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Le rétablissement de toutes choses et les derniers temps : Ajoutons

Qu’est-ce qu’une cause physique : Joseph de Maistre

Où se trouve le centre d’une circonférence : Il faut

Einstein démenti : On nous objectera

La traduction par le copte ancien monosyllabique de Fernand Crombette apporte la preuve que la Bible a dit vrai et sur la constitution du monde créé par Dieu et sur la chronologie de son Histoire sainte : La Genèse

                                                     


 

Un Catholique français (Fernand Crombette)

Galilée avait-il tort ou raison ?

Tome II

La véritable Astronomie biblique

Le miracle rétro-solaire d’Isaïe

II Rois, 20 : 6, 8-11

Isaïe, 38 : 7-8

Saint Matthieu, I : 9 et 16

Pages 325, 273, 237, 241-243 et 245-253 :

 

[…] Ajoutons que les bouleversements cosmiques qui ont marqué la première Pâque, préfiguration de l’Eucharistie, les victoires et les prodiges de Josué (cf. Josué, 10 : 12-14), figure de Jésus, le Sauveur ; enfin le miracle qui a prolongé la vie d’Ézéchias (cf. II Rois, 20 : 4-7) pour en faire l’ancêtre du Christ (cf. S. Matthieu, I : 9 et 16), sont des témoignages de la toute-puissance accordée au Fils de Dieu fait homme, l’indice du redressement moral qu’il viendra apporter à l’humanité déchue, la preuve du rétablissement futur de toutes choses dans la nature même qui sera réalisée à la fin des temps (cf. Actes, 3 : 19-21). Car, si la guérison d’Ézéchias était peu de choses auprès de la rétrogradation de la terre, cette rétrogradation n’est-elle-même qu’une bien faible image de ce qui aura lieu à la fin des temps quand Dieu prononcera cette parole : « Voici que Je fais tout à nouveau », et que l’on verra « un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre auront disparu et la mer ne sera plus » (Apocalypse, 21 : 1 et 5).

 

[…] Ce miracle [le miracle luni-solaire de Josué] était comme la préfiguration d’un autre phénomène astronomique étonnant qui se produisit 1215 ans plus tard, justement un autre mois d’avril, quand un autre Jésus (= Josué), dont Josué était une figure, mourut non loin de là sur la croix et qu’on vit s’étendre en plein jour, sur toute la terre, des ténèbres extraordinaires. Le miracle de Josué était sans doute surtout l’image en petit de ce qui arrivera à la fin des temps, quand le soleil et la lune s’obscurciront, que les étoiles tomberont du ciel, que les vertus des cieux seront ébranlés, que la mer et les flots terrifieront les hommes avant que reviennent, dans sa gloire, le Fils de Dieu, pour châtier les impies et pour établir son règne. Ce qu’on a vu répond de ce qu’on verra.

 

[…] Dans l’étude approfondie que nous avons faite de la Genèse et de l’astronomie biblique nous n’avons pas eu à relever une seule erreur effective à la charge des écrivains sacrés. Il en va tout autrement de la science cosmogonique et astronomique des Grecs. Chez les plus célèbres d’entre eux, Aristote, à côté de vues pénétrantes et d’idées transcendantes, se voient des théories inconsistantes et de grossières erreurs. Car, dans la science grecque, il y a deux éléments bien tranchés : d’une part des hypothèses purement rationnelles, de l’autre, des progrès matériels réels. L’astronomie a bénéficié des seconds, tel, par exemple, le cycle du Méton, les premières ont lourdement pesé sur les esprits pendant des millénaires.

