La vérité sur l'âge réel du monde et quelques

considérations sur le savoir humain

et

la frauduleuse datation par le radiocarbone

 

Les scientifiques constatent que les éléments radioactifs (1) changent une ou plusieurs fois de nature et diminuent progressivement de masse en émettant des particules (les particules alpha) pour devenir finalement des éléments stables (2). Ces transformations successives se font en des périodes de temps qui ont pu être calculées avec précision et sur lesquelles on s'est basé pour déterminer l'âge de certains échantillons, supposant connu le nombre des éléments initiaux et ultimes contenus dans ceux-ci. On a calculé que tel ou tel atome radioactif met tant ou tant d'années pour que le nombre de ces atomes contenus dans un échantillon diminue soit de moitié (3), soit du quart, soit du huitième et ainsi de suite. S'il en reste tant ou tant, cela signifie, dit-on, que tant ou tant d'années se sont écoulées.

Remarquons que pour répondre avec une telle précision, il faudrait connaître combien d'éléments radioactifs étaient contenus dans les roches au commencement de leur formation ou dans les végétaux ou animaux au moment de leur mort, c'est-à-dire au moment où ils cessèrent d'absorber ces éléments radioactifs. Or cela appartient au passé. Il ne nous est donc pas possible de le savoir expérimentalement et scientifiquement. Disons avec Pierre Termier, un géologue français bien connu, que « la terre est un livre dont les premiers feuillets ont été brûlés ».

Si l'on soutient la théorie uniformiste, racine de l'évolutionnisme, ou si l'on suppose que l'histoire de notre terre s'est faite sans subir le moindre bouleversement et que la teneur de l'atmosphère en radiocarbone et en d'autres éléments radioactifs (en potassium 40, par exemple) est restée constante, ou que l'état de l'atmosphère est stationnaire, c'est-à-dire que le taux de formation de radiocarbone équilibre exactement son taux de perte ou de désintégration, selon cette hypothèse, on arrive effectivement à des centaines de milliers d'années pour l'apparition de l'homme et des êtres vivants, et à des millions d'années pour celle des roches ; mais si l'on suppose au contraire que l'histoire de notre terre s'est faite en subissant de grands bouleversements et que la teneur en radiocarbone et en d'autres éléments radioactifs a varié, on arrive alors à des dates qui sont conciliable avec celles que la Bible révèle (4). Or, qu'un déluge et que des changements brusques ou de grands cataclysmes se soient produits sur notre planète, cela est attesté et par la découverte de coquillages et de squelettes de poissons dans les roches sédimentaires de l'Himalaya, en Asie, et sur d'autres hautes montagnes ; et par la découverte de charbon et de fougères fossiles dans les montagnes de l'Antarctique (d'où l'on conclut à l'existence passée de forêts dans ces régions polaires) ; et par la découverte de corps d'un grand nombre d'animaux inadaptés aux climats froids et saisis par les glaces de l'Arctique (corps de mammouths trouvés dans le nord de la Sibérie) ; et par beaucoup d'autres encore qu'il serait trop long de mentionner. Outre cela, soulignons que ces changements brusques sont également attestés par de nombreux écrits anciens répandus à travers le monde; et remarquons que la convergence de ces témoignages renforce leur valeur et constitue une preuve de leur véracité (5).

Pour ces raisons (et pour d'autres encore plus assurées qui relèvent de la Révélation divine, c’est-à-dire de la foi), nous n'avons pas à douter de l'âge réel de la terre que l'Église catholique, apostolique et romaine a soutenu, soutient et soutiendra toujours, car c'est la même personne, le Saint-Esprit, l'Esprit de vérité, la troisième Personne de la très sainte Trinité, qui instruit continuellement cette Église et ne peut donc pas se contredire, - à moins qu’elle se trouve éclipsée pour un temps (cf. le Secret de La Salette).

En effet, la Bible et la Tradition nous révèlent que le Christ vint au midi ou au milieu des temps, c’est-à-dire 4 000 ans environ après la transgression originelle (6), et que c'est uniquement cette transgression qui introduisit la mort sur notre planète ou plaça chaque créature vivante dans l'état de mortalité (7), dans le temps du Seigneur un jour étant égal à mille ans (8), jusqu'au moment où nos premiers parents, à l'encontre du commandement du Seigneur, prirent du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal et en mangèrent (9).

Dieu, « en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être » (10), n'aurait-il pas le pouvoir d'accélérer les réactions chimiques vitales, et conséquemment les processus de dégénérescence ? N'était-il pas possible, par exemple, que des hommes, en cédant aux tentations de Satan, dégénérassent rapidement par suite d'un retrait de la présence de Dieu ? L'épisode du figuier stérile, raconté par l’évangéliste saint Matthieu nous autorise à conclure que cela est possible (11). Dieu ne peut-il pas organiser et former instantanément toutes choses par le pouvoir de sa parole ? Le Christ, la deuxième Personne de la très sainte Trinité, n'a-t-il pas ressuscité Lazare par cette seule parole : « Lazare, sors dehors! », alors que le corps de celui-ci, selon l'évangile de Jean, exhalait déjà une odeur de décomposition ? (12) N'a-t-il pas dit à la mer : « Tais-toi ! Fais silence ! »; et le vent ne tomba-t-il pas et tout ne s'apaisa-t-il pas ? (13) La terre, qui avait été dans un état paradisiaque, n'est-elle pas devenue, après la transgression d'Adam, le séjour de la douleur, du deuil et de la mort ? (17) Selon l'Apocalypse, la terre ne sera-t-elle pas renouvelée et régénérée, voire célestialisée, après avoir subi de terribles épreuves ; et ne l’est-elle pas déjà en la personne de la très sainte Vierge, l’Immaculée conception et l’Arche vivante et véritable du Testament (14) ?

