le reste (1). Le ministère de la
guerre fut confié à des ingénieurs, à des agents de change, à des hommes
d'affaires ou à des militaires justement méprisés.
Aussi ce n'est plus seulement les devoirs militaires que le soldat
doit remplir, que les officiers doivent enseigner dans ce temps si court de
deux années, c'est encore les devoirs du citoyen. Par sa circulaire d'octobre
Il faudrait parler ici de « l'affaire Dreyfus » et de ses suites.
Mais n'est-elle pas présente à l'esprit de tout bon Français ? Tous ne
savent-ils pas que c'est du mois de janvier 1895 que s'est ouverte la période
des manœuvres odieuses que les ennemis de
1) Lors
de la discussion de la loi concernant le recrutement des officiers et les
écoles militaires, 1908, le général Kessler écrivit :
« Le nouveau projet de loi déposé à Chambre sur le recrutement des officiers
n'est qu'une suite du travail de démolition de l'armée française commencée
depuis plusieurs années déjà, par voie législative, avec une VOLONTÉ et
une MÉTHODE que la menace permanente du danger extérieur est impuissante
à entraver.
Pages 611-612
Les forces morales de
Il n'y a à tout cela d'autre explication que celle donnée par M. de
Marcère : « Tout l'effort de la désorganisation maçonnique
se porte sur
« D'après ce plan,
nous, Français, devons être les premières victimes. Après nous, viendra le tour
des autres Puissances catholiques, puis celui des Puissances protestantes qui
se seront partagé nos dépouilles. Alors pourra être entrepris le grand œuvre de
CHAPITRE XLIII
POUR QUELLE
RACE ET PAR QUELS PEUPLES ?
Pages 614-617,
618-620, 623-624, 627
Le Pouvoir occulte observe depuis des siècles. Il a ses hommes près
de tous les souverains, dans les ministères de tous les gouvernements, dans la
diplomatie et dans les armées des divers peuples. Par eux, depuis qu'est
ouverte l'ère de
« Les gouvernements de ce siècle, dit lord Beaconsfield, qui était en
situation de le savoir mieux que qui que ce soit, n'ont pas affaire seulement
aux gouvernements, aux empereurs, rois ou ministres, mais encore aux sociétés
secrètes dont il faut tenir compte. Au dernier moment, elles peuvent mettre à
néant tous les arrangements, elles ont des agents partout, des agents sans
scrupules, elles se servent même de l'assassinat (1), et peuvent, s'il le faut, amener un massacre »
(2).
Par ces sociétés, les gouvernements qu'elles favorisent peuvent en
tout cas susciter chez ceux de leurs voisins qui pourraient les troubler dans
leurs opérations des difficultés, des troubles et même des révolutions.
Nous en avons eu un exemple tout récent, après bien d'autres
antérieurs qu'il est inutile de. rappeler. En 1899, à l'époque de la guerre du
Transvaal, le fils de M. Chamberlain, ministre des colonies d'Angleterre,
écrivit à l'un de ses amis une lettre qui fut publiée par un journal suisse. Il
y disait : « Pour ce qui est de
Quel jour ces paroles jettent sur la politique générale extérieure,
et en particulier sur ce qui se passe chez nous, en cette France constamment
troublée et divisée, agonisant presque sous l'effort des traîtres, qui, de l'intérieur, favorisent
l'étranger !
Sans doute, le pouvoir occulte a à compter avec des vues et des
volontés qui viennent contrarier les siennes. Mais les moyens dont il dispose
lui permettent à la longue de
tirer également profit de ce que ces volontés ont produit.
[…] Il semble que les conquêtes de Napoléon en exaltant
En même temps qu'il abaisse les nations catholiques au profit des
nations protestantes par la diplomatie et la guerre, le Pouvoir occulte
prépare, par la propagande des principes de 89, rétablissement en tous pays du
gouvernement républicain et de la souveraineté du peuple (3). Lorsqu'elles jugent le
moment venu, les sociétés secrètes soulèvent les passions, excitent les
révoltes, font éclater les révolutions et proclament
[…] Aussi le Pouvoir occulte, c'est-à-dire le gouvernement secret qui
dirige la race juive vers les destinées auxquelles elle se croit appelée depuis
tant de siècles et qu'elle compte atteindre de nos jours, ce pouvoir suit, on
n'en peut douter, d'un regard attentif tous les événements. Or, il semble
actuellement porter son attention sur le développement de la puissance
américaine et l'exaltation de ses ambitions (4). Il n'ignore point non plus ce qui se passe en
Asie. Peut-être a-t-il aidé le petit peuple japonais à battre le colosse russe.
Il favorise peut être l'alliance des Etats-Unis et du Japon. II sait combien de
milliers d'hommes peut fournir
De son alliance avec la franc-maçonnerie, l'Angleterre a tiré son
hégémonie sur les mers, et par elle a conquis son empire, le plus grand qui
soit, qui ait été ; de son côté, la maçonnerie internationale a mis au service
du Pouvoir occulte la puissance de destruction que l'Angleterre tenait d'elle.
Cette entente et cette collaboration seront-elles éternelles ? A
l'heure actuelle l'une et l'autre prennent leurs dispositions pour la prochaine
conflagration. Mais cette conflagration, si elle fait les Etats-Unis d'Europe,
ne créera point encore la république universelle ; et pour achever la réalisation
de son rêve, le Pouvoir occulte médite, peut-être, de briser avec l'Angleterre
et de traiter avec l'Amérique (5) ou avec la race jaune.
[…] Satan, la synagogue et la maçonnerie poursuivent leur dessein avec un
succès qui, sans doute, paraîtra, à une certaine heure, se réaliser
complètement. Le Souverain Maître de toutes choses, les attend à ce jour, pour
réaliser ce que David a vu et entendu il y a trente siècles dans l'une de ses
extases prophétiques : « Les nations s'agitent en tumulte, et les peuples
méditent de vains projets. Les rois de la terre se soulèvent et les princes
tiennent conseil contre le Seigneur et contre son Oint. « Brisons leurs liens,
disent-ils, et jetons loin de nous leurs chaînes », Celui qui est assis dans
les cieux rit et se moque d'eux.
« Le Seigneur m'a dit : « Tu es mon Fils, je t'ai engendré de
toute éternité. Demande, et je te donnerai les nations pour héritage et pour
domaine les extrémités de la terre (Psaumes, 2 : 1-8). »
1) Discours
prononcé à Ayles-Bury, le 20 septembre 1876.
2) L'Univers a publié, dans
son numéro du 10 août 1909, une conversation que l'un de ses rédacteurs, M.
Edouard Bernaert, a eu avec un membre militant du
parti nationaliste russe. Celui-ci lui rappela d'abord qu'un ministre russe
venait de déclarer à la tribune que le chiffre officiel des nationalistes morts
par le poignard et le revolver était de plusieurs milliers.
Puis il ajouta :
« Du 25 août 1908 au 15 octobre, plus de trente-cinq
annonces de morts subites, dont il est facile à chacun de relever les noms, ont
paru dans le « Novoie Vremia
». Sur ces trente-cinq annonces, vingt-cinq concernaient des personnages
militants du parti monarchiste russe. Encore, la liste est-elle forcément
incomplète. L'impression générale est que, dans toutes ces morts, la
franc-maçonnerie et la puissance juive ont la main...
« Tous ceux que je vous ai nommés sont morts en
moins d'un an de temps. Schwanebach, contrôleur
d'Etat, membre du Conseil des ministres, un des adversaires de Witte et un des
chefs de la droite du Conseil d'Etat, se sent tout à coup fatigué ; et, sur le
conseil des médecins, s'en va à l'étranger. Il arrive à Marienbad.
A peine y est-il arrivé qu'une fièvre étrange, dont les médecins du pays
n'avaient jamais, avant ce jour, connu un cas, le terrasse, comme celle qui, à Resen, avait terrassé Kislowsky.
En quelques jours, il meurt (septembre 1908). Quelques jours avant lui était
mort, du même mal étrange, un autre adversaire de Witte, l'ex-contrôleur d'Etat
Loblo.
« Un mois plus tard, en octobre 1908, c'est le
tour, à Weimar, d'un autre traditionaliste, George de Bartienieff,
vice-président de l'Association des hommes russes, homme énergique autant qu'instruit, et dont la
santé, quelques mois à peine plus tôt, était citée comme un exemple. Au retour
d'un voyage à Saint-Pétersbourg, il se rend à Weimar. Il y est pris d'un mal
étrange. Un premier télégramme annonce aux siens que sa température baisse ; un
deuxième annonce sa mort.
« A
peu près dans le même temps mourait le prince Lobanoff-Rostowsky, membre de la droite du Conseil d'Etat. Mort
subite, comme celle des autres ; fièvre maligne — et anonyme.
« Le
cas typique s'est produit en 1907. La victime, cette fois-là, était le
vice-président de l'Union du peuple russe de Moscou, M. Léon de Kislowsky. En janvier 1907, s'étant rendu de Moscou à Resen pour assister à une assemblée de nobles, il
succombait, en quelques jours, aux attaques d'une fièvre étrange, dont les
médecins du pays n'avaient jamais, avant ce jour, connu un cas. L'antipyrine
qu'on lui donnait pour tout remède venait, notez ce point, d'une pharmacie
juive...
« Personne,
chez nous, ne s'y trompe : on se trouve en présence d'une suite de crimes
politiques. Il n'y a pas jusqu'à l'analogie des circonstances des décès dont je
vous parle qui n'accusent l'intervention d'une volonté toujours la même,
employant à ses fins un moyen toujours i ntique. »
En
France, à l'occasion de l'attentat sur M. Réa! Del Sarte,
on a pu, du haut de la tribune parlementaire, rappeler nombre de morts
mystérieuses et demander d'où elles provenaient.
3) N'est-il pas bien remarquable que dans les toasts
échangés à Cowes, en août 1909,
entre l'empereur de Russie et le roi
d'Angleterre, celui-ci ait déterminé les conditions dans lesquelles Albion
consentirait à prêter son
concours à son ancienne ennemie
? Edouard VII a fait
comprendre que la sympathie de l'Angleterre n'irait qu'à une Russie dotée d'une
vraie Douma, c*est-à dire d'un régime représentatif, d'un régime reposant
sur les principes de 89.
Un peu auparavant, tout à coup, sans que l'événement
fût le moins attendu,
« J'ai posé, dit un rédacteur du Temps, à Refik bey une question sur le rôle que, selon certains, la
franc-maçonnerie aurait joué dans ces événements. Voici ce qu'il a répondu :
« Il est vrai que nous avons eu l'appui moral
de la franc-maçonnerie italienne. Il existe, à Salonique, plusieurs loges : la
« Macedonîa risorta » (ia Macédoine ressuscitée), et la « Labor et Lux », qui
dépendent du Grand Orient d'Italie ; la « Veritas », du Grand Orient de France,
la « Perseveranza », du Grand Orient d*Espagne, et la
« Philippos » du Grand Orient de Grèce. » celle-ci
ayant un but exclusivement nationaliste. A vrai » dire, les deux premières,
seules, nous ont vraiment servi. Elles ont été pour nous des refuges. Nous nous
y réunissions comme maçons, car beaucoup d'entre nous font partie de la
maçonnerie, mais en réalité pour nous organiser. De plus, nous avons pris une
grande partie de nos adhérents dans ces logos qui, par le soin avec lequel
elles faisaient leurs enquêtes, servaient ainsi de crible à notre Comité. »
4) M. Bargy, dans son
livre :
5) M.
Edouard Drumont faisait tout récemment ces observations :
« Ce dont
il faut bien se pénétrer, c'est que les Etats-Unis d'aujourd'hui ne ressemblent
plus du tout aux Etats-Unis d'il y a seulement vingt ans.
« II
y a eu, surtout depuis la guerre avec l'Espagne, une transformation radicale
des mœurs, des idées et des sentiments de ce pays. Les Etats-Unis étaient
naguère une grande démocratie laborieuse et pacifique ; ils sont devenus peu à
peu une démocratie militaire, orgueilleuse de sa force, avide d'agrandissements
et de conquêtes ; il n'y a peut-être pas dans le monde entier d'impérialisme
plus ambitieux, plus résolu et plus tenace que l'impérialisme américain. Chez
ce peuple, qui eût haussé les épaules autrefois si on lui eût parlé de la
possibilité d'une guerre avec une puissance quelconque, il n'est question
actuellement que de dissentiments, de conflits et d'aventures.
« On
sait les progrès énormes qu'a faits en ces dernières années la marine
américaine. Quant au budget militaire
des Etats-Unis, il dépasse aujourd'hui quinze cents millions. C'est un chiffre
singulièrement significatif dans un pays qui, il y a si peu de temps encore, ne
voulait pas entendre parler d'avoir une armée.
« Remarquez également combien l'action
diplomatique des Etats-Unis est différente de ce qu'elle était jadis. Au lieu
de se borner à maintenir l'intangibilité de la doctrine de Monroë,
la grande République a la prétention maintenant de jouer partout son rôle de
puissance mondiale. Elle ne veut pas que nous intervenions dans les affaires
américaines, mais elle intervient à chaque instant et à tout propos dans nos
affaires d'Europe. On n'a pas oublié le mauvais goût et le sans-gêne avec
lesquels Roosevelt, il y a deux ou trois ans, voulut s'immiscer dans les
affaires intérieures de
LE TEMPLE
II. – NEF RELIGIEUSE
CHAPITRE XLIII
TRANSFORMATION DU JUDAïSME
Pages 629-641
Faire de tous les Etats de l'ancien et du nouveau monde les départements
d'une seule et même république, assujettir tous les peuples au gouvernement
d'une Convention unique n'est qu'un côté du plan que s'est tracé le Pouvoir
occulte qui dirige la secte judéo-maçonnique et par elle le mouvement
révolutionnaire.
Le plan entier a été exposé en 1861, dans les Archives
Israélites avec un stylet qui en grave tous les caractères dans l'esprit (1). « Tel Jésus s'est
substitué d'autorité aux dieux établis et a trouvé sa plus haute manifestation
dans le sein de Rome ; tel un Messianisme des nouveaux jours doit éclore
et se développer ; telle une Jérusalem de nouvel ordre, saintement assise
entre l'Orient et l'Occident doit se substituer à la double cité des Césars
et des Papes. »
Dans la construction de la nef religieuse du Temple, le rôle des
Juifs devient plus apparent que dans la construction de la nef politique.
Les paroles ci-dessus rapportées furent prononcées dans l'une des
premières assemblées de l’Alliance israélite universelle par son
fondateur, M. Crémieux :
« Sous ce nom grotesque, dit M. Edouard Drumont, il y eut un Nazi
juif, un prince de
Ce fut son œuvre, en effet, la grande œuvre qu'il glorifiait en ces
termes : « L'institution la plus belle et la plus féconde qui ait été fondée
dans les temps modernes. »
Telle qu'elle est constituée actuellement, car elle a dû être
précédée d'essais et d'expériences (2) — l’Alliance israélite universelle ne
date que du mois de juillet 1860. Elle est ouverte au genre humain tout entier,
sous la haute direction d'Israël, son programme est « l'anéantissement de
l'erreur et du fanatisme et l'union de la société humaine dans une fraternité
solide et fidèle. » Sa, première assemblée générale eut lieu le 30 mai 1861.
Elle est gouvernée par un comité central qui réside à Paris. Il se composait
d'abord de 40 membres, il en compte maintenant 60, afin de donner une plus
nombreuse représentation aux Juifs des contrées éloignées. A l’Alliance se
rattachent d'innombrables sociétés juives répandues dans le monde entier. De
plus, elle agit plus ou moins directement sur cette multitude de chrétiens et
même de catholiques qui, nous l'avons vu, propagent les idées qu'elle a intérêt
de répandre et travaillent à la construction du Temple par l'empire que ces
idées exercent sur eux et sur ceux qui les écoutent. C'est elle qui dispose,
par l'argent, de toute la grande presse européenne, sauf de rares exceptions. Elle eut, avant la
guerre, le 3 février 1870, une assemblée, dont Edouard Drumont a cru pouvoir
dire : « Cette réunion eut l'importance historique du fameux convent de Willemsbad où furent résolues la mort de Louis XVI et celle
du roi de Suède. C'est là qu'on décida l'écrasement de
« Les romans publiés sur
L'Alliance israélite traite d'égal à égal avec les Puissances. Elle
leur envoie des notes, des protestations des ultimatum que les souverains
reçoivent avec humble docilité (3).
Que faut-il entendre par ce Messianisme des nouveaux jours ?
Les Archives israélites et l'Univers israélite nous
l'expliquent : c'est une transformation du judaïsme qui en fera la religion de
tous les peuples gouvernés par une seule et même Convention.
Pour qui observe, l'heure où nous sommes présente le plus soudain
et le plus inattendu des spectacles : celui de la marche du juif.
Depuis la dispersion, depuis dix-neuf siècles, le Juif au point de
vue religieux était immobile, et voici que tout s'ébranle, tout s'éloigne de la
source talmudique où le Juif puisait sa foi devenue immuable. « Aujourd'hui,
dit le juif Bernard Lazare, les Juifs d'Europe « ont oublié le sens des
antiques cérémonies ; ils ont transformé le judaïsme rabbinique en un
rationalisme religieux : ils ont délaissé les observances familières, et l'exercice
de la religion se réduit pour eux à passer quelques heures par an, dans une
synagogue, en écoutant des hymnes qu'ils n'entendent plus. Ils ne peuvent pas se
rattacher à un dogme, à un symbole : ils n'en ont pas, en abandonnant les
pratiques talmudiques, ils ont abandonné ce qui faisait leur unité, ce qui
contribuait à former leur esprit. Cette marche, il est vrai, est à peine sensible
dans les régions de l'Orient ; elle est d'une rapidité prodigieuse en certaines
contrées occidentales. » Il faut voir en cela, dit M. Gougenot des
Mousseaux, « le signe éclatant d'une époque nouvelle et le présage d'événements
grandioses. »
« Voici, nous disent les hommes du progrès judaïque, que les
effluves de la liberté chassent devant eux les nuages de l'immobile orthodoxie
et le Talmud qui, depuis son apparition avait joui d'une autorité
incontestée, se voit dédaigné et repoussé. Non seulement « l'antique code
de Moïse et le Talmud ne sont plus du goût de la majorité, mais les simulacres
mêmes de l'orthodoxie offusquant des myriades d'Israélites. » C'est un journal
allemand et protestant
Un fait entre plusieurs rapportés par M. Gougenot
des Mousseaux, montre jusqu'où va chez les juifs libéraux, le mépris de
l'orthodoxie. Un journaliste belge, juif et libre-penseur, Bérard, fut surpris
au théâtre par le choléra qui l'expédia hors de ce monde. Ses coreligionnaires
de la libre-pensée le portèrent au cimetière israélite, et là, le grand rabbin
de Belgique, Aristide Astruc, déposa sur sa tombe «
un juste tribu de regrets et d'estime pour cet amant passionné de la liberté
religieuse. » Le Moniteur des solidaires traita de méprise ou
d'inconséquence cette intervention du grand rabbin à l'enterrement d'un libre penseur. M. le rabbin lui répliqua : «
Bérard était maître de la libre-pensée, nous le savions. Le judaïsme n'exclut
personne de ses temples pendant la vie, ni de ses cimetières après la mort...
