Paula Haigh

L'EVOLUTION

UN MENSONGE

TRENTE THÈSES

CONTRE L'ÉVOLUTIONNISME THÉISTE

 

Préface du Père André Boulet, sm.

Décembre 1976

Edition revue au printemps 1999

 3/3

 

Thèse 16

Le premier homme, Adam, fut créé directement par Dieu à partir du limon de la terre et son corps, comme son âme, fut créée immédiatement et directement par Dieu au sixième jour de la Semaine de la Création.

Cette interprétation littérale de l'Ecriture Sainte au sujet de la création du premier homme, Adam, n'a jamais été définie par l'Eglise mais Pohle-Preuss (p. 127) soutiennent que la doctrine est sententia satis certa et en fournissent les preuves suivantes :

L'antithèse moderne de l'anthropologie chrétienne est le darwinisme athée (de Spengler), qui enseigne que l'âme et le corps de l'homme descendent de la brute, l'âme humaine étant purement une forme hautement développée de l'âme de la brute. Cet enseignement est aussi hérétique qu'il est absurde.

Le Darwinisme modifié défendu par George Mivart, qui soutient que le corps d'Adam est issu du règne animal, et que son âme spirituelle fut infusée immédiatement par le Créateur, doit de la même façon être rejeté, car bien que n'étant pas directement hérétique, il répugne à la lettre de l'Ecriture Sainte et au sentiment chrétien.

En dépit de quoi nous voyons les catholiques évolutionnistes d'aujourd'hui soutenir des positions douteuses et compromettantes telles que les suivantes :

...l'homme est à la fois une création spéciale et un produit de la matière au point culminant du processus évolutionniste. (Nesbitt, p. 10)

Expliquons-nous : de tels points de vue ne peuvent être maintenus qu'au prix d'une séparation de la nature humaine en deux formes substantielles, la forme matérielle de la brute et la forme de l'âme immatérielle par où l'homme " émerge " non comme un être vivant unitaire substantiel, mais plutôt comme un couple cartésien de matière et d'esprit, de pensée et d'étendue.

Une telle conception de la nature humaine va à l'encontre de l'enseignement clair de l'Eglise catholique qui soutient que l'âme rationnelle intellectuelle est la forme essentielle substantielle de l'être unitaire qu'est l'homme, (D 481) comme cela sera défendu plus loin dans la Thèse 20.

Le propos de la présente thèse est de défendre l'enseignement positif de l'Ecriture sur ce sujet, et, par là, faire rempart contre le point de vue maintenant communément admis que "l'Ecriture n'enseigne pas ni ne nie la doctrine de l'évolution du corps humain". (Messenger, Evolution and Theology, 1931, p. 275. )

Cette opinion fautive est répétée dans L'Enseignement du Christ : un catéchisme catholique pour Adultes (OSV, 1976, p. 58) qui déclare :

La Bible, à coup sûr, n'enseigne pas l'évolution ; ni elle ne dit rien qui s'oppose aux théories scientifiques au sujet de l'évolution corporelle.

Notre présente thèse maintient - il faut y insister -, que la description révélée de la création d'Adam et Eve au sixième jour de la Semaine de la Création, constitue un enseignement positif qui en vérité s'oppose très clairement "aux théories scientifiques au sujet de l'évolution corporelle" et ceci de deux façons :

1). en enseignant clairement et positivement, selon le sens littéral des mots, qui est la base de toute autre interprétation scripturaire, que Dieu, en vérité, créa Adam directement à partir du limon de la terre et Eve à partir du côté d'Adam ; lequel sens ne peut en aucune façon s'accorder avec "les théories scientifiques au sujet de l'évolution corporelle" qui soutiennent que l'humanité a " émergé " graduellement au cours de millions d'années d'une population animale au moyen de mutations génétiques dans ces corps animaux ; et

2). en enseignant clairement que la création de l'homme et de la femme, d'Adam et Eve, fut achevée, finie et complètement accomplie le 6è jour de la Semaine de la Création ; excluant par là absolument toute possibilité d'un processus rallongé d'émergence du corps du premier homme sur des périodes de temps évolutionniste.

Thèse 17

La première femme, Eve, fut, selon les mots de Genèse ii, 21-2, " tirée du côté d'Adam pendant qu'il dormait ".

Il n'y a pas de déclarations dogmatiques concernant la création d'Eve. Ott remarque cependant (p. 95) que les Pères s'accordent pour interpréter la manière dont Eve fut créée comme enseignant l'assimilation essentielle de l'homme et de la femme, c'est-à-dire la nature essentielle de la femme comme dérivée, car femme, en hébreu isha, signifie " prise de ", " dérivée de l'homme ". Ce qui est dérivé n'est pas primaire et ordinal, mais subordonné et venant en second. Les Pères voient aussi ici l'inauguration divine du mariage, confirmée par Notre Seigneur (Matthieu xix, 3-9 ; Marc x, 2-12) et par Saint Paul (Ephésiens v, 21-33). Finalement, la création d'Eve à partir du côté d'Adam est une figure divine de la naissance de l'Eglise (issue) du côté du Christ au (sur le) Calvaire. L'enseignement sacré de cette divine typologie établit la réalité concrète, historique autant que la vérité objective du récit de la création d'Eve. En effet, l'accomplissement de la figure, c'est-à-dire l'existence pour ainsi dire anticipée de cette figure, détermine la véritable signification de la réalité historique de la figure elle-même.

En d'autres termes, de purs symboles et de pures allégories ne peuvent pas être le fondement d'une typologie, ni ne peuvent être une figure. (47)

            Saint Thomas a beaucoup à dire sur la création de la femme et sur l'ordre du mariage qui est institué par là. Il peut être résumé comme suit : La femme n'est pas faite pour user d'autorité sur l'homme, elle n'est pas faite pour être intellectuellement égale à lui ou être chef comme il l'est ; et ainsi elle ne fut pas formée à partir de la tête d'Adam. Elle n'est pas faite non plus pour être sujette de l'homme dans l'état d'une esclave, et c'est pourquoi elle ne fut pas formée des pieds d'Adam. Mais elle est formée du côté d'Adam, tout près de son cœur, parce qu'elle est faite pour être son épouse aimante et sa femme, pour l'influencer comme Marie à Cana gentiment, et pour ressembler, figurer et imiter la relation de l'Eglise au Christ : une relation de soumission et de complémentarité vivantes. (ST, I, q. 92)

            Saint Bonaventure dit simplement :

La femme fut formée du côté de l'homme pour être sa compagnie et son assistance dans la procréation immaculée. Ils reçurent l'arbre de Vie comme un moyen de subsistance permanente et d'une immuabilité parfaite au cours d'une immortalité perpétuelle. (48)

            Sûrement Saint Vincent de Lérins (sans compter les grands Docteurs et Pères de l'Eglise) serait horrifié de voir des nouveautés monstrueuses que s'autorisent les évolutionnistes Catholiques qui soutiennent aujourd'hui sans broncher qu'Adam et Eve sont nés de singes femelles !

           

Comment de telles personnes osent-elles encore se proclamer catholiques ?

           

Mais au contraire, loin qu'on puisse le ravaler au rang d'un mythe puéril et non scientifique, ce récit scripturaire de la création d'Eve nous est un enseignement positif et divin ; il rend manifestes les relations entre les sexes, d'une part ; mais aussi l'institution divine du mariage et la nature de l'Eglise.

Il constitue aussi selon Pohle-Preuss (p. 129) un argument décisif à sa manière contre l'hypothèse évolutionniste.

           

Ceci est tout à fait évident pour un être de raison : il n'existe aucun moyen de concilier le mode unique de la création d'Eve avec l'opinion évolutionniste où le premier homme et la première femme seraient issus d'une espèce animale exactement à la manière des couples mâle-femelle de ces mêmes espèces : ces couples sont bien issus aujourd'hui de telles populations ! Mais alors, en ce cas, cet hypothétique " premier " homme et cette non moins hypothétique " première " femme, doivent l'un et l'autre leur mutation supposée aux gènes d'une primates femelle !

Or, si l'on admet le point de vue évolutionniste, aussi bien le premier homme que la première femme seraient nés de primates femelles, ou d'une seule primate femelle.

           

Selon cette façon de voir, la nature humaine est intégralement réduite à la nature animale ; chose qui rend le nouveau catéchisme insoutenable quand il affirme qu'il n'y a rien dans la Bible " qui s'oppose " aux théories scientifiques au sujet de l'évolution corporelle".

           

En l'absence de déclaration dogmatique, nous pouvons citer le décret de la Commission Biblique (D 2123), par exemple et parmi d'autres,  qui déclare que : " le sens littéral et historique de l'Ecriture Sainte ne peut être remis en question quand il s'agira d'une matière touchant des faits relatifs aux fondements de la religion chrétienne ":

                        * La création de toutes choses par Dieu au commencement du temps

                        * La création spéciale (particulière) de l'homme

                        * La formation de la première femme à partir du premier homme

                        * L'unicité de la race humaine ".

Thèse 18

Toute la race humaine descend d'un seul couple humain.

Pohle-Preuss (p. 131) affirme : "l'unité de la race humaine, bien que n'étant pas encore formellement définie, est une doctrine catholique" (Vatican I, décret de la Commission Biblique D. 2123) ; et tout récemment, le pape Pie XII dans Humani Generis (1950) proclame ce que nous appellerions aujourd'hui la doctrine du " monogénisme ", c'est-à-dire la descendance du genre humain tout entier à partir d'un seul couple humain, Adam et Eve.

La Commission Biblique (Décret du 30 juin 1909, D 2123) établit " l'unité de la race humaine" comme seule valide au regard de la religion chrétienne ; pour cette raison le sens littéral historique de l'Ecriture sur lequel cette doctrine est fondée ne doit pas être remis en question ".

L'enseignement de l'Ecriture sur ce point peut pour cette raison être dit positif et clair, plutôt que le contraire, comme on le dit aujourd'hui trop fréquemment sous l'influence d'une idéologie évolutionniste.

Mais la doctrine catholique de l'unité du genre humain, c'est-à-dire du " monogénisme " est une barrière insurmontable pour la pseudo-hypothèse évolutionniste. Et l'enseignement d'Humani Generis (1950) avertissait clairement les catholiques en des termes sans aucune ambiguïté contre la pollution par cette erreur. Le Pape Pie XII dit :

" Le fidèle ne peut pas embrasser l'opinion qui soutiendrait :

1) ou bien qu'après Adam il a existé sur la terre des vrais hommes qui ne tiraient pas leur origine de la génération naturelle de celui-ci comme du premier père de tous ; ou :

2) qu'Adam représente un certain nombre de premiers parents.

On ne voit en aucune façon, en effet, comment une telle opinion peut être conciliée avec celle que les sources de la vérité révélée et les documents de l'Autorité enseignante de l'Eglise proposent en ce qui concerne le péché originel, qui procède d'un péché réellement commis par un individu : Adam ; et qui par la génération est passé à tous et dans chacun de nous comme sa propriété.

Thèse 19

L'homme, comme nature humaine, est constitué de deux substances : un corps matériel et une âme spirituelle immortelle qui fait de lui un être unifié par la forme substantielle de l'âme rationnelle.

La présente thèse a pour objet de rappeler la doctrine de fide (D 428 et 1783) : que l'homme est en vérité duel en nature. Et ceci est clairement enseigné dans l'Ecriture, spécialement en Genèse ii, 7 : "Alors le Seigneur Dieu forma l'homme du limon de la terre, et souffla dans ses narines le souffle de vie : et l'homme devint un être vivant".

Mais l'Ecriture révélée enseigne aussi très exactement que Dieu créa le premier homme le sixième jour de la Semaine de la Création, après laquelle Il se reposa. Chose qui exclut clairement et positivement toute idée fantastique, telle que celle de l'évolution du corps de l'homme sur des millions d'années.

Si l'on y regarde bien - et la chose est curieuse en elle-même -, la pseudo théorie de l'évolution imputerait à l'homme plus d'une âme, ou davantage qu'une âme, au moins au cours du temps évolutionniste ; car cette théorie soutient que l'homme comme unité a évolué à travers les âges à partir d'une brute primitive et instinctive, mi-humaine, mi-animale, jusqu'à son état présent. Or il se trouve que la nature de ces hominidés intermédiaires n'a jamais été étudiée par les évolutionnistes théistes ; pas plus que l'espèce d'âme qui les habitaient.

Cependant la plupart des évolutionnistes, théistes ceux-là, croient escamoter la difficulté : ils postulent une émergence soudaine de l'homme proprement dit, émergence qui serait due, selon eux, à la création immédiate de l'âme humaine, chose qui semble conforme à la foi catholique ; mais, pour ce qui est du corps, ils l'abandonnent aux évolutionnistes et à leurs hominidés.

Les difficultés impliquées dans cette position n'ont pas toujours été comprises. Car maintenant nous trouvons Nemesszeghy et Russell (1971, p. 71) affirmant que "l'homme entier est le résultat de l'évolution et encore une partie de celle-ci".

Cette prouesse biologique est accomplie au moyen de la causalité transcendantale de Rahner (voir Thèse 9) réduisant l'activité créatrice de Dieu à des processus évolutionnistes, qui opèrent sous l'influence du Divin Concours. Et c'est cette influence divine qui les rend capables de se transcender et d'évoluer ; devenant des êtres de plus en plus complexes après avoir été des êtres plus simples, incluant l'homme à partir des primates.

Je doute, quant à moi que cette sorte d'évolution théiste honore l'enseignement catholique selon lequel l'homme est composé de deux principes réellement distincts, le matériel et le spirituel. Car si l'homme entier est le résultat de l'évolution, mais demeure encore une partie de celle-ci, comme Nemesszeghy et Russell le prétendent, et si l'évolution est un processus naturel, comme le disent les évolutionnistes, alors il est difficile de voir comment l'homme entier ayant ainsi évolué peut être quelque chose de plus qu'une espèce supérieure de bête instinctive dans laquelle il serait difficile de trouver l'âme rationnelle, intellectuelle, simple, spirituelle et immortelle de la doctrine catholique et de la tradition.

Thèse 20

L'âme rationnelle intellectuelle de l'homme est per se (d'elle-même et par elle-même comme principe formel et cause) la forme substantielle essentielle du composé humain, elle est ce qui le rend humain. Sans l'âme raisonnable, qui est un principe simple, immortel, spirituel, intellectuel et immatériel, il n'y a pas d'être humain.

Pohle-Preuss écrit (p. 142) :

"L'âme spirituelle est la forme substantielle immédiate du corps. Ceci est de foi". (D 481)

Ott (p. 97) de même :

"Selon Genèse ii, 7, la poussière, par la vertu de la création de l'âme raisonnable, devient un être vivant, un composé humain".