Nous savons que les hommes de science de ce siècle rejettent la possibilité de telles discontinuités pour ne suivre que leur propre pensée, en niant toute intelligence ou connaissance pure et supra-rationnelle (15), en niant tout principe d'ordre supérieur et en se cantonnant ainsi dans un savoir borné (16).

L'apôtre Pierre nous avait déjà averti que, « dans les derniers jours, il viendra des moqueurs disant que tout demeure comme dès le commencement de la création (théorie uniformiste), voulant ignorer que les cieux, la terre et l'eau vinrent à l'existence par la parole de Dieu et que par cette même parole périt le monde d'alors englouti par l'eau, et que les cieux et la terre d'à présent sont réservés pour le feu, en vue du jugement et de la ruine des hommes impies" (17).

Cela dit, n’oublions pas non plus que les faits seuls ne peuvent pas vraiment servir de base à une théorie unique, car il est presque toujours possible de les interpréter différemment. Les observations mêmes sont sujettes aux préjugés ou aux opinions préconçues. Sans la lumière de l'intellect, lumière qui vient de Dieu (18), l'expérience est par elle-même incapable de prouver rigoureusement quoi que ce soit. La lettre, ou le fait brut, n'est rien ; c'est l'Esprit de Dieu qui éclaire et vivifie l'intelligence (19). De plus, l'expérience ne porte que sur un nombre limité de faits particuliers situés dans un espace et dans un temps déterminés. De là, à faire un pas pour saisir l'universel, c'est-à-dire tout le réel existant, il n'en est pas question, car le fossé est infranchissable entre le fini et l'infini, ou entre un grand nombre et un nombre infini de faits. Aristote, le grand logicien et métaphysicien grec, a écrit : « Ce que les yeux des chauves-souris sont à l'éclat du jour, l'intelligence de notre âme l'est aux choses qui sont de toutes les plus naturellement évidentes » (20). Voilà qui devrait nous faire prendre conscience de nos propres limites et nous rendre plus humbles. N'ayons pas la prétention d'être la mesure de toutes choses (théorie rationaliste), de parvenir à tout savoir par nous-mêmes et par l'observation et l'étude des seuls faits qui se présentent à nous, sans faire pour cela appel à un être immortel, omniprésent par son pouvoir et son influence, omnipotent et omniscient, que nous appelons Dieu, notre Père céleste, le grand Créateur de tout, l'Infini.

Un temps viendra où Dieu (détruira la sagesse des sages, et anéantira l'intelligence des intelligents » (21). En effet, « Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages, afin que nulle chair ne se glorifie devant lui » (22). C'est « l'Esprit qui sonde tout » et qui a été donné aux saints, « afin qu'ils connaissent les choses que Dieu leur a données par sa grâce » (23).

Aucun mortel n'a jamais été capable par sa propre industrie d'acquérir la moindre certitude sur son origine, sur sa raison d'être ici-bas et sur le but de sa vie, ni sur la cause de l'intelligibilité, de l'unité et la cause profonde, finale, du devenir de toute réalité physique mue. Ne sont-ce pas là cependant les questions fondamentales auxquelles l'homme devrait pouvoir répondre avant de s'avancer sur le chemin de la vie ? (24).

C'est donc à chacun de nous de sonder les Saintes Écritures et de prier Dieu notre  Père céleste au nom son divin Fils unique Jésus-Christ, le Verbe incarné (25), pour qu’Il l’éclaire par son Esprit-Saint en augmentant sa foi dans Sa parole (26)

 

1 - Uranium 238, thorium 232, potassium 40, neptunium 237 et carbone 14, par exemple.

2 - Plomb 206, plomb 208, argon 40, bismuth 209 et carbone 12, par exemple.

3 - Ce qui caractérise leur période propre, qui est de 4,5.109années pour le cycle uranium 238 - plomb 206; de 1 ,39. 1010années pour le cycle thorium 232 - plomb 208 ; de 1 ,3. 109années pour le cycle potassium 40 - argon 40 ; de 2,25. 106années pour le cycle neptunium 237 - bismuth 209 ; et d'environ 5 760 années pour le cycle carbone 14 - carbone 12.

En partant, par exemple, de l'uranium 238, cet atome, en émettant des particules alpha, ou en expulsant de son noyau des protons et des neutrons, finit par se transformer et se stabiliser en plomb 206 en 4,5 milliards d'années.

D'un diamètre de 2 à 5.10-8cm seulement, ou de 2 à 5 angstroms (symb. Å), l'atome, du grec atomos : indivisible, qui doit son nom à Démocrite (IVe siècle av. J.-C.), est la plus petite unité de matière constituée par un noyau contenantmathemod.htm des particules élémentaires appelées neutrons et protons, et par d'autres particules appelées électrons gravitant autour du noyau.

C'est le physicien français Becquerel qui, en 1896, montra expérimentalement que l'uranium émet trois espèces de particules : alpha (p+ et p0), gamma (photon = e0) et bêta (e-).

Rayonnement alpha, rayonnement produit par des noyaux d'hélium, où l'hélium 24 He2 devient 2 He++ = 2 protons (2 p+) + 2 neutrons (2 n°), perdant ainsi deux élec­trons (2 e-) et devenant bi-positif.