Bérard a pu devenir libre-penseur en restant israélite. »
« On nous juge toujours au dehors, disent les Archives
israélites (4), avec les habitudes
d'Eglise établie et officielle dont le
christianisme nous offre le modèle. Nous sommes, au contraire, le
type le plus absolu de démocratie religieuse, et chacun de nous
est le juge suprême de la foi. »
La, réforme ne porte point seulement sur
le dogme : les progressistes veulent la disparition prohibitive du sabbat, etc.
etc. L’Univers
israélite va même jusqu'à dire : « Qui sait ? Peut-être vont-ils jusqu'à se flatter in petto, que la circoncision, ce cachet divin que nous
portons sur notre chair, selon la poétique expression du Talmud, sera rayée par
un trait de plume (5). » En même temps, une autre feuille juive,
« Nous voulons marcher, s'écrient les voix
tumultueuses des réformistes. Nous ne saurions être pour un statu quo béat et inintelligent dont il existe encore des coryphées ! L'immobilité
n'est, en ce moment surtout, le droit ni l'avantage de personne.
Unir le passé au présent de manière à préparer l’avenir par d'utiles améliorations faites à propos, c'est le secret de la durée
pour nos croyances. Depuis un demi-siècle, on a, malgré les cris et les
protestations de ce qui s'intitule l'orthodoxie, réalité nombre de changements
avantageux taxés à l'origine de subversifs et d'impies, et l'on n'est pas au
bout de cette féconde transformation » (6). « Une religion n'est à nos yeux ni une morale inflexible, ni une
matière inerte qui se prête à d'incessantes expériences ; c'est un être vivant,
perfectible, ayant, dans le passé des racines qu'il ne faut pas couper et se renouvelant
avec une lenteur nécessaire » (7).
Ces pensées sont-elles celles de tous les Juifs de nos jours ? Non
; nous l'avons dit, les Juifs des contrées orientales sont encore à peu près ce
qu'ils étaient il y a des siècles. Mais eux aussi sont travaillés. Voici un
fait qui montre bien les influences que l’'Alliance israélite sait
employer pour amener, même dans ces pays, la transformation du judaïsme et
préparer l'avenir du genre humain, tel qu'elle le conçoit, le veut et l'espère.
Le 10 mars
On voit ici le gouvernement de
En Occident, s'il y a
des Juifs réformistes, il y a aussi les Juifs orthodoxes ; mais les premiers
sont de beaucoup les plus nombreux et les seconds fléchissent, leur orthodoxie
n'est plus, que l'ombre de celle de leurs frères d'Orient ou de celle de tous
les juifs d'autrefois. M. Gougenot des Mousseaux. en
donne des preuves nombreuses et frappantes (8).
Cependant, remarquons-le de nouveau, il ne faut pas croire que le
juif, parce qu'il renie les croyances de ses pères, n'est plus un juif. Tout en se libérant de
sa foi, le juif conserve et maintient avec un soin jaloux sa nationalité. Les réformistes, aussi
bien que les orthodoxes, à quelque échelon qu'ils se soient arrêtés, brûlent
également du zèle de tenir haut et ferme l'étendard national du judaïsme ; pas plus ceux-là que
ceux-ci n'abandonnent l’idée et l'espoir de soumettre le genre humain tout
entier à leur joug. « Vos observances surannées, disent les réformistes aux orthodoxes,
empêchent le judaïsme de se faire accepter et nous font ainsi manquer un
prosélytisme que nous devons exercer, » en vue de cette domination (9).
En 1886, la place de Grand rabbin de France devint vacante. Deux
concurrents se présentèrent : Salomon Klein, grand rabbin de Colmar, orthodoxe,
et Isidore, grand rabbin de Paris, progressiste. Les Archives Israélites se
prononcèrent pour celui-ci, pour cette raison : « Toute candidature qui nous ramènerait
à l'ancien système d'étroite casuistique, et qui prétendrait immobiliser
les errements talmudiques FERAIT
OBSTACLE A L'AVENIR DU JUDAISME, et doit être écartée » (10). L'avenir du judaïsme,
voilà bien ce qui reste plus vivant que jamais au cœur de toute la race
d'Israël, ce que tous veulent assurer. Les progressistes prétendent avoir pris
pour l'atteindre la voie la plus sûre, et ceux qu'ils persuadent de se mettre à
leur suite se comptent par myriades de plus en plus nombreuses. Ce qu'ils
veulent, ce n'est point seulement une transformation du judaïsme, son
appropriation aux besoins du temps; ils ont l'ambition d'être aussi, au sein de
l'humanité, un ferment.
Le rationaliste Klubert nous le dit dans
son livre : Du Droit de
Dans ces phrases, on peut voir l'ébauche du plan de
Israël se transforme
donc, et il dit le faire dans un but de prosélytisme : « Nos observances
surannées empêchent le judaïsme de se faire accepter et nous fait ainsi manquer
un prosélytisme que nous devons exercer. »
Depuis de longs siècles, Israël avait cessé de faire du
prosélytisme. Il s'y remet, et avec une telle passion, un tel désir de réussir,
que pour amener les autres à lui, il commence par se débarrasser lui-même de
tout ce qui le différencie.
Convaincu qu'en matière religieuse l'esprit est tout et la forme
peu de chose, le juif Hippolyte Rodrigue, cité par les Archives Israélites (13) s'adresse
successivement aux trois filles de
« Que partout des temples s'élèvent, recevant dans leur enceinte,
tous les hommes sans distinction d'origine religieuse ! Que tous les cœurs
remplis des mêmes sentiments d'amour, s'épanchent devant le même Dieu, père de
tous les êtres. Que tous soient nourris des mêmes principes de vertu, de morale et
de religion, et les haines des sectes disparaîtront, et l'harmonie régnera sur
la terre, et les temps messianiques, prédits par les prophètes, seront
réalisés.»
L'Alliance israélite universelle a été créée en vue de cette réalisation,
et, dès ses premiers jours, elle se félicitait du succès. « L’Alliance israélite
universelle commence à peine, et déjà son influence salutaire se fait sentir au
loin [cf. le pseudo Concile Vatican II]. Elle ne s'arrête pas à
notre culte seul, elle s'adresse à tous les cultes. Elle veut pénétrer dans
toutes les religions comme elle pénètre dans toutes les contrées… La
religion juive est la mère des religions qui répandent la civilisation. Ainsi, à mesure que la philosophie émancipe
l'esprit humain, les aversions religieuses contre le peuple juif s'effacent... [de Jean XXIII à Benoît XVI] Eh bien ! messieurs,
continuons notre mission glorieuse ; que les hommes éclairés, sans distinction
de culte, s'unissent dans cette Association israélite universelle, dont
le but est si noble, si sagement civilisateur... Faire tomber les barrières qui
séparent ce qui doit se réunir un jour: voilà, Messieurs, la belle, la
grande mission de notre Alliance israélite universelle. Marchons fermes
et résolus dans la voie qui nous est tracée. J'appelle à notre association nos frères
de tous les cultes ; qu'ils viennent à nous, avec quel empressement nous irons
vers eux ! Le moment est venu de fonder sur une base indestructible une
immortelle association » (14).
« Et comme les temps sont enfin venus où les faits s'empressent de
répondre aux paroles, le plus vaste, le plus merveilleux des temples, un
temple dont les pierres sont vivantes et douées de pensée, s'élève pour
recevoir dans son élastique enceinte, sous la bannière à jamais sacrée de la
raison et de la philosophie, tout ce que le genre humain renferme dans son sein
de généreux, d'hostile au mystère et à l'ignorance, de vrais fils de la lumière
et de la liberté. Ce temple abritera dans son enceinte la religion juive, qui survit
à tout et que rien n'ébranle ; religion élargie et digne de l'humanité tout entière »
(15).
M. Gougenot des Mousseaux a ainsi résumé
une page de l’Univers israélite (V. p. 223, 1869). « Il ne reste plus guère
aux enfants du progrès qu'à pousser du pied une religion vermoulue (le catholicisme) et le jour de sa chute
se fait pressentir. » Et voici la raison qu'il en donne : « Inaugurée par la savante et
spéculative Allemagne, la rénovation des études théologiques s'acclimate en
France, qui, grâce à son esprit généralisateur et expansif, peut être appelée,
à faire pour la synthèse religieuse ce qu'elle fit un jour pour la
reconstitution civile et politique du monde. Et tout Israélite doit éprouver
le désir de coopérer à cette œuvre où sont engagés ses intérêts les plus
sacrés (16).
Dans la pensée
d'Israël il faut donc que, refondue, comme le furent par
Telle est l'ambition, telle est l'espérance d'Israël. Nous ne disons point du juif d'aujourd'hui,
car il a toujours eu la prétention de dominer le genre humain tout entier ;
mais aujourd'hui il précise ses moyens et se croit à la veille d'aboutir.
1) Archives
israélites, XXV, pp. 600, 651.
2) Dès
l'année 1831, il s'est formé, en Allemagne,- une association de Juifs et de
chrétiens, dont le but, comme celui de l’Alliance est de fonder la
civilisation religieuse, morale et sociale des Israélites.
3) « Tout à l'heure, Israël dispersé depuis dix-huit
siècles sur la surface du globe, n'avait plus de centre, plus de
représentants, plus de défenseurs des intérêts communs ; maintenant tout est
changé. Une société florissante (l'Alliance I.U.)
et qui trouve accès auprès des trônes LES PLUS PUISSANTS, est là toujours prête
à revendiquer ses droits, à combattre ces hommes qui sont tout à Ia fois les ennemis de notre race et ceux de la lumière et
de la liberté » (Archives israélites, XIV, p. 655, 1867.)
4) Archives
israélites, XV, p. 677, année 1867.
5) Univers israélite, VIII, pp. 358-359, année 1868.
6) Archives
israélites, XIX, p. 835, 1866.
7) Archives Israélites, XX, p. 879, année 1866. Qui ne serait frappé de la ressemblance de ce
langage avec celui des catholiques modernistes condamnés par Pie X ! Nous verrons plus loin qu'il n'y a
dans ces deux régions judaïque et catholique qu'un seul et même mouvement
d'idées.
8) Les juifs le judaïsme et la judaïsatlon des peuples chrétiens.
9) Archives israélites, X, p. 448, année 1867.
10)
Archives israélites, p. 533. Année 1868, XII.
11) Kluber, 4e
édition, § 516, note 4.
12)
Archives israélites, III, pp. 118-119, année 1868.
13) Archives israélites, XIV, pp. 628-629, 1866.
14)
Discours de Crémieux à l’Alliance israélite universelle.
15)
Archives israélites, XXIV, p. 1074, 1866.
16) Le Juif, le
Judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, p. 323.
III. — LES MAÎTRES DE
L'ŒUVRE.
CHAPITRE XLVII
I - LES JUIFS, LEUR ACTION DANS
Pages 675-688
En toute construction, les maçons sont guidés dans leurs travaux
par des contremaîtres, des directeurs, et ces directeurs veillent à la bonne
exécution des plans dressés par l'architecte.
Il n'en va pas autrement dans l'édification du Temple de Salomon.
Là aussi, il n'y a point que des ouvriers, mais, au-dessus d'eux, des maîtres
de l'œuvre et un architecte. Déjà bien souvent nous avons surpris
l'intervention des juifs dans l'œuvre maçonnique. Ce sont eux qui ont conçu
l'idée d'une république universelle et d'une religion humanitaire pour asseoir
leur domination sur tout le genre humain. Depuis cinq siècles, ils enrôlent,
ils organisent en des sociétés secrètes superposées les unes aux autres, les
ouvriers adonnés aux destructions et aux constructions nécessaires à cette
double œuvre ; et ils ont pris sur eux (assez d'ascendant et assez de pouvoir
pour les maintenir à leur besogne malgré les difficultés et les traverses, ou
les y ramener et arriver aux résultats que nous avons pu constater dans les
pages qui précèdent.
Le moment est donc venu de porter notre attention sur ce qui, en ce
moment, préoccupe le plus les esprits éclairés qui cherchent à se rendre compte
de l'état actuel de
Nous ne pouvons le traiter ici dans toute son ampleur, mais tout ce
qui précède appelle des éclaircissements que nous ne pouvons refuser a nos
lecteurs.
Nous avons vu la conjuration antichrétienne manifester sa présence
dans les deux mondes, employer partout la même tactique, frapper aux mêmes
points, souvent en même temps. Mgr Martin, évêque aux Etats-Unis, conclut de là
à l'existence d'une direction centrale, d'un but arrêté vers lequel tout tend,
d'un plan d'ensemble pour l'atteindre et d'une forte organisation qui
l'exécute. Nous avons vu cette organisation dans sa structure et son
fonctionnement au cours de plusieurs siècles. Mais qui a construit la machine ?
et qui la fait fonctionner ? Le nombre de ceux qui nomment le juif s'accroît de
jour en jour. Se trompent-ils ?
En remontant aux
origines de la conjuration antichrétienne en France, nous avons trouvé d'abord
Voltaire, les encyclopédistes et les francs-maçons exportés par lui de l'Angleterre
chez nous. Nous avons constaté qu'en même temps s'introduisaient chez nous des
idées en contradiction avec celles que l’éducation familiale, politique et
religieuse y entretenaient depuis des siècles. De chez nous, ces idées se sont
répandues chez les autres nations, qui avaient une même civilisation, et cela
avec une rapidité merveilleuse. Comment expliquer sans un agent de propagande,
répandu partout, cette invasion à laquelle s'opposaient la culture française,
la mentalité européenne, la vigilance des pouvoirs spirituels et la difficulté
des t communications ? La supposition de l'intervention des juifs donne une
réponse. Ils avaient intérêt à se faire les agents de transmission des idées
maçonniques, puisqu'elles enseignaient l'égalité des races et que la leur était
partout repoussée comme ennemie, seuls, eux seuls dans le monde avaient cet
intérêt. De plus, ils avaient la possibilité d'être efficacement ces agents
parce qu'ils avaient des communautés partout, que depuis longtemps ils avaient
l'habitude d'organiser des groupements secrets et qu'ils en connaissaient le
maniement et la force.
Plus tard, nous avons vu des juifs, membres de
Il y a quarante ans, en
Le Monde faisait suivre cette lettre dont on n'a ici
qu'un très court extrait de cette conclusion : « Ce témoignage, joint à tant
d'autres, autorise donc à penser que la grande conspiration antichrétienne, qui nous
enveloppe, est conduite par les anciens ennemis du Christ, et par les
descendants de ceux qui l'ont mis à mort. »
La nation juive est d'ailleurs la seule à se trouver dans les conditions nécessaires pour remplir un tel
office. Sa
dispersion depuis dix-neuf siècles sur toute la surface de la terre, la
situation qui lui fut faite chez tous les peuples, l’amenèrent à chercher les
moyens de maintenir sa nationalité, sa foi, ses espérances et de pourvoir à ses
intérêts (1).
Pour cela, elle dut se constituer en une société bien disciplinée,
gouvernée par des chefs religieusement obéis et protégée par la loi du secret
la plus rigoureuse.
Grâce à cette organisation, les juifs durant ces dix-neuf siècles,
eurent toujours entre eux, d'un bout du monde à l'autre, des rapports très
actifs. L'étendue presque universelle de leur commerce, l'habilité et la discrétion
de leurs agents procuraient aux chefs de la nation des moyens sûrs et nombreux
de donner des mots d'ordre, de les faire parvenir sans difficulté dans les pays
les plus éloignés, et par là d'obtenir une action commune et persévérante en
vue du résultat à obtenir (2).
Réduite à elle-même et sans alliance avec la juiverie, jamais la
franc-maçonnerie n'eût pu accomplir ce que nous lui avons vu faire.
Ici revient l'observation faite pour le XVIIIe siècle.
Les idées, les intérêts, les convoitises des divers peuples qui habitent les
deux hémisphères ne sont point identiques. Ces peuples sont gouvernés par des
autorités, des dynasties qui n'ont ni les mêmes tendances, ni les mêmes
ambitions. Si la franc-maçonnerie n'était composée que d'individus appartenant
à ces divers pays, chacun aurait eu les pensées de son milieu : l'unité de
vues, la correspondance des efforts vers un but opposé aux traditions de la
nationalité propre et à la foi de la religion nationale ne seraient pas
possible. Il faut donc que les Francs-Maçons reçoivent leurs inspirations du
dehors et crue les impulsions viennent d'une religion et d'une nationalité
ennemies.
Tout s'explique si les cadres de la franc-maçonnerie sont fournis
par la juiverie. Les individus formant ces cadres reçoivent les suggestions du
Pouvoir occulte de leur race, les transmettent, et après que les suggestions
ont préparé les esprits à la docilité, viennent les directions.
Un indice bien frappant de cette subordination de la
franc-maçonnerie à la juiverie, se trouve dans le symbolisme commun à l'une et
à l'autre, symbolisme adopté dans les pays catholiques, comme dans les contrées
protestantes, chez les infidèles, comme chez les chrétiens. Ce qui ne donne pas
moins à réfléchir, c'est le genre d'œuvres accomplies par la franc-maçonnerie. Tout en elle est
coordonné à ce double but, l'abaissement des frontières et l'abolition du
dogme. On
ne voit pas pourquoi et comment l'idée de ces deux destructions serait venue
dans l'esprit des Français et des chrétiens, si elles n'étaient suggérées
d'ailleurs. Mais plus rien n'étonne, si on la suppose suggérée par les juifs.
Elle est alors le fruit naturel des deux grandes passions d'Israël, depuis la
dispersion : la haine du Christ et de son œuvre et l'ambition d'asservir le
genre humain.