Il est impossible de comprendre, en connaissant cet enseignement de l'Eglise et de toute la tradition catholique, comment "l'homme entier" sur cette Terre pourrait être le résultat de l'évolution, comme le soutiennent Nemesszeghy et Russell et d'autres, sur la base de la causalité transcendantale de Rahner ; ni comment un catholique - connaissant l'interprétation commune de Genèse ii, 7 - pourrait suivre la pente du Catéchisme OSV , selon lequel la Bible n'aurait rien à objecter " qui s'oppose aux théories scientifiques au sujet de l'évolution corporelle "..

Car dans chacun de ces cas (soit une évolution de l'homme entier soit une évolution de la seule partie corporelle de l'homme) une véritable violence est faite à la doctrine selon laquelle l'âme est la forme substantielle de l'unité constitutive de l'homme.

Vera Barclay dans son excellent livre paru en 1951, intitulé Challenge to the Darwinians (Défi aux Darwinistes, Johns, pp. 264-65), cite Mgr. Kolbe, A catholic view of holism, 1928, pp. 47-8 (Une vision catholique de l'holisme) : (49)

" Ce corps que nous possédons n'est pas une chose séparée, (c'est-à-dire capable d'exister sans l'âme). Nous nions la proposition que notre corps ait une vie organique par lui-même et nous nions qu'une âme surajoutée vienne le contrôler et le diriger par quelque mystérieuse influence. Car la sensation n'est pas un agrégat dans l'âme d'impressions sur des particules unifiées vers elle mais extérieures à elle. . . Quelle que soit la disposition du corps, l'âme le forme. Le mouvement des membres, la circulation du sang, le renouvellement des tissus, la digestion de la nourriture sont en même temps l'œuvre de l'âme, comme le sont également les sensations et la pensée. Je suis un être et non pas deux. Mon âme est simple dans son essence, aussi bien que variée dans ses puissances ; et c'est une seule et même chose qui pense au-delà de l'autonomie du corps, qui sent dans le corps, qui organise le corps lui-même et qui constitue (ou donne l'être) aux parties les plus petites dont le corps est composé. Tout ceci est signifié dans la déclaration selon laquelle " l'âme est la forme du corps ". Chaque être humain est une totalité unique, une seule forme substantielle avec sa matière fondamentale. Et il n'y a rien de surajouté aux parties. Ce sont les parties dans leur coexistence et leurs co-activités.

Ceci est la signification aussi de la sentence de saint Thomas selon laquelle " l'âme contient le corps " (ST, I, q. 76, a. 3).

Lorsque nous nous appuyons sur cette doctrine, il y a pour nous, ainsi que pour tout esprit sensible à la réalité, surabondance de vérité et d'évidence que la soi-disant évolution du corps à partir des bêtes est une impossibilité flagrante à la lumière de la foi aussi bien que de la raison. En vérité, une espèce d'aveuglement singulier semble être requis pour croire en ces hypothèses ou fictions fantastiques de notre époque. Mais toutefois il se trouve encore les théologiens très orthodoxes, qui, en dépit d'une longue étude et d'une longue réflexion trop brouillonnes, veulent entretenir non seulement la possibilité de l'évolution humaine mais même sa probabilité (par exemple Nogar, Rahner, Holloway, et tout récemment Hardon et les auteurs du Catéchisme OSV). Comment l'expliquer ? Cela vaut-il un essai ?

On ne peut s'empêcher de se rappeler le "mystère d'iniquité" (II Thes. ii, 7) et de se désoler que l'iniquité soit à l'œuvre même à l'intérieur de l'Eglise de Jésus-Christ.

Les paroles de saint Thomas sont très claires :

" La première formation du corps humain ne pouvait être réalisée par une vertu créée, elle devait se faire immédiatement par Dieu (ST, I, q. 91, a. 2)

Certains ont lu dans le texte (de la Genèse, NDT) que le corps de l'homme avait été formé d'abord, et qu'ensuite, dans ce corps déjà formé, Dieu avait infusé une âme ; mais c'est une chose qui eût été contraire à la perfection de la création initiale des choses, que Dieu avait fait soit le corps sans l'âme, soit l'âme sans le corps, puisque l'un et l'autre sont une partie de la nature humaine, et cela est plus encore contre-indiqué pour le corps qui dépend de l'âme que pour l'âme elle-même... (ST, I, q. 91, a. 4, ad. 3)

Ces paroles de saint Thomas mettent en lumière la raison de l'impossibilité de l'évolution corporelle ; car l'évolution humaine, même telle qu'elle est soutenue et propagée par les théistes, postule réellement la primauté (préséance) du corps sur l'âme et renverse l'ordre réel et juste des choses, en supposant que le corps puisse exister et se développer séparément de l'âme sous la forme des " hominidés ".

Le but de la présente Thèse est de mettre en lumière l'unité de la nature humaine dans l'homme, l'unité des deux parties qui la composent que sont le corps et l'âme, et d'insister particulièrement sur le primat de l'âme dans ce composé qu'est l'homme, car elle est le principe substantiel, spirituel, raisonnable, intellectuel et réfléchissant qui seul rend humain ce composé, et qui communique l'acte de l'existence - la véritable existence - au composé qu'est l'homme. Sans l'âme spirituelle, alors, il n'y a tout simplement pas d'humain qui soit humain.

(Les avancées en biotechnologies et la fabrication de bébés éprouvette font qu'on se demande si ces procédés ne pourraient pas produire des créatures avec l'apparence d'êtres humains mais avec seulement une âme animale c'est-à-dire sensitive, manquant d'une intelligence et d'une volonté vraiment humaines. Les théologiens auront sûrement de tels problèmes à résoudre).

Cependant les évolutionnistes théistes se trompent sur deux points.

1). Quelques-uns se trompent au sujet du corps, submergeant le principe spirituel dans le principe matériel et élevant ce dernier à une primauté où le développement du matériel, qu'ils nomment évolution, est rendu plausible, selon eux. Mais il est impossible de défendre (fonder) une telle conjecture sur une base saine parce que la nature spirituelle de l'homme est absolument et définitivement au-delà du pouvoir et de la capacité de la matière à produire ou à faire sortir ou à évoluer.

2). Les évolutionnistes théistes, spécialement les catholiques, le comprennent à demi et, croyant cette parade suffisante, ils appellent Dieu à leur secours pour créer (octroyer) une âme raisonnable à l'homme. Ils ne l'ont compris qu'à demi, car dans l'intervalle, ils ont accepté sans égard l'existence des hominidés : ces créatures mi-humaines, mi-simiesques imposées par les matérialistes, et ils ne nous expliquent pas davantage comment l'âme spirituelle future de l'homme gisait dans l'hominien. Le seul mode légitime serait de subordonner l'âme au corps de telle façon qu'elle prenne part au même processus de développement (gradué). Ceci est tout simplement retomber dans le matérialisme et concevoir qu'alors que l'âme de l'homme serait en vérité susceptible de (en proie au) changement quantitatif. Or l'âme n'est pas - si l'on entend qu'elle demeure la même espèce fondamentale de principe raisonnable et intellectuel ou de forme qu'elle est dans l'homme - susceptible de cette sorte de modification de sa nature qui l'abaisserait à être, dans les hominidés, autre chose qu'elle-même, c'est-à-dire moins que sa nature. Puis il faudrait admettre que le néant de pensée devienne l'acte de penser, quelque chose qui soit miraculeusement plus qu'elle-même. Ceci revient à postuler, dans n'importe quelle sorte d'être, une potentialité qui est indéfinie et illimitée, c'est-à-dire une potentialité pour devenir indéfiniment une autre espèce d'être, puis une autre, etc. Mais ceci est impossible.

Saint Thomas dit en effet:

"Il est impossible pour la même forme identique d'appartenir à des espèces différentes". (ST, I, I, q. 118, a. 3 )

Mais enlever les limitations de potentialité c'est réduire toute la nature au chaos, et toute la réalité au devenir. Supprimer de la sorte la stabilité de l'être ( stabilité de nature et d'essence) revient à chercher l'intelligibilité hors de la réalité. Car la matière n'est pas une sorte quelconque de puissance d'intelligibilité mais elle est intelligible par la forme qui lui est imposée : il n'existe pas de choses matérielles sans forme, ni de devenir sans intelligibilité existentielle, qui réside dans la formalité et en est issue. Eh bien ! les évolutionnistes, comme tous les êtres raisonnables, ont besoin d'intelligibilité. Et c'est pourquoi leur procédé est de masquer la réelle absurdité de leur thèse en inventant l'une des deux fables suivantes :

1) que l'homme est la source ultime d'intelligibilité (Ashley Montague est un bon exemple de cette position) ;ou

2) que Dieu est la source ultime de toute intelligibilité.

Mais, paradoxalement, ceci met à nu une culpabilité plus grande et plus diabolique de la part des évolutionnistes théistes qui sont plus coupables et plus diaboliques dans leur inspiration que les évolutionnistes athées. En effet la position des seconds obéit à une logique, qui est la logique du quantitatif (qui n'est qu'absurde) ; les premiers, en revanche, font pire, car ils utilisent Dieu en vue de nous camoufler des mensonges. En d'autres termes, les évolutionnistes théistes font appel au Dieu très Saint, puis Le réduisent à un mécanisme asservi à l'évolution. Ceci n'est-il pas le plus audacieux des blasphèmes ? N'est-ce pas la "théologie" perverse de Satan ?

Les catholiques qui utilisent (volontairement ou non) la terminologie évolutionniste adoptent par là une même façon de penser, ce qui les porte à embrasser une idéologie. Selon les paroles d'un écrivain français :

"Plus que jamais nous sommes confrontés à deux esprits, et nous devons choisir entre deux langages".

L'esprit et le langage sont intimement liés : il y a l'esprit de vérité et l'esprit d'erreur. L'Esprit de Dieu, le Saint Esprit, et l'esprit du Démon, Satan. De même, il y a le langage de la vérité et le langage de l'erreur, qui sont en parallèle.

L'évolution théiste est plus dangereuse et plus néfaste que l'évolution athée parce que, typiquement inspirée de toutes les activités de Satan, elle cache son poison sous l'apparence de la sainteté, sous l'apparence de la vérité, en des termes pieux, vidés de toute substance.

Thèse 21

Chaque être humain possède une âme individuelle immortelle.

Cette thèse fut affirmée et définie par le 5ème concile de Latran (D. 738) contre les monopsychismes néoplatonicien et averroiste qui ne sont pas très différents du panpsychisme moderne teilhardien. De telles erreurs résultent d'une confusion de la matière et de l'esprit, de la nature et de la grâce. Ils sont spécialement typiques de l'évolution théiste de la variété teilhardienne.

Teilhard de Chardin niait implicitement que chaque être humain possédât une âme individuelle directement et immédiatement créée par Dieu, qui fait de chaque être raisonnable une personne unique destinée à rendre une gloire spéciale et particulière à Dieu dans le Ciel pour toute l'éternité. Il ne niait pas explicitement la doctrine de la foi ni il ne l'attaquait directement. Comme le Monitum contre ses œuvres l'établit soigneusement : elles sont pleines d'erreurs graves et d'ambiguïtés qui offensent la doctrine catholique. Une de ces ambiguïtés est la façon dont il parle la personne humaine. Mgr Leo S. Schumacher dans son petit livre The truth about Teilhard (La vérité au sujet de Teilhard) (Catholic Polls, 1968) expose le soi-disant message " messianique " de Teilhard de la façon suivante (pp. 21-22) :

Il n'y a pas - selon Teilhard de Chardin - de nombreux êtres dans l'univers, mais un seul. "Le monde n'est pas une agglomération de choses juxtaposées ; (il est) un grand Tout". Et cette réalité n'est pas un être en fait, mais un mouvement, c'est-à-dire une évolution. L'homme de la rue peut penser qu'il rencontre beaucoup de personnes et de choses individuelles chaque jour, mais celles-ci ne sont que des manifestations d'une réalité unique sous-jacente. L'homme de la rue lui-même est purement une apparence ou un phénomène de celle-ci.

"La vie est plus réelle que les vies", l'homme n'est rien d'autre que l'évolution devenue consciente d'elle-même, "il n'y a pas d'esprits, scientifiquement parlant, dans la nature ; mais il y a Un esprit. L'évolution a atteint son état le plus élevé en devenant l'homme, mais c'est dans le processus de devenir "super-humanité" un super-organisme collectif gigantesque aussi bien qu'une conscience suprême.

L'affirmation) qu'il n'y a qu'une réalité et que ce que nous appelons des êtres individuels ne sont que des facettes ou des étincelles de cette réalité, Teilhard l'établit en beaucoup de manières différentes". Les êtres conscients ne sont - selon lui - véritablement que des manifestations différentes d'un ensemble qui les contient toutes". Également, "les dimensions de l'ensemble que nous appelons "esprit" sont les mêmes que celles de l'univers". L'esprit est alors la véritable substance de l'univers et les individus sont comme ses taches de rousseur... (45)

Des êtres individuels, hommes et femmes, garçons et filles, créatures immortelles pour lesquelles Notre Divin Maître Jésus-Christ mourut d'une mort très horrible sur la Croix pour (les) racheter du péché de telle sorte qu'ils puissent vivre éternellement avec Lui, avec le Père et le Saint Esprit, avec la Très Sainte Vierge Marie, et tous les Saints et les Anges, " dans le Ciel des taches de rousseur " ?

Il devrait être évident, aussi, que cette mentalité exactement collectiviste est la meilleure préparation qu'on puisse imaginer pour un régime totalitaire.

On découvre la même tendance inquiétante à personnifier l'Evolution comme une super-force dans l'œuvre du P. Edward Holloway dont nous avons parlé (et) chez Teilhard. Et encore, le P. Holloway répudie explicitement toute infection par les erreurs de Teilhard. J'espère que la réalité était aussi pure que l'intention.

Je doute que les si nombreuses religieuses catholiques qui s'extasient sur Teilhard de Chardin, qui baptisent les édifices scientifiques dans leurs collèges avec son nom et placent son portrait dans des endroits en vue, je doute réellement qu'elles réalisent ce qu'elles font. Si tel était le cas, elles se couperaient la main plutôt que d'y céder. Tel est le mal à l'œuvre par ignorance, même sans malice foncière.

Thèse 22

Chaque âme individuelle est immédiatement et directement créée par Dieu, à partir de rien, (Sententia certa) au moment de la conception.

La première partie de cette affirmation n'a jamais atteint le statut de fide principalement à cause des controverses entre générationistes et créatianistes (voir Ott pp. 99-100, ou n'importe quelle Histoire du Dogme) qui concernaient la création de l'âme humaine dans son rapport avec la transmission du péché originel par la génération.