 Rayonnement bêta, rayonnement produit par des électrons (de masse négligeable). Rayonnement gamma, rayonnement produit par des photons (de masse négligeable) contenus dans une certaine quantité de lumière (énergie du quantum : E = hn, où h représente la constante de Planck, ou constante quantique, et n la longueur d'onde de la lumière incidente, ou ses nombres de vibrations par seconde). Mais soyons quand même prudents sur la valeur de toutes ces formules et tout particulièrement sur la physique quantique ainsi que sur la théorie de la relativité d’Einstein qui fait fi de la réalité naturelle avec ses trois dimensions, sans parler des mathématiques modernes qui ont également dévié de leur finalité naturelle par l’adjonction d’éléments hétérogènes et leur postulat d’un espace à n dimensions. (Voir sur notre site :  mathemod.htm et les travaux remarquables du CESHE : Présentation du CESHE et de Fernand Crombette.)

4 – Des scientifiques partisans de l’uniformisme, pour renforcer leur thèse par la datation de l’âge de certaines grottes où se trouvent des stalactites et des stalagmites en divisant l’épaisseur des dépôts de carbonate de calcium par le taux normal d’accumulation. Or, c’est toujours la même objection qui ressort : la concentration de carbonate de calcium et son taux de précipitation est fonction de la température, de l’alcalinité, de la proximité de dépôts calcaires et de bien d’autres facteurs, dont aucun ne peut être considéré comme une constante à travers le temps.

5 - Pour plus de détails, voir, aux éd. Stock, Paris, par Immanuel Vélikovski, « Monde en collision », 1976, et « Les grands bouleversements terrestres », 1982.

6 – Cf. Gn 3.

7 – Cf. Gn 3 : 22 ; Romains, 5 : 12-14.

8 – Cf. 2 Pierre 3 : 8; Psaumes 90 : 4.

9 – Cf. Gn 3 : 6.

10 – Cf. Actes, 17 : 28.

11 - Matthieu 21 : 18-19 : « Le matin, en retournant à la ville, il (Jésus) eut faim. Voyant un figuier sur le chemin, il s'en approcha; mais il n'y trouva que des feuilles, et il lui dit : Que jamais fruit ne naisse de toi ! Et à l'instant le figuier sécha. » -  Cf. Genèse 3 : 17-19.

12 - Jean 11 : 39, 43-44 : « Jésus dit : Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. (...) Ayant dit cela, il (Jésus) cria d'une voix forte : Lazare, sors ! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : éliez-le et laissez-le aller. »

13 - Marc 4 : 39 : « … étant réveillé, il (Jésus) menaça le vent, et il dit à la mer :

«  Silence ! Tais-toi ! Et le vent cessa, et il y eut un grand calme. » - Cf. Matthieu 14 : 15-21; Exode 4 : 6-7; 7 : 12, 15, 20-21; 8 : 12-13; 9 : 8-10, 22-23; 10 : 21-23.

14 - Genèse 3 : 17-19 : « II (l’Eternel Dieu) dit à l'homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre : Tu n'en mangeras point ! Le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces... C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière et tu retourneras dans la poussière. »

15 - Psaumes, 50 : 3 : « II vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence; devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête. »

Isaïe, 66 : 16 : « C'est par le feu que l'Eternel exerce ses jugements, c'est par son glaive qu'il chatie toute chair; et ceux que tuera l'Eternel seront en grand nombre. » Malachie 4 : 1, 5 : « Car voici, le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume; le jour qui vient les embrasera, dit l'Eternel des armées, il ne leur laissera ni racine ni rameau. (...) Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, avant que vienne le jour grand et redoutable de Yehovah.. »Joël 2 : 31 : « Le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant que vien­ne le jour grand et redoutable de Yehovah. » (Voir Matt. 24 : 29, 37.)

2 Pierre 3 : 7 : « ... les cieux et la terre d'à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies. »

Isaïe 65 : 17 : « Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre; on ne se rappellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l'esprit. » Apocalypse 21 : 1 et 4 : « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. ( . . . ) Il (Dieu) essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

16 - 2 Pierre 3 : 2-8 :

«  … afin que vous vous souveniez des choses annoncées d'avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur, enseigné par vos apôtres, sachant avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant : Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création. Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la parole de Dieu, de même qu'une terre tirée de l'eau et formée au moyen de l'eau, et que par ces choses le monde d'alors périt, submergé par l'eau, tandis que, par la même parole, les cieux et la terre d'à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des impies. Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. »

17 - Proverbes 20 : 27 : « Le souffle (ou l'esprit) de l'homme est une lampe de l'Eternel; il pénètre jusqu'au fond des entrailles. »

18 - Jean 1 : 9 : « Cette lumière [la lumière du Christ] était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. »

19 - Aristote, "Métaphysique", Livre Alpha, ch. I, 993 b 10, Lib. Vrin, Paris 1964.

20 - 1 Corinthiens 1 : 19 : « Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. »

21 - 1 Corinthiens 1 : 27 et 29 : « Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes ... afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. » (Voir Isaïe, 29 : 14).

22 - 1 Corinthiens 2 : 10 et 12 :

« Dieu nous les a révélées [les choses que l'œil n'a point vues] par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. (...) Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. »

23 - Matthieu 7 : 13-14 :

« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. »

24 – Cf. Jean 16 : 23-24; Colossiens 3 : 17; Jean 8 : 31 ; Jacques, 1 : 5.

25 – Cf. Jean, 1 : 14.

26 – Cf. Luc, 17 : 5-6.