Dès les premiers jours du christianisme, les juifs ne laissèrent
point ignorer que la haine qu'ils avaient conçue contre Notre-Seigneur
Jésus-Christ et qui les avait portés à cet excès de le crucifier, persévérerait
dans leurs cœurs.
Ils firent mourir ses disciples Etienne, Jacques le Majeur et Jacques le Mineur,
Mathias, coupables uniquement de prêcher la doctrine du Sauveur et de la
confirmer par des miracles. Ils s'opposèrent avec rage à la propagation de
l'Evangile, tantôt fouettant les Apôtres (Act. V,
40), tantôt excitant Saûl contre les disciples (Act. VIII, 3) ; puis, après la conversion de celui-ci, ils
le persécutèrent par leurs calomnies et leurs blasphèmes (Act.
XIII, 45), par des séditions soulevées contre lui (Act.
XIII, 50 et XVII, 5) à ce point que les païens eux-mêmes, tel Gallion, proconsul d'Achaïe, durent soit l'arracher à leurs
barbares violences (Act. XVIII, 12 et XX, 31), soit
mettre à néant leurs accusations mensongères et criminelles (Act. XXIV, 9, 10). L'an 65, à Jérusalem, ils le traînèrent
hors de la ville pour le tuer. Lysias le délivra, il dut cependant leur
accorder cette satisfaction de l'enchaîner, et même s'il en avait eu le pouvoir
de le battre de verges (Act. XXIV, 7).
Les juifs furent cause des premières persécutions des païens contre
les chrétiens. « Les synagogues sont les sources d'où découle la persécution a
écrit Tertullien. Et de nos jours, un protestant, M. Jean Réville, affirme la
même chose en ces termes : « Les (premiers) chrétiens, issus du Judaïsme,
n'avaient pas de pires ennemis que les Juifs » (3).
Dès l'an 44, Agrippa mit
sa puissance à leur service. Néron était entouré d'esclaves juifs, Poppée était
à demi-juive. L'historien des Persécutions, M. Paul Allard, se range au sentiment
de saint Clément qui attribue à leur jalousie, la première persécution.
Lorsque l'empereur Sévère, publia l'édit par lequel il interdisait
la propagande juive et chrétienne, cet édit fut si peu observé à l'égard des
juifs et si cruellement obéi contre les disciples du Christ que l'on vit des
chrétiens trop lâches pour braver les supplices et trop attachés cependant au
culte du Dieu unique pour brûler de l'encens devant les idoles, se réfugier au
sein du judaïsme.
Sous la persécution de Dèce, les juifs, dit M. Paul Allard (4)
assistent avec une curiosité ardente, avec une joie haineuse, à l'épreuve
imposé a aux chrétiens. On entendait partout leurs voix, s'élevant avec
l'accent du triomphe. Ils se plaisaient, comme le leur reprocha un martyr (5) à
piétiner lâchement sur des ennemis tombés. Comme au temps de Polycarpe, ce fut
alors la colonie juive qui se montra l'ennemie la plus acharnée des
chrétiens. Le peuple païen regardait curieusement, mais les juifs prenaient
part, jouaient un rôle actif.
Julien l'apostat, reconnut vite, chez les juifs, ses meilleurs
alliés dans la guerre sourde, incessante, qu'il fit aux chrétiens : « Leurs
inimitiés séculaires, dit saint Grégoire de Nazianze,
les désignaient pour auxiliaires à celui-ci » (6) ; et ceux-ci se hâtèrent de mettre à profit les dispositions
de l'empereur pour assouvir de nouveau leurs haines traditionnelles. On les vit
en Egypte, en Asie, incendier impunément les basiliques chrétiennes.
On sait que l'apostat voulut les rassembler de nouveau en corps de
nation, rendre à Jérusalem son caractère de ville sainte et pour cela relever
le Temple. Saint Jean Chrysostome dit qu'il avait mandé près de lui les
principaux d'entre les juifs et que c'est à leur suggestion qu'il avait conçu
l'idée de donner un démenti public à la prophétie de Notre-Seigneur
Jésus-Christ, telle qu'elle était interprétée.
Après les persécutions, les juifs donnèrent à leur haine un autre
cours. Déjà le judaïsme s'était introduit dans l'Eglise même pour y porter le
trouble, la division et l'hérésie. Ce fut l'œuvre de Simon le Mage, des
Gnostiques, de Manès et de ses adhérents ou de ses émules. Ce fut l'œuvre de
tous les hérésiarques, non pas qu'ils aient été tous de race juive, mais tous
ont suivi ses inspirations. Nous en avons pour garant Bernard Lazare, ce juif
qui fut l'un des grands agents de l'affaire Dreyfus et à qui
«
Un autre juif, M. Darmesteter, résume ainsi tout ce qui peut être
dit à ce sujet : « Le juif s'entend à dévoiler les points vulnérables de
l'Eglise, et il a à son service, pour les découvrir, outre l'intelligence des
Livres saints, la sagacité redoutable de l'opprimé. Il est le docteur de
l'incrédule ; tous les révoltés de l'esprit viennent à lui dans l'ombre ou à
ciel ouvert (8), Il est à l'œuvre dans l'immense atelier
de blasphèmes du grand empereur Frédéric et des princes de Souabe ou d'Aragon :
c'est lui qui forge tout cet arsenal meurtrier de raisonnement et d'ironie
qu'il léguera aux sceptiques de
Ayant pris une grande
part dans
En France, en ces derniers temps, les persécuteurs n'ont pas eu
d'amis plus fervents, d'inspirateurs plus écoutés que certains Juifs comme
Lévy-Crémieux, Hugo Oberndoffer, Hernmerdinger,
von Reinach, Arton et
Cornélius Herz. C'est à ce dernier, juif allemand,
que demandaient conseil les Freycinet, les Floquet, les Rouvier ; c'est que sur
le tableau de
« Quant à leur action, et à leur influence dans le socialisme
contemporain, dit encore Bernard Lazare, elle fut et elle est, on le sait, fort
grande ». Bien qu'il ne nous apprenne rien, ce juif ne se fait pas faute de
donner les preuves de son assertion, en montrant chez tous les peuples les
partis socialistes, internationalistes, nihilistes, fondés par les juifs ou du
moins soutenus par eux. Il vient de nous les faire voir dans les loges et les
arrière-loges, il dit ailleurs : « Il est certain qu'il y eut des juifs au berceau même de
la franc-maçonnerie, des juifs kabbalistes, ainsi que le prouvent certains
rites conservés. Très probablement pendant les (années qui précédèrent
Après cela nos lecteurs conviendront que l’Univers israélite n'a
rien dit de trop dans son numéro du 26 juillet 1907 (p. 585) : « On rencontre à
presque tous les grands changements de la pensée une action juive, soit
éclatante et visible, soit sourde et latente. Ainsi, l'histoire juive longe
l'histoire universelle sur toute son étendue et la pénètre par mille trames.
»
Dans son livre : Le
judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, M. Gougenot
des Moussaux raconte ce qui suit (11) .
Un de nos amis, homme d'Etat, au service de la grande puissance
germanique, un de ces rares protestants qui sont restés fidèles à la dévotion
du Christ, nous écrivait au mois de décembre 1865 :
« Depuis la recrudescence révolutionnaire de 1848, je me suis
trouvé en relations avec un juif, qui, par vanité, trahissait le secret des
sociétés secrètes auxquelles il était associé et qui m'avertissait huit à dix
jours d'avance de toutes les révolutions qui allaient éclater sur un
point quelconque de l'Europe. Je lui dois l'inébranlable conviction que tous ces grands
mouvements « des peuples opprimés » etc., etc., sont combinés par une
demi-douzaine d'individus qui donnent leurs ordres aux sociétés secrètes de
l'Europe entière :
« Le sol est tout à fait miné sous nos pieds. »
Il ne faut point plus de preuves que nous venons d'en donner, — et
elles pourraient être multipliées — pour établir que depuis le commencement de
l'ère chrétienne, le juif a été et est vraiment en toutes choses et sur tous
les points le grand révolutionnaire et le grand hérésiarque. Il détruit pour
détruire, par haine de ce qui existe, mais aussi dans l'espoir d'édifier sur
ces ruines le Temple que nous avons dit :
1) Il y a une nation juive. Les Juifs eux-mêmes ne
cessent de le déclarer. Crémieux parlant de l'Alliance israélite
universelle, écrivait :
« L'alliance n'est pas une alliance française,
allemande, ou anglaise : elle est juive, elle est universelle. »
En 1870, le même Crémieux revenant de présider un congrès israélite à
Berlin disait de tous les Juifs des différents pays gui y avaient pris part :
« Point de sentiment de rivalité, un concours
entier, spontané, sans réserve. La différence de nationalité n'existe pas. »
En 1895, les étudiants juifs de Bohême, naturalisés autrichiens,
publièrent à Prague une déclaration dans laquelle on peut
lire cette phrase :
« Les juifs ne sont ni des Allemands, ni des Slaves,
ils sont un peuple à part... Les juifs ont été et restent un
peuple autonome par l'unité de la race, de l'histoire, de la conception, du
sentiment. »
En 1864, les Archives Israélites écrivaient :
« Israël est une nationalité. L'enfant issu de parents israélites est
israélite. La naissance lui fait incomber tous les devoirs d'un Israélite. Ce n'est pas par la circoncision que nous recevons la qualité d'Israélite.
Non, la circoncision n'a aucune analogie avec le baptême chrétien. Nous ne
sommes pas Israélites parce que nous sommes circoncis ; mais nous faisons
circoncire nos enfants parce que nous sommes Israélites. Nous acquérons le
caractère d'Israélite par notre naissance, et nous ne pouvons perdre ce
caractère, ni nous en démettre. L'Israélite qui renie sa religion, même celui
qui se fait baptiser, ne cesse pas d'être Israélite. Tous les devoirs d'un
Israélite continuent à lui incomber. »
N'est-ce
pas bien là une conception patriotique, nationaliste ?
« Le
Juif, disent encore les Archives
Israélites, est d'un inexorable
universalisme. »
Inexorable !
Par conséquent, aucune naturalisation, aucun droit civil et politique ne fera
jamais d'un juif un Français.
2) Le 7
avril, Bernard Lazare reconnaît lui aussi l'existence de la nation juive en
tant que nation, et il affirme expressément que cette nation a un gouvernement.
Les Juifs
ne sont pas un ethnos, mais
ils sont une nationalité, ils sont de
types variés, cela est vrai, mais quelle est la nation qui n'est pas diverse ?
(P. 272.)
Si les
Juifs ne sont pas une race, ils ont
été jusqu'à nos jours une nation. (P. 392.)
Partout ils
voulaient rester Juifs, et partout ils obtenaient des privilèges leur permettant de fonder un Etat dans
l'Etat. (P. 7.)
Les Juifs
entrèrent dans les sociétés modernes non
comme des hôtes, mais comme des conquérants. (P. 223.)
3) La religion à Rome sous les Sévères, Paris,
1986.
4) Histoire des persécutions, I, pp. 373 et suiv.
5) Passio S. Pionii et sociorum ejus, 4.
6) Oratio, v. 3.
7) Cet ouvrage, comme son titre l'indique, a été
écrit pour combattre celui d'Edouard Drumont. Les aveux que nous en recueillons
ici sont donc doublement précieux.
8) De nos
jours les rapports de M. Loisy avec le juif Joseph Reinach ont été rendus
publics.
9) M.
Flavien Brenier a magistralement montré, que les
humanistes italiens étaient inspirés par les Juifs.
10) La revue anglaise The Mouth, dans son numéro d'octobre 1896, attribuant
aux Juifs les causes de mort qui sont en nous, disait : « Les Juifs n'essaient
même pas de dissimuler que, dans leur éternelle haine du christianisme, secondée
par les chefs de la franc-maçonnerie, ils ont été les auteurs de
Le journal juif Haschophet revendiquait dernièrement encore
« C'est en vain, disait-il, que la tiare lutte
contre le sceptre de
11) Page 367.
CHAPITRE XLVIII
LES JUIFS : LE TERME DE LEUR AMBITION
Pages 689-707
Pour annoncer le règne du Messie futur, les
prophètes avaient employé des expressions grandioses qui, à première vue, pouvaient éveiller l'idée d'une domination
temporelle. A l'époque de Notre-Seigneur, ces prophéties recevaient
généralement des docteurs une interprétation conforme à cette idée : le Messie
doit être un roi temporel et sa royauté une domination terrestre. A sa venue,
les puissances adverses doivent s'élever contre lui, et leur extermination doit
se faire par les armes. On lit dans les Targums de Jonathan sur Isaïe : « Les
peuples sont broyés par le Roi messie ». La conséquence de cette lutte
victorieuse était, dans la pensée des juifs de ce temps, l'établissement à
Jérusalem d'un grand royaume fondé par Dieu lui-même et qui devait dominer le
monde entier. Saint Jérôme (In Joël, III, 8) rappelle ces idées encore en
faveur parmi les Israélites de son époque.
Ces idées sur le futur royaume
palestinien entrèrent jusque dans le monde païen et furent signalées par Tacite
(Hist. V, 13) et Suétone (Vespas., 4).
C'est ce qui explique comment à la suite
de la multiplication
des pains, les Galiléens crurent avoir trouvé en Jésus le Messie temporel
qu'ils attendaient et songèrent à s'emparer de Lui pour le faire roi (Joan. VI,
15). C'est ce qui explique également l'indignation des juifs devant la
prétention de Jésus à être le Fils de Dieu, alors qu'il semblait à leur orgueil
si méprisable et qu'ils ne voyaient en Lui aucune aptitude à réaliser les
aspirations nationales.
La ruine de Jérusalem, leur dispersion dans le monde, ne fit point
perdre aux juifs leurs espérances.
Saint Jérôme, qui connaissait à fond les doctrines judaïques, dans
son commentaire sur la prophétie de Daniel qui montre la petite pierre se
détachant du haut de la montagne pour briser la statue de Nabuchodonosor, écrit
: « Les juifs tournent ce passage à leur avantage, et refusent de reconnaître
le Christ dans cette pierre. Elle ne désigne pour eux que le peuple d'Israël
devenu tout d'un coup assez fort pour renverser tous les royaumes de la terre
et fonder sur leurs ruines, son empire éternel. »
Cette idée, cette espérance, cette conviction d'être la « première
aristocratie du monde » et de tirer de là, le droit à l'universelle domination
est, a toujours été le centre de toutes leurs pensées. Saint Jérôme vient de
nous dire ce qu'ils pensaient d'eux-mêmes au IVe siècle, au XVe
, le docte rabbin Abrahanel, ministre des finances,
en Espagne et en Portugal, sous Ferdinand le catholique, annonçait dans ses
commentaires sur Jérémie (chap. XXX) le prochain avènement et règne du Messie où
s'accomplira l'extermination des chrétiens et des gentils. Et Reuchlin à la
même époque, disait aussi : « Les juifs attendent avec impatience le bruit
des armes, les guerres et la ruine des royaumes. Leur espoir est celui d'un
triomphe semblable à celui de Moïse sur les Chananéens
et qui serait le prélude d'un glorieux retour à Jérusalem, rétablie dans son
antique splendeur. Ces idées sont l’âme des commentaires rabbiniques sur les
prophètes. Elles ont été traditionnellement transmises et inculquées
dans l'esprit de cette nation. Et ainsi, de tout temps, les Israélites se sont
préparés à cet événement, terme suprême des 'aspirations de la race juive. »
De nos jours, Bernard Lazare a aussi dit de ceux de sa race :
« Peuple énergique, vivace, d'un orgueil infini, se considérant comme
supérieur aux autres nations, le peuple juif voulut être une puissance. Il
avait instinctivement le goût de la domination, puisque par ses origines, par
sa religion, par sa qualité de race élue qu'il s'était de tout temps attribuée,
il se croyait placé au-dessus de tous. Pour exercer cette autorité, les juifs
n'eurent pas le choix des moyens. L'or leur donna un pouvoir que toutes les
lois politiques et religieuses leur refusèrent, et c'était le seul qu'ils
pouvaient espérer. Détenteurs de l'or, ils devenaient les maîtres de leurs
maîtres, ils les dominaient, et c'était aussi l'unique façon de déployer leur
énergie, leur activité. »
C'est cet esprit de domination qui les a toujours rendus odieux à
tous les peuples. « Apud ipsos, dit Tacite (1), fides obstinata, misericordia in promptu, sed adversus
omnes alios hostile odium »,
et saint Paul dans son Epître aux Thessaloniciens a
dit aussi d'eux : « Et omnibus hominibus adversantur. »
Un livre qu'ils placent au-dessus de
Quelques lignes suffiront à en faire connaître l'esprit. « La
domination sur les autres peuples doit être le partage des juifs. — En
attendant
Telles sont les convictions crue le
Talmud et l'enseignement qui en est donné ont fait entrer dans la conscience
juive. Là est le principe de l'action que le juif s'efforce d'exercer au sein des autres peuples, la
source de ses espérances, la justification de son orgueil et de l'ambition qui
veut assujettir tous les peuples à son empire.
L'heure de ce triomphe et de cette
domination approche, pensent-ils. L'un d'eux, le fondateur de l’Alliance Israélite
universelle, créée pour en hâter la venue, s'écriait
il y a quelques années, dans, un discours (aux délégués de cette association. « Comme déjà tout est changé pour nous, Messieurs, (depuis notre
affranchissement pair
Cet avenir, ils pensent le toucher. Ils
l'attendent surtout des idées qu'ils ont semées dans la société chrétienne :
liberté, égalité, démocratie, principes de 89.
Le 29 juin 1869, au moment où s'ouvrait
lé Concile du Vatican, les juifs voulurent avoir, eux aussi, leur concile. Ils
le tinrent à Leipzig, sous la présidence du Dr Lazarus,
de Berlin. Y figuraient les représentants de l'Allemagne, de
La conclusion en a été donnée, aux applaudissements de tous, par le
Dr Philipson, de Bonn, appuyé par le grand rabbin de
Belgique, M. Astruc. Elle fut ainsi formulée : « Le Synode reconnaît
que le développement et lia réalisation des principes modernes sont les plus
sûres garanties du présent et de l'avenir du judaïsme et de ses membres. Ils
sont les conditions les plus énergiquement vitales pour l'existence expansive
et le plus haut développement du judaïsme. »
Déjà nous avons rapporté ces paroles ; mais elles ont une
importance capitale et il est bon de les considérer de plus près.