- Saint Augustin, par exemple, avouait sa difficulté à concilier la transmission du péché originel par la génération avec la création de l'âme par Dieu, " n'étant pas capable de soutenir que Dieu créerait une âme en état de péché ". Dieu, cependant, ne crée aucun mal. Il crée une âme humaine faisant ainsi de la créature conçue par les parents un être humain, mais Il n'annule pas ni ne nie pas la communication par les parents des défauts physiques acquis ni les défauts transmis par le péché originel. Il n'élève pas non plus l'âme nouvellement créée à l'ordre surnaturel en lui donnant Sa grâce. Cela sera fait selon la pratique actuelle par le sacrement du Baptême.

- Mais la grande majorité des Pères et des Scolastiques enseignaient ce qu'on appelle le créatianisme, ou doctrine selon laquelle l'âme individuelle est en vérité créée par Dieu à partir de rien au moment de son unification avec le corps. Et saint Thomas alla loin dans la condamnation comme hérétique de l'opinion opposée du générationisme selon laquelle l'âme était transmise par les parents dans l'acte de la génération. (ST, I, q. 118, a. 2)

Aujourd'hui notre problème ne se pose plus entre les deux courants sur ce point particulier, spécialement depuis que le Pape Pie XII a établi tout à fait dogmatiquement (dans Humani Generis, en 1950) que "La foi catholique nous oblige à croire que les âmes sont immédiatement créées par Dieu".

" L'âme raisonnable est infusée par Dieu dès que le corps est disposé, et pourtant elle n'est pas causée par transmission corporelle. (ST, I, q. 100, a. 1, ad. 2)

Mais Aristote, et saint Thomas, avec tous les scolastiques qui suivent la science aristotélicienne et ancienne en général, ignoraient presque tout de la génétique. Les découvertes de cette science ont été réservées par la Providence de Dieu pour notre temps. Voici une déclaration d'un manuel de génétique tout à fait laïc et ainsi complètement d'une totalement neutralité vis-à-vis de notre cause théologique présente. Dans Genetics : A Basic Guide (" Génétique : un guide fondamental ") par I. J. Predder et E. GG. Wynne (Norton, 1972 pp. 17-18) il est dit :

" La cellule zygote a en elle-même toutes les informations qui sont nécessaires pour former un nouvel organisme individuel.

Le zygote est cette cellule qui résulte de la fusion du sperme et de l'ovule dans le processus appelé sygamie. Le zygote - comme substrat corporel - est aussi apte à être informée par l'âme

Il semble sans hérésie de soutenir alors qu'autant que nous pouvons le déterminer et autant que nous pouvons présumer découvrir les mystères cachés du Dieu Tout puissant, qu'Il daigne infuser l'âme humaine au moment de la conception ; et que le zygote ainsi considéré est bien un être humain et qu'on ne peut pas y attenter sans attenter à la vie humaine. L'empêcher de venir à l'être, c'est mettre à mort un humain. L'avortement à n'importe quel moment après la conception devrait être appelé un homicide [doit être appelée un homicide !].

Il serait juste de se demander s'il existe une confirmation scripturaire de ce point de vue. C'est bien le cas selon moi : il existe selon moi un fondement extrêmement solide et clair de cette façon de voir ! Elle se trouve dans le premier chapitre de l'Évangile de saint Luc où l'ange Gabriel apparaît à Marie. A mon sens l'indication très claire du moment de l'Incarnation de Notre Divin Seigneur dans ces paroles que prononce Marie : "Voici, je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre parole". Et l'ange la quitta. (Luc i, 38) Le moment du consentement de Marie est celui de l'Incarnation. Lorsqu'elle vient en hâte visiter sa cousine Élisabeth, le seul son de sa voix provoque la joie de l'enfant Jean dans le sein de sa mère et fait comprendre à Élisabeth elle-même, mystiquement, que c'est la véritable Mère de Dieu qui a brillé à la fois pour son enfant et pour son propre cœur.

En 1679 le Saint Office sous le Pape Innocent XI condamna la proposition suivante (D. 1185) :

Il semble [ ? ] que chaque fœtus (aussi longtemps qu'il est dans le sein) manque d'une âme raisonnable et commence à recevoir celle-ci au moment où il est né ; et en conséquence on doit dire qu'aucun homicide n'est commis dans un avortement.

Il y en a beaucoup aujourd'hui qui aimeraient croire en cette erreur. Mais la position publique de l'Eglise contre à la fois la contraception et l'avortement semble donner une preuve claire que le point de vue le privilégié et retenu par la théologie catholique et par le Magistère officiel est celui que nous soutenons : que l'âme humaine est présente à partir du moment de la conception et que le zygote est un être humain qui ne peut être violé sans le péché grave d'homicide.

Pour finir, j'aimerais inciter tous ces Chrétiens dans les Mouvements en faveur de la vie à parler plus fréquemment de l'âme qui est directement et immédiatement créée à partir de rien par le Dieu Tout-Puissant Lui-même! Quel acte sensationnel de condescendance de Sa part ! Comment il parle de la dignité et de la bonté de l'homme et de l'amour infini de Dieu pour Sa créature favorite. Cette vérité ne devrait-elle pas être plus largement applaudie? C'est la doctrine catholique ! Ne pouvons-nous pas la proclamer comme telle ? Sainte Thérèse d'Avila, cette grande mystique et Docteur de l'Eglise comparait " l'âme humaine à un château fait d'un seul diamant de cristal très clair " ; mais, quelques phrases plus loin, elle " avouait sa grande impuissance à trouver comparaison qui vaille de la grande beauté d'une âme et sa capacité pour la grâce ". Cette grande beauté de la nature spirituelle de l'homme dérive de ceci qu'elle a été créée à l'image et ressemblance de Dieu Lui-même. Et voici ce qu'elle écrivait en conclusion :: "car, bien qu'elle (sainte Thérèse) soit Sa créature, et qu'il y ait autant de différence entre elle et Dieu, entre une créature et son créateur, la simple affirmation dans la bouche de La Majesté Divine qui affirme qu'elle est faite à Son image signifie que nous pouvons difficilement former une conception plus sublime de la grande dignité et de la grande beauté de l'âme". (le Château de l'âme, chapitre 1)

Thèse 23

ÉTAT DE JUSTICE ORIGINEL ET CHUTE

Adam et Eve furent dotés par Dieu de la vie surnaturelle sous la forme de la grâce sanctifiante (de fide) et de certains autres dons préternaturels, à savoir l'immortalité corporelle (de fide), le contrôle parfait de la nature par la raison, ou l'affranchissement de désirs irréguliers, c'est-à-dire la concupiscence (sententia fidei proxima), l'affranchissement de la souffrance (sententia communis) et une connaissance des vérités naturelles et surnaturelles infusée par Dieu (sententia communis) ; et Adam et Eve reçurent ces dons non seulement pour eux-mêmes mais pour leur postérité (sententia communis).

Il y a tant de théologie contenue dans cette Thèse si ramassée qu'il faudrait des volumes pour l'expliquer. Le point sur lequel je veux insister ici est que les évolutionnistes catholiques auront en vérité d'immenses difficultés à s'ajuster à ces doctrines s'ils s'en tiennent au schéma évolutionniste (idéologique) des choses.

Ne choisissons qu'un point. Le Catéchisme OSV (" The Teaching of Christ ", p. 59) est tout à fait embarrassé au sujet de l'état de justice et d'innocence originelles. La cause d'un tel embarras n'est autre que la théorie de l'évolution humaine. La crainte que leur inspire cette fausse et pernicieuse hypothèse, si mensongèrement vantée comme scientifique, amène les auteurs de ce catéchisme - par ailleurs quelques fois orthodoxe - à compromettre sérieusement les doctrines concernant l'état originel de l'humanité dans les personnes d'Adam et Eve.

Ainsi ils affirment que l'Ecriture Sainte "n'enseigne pas que le premier homme était sophistiqué ni jouissait d'une large culture".

Deux points : le mot sophistiqué détonne dans le contexte. Que signifie-t-il ? Précisons la définition : Saint Thomas, dans un article dans la Somme (ST, I, q. 94, a. 3) qui répond à la question "Si le premier homme connaissait toutes choses ?". Les objecteurs à cette question, non seulement répondraient un "Non" sonore mais voudraient aussi faire d'Adam un être tout à fait non sophistiqué c'est-à-dire à peu près simplet : un réel tabula rasa, ou, en tout cas, très inexpérimenté. De quelle manière saint Thomas répond-il ? Il dit :

" Au contraire, l'homme nomma les animaux (Gen. ii, 20). Or les noms sont adaptés à la nature des choses. Ainsi donc Adam connaissait les natures de tous les animaux ; et d'une manière semblable il possédait la connaissance de toutes les autres choses.

Je réponds donc que, dans l'ordre naturel, la perfection vient avant l'imperfection, comme l'acte précède la puissance ; car tout ce qui est en puissance n'est rendu actuel que par quelque chose qui agit. Et étant donné que Dieu a créé les choses non seulement pour leur propre existence, mais aussi pour qu'elles puissent être les principes d'autres choses : ainsi les créatures furent produites dans leur état parfait pour être les principes d'autres choses.

Eh bien ! l'homme peut être le principe d'un autre homme, non seulement par la génération du corps, mais aussi par l'instruction et le gouvernement (bases de toute culture). De là, tout comme le premier homme fut produit dans un état parfait, en ce qui concerne son corps, pour l'œuvre de la génération, ainsi aussi son âme fut établie dans un état parfait pour instruire et gouverner d'autres êtres.

Mais personne ne peut instruire son prochain à moins qu'il n'ait la connaissance. Il résulte de ceci que le premier homme fut établi par Dieu de telle manière qu'il possédait la connaissance de toutes les choses pour lesquelles l'homme dispose d'une aptitude naturelle...

A la personne d'Adam, comme étant le premier homme, était dû un degré de perfection que ne devaient plus revendiquer d'autres hommes...

Cette vérité qu'Adam nomma tous les animaux est une leçon magistrale "d'anthropologie scientifique" que les auteurs du Catéchisme OSC entrevoient vaguement (p. 73), mais qui n'a rien à voir avec la Genèse. Car, ceci est important : les anthropologues évolutionnistes ont été et seront toujours complètement incapables de rendre compte de l'origine du langage. Dans l'état présent de l'homme, le langage doit être appris, et il doit être appris très tôt. Mais Adam était engagé dans une activité hautement plus sophistiquée : telle que comme d'avoir à classer selon le Dr. Henry Morris environ trois mille espèces différentes d'animaux, y compris les oiseaux. D'où il faut conclure qu'il a reçu directement, de Dieu Lui-même, un langage pleinement développé, ou, en d'autres termes, ce langage a été créé en même temps que lui ; langage qui est la base de toute culture. C'est pourquoi l'Ecriture enseigne en vérité que, si nous nous en tenons à cette vérité avec toute la foi et le respect dus à la Parole de Dieu, le premier homme Adam était sage et doué de discernement (ce qui vaut mieux que " sophistiqué "). L'Ecriture en outre enseigne que s'il y avait eu plus de deux personnes, elles auraient pu édifier ensemble en vérité, et depuis le début de la vie humaine, une très riche culture ; car les bases d'une riche culture supposent cette même très haute intelligence et son corollaire, le langage.

Thèse 24

Nos premiers parents péchèrent gravement dans le Paradis en transgressant le commandement Divin de mise à l'épreuve. (De fide. D 788)

Les commentaires de Ludwig Ott sur ce décret du Concile de Trente sont d'assez grande valeur pour nous initier à la compréhension de cette doctrine.

Le Concile de Trente enseigne qu'Adam perdit la sainteté et la justice en transgressant le commandement Divin. Étant donné que la punition est proportionnelle à la faute, le péché d'Adam fut certainement un péché grave.

Le récit biblique de la Chute par le péché de nos premiers parents est contenu dans les chapitres 2 et 3 de la Genèse. Étant donné que le péché d'Adam est la base du dogme du Péché Originel et de la Rédemption, la précision historique du récit concernant les faits essentiels ne peut être contestée.

Selon une décision de la Commission Biblique en 1909, on ne peut douter du sens littéral historique concernant les faits suivants :

a) que le premier homme reçut un commandement de Dieu qui éprouvait son obéissance ;

b) qu'en succombant à la tentation du Diable qui prit la forme d'un serpent, il transgressa le commandement divin ;

c) que nos premiers parents furent privés de leur condition originelle d'innocence. (D 2123) (52)

Ces vérités de foi sont soutenues en opposition à la fausse vision évolutionniste qui voudrait réduire le premier homme et la première femme à un état prélogique et précivilisé totalement incompatible avec un péché réel.

C'est, en effet, littéralement ce qu'une "théologie" évolutionniste voudrait nous faire croire : que le premier homme ou les premiers hommes, et la première femme ou les premières femmes étaient des créatures bestiales, ou au moins puériles, primitives dans leurs "raison et conscience en développement", comme Francœur le dit plus bas. Mais cette vision moderne du péché n'a plus aucune pertinence eu égard à la nature personnelle du péché. Pour le prix à payer de leur discours, de leur personnalisme, de leurs relations interpersonnelles, etc., les théologiens modernes semblent avoir perdu toute notion de la malice réelle personnelle du péché et de son désordre essentiel. Ils voient plutôt le péché originel (qui était nécessairement intentionnellement personnel), survenant dans un monde déjà en état de désordre ce qui récuse complètement le fait dogmatique que ce fut ce péché originel personnel qui causa le désordre dans lequel l'humanité s'est dorénavant trouvée depuis, et que seule l'union avec Jésus-Christ peut surmonter.

Robert Francœur (Critic, Fév-Mars, 1967, pp. 30-31) présente abondamment les nouvelles interprétations d'Adam et Eve et de leur péché originel ; mais il montre clairement par là, du même coup, à ceux qui retiennent l'enseignement de l'Eglise, que ses vues s'écartent entièrement de la foi catholique. Citant deux jésuites, Alszeghy et Flick, il dit :

"Adam et Eve" sont un procédé littéraire personnalisant la révolte de tous les hommes contre leurs consciences. Chaque homme a une obligation morale et chaque homme inévitablement se rebelle contre cet impératif.

Le péché originel est une réalité collective. Qu'il ait été commis par un homme ou par beaucoup, dans un ou plusieurs groupes n'a pas d'importance puisque l'interfertilité subséquente lierait tous les hommes ensemble dans la solidarité de rébellion contre Dieu.

Comme un résultat de ce sens collectif et en considérant l'homme en termes d'évolution, nous pouvons soutenir que l'homme est né dans une situation d'aliénation intime devant son Créateur. L'essence du péché originel est alors un état de privation qui sépare l'homme de Dieu et rend compte du manque de désintéressement et d'amour dans notre monde. La grâce rédemptrice et l'exemple du Christ sont le seul remède à cette situation.