C’est ce qui fait dire à Pierre Duhem (a) : « Le système des sphères homocentriques … contredit par la proposition même qui le domine tout entier, n’en trouvera pas moins des défenseurs pendant deux mille ans, parce qu’il s’accorde seul avec la Physique d’Aristote et parce que, pendant deux mille ans et plus, il y aura des hommes pour mettre la parole d’Aristote au-dessus du témoignage de leurs yeux [ce qui est excessif]. »

La Physique d’Aristote est dominée par un principe qu’il n’a pas inventé mais qu’il a considéré indiscutable : « La substance céleste est éternelle [non créée], incapable de génération, d’altération et de corruption ; partant, le seul mouvement qui lui convienne est le seul qui se puisse poursuivre indéfiniment en demeurant toujours identique à lui-même, c’est-à-dire le mouvement de rotation uniforme. Cet axiome, Platon l’admettait aussi bien qu’Aristote… il était… le fondement de toute l’Astronomie antique. Ainsi la science hellène tout entière nous apparaît portée par un enseignement de la théologie, par le dogme de la divinté des astres » (b).

a) Pierre Duhem, Le système du monde, T. I, p. 427, Herman & Fils, Paris, 1913 ;

b) Ibid., p. 225.

 

[…] Pourquoi donc tout le monde a-t-il plein la bouche d’Aristote et personne, sauf un esprit supérieur comme Duhem, ne parle-t-il pas de Philopon et de sa science ? Est-ce parce que, bien qu’hérétique, il était chrétien ? C’est en tout cas parce que, depuis le péché originel, l’homme déchu est bête et méchant, préférant d’instinct ou de propos délibéré l’erreur à la vérité.

C’est très opportunément que Duhem (a) rappelle ces paroles d’Origène présentant la théorie du Portique : « Ce ne sont point les hommes qui sont nés le plus anciennement, comme Moïse et certains des prophètes, qui ont pris aux autres ce qu’ils [les autres] ont dit de l’embrasement de l’Univers ; mais si l’on veut tenir un langage qui repose sur la chronologie, ce sont plutôt les autres qui ont entendu tout de travers ces anciens auteurs et qui ont été inexactement instruits de ce que ceux-ci avaient dit ; ils ont imaginé ces mondes qui reviennent selon certaines périodes d’identité, sans présenter aucune différence ni dans les êtres particuliers [qui les composent] ni dans les propriétés accidentelles de ces êtres. Nous, en effet, nous n’attribuons ni le déluge ni l’embrasement aux révolutions et aux périodes des astres. La plupart des stoïciens ne se contentent pas d’affirmer qu’il existe une telle période pour les êtres soumis à la mort, ils enseignent qu’elle existe également pour les êtres immortels et pour ceux qu’ils regardent comme des dieux. »

Ce qu’il y a d’élevé et d’exact dans les doctrines des philosophes grecs, et qu’on a attribué à leur génie, n’est que l’interprétation sous une forme rationnelle de vérités révélées et dogmatiques qu’ils ont puisées ailleurs. Leur apparente supériorité cache souvent un plagiat : « Qu’est-ce Platon ? disait Numerius, le pythagoricien : C’est un certain Moïse qui parle attique. » Saint Justin qui, avant de devenir chrétien, s’était successivement mis à l’école des stoïciens, des péripatéticiens et des pythagoriciens et qui connaissait toutes philosophies grecques, a dit et répété quels emprunts elles avaient fait à la religion juive ; notamment : « Moïse est plus ancien même que tous les écrivains grecs. Tout ce que les philosophes et les poètes ont dit de l’immortalité de l’âme, des châtiments qui suivent la mort, de la contemplation des choses célestes, et des autres doctrines semblables, ils en ont reçu les principes des prophètes, et c’est ainsi qu’ils ont pu les concevoir et les énoncer. Chez tous, il semble y avoir des semences de vérité. » (Apologie, I, 44) Oui, mais ils se sont bien gardés d’indiquer leurs sources. Après avoir pris leur mythologie à l’Égypte, ils ont pris leur sagesse à la Judée.