Les principes modernes ont été formulés dans
C'est le juif, aidé par la franc-maçonnerie qui a répandu et fait
admettre cette idée dans les années qui ont précédé
Les juifs, considérés étrangers dans tous les pays du monde,
avaient un souverain intérêt à changer cet état de choses, à se faire prendre
et accepter comme nationaux partout où ils se trouvaient. C'est ce qu'ils
obtinrent par
Il n'est pas étonnant que le concile des juifs ait reconnu que dans
ces « Principes modernes » se trouvent « les plus sûres garanties du présent du
judaïsme et de ses membres ». Si, en effet, les nations venaient à reconnaître
leur erreur, à repousser cette égalité, la condition des juifs redeviendrait ce
qu'elle était autrefois, race à part, race infusible ; ils seraient de nouveau
traités pour ce qu'ils sont, traités partout comme étrangers.
Aussi le concile a-t-il voté le développement et la réalisation
des principes modernes, leur développement dans les esprits et leur
réalisation de plus en plus parfaite dans les institutions.
Rien de plus facile pour lui. Il forme au sein de chacun des Etats
de ce monde un Etat particulier. Partout, il a l'aide des associations,
secrètes ou non secrètes, composées d'hommes de toutes les croyances ou plutôt
de toutes les incroyances. Il exerce sur ces sociétés, dont quelques-uns de ses
chefs sont l'âme soigneusement enveloppée de mystère, un empire qui lui permet
de les faire travailler à son profit, soit en répandant les idées qu'il a
intérêt à propager, soit en faisant les lois ou établissant les institutions
que ces idées appellent. Il a l'immensité sans cesse croissante de ses
richesses et par elle les leviers qu'il se forge pour former l'opinion, pour la
soulever, pour faire éclater les événements dont il attend l'avancement de sa
cause. Il a l'inflexibilité de son vouloir et la flexibilité de son aptitude.
Il a de singuliers et merveilleux privilèges d'intelligence en rapport avec ses
ambitions.
Aussi ne devons-nous pas nous étonner de voir combien grand est le
nombre des chrétiens, qui dans la presse et dans renseignement, dans
l'administration et dans tous les corps civils et politiques, se font les
coopérateurs des juifs dans la propagande des grands principes. Ils ne savent
sans doute pas ce que le juif attend de leur collaboration ; ils ignorent ce
que doit produire le développement des principes modernes dans l'esprit des
masses, et leur réalisation dans les institutions politiques et sociales. Le
concile de Leipzig ne l’a pourtant point caché. Ce développement, cette
réalisation sont, a-t-il dit, « les conditions les plus énergiquement vitales
pour l'existence expansive et le plus haut développement du judaïsme. »
Quelle est cette énergie de vie que le judaïsme attend pour lui,
pour sa race de la propagande des idées modernes et du fonctionnement des
modernes institutions qui en découlent, suffrage universel et ce qui s'en suit ?
Et quel est le plus haut développement auquel le judaïsme espère et que doivent
loi procurer ces idées et ces institutions énergiquement vitales pour lui ?
Ce développement n'est rien moins, inutile de le répéter, que
l'hégémonie du juif sur toute la race humaine, sa domination sur tous les
peuples, devenus sujets, esclaves d'Israël.
« Comme déjà tout est changé pour nous ! et en si peu de temps ! »
s'écriait Crémieux après trois quarts de siècle seulement de fonctionnement des
principes modernes. Et l'abbé Lémann, de race juive :
« Quand on s'est aperçu que les juifs étaient citoyens, ils étaient
déjà en partie LES MAÎTRES. » II
écrivait cela bien avant l'affaire Dreyfus qui a fait voir à tous ceux qui ne
sont point inféodés aux juifs que ceux-ci sont vraiment nos maîtres.
Avant eux, Disraeli, autre juif, bien placé pour connaître la
vérité de ce qu'il avouait, écrivait : « Le juif arrive de nos jours à exercer
sur les affaires de l'Europe une influence dont le prodige est saisissant. »
Beaucoup de juifs aujourd'hui n'attendent point d'autre Messie, que
les principes de 89. Ils disent avec M. Cahen : « Le
Messie est venu pour nous, le 28 février 1790 avec les Droits de l'homme ». 89 est leur hégire. Les
principes modernes sont considérés par eux comme l'idée messianique et ils
n'appellent rien d'autre, ni homme, ni arme pour conquérir l'univers.
Ces principes nivellent tout chez leurs adversaires et en font une
proie facile ; à eux ils donnent l'avantage de jouir partout de deux
nationalités; celle d'emprunt qui leur donne tous les droits des citoyens du
pays où ils se sont introduits, et la leur propre qui leur permet de s'entendre
d'un bout à l'autre du monde et de concentrer leur action pour arriver à tout
dominer (6).
Cependant l'immense majorité des juifs reste fidèle à l'antique
croyance ainsi exposée par l’éminent rabbin Drach dans son livre l’Eglise et
« D'après la doctrine enseignée par les maîtres d'Israël, le Messie
doit être un grand conquérant, qui soumettra les nations à la servitude des
juifs. Ceux-ci reprendront
Ceux-là même qui tournent en mythe le Messie, tels les rédacteurs des
Archives israélites, ne peuvent se mettre en opposition ouverte avec les
vrais croyants et sont souvent obligés de leur laisser la parole.
Le 21 mars 1864, les Archives publièrent une lettre d'un
orthodoxe de Nancy où l'on voit bien qu'orthodoxes ou non, tous les juifs
comptent sur la, domination universelle qu'ils croient leur être promise par le
Souverain Maître.
« Messieurs, je suis de ceux qui pensent que notre génération ne
verra pas le jour de la grande réparation promise. Et pourtant je ne voudrais
pas affirmer le contraire en présence des événements et des transformations
auxquelles nous assistons depuis ces quinze dernières années !
« Vous dites : nous ne croyons cette idée — du Messie et de son
retour triomphal à Jérusalem — ni réalisable, ni acceptable ! Avez-vous bien réfléchi à la gravité de ces paroles ? car elles
constituent la négation complète de notre foi et de NOTRE MISSION DANS LE MONDE ! Telle n'est certes pas votre pensée
; mais il convient. qu'un organe de l'importance des Archives ne puisse
être considéré comme n'ayant pas toute la conscience des devoirs comme des espérances
d'Israël. Comment ! vous ne
croyez pas à la mission finale de la maison de Jacob ? Jérusalem serait
pour vous un vain mot ? Mais ce serait le renversement immédiat de notre
culte, de NOTRE TRADITION, de
notre raison d'être ; et à ce compte, il faudrait aussitôt brûler tous nos
livres sacrés... Notre rituel, ordinaire ou extraordinaire, toujours nous parle de
la mère patrie. En nous levant, en nous couchant, en nous mettant à table, nous
invoquons notre Dieu pour qu'il hâte notre retour à Jérusalem, sans retard et
de nos jours ! ce seraient donc là de vaines paroles ? La répétition générale, universelle,
de ces paroles n'aurait donc plus de sens ? ce serait de pure forme ?
« Heureusement qu'il n'en est pas ainsi ; et vous voyez, cher
Monsieur, que, si beaucoup d'entre nous ont oublié d'importance du retour, Dieu
nous a suscité des frères nouveaux qui comprennent parfois mieux que
nous-mêmes, ce miracle, unique dans la vie du monde, d'un peuple tout entier
dispersé depuis dix-huit cents ans dans toutes les parties de l'univers sans se
confondre ni se mêler nulle part avec les populations au milieu desquelles il
vit ! Et, cette
conservation incroyable, faite pour ouvrir les yeux aux plus
aveugles, n'aurait aucune signification, aucune valeur pour nous et pour le
monde ?
« ... Mais regardons l'horizon, et considérons trois signes
éclatants qui nous frappent. Trois mots, trois choses ont le privilège
d'occuper tous les esprits et d'absorber l'attention du temps présent : NATIONALITÉS, CONGRÈS, SUEZ.
« Eh bien l la clef de ce triple problème (des peuples qui
entrent en possession d'eux-mêmes pour s'unifier, et unifier à l'aide du fil
électrique et de la vapeur, les diverses régions du monde, la clef de cette triple
solution, c'est Israël, c'est Jérusalem ! Je l'ai dit plus haut, toute
la religion juive est fondée sur l’idée nationale. — Et qu'ils en aient ou
non conscience — il n'est pas une pulsation, pas une aspiration des fils
d'Israël qui ne soit vers la patrie. Je le répète, il faudrait fermier depuis
le premier jusqu'au dernier de nos livres, s'il fallait chasser Jérusalem de
nos pensées ! [ce que saint Irénée de
Lyon, déjà au IIe siècle, avait déjà bien vu en consultant et
en analysant magistralement les Saintes Écritures – cf. « Contre les hérésies, livre V, 3e
partie, 25, 2 (la fin des temps et l’Antéchrist)].
« Et ces aspirations, ces pensées ne sont pas seulement une
chose intime, personnelle à notre race, mais c'est un besoin universel ; c'est
la réalisation des paroles des prophètes ; que dis-je ? des paroles de Dieu...
« Encore un mot, cher Monsieur. Nous approchons du jour
anniversaire de la sortie d'Egypte des Israélites nos pères. C'est la soirée du
20 avril que, par toute la terre, un peuple disséminé depuis bientôt
deux mille ans, le même jour, à la même heure soudain, se lève comme un seul
homme. Il saisit la coupe de bénédiction placée devant lui, et d'une voix
fortement accentuée, il redit par trois fois le magnifique toast que voici : l’ANNÉE PROCHAINE DANS JÉRUSALEM. Direz-vous encore que
le rétablissement de la nation juive
n'est ni réalisable ni acceptable. — Lévy BURG. »
Il faudrait reproduire cette lettre en
entier. Citons-en encore du moins, ce passage qui montre que dans la pensée des
juifs, le retour à Jérusalem emporte leur domination sur tout le genre humain
par une Convention ou un tribunal chargé de gouverner tous les hommes. «
N'est-il pas naturel, NÉCESSAIRE de voir un tribunal suprême, saisi des grands démêlés publics, des plaintes entre nations et nations,
jugeant en dernier ressort, et dont la parole fasse loi ? Et cette parole,
c'est la parole de Dieu, prononcée par ses fils aînés (les Hébreux) et devant laquelle
s'inclinent avec respect, tous les princes, c'est-à-dire l'universalité des
hommes » (8).
Peuple, il vous faut un juge suprême,
infaillible. Reconnaissez en moi non seulement le peuple-roi, mais le
peuple-pape.
Comme complément de cette lettre, peut
être reproduit un extrait d'un rapport que fit le docteur Becchanan,
en 1810, à l'Eglise anglicane. « Pendant mon séjour en Orient, j'ai partout trouvé des juifs animés de
l'espoir de retourner à Jérusalem et de voir leur
Messie... Ils croient que l'époque de leur
délivrance n'est pas très éloignée et regardent les révolutions qui agitent
l'univers comme des présages de liberté. Un signe certain de notre prochain
affranchissement, disent-ils, c'est qu'en presque tous pays, les persécuteurs
suscités contre nous se ralentissent. Israël croit donc proche, très proche, le
moment où les prophéties messianiques vont se réaliser dans le sens qu'il leur
a toujours donné. »
Devons-nous redouter de voir leur rêve se
réaliser ?
La tradition chrétienne nous parle de
l'Antéchrist et lui donne les mêmes caractères que les juifs donnent à leur
Messie.
Or, comme l'observe M. des Mousseaux, « sous nos yeux, d'un bout
à l’autre de la terre, le
monde politique, le monde économique et commercial, conduit ou entraîné par les
sociétés du monde occulte dont les juifs sont les princes, se sont mis à
brasser à la fois de toutes parts et avec une inlassable ardeur, la grande unité
cosmopolite. Ainsi, se nomme, dans le langage du jour, le système d'où
sortirait l'abolition de toutes frontières, de toutes patries, ou, si l'on
veut, le remplacement de la patrie particulière de chaque peuple par une grande
et universelle patrie qui serait celle de tous les hommes » (9).
La république universelle et la religion humanitaire appellent une langue
commune. Plusieurs essais sont faits en ce moment pour la créer et la faire
adopter : l’Ido, le Volapuck,
l'Espéranto. Beaucoup estiment que ce sont là des tentatives judéo-maçonniques,
rentrant dans les moyens employés par la secte pour préparer le nivellement des
esprits et des nations. Entre d'autres signes qui le donnent à penser, l'étoile
maçonnique n'est-elle pas l'insigne préféré des Espérantistes ? Le créateur de
l'Espéranto, le Dr Zamenonhof, est un juif. Il y a
toujours à se défier de ce qui vient d'eux (10).
Or, cette unité réclame une tête. Et donc les juifs ne se
contenteraient point d'espérer, d'appeler de leurs vœux leur Messie dominateur
du monde, ils lui prépareraient les voies par tout ce travail séculaire auquel
ce livre à fait assister ses lecteurs.
C'est ainsi que nous avons pu les appeler les maîtres de
l’œuvre.
Ce serait le grand œuvre du Pouvoir occulte qui est à la tête de
toutes les sociétés secrètes qui couvrent le monde (11), qui les inspire et qui
dirige l'action de toutes vers le but que lui connaît bien, mais qu'il cache
autant que possible aux chrétiens dont il a fait ses serviteurs et ses
instruments.
Par eux, ou du moins avec leur concours, il travaille, dès maintenant,
à une entière expropriation afin que, n'étant plus attachés à rien, les peuples
les laissent s'emparer de tout : nous avons vu les Français désappropriés de
leurs traditions, écouter ceux qui s'efforcent de les désapproprier de leur
nationalité, et même de leur religion. Ils sont en train de se dépouiller même
de leurs richesses.
M. Emile Cahen, auditeur au Conseil
d'Etat, vient d'être chargé par le ministre du travail de rechercher les causes
des crises économiques. Juif lui-même, il ne fera pas figurer parmi ces causes
les grandes razzias juives. Nous avons été amenés, — par qui, et comment ? — à
confier à l'étranger trente six milliards de notre avoir. C'est M. Arthur Meyer
qui donna ce chiffre. La liquidation de la fortune de
Le Dr Ratzinger a fort bien dit : « L'expropriation de la société
par le capital mobile s'effectue avec autant de régularité que si c'était une
loi de la nature. Si on ne fait rien pour l'arrêter, dans l'espace de cinquante
ans, ou, tout au plus d'un siècle, toute la société européenne sera livrée,
pieds et poings liés, à quelques centaines de banquiers juifs. » Toute la
société européenne, c'est trop peu dire, l'Amérique et l'Asie, seront également
à la merci des banquiers juifs. Le Krack américain a
bien montré que leur pouvoir est aussi grand dans le nouveau monde que dans
l'ancien, et personne n'ignore que le Japon et
M. Gougenot des Mousseaux montre dans son
livre « l'immensité », l'énormité de la puissance que le juif doit à son or, à
son art inimitable de le faire sien, à l'instinct, au talent, au génie dont il
est doué d'élever au-dessus de toute hauteur son nid et de l'équilibrer de
telle sorte que l'ébranler ce soit ébranler le monde.
Jamais autant que de nos jours, la finance ne fut le nerf de la
guerre et de la paix ? l'âme de la politique et de l'industrie, du commerce et du bonheur des familles,
et jamais cette puissance n'eut, autant que de nos jours, pour domicile ou pour
citadelle, le coffre-fort du juif, ne s'y concentra d'une manière aussi
prodigieuse et aussi formidable.
Et par l'or, le juif nous possède, parce que l'orgueil, le luxe, la
luxure, la soif de toute puissance, et de toute jouissance se sont emparés de
nos âmes. Il ne lâchera, prise que devant la résurrection de l'éducation
chrétienne, qui inspire à l'homme humilité, modération, honnêteté,
sobriété, dévouement, égards et respect pour le faible et le pauvre.
Le P. Ratisbonne (12), de race juive, constate que « les juifs
dirigent la bourse, la presse, le théâtre, la littérature, les administrations,
les grandes voies de communication sur terre et sur mer ; et par l'ascendant de
leur fortune et de leur génie, ils tiennent enserrée à l'heure qu'il est, comme
dans un réseau, toute la société chrétienne. »
Dans ces conditions, qu'adviendrait-il, demande M. Gougenot des Mousseaux « si quelque agitateur, si quelque
conquérant, levant l'étendard du Messie et le front couronna de l'auréole qu'y
jetterait le jour glorieux de ta victoire, se donnait pour le désiré d'Israël ?
La très grande majorité, le véritable noyau de la race judaïque l'acclamerait. Quant à la minorité
moins croyante, l'événement reconstruirait sa foi défaillante sur le modèle de
la foi de ses pères.
« Et non seulement cela, mais, continue M. Gougenot
des Mousseaux, si par la toute puissance des révolutions modernes, un homme se
trouvait maître tout à coup des volontés et des forces d'un peuple,
pourrions-nous nier, indépendamment du langage prophétique des Ecritures et de
l'Eglise, que dans les circonstances préparées de longue date par les
révolutionnaires du monde entier, un seul homme, un de ces coryphées de
révolution qui fascinent et entraînent les multitudes, puisse, en un instant,
se trouver sur les lèvres, dans les vœux et à la tête des peuples ardents à
tourner les merveilleuses aptitudes de sa personne vers le but final de leurs
aspirations » de ces aspirations â la jouissance sans bornes qu'enflamme
la civilisation moderne ? (13).
M. des Mousseaux, ajoute : « Lorsque, dans le domaine de la pensée,
chaque agent destructeur a rempli sa tâche, avec quelle vélocité de foudre —
dans le siècle de la vapeur et de l'électricité, c'est-à-dire dans un siècle de
miraculeux raccourcissements de temps et d'espace — viendront fondre sur nous
les événements les plus gros de surprises ! événements qui ne cesseront de
paraître aussi lointains, aussi impossibles à ceux qui ne savent ni voir ni
croire, que le semblait aux contemporains de Noé, le déluge universel, la
veille même du jour où ce cataclysme, si longtemps prophétisé, bouleversa la
terre. »
1. Histoire,
v. 5.
2. Rapprocher
ces paroles des chapitres ci-dessus : Le temple. Nef politique. Nef
religieuse.
3. Le Juif selon le Talmud, par Rohling. Edition française par Pontigny. Editeur Savine.
4. Goï, Goïm, ne signifie pas « le chrétien », « les chrétiens », mais le
« non juif », les « non juifs ». Goïm sont les Turcs, les Chinois, les Nègres,
etc.