Le " procédé littéraire " d'Adam et Eve symbolise le premier être humain ou les premiers êtres humains, au stade auquel l'homme devint homme, émergeant d'une forme antérieure de démarche bipède et d'une conscience et d'une raison en développement. La question de savoir exactement où et comment les premiers hommes apparurent est à résoudre par la science, bien qu'il soit clair, à partir d'arguments bibliques et théologiques seuls que nous ne pouvons nier la possibilité d'une humanité ayant émergé de plus d'un couple unique, les "Adam et Eve" historiques. (53)

Le P. Edouard Bone, jésuite anthropologue, est cité comme disant " En tant qu'anthropologue, les mots Adam et Eve n'ont aucune pertinence pour moi ". Et on cite Karl Rahner comme disant que " il n'y a pas de raisons pour que des conceptions scientifiques telles que le polygénisme soient incompatibles avec la doctrine catholique. Le polygénisme ne change pas le péché originel ".

En réduisant Adam et Eve à un " procédé littéraire ", ces hommes balaient l'autorité de la Révélation Biblique et en vérité la possibilité d'un Dieu qui Révèle.

En réduisant le péché originel, qui est un acte personnel à une pure " réalité collective ", ces hommes, d'une part veulent déformer la vraie nature du péché originel, d'autre part ils nient également sa relation jusqu'à nous.

En premier lieu, les conséquences du péché originel : souffrance universelle, maladie, mort et toutes les autres choses que signifie le Second Principe de la Thermodynamique, sont inconcevables si elles ne sont pas le résultat d'un péché d'une telle importance et d'une telle malice qui n'aurait pu avoir été commis que par des personnes d'une nature très élevée et très noble.

En toute justice, un Dieu Juste ne punit pas les péchés des enfants ni des faibles d'esprit de la même façon qu'on punit les crimes d'adultes intelligents ni de ceux " à qui il a été beaucoup donné ". " La colère de Dieu " comme nous nous lisons dans le troisième chapitre de la Genèse aurait difficilement pu être dirigée contre des être instinctifs qui venaient à peine d'atteindre " l'âge de raison" évolutionniste. Cela ferait de Dieu en effet un monstre très cruel et vindicatif. Or le premier homme et la première femme qui commirent le premier péché seraient, quand on suit bien la conception évolutionniste, des hommes qui venaient juste " d'abandonner la forme primitive de la démarche bipède et qui découvraient l'usage d'une raison et d'une conscience en cours de développement ".

Comment, une fois encore, ces créatures devinrent-elles si conscientes de l'existence de Dieu que leur désobéissance à Son commandement provoquât un tel désastre pour eux-mêmes et pour leurs descendants ?

En second lieu, comment expliquer que des hommes et des femmes qui naissaient à peine à l'humanité puissent cependant être déjà capables d'un l'acte souverainement personnel, comme fut le premier péché ? Car le péché, à quelque degré que ce soit, est la sorte d'acte intentionnel ou volontaire qui sous entend une personne coupable. On pourra bien nous faire remarquer qu'en nous, le péché originel n'est pas un mal positif mais un état de privation de la vie divine. Toutefois voilà qui rend plus inconcevable encore l'idée que cette privation radicale ait eu pour second résultat ou conséquence de suivre le lignage jusqu'à nous qui endurons encore les suites du méfait primitif, ou d'une " erreur " génétique à la Teilhard.

De nouveau, la conception évolutionniste du péché originel obscurcit plutôt qu'elle n'éclaire la nature personnelle du premier péché. Il est inconcevable que la Personne de Notre Divin Seigneur ait enduré les abominables supplices et les tourments effroyables de Sa Passion et de Sa Mort sur la Croix pour nous racheter d'un " péché " extrêmement hypothétique de nos " premiers " parents évolués ou non. " L'aliénation intime devant le Créateur " autant que " la rébellion contre les obligations morales " dont parle Francœur ne sont pas la même chose que l'état de péché originel en nous ; mais plutôt ses conséquences. Elle sont exactement la suite directe et pour ainsi dire convenable du péché originel. La concupiscence, l'affaiblissement de la volonté, et l'obscurcissement de l'intellect sont le résultat d'une Chute terrible par rapport à un état de noblesse très élevé dans lequel l'homme disposait d'un contrôle éminent de ses passions ; il jouissait alors d'une volonté entière et d'une intelligence brillante. Un tel tableau cadre difficilement avec la représentation que nous pouvons nous faire d'un groupe de primates raisonnant à peine, au milieu d'une famille de brutes.

Tableau qui ne peut non plus en aucune façon être concilié avec la Passion et la Mort de Notre Divin Sauveur. Non ! le péché est tout autre chose, encore une fois que ce que ces hommes voudraient que nous pensions. Il n'y a que la contemplation des souffrances rédemptrices et de la mort sur le calvaire du Christ qui puisse nous enseigner la nature réelle personnelle et la malice du premier péché et notre besoin constant et désespéré de Rédemption. Et même après la réparation que le Baptême seul, permet, chacun aura besoin d'une aide continuelle pour surmonter les effets du péché originel.

M'est avis que Francœur, les jésuites Bone, Flick, Alszeghy et Karl Rahner, avec beaucoup d'autres théologiens de notre époque, ont déchu de la Foi Divine catholique pour tomber dans un naturalisme païen qui est typique de la vision du monde évolutionniste. Et qu'au moins leurs paroles se tiennent comme une preuve de ce que produit l'assimilation de l'idéologie évolutionniste pour la Foi catholique divine et surnaturelle dans les esprits et les cœurs de ceux qui se permettent d'être empoisonnés par cette erreur.

Contre ces enseignements hérétiques nous avons les décrets sûrs et certains du Concile de Trente :

1. Si quelqu'un ne confesse pas que le premier homme, Adam, quand il eut transgressé le commandement de Dieu au Paradis, perdit immédiatement la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été créé, et qu'il encourut, par l'offense de cette prévarication, la colère et l'indignation de Dieu, et par voie de conséquence la mort, dont Dieu l'avait précédemment menacé, et avec la mort, la servitude sous le pouvoir de celui "qui depuis possède l'empire de la mort" (He., ii, 14), c'est-à-dire, Satan ; et que, "par le dommage résultant de cette prévarication, Adam tout entier, dans son corps et dans son âme a été changé en un état pire", qu'il soit anathème.

2. Si quelqu'un affirme que la prévarication d'Adam n'a nui qu'à lui seul et non à sa descendance et qu'il a perdu la sainteté et la justice reçues de Dieu pour lui seul et non pour nous aussi ; ou que lui, étant souillé par le péché de désobéissance il n'a transmis que la mort et les peines du corps à toute la race humaine mais non le péché aussi qui est la mort de l'âme ; qu'il soit anathème : alors qu'il contredit l'Apôtre qui dit : "Par un homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort et ainsi la mort est passée à tous les hommes en qui tous ont péché". (Rom. v, 12)

3. Si quelqu'un affirme que ce péché d'Adam (qui dans son origine est unique, et étant transmis à tous par propagation, non par imitation est en chacun comme son propre péché) peut être enlevé soit par les puissances de la nature humaine, ou par n'importe quel remède autre que le mérite de l'unique médiateur, Notre-Seigneur Jésus Christ, qui nous a réconcilié avec Dieu dans Son propre sang, devenu pour nous justice, sanctification et rédemption (I Col. i, 30); ou s'il nie que le mérite de Jésus-Christ est appliqué aussi bien aux adultes qu'aux enfants par le Sacrement du Baptême correctement administré dans la forme de l'Eglise ; qu'il soit anathème. (54) Car, "il n'est pas d'autre nom sous le ciel qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devons être sauvés" (Ac. iv, 12). D'où cette parole : "Voici l'agneau de Dieu, voici Celui qui ôte les péchés du monde" (Jean, i, 29) et celle-ci : "Vous tous qui êtes baptisés, vous avez revêtu le Christ" (Gall, iii, 27).

Personne n'a jamais pensé à nier l'existence historique d'Adam et Eve jusqu'à ce que les nouveautés du Modernisme donnent naissance à de telles notions fantastiques, l'erreur principale du Modernisme étant l'évolution comme nous en avertit St Pie X dans Pascendi.

Thèse 25

En conséquence du grave péché originel personnel d'orgueil conduisant à la désobéissance, nos Premiers Parents

1) perdirent la grâce sanctifiante,

2) provoquèrent la colère et l'indignation de Dieu, et

3) devinrent sujets à la souffrance, à la mort et à l'empire du démon. (de fide).

Cette Thèse et la suivante ont pour objet de mettre en lumière l'enseignement constant de l'Eglise en ce qui concerne l'existence historique du premier homme et de la première femme : nos parents, Adam et Eve ; et quelle est la réalité historique de leurs actions.

Leur Chute depuis l'état élevé dans lequel ils avaient été créés et établis originellement, eut d'abord ses plus tragiques conséquences dans l'ordre spirituel avec la perte de l'amitié intime avec Dieu.

Mais, secondement, et comme si Dieu voulait s'assurer en quelque sorte que la race humaine gardât en mémoire la gravité de la rébellion contre le Dieu Tout-Puissant, Il permit que les effets de ce péché touchent la création entière. Les conséquences du péché originel qui, en vérité, frappent nos yeux à travers l'univers entier - par exemple dans le Second Principe - les conséquences, donc, illuminent pour nous cependant cette réalité que l'univers constitue véritablement un cosmos, une unité ordonnée, un immense système dans lequel, comme dans n'importe quel corps organisé, tel défaut dans une partie affecte inévitablement et logiquement toutes et chacune des autres parties ; et par là même l'ensemble d'une façon ou d'une autre. On nous dit bien qu'une infection qui touche le petit doigt d'une personne, toutes les cellules du corps se mobilisent pour faire campagne contre elle. Ainsi, quand Adam et Eve péchèrent, les répercussions se firent sentir et le dommage gagna tout l'univers dont ils étaient une partie intégrante ; ceci, plus spécialement, sur cette terre où ils avaient été créés pour la dominer

Tous les maux qui entrèrent dans le monde comme conséquences du péché originel et à titre de châtiment, peuvent être résumés en un mot ; et ce mot est mort, car qu'il soit d'ordre spirituel ou matériel, le mal est l'absence de vie, ou un amoindrissement des puissances ou actions vitales qui conduisent ou bien à la cessation de la vie ou à son affaiblissement.

Aucun mal physique, il est vrai ne peut être comparé au mal moral ou spirituel qu'est le péché, mais les maux physiques sont destinés par Dieu, semble-t-il, à être pour nous - créatures corporelles que nous sommes - des mémentos permanents de l'horreur réelle qu'est le péché ; ils nous rappellent qu'être séparé de Dieu c'est mourir ; ils sont aussi comme un moyen d'expiation pour le mal moral qui avait été causé ; et pour le prix que voulut bien payer Notre Divin Seigneur au Calvaire.

La position créationniste reconnaît - c'est son mérite - que les maux physiques sont à l'œuvre dans le monde dorénavant et la raison en est le péché originel d'Adam et Eve- au titre de châtiments pour ce péché.

Quoi de plus raisonnable et juste ? Solange Hertz résume la Tradition d'une façon très claire et fort juste :

Aussitôt qu'Adam, constitué comme divinement dans sa capacité de chef de la création, engagea son autorité pour ratifier la désobéissance (d'Eve) en partageant le fruit défendu avec elle, le monde entier commença à mourir prématurément. Devenu la proie de son propre caractère d'homme mortel, Dieu lui dit : "C'est à la sueur de ton front que tu te nourriras de pain jusqu'à ce que tu retournes à la terre d'où tu as été tiré ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière" (Gen. iii, 17). Sans l'aide vivifiante de la grâce, la nature commença à adopter son cours suivant ses maîtres Adam et Eve dans le désordre. Chagrin et peine, travail et labeur, épines et chardons firent leur apparition dans ce qui avait été un environnement auparavant parfaitement harmonieux. Toutes les choses dans l'univers étaient infectées du plus bas au plus élevé. Le serpent perdit sa posture gracieuse verticale, et se déplaça sur son ventre, à même le sol, et la lumière du ciel elle-même commença à décroître.

Le quatrième jour de la création, " Dieu avait créé deux grands luminaires : un plus grand pour gouverner le jour, et un moindre pour gouverner la nuit ; et les étoiles. Et Il les plaça dans le firmament du ciel pour donner de la lumière à la terre ". Non seulement ces luminaires "diviseraient le jour et la nuit" mais ils "seraient signes pour les saisons, les jours et les années : luire dans le firmament du ciel et donner la lumière sur la terre. Et gouverner le jour et la nuit, et séparer la lumière et les ténèbres " (Gen i, 14-18).

Le sens littéral évident de ce passage est que la lune quand elle fut créée était incandescente brûlante avec sa propre lumière "pour gouverner la nuit" au lieu de refléter simplement celle du soleil comme elle le fait maintenant. Selon Fernand Crombette une fois que le péché mortel eut été commis, la lumière de la lune commença immédiatement à décroître, la date exacte de son extinction finale en est rappelée apparemment par les Anciens astronomes en écriture hiéroglyphique. Depuis ce temps-là les nuits sont plus sombres qu'elles ne devaient être (55) (nous avons noté un amoindrissement semblable dans la taille du soleil et pour cette raison de la lumière. Voir Thèse 4).

Il y eut des effets catastrophiques semblables chez l'homme lui-même, comme si " l'argile primitive ", à partir de laquelle Dieu l'avait créé, s'était transformée en boue. Non seulement il n'avait pas de vêtements à porter pour cacher sa nudité, mais Anne Catherine Emmerich disait " Je vis Adam et Eve perdant leur aspect brillant et diminuer en taille. C'était comme si le soleil se couchait " (The Genesis Record, pp. 126-127).

Aucune position créationniste ne serait complète ou même adéquate sans une proclamation ferme et forte de notre Rédemption de la mort spirituelle (la seule qui soit à craindre réellement), par Notre Divin Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Le cinquième chapitre de l'Épître aux Romains est le lieu scripturaire pour cette proclamation et saint Paul conclut :

" Comme c'est donc par le péché d'un seul que tous les hommes sont tombés dans la condamnation, ainsi c'est par la justice d'un seul que tous les hommes reçoivent la justification de la vie.

Car, de même que, par la désobéissance d'un seul homme, beaucoup ont été constitués pécheurs, de même aussi, par l'obéissance d'un seul beaucoup sont constitués justes " (Rom., v, 18-19).

Les évolutionnistes, dans leur mise à l'écart - quand ce n'est pas la négation - de la réalité historique et de l'individualité d'Adam, violent ainsi ou affaiblissent en tout cas le lien nécessaire entre Adam et Notre Seigneur. Il devrait être abondamment clair que si l'on réduit Genèse 1-3 à être une poésie ou un mythe, on atrophie et l'on sape désastreusement la base doctrinale de l'Incarnation et de la Rédemption. Et ceci n'est rien d'autre qu'enlever le Cœur véritable du Christianisme et du monde.