 

 

À PROPOS DU SAINT-SUAIRE

ET DE

LA FRAUDULEUSE DATATION PAR LE RADIOCARBONE

 

 

Jean Ousset dans Pour qu’Il Règne, édition 1959, p. 243-244, à propos de l’Université, rapporte ces réflexions importantes de Daniel Halévy (Historien et essayiste, membre de l’Académie des Sciences Morales, né en 1872, et grand-père de Louis Joxe), remarques toujours actuelles :

«Avec un sens aigu de l'importance des objectifs, la Révolution s'appliquera d'abord à mettre la main sur l'école, clef des intelligences et porche de l’avenir.

«Dès 1867, fondation par Jean Macé de la Ligue française de l'Enseignement, institution fondamentale.

"Quelque lecteur pensera peut-être, écrit fort justement M. Daniel Halévy (dans Histoire d'une Histoire, Grasset, p. 59), que nous faisons intervenir ici un bien petit homme et une bien petite institution. Ce lecteur se trompera... La Ligue de l’Enseignement a été l'inspiratrice et la matrice de notre école publique dont l'enseignement sommaire et péremptoire a fait de la Révolution, pour l’ensemble du peuple français..., une institution de pensée.

"Nous accusons ici l'Université, poursuit M. Daniel Halévy. Elle est le seul corps de la société française qui doive son existence à la Révolution et elle ne l'oublie pas... Assurément, elle distribue le savoir et il n'est pas question de nier ses mérites. Mais dès qu'on entre dans le domaine des sciences historiques et morales... l’Université, fille de la Révolution, enseigne la Révolution".

"A tous les degrés, précise M. Daniel Halévy, cet enseignement existe. Du primaire au secondaire ou au supérieur, les modalités seules diffèrent... Dès sa quatorzième année, l'enfant voit poindre la menace du baccalauréat ; il y pense ; les aînés lui en communiquent la crainte, l'habituent à savoir qu'il y a des sujets opportuns et des réponses qui plaisent. Dès lors, commence une courbure de l'esprit et du caractère qui ne cessera que pour très peu. Heureux ceux qui sortent de l'engrenage à vingt-cinq ans. Après le baccalauréat, viennent les licences, l'agrégation, la grande école. Il y faut des années d'application pendant lesquelles le grand livre, le livre redouté pour l'enfant et le jeune homme, ce sera le manuel. Le supérieur a les siens comme le primaire... Au fond, c'est toujours le même conformisme.

"La Révolution est reine : voilà le fait premier, ensuite logiquement développé de page en page. Dans tous les pays d'Europe, le Roi succède au Roi, c'est-à-dire le fils au père. La France, exception unique, est le pays où la Révolution succède à la Révolution. Juillet 1830 produit Février 1848, qui produit Septembre 1870, et ainsi de suite, à travers les secousses atténuées de la IIIe République jusqu'à la Révolution de 1936...

"L'étudiant soucieux de se tenir en forme d'examen évitera de lire Taine. Disons mieux : l'idée ne lui en viendra même pas. Aulard, Matthiez, voilà des maîtres ! Le premier d'entre eux a clairement prévenu que Taine était un auteur condamné : «A la Sorbonne, écrit-il, (Taine, historien de la Révolution, p. VIII), un candidat au diplôme d'études historiques ou au doctorat se disqualifierait s'il alléguait Taine comme une autorité dans une question d'histoire».

"Quand l'étudiant aura obtenu ses diplômes, le temps de lire aura passé. L'exigeant métier sera là, et ce métier sera peut-être une fonction publique... Or, il y faut, à défaut de l'orthodoxie, la prudence... La vraie liberté vient avec la retraite, c'est-à-dire trop tard..." [Mais il n’est jamais trop tard pour se convertir et collaborer à la conversion des âmes que Dieu nous confie ou nous envoie ! – voir les ouvriers de la dernière heure in saint Matthieu, 20 : 1-16 et Psaumes, 70 : 18.]

«Commencée par l'école, l'œuvre de déchristianisation se poursuivra de proche en proche, méthodiquement, dans tout l'ordre institutionnel.

"La foi en Dieu, dira Buisson, n'est pas une de ces obligations que la société puisse inscrire dans ses lois. Nos lois, nos institutions ne sont pas fondées sur les Droits de Dieu, mais bien sur les Droits de l'Homme... Elles n'agissent et ne parlent plus au nom de Dieu ou par la grâce de Dieu, mais au nom de la nation et avec une autorité purement humaine. La laïcité est le corollaire de la souveraineté populaire".

UNE GRANDE DAME POUR UNE GRANDE CAUSE

Madame Marie-Claire van Oosterwyck-Gastuche est une femme compétente, courageuse, obstinée. Elle a passé sa vie à étudier le Carbone 14 et depuis plusieurs dizaines d’années à scruter le linceul de Turin. De ces deux passions elle a su remettre en cause, bien souvent seule contre tous, beaucoup de fausses idées soulevées par ces deux objets.

Elle vient enfin de nous faire découvrir ses observations et conclusions dans un livre qui me paraît être un des plus importants sur ces sujets : Le radiocarbone face au Linceul de Turin, édition F-X de Guibert1, septembre 1999.

1 En vente à DPF, BP 1, Chiré 86. Évidemment un livre à lire.

Soulignons de suite la conclusion, p. 349 : Le carbone 14 date faux, on le sait depuis quarante ans.

Madame Oosterwyck, Agrégée, Professeur d’Université, Docteur en sciences (physico-chimie) s’est spécialisé dans l’étude des méthodes de datation géochronologiques, dont le radiocarbone. Elle parle en expert et nous fait découvrir les origines douteuses de cette datation et surtout les nombreuses, très nombreuses aberrations des résultats : d’où la conclusion citée, connue de tous les professionnels mais dont personne ne veut ou ne peut dire. Elle seule a eu ce courage.