De même le mot
« juif » n'est plus un nom de religion, de culte, mais un nom de peuple. Les
juifs de nos jours sont en grand nombre libres-penseurs, cabalistes,
occultistes, spirites, etc.
5. On peut, pour s'en faire une idée plus
complète, recourir à l’ouvrage de
M. Gougenot des Mousseaux, le chapitre IV et le chapitre V avec ses cinq divisions. Ou peut lire
aussi l'ouvrage du rabbin converti, M. Drach. Particulièrement 2e lettre, page 99.
6. Le Prince Louis de Broglie a conclu une étude
sur La question juive au point de vue politique, par cette constatation : « ... 3° Entrés dans les sociétés, grâce aux
principes modernes, les Juifs sont
devenus les adeptes et les propagateurs les plus ardents de ces principes, les
membres les plus actifs de la franc-maçonnerie, les fils les plus dévoués de la
libre-pensée. »
Si les chefs du Sillon,
et même de l'Association catholique de la jeunesse savaient ces choses,
pousseraient-ils nos jeunes chrétiens avec tant d'ardeur dans les voies de la
démocratie ? Un rabbin allemand s'est permis à leur égard cette ironie : « Ces
chrétiens bornés et à courte vue se donnent de la peine pour nous arracher
par-ci par-là une âme. Et ils ne voient pas que nous aussi nous sommes
missionnaires et que notre prédication est plus habile et plus fructueuse que
la leur... L'avenir est à nous. Nous convertissons en masse et d'une façon
inaperçue. »
M. Bachem a fait récemment au Landtag prussien
cette déclaration : « Le judaïsme allemand — la chose est encore plus vraie en
France — travaille avec une puissance tellement gigantesque et avec une
persévérance tellement constante à la civilisation et à la science modernes que
le plus grand nombre des chrétiens sont menés d'une façon consciente ou
inconsciente par l'esprit du judaïsme moderne. »
7. Dans l'école où j'étais, à Strasbourg, nous
raconte M. Drach, les enfants prirent la résolution de faire, à la première
apparition du Messie, main basse sur toutes les boutiques de confiseries de la
ville... « J'ai dressé longtemps, à part moi, l'état des lieux d'une belle
boutique au coin de
8. Archives Israélites, 1864, pp. 335 à 350.
9. De plus, nous l'avons vu, le remplacement de
toutes les religions par la religion humanitaire qui serait, elle aussi, la
religion de tous les hommes.
10. La langue universelle existait pour la
chrétienté, elle existe encore au service de la civilisation catholique : le
latin. Reclus, quoique nullement chrétien, dans son livre Le partage du
monde, dit d'elle (pp. 291 et suiv.) : « Sa
gloire éternelle c'est d'avoir modelé les hommes après les avoir commandés du
verbe le plus sonore, le plus concis, le plus fin, le plus impérial qui fût
jamais ; c'est, en traînant à sa suite la science, la philosophie, l'art des
Grecs, d'avoir instruit l'Occident et par l'Occident le monde ; c'est d'avoir
donné aux idiomes qui s'assujettissent l'orbe des terres, les mots de toutes
les connaissances gui élèvent l'homme au-dessus de l'animalité : arts, sciences
morales, sciences sociales, sciences politiques, sciences économiques, le
droit, l'histoire, la géographie, les mathématiques ; c'est d'avoir été et
d'être resté la langue du catholicisme universel. Bref, le plus précieux trésor
de l'humanité civilisée, c'est le latin, et le plus souvent, ne l'oublions pas,
du latin qui a passé par l'idée française.
11. Il ne faut point croire que les relations des
Juifs avec la franc-maçonnerie soient renfermées dans les limites de l'Europe
et de l'Amérique. (Voir ci-dessus). Les sociétés secrètes se rencontrent sur
tous les points du monde et paraissent bien obéir partout à une seule et même
direction.
Les relations de la franc-maçonnerie européenne avec
Deux sociétés secrètes terrorisent
Ces
maçonneries indigènes sont absolument ennemies de
Un Chinois,
qui séjourna en France, Ting-Toung-ling, publia, en 1864, un livre sur la franc-maçonnerie
chinoise. Il se fit affilier en France à
M. de Rosny se
mit également en rapports avec un autre franc-maçon chinois d'un grade plus
élevé, Sun-young. Sa conclusion est qu'en Asie comme
en Europe la franc-maçonnerie est à la fois philosophique et révolutionnaire.
Le vice-roi du
Yun-nan avoua à M. François, consul de France, que
les sociétés secrètes sont à ce point puissantes en Chine que lui-même était
obligé de leur servir d'instrument. Il ajouta qu'elles sont internationalisées
pour les étrangers qui sont en Chine.
On voit
comment, au moment propice, le monde entier pourra être soulevé et bouleversé
pour la satisfaction des ambitions d'Israël.
12. Question juive, page 9.
13. Il
faut lire en entier ce chapitre XII du livré : « Le Juif, le Judaïsme et
TOME III
CHAPITRE LVII
III. — TENTATION
FONDAMENTALE ET GÉNÉRALE
I. — DE
Pages
802-809
On vient de le voir, Satan essaya d'abord d'étouffer l'Église dans le
sang. Il n'y put réussir. Quand les païens eurent mis fin à la persécution
sanglante, on vit l'enfer faire ses plus grands efforts pour obtenir que se
détruise par elle-même cette Église que l'attaque des ennemis du dehors avait
affermie. Il suscita les hérésies. Par elles, il détachait du corps mystique du
Christ des membres plus ou moins nombreux, et même des populations. Mais il
arrivait que ce que l'Eglise perdait d'un côté, elle le regagnait de l'autre,
et que, même les brebis égarées après plus ou moins de détresse, revenaient au
bercail.
Il conçut alors un autre dessein plus digne de son infernal génie.
Tout en continuant à susciter des sectes, les diverses confessions protestantes
suivies du jansénisme, il se dit que son triomphe serait assuré et pour
toujours, s'il parvenait à former dans le sein même de l'Eglise une société
d'hommes qui resteraient mêlés aux catholiques, comme le levain est mêlé à la pâte, pour y produire une fermentation
secrète qui mettrait à se développer, s'il le fallait, une suite de siècles,
mais qui aboutirait infailliblement à chasser du corps de l'Eglise l'esprit
surnaturel pour y substituer l'esprit naturaliste. Il remporterait ainsi sur la
terre le même triomphe, mais plus complet, que celui qu'il avait obtenu au ciel
par la séduction du tiers de la milice céleste. Il, espérait arriver
par cet empoisonnement lent, insensible, ignoré, à une dissolution complète du
royaume de Dieu sur la terre.
Les deux premières parties de cet ouvrage ont décrit ce travail obscur de
Nous l'avons vu naître dans les catacombes de Rome au XIVe
siècle. Je ne contredis point ceux qui ont vu des sociétés secrètes au sein de
l'Église avant cette époque. Elles existaient, elles donnèrent leur aide aux
diverses hérésies. Mais ce n'est qu'au XIVe siècle que se forma la
société qui eut pour but de substituer la religion naturelle à la religion
chrétienne, non dans un pays ou dans un autre, mais dans toute la chrétienté,
et qui a poursuivi ce but imperturbablement jusqu'à ce jour, après avoir cru
arriver au terme de ses efforts par
Depuis les Humanistes jusqu'aux Encyclopédistes, et depuis les
Encyclopédistes jusqu'aux modernistes, c'est toujours et partout le cri du
naturalisme qui se fait entendre, ce sont les institutions inspirées par l'idée
naturaliste qui veulent se substituer aux institutions chrétiennes, si bien que
le cardinal Pie a pu constater ce fait : « La, question vivante qui agite le monde est de savoir si le Verbe fait
chair, Jésus-Christ, restera sur nos autels ou s'il y sera supplanté par la
déesse raison. »
La secte ténébreuse qui s'est dénommée Franc-Maçonnerie
n'a cessé, depuis le XIVe siècle, de se développer dans tous les
pays chrétiens, puis chez tous les peuples de l'univers. Partout elle se mêle à
toutes les manifestations de l'activité humaine pour les tourner au but que
Satan lui a marqué, le triomphe de la raison sur la foi, de la nature sur la
grâce, de l'homme sur Dieu. C'est ce qu'il avait proposé aux anges : Secouez le
joug du Dieu Rédempteur et sanctificateur. Soyez vous-mêmes à vous-mêmes et
vous serez comme des dieux.
« L'époque où s'accomplit la transformation de l'antiquité païenne par le
christianisme mise à part, dit l'historien Pastor, il
n'en est pas de plus mémorable que la période de transition qui relie le moyen
âge aux temps modernes et à laquelle on a donné le nom de Renaissance... On
arbora franchement l'étendard du paganisme. On prétendit détruire radicalement
l'état de choses existant (la civilisation chrétienne) considérée par eux (les
humanistes) comme une dégénérescence ».
« À l'homme déchu et racheté, dit M. Bériot,
«
Cette révolution eut son aboutissement dans les dernières années du XVIIIe
siècle. C'est bien l'établissement et le règne du naturalisme sur les ruines du
christianisme que poursuivirent les Philosophes puis les Jacobins. Barruel, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du
Jacobinisme, en fait l'observation : « Les ouvrages des Encyclopédistes
sont remplis de traits qui annoncent la résolution de faire succéder une
religion purement naturelle à la religion révélée ». Aussi leur ambition ne se
bornait point à transformer
Ils instituèrent donc le culte de
Un discours n'est point suffisant pour instaurer une religion,
aussi la fête de l'Être suprême ne fut qu'un point de départ. Peu de temps
après la fête du 10 août 1793, où des honneurs divins furent rendus à une
statue de
Un rituel déterminait le costume que devait revêtir l'officiant de
ce culte. « Une tunique bleu-céleste, prenant depuis le col jusqu'aux pieds,
une ceinture rose et par-dessus une robe blanche ouverte sur le devant ». À
l'ouverture de la cérémonie « des enfants déposent sur l'autel une corbeille de
fleurs et de fruits; on brûle de l'encens; puis le lecteur commence l'office
par une oraison à laquelle les assistants s'associent se tenant debout : « Père
de la nature, je bénis tes bienfaits,
je te remercie de tes dons... Daigne agréer avec nos chants (5) l'offrande de
nos cœurs et l'hommage des présents de la terre que nous venons de déposer sur
ton autel en signe de notre reconnaissance de tes bienfaits. »
Inutile d'exposer ici tout ce rituel. II règle l'office des décades et
des règles à observer aux fêtes : du printemps, 10 germinal; de l'été, 10
messidor; de l'automne, 10 vendémiaire; de l'hiver, 10 nivôse; de la fondation
de
Le Rituel de ces fêtes débute par cette
introduction : « La théophilanthropie est le culte de la religion naturelle...
L'auteur de la nature a uni tous les hommes par le lien d'une seule religion et
d'une seule morale, liens précieux qu'il faut bien se garder de rompre, en
introduisant des doctrines et des pratiques qui ne conviendraient pas à toute
la famille du genre humain. » Le Manuel qui expose les dogmes des
théophilanthropes exprime ce vœu : « Puisse ce code faire le bonheur du monde
entier ! » Leurs dogmes se déduisent à deux : l'existence de Dieu et
l'immortalité de l'âme. Mais ce qu'est Dieu, ce qu'est l'âme, comment Dieu
récompense les bons, punit les méchants, les Théophilanthropes ne le savent pas
et ne portent pas jusque-là leurs recherches indiscrètes : ils sont convaincus
qu'il y a trop de distance entre Dieu et la créature, pour que celle-ci puisse
prétendre à le connaître.
Si leurs dogmes sont simples, leur morale ne l’est pas moins. Elle se
borne à cette règle, à cette unique règle : « Le bien est tout ce qui tend à
conserver l'homme ou à se perfectionner. Le mal est tout ce qui tend à le
détruire. »
Ce n'est point sans motif que nous avons donné quelque étendue à l'exposé
de ce qu'était, de ce que voulait être la théophilanthropie s'établissant sur
la ruine de la religion révélée que
Dans son livre intitulé : Théorèmes de politique chrétienne, Mgr Scotti a un chapitre où il établit que le culte des
théophilanthropes, qui n'est, dit-il, que le déisme ou le naturalisme, est le
GRAND ARCANE DES SOCIÉTÉS SECRÈTES.
C'est bien cela. La mystérieuse opération
que les alchimistes maçons veulent faire subir au genre humain, c'est de
transformer l'or de la grâce, l'or de la gloire offert et donné à l’humanité
par l'Amour infini, en ce que l'on peut bien appeler le plomb vil du
naturalisme. C'est ce qu'ils ont poursuivi de
1) Voir ci-dessus, page 51.
2) Voir ci-dessus le chapitre V,
3) Nous avons
sous les yeux les brochures qu'ils s'empressèrent de publier pour faire
connaître et répandre la religion nouvelle : De l'origine du culte des
théophilanthropes, ce qu'il est, ce qu'il doit être. Discours
prononcé le jour de l’inauguration du Temple de
MANUEL DES
THÉOPHILANTHROPES OU ADORATEURS DE DIEU ET AMIS DES HOMMES contenant V exposition
de leurs dogmes, de leur morale et de leurs pratiques religieuses, avec une
indication sur l’organisation et la célébration du culte. An VI.
INSTRUCTION
ÉLÉMENTAIRE SUR
RITUEL DES THÉOPHILANTHROPES. Contenant
l’ordre de leurs différents exercices, et le recueil des Cantiques, Hymnes et
Odes, adoptés par les différents
Temples, tant de Paris que des départements. An VI.
RECUEIL DE CANTIQUES,
HYMNES ET ODES pour les fêtes religieuses et morales des Théophilanthropes,
précédé des invocations et formules qu'ils récitent dans leurs fêtes.
ANNÉE RELIGIEUSE DES
THÉOPHILANTHROPES. Becueil des discours et extraits
sur la religion et la morale universelles pour être lus pendant le cours de
l’année, soit dans les temples publics soit dans les familles. Nous n'avons
point cette ANNÉE RELIGIEUSE, qui comprenait six volumes.
4) Dans
L'INSTRUCTION ÉLÉMENTAIRE SUR
D.
La morale donne-telle une règle pour distinguer ce qui est bon et ce qui est
mal ?
R.
Oui.
D. Quelle est
cette règle ?
R. C'est la
maxime suivante : « Le bon est tout ce qui tend à conserver l'homme ou à le
perfectionner. Le mal est tout ce qui tend à le détruire ou à le détériorer. »
C'est bien la morale des humanistes; et c'est bien
aussi celle des Manuels scolaires d'aujourd'hui.
5) Un instituteur et une institutrice étaient
attachés à chaque temple pour apprendre les chants aux élèves.
CHAPITRE LVIII
TENTATION FONDAMENTALE
ET GÉNÉRALE
(suite)
II. — DE
Pages
810-821
Ni Satan ni sa race ne renoncèrent à leur dessein après l'échec que leur
fit subir le Concordat. Dès que
Dans la première phase, c'est-à-dire de
Le moment venu, la secousse fut donnée avec une impétuosité, avec une
fureur à laquelle rien ne résista.
Cette rapidité et cette violence mêmes furent cause de la réaction qui
s'imposa.
Eclairée par cette expérience la secte se dit que pour réussir dans sa
seconde entreprise elle devait marcher lentement pour arriver sûrement, non
seulement dans le travail des intellectuels sur l'esprit public, mais aussi
dans le travail préalable que d'autres de ses agents doivent poursuivre dans
l'ordre des faits, la destruction de rétablissement temporel de l'Eglise. « Le
travail que nous allons entreprendre, est-il dit, dans les Instructions
secrètes qui furent rédigées lors de la réorganisation de
La première chose qui fut faite au moment
même où le culte catholique était rétabli, fut de le déconsidérer aux yeux des
populations, de le faire déchoir du rang que lui donna son institution divine.
À cela fut employée l'égalité civile des cultes. On a vu la ténacité de
Napoléon à l'établir dans le Concordat et à lui donner dans les articles
organiques plus d'assiette avec les moyens de s'imposer. L'on a entendu le cri
de Pie VI : « Sous cette égale protection des cultes se cache et se déguise la
persécution la plus dangereuse et la plus astucieuse qu'il soit possible d'imaginer
contre l'Église de Jésus-Christ, afin que les forces de l'enfer puissent
prévaloir contre elle ».
Du concordat et de la législation française, la machine désorganisatrice
fut transportée dans la convention européenne qui fut appelée «
L'égalité n'était encore accordée jusque-là qu'aux cultes chrétiens, la
secte profita de la révolution de 1830 pour y introduire les Juifs et du second
empire pour y faire entrer les Musulmans.
Dès le lendemain du concordat, également, au lieu de permettre à l'Eglise
de France de reconstituer sort patrimoine, comme cela avait été stipulé, on
prit des mesures qui se multiplièrent avec le temps et dont on ne vit bien
l'effet que lorsque fut accomplie la spoliation qui suivit la séparation de
l'Eglise et de l'Etat» Les acquisitions de terres ne furent point autorisées,,
les fondations durent être faites en rentes sur l'Etat, Les églises, les
presbytères, les évêchés furent peu à peu déclarés propriétés des communes, des
départements, de l'Etat, On voulait que le moment venu on pût enlever à
l'Eglise de France toutes ses propriétés, et par là ne plus lui laisser aucun
contact avec la terre, elle qui n'est cependant point une société de purs esprits.
En même temps on chassait le clergé catholique de toutes les administrations
scolaires, hospitalières, etc., où il pouvait être en rapports avec la société
et exercer quelque influence.
Mais la secte avait des visées plus hautes. L'Église de France n'est
qu'une Église particulière. Elle s'appliquait bien à obtenir que l'exemple de
(a' France fût suivi par les autres nations. Mais ce qui importait le plus à la réalisation de ses
desseins, c'était de volatiliser aussi l'établissement temporel de l'Église,
chef de toutes les Églises, caput omnium Ecclesiarum, comme elle faisait porter sur les airs les
Églises particulières. Ce fut la première, des missions données à
Quand tous ces points d'appuis terrestres que les siècles, la sagesse des
hommes et
On sait avec quelle perfidie la secte avait combiné cette opération. En
même temps qu'elle coupait le dernier câble qui reliait encore l'Église et la
société et rendait désormais impossibles toutes relations entre ces deux
mondes, elle pensait couper en même temps, par l'appas des biens temporels,
l'autre câble, celui qui unit l'Église de France à l'Église mère et maîtresse.
Elle promettait une jouissance précaire de ces biens à qui voudrait méconnaître
la hiérarchie, son autorité et son existence.