Thèse 26

Le péché d'Adam, le péché originel, est transmis à sa postérité non par imitation ni par le fait d'être né dans la condition humaine, mais par la génération naturelle de l'origine biologique ; et il est transmis avec la nature humaine qui, en raison du péché, se trouve elle-même dans un état de privation qui ne peut être guéri que par l'application des mérites de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ dans le Baptême et les autres Sacrements de l'Eglise. (De fide)

L'enseignement de l'Ecriture, de la Tradition et du Magistère est lumineux : le péché originel est un péché personnel commis par des individus historiques Adam et Eve, nos Premiers Parents, et nous est transmis par génération biologique en même temps que la nature humaine. C'est essentiellement un état négatif de privation dans lequel la grâce sanctifiante fait défaut à l'âme et qui la rend incapable de voir Dieu. Ce don de participer à la vie divine ne peut être restauré en nous que par le Baptême dans lequel les mérites de la Passion et de la Mort de Notre Divin Seigneur sont appliqués à l'âme ou, mieux, dans lequel l'âme est saisie par le Divin dans la grâce salvatrice de Jésus-Christ.

Le lien intrinsèque et nécessaire entre l'Incarnation-Rédempton de Notre Divin Seigneur et le péché originel d'Adam et Eve, nos Premiers Parents, rend abondamment clair le caractère fondateur du Livre de la Genèse et le besoin pour les Chrétiens de notre temps de proclamer son caractère historique face à une maligne et niaise idéologie qui voudrait le nier.

La théorie de l'évolution est une erreur profonde : une profanation. Elle accomplit son méchant travail de sape pour renverser tout ce qui appartient au domaine le plus élevé du sacré et vrai dans la vie humaine, et jusque dans les recoins de l'esprit et du cœur humains. Mais le temps vient où, après une longue période, la lumière de la vérité Divine, soutenue assurément par une véritable approche scientifique, commence à émerger de ces mauvaises profondeurs et expose leur vrai caractère et leur vraie source dans le père des mensonges lui-même.

LES ANGES

Thèse 27

Au Commencement du temps, Dieu créa des êtres spirituels, les Anges, à partir de rien. (De fide)

La théologie des anges s'impose à quiconque fait sienne la position créationniste en son entier, pour plusieurs raisons, dont la moindre n'est pas, comme le Quatrième Concile de Latran affirme que " le diable et les autres démons furent primitivement créés par Dieu avec une bonne nature, mais ils sont devenus mauvais par eux-mêmes. Mais l'homme pécha à la suggestion du diable ". (D 428)

Les anges sont plus intimement liés avec l'univers, avec la vie et l'histoire humaines que la plupart d'entre nous n'en ont connaissance. Ces relations sont mises en évidence par les doctrines suivantes de l'Eglise :

1) La première tâche des bons anges est la glorification et le service de Dieu (sententia certa ) ;

2) La tâche secondaire des bons anges est la protection des hommes et le soin de leur salut (de fide) ;

3) chacun des fidèles a son propre ange gardien à partir du baptême (sententia certa) ;

4) Le diable possède un certain empire sur l'humanité en raison du péché d'Adam (de fide).

C'est pourquoi aucune position créationniste ne serait complète ou même adéquate sans la reconnaissance de la place des Anges dans le commencement de l'histoire humaine et dans son déroulement, y compris la part très importante qu'ils joueront dans les derniers temps.

En ce qui concerne le temps exact où les anges furent créés, il y a - cela est vrai - une division d'opinion, car l'Ecriture Sainte n'est pas précise pour nos yeux pour nous sur ce point.

Lorsque Saint Thomas approfondissait le sujet il trouva que les Pères soutenaient une double opinion. Après avoir évalué les deux bords, il conclut :

" L'opinion la plus probable selon laquelle les anges auraient été créés en même temps que la nature corporelle (l'univers matériel). Les anges en effet font partie de l'univers ; ils ne constituent pas un monde isolé ni séparé ; ils entrent avec la nature corporelle dans la constitution d'un seul et même univers. La preuve en est l'Ordre des créatures entres elles. Cet ordre, en effet, est le plus grand bien de l'univers dont aucune partie n'est parfaite ni séparée du tout. Il ne semble donc pas probable que Dieu dont les œuvres sont parfaites, ait créé séparément les créatures angéliques avant les autres créatures.

" Cependant l'opinion contraire ne doit pas être regardée comme erronée, surtout en raison de l'autorité de saint Grégoire de Naziance, qui est si grande au point de vue de la doctrine chrétienne que personne n'a jamais osé l'attaquer, pas plus que l'on ne s'est attaqué aux écrits de saint Athanase, ainsi que le remarque saint Jérôme " (ST, I, q. 61, a. 3).

Saint Thomas soutient que la première des créatures corporelles créées est le ciel et la terre de Genèse i, 1 (ST, I, q. 65, a. 3). C'est pourquoi une bonne interprétation de sa pensée semblerait placer la création des anges au cours de l'œuvre créatrice du premier jour.

Saint Jean Damascène dit dans son Exposition de la Foi Orthodoxe (Livre 2, Ch. 3) :

Il est Lui-même assurément le Créateur des anges : car Il les amena à l'existence à partir de rien et les créa à Sa propre image, une race incorporelle, une sorte d'esprit de feu immatériel : selon les paroles du divin David, "Il fait de Ses anges des esprits vifs et rapides et de Ces ministres un feu brûlant". (Psaume ciii, 4)

L'ECRITURE SAINTE ET GENÈSE i, 11

Thèse 28

La Bible est à la fois inspirée et inerrante dans tout ce qu'elle affirme, énonce et suggère, parce que Dieu en est l'auteur principal.

Les décrets des Conciles, l'enseignement des Encycliques, et les décisions de la Commission Biblique attestent tous l'inspiration et l'inerrance de l'Ecriture Sainte ; et étant donné que le livre de la Genèse est un livre canonique, cet enseignement constant doit s'appliquer aussi au premier livre de la Bible.

L'enseignement de l'Eglise Catholique sur l'inspiration et l'inerrance de l'Ecriture Sainte peut être résumé dans les paragraphes suivants tirés d'Emmanuel Doronzo (The Channels of Revelation, 1973, p. 3) :

L'inspiration comme un fait est définie par les Conciles de Trente et Vatican I. Sa nature est décrite comme une action directe de Dieu dans l'intellect et la volonté des Auteurs sacrés, selon lesquels leurs écrits doivent être attribués à Dieu Lui-même comme leur principal auteur (Vatican I ; Léon XIII ; Vatican II). Son extension embrasse tous les livres canoniques des deux Testaments, "dans leur totalité et dans toutes leurs parties" (Trente ; Vatican I ; Vatican II), "dans tout ce qui est affirmé par les auteurs inspirés" (Vatican II) et pas seulement en " matière de foi et de morale " (Léon XIII) ; en bref, " tout ce que l'auteur sacré affirme, énonce, suggère " (Commission Biblique, 18 juin 1915, Denzinger 3629).

L'inerrance du texte biblique, étant une pure conséquence de son inspiration peut être considérée comme implicitement définie par les conciles de Trente et Vatican I, au moins en ce qui concerne les matières de foi et de morale. L'exclusion absolue de toute erreur, même en d'autres matières, découle de la même inspiration qui fait de Dieu l'auteur du texte entier et est considérée par Léon XIII comme également définie par le Magistère (Denzinger 3293 sq.)

Quelques théologiens modernes tentent d'introduire une distinction entre inspiration et révélation, comme si les onze premiers chapitres de la Genèse étaient "inspirés" mais ne contenaient pas de révélation ! Mais une telle distinction n'appartient pas à l'enseignement officiel de l'Eglise. Doronzo dit (ibid, p. 13) :

"... La révélation surnaturelle consiste essentiellement et formellement dans un discours de Dieu à l'homme ; secondairement aussi en des actions, pour autant que celles-ci manifestent et confirment d'une façon pratique les mots eux-mêmes. . .

En outre, la convenance et la nécessité de la Révélation s'étendent au-delà de son propre objet et atteignent aussi des vérités naturelles elles-mêmes (comme le Concile Vatican I l'enseigne, session 3, canon 2, et chapitre 2 " sur la Révélation ") ....

Son utilité pour la connaissance des vérités naturelles est montrée par la perfection limitée de notre intellect, sujet à la tromperie par les sens et à l'influence de la volonté et de ses passions, qui sont souvent sources d'erreur .... C'est pourquoi être enseigné par Dieu, la Vérité infaillible en ce qui concerne les choses vraies que la raison humaine peut connaître avec sa propre lumière, limitée et faillible, est hautement perfectif de la raison elle-même.

C'est en ce sens que la Bible est normative pour tout apprentissage humain."

Thèse 29

Le Déluge décrit en Genèse 6-8 fut une inondation qui couvrit le globe entier, c'est-à-dire qu'il fut universel à la fois anthropologiquement et géographiquement, et le registre des fossiles des géologues est un Mémorial pour l'homme moderne de cette catastrophe envoyée sur la terre en punition des péchés.

Il y a trois points à mettre en valeur ici :

1) l'historicité du Déluge.

2) son universalité géographique ;

3) son universalité anthropologique.

1) L'historicité du Déluge. L'Encyclopédie Catholique de 1908 affirme que l'historicité du Déluge est bien fondée dans la Tradition :

" Il ne sera pas suffisant d'accorder que l'ancienne légende du Déluge devint le véhicule d'une vérité religieuse et spirituelle par le moyen d'un sentiment religieux divinement guidé et d'une perspicacité de l'auteur sacré. On parle du Déluge dans quelques passages de l'Ecriture comme d'un fait historique ; les écrits des Pères considèrent l'événement de la même façon ; et ce point de vue est confirmé par les nations les plus éloignées chez qui la tradition du Déluge est conservée même dans les nations les plus éloignées de la terre. L'histoire de la Bible concernant le Déluge n'a jamais été expliquée ou comprise (par un auteur catholique) sinon au titre d'événement appartenant à l'histoire humaine. Ce serait un travail fastidieux d'énumérer la longue liste des Pères et des théologiens scolastiques qui ont abordé la question. Les quelques voix discordantes isolées sont simplement couvertes dans ce chœur unanime de la tradition chrétienne."

Ceci est écrit en 1908. Mais il y a aujourd'hui hélas ! une autre façon de voir : elle contamine largement l'Eglise Catholique et elle est même enseignée à nos enfants. C'est une attitude profondément influencée par le Modernisme. Elle dit :

" Nous ne devons pas nous demander comment le Déluge a pu survenir ni quels étaient les détails au sujet de l'Arche ni (quel était) le nombre d'animaux. A l'époque de l'Auteur sacré, l'histoire du Déluge était ainsi racontée sur la base d'une très vieille tradition qu'on trouve aussi dans les documents babyloniens. L'auteur retint deux versions de cette tradition et les interpola sans les modifier et sans opter pour un récit complet de celles-ci (d'où les répétitions évidentes) : à la place, il donna à la vieille tradition un sens totalement nouveau, qui est réellement la leçon que nous devons tirer au sujet de la justice de Dieu et de Sa volonté durable de notre salut " (Enrico Galbiati, The History of Salvation in the Old Testament. Edizioni Istituto S. Gaetano, 1969).

Ce bref passage illustre trois des caractéristiques les plus typiques du Modernisme signalées par le Pape Saint Pie X dans Pascendi : d'abord il illustre cet agnosticisme envers toutes choses mais spécialement envers les choses de la foi, un préjugé profondément déraisonnable en faveur de l'expérience même, surtout lorsqu'il fait preuve d'un faux rationalisme se posant, dit-il, contre toutes choses surnaturelles.

Ainsi on nous dit, à nous et à beaucoup d'étudiants, que nous ne devons pas tenter de comprendre les événements historiques de l'Ecriture Sainte mais plutôt laisser notre raison de côté quand nous approchons l'Ecriture Sainte et adopter une attitude de non science. Ceci est aussi l'hérésie du fidéisme qui fait une séparation non-naturelle entre la vertu surnaturelle de Foi et l'intellect humain dans lequel elle est enracinée et pratiquée. Deuxièmement, nous avons affaire à ce démembrement des récits de l'Ecriture Sainte" que saint Pie X déplorait, car il est évident que l'hypothèse documentaire de l'école de Welhausen est sous-jacente à l'exégèse et au criticisme littéraire de ces auteurs.

Troisièmement, il y a ici la supposition tout à fait évidente (également interdite par le Magistère de l'Eglise Catholique que "le sujet de ces livres n'est pas scientifique ou historique, mais ne concerne que la religion et la morale" (Pascendi).

Une quatrième et très sérieuse objection doit être faite à l'affirmation selon laquelle l'auteur de la Bible a emprunté les versions du Déluge à des traditions païennes, qui sont ainsi considérées comme antérieures à la Révélation Biblique elle-même. Bien que le décret de la Commission Biblique concerne spécifiquement Genèse 1-3, sa décision peut certainement être appliquée avec une force égale aux 11 premiers chapitres de la Genèse. Dans ce décret il est interdit explicitement d'enseigner que la Sainte Ecriture contiendrait " des fables dérivées des mythologies et cosmologies appartenant à des nations plus anciennes, même si on peut considérer qu'elles ont été purifiées de toute erreur polythéiste ".

En réalité les Saintes Ecritures contiennent toujours la Révélation Divine, alors que les mythologies des nations païennes sont ou bien des corruptions de cette Révélation Divine ou des inventions plus tardives, ou un mélange des deux. On enseigne à nos enfants une conception perverse des Saintes Ecritures et la population catholique en général est endoctrinée d'une telle façon qu'elle considère l'Ecriture Sainte comme un ensemble purement humain (non révélé) de livres emplis d'erreurs dont elle doit faire peu de cas si elle cherche à en extraire une signification " religieuse ".

Cette situation doit être vigoureusement combattue par tous les Chrétiens qui estiment non seulement l'Ecriture Sainte comme la Parole de Dieu, mais aussi et spécialement l'existence de l'Eglise elle-même, car comment l'Eglise peut-elle se maintenir en sol ferme si elle est privée de son appui réel dans l'Ecriture et la Tradition ? La " nouvelle théologie " dont le texte cité plus haut est éminemment typique dans son appel subtil à la tendance anti-surnaturelle des hommes modernes, est une théologie divorcée à la fois de l'Ecriture Sainte et de la Tradition. Elle représente une bifurcation réelle dans le mouvement de l'histoire et se terminera finalement dans les déserts de l'incroyance.

Le rappel que nous devons faire qu'un si grand nombre de catholiques occupant des postes élevés, singulièrement des évêques, des prêtres et des religieux, se soient engagés dans ce courant divergent et rebelle ne présage pas un temps à venir favorable pour l'Eglise et pour le monde.

Ce Centre où nous sommes soutient l'historicité du Déluge de Noé en union avec la Tradition Catholique et l'esprit du Magistère officiel tel qu'il est perçu dans ses documents.