Mais son travail va plus loin. Une icône, on sait ce que c’est, le linceul n’est pas une icône. Une peinture, on sait ce que c’est, le linceul n’est pas une peinture. Le Saint Suaire est le suaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ (L’Homme du Linceul ne peut pas ne pas être Jésus de Nazareth, comme le dira un autre spécialiste courageux A. A. Upinsky).

Il est aussi Chaire de Vérité. Depuis toujours nous savons que l’Eglise Catholique est La Chaire de Vérité. Mais une des conséquences de La Révolution et des révolutions (dont la révolution conciliaire) fut de prétendre substituer à La Chaire de Vérité, une chaire qui veut s’imposer et s’impose comme nouvelle chaire de Vérité, celle de la science, dirigée par l’Université.

Le Saint Suaire condamne ces sciences, condamne l’Université, condamne cette prétentieuse chaire de Vérité qui n’est en définitif qu’une chaire de pestilence. Ayant imposé au XIXe des dogmes qui s’avèrent aujourd’hui, dans chacune des sciences, bien dépassés par les découvertes récentes, du haut de sa prétendue infaillibilité elle ne veut pas remettre en question les erreurs imposées (1).

1) La plus prétentieuse et la plus destructrice est la théorie de l’évolution, théorie incapable de montrer un seul exemple d’ossements justifiant les époques intermédiaires. S’il y en avait un début de preuve, les musées seraient remplis de ces squelettes transitoires.

Madame Oosterwyck, à partir des découvertes faites lors des recherches sur le Saint Suaire, remet plus ou moins en question, et parfois condamne, pas moins d’une douzaine de disciplines : l’histoire ancienne, les datations, le radiocarbone (mérite-t-elle seulement le nom de science ? - p. 151 et p. 246 : le radiocarbone n’est pas une science mais une idéologie à consonance scientifique), les chronologies, l’archéologie, la statistique, l’égyptologie, la paléo-climatologie, l’évolution, la date de la création, la géologie, la stratification, la sédimentologie. En plus, elle s’interroge sur la secte conciliaire, qui se compromet douteusement, réactualisant d’une façon indiscutable (ce qui en gène beaucoup !), la thèse du complot (p. 104 : complot contre l’Église et p. 151).

Pour elle la science du XIXe est un château de cartes (p. 39), l’histoire remonte à 5000 ans à peine (p. 36), tout l’édifice de la science moderne s’écroule (p. 50) car fondé sur des dogmes faux.

Elle n’a pas peur de traiter ces gens d’hystériques, de fanatiques, de faussaires, de menteurs, de manipulateurs, de fantaisistes, d’idéologues, de ridicules, de dépassés, se voulant infaillibles et imposant un enseignement ex cathedra qui n’est observé nulle part.

Une volée de coups de bâton méritée et un bol d’oxygène bienfaisant.

Elle a lutté de nombreuses années contre tous, incompétents ou faussaires, qui contre toute évidence veulent encore croire et imposer, même dans nos rangs, les résultats du radiocarbone. Elle a été ridiculisée, humiliée, bafouée. Avec beaucoup de panache et en esprit supérieur, profondément chrétien, elle sait répondre bravement à ses détracteurs, les reprenant en éduquant.

Si la secte conciliaire, phagocytée par nos ennemis, ne veut plus enseigner la vérité, refuse d’être la Vérité (elle sait qu’elle n’est plus la Vérité), le Saint Suaire de Notre-Seigneur devient la chaire de Vérité, prêche la Vérité, est la Vérité. L’événement fondateur de la religion chrétienne - la Résurrection - n’est pas un mythe (p. 255). CRUCIFIX ETIAM PRO NOBIS, SUB PONTIO PILATO PASSUS ET SEPULTUS EST. ET RESURREXIT TERTIA DIE, SECUNDUM SCRIPTURAS. Il est bien Dieu, Fils de Dieu, le Dieu vivant, le Rédempteur, notre Sauveur. L’Église Catholique est bien Son Église, la seule Église.

Ils ont tout fait pour détruire Son linceul et le ridiculiser par une fausse datation. C’est Lui qui les ridiculise, qui les détruit. De rage, ils ont voulu le faire brûler pour le consumer, c’est Lui qui les brûlera de Son Amour.

Quand on contemple le Saint Suaire on sait qu’Il est le Tout Puissant, on sait qu’Il est La Vérité, on sait qu’Il est La Voie, on sait qu’Il est La Vie, le Solus Sanctus, le Solus Dominus, le Solus Altissimus. On sait qu’Il est notre Roi, on sait qu’Il régnera malgré tous Ses ennemis et qu’Il triomphera.

Merci à tous ceux qui ont merveilleusement travaillé sur le linceul, qui nous en ont fait découvrir toutes les richesses mais surtout MERCI à vous, MADAME. Vous êtes compétente, obstinée, courageuse.

Vous êtes la grande Dame que méritait cette grande cause.

LE RADIOCARBONE FACE AU LINCEUL DE TURIN, p. 255-257.

«Quis cutodet custodes ?» ou : «Felix qui potuit rerum cognoscere causas»

Ici je m'interroge : pour quelle raison, malgré la profusion de détails recueillis par les disciplines les plus diverses prouvant qu'il était bien l'authentique linge funéraire du Christ, son image est restée une énigme. Pourquoi les spécialistes C 14 ont-ils maintenu contre toute vraisemblance que le Linceul datait du Moyen Âge ? Pourquoi leurs déclarations ont-elles été si largement médiatisées, alors que celles des contestataires n'étaient pas entendues ?