Par ces moyens progressifs et si savamment agencés, l'Église de France
devait, dans leur pensée, s'évanouir.
Tout cela n'était que la première partie du programme, le travail
de destruction nécessaire à l'établissement de la religion naturelle.
Il ne suffit point, en effet, que l'Église, l'organe du surnaturel dans
le monde disparaisse, il faut qu'à la religion révélée succède la religion
naturelle. C'est par elle que Satan peut reprendre possession de son empire,
tout en donnant satisfaction au besoin religieux qui agite toute créature
intellectuelle qui n'est point arrivée au; terme de la dégradation.
Satan ne fait point confidence du but qu'il poursuit à tous ceux qu'il
emploie à l'atteindre. Il pousse celui-ci dans une voie et celui-là dans une
autre. Il en laisse aller plusieurs, sous cette impulsion, au delà du terme
qu'il s'est marqué. Mais il sait ce qu'il veut, et on ne peut l'ignorer quand
on considère l'ensemble des mouvements qu'il imprime. Ils convergent vers le
naturalisme, ils tendent à établir une religion humanitaire sur les ruines de
la religion apportée du ciel par le Fils de Dieu.
Les instruments dont il se sert et que nous voyons à l'œuvre depuis un
siècle, en ont, sinon la claire vue, du moins un sentiment instinctif.
Que dit Waldeck-Rousseau lorsqu'il inaugura à Toulouse la phase actuelle
de la persécution ? Il montra en conflit deux sociétés : « La démocratique »
emportée par le large courant de
« Il faut en finir, avait dit, avant lui, Raoult Rigault, voilà
dix-huit cents ans que cela dure. » Il y avait en effet alors dix-huit cents
ans que Satan avait été dépossédé de
son empire et qu'il s'efforçait de le reconquérir.
Parlant avec une plus entière franchise que Waldeck-Rousseau, M. Viviani
a déclaré que le but de la guerre qui nous est faite est d'opposer à la
religion divine la religion de l'Humanité ». Gambetta avait dit avant lui : «
La lutte est entre les agents de la théocratie romaine et les fils de 89 ».
Bourgeois : « II faut poursuivre la victoire de l'esprit de
« L'heure est venue d'opter entre l'ordre
ancien qui s'appuie sur
Lorsque survint dans
Tout cela confirme le mot de Mgr Scotti : « Le
grand arcane dés sociétés secrètes, c'est le naturalisme »; et celui de Léon
XIII : « Le dessein suprême de
C'est donc bien la suggestion du naturalisme qui est la
suggestion-mère, celle d'où dérivent ou celle à laquelle se rapportent toutes
les suggestions que
La secte, par elle-même ou par ceux qu'elle suggestionne de près ou de
loin, a rempli le rôle qui lui était assigné avec une ampleur, une persévérance
et une efficacité qui remplissent de stupeur ceux qui sont à même d'en voir les
résultats. Que nos lecteurs se rappellent ce que nous avons dit des
associations créées sur tous les points du monde pour abattre les barrières
doctrinales au sein du catholicisme comme dans toutes les sectes et préparer
ainsi le terrain religieux à l'établissement de la « religion de l'avenir » du
« judaïsme des nouveaux jours » (4).
Déjà cette religion prend figure en Amérique. « La religion
américaine, dit M. Bargy (5), a deux caractères qui
la définissent; elle est sociale et elle est positive : sociale,
c'est-à-dire plus soucieuse de la société que des individus;
positive,.c'est-à-dire plus curieuse de ce qui est humain que de ce qui est
surnaturel ». Et M. Strong, en tête de son rapport
officiel pour l'Exposition de 1900 : « Aujourd'hui la religion se mêle moins du
futur que du présent. La religion, servante du progrès terrestre, confond son
but avec celui des sciences morales et sociales », c'est-à-dire s'humanise, se
naturalise.
Dans le livre que nous venons de citer, M. Bargy
a un chapitre intitulé : Une paroisse américaine, qui peut' se présenter
comme le type, perfectible, des futurs groupes religieux fondés sur le
naturalisme.
La paroisse est divisée en clubs : club des hommes, club des garçons,
club des filles. Pour les femmes mariées, on reconnaît ne pouvoir les organiser
en clubs parce que le ménage les retient chez elles. Il y a néanmoins quelques
institutions pour elles.
Au club des hommes : il y a trois séances de gymnase par semaine; chaque
mardi, une séance de discussion sur les questions sociales ; et chaque jeudi,
danse.
Au club des garçons : chaque lundi, classes d'arithmétique, d'orthographe,
de tenue des livres et de calligraphie; trois fois par semaine, classe de
gymnase et jouissance des bains; le mardi, danse; le mercredi, exercices
militaires et autres.
Au club des filles : tous les jours, classes de couture, de modes, de
cuisine; trois fois; par semaine, classe de culture physique; deux
fois par semaine, classe de tenue des livres; cinq fois classes de sténographie
et d'écriture à la machine.
Les pasteurs favorisent la danse. Des concerts, des pièces jouées
par les membres servent ainsi à créer une atmosphère sociale... C'est dans les
clubs qu'est la vie interne et intime de la paroisse. Mais son action s'étend
au dehors des clubs par la clinique, par l'atelier de secours, et surtout par
deux œuvres de mutualité : le bureau de placement et l'association du prêt.
Les Églises ainsi organisées au point de vue de l'action sociale sont
appelées « Églises institutionnelles ». L'Eglise institutionnelle a créé un
nouveau type de pasteur : le pasteur homme d'affaires. « Le directeur d'une usine,
dit l’Evening Post, n'a pas besoin de plus de
talent pour l'action que le chef d'une Église moderne avec la multiplicité de
ses œuvres. Il n'y a pas de place pour la théologie chez un homme qui préside
six comités dans une après-midi. L'Église institutionnelle ne formera pas de
Thomas d'Aquin ».
Une si grande dépense d'activité et d'argent a-t-elle du moins un
but spirituel ? M. Bargy s'est posé cette question.
Il répond : « Les Églises d'Europe ont le dogme tant à cœur que tout ce
qu'elles font d'humain semble à leurs adversaires un chemin secret qui mène au
dogme; mais il ne vient guère à l'esprit d'un Américain de soupçonner dans une
bonne œuvre une arrière-pensée dogmatique. Les œuvres sociales deviennent
l'existence même de ces Églises. Pour les jeunes ministres de la nouvelle
école, ce sont les œuvres qui font le charme de leur métier. Dans la pensée du
clergé, son œuvre humanitaire n'est pas subordonnée à son œuvre ecclésiastique;
quand l'équipe de football, est représentée au service (religieux) du soir, il
s'en félicite, mais quand la quête du soir fournit de l'argent pour le football
il ne s'en félicite pas moins. De même, les membres des œuvres les aiment pour
elles-mêmes; c'est la seule forme de religion que beaucoup aiment; les
Américains ont une tendance à ne pas
comprendre d'autre culte que l'action; les œuvres ne sont pas pour eux une aide
à la religion, elles sont la religion même ».
Il y a à New-York une « Conférence religieuse de l'Etat de New-York »;
elle excite les autres États à se donner des confédérations semblables. Elle a
chaque année une réunion générale. La session de
M. Stanley-Root, chargé d'une enquête sur
l'Eglise moderne par le journal de New-York, le plus soucieux des questions
religieuses, a observé de près ces ministres du nouveau type, et il conclut
ainsi : « MUTUALITÉ EST LE PREMIER ET LE DERNIER MOT DU CHRISTIANISME… »
Cette mentalité des Américains explique comment ils mettent dans leur
ardeur au travail, à la conquête de la fortune, une sorte de sentiment qu'ils
appellent religieux.
« On croit, dit M. Bargy, que les
Américains ont le goût du bien-être. Ce n'est pas tout à fait cela, ils en ont
la religion. Leur culte de la civilisation matérielle a tous les caractères de
l'illusion religieuse. Ils s'immolent vraiment à Moloch comme les martyrs
volontaires de Carthage » (6).
Telle est l'ébauche actuellement existante de la religion naturelle. Ce
culte naturaliste trouvera certainement meilleur accueil que celui inventé par
les Robespierriens et les théophilanthropes.
C'est chez les protestants, dira-t-on, qu'il est né : il ne sortira point
de chez eux. Que l'on se détrompe. Plus d'une paroisse catholique l'a adopté
plus ou moins complètement en Amérique. Et chez nous, la démocratie chrétienne
ne pousse-t-elle pas le clergé en ce sens ?
L'ex-abbé Hébert s'est permis de dire : « De nos jours, la foi active et
vivante, n'est-elle pas plutôt dans une Maison du Peuple que dans une
Cathédrale, dans un Laboratoire, dans une épicerie coopérative, que dans nombre
de couvents ? (7) ». C'est une exagération qui va jusqu'au mensonge. Mais ne
pourrait-il pas citer des tendances et des faits qui couvriraient ce mensonge
d'une certaine apparence de vérité ?
A côté de ce culte humanitaire prendront
place les cultes proprement lucifériens que nous avons vu ainsi se former,
comme dans l'Église catholique se trouvent les Ordres et les Congrégations
religieuses plus directement et plus pleinement voués au culte de Dieu.
1) Bulletin de
2) L'orateur du
convent de 1902.
3) L’Action à l'occasion de l'affaire Ferrer.
4) Nous avons abrégé
dans le présent ouvrage ce que nous avons rapporté sur ce sujet dans le Problème
de l’heure présente. Et combien, de faits nouveaux sont venus en
confirmation, depuis la publication de ce livre !
5) La religion dans la société aux États-Unis.
6) Voir pour plus de
détails le Problème de l’heure
présente, chapitre XLVIII.
7) Revue Blanche du
15 mars 1903.
CHAPITRE LIX
III. — TENTATION
FONDAMENTALE ET GÉNÉRALE
(suite)
III. — À L’HEURE ACTUELLE (1910)
Pages 822-833
M. A. d'Estienne, traitant du problème religieux dans
Que les choses en soient là pour tous, il suffit de jeter un regard
autour de soi pour se convaincre du contraire. Mais que ce soit l'aboutissement
très nettement marqué de la tentation que Lucifer fait subir à la chrétienté
depuis le XIVe siècle, que beaucoup soient arrivés à ce terme, et que
la masse y soit entraîné, rien de plus certain.
La tentation qui travaille, qui agite le monde depuis cinq siècles
n'a jamais été plus nettement exposée que dans ces mots : Le monde de la
théocratie, monde millénaire, doit s'écrouler. Il est désormais étranger à
notre mentalité actuelle, hostile à toute idée religieuse qui serait fondée sur
le surnaturel. Cet écroulement cause ou causera un vide dans l'âme humaine
naturellement religieuse. Ce vide demande à être comblé. Comment ? En rendant
acceptable la conception religieuse. Comment la conception religieuse peut-elle
être rendue acceptable à la mentalité moderne ? En la recréant, en la
réinterprétant selon les exigences die la science moderne. Nous avons créé la
science qu'il nous fallait; nous allons créer la religion qu'il nous faut.
Quelles sont les exigences de cette création ? La religion nouvelle ne peut
plus être une religion extérieure, c'es-t-à-dire une Eglise, et surtout une
Eglise fondée sur une révélation plus ou moins directe et personnelle de Dieu. Notre mentalité exige une expression
complètement dégagée de tout apanage surnaturel. Comme la philosophie s'est
humanisée, la religion doit s'humaniser elle aussi. Elle doit être faite non
plus de confiance en un être infini, mais de confiance dans la nature humaine
capable d'évoluer et de progresser à l'infini à partir de cet être nouveau que
la science nous fait, de cet être dégagé du surnaturel, fixé dans le
naturalisme : l'homme source de sa propre conscience, créateur éternel de
soi-même; et par là devenu l'Homme-Dieu.
C'est en quelques mots tout le fond du modernisme dont N. S. P. le Pape
Pie X a dit dans l'Encyclique Pascendi
dominici gregis : « Qui pourra s'étonner que Nous
le définissions le rendez-vous de toutes les hérésies. Si quelqu'un s'était
donné la tâche de recueillir toutes les erreurs qui furent jamais contre la foi
et d'en concentrer la substance et comme le suc en une seule, véritablement il
n'eut pas mieux réussi. Ce n'est pas encore assez dire : Les modernistes ne
ruinent pas seulement la religion catholique, mais toute religion », pour
aboutir à « l'identité de l'homme et de Dieu, c'est-à-dire au panthéisme ».
Ce qui rend cette tentation si radicale, infiniment dangereuse,
comme l'observe S. S, Pie X, « c'est que les artisans du modernisme, il n'y a
pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent, et
c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vive, dans le sein même et au
cœur de l'Eglise, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins
ouvertement. Nous parlons d'un grand nombre de catholiques laïques et, ce qui
est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l'Eglise,
absolument courts de philosophie et de théologie
sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé
chez les adversaires de la foi catholique, donnent, audacieusement, en
phalanges serrées, l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'œuvre de
Jésus-Christ... Ce n'est pas du dehors, c'est du dedans qu'ils trament sa ruine...
Amalgamant en eux le rationaliste et le catholique, ils le font avec un tel
raffinement d'habileté qu'ils abusent facilement les esprits mal avertis ».
Le P. Weiss, dans son livre Le Péril religieux, montre l'extension
et l'empire que le modernisme a pris dans le monde des « intellectuels ». Il
termine l'avant-dernier chapitre de son ouvrage par ces paroles qui sont la
conclusion de toutes les citations qu'il a prises dans une multitude d'auteurs
et de tous les faits qu'il a rapportés : « L'homme moderne considère
«l'humanité » comme son propre Dieu, et se conduit comme son propre maître et
seigneur, non seulement à l'égard des autres hommes, mais à l'égard de Dieu. Si
l'on veut indiquer la place que l'homme prend dans la pensée moderne, il n'y a
pas d'autre mot à employer que celui d'homothéisme,
employé par Léo Berg, ou bien encore d'égothéisme,
employé par Kircher. On ne peut imaginer un contraste plus grand avec la
conception chrétienne de l'homme. » Ajoutons que l'on ne peut rien concevoir de
plus parfaitement identique à l'attitude des anges rebelles en face de Dieu au
jour de la grande tentation.
Que l'on ne croie point que cet état d'esprit et de cœur reste
confiné dans le cercle des « intellectuels ». La littérature verse ce poison en
silence, goutte à goutte, dans les veines du public, de tout le public. Pas un
jour ne s'écoule sans que journaux, revues, magazines, etc., n'insinuent ce
venin dans le cœur de millions d'individus, ici dans un article de fond, là dans un feuilleton, ailleurs dans une
correspondance ou une courte note.
« Il n'est pas douteux, écrivait récemment un publiciste, M. Maurice Talmeyr, que, depuis le dix-huitième siècle, il n'y ait
toujours eu, en permanence, une conjuration philosophique et littéraire — soit
de la prudence la plus extrême, soit de la plus extrême audace, — pour arracher
de nos esprits non seulement toute espèce de catholicisme, mais toute croyance
à un surnaturel quelconque. Il est également certain que cette conjuration, à
l'heure actuelle, bat son plein, en mesurant toujours son action aux milieux où
elle doit l'exercer ».
L'action de la littérature sur l'esprit public, quoique s'exerçant tous
les jours sur la multitude, ne fut point jugée assez prompte par les conjurés,
ni assez décisive, et c'est pourquoi l'école neutre fut instituée. Grâce à
elle, a écrit M. Payot dans son Cours de morale (p. 199), « toute idée
surnaturelle aura bientôt disparu ». L'image qu'il emploie pour exprimer sa
pensée est bien faite pour inspirer à l'instituteur et par lui à l'enfant le
plus profond mépris de tout l'objet de la foi chrétienne :
« C'est dans la mer seulement, où le fleuve mêle ses eaux à celles des
autres fleuves, que la boue qu'il charrie tombera au fond. Il en est ainsi des
civilisations, des philosophies et des religions qui ne perdront leurs
croyances troubles et ne se décanteront que dans la religion universelle qui
réunira les consciences supérieures libérées des étroitesses des hypothèses et
des dogmes qui divisent. »
Et ailleurs dans la préface de ce même livre :
« Quant à la croyance au surnaturel elle porte atteinte à
l'éducation du sens de la causalité, déjà lent à s'éveiller; or le sens de la
causalité est la caractéristique des
esprits sains et vigoureux. Si chacun observait les causes réelles de ses
échecs, de ses souffrances, quels progrès dans l'art de vivre ! Aussi la
croyance au surnaturel, qui théoriquement, est une doctrine de néant est-elle
dangereuse en éducation, car elle risque de faire perdre à l'esprit son contact
avec la réalité, c'est-à-dire avec le réseau serré des lois dont la
connaissance assure notre liberté. Elle donne de l'essor et de l'autorité à
l'imagination décevante, maîtresse d'erreur et de fausseté, puissance ennemie
de
« L'école, avait dit M. Spuller lors de
l'institution de l'école neutre et alors qu'il était lui-même ministre de
l'instruction publique (3), l'école, voilà désormais le temple de la foi des
temps nouveaux », des temps où toute pensée surnaturelle sera absente des
esprits, où il n'y aura plus d'autre foi que celle accordée aux dires des
savants, de ces savants qui font de la nature le seul Dieu connaissable.
Inutile d'insister. La question de la neutralité scolaire, de son
but et de ses suites, a été trop abondamment traitée, lors de la discussion des
dernières lois scolaires pour qu'elle ne soit point présente à l'esprit de nos
lecteurs. Observons cependant que si l'enseignement actuellement donné à
l'enfance va jusqu'à ruiner les fondements de la religion naturelle elle-même,
jusqu'à nier l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme, etc., celui qui
inspire nos législateurs sait qu'un jour ou l'autre une réaction se fera
infailliblement, parce que l'homme est fait de telle sorte qu'il ne peut être
sans religion. Mais il espère que la notion même de l'état surnaturel auquel
nous avons été appelés étant entièrement extirpée de l'esprit humain, les hommes n'y reviendront pas, n'y
pourront revenir, et que dans la détresse où l'athéisme les aura plongés, ils
n'auront plus d'autres aspirations que celles qui appartiennent à la nature, à
l'intelligence et au cœur renfermés dans leurs bornes naturelles. Ils auront
alors amené l'humanité au point où le tentateur la veut, pour qu'il puisse de
nouveau régner sur elle, et cela désormais à toujours,
Lorsque J. de Maistre, — aux débuts de
L'œuvre avance, l'œuvre de la suprême iniquité et de la radicale
infidélité. L'apôtre saint Paul nous a mis en garde contre « le mystère
d'iniquité », Ce mot mystère ne désignait-il pas une trame secrète? Nous la
faisons remonter au XIVe siècle, parce qu'alors elle a commencé de
se manifester; mais l'apôtre saint Paul la voyait déjà se former sous ses yeux
divinement éclairés. Ce mystère d'iniquité, il l'appelait aussi la grande
apostasie. Elle se consomme sous nos yeux.