2) L'universalité géographique du Déluge est tout autant réelle et confirmée. Ce fait ne fut jamais remis en cause jusqu'à la montée moderne de l'uniformitarisme, qui commença à imposer, au sujet du registre des fossiles, une interprétation évolutionniste plutôt que catastrophiste. Mais de nouveau la Tradition et le Magistère sont du côté d'une lecture littérale des chapitres 6 à 8 de la Genèse et d'une pleine acceptation de ce que l'Ecriture enseigne clairement au sujet de ce cataclysme.

3) L'universalité anthropologique du Déluge est bien attestée à la fois par l'Ecriture et la Tradition. Saint Pierre parle deux fois du fait que seulement huit personnes survécurent au Déluge (I Pierre iii, 20, et II Pierre ii, 5) et que celles-ci avaient trouvé refuge dans l'Arche : à savoir Noé et sa famille. Il y a en vérité un degré réellement terrifiant de prophétie à notre époque dans la seconde Épître de saint Pierre. Car jamais dans l'histoire du Christianisme les événements historiques de la Bible n'ont été l'objet de la moquerie, comme peu dignes de foi par des hommes " éclairés ". Et jamais dans l'histoire du Christianisme les Pasteurs de l'Eglise n'ont été si aveugles et négligents en ce qui concerne ces " hérésies destructrices " qui envahissent ainsi le troupeau du Christ " secrètement " parce que sciemment ou non inaperçues par les gardiens de la vérité (cf. II Pierre ii, 1 ; et iii, 3).

On doit aussi signaler que la Tradition Catholique a toujours considéré l'Arche comme une figure de l'Eglise et les eaux purificatrices du Déluge comme une figure du Baptême. L'article de l'Encyclopédie Catholique de 1908 affirme que cette conception des Pères n'était pas considérée comme une opinion privée "mais comme un développement de la doctrine contenue dans la première Épître de saint Pierre (iii, 20)" où l'Apôtre indique que ces huit personnes que sont Noé et sa famille "furent sauvées des eaux".

Comme nous l'avons noté plus haut (dans la Thèse 17) l'existence d'une figure dans l'Ecriture est une garantie de la réalité de celle-ci ou de l'événement original. Ainsi l'historicité du Déluge ne peut pas être mise en doute sans un danger pour la Foi divine.

Thèse 30

La théorie de l'évolution ruine la foi catholique, empoisonne l'esprit qui la laisse s'installer, obscurcit les vérités surnaturelles de la foi et pervertit les puissances naturelles de la raison. Elle est incompatible avec la foi catholique divine, et, sous sa forme théiste, constitue une hérésie majeure infestant l'Eglise aujourd'hui.

Comme une conclusion inéluctable de tout ce qui précède, la Thèse avance ceci : que la théorie de l'évolution, touchant comme elle le fait les doctrines fondamentales, les dogmes et la Tradition concernant la Création, le Péché et la Rédemption, sape la Foi Divine Catholique ; elle empoisonne l'esprit dans lequel elle réside, obscurcissant les vérités surnaturelles de la Foi et gauchissant les puissances naturelles de la raison. L'accueil de cette erreur conduit le Chrétien à soutenir des conceptions hérétiques de l'Ecriture Sainte, à mépriser l'enseignement constant de l'Eglise Catholique et sa Tradition, et déforme sa compréhension de doctrines chrétiennes cruciales. Dans le sens général, alors, on doit affirmer que l'erreur de l'évolution est incompatible avec la Foi divine Catholique.

En des sens plus spécifiques elle va contre la Foi Catholique, comme on a pu le voir dans les Thèses précédentes.

LA SCIENCE DE LA CRÉATION

Dans Genèse xxviii, 12 et de nouveau dans Jean i, 51, les Anges de Dieu sont décrits comme " montant et descendant. Dans le premier cas sur une échelle et dans le second "sur le Fils de l'homme ". Cette image peut aussi être vue comme un symbole de notre croissance dans la connaissance et la maturation progressive dans nos âmes de la sagesse et de l'amour. Car toute connaissance commence dans les sens et peut s'élever ensuite vers des ordres plus élevés ; réciproquement, nous pouvons revenir au point de départ pour une vérification par nos sens de la connaissance acquise par l'expérience, et ainsi monterons-nous de nouveau et ainsi de suite. Si le processus est une véritable croissance et maturité et si le but est véritablement désiré (c'est une aberration de notre époque d'exulter dans la quête en tant que quête et de priver le voyage de son but accessible), alors chaque montée atteint un degré plus élevé de sagesse et chaque descente un degré plus profond de compréhension jusqu'à ce que les limites de notre capacité soient atteintes, jusqu'à ce que Dieu, pour finir, nous appelle au but de notre effort dans la Vision Béatifique de Sa Gloire.

Ces recensions de notre intellect, comme elles aboutissent à une connaissance plus parfaite de Dieu, à une plus grande capacité de L'aimer et de Le servir plus intensément et plus purement, peuvent être comparées aux méthodes inductive et déductive de toute science. Quand nous procédons de façon déductive, nous commençons avec la réflexion sur les vérités de Foi connues sous le nom de théologie. Les vérités de Foi nous sont révélées dans l'Ecriture et la Tradition. C'est pourquoi la Bible et la Tradition sont des présupposés de la théologie, comme source et fondement. Comme un gardien vivant des vérités de Foi, le Magistère de l'Eglise, la règle et l'analogie de la Foi opèrent pour guider et prémunir les invasions de l'erreur.

Mais parce que l'activité théologique ne veut pas le vide mais s'exerce toujours dans une époque et dans une culture particulière, deux autres manières de penser influent les théologiens comme toute personne qui lit la Bible et réfléchit sur les vérités de sa Foi. Ce sont les concepts philosophiques et ce que nous appelons aujourd'hui les concepts scientifiques. Tous deux diffèrent grandement d'une culture à une autre et d'une époque à une autre. Mais la première question que l'on doit se poser à leur sujet est la suivante : Nous offrent-ils la vérité ?

Répondre à cette question demande un degré de maturité dans ces disciplines elles-mêmes et dans cette branche de la philosophie appelée épistémologie. Ici, tout homme peut seulement affirmer que l'esprit humain est en vérité non seulement capable d'atteindre la vérité ( qui est définie par saint Thomas - nous l'avons rappelé - comme la " conformité de l'esprit avec la réalité " ) mais que ce même esprit humain est fait pour la vérité, pour le réel. La vérité est le bien et la perfection de l'intelligence de l'homme. C'est une étrange perversion de notre époque que de nier que la vérité puisse être atteinte.

Evidemment la vérité qui nous est offerte par l'une ou l'autre des branches de la science ne peut contredire celle d'un autre champ d'étude ou alors ne méritera plus d'être encore appelée vérité. Or la norme ultime de toute vérité est la Révélation par Dieu de Lui-même dans l'Ecriture Sainte et la Tradition, car Il est plein de vérité et ne peut ni tromper ni être trompé.

Il nous faut avouer cependant qu'il y a beaucoup de vérités que Dieu n'a pas eu à nous révéler parce que nous sommes capables en raison de les connaître sans l'aide de la Révélation. Quelques-unes d'entre elles sont évidentes par elles-mêmes, telles que le fait que nos sens nous apportent une vraie connaissance de la réalité, ou bien encore qu'une chose ne peut pas être et ne pas être au même moment, ou encore qu'une chose est ce qu'elle est, qu'elle existe et qu'elle existe comme telle et telle espèce d'être. Voici les premiers principes de toute connaissance ; et les nier revient nier la possibilité de toute espèce de connaissance, commettre un suicide intellectuel ; phénomène courant à notre époque.

Les barreaux de l'échelle sont au nombre de quatre : la Bible et la théologie sont surnaturelles dans leurs modes objectifs et subjectifs alors que la philosophie et la science empirique sont naturelles. Mais toutes les quatre appartiennent ensemble à la même échelle et en sont une partie, et nous pourrions voir la science empirique - qui met l'accent sur l'univers matériel physique - comme le barreau le plus bas de cette échelle, puis la philosophie et la théologie comme les barreaux plus élevés. Et dans un certain sens, la Bible forme à la fois les fondations - contenant beaucoup de ce qui est matériel, spécialement dans les parties historiques - mais aussi le barreau le plus élevé, contenant en vérité la plus sublime de toutes les théologies.

En résumé, nous pourrions dire que le sujet total de la Création - spécifié dans son objet formel comme l'étude des origines - pourrait être abordé à partir de n'importe lequel des quatre points de vue. Ceux-ci sont :

1). le point de vue Théologique qui, en un certain sens, inclut et certainement présuppose la Bible et la Tradition ;

2) le point philosophique qui fonctionne à la façon d'un instrument, attendu qu'il fournit à partir de sa propre sphère d'activité rationnelle certaines définitions telles que celles de cause et d'effet, d'existence et d'essence, d'être, d'acte et de puissance, de substance et d'accident, de changement, de mouvement, de temps, de place, de qualité, de quantité, et ainsi de suite. Quand ces catégories sont subsumées en réflexion théologique et sont utilisées à la lumière de la foi divine, alors les concepts de la philosophie sont protégés des espèces d'erreurs que nous voyons se multiplier aujourd'hui dans ces systèmes qui divorcent eux-mêmes de cette influence salvatrice et sanctifiante.

Cet usage de concepts philosophiques au service de la théologie témoigne aussi et surtout de la réelle continuité entre la nature et la grâce, entre la Foi et la raison. Alors qu'une de celles-ci n'est jamais réductible à l'autre, elles ne sont cependant pas ennemies, ni ne sont brouillées dans la personne du chrétien chez qui est divinement infusée la vertu de la Foi surnaturelle lorsqu'il utilise son intelligence et dirige sa volonté aussi loin que possible sous l'influence de ce Don divin et à la lumière de celui-ci. En fait il n'y a que le chrétien qui soit accessible véritablement et pleinement au faisceau maximum de lumière à partir de la réalité et qui soit capable d'organiser toutes les données dans une construction mentale, selon un modèle avec, comme fin, la réalité qu'il tente d'honorer.

C'est aussi dans le royaume de la philosophie que les quatre causes d'Aristote sont examinées et c'est en regardant celles-ci qu'on peut voir peut-être plus clairement que nulle part ailleurs les relations précises entre philosophie et théologie.

Ainsi la cause efficiente des choses devient en théologie Dieu notre Créateur, la Cause Efficiente la plus élevée de toutes les choses et la seule source d'existence pour toutes les choses [autrement dit la Cause première efficiente de tout ce qui est]. La cause formelle des choses tombe dans le royaume de l'essence et spécialement de la nature (le composé d'essence et d'existence i.e. les êtres existants) comme un principe d'identité et le principe d'opération [?]. La cause matérielle est celle sur laquelle la science empirique se concentre aujourd'hui le plus distinctement mais sous la condition permanente qu'elle soit informée, parce que la matière sans forme - il faut le répéter - n'est rien qu'une pure potentialité ou possibilité et comme telle est seulement un concept logique sans réalité en dehors de l'esprit (les théories de la science moderne entrent dans ce système de pure possibilité et d'imagination avec une fréquence croissante et quelquefois entraînant des conséquences excessivement curieuses (comme en témoigne la crédulité avec laquelle le programme populaire de télévision Star-Trek est accueilli). Alors, très exactement, comme il y a moins d'intermédiaires et d'efficacité agissant sous forme de causes secondes, il y a moins de finalités dans le cosmos et plus de fins proches qui sont étudiées par les savants comme ils étudient par exemple les comportements humains et animaux. Mais la Cause Finale et la destinée de toutes choses résident en Dieu Lui-même et Sa Gloire.

Les quatre causes d'Aristote seraient - et ont toujours été - un excellent moyen d'unification de toutes les sciences. Cette sorte de modèle ou de cadre total n'imposerait pas plus de stase (on veut dire " repos ") qu'il n'y en a dans la réalité. Mieux encore et surtout, il n'autoriserait pas plus de dynamisme qu'il n'en faut réellement. La fuite en avant actuelle vers le dynamisme autant que le refus ou rejet irrationnel de toute stase qui souvent s'accompagnent l'un l'autre ne constituent en aucune façon la méthode qui est nécessairement la plus vraie pour percer le réel. Elle nous semble plutôt être une préférence distincte, une tendance cultivée et calculée de certains intellectuels puissants de notre temps. Et on ne devrait pas permettre à leurs préférences de façonner la vision du monde de toutes les autres personnes, à moins, bien sûr que toutes les autres personnes en décident ainsi. Je me sens tenue de récuser la tendance qui se manifeste chez les savants évolutionnistes d'aujourd'hui ; et à résister à leur inclination quand ils veulent imposer leur pseudo philosophie à mon esprit et à ma vie pour la raison précise que l'ayant examinée, je maintiens qu'elle est fausse.

3) La science empirique. Ce que nous appelons aujourd'hui science n'est qu'une portion rétrécie de la connaissance totale permise à l'esprit humain. Cette science se limite aux données des sens physiques observables et mesurables (quantitatives et quantifiables) et aux données fournies par les instruments construits pour étendre la sphère des sens humains. Et parce que l'univers physique que cette science étudie est un vaste système de corps particuliers et de particules reliés entre eux, il est évident que, comme un manuel créationniste le fait remarquer :

" La science... présente cet inconvénient de ne jamais produire de réponses finales et absolues (cf. E. Gilson, qui parle du " cimetière immense des théories scientifiques abandonnées "). Les trouvailles de la science doivent être prises comme des réponses purement temporaires. Si la science était absolue, les manuels de science pourraient être écrits une seule fois et rester inchangés, sans la nécessité d'éditions révisées. Mais la science est changeante " (Physical Science for Christian Schools. Emmett L. Williams et George Mulfinger, Bob Jones Univ. Press 1974, p. 6).

Le passage cité pourrait laisser l'impression fâcheuse qu'il n'y aurait pas de lois réelles, pas d'universaux que la science moderne reconnaisse. Mais il n'en est pas ainsi. Il ne pourrait pas y avoir de système de classification du tout sans des concepts universels. Des lois existent et se maintiennent telles que le second Principe de la Thermodynamique (principe de Carnot).