Upinsky, qui a analysé les raisons du rejet de l'authenticité dans son livre «L'énigme du Linceul. La prophétie de l'an 2000» (Fayard, 1998) considère qu'il est le «révélateur d'un dysfonctionnement fondamental du catholicisme, d'une contradiction majeure entre l'Église et son principe fondateur» (p. 210). Bref, l'Église serait - tout comme le Synagogue autrefois - incapable aujourd'hui de reconnaître son Messie.

Mais si bon nombre de prêtres tournent délibérément le dos au Saint Suaire, leur attitude découle d'autres dysfonctionnements : celui de notre science et de notre civilisation qui ont toutes deux rejeté Dieu.

Le vers de Virgile en exergue veut rappeler que les Anciens - et tous les peuples de la Terre - avaient les yeux tournés vers le Ciel. Un songe, un nuage, un buisson ardent étaient autant de symboles divins qu'ils ont su interpréter et qui nourrissent encore notre vie spirituelle. Or aujourd'hui Dieu (qui d'autre que Lui ?) a voulu révéler à notre malheureuse génération ce que nul œil n'avait encore vu : «l'image visible du Dieu invisible» écrite en traits de feu. Et elle n'a rien

vu, car elle ne voyait qu'elle... Ni que ce feu était celui de l'Amour car il n'y avait pas de place pour l'Amour dans leurs cœurs endurcis. Elle n'a pas vu non plus qu'une porte s'était ouverte dans le Ciel. Parce qu'il y a longtemps qu'elle ne regardait plus vers le Ciel non plus.

Me voici arrivée au terme de ma longue quête «aux frontières de l'Absolu» et en mesure de répondre à la question : «quis custodet custodes» ? Mon étude, qui a dépassé largement le cadre de l'expertise scientifique que je m'étais primitivement assignée démontre que notre époque vit sur des erreurs dramatiques d'évaluation. En fait, elle s'est trompée d'Absolu. Paradoxalement, pour le Linceul qui a enveloppé le corps du Christ, ce n’est pas la date radiocarbone qui a servi de référence, mais des «croyances» abusivement présentées comme «rigoureusement scientifiques» et pourtant incapables de traiter rationnellement et méthodiquement le problème qu'il pose.

L’important est de comprendre enfin le vrai message de la Relique : le catholicisme n'est pas - comme on a voulu nous le faire croire - un système idéologique en habits sacrés, vieillot et quelque peu ridicule. L’événement fondateur de la religion chrétienne - la Résurrection - n'est pas un mythe. C'est la «science radiocarbone» qui fait au contraire partie intégrante d'un système idéologique ridicule et dépassé qui est en train de mener les esprits et les sociétés à une asphyxie totale. Qui sera le plus fort ? À la place de l'establishment, je me méfierais, le combat impudent contre le vérité présente à long terme des risques considérables... En attendant : «l'énigme continue». Car nous devons nous en rendre compte : le débat autour du Saint Suaire n'est pas uniquement scientifique, mais aussi religieux. Ou plutôt il est à la fois intégralement scientifique et intégralement théologique, il rassemble dans une même exigence : la recherche de la vérité, deux ordres de connaissances, distinctes, non contradictoires et même complémentaires du service du réel c'est-à-dire de la Vérité. «Qui me voit voit le Père... Et vous qui dites-vous que Je suis ?...» Cette question durera tant que la Terre durera.

Car il est impossible de comprendre le message du Linceul sans revenir aux Écritures, dont il est le témoin muet mais bien réel. Qu'on me permette quelques citations pour terminer : «Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières parlé jadis par les Prophètes à nos pères, Dieu, en cette fin des jours nous a parlé par le Fils... resplendissement de Sa gloire et empreinte de Sa substance...» (He, I, 1). L'apôtre Paul, qui a écrit ces lignes voici quelque deux millénaires, précise ailleurs que le temps où il vit n'est pas vraiment le dernier. Il va se poursuivre jusqu'à ce que le «mystère d'iniquité» déjà alors à l'œuvre soit pleinement accompli. Lors de ces temps-là, qui précéderont le second avènement du Christ, l'apôtre Pierre nous met notamment en garde contre les «faux docteurs» qui séviront alors. Ils seront «audacieux, arrogants», ils «blasphémeront ce qu'ils ignorent» et Pierre annonce qu'ils sont «voués à la perdition», car à cause d'eux, «la voie de la vérité sera blasphémée» explique-t-il (Pi, II, 2).

Et, dans l'Apocalypse, le Christ dit à Jean qu'il «vomit les tièdes». Or, ceux qui peupleront l'Église de Laodicée (la dernière…) seront «ni chauds ni froids» et pleins d'autosatisfaction. Ils se croiront riches alors qu'ils sont «pauvres, aveugles et nus». Il leur recommande «d'acheter du collyre afin d'y voir clair». (Ap. Jean, III, 14.) C'est donc que les sommités qui n'ont pas reconnu l'image du Christ manquaient de ce collyre, dont ils avaient oublié la recette, bien connue pourtant, et qui est indiquée dans les Écritures : «Enfants des hommes, pourquoi avez-vous le cœur appesanti ? Pourquoi recherchez-vous la vanité et aimez-vous le mensonge ?» (Ps. IV.)