M. Ferdinand Buisson l'a constaté en ces termes : « L'Etat sans
Dieu, l'école sans Dieu, la mairie sans Dieu, le tribunal sans Dieu, comme
aussi la science et la morale sans Dieu, c'est tout simplement la conception d'une société humaine qui veut
se fonder exclusivement sur la notion humaine, sur ses phénomènes et sur
ses lois. Détacher de l'Eglise la nation, la famille, les individus, — la
démocratie, poussée par un merveilleux instinct de ses besoins et de ses
devoirs prochains — s'y prépare ». Nous assistons à la sécularisation absolue
du gouvernement et des lois, du régime administratif et de l'économie sociale,
de la politique interne et des relations internationales. Tout cela s'est affranchi
de l'Eglise, du Rédempteur et de Dieu. C'est le fait dominant de la société
nouvelle.
Et à ce fait, nombre de catholiques se rallient. Ils disent que les
sociétés, jusque-là chrétiennes, peuvent éliminer de la vie publique tout
élément surnaturel et se replacer dans les conditions de ce qu'ils croient être
le droit de la nature. Ils voient même en cela un progrès. Ils l'appellent « Le
progrès », la bonification par excellence !
Et ce à quoi ils applaudissent en dehors d'eux, ils y tendent eux-mêmes,
pour leur propre compte.
Peut-il en être autrement ? « Les citoyens demeureront toujours
grandement exposés à cette maladie du naturalisme dans les pays où le
naturalisme sera admis comme l'état normal et légitime des institutions et des
sociétés publiques » (4).
Le cardinal Pie a recueilli sur les lèvres d'une des victimes de cet état
social ces paroles qui veulent être une justification du naturalisme individuel
:
« A Dieu ne plaise que je m'attache jamais, de propos délibéré du
moins, à cette vie grossière des sens qui assimile l'être intelligent à
l'animal sans raison ! Cette vie ignoble est indigne d'un esprit cultivé, d'un cœur noble et bien fait : je repousse le
matérialisme comme une honte pour l'esprit humain. Je professe hautement les
doctrines spiritualistes ; je veux, de toute l'énergie de ma volonté, vivre de
la vie de l'esprit et observer les lois exactes du devoir. Mais vous me parlez
d'une vie supérieure et surnaturelle : vous développez tout un ordre surhumain,
basé principalement sur le fait de l'incarnation d'une personne divine; vous me
promettez, pour l'éternité, une gloire infinie, la vue de Dieu face à face, la
connaissance et la possession de Dieu, tel qu'il se connaît et qu'il se possède
lui-même; comme moyens proportionnés à cette fin, vous m'indiquez les éléments
divers qui forment, en quelque sorte, l'appareil de la vie surnaturelle : foi
en Jésus-Christ, préceptes et conseils évangéliques, vertus infuses et
théologales, grâces actuelles, grâce sanctifiante, dons de l'Esprit-Saint,
sacrifice, sacrements, obéissance à l'Eglise. J'admire cette hauteur de vues et
de spéculations. Mais, si je rougis de tout ce qui m'abaisserait au-dessous de
ma nature, je n'ai non plus aucun attrait pour ce qui tend à m'élever
au-dessus. Ni si bas, ni si haut. Je ne veux faire ni la bête, ni
l’ange; je veux rester homme. D'ailleurs, j'estime grandement ma nature;
réduite à ses éléments essentiels et telle que Dieu l'a faite, je la trouve
suffisante. Je n'ai pas la prétention d'arriver après cette vie à une félicité
si ineffable, à une gloire si transcendante, si supérieure à toutes les données
de ma raison; et, surtout, je n'ai pas le courage de me soumettre ici-bas à
tout cet ensemble d'obligations et de vertus surhumaines. Je serai dont
reconnaissant envers Dieu de ses généreuses intentions, mais je n'accepterai
pas ce bienfait qui serait pour moi un fardeau. Il est de l'essence de tout
privilège de pouvoir être refusé. Et puisque tout cet ordre surnaturel, tout
cet ensemble de la révélation est un don de Dieu, gratuitement ajouté par sa
libéralité et sa bonté aux lois et aux destinées de ma nature, je m'en tiendrai
à ma condition première. »
Ainsi parle « l'honnête homme ».
Tel avait été, équivalemment du moins, le raisonnement d'Adam, lorsque le
tentateur lui dit : « Vous serez comme des dieux, vous trouverez votre
suffisance en vous-mêmes ». Tel celui de Lucifer.
Comme l'observe le cardinal Pie, la prétention de celui qui veut se
claquemurer dans le naturalisme, vivre de la vie de la raison sans participer à
la vie surnaturelle, est une prétention pratiquement chimérique et impossible;
car, depuis le péché du premier père, l'homme a été blessé dans sa nature; il
est malade dans son esprit et sa volonté. Il n'est capable par lui-même ni de
connaître toute la vérité, ni de pratiquer toute la morale même naturelle,,
encore moins de surmonter toutes les tentations de la chair et du démon sans
une lumière et une grâce d'en haut.
Mais de plus, ce raisonnement méconnaît le souverain domaine de Dieu qui
après avoir tiré l'homme du néant, conservait le droit de perfectionner son
ouvrage et de l'élever à une destinée plus excellente que celle inhérente à sa
condition naturelle. En nous assignant une vocation surnaturelle, Dieu a fait
acte d'amour, mais il a fait aussi acte d'autorité. Il a donné, mais en donnant
il veut qu'on accepte. Son bienfait nous devient un devoir. La qualité d'enfant
de Dieu, le don de la grâce, la vocation à la gloire, c'est là une noblesse qui
oblige; quiconque y forfait est coupable.
Ajoutons que ce qui oblige les individus oblige les nations. En
faisant l'homme essentiellement sociable, Dieu n'a pu vouloir que la société
humaine fût indépendante de Lui. Depuis que la plénitude des nations est entrée
dans l'Eglise, l'ordre surnaturel s'impose à elles comme il s'impose à chacun
de nous. Elles n'ont pas le droit de se rendre apostates.
Si elles le font, une telle méconnaissance des droits de Dieu ne saurait
prétendre à l'impunité. Peccatum peccavit Jérusalem; propterea instabilis facta est.
Faut-il faire entendre une voix plus humaine ?
Déjà, en
« Se figure-t-on ce que deviendrait
l'homme, les hommes, l'âme humaine et les sociétés humaines, si la religion y était
effectivement abolie, si la foi religieuse en disparaissait réellement ? Je ne
veux pas me répandre en complaintes morales et en pressentiments sinistres;
mais je n'hésite pas à affirmer qu'il n'y a point d'imagination qui puisse se
représenter, avec une vérité suffisante, ce qui arriverait en nous et autour de
nous, si la place qu'y tiennent les croyances chrétiennes se trouvait tout à
coup vide, et leur empire anéanti. Personne ne saurait dire à quel degré
d'abaissement et de dérèglement tomberait l'humanité ».
Gladstone a dit de même :
« Du jour où le divorce entre la pensée
humaine et le christianisme sera consommé, datera l'irrémédiable commencement
de la décadence radicale de la civilisation dans le monde » (5).
1) N° de mars 1910, pp. 91-96.
2) 2e
édition, page XI.
3) Discours prononcé à Lille en 1889.
4) Cardinal Pie, t. II, p. 402.
5) Discours à l'Université de Glasgow, 1879.
ISSUE DE L'ANTAGONISME ENTRE LES DEUX CIVILISATIONS
CHAPITRE LXVI
I. — PRÉMONITIONS DIVINES
Pages 902-913
Plusieurs auront été étonnés de nous voir, en ce temps de scepticisme,
présenter à leur attention les paroles d'une Voyante. Ils ne doivent point
perdre de vue que la lutte engagée entre la civilisation chrétienne et la
civilisation païenne, ne doit pas être envisagée seulement dans les faits que
l'histoire enregistre et dont elle est le témoin, mais dans leurs causes. Ces
causes, nous les avons montrées à l'origine même du monde dans le don que Dieu
a voulu faire à l'humanité, comme au monde angélique, de la vie surnaturelle,
et dans l'opposition que les hommes, comme les démons, écoutant leur orgueil et
prêtant l'oreille aux suggestions de Lucifer, font aux avances de
Déjà nous avons dû ouvrir, sous les yeux de nos lecteurs, le chapitre
douzième de l'Apocalypse de salut Jean. Nous devons y revenir.
Dans ce chapitre, avons-nous dit, saint Jean nous transporte à la fois
sur deux champs de bataille, l'un à la surface de la terre, l'autre dans les
profondeurs des cieux. Il déroule sous nos yeux la double lutte crue le Dragon
a engagée là-haut contre Michel et ses anges et celle qu'il soutient ici contre
Plusieurs traits de cette vision peuvent s'appliquer à
Après avoir montré
La conclusion de cette étude a été l'annonce discrète d'événements
formidables qui se termineraient par le triomphe des Enfants de Dieu et la
rénovation de l'ordre chrétien troublé depuis
Souvent il a eu la bonté de condescendre au désir du cœur humain
impatient de connaître ses destinées. Dans les longs siècles qui ont précédé la
venue du Messie, il a consolé l'attente par des promesses sans cesse
renouvelées. Il a annoncé les événements dans lesquels elles devaient prendre
corps, il a déterminé les temps et les lieux où devait se produire leur
réalisation.
Le Messie venu, l'expiation accomplie, le salut mérité, Dieu
pouvait laisser
Et maintenant, bien des faits nous permettent de croire qu'après cette
révélation fondamentale il ne s'est point condamné à un silence absolu. Des
jours obscurs et des jours terribles devaient venir où le courage des enfants
de Dieu demanderait à être soutenu. Dans ces conjonctures, des hommes, des
femmes de rare vertu, dont la sainteté, pour plusieurs du moins, a été attestée
par des décrets de canonisation, sont venus dire : Dieu a manifesté ses voies à
mon esprit et voici ce qui sera.
Pour aucun de ces propriétés, l'Église ne nous dit, comme elle le fait
pour ceux de l'Ancien Testament et pour les Apôtres : L'Esprit-Saint s'est
emparé de son intelligence et lui a dicté ces paroles (2). Mais elle affirme
que le don de prophétie comme le don des miracles est permanent parmi les
enfants de Dieu, qu'il s'est manifesté dans le passé et qu'il continuera à se
manifester dans l'avenir. Nous pouvons donc ouvrir les livres où de saints
personnages ont consigné ce qu'ils ont vu ou cru voir des desseins de Dieu, des
démarches de sa Providence et chercher à y découvrir ce qui doit résulter des
événements auxquels nous assistons.
Dans cette investigation, deux défauts
sont à éviter : donner sa confiance à quiconque se présente comme prophète,
voir dans tout ce qui est dit la révélation de ce qui se passe dans le temps où
l'on se trouve.
Ne perdons jamais de vue dans une étude de ce genre la parole du
psalmiste : « Dieu est de l'éternité à l'éternité, mille ans sont devant lui
comme le jour qui s'écoule ou comme la nuit qui vient. » Par conséquent, ne
nous étonnons point si, parlant aux siens, il les entretient d'événements à
longue échéance, d'événements qui embrasseront parfois plusieurs siècles. C'est
au-dessus des temps qu'il fait planer leur esprit, et c'est à cette hauteur que
noms devons nous élever si nous voulons avoir l'intelligence de ce qui nous a
été annoncé par eux, déjà dès le onzième siècle.
Ils ont assisté en esprit au long effort du naturalisme pour s'implanter
dans la chrétienté, effort de cinq siècles aux dernières énergies duquel nous
assistons.
Cinq siècles !
Si le fait n'était là, on aurait peine à
croire à un si long combat. Mais l'enjeu, n'est-ce point cette chose qui
surpasse toute chose : l'avenir de l'humanité, non seulement pour le temps,
mais pour l'éternité ? Chez nous l'un des principaux éléments de la grandeur
d'une œuvre, c'est le temps qu'elle demande, la durée nécessaire à son
achèvement. Mais que sont nos cinq siècles de luttes en regard de la sublimité
du duel engagé entre Lucifer et l'Homme-Dieu et de celui qui vit les armées de
Satan s'attaquer aux armées de Michel pour leur enlever le don qui les divinise
? Et pour ce qui se passa dans l'Eden, sans doute,
L'épreuve à laquelle la chrétienté est soumise depuis le quatorzième
siècle, le siège de l'Église par la secte maçonnique, l'envahissement
progressif du naturalisme dans la cité de Dieu par
Une pensée cependant se présente. Comment Dieu dans son infinie bonté
peut-il laisser ainsi durer un scandale auquel tant d'âmes achopperont ?
Il n'y a d'autre réponse que celle de l'Esprit-Saint par la bouche de
Salomon dans l'Ancien Testament et celle de saint Paul dans le
Nouveau :
« Quel homme peut connaître le conseil de Dieu ?
Qui peut pénétrer ce que veut le Seigneur ?
Les pensées des hommes sont incertaines,
Et nos opinions sont hasardées.
Nous avons peine à comprendre ce qui est sur la terre,
Et nous n'apercevons point sans travail ce qui est dans nos mains ;
Qui donc a pénétré ce qui est dans le ciel ? » (3). Et l'Apôtre :
« 0 profondeur insondable de la sagesse et de la science de Dieu que ses
jugements sont inconcevables et ses voies incompréhensibles. Qui a connu la
pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller? De Lui, par Lui et pour Lui
sont toutes choses » (4).
Mais s'il a fait toutes choses pour sa gloire, il les a aussi
faites pour notre salut; et qui oserait dire que le nombre des saints, le
nombre de ceux qui jouiront de l'éternelle Béatitude aurait été plus grand
durant ces cinq siècles, et que leurs vertus auraient été plus héroïques et leur gloire plus illustre
si leur vie s'était écoulée dans une paix sans stimulants et sans combats. Et
puis dans la considération des œuvres de Dieu, il faut savoir ne point borner
son horizon. Que sont nos cinq siècles de luttes auprès de cinquante, soixante
siècles, plus peut-être qui ont dû attendre la venue du divin Rédempteur, et
auprès de ceux plus nombreux que l'on peut supposer devoir jouir des fruits de sa
Rédemption ! Cette pensée n'est point téméraire : le Saint-Esprit ne nous
a-t-il point appris qu'il règle toutes choses avec mesure, nombre et poids ?
Dieu plane au-dessus de l'immense champ de bataille qui embrasse toute la
création, seul éternel, seul principe de tout être, des substances
spirituelles, aussi bien que des substances matérielles : auteur de tout ce
qu'il y a d'être dans les démons, aussi bien que dans toutes les autres
créatures, il domine les combattants de toute la hauteur de son être infini. Il
n'est point compromis dans la lutte, quelles qu'en soient les vicissitudes; il
n'en peut être troublé, Ou plutôt il les dirige à ses fins « avec force et
douceur », c'est-à-dire avec une puissance d'un succès; infaillible,
quoique respectant la liberté de tous.
S'il est vrai que la lutte à laquelle nous assistons aujourd'hui
remonte à
« Notre siècle, a dit Mgr Roess, évêque
de Strasbourg, a particulièrement besoin de savoir que Dieu dirige tous les
événements de ce monde par sa divine Providence, et que, s'il veut bien, faire
connaître ses desseins à l'humanité, c'est aux âmes humbles qu'il les révèle. »
Et Mgr Vibert, évêque de Saint-Jean-de-Maurienne : «
Dieu prouve, par ces prophéties, que tout est soumis à son gouvernement; et,
pour que la preuve soit plus complète, il ne se sert presque toujours, pour
annoncer les plus grands événements, que de ceux qui sont petits et sans
valeur; selon le monde : Revelasti ea parvulis. » Mgr Marinelli, évêque de Syra, dit de son côté : « Dans
l'immense amour que Dieu porte à son Église, œuvre de ses mains, et aux hommes
qui, la plupart du temps, sont ingrats, mais n'en restent pas moins ses
créatures, il a daigné prédire et annoncer aux mortels par la bouche de ses
prophètes, depuis le commencement du monde, et dans l'Ancien Testament, vraie
figure et type de son Église sous le
Nouveau Testament, les vicissitudes de
Depuis cinq siècles, sous la direction de Lucifer et par l'action des
loges, le judaïsme, le protestantisme et le modernisme aidés par toutes les
passions et par tous les vices sont à l'assaut de la civilisation chrétienne.
Aujourd'hui leurs bataillons réunis font le suprême effort pour substituer à la
religion divine la religion de l'humanité et rendre à Satan la direction des
âmes et des peuples.
Cette fois, pensent-ils, c'est l'engagement définitif, car leur
maître sait la parole de l'Apôtre : « Il est impossible que ceux qui ont été
une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au
Saint-Esprit, qui ont goûté la parole de Dieu et les merveilles du monde à
venir, et qui pourtant sont tombés, de les renouveler une seconde fois en les
amenant à la pénitence, eux qui pour leur part crucifient de nouveau le Fils de
Dieu et le livrent à l'ignominie Lorsqu'une terre, abreuvée par la pluie qui
tombe souvent sur elle, produit une herbe utile à ceux pour qui on la cultive,
elle a part à la bénédiction de Dieu; mais si elle ne produit que des épines et
des chardons elle est jugée de mauvaise
qualité, près d'être maudite, et l'on finit par y mettre le feu » (5).
Sera-ce le sort de la génération présente ? Sommes-nous jugés avoir assez
« méprisé les richesses de la bonté, de la patience et de la longanimité
divines » (6) ? Il en est qui le croient et non des moins éclairés.
Depuis
Par l'école, ils ont pris le moyen de rendre leur œuvre perpétuelle et
indestructible.
Ils vont plus loin que Satan. Jamais Satan n'a nié Dieu. Il ne le
pourrait : Sa nature si élevée et par conséquent si éclairée ne le permet point.