Ce qui est désigné comme changeant est la construction de l'esprit d'une certaine portion de la réalité étudiée. Et ce travail de révision n'est pas, comme on le croirait, particulier à la science empirique. Chacun est sans arrêt contraint de réviser et de corriger ses conceptions chaque fois qu'il a connaissance de données nouvelles. Ceci est une partie du processus total d'apprentissage. On ajuste continuellement son " modèle " intérieur pour obéir à la détermination des choses. Puis, de nouveau il y a des limites. Et si le modèle des évolutionnistes en particulier est faux et trompeur c'est précisément parce que ses limitations sont de mauvaises limitations. Les limites clairement indiquées dans et par la réalité elle-même sont celles de la nature créée. La position créationniste véritable ne reconnaît que ces limitations découvertes dans la nature créée elle-même. De même la science qui se veut connaissance, étudie la réalité en sorte que chaque branche de la science sera distinguée par son objet formel ou ce qu'on appelle plus communément sa discipline. Mais l'évolutionniste dit Non ! Il dit que la réalité est seulement ce que vous pouvez observer et mesurer. Il dit que la science n'est que ce qu'il dit qu'elle est et non ce qu'indique la nature. Et il dit qu'il n'y a pas de Créateur, pas de cause première efficiente et pas de cause finale ni de destinée pour toutes les choses en dehors des processus actuels mesurables.

Mais il vous dira aussi qu'il n'y a pas de limites à ce que ces processus matériels actuels peuvent faire aussi longtemps que vous continuez à les comprendre comme des processus matériels. C'est ainsi, qu'il place des limitations aux mauvais ou aux pires endroits et impose ses propres désirs à la nature créée et au Créateur Lui-même, Lui refusant une place en réalité. Quand elle est comprise sous cet angle, il est clair que l'évolution ne mérite pas d'être appelée une théorie car son caractère obstiné est évident. Ce n'est pas davantage une appréhension intelligente de la réalité mais une préférence, un choix et surtout une exclusion voulue de certaines portions de la réalité totale.

Les évolutionnistes théistes viennent vers nous avec cette conception-là de la science et par là même ils contribuent à la fragmentation de toute connaissance et à la nécessité fidéiste d'un bond irréel de la foi à travers des gouffres artificiels construits par une science fausse et ils les renforcent. Ceci n'est nulle part mieux illustré que dans ces écoles catholiques où une variété de création est enseignée dans les cours de Religion ; où une évolution pure et simple est enseignée dans les cours de science (de plus en plus, en même temps, le compromis est au détriment des cours de religion. La variété de création enseignée n'est pas du tout La Création mais le processus évolutionniste se cachant sous le nom de "processus créateur" (ou quelque autre euphémisme analogue).

4) La Bible. L'Ecriture Sainte est elle-même la source et l'appui de notre connaissance de la Création. Davantage encore elle est la source de notre Foi et de notre Adoration lorsque nous voulons bien reconnaître qu'elle est la Parole de Dieu, nous disant ce que nous devons croire, ce que nous devons faire, et comment nous devons à la fois croire et faire (à savoir "en esprit et en vérité" Jean iv, 24). Mais c'est l'exégèse qui est le plus en rapport avec nos objectifs présents. Aujourd'hui nous assistons à une séparation malfaisante de l'exégèse biblique et de la théologie lorsque les aspects textuels et littéraires des Livres Saints sont analysés à l'excès en termes de littérature purement humaine. Le résultat en est que nous sommes confrontés au "démembrement des récits" que condamnait saint Pie X dans Pascendi.

Il ne devrait pas y avoir de remède meilleur à cette situation que de prendre au sérieux les paroles de A. M. Rehwinkel, un savant luthérien dont les conceptions en cette matière sont entièrement en harmonie avec l'enseignement et la tradition catholiques. Il dit :

" ... Les religions de la Grèce et de Rome, d'Égypte et de Perse, d'Inde et de l'Orient ne postulaient pas un arrière-plan historique. La période mythique des Grecs, bien que semblable dans sa forme, était distincte en espèce de la période historique. La réalité objective des scènes et événements de chaque période n'était pas même conçue comme appartenant au même ordre, ou comme étant de la même espèce. Il en est tout à fait autrement avec la religion de l'Ancien Testament. Ici la doctrine est liée avec les faits ; et de plus elle en dépend tellement que sans eux elle est nulle et vide. S'il n'y a pas de premier Adam, il n'y a pas de second Adam. Les faits réels et historiques sont le substrat nécessaire des vérités ou doctrines de l'Ancien Testament précisément comme ces vérités sont le substrat nécessaire des beautés qui en jaillissent." (63)

Ce passage met en valeur ceci : si l'historicité de l'Ecriture Sainte est sapée, la réalité de la doctrine est remise en question.

On peut voir clairement le rapport actuel à la science et à l'histoire dans le texte suivant où le Rév. Rehwinkel continue :

" ... Aujourd'hui il y a un conflit éclatant entre le concept biblique d'origine et d'âge de l'univers et les théories proposés par les savants modernes.

Selon notre Bible, Dieu créa le ciel et la terre dans une période de six jours, et ceci dans les époques historiques. Mais selon les théories des savants, cet univers avec toutes ses créatures y compris l'homme, serait venu à l'existence par un processus évolutif s'étendant sur des milliards d'années.

Selon la Bible, la Création, la Chute et la Rédemption se sont déroulées à l'intérieur d'une histoire humaine qualifiable. Les théories des scientifiques ne savent rien de la Création et de la Chute de l'homme et ignorent complètement la Rédemption.

Il en résulte que les fidèles sont dans la confusion. Si les opinions de ces savants du monde sont exactes, alors la Bible est fausse. Mais si on ne peut pas se fier à la Bible dans cette matière, comment pouvons nous être sûrs que nous pouvons lui faire confiance dans les questions beaucoup plus importantes concernant la personne, l'œuvre et la rédemption du Christ, la certitude de la vie de l'au-delà, la résurrection des morts et la consommation finale de cet univers dans le jugement dernier ?

Je recommande ainsi une étude soigneuse et scrupuleuse de la chronologie biblique. Elle se révélera en vérité profitable et importante et montrera de façon concluante que les trois plus grands événements de l'histoire du genre humain à savoir la création de l'homme, la chute et la rédemption sont intimement liés et qu'ils sont arrivés dans les temps historiques et ne sont pas séparés les uns des autres par les chiffres astronomiques couramment attribués à l'histoire de l'homme.

... La Bible est absolument la seule source d'information dans le monde concernant la chronologie et l'histoire du genre humain depuis le commencement. Pour les premières 2000 ou peut-être 3000 années de l'histoire humaine, il n'y a pas de document digne de confiance en dehors de la Bible. Ce document est consigné dans les 11 premiers chapitres de la Genèse. Le récit biblique est complet et précis, commençant avec la création du premier homme. Il ne le présente pas dans une nébuleuse condition infra-humaine, mais comme une personnalité dotée d'intelligence et d'une parfaite sainteté, et créé à l'image de Dieu, et trace alors son histoire pour plus de 2000 ans directement de père en fils (incluant même les âges de chacun) de telle sorte que nous avons non seulement une généalogie précise, mais aussi une chronologie exacte." (64)

Je cite abondamment cet auteur pour mettre en lumière ceci que l'Ecriture Sainte divulgue en vérité une connaissance (une connaissance révélée) de cette portion de l'histoire que les sciences naturelles prétendent aussi nous révéler. Et, étant donné que ces deux connaissances entrent en conflit quand la deuxième est informée par la fausse philosophie de l'évolution, nous savons de Dieu Lui-même où la vérité doit être trouvée et que c'est, bien entendu dans Sa Parole.

En conclusion, l'influence insidieuse de l'erreur de l'évolution et son incompatibilité réelle avec la Foi Catholique peuvent être vues plus clairement quand la doctrine de la Création est considérée dans la perspective totale de la hiérarchie de la Vérité Catholique. Le Dictionnaire de Théologie Dogmatique de Parente, Piolanti et Garofalo (Christian Classics, édition originale Bruce, 1951) dit dans son article introductif intitulé " Synthèse de Doctrine Théologique " :

" La doctrine chrétienne n'est pas une collection fragmentaire de vérités, mais un système compact de vérités organiquement élaborées, dans lequel la raison se meut à la lumière de la Foi et de la révélation divine. C'est aussi une science, mais une science qui transcende le sujet et la méthode des sciences humaines communes, parce que ses principes consistent dans une donnée ou un fait connu qui repose sur l'autorité de Dieu, l'infaillible vérité. La donnée ou la prémisse sont la divine révélation consignée dans deux sources : l'Ecriture Sainte et la Tradition. Le gardien et l'interprète authentique de ces deux sources est l'enseignement vivant et infaillible de l'autorité enseignante (magisterium vivum et infaillibile) de l'Eglise instituée par Jésus-Christ."

Cette hiérarchie de la vérité divine est un système dans lequel toutes les parties sont reliées organiquement entre elles, comme dit Paul Hallet (Natl. Cath. Register, 9 mai 1976) le catholicisme est par là même "si compact ou architectonique dans son édifice doctrinal que si l'on ôte le moindre de ses enseignements établis on aboutit à ruiner tout l'édifice".

Où est alors précisément située la doctrine de la Création dans cette hiérarchie ? Le Directoire Catéchétique Général publié par la Sacrée Congrégation pour le Clergé en 1971, indique ceci pour nous dans les directives suivantes :

Hiérarchie de vérités qui doit être observée dans la catéchèse

43. Dans le message du salut il y a une certaine hiérarchie de vérités (cf. Décret sur l'œcuménisme du Concile Vatican II, 11) que l'Eglise a toujours reconnu quand elle a composé des Credo ou Symboles des vérités de Foi. Cette hiérarchie ne signifie pas que quelques vérités ont moins rapport à la Foi que d'autres, mais plutôt que quelques vérités sont fondées sur d'autres comme ayant une priorité plus élevée, et sont illuminées par elles.

A tous les niveaux la catéchèse devrait tenir compte de cette hiérarchie des vérités de Foi.

Ces vérités peuvent être groupées sous quatre rubriques fondamentales :

  • le mystère de Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit, Créateur de toutes choses ;
  • le mystère du Christ Verbe incarné, qui est né de la Vierge Marie, qui a souffert, est mort et est monté au ciel pour notre salut ;
  • le mystère du Saint Esprit qui est présent dans l'Eglise, la sanctifiant et la guidant jusqu'à la venue glorieuse du Christ, notre Sauveur et juge ;
  • et le mystère de l'Eglise qui est le Corps Mystique du Christ dans lequel la Vierge Marie tient la place prééminente.

La doctrine de la Création et les doctrines qui la suivent de très près (Création d'Adam et Eve, leur perfection naturelle et leur élévation à la grâce divine, l'état d'innocence originel et la Chute) sont considérées ici comme situées au sommet de la hiérarchie de la Vérité Catholique, avec la doctrine de la Sainte Trinité. En d'autres termes, elles sont des vérités fondamentales, ou de première priorité.

Plus loin dans le Directoire catéchétique général (§ 51) on insiste sur la centralité de Jésus Christ Notre Divin Seigneur et Sa vie et Sa mort Rédemptrices. En d'autres termes, étant donnée la Chute de l'homme, tout est ordonné au "salut opéré par Jésus Christ".

Ainsi nous pouvons dire que l'histoire du monde commence avec un univers parfait, et que le premier homme et la première femme commencent avec une nature parfaite enrichie des dons surnaturels. Très tôt dans cette histoire cependant le premier homme et la première femme commirent l'acte très perturbateur, un péché mortel et grave, et par là apportèrent la mort et la dégénérescence dans leur nature humaine et dans l'univers entier dont ils étaient une partie. Dorénavant, l'histoire de l'homme et du monde aspirait à la venue du Messie, Jésus Christ, la Seconde Personne de la Sainte Trinité, Qui incarne Sa Personne Divine dans la nature humaine, rachetant ainsi tous les hommes qui le veulent dans le Baptême de Sa Mort et de Sa Résurrection glorieuse.

Voici alors le fait central de toute l'histoire, l'Incarnation et la Rédemption de l'homme pécheur et de son monde. Mais elle dépend de la Chute de l'homme au commencement de l'histoire et n'a pas de sens sans cet événement premier. L'Incarnation du Verbe revient à la Création et à la Chute et est tournée vers la consommation de toutes choses dans la Gloire.

On ne peut pas gâcher ou déformer l'unité parfaite du Fait historique, la Doctrine et la Foi, cette trinité de réalité, sans menacer qu'elle disparaisse.

Mais c'est précisément la cible que vise l'erreur de l'évolution. Elle sape dans l'esprit des hommes le fondement historique, les aspects très incarnés des réalités divines.

Elle présente à l'esprit de l'homme moderne, qui idolâtre la science empirique et tout ce que ses sens hédonistes lui présentent, une vision de l'histoire qui prétend être celle de la science elle-même. Mais cette vision de l'histoire est une contrefaçon absolument perverse de celle qui nous est donnée dans la Divine Révélation. C'est un très habile renversement de l'Ordre Divin de toutes choses.

La théorie de l'évolution ne se présente pas seulement comme une théorie ou une hypothèse scientifique. Elle voudrait être une vision du monde développée systématiquement, un tissu, mais consommé d'erreurs capable d'entortiller n'importe quel fait pour l'ajuster à ses fins perverses. Elle a pénétré et déformé chaque discipline académique et chaque domaine de vie ordinaire. Elle est la meilleure préparation qu'on pouvait imaginer pour le règne du mal dans le monde, pour la défaite (temporaire) du Christianisme (comme Notre Seigneur souffrit une défaite semblable sur la Croix) et pour la souveraineté (de nouveau temporaire) de Satan dans le monde.

Comme une telle contrefaçon systématique de la vraie vérité divinement révélée au sujet de l'homme et de son histoire, son origine et sa destinée, l'idéologie évolutionniste est digne de la sorte d'intelligence complètement pervertie mais encore angélique de Satan lui-même. Le succès qu'elle rencontre n'est qu'une preuve supplémentaire de son origine diabolique et nous peinons en vérité sous la " domination du Démon " (voir Thèse 25)

Seule la vérité du Verbe de Dieu peut nous libérer de ce réseau d'erreur et d'obscurité que Satan a si ingénieusement tissé et continue à tisser avec une telle astuce et une telle ténacité d'intention. Aucune des preuves claires et contradictoires de la raison et de la foi n'affectent ceux qui ont choisi d'embrasser cette erreur. Contre ceux-ci Notre Divin Seigneur dit : " Vous êtes de votre père le diable, Ah ! vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il était homicide dès le commencement, et n'a rien à faire avec la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Quand il ment il parle selon sa propre nature, car il est un menteur et le père du mensonge ". Mais à ses disciples Il dit : " Si vous continuez dans Ma Parole, vous êtes vraiment Mes disciples, et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres " (Jean viii, 32-44).

Et ainsi la doctrine de la Création dans la hiérarchie totale de la vérité catholique n'est pas seulement une vision du monde alternative à celle de l'évolution, un choix de croyances plus vraisemblable ou même plus rationnel ou plus esthétique. Bien plus elle ne présente pas uniquement à l'esprit de l'homme moderne un autre article au menu de ses opinions, disponible pour son goût cosmopolite. Non. Dieu n'est pas une théorie et Son Verbe n'est pas un menu à la carte dans l'assortiment de la vie, pas même comme une dessert. Plutôt, la revendication de Dieu sur nous est absolue et totale et ceux qui n'ont pas vu avec leur intelligence et expérimenté dans leur cœur et le long de leurs nerfs le fait de leur propre état de créature et qui ne sont pas tombés en adoration aux pieds de Dieu comme un résultat de cette grâce- de tels hommes ont manqué le seul fait réellement important de la vie, celui qui donne un sens et une importance à tous les autres.