Pourquoi le Christ «par qui tout a été fait» a-t-il voulu parler aux scientifiques de notre temps et leur montrer Sa «gloire» ? Pourquoi n'ont-ils rien vu, sinon du «sang de cochon», alors qu'il «frappait à leur porte» ? Nous voici confrontés à nouveau au «mystère d'iniquité» et, comme lors de Son premier avènement, «les Siens ne L'ont pas reçu»... Pourquoi est-il dit que dans les derniers temps, ces grands esprits «mépriseront les gloires» (en effet rien de plus plat que leurs commentaires...) ? Et pourquoi est-il encore dit que lors des cataclysmes qui précéderont le second avènement «tout ce qui est glorieux sera protégé» ? (Is. IV, 1). Serions-nous donc à la fin des temps ?

Il est certain que le message du Linceul de Turin a été conçu pour les hommes de notre temps et que leur science matérialiste est responsable de leur aveuglement. Je souhaite que ce livre les aide à pénétrer dans la gloire de l'«ongoing mystery» et qu'ils comprennent enfin la richesse infinie de son message afin qu'ils puissent chanter avec le psalmiste : «La lumière de Votre visage est gravée sur nous, Seigneur, Vous avez mis la joie dans mon coeur» (Ps. 4).

Aubignan, Noël 1998, Marie-Claire van Oosterwyck-Gastuche.

 

 

Le nouvel Observateur du mardi 6 avril 2010

Semaine du 01/04/2010

En attendant le grand Suaire

 

Cf. internet :

En attendant le grand Suaire - La relique de Turin à nouveau exposée - Bernard Loupias - Notre époque - nouvelobs.com

et : Virgo-Maria N° 805

En 2000, 1,5 million de personnes s’étaient précipitées à Turin pour voir le linceul supposé de Jésus. Dix ans plus tard, une nouvelle ostension aura lieu du 10 avril au 23 mai. Retour sur une énigme.

Il est apparu pour la première fois en Occident vers les années 1350 dans une petite église, Notre-Dame de Lirey en Champagne, tout près de Troyes. Comment serait-il arrivé là ? Peut-être un templier l’aurait-il ramené avec lui ? C’est une hypothèse. En tout cas, c’est l’objet le plus mystérieux de la chrétienté. Un rectangle d’étoffe de lin de 4,40 mètres de long sur 1,10 mètre de large, qui a gardé la trace du corps d’un homme au visage tuméfié, mort après avoir été flagellé et crucifié selon les techniques de mise à mort infamantes chères aux Romains, et sans doute couronné d’épines, pratique en revanche non répertoriée.

Pour nombre de croyants, aucun doute n’est possible : le Suaire de Turin, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne peut être que le linceul dans lequel fut enveloppé le corps de Jésus entre la descente de la croix et sa résurrection. Pour les autres, et en premier lieu les scientifiques qui se sont penchés depuis 1978 – date à laquelle le Vatican a autorisé son étude – sur cet artefact, le Suaire de Turin est d’abord un sujet de controverses infinies. Mais tous, qu’ils soient chrétiens convaincus, athées militants ou agnostiques radicaux, sont au moins d’accord sur un point : après des années de recherche, d’examens toujours plus poussés à l’aide des techniques de plus en plus sophistiquées, le mystère reste entier. Personne à ce jour n’a pu établir avec certitude comment cette image – un négatif optique ! – a pu être réalisée... Quant à l’Église qui hérita du Suaire en 1983 à la mort de son dernier propriétaire “civil”, Umberto II, l’ultime roi d’Italie, chef de la maison de Savoie qui détenait la relique depuis des siècles –, elle est toujours restée d’une prudence de Sioux. Officiellement, pour le Saint-Siège, la question de l’éventuelle authenticité du Suaire n’en est pas une. Tout au plus cette image est-elle considérée, à l’instar de tant d’autres reliques, comme un moyen pour les fidèles de méditer sur la Passion du Christ et le mystère de la Résurrection.

En 1998, avant une nouvelle ostension, le pape Jean-Paul II était allé se recueillir devant le Suaire, qui venait d’être sauvé in extremis quelques mois plus tôt de l’incendie, sans doute d’origine criminelle, qui avait ravagé la cathédrale de Turin dans la nuit du 11 au 12 décembre 1997, avant de déclarer : « La fascination mystérieuse qu’exerce le Saint Suaire pousse à formuler des questions sur le rapport existant entre le Lin sacré et la vie historique de Jésus. Ne s’agissant pas d’un thème de foi, l’Église n’a pas la compétence scientifique pour se prononcer sur ces questions. Elle confie aux spécialistes le devoir de poursuivre les recherches afin de réussir à trouver des réponses adéquates aux interrogations liées à ce Suaire, qui selon la tradition aurait enveloppé le corps de notre Rédempteur lorsqu’il fut déposé de la croix. L’Église exhorte à aborder l’étude du Saint Suaire sans préjugés, qui considéreraient comme une évidence des résultats qui ne le sont pas ; elle les invite à agir avec une liberté intérieure et un respect attentif à la méthodologie scientifique et à la sensibilité des croyants. »

On ne peut pas dire que ces conseils aient été suivis à la lettre. Quels que soient les (nombreux) scientifiques qui depuis 1978 se sont penchés sur ce mystérieux drap de lin, très peu ont réussi à faire abstraction de leur conviction intime. « Le problème avec le Suaire, s’amuse Frédéric Lenoir, le directeur du “Monde des religions” que la question passionne, c’est qu’on est coincés entre des chercheurs croyants, qui ne cherchent qu’à confirmer leur certitude que le Suaire est authentique, et des rationalistes d’une mauvaise foi totale, qui n’ont qu’un but : démontrer l’imposture. »