Eux, abusant de la faiblesse intellectuelle de l'enfant, ne se contentent pas
d'introduire dans son âme le mépris de l'Église, de ses enseignements, de ses
sacrements, de tout ce qui constitue le surnaturel. Ils nient non seulement le
Christ, autour de la grâce, mais même l'existence d'un Dieu créateur. Et comme l'idée de Dieu ne cesse de hanter
l'esprit humain, dans les régions supérieures de l'enseignement, ils la
corrompent. Dieu, disent-ils, n'est autre chose que le monde conçu par notre
esprit sous sa forme idéale et le monde pas autre chose que Dieu
lui-même perçu par nous dans sa réalité.
C'est à cette doctrine qu'aboutit le MODERNISME que Sa Sainteté Pie X a
mise à nu dans l'Encyclique Pascendi, le
poursuivant, le décimant, l'anathématisant dans tous et chacun de ses appareils
d'érudition et de raisonnement.
Le fond de l'abîme n'est-il pas atteint et que faut-il de plus pour avoir
à redouter les menaces que saint Paul nous a fait entendre ? La prophétie de
Daniel est réalisée dans toute son étendue : « Et elevabitur
et magnificabitur adversus
Deum, et adversus Deum deorum
loquetur magnifica. L'homme
s'élèvera contre le Seigneur; il proférera contre le Dieu des dieux des
insolences superbes, on verra l'apothéose de l'homme à l'exclusion de toute divinité
».
Qu'attendre dans cet état que la foudre qui anéantit ? Le monde, s'il
veut persévérer n'a plus de raison d'être.
Se convertira-t-il ? Se retournera-t-il
vers Dieu pour lui dire la prière que Jérémie lui adressa à la suite de ses
lamentations ?
« Toi, Jéhovah, Tu règnes éternellement ! » Ton trône subsiste d'âge en
âge. » Pourquoi nous oublierais-tu à jamais ? Nous abandonnerais-tu pour toute
la durée de nos jours ? Fais-nous revenir à Toi; Jéhovah ! et nous reviendrons
;
Donne-nous d’autres jours comme ceux d'autrefois. »
Voilà la grande énigme du jour. Les peuples chrétiens se convertiront, et
le monde pourra jouir des longs siècles de prospérité temporelle et spirituelle
que quelques-uns espèrent; ou il persévérera dans son apostasie et alors Dieu
frappera le monde.
Laquelle de ces deux solutions un prochain avenir verra-t-il se réaliser
?
Qui peut le dire s'il ne consulte que sa propre sagesse ? Les
miséricordes de Dieu sont infinies et la malice de l'homme excitée par la
perversité de Satan ne connaît point de bornes. Cependant, Dieu nous fait des
avances répétées, les invites les plus pressantes : le Sacré-Cœur, l'Immaculée
Conception et aujourd'hui la canonisation de Jeanne d'Arc. Finirons-nous par
suivre, ou serons-nous comme les eaux qui ne remontent point à leurs sources ?
L'histoire présente-t-elle l'exemple d'un peuple sorti de sa voie et qui y soit
rentré ? Après les réactions, réactions d'un jour qui suivent les catastrophes,
on voit les peuples se retrouver ce qu'ils étaient avant elles.
C'est notre fait d'hier et d'aujourd'hui.
Dieu dans sa prédilection fera-t-il pour nous une exception à la loi de
l'histoire ?
Il en est qui portent cette espérance au cœur et qui l'ont exprimée.
« Pour répondre aux prières des saints, dit M. de Saint-Bonnet,
Dieu nous rappellera des bords du néant, et le genre humain, stupéfait de
l'iniquité commise en reniant son
Créateur et son Rédempteur, éclairé sur l'inanité de son long vouloir, de ses
inutiles efforts pour mettre le paradis sur la terre, laissera tomber son
orgueil et retournera aux sources de la vie. Les générations qui seront ensuite
appelées à compléter le nombre des élus, se trouveront édifiées pour jamais par
la grandeur de ce triple spectacle ; une profondeur dans la malice humaine n'ayant
d'égale que l'impuissance où elle se sera vue réduite; le néant dans lequel
sera momentanément rentrée la civilisation qui s'est dépouillée de la foi;
puis, comme aux jours de Noé, un miracle de
« Cela doit se faire, a dit le saint Pape Pie IX, par un prodige qui
remplira le monde d'étonnement. »
J. de Maistre avait dit bien avant lui : « Je ne doute nullement de
quelque événement extraordinaire », pour mettre fin à la situation présente.
Extraordinaire et même prodigieux ne veut point dire phénoménal. Qu'y
a-t-il de plus extraordinaire et de plus prodigieux dans l'histoire de France
et même, on peut dire, dans l'histoire du monde, que l'intervention de Jeanne
d'Arc au moment où allait commencer pour la chrétienté la grande tentation qui
se terminera peut-être avec sa glorification sur les autels ? Et qu'y a-t-il en
même temps de plus simple et de plus facile à Dieu que de prendre une petite
paysanne au milieu de son troupeau et de lui donner ses lumières pour mener à
bien l'expulsion des Anglais du sol de
Si nous en croyons les saints, ce moment viendra, ce moment est proche.
1) La sainte
Bible, traduite en français sur les textes originaux. T. VII, Apocalypse. P.
Peffard, S. J.
2) Suivant la
doctrine de l'Eglise, les révélations faites à un particulier n'ont qu'une
valeur privée, n'engageant la croyance de personne, ne pouvant servir qu'à l'édification
personnelle des fidèles, et l'Eglise, lorsqu'elle les approuve ne fait que
reconnaître que l'on ne rencontre dans ces pages rien qui soit opposé à la foi
ou à la morale chrétienne.
3) Sap. IX.
4) Ad
5) Ad Hæbr., VI, 4-8.
6) Ad
ISSUE DE L'ANTAGONISME ENTRE LES DEUX CIVILISATIONS
CHAPITRE LXVII
II. — VOIX DES SAINTS
Pages 914-927
Dès le douzième siècle, Dieu manifesta à
sainte Hildegarde, abbesse bénédictine, la grande Prophétesse du Nouveau
Testament comme l'ont appelée ses contemporains, ce drame qui devait occuper;
cinq à six siècles de l'histoire humaine. Saint Bernard, les papes Eugène III,
Anastase IV et Adrien IV ont déclaré successivement que ses révélations avaient
Dieu pour auteur. Ses œuvres ont été publiées dans
Dans une lettre adressée au clergé de Cologne et une autre à celui de
Trêves, elle annonça le protestantisme fils de
Dans la seconde lettre, elle annonce également une ère de rénovation, où
la vertu refleurira comme aux plus beaux jours de l'Eglise.
Dans le Livre des œuvres divines (2), elle annonce la désagrégation
du saint-empire romain, l'hostilité, croissante contre le Chef de l'Eglise de
la part du Pouvoir séculier et la ruine du Pouvoir temporel des Papes. Puis
elle dit : « Lorsque la crainte de Dieu sera tout à fait mise de côté, des
guerres atroces et cruelles surgiront à l'envi, une foule de personnes y seront
immolées, et bien des cités se changeront en un monceau de ruines. Des hommes
d'une férocité sans pareille, suscités par la justice divine se joueront du
repos de leurs semblables. Ainsi en a-t-il été depuis le commencement du monde
: le Seigneur remettra à nos ennemis la verge de fer destinée à le venger de
nos iniquités. Mais quand la société aura été enfin complètement purifiée par
ces tribulations, les hommes fatigués de tant d'horreurs, reviendront
pleinement à la pratique de la justice et se rangeront fidèlement sous les lois
de l'Eglise qui nous rendent si agréables à Dieu... La consolation remplacera
alors la désolation, les jours de la guérison feront oublier par leur
prospérité les angoisses de la ruine... À ce moment de rénovation, la justice
et la paix seront rétablies par des décrets si nouveaux et si peu attendus, que
les peuples ravis d'admiration confesseront hautement que rien de semblable ne
s'était vu jusque-là... Les Juifs se joindront aux chrétiens et reconnaîtront
avec allégresse l'arrivée de Celui qu'ils niaient jusque-là être venu en ce
monde... Alors surgiront des saints admirablement doués de l'esprit de Dieu, et
l'on verra une surabondante floraison de tout genre de justice dans les fils et
les filles des hommes,.. Les princes rivaliseront de zèle avec leurs peuples
pour faire régner partout la loi de Dieu... Les juifs et les hérétiques ne
mettront pas de bornes à leurs transports. « Enfin, s'écrieront-ils, l'heure de
notre propre justification est venue, les liens de l'erreur sont tombés sous
nos pieds, nous avons rejeté loin de nous le fardeau si lourd de la
prévarication. »
« Cependant, même en ces jours, ajoute sainte Hildegarde, la justice
et la piété auront parfois encore leurs moments de fatigue et de langueur, mais
pour reprendre bientôt leur force première ; « l'iniquité lèvera parfois la
tête, mais elle sera de nouveau terrassée, et la justice se maintiendra si
ferme et si forte que les hommes de ce temps reviendront en toute honnêteté aux
anciennes mœurs et à la sage discipline des temps anciens. Les princes et les
puissants, comme les évêques et les supérieurs ecclésiastiques, prendront
exemple sur ceux d'entre eux qui observeront la justice et mèneront une vie
louable. Il en sera de même parmi les peuples qui travailleront à s'améliorer
les uns les autres, parce que chacun considérera comment celui-ci ou celui-là
s'élève à la pratique de la justice et de la piété. »
La conjuration antichrétienne triomphera cependant une dernière fois avec
l’antéchrist dont sainte Hildegarde décrit aussi l'avènement, le règne et
l'extermination.
Cette étonnante prophétie d'une sainte du onzième siècle n'a point encore
été réalisée. Elle se rapporte évidemment à notre temps, puisqu'elle en vient à
parler de la ruine du pouvoir temporel des Papes. Elle semble ainsi venir à
l'appui de notre thèse qui considère ce qui se passe dans la catholicité depuis
le quatorzième siècle jusqu'à nos jours, Renaissance, Réforme, Révolution,
comme une seule et même épreuve, la tentation du naturalisme, l'antagonisme
entre la civilisation humanitaire et la civilisation chrétienne, lutte qui se
terminera par le triomphe de l'amour de Dieu sur l'égoïsme de la créature.
Vers la fin du XIVe siècle, c'est-à-dire au moment où '
Au XVIe siècle, à la seconde étape du modernisme? une
vierge italienne,
Au XVIIe siècle, le B. Grignon de Monfort,
comme
Saint Léonard de Port-Maurice marque comme point de départ de cette
Intervention de
Le V. Holzhauser, dans son interprétation de
l'Apocalypse, annonce un monarque puissant et un Pontife saint qui seront les
instruments des miséricordes divines.
« Tandis que tout est dévasté par la guerre, que les catholiques
sont opprimés par les hérétiques et les mauvais chrétiens, que l'Eglise et ses
ministres sont rendus tributaires, que les royaumes sont bouleversés, que les
monarques sont tués, que les sujets sont tourmentés et que tous les hommes
conspirent à ériger des républiques, il se fait un changement étonnant par la
main du Dieu tout-puissant, tel que personne ne peut humainement l'imaginer. Le
monarque puissant qui viendra comme envoyé de Dieu, détruira les républiques de
fond en comble, il soumettra tout à son pouvoir et emploiera son zèle en faveur
de la vraie Église du Christ. Toutes les hérésies seront reléguées en enfer. Toutes
les nations viendront et adoreront le Seigneur leur Dieu dans la vraie foi
catholique et romaine. Beaucoup de saints et de docteurs fleuriront sur la
terre. La paix régnera dans tout l'univers, parce que la puissance divine liera
Satan pour plusieurs années, jusqu'à ce que vienne le fils de perdition qui le
déliera de nouveau... Les sciences seront multipliées et parfaites sur la
terre.
Il est souvent parlé dans les autres prophéties du grand roi et du saint
Pontife qui doivent agir de concert pour rétablir toutes choses dans la vérité
et dans la justice. Nous ne rapporterons point ce qu'elles disent à ce sujet,
non plus que le détail des événements qu'elles annoncent; il y a dans ces
prédictions particulières trop d'aléas pour qu'on puisse s'y attacher. Ce que
nous nous sommes proposé, c'est uniquement de montrer comment Dieu semble avoir
voulu soutenir le courage de ses enfants au milieu des calamités que tout
annonce comme prochaines, en leur disant : durant ces châtiments je serai
toujours avec vous et après l'exercice de la justice, viendra une manifestation
de miséricorde et d'amour si grande qu'il n'y en a point encore eu de
semblable.
Une religieuse franciscaine du monastère des Urbanistes de
Fougères, née en 1731 et morte en 1798, prédit
Une Romaine, Elisabeth Canori-Mora, du
Tiers-Ordre de
Parlant du châtiment qui doit précéder cette rénovation, elle dit : « Tous les
hommes seront en révolte; ils se tueront mutuellement en se massacrant sans
pitié. Pendant ce combat sanglant, la main vengeresse de Dieu sera sur ces
malheureux, et par sa puissance il
punira leur orgueil. Il se servira de la puissance des ténèbres pour exterminer
ces hommes sectaires et impies, qui voudraient renverser
En ce même moment, l'esprit prophétique semble avoir été aussi
donné au P. Nectou de
« A la suite de ces affreux événements tout rentrera dans l'ordre;
justice sera faite à tout le monde; la contre-révolution sera consommée. Alors
le triomphe de l'Eglise sera tel qu'il n'y en aura jamais eu de semblable.
« On sera près de cette catastrophe quand l'Angleterre commencera à
s'ébranler (sans doute, pour le retour à l'unité catholique, cet ébranlement
existe).
« Lorsqu'on sera près de ces événements qui doivent amener le
triomphe de l'Eglise, tout sera si troublé sur la terre qu'on croira que Dieu a
entièrement abandonné les hommes à leur sens réprouvé et que la divine
Providence ne prend plus de soin du monde (que de personnes sont tentées de le
dire à l'heure actuelle).
« Quand viendra le moment de la dernière crise, il n'y aura rien à
faire qu'à demeurer où Dieu, nous aura placés, se renfermer dans son intérieur
et prier, en attendant le passage de la justice divine. »
Dans le Problème de l'heure présente, nous avons eu occasion de
parler de la prophétie de Sœur Marianne des Ursulines de Blois. Elle dit aussi
: « Il faudra bien prier, car les méchants voudront tout détruire. Avant le
grand combat ils seront les maîtres; ils feront tout le mal qu'ils pourront,
non tout ce qu'ils voudront, parce qu'ils n'en auront pas le temps. Ce grand
combat sera entre les bons et les méchants. Les bons étant moins nombreux
seront sur le point d'être anéantis : Mais, ô puissance de Dieu, tous les
méchants périront. Vous chanterez un Te Deum comme on n'en a jamais
chanté. Pourtant les troubles ne s'étendront pas à toute
Beaucoup d'autres prophéties de
personnages moins connus ont été publiées : inutile de les citer, parce
qu'elles, ont moins d'autorité, parce qu'elles redisent ce qui a été dit par
d'autres, et enfin parce qu'elles ont un caractère politique auquel nous ne
voulons point nous arrêter.
Ce que nous nous sommes proposé a été de montrer comment, au dire de ces
personnages, se terminerait la déviation des nations chrétiennes, commencée au
quinzième siècle par
L'heure de cette crise est-elle proche, y
sommes-nous arrivés ? Qui peut le dire. Quoi qu'il arrive, quoi que ce soit
dont nous soyons témoins, tenons, notre âme en paix par la prière et la
confiance dans
1) Sainte Hildegarde n'avait que cinq ans quand le
Saint-Esprit la saisit d'une vision surnaturelle qui ne finit qu'avec sa vie.
Trente-six ans plus tard, l'Esprit du Seigneur l'inonda de ses feux et fit
d'elle un docteur de l'Eglise. Ses premières révélations forment le livre Scivias, sigle de Scito
vias (Domini). Apprends les
voies du Seigneur. C'est une sorte d'épopée où se déroule toute l’histore religieuse de l'humanité depuis la création du
monde jusqu'à la consommation finale. Les trois dernières visions consignées
dans ce livre révélèrent à la sainte la fin du temps et lui firent entrevoir le
paradis. À l'âge de soixante-cinq ans, elle contempla et le traça durant sept
ans les visions du Liber divinorum operum. La dixième et dernière vision de l'ouvrage est
une autre révélation des derniers temps du monde. Outre ces ouvrages, on a d'elle
un très grand nombre de lettres,- car elle était en correspondance avec les
papes, les cardinaux, les évêques, les docteurs de Paris, les rois, les reines,
les grands de toute l'Europe, jusqu'à Constantinople et Jérusalem. Elle naquit
vers l'an 1100.
2) Pars
III, visio X, c. 25,26.
3) Les
trente-trois années-de sa vie, comme celles d'Anne-Catherine Emmerich,
s'écoulèrent dans les souffrances et aussi les mépris et les haines que
l'accomplissement de sa mission suscitait autour d'elle. Dès l'âge de 10 ans,
elle éprouva le supplice infligé à Notre-Seigneur sur la croix. Toute sa vie a
été associée à la passion du Christ. L'Église semblait s'affaisser sous le
poids d'une des plus terribles épreuves qu'elle ait eu à subir, le grand
schisme.
Dieu a coutume de choisir ce qui est faible au gré
du monde pour confondre les forts (I Cor., 1-27). Pour ramener les Papes
d'Avignon à Rome, il s'est servi - d'une petite marchande, Catherine de Sienne;
pour délivrer
4) Bollandistes. Acta sanctorum,
29 avril.
5) Le 13 septembre 1909, les restes mortels de
6) J. de
Maistre disait dans le même temps : « Il est infiniment probable que les
"Français nous donneront encore une tragédie ».
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Cardinal [ ?] RATZINGER (Benoît XVI), Les principes de la théologie catholique (1982),
Esquisse et matériaux, Pierre
Téqui, éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris, 2005, Épilogue,
Situation de l’Église et de la théologie aujourd’hui, Bilan de l’époque post-conciliaire, échecs, devoirs, espoirs, p. 426 :
« Si l’on cherche
un diagnostic global du texte [du pseudo Concile Vatican II], on pourrait dire qu’il est (en liaison avec les textes sur
la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision [misérable euphémisme] du
Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus
[quel aveu !]. » [Cf. la collusion
scandaleuse et parfaitement prouvée de la nouvelle « église
conciliaire » (Jean XXIII) avec les B’naï B’rith, les Fils de l’Alliance – cliquez sur moralea.htm (notre site : Thèse et synthèse des degrés du
savoir élaborées à la lumière des principes recueillis dans les oeuvres de Thomas d'Aquin ou : http://pagesperso-orange.fr/thomiste
).
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