La théorie de l'évolution peut encore atteindre un degré tel d'accommodement dans la pensée des hommes que nous assistons aujourd'hui dans l'Eglise Catholique seulement à un temps de grand déclin et d'obscurité doctrinaux.

Les thèses présentées dans cette étude mettent en valeur le fait qu'une affirmation doctrinale claire et ferme extirpera le mal de cette idéologie du Corps du Christ et fera beaucoup pour restaurer Sa santé et Son unité.

Que ceci arrivera et arrive bientôt, c'est la prière de l'auteur de ce document et ce doit être, nous semble-t-il, la prière de chaque chrétien concerné.

ÉPILOGUE

L'évolution est une Erreur. La science et la philosophie la réfutent ; la Bible et la Théologie la rejettent.

L'Eglise Catholique est la Mère de la Vérité et ne peut enseigner l'erreur. Elle ne peut pas non plus permettre que Ses enfants embrassent l'erreur.

C'est pourquoi : L'Eglise Catholique ne peut pas enseigner l'évolution, ne peut pas accepter l'évolution, et ne peut pas permettre que Ses enfants acceptent l'évolution.

L'Eglise Catholique doit rejeter l'évolution à proportion de la fausseté qu'elle constitue, parce qu'elle est la Mère de la Vérité et que la fausseté n'a rien à voir avec Elle.

Je sais que c'est la prémisse majeure qui sera remise en question. J'accepte un tel défi, car le fardeau de la preuve se trouve entièrement du côté des évolutionnistes théistes pour démontrer que leur position est autre que ce qui est affirmé dans ces trente thèses ou que c'est en un certain sens une position vraie plutôt que fausse.

Respectueusement soumise au Jugement de l'Eglise, l'Autorité ultime dans toutes ces matières.

- - - - - - - - - -

SOURCES DE LA DOCTRINE CATHOLIQUE

UTILISÉES DANS CET OUVRAGE

Denzinger. The Source of Catholic Dogma St. Louis : B. Herder, 1957

Ott, Ludwig Fundamentals of Catholic Dogma. St. Louis : B. Herder. 1912

Pohle, Joseph : God : The Auther of Nature and the Supernaturel, A Dogmatic Treatise St. Louis : B. Herder. 1912

Rome and the Study of Scripture, St. Meinrad. 1964

St. Thomas d'Aquin, Somme Théologique.

Garrigou-Lagrange, Reginald. La Trinité et Dieu Créateur

Paula Haigh * Nazareth Village I, N° 102 Pob 1000, Nazareth KY 40048-1000 Etats Unis

- - - - - - - - - -

NOTES

1

2. Ewert H. Cousins. Rédacteur Process Theologie : Basic Writings by the Key Thinkers of a Major Modern Movement. Walter E. Stokes, S. J. "A Whiteheadian Reflection on God's relation to the World". pp. 146-148. New York. Newman Press, 1971.

3. Matthias Joseph Scheeben. The Mysteries of Christianity. Herder Book Co., 1946, p125

4. The Breviloquium 2è partie, chap. 12

5. Beyond Politics. Santa Monica, CA. Veritas Press, 1995, pp. 186-187.

6. Ibidem, p. 196

7. Ludwig Ott. Fundamentals of Catholic Dogma. B. Herder Book CCo, 1964, 6è édition, p. 86

8. Robert B. Mellert. What is Process Theologie ? New York : Paulist Press, 1975, p. 55

9. Ibid p. 107.

10. Questiones Disputatae. Herder and Herder, 1965, p. 45.

11. ibid. pp. 68-69

12. George A. Kendall, The Wanderer 19 Sept. 1991, "Fundamentalism : a Spiritual Dead    End".

13. P. Basil Pennington. Our Sunday Visitor. 10 Oct. 1993. "Why Monks Still Matter".

14. Jacques Monod Le Hasard et la nécessité ; dernier paragraphe.

15. Robert Francœur ; dans un article de Critic, Vol. 25, Février-Mars 1967, pp. 27-34.

16. St. Bonaventure. Breviloquium 2è Partie, Chapitre I

17. John C. Greene. The Death of Adam : Evolutionn and its Impact on Western Thought. Ames, Iowa : Iowa State Univ. Press. 1959, p. 78

18. The Catholic Student's "Aids" to the Study of the Bible. Londres : Burns Oates & Washbourne Ltd. 1926 pp. 2, 276.

19. Dennis R. Petersen. Unlocking the Mysteries of Creation. Creation Resource Foundation, 1986, pp. 1-35. Egalement, Walt Brown, In the Beginning. Center for Scientific Creation, 5612 N 20 th PI, Phoenix AZ 85016, 6è édition, 1995, p. 30.

20. On trouvera une adhésion du P. Jaki à ces doctrines dans tout ce qu'il écrit mais c'est peut-être Catholic Essays qui a le plus d'influence ; Christendom Press, 1990. Le dernier essai est intitulé "Le guide du Chrétien intelligent pour la Cosmologie". Les Catholiques devraient être avertis cependant que le P. Jaki est un écrivain habile et tend à surpasser son lecteur par la seule force de son brio scientifique.

21. ibid.

22. P. Roger Nesbitt. Evolution and the Existence of God. Catholic Truth Society pamphlet. 1971, pp. 2-4.

23. Harold Blum. American Scientist, Oct. 1955, p. 595.

24. P. Raymond Nogar, The Wisdom of Evolution. Doubleday, 1963, p. 66

25. ibidem, pp. 66-67

26. Op. cit. p. 149.

27. Op. cit.

28. Harold Coffin, "Creation - Accident or Design". Review & Herald, 1969, pp. 193-197.

29. Duane T. Gish. Evolution ? The fossils say No ! 2è éd. 1973, p. 118

30. Harold Coffin : Creation : The Evidence from Science. p. 9.

31. Nogar, op. cit.

32. Ibid., pp. 69-70

33. Ibid., pp. 69-70 34. Voir Daylight Mai 1994 Article de Kay Ollerhaw, "Adam's Animals : The Genesis Kinds".

35. Ibid.

36. Ibid.

37. Ervin Nemesszeghy, S. J. et John Russell, S. J. Theology of Evolution. (Theology Today Series, N° 6) Notre Dame, IN. Fides Publishers, 1971. p. 65

38. Nemesszeghy et Russell. Theologie of Evolution. Fides, 1972. p. 25.

39. Ibid. p. 25.

40. op. cit. p. 24

41. Tiré des Acts and Facts de l'ICR, 5 août 1976.

42. Carl Winterstein. Bible-Science Newsletter, juin 1976, p. 8

43. F. E. Robbins. The Hexaemeral Literature. Université de Chicago, 1911, p. 22.

44. P. Raymond Nogar. Wisdom of Evolution. Doubleday, 1963, p. 68.

45. The Labor of The Sun, p. 11. Peut être obtenu chez l'auteur : R. G. Elmendorf, 208 S Magnolia Drive, Glenshaw PA 15116, Etats-Unis.

46. St. Bonaventure : Breviloquium. 2è Partie, Chapitre 1

47. Steinmuller. Companion to Scripture Studies. 1969, vol. 1, 262 sq.

48. St. Bonaventure. Breviloquium. Livre II, chapitre 10.

49. Mgr. Kolbe. A Catholic View of Holism. 1928 pp. 47-48

50. Mgr. Leo S. Schumacher. The Truth about Teilhard. Catholic Polls, pp. 21-22.

51. I. J. Predder et E. G. Wynne. Genetics : A Basic Guide. Norton, 1972, pp. 17-18.

52. Ludwig Ott. Fundamentals of Catholic Dogma. p. 1, 6, 7.

53. Robert Francœur. Critic, Février-Mars 1967, pp. 30-31.

54. Concile de Trente. Session V, 17 juin 1546, Décret concernant le Péché originel. D 787-792.

55. Solange Hertz. Apostasy in America. Veritas Press, 1999, pp. 157-159.

56. Ibid

57. Pour une discussion étendue de ce sujet, voir l'article de l'auteur "Entropie et Eden", Avril 1992.

58. Emmanuel Doronzo. The Channels of Revelation. 1973, p. 3.

59. Ibid., p. 13

60. The Catholic Encyclopedia, 1908

61. Enrico Galblati. The history of Salvation in the Old Testament. Edizione Instituto S. Gaetano, 1969 p. 45

62. Emmett L. Williams et George Mulfinger. Physical Science for Christian Schools. Bob Jones University Press. 1974, p. 6.

63. A. M. Rehwinkel. The Age of the Earth and Chronology of The Bible. 2è éd. Adelaïde, Australie du Sud, 1967, p. 10.

64. Ibidem pp. 2, 3, 7-8.

65. Parente, Piolanti et Garofalo. Dictionary of Dogmatic Theologie. 1974.

- - - - - - - - - -

TABLE DES MATIÈRES AVEC LA PAGINATION DU LIVRE DE l'ÉDITEUR

Préface du Père André Boulet 5

Les trente thèses 11

1. Les trois personnes divines sont un unique principe commun de la création. 15

2. Dieu seul a créé le monde. 23

3. Créer signifie produire à partir de rien. 31

4. Le monde a eu un commencement dans le temps. 37

5. Tout ce qui existe en dehors de Dieu a été dans toute sa substance créé à partir de rien par Dieu, la Sainte Trinité. 43

6. Dieu a créé un monde bon. 45

7. Aucune créature ne peut, comme cause instrumentale principale ou secondaire, par sa propre puissance, rien créer à partir de rien ou mener de nouveaux êtres à l'existence qui transcendent leur propre nature. 51

8. L'action de Dieu appelée divine préservation ou conservation n'est pas un attribut communicable, mais est propre à Dieu seul parce qu'il implique la distribution continuelle d'existences dont Dieu seul est l'auteur et la source. 67

9. L'action de Dieu appelée concours divin par laquelle Dieu coopère immédiatement avec toutes les causes secondes ne peut en aucun cas être invoquée comme un agent ou un mécanisme pour l'ascension évolutionniste d'une espèce à une autre espèce. 69

10. L'action de Dieu est sans mouvement ni temps, sans effort ni travail. 77

11. Le don de la grâce divine dans une âme humaine et l'élévation de l'homme à l'ordre surnaturel par la grâce ne sont pas une analogie, ni aucune sorte de base analogique pour opter en faveur d'une transformation des espèces inférieures en des espèces supérieures au moyen d'une auto-transcendance accordée par Dieu dans l'ordre naturel analogue à ce qui se passe dans l'ordre surnaturel. 81 

12. La notion thomiste de création ne fournit aucun appui à la théorie de la "création continue". 85

13. La création n'est pas un miracle, mais plutôt la véritable initiation et la constitution des ordres naturel et surnaturel que les processus miraculeux aussi bien que non miraculeux présupposent. 89

14. Toutes les choses ont été créées pour glorifier Dieu. . 99

15. L'Hexameron ou les six jours de la création et d'autres affirmations de la Sainte Ecriture, telles que la répétition à dix reprises de l'expression "chacun selon son espèce" constituent des principes éclairants pour tous les savants 111

16. Le premier homme, Adam, fut créé directement par Dieu à partir du limon de la terre, et son corps aussi bien que son âme furent créés immédiatement par Dieu le sixième jour de la semaine de la création. 133

17. La première femme Eve fut selon les paroles de Gen. ii, 21-22 tirée du côté d'Adam pendant qu'il dormait. 137

18. Toute la race humaine descend d'un seul couple, Adam et Eve. 141.

19. L'homme, comme nature humaine, est composé de deux parties, un corps matériel et une âme spirituelle et est donc un être composé, unifié par la forme substantielle de l'âme rationnelle. 143

20. L'âme rationnelle et intellectuelle de l'homme est, par elle-même, comme cause formelle, la forme substantielle essentielle du composé humain, ce qui la conduit à être humaine. Sans l'âme rationnelle qui est un principe simple, immatériel, spirituel, intellectuel et immortel, il n'y a pas d'être humain. 145

21. Chaque être humain possède une âme individuelle immortelle. 151

22. Chaque âme individuelle est créée immédiatement et directement par Dieu à partir de rien au moment de la conception. 155

23. Adam et Eve furent gratifiés par Dieu de la vie surnaturelle sous la forme de la grâce sanctifiante et d'autres dons préternaturels comme l'immortalité corporelle, le contrôle parfait de la nature par la raison, ou l'affranchissement des désirs mauvais, tels que la concupiscence, l'absence de souffrance et une connaissance des vérités naturelles et surnaturelles infusée par Dieu. Adam et Eve reçurent ces dons non seulement pour eux-mêmes, mais pour leur postérité. 159

24. Nos premiers parents péchèrent gravement dans le Paradis en transgressant un ordre divin constituant une épreuve. 163

25. Comme conséquence du grave péché originel d'orgueil conduisant à la désobéissance, nos premiers parents

            1) perdirent la grâce sanctifiante,

            2) provoquèrent la colère et l'indignation de Dieu et

            3) devinrent sujets à la mort et à l'empire du démon. 169

26. Le péché originel d'Adam est transmis à sa postérité, non par imitation, ni par l'appartenance à la condition humaine, mais par la génération naturelle d'une descendance biologique et est reçu par nous en héritage en même temps que notre nature humaine, et, en raison de ce péché, nous nous trouvons dans un état de privation qui ne peut recevoir un remède que par l'application des mérites de la Passion et de la Mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans le baptême et d'autres sacrements de l'Eglise. 173

27. Au commencement du temps, Dieu créa des êtres spirituels, les anges, à partir de rien. 175

28. La Bible est à la fois inspirée et inerrante dans tout ce qu'elle affirme, énonce et suggère parce que Dieu en est l'auteur principal. 177

29. Le Déluge décrit en Genèse 6 à 8 fut un cataclysme qui couvrit la totalité du globe, c'est-à-dire qu'il fut universel sur le plan anthropologique et géographique, et le registre des fossiles des géologues est un mémorial pour l'homme moderne de la catastrophe envoyée sur la terre comme punition des péchés. 179

30. La théorie de l'évolution ruine la foi catholique, empoisonne l'esprit dans lequel elle s'installe, obscurcit les vérités surnaturelles de la foi et pervertit les puissances naturelles de la raison. Elle est incompatible avec la foi catholique divine, et, sous sa forme théiste, constitue une hérésie majeure infestant l'Eglise aujourd'hui. 185

Épilogue 201

Sources de la doctrine catholique utilisées dans cet ouvrage 202

Notes 203

- - - - - - - - - -