Ainsi, ce “camp”-là triompha-t-il quand, le 13 octobre 1988, furent annoncés les résultats de la datation au carbone 14 réalisée sur un échantillon de tissu prélevé sur le Suaire réalisée par le professeur Tite, du British Museum. Pour l’équipe de ce chercheur britannique, aucun doute n’était permis : le Suaire avait été fabriqué au Moyen Âge, entre 1260 et 1390. L’affaire semblait réglée. Elle ne l’était pas. D’autres chercheurs ont depuis réduit à néant cette théorie. Ils ont d’abord fait remarquer que l’échantillon prélevé l’avait été, sans précaution aucune, dans une zone du Suaire restaurée en 1534 par des sœurs clarisses, et découvert que ces dernières avaient retissé cette partie avec de la laine bistre pour qu’on ne distingue pas ces nouveaux fils du lin. Il s’agissait ainsi d’effacer les dommages causés au Suaire lors de l’incendie, en décembre 1532, de la Sainte Chapelle de Chambéry où la relique reposait depuis trente ans avant qu’elle prenne en 1578 le chemin de sa destination actuelle, la cathédrale de Turin. Le 12 octobre, pour la première fois dans cette ville, elle était offerte à la contemplation d’une foule immense. « Le Linge Très Saint, écrivit alors un témoin, le futur cardinal Agostino Cusano, fut transporté en procession depuis la cathédrale jusqu’à la piazza del Castello où une multitude de peuple, pratiquement innombrable et venu de toutes les régions alentour, s’était rassemblée, remplissant entièrement l’immense place, si serrée que l’on ne pouvait voir que les têtes, à ce point que cela ressemblait au Jugement dernier, la foule était estimée à quarante mille personnes. »

Ce témoignage est tiré de « l’Énigme du Suaire », le nouveau livre de Ian Wilson, un historien New Age, adepte de ce qu’on appelait autrefois en France, au temps de la splendeur de la revue « Planète », « l’histoire mystérieuse ». Donc quelqu’un de douteux aux yeux de tout historien sérieux. Ces précautions étant prises, Ian Wilson connaît incontestablement son Suaire sur le bout des doigts pour lui avoir consacré plus de cinquante-cinq ans de sa vie. Et il faut reconnaître que son livre se dévore comme un thriller. S’il avance nombre d’hypothèses, certes intéressantes mais qu’il ne peut appuyer sur des preuves convaincantes (notamment sur les pérégrinations de la relique dans le temps et l’espace, sur la possibilité que le Suaire soit identique à l’Image d’Édesse bien connue des historiens de l’art), en revanche Ian Wilson offre une synthèse passionnante des débats qui agitent les “pour” et les “contre” depuis qu’en 1898 puis en 1931, les opérations de développement des clichés pris par deux photographes, Secondo Pia puis Giuseppe Enrie, ont révélé l’image impressionnante que l’on connaît. Et surtout que le Suaire tel que nous le voyons est en fait le négatif d’une image encodée dans la trame du tissu !

Pour les non-croyants, une question se pose immédiatement : si on est en présence d’un faux – qu’il ait été commis en Palestine au Ier siècle (ce que soutiennent des spécialistes des tissus antiques) ou au Moyen Âge –, qui a donc pu réaliser cette image ? Forcément un incroyable génie, puisqu’il aurait été capable d’anticiper de près de deux millénaires dans un cas, et de quelques siècles dans l’autre, l’invention de la photographie ! Et mieux encore, celle de la 3D. En effet, en 1976, une équipe américaine plaçait dans un analyseur VP-8 l’image négative de la première photo couleur du Suaire qui venait d’être réalisée. Ce qui se passa alors sidéra l’inventeur de la machine, Peter Schumacher, présent lors de l’expérience : « Une «vraie image tridimensionnelle » apparut sur l’écran... Le nez faisait saillie, en relief. Les traits du visage étaient dessinés avec des contours précis. Les formes des bras, des jambes, de la poitrine, et l’essentiel d’une forme humaine... Je n’avais encore jamais entendu parler du Suaire de Turin. Je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de regarder. Pourtant, les résultats ne ressemblaient à rien de ce que j’avais obtenu, ni avant, ni depuis. Seul le Saint Suaire a produit ces résultats à partir d’un analyseur d’images VP-8. »

On a aussi avancé que le Suaire aurait été l’œuvre d’un peintre surdoué. Impossible : on n’a jamais trouvé la moindre trace de pigment dans sa trame. Rien. Alors quoi ? Cette pièce de tissu, qui a été sérieusement restaurée en 2002, semble avoir été légèrement brûlée, comme si un fer à repasser était resté un peu trop longtemps sur cette étoffe... Certains croient dur comme fer que ce serait là l’effet d’un mystérieux et intense rayonnement dégagé par le corps de Jésus lors de sa résurrection. Quant aux autres, comme Barrie Schwartz, chercheur plein d’humour, qui intervient à plusieurs reprises dans « Le Suaire de Turin, la nouvelle enquête », le passionnant documentaire qu’Arte va diffuser le 3 avril, ils n’ont – et sans doute encore pour longtemps – que des questions : « Si c’est un faux, c’est un faux extraordinaire, sourit Barrie Schwartz, car ça veut dire qu’un gars du Moyen Âge a su créer quelque chose que nous ne pouvons ni dupliquer ni expliquer. Je voudrais bien savoir comment il a pu s’y prendre. » Il n’est pas le seul.

Nouvelle ostension : du 10 avril au 23 mai, cathédrale de Turin. Pour réserver : www.turismotorino.org 

À lire : « L’Énigme du Suaire », par Ian Wilson, Albin Michel, 416 p., 22,50 euros.

À voir : « Le Suaire de Turin, la nouvelle enquête », le 3 avril à 20h40 sur Arte.

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