C’est justement parce qu’ils ont ainsi le divin qu’on a organisé autour d’eux un concert de tam-tams qui a étouffé la voix de la pure vérité. C’est ainsi que Couderc (b) écrit : « Il était réservé au génie du peuple grec d’instaurer, à partir du VIe siècle avant notre ère, et pour ainsi dire d’emblée, un rationalisme scientifique avant lequel il est à peine possible de parler de science dans l’humanité. Ce rationalisme a consisté à écarté le surnaturel, la magie, le mystique dans l’interprétation des phénomènes naturels et en particulier des phénomènes célestes. Les besoins mystiques subsisteront, mais dans un domaine à part, laissant désormais la science relativement autonome … L’essor grec marque la première libération de la pensée humaine. L’homme cherche désormais des causes naturelles, des mécanismes physiques aux phénomènes dont l’Univers est le théâtre : le Monde s’est laïcisé ! »

Nous disons, nous, que prendre la science de Dieu et se l’approprier est une action profondément malhonnête qui s’appelle l’aveuglement surnaturel de l’esprit avec toutes ses conséquences. Comme Prométhée, voleur du feu du ciel, tous ces laïcisateurs méritent d’être enchaînés à un volcan et dévorés vivants, mais là où aucun Hercule ne pourra venir les délivrer. C’est d’ailleurs par un manque de complet jugement qu’ayant reconnu un monde astronomique ordonné comme il l’est et sachant dans son for intérieur qu’il n’a pu être ainsi organisé par un Être supérieur, on prétende traiter Celui-ci par prétérition et ne plus rattacher la création qu’à des causes secondes et même au hasard.

Platon (c) lui-même a écrit au sujet de ces malfaiteurs spirituels ou de ces minus habens (au choix) : « Que l’on dise que, si je n’avais ni os, ni muscles, ni rien de semblables, je ne pourrais faire ce que je jugerais à propos, on dira la vérité ; mais dire que ces os et ces muscles sont la cause de ce que je fais et non pas la préférence pour ce qui est le meilleur, et qu’en cela je me sers de l’esprit, voilà une explication d’une grande, d’une insigne faiblesse. C’est ne pouvoir pas voir cette différence, qu’autre chose est la cause, et autre chose ce sans quoi la cause ne serait jamais cause ; et c’est pourtant ce que semblent faire la plupart des hommes, qui marchent à tâtons, comme dans les ténèbres ; ils se servent d’un nomsi fort impropre que c’est là ce qu’ils nomment cause. Voilà pourquoi l’un environne la terre d’un tourbillon produit par le ciel et la suppose fixe, l’autre la conçoit comme une large huche et lui donne l’air pour base ; mais la puissance qui a de la sorte disposé disposé toutes ces choses le mieux possible, ils ne la cherchent point, ils ne croient pas qu’il y ait là aucune force divine, mais ils s’imaginent avoir trouvé un Atlas plus fort, plus immortel et plus capable de soutenir l’univers ; et le principe du bien, du convenable, nécessaire pour tout lier et tout soutenir, ils le tiennent pour rien. » En bref, pour ne pas avoir à reconnaître la Cause première, on fait du moyen la cause. 

Joseph de Maistre (d) a dit excellemment : « Qu’est-ce qu’une cause physique ? C’est une cause naturelle, si nous voulons nous borner à traduire le mot ; mais dans l’acception moderne, c’est une cause matérielle, c’est-à-dire une cause qui n’est pas cause : car matière et cause s’excluent mutuellement, comme blanc, noir, cercle et carré. La matière n’a d’action que par le mouvement : or, tout mouvement étant un effet, il s’ensuit qu’une cause physique, si l’on veut s’exprimer exactement, est un non-sens et même une contradiction dans les termes. Il n’y a donc point et il ne peut y avoir de causes physiques proprement dites, parce qu’il n’y a point et qu’il ne peut y avoir de mouvement sans un moteur primitif et que tout moteur primitif est immatériel ; partout ce qui se meut précède ce qui est mu, ce qui commande précède ce qui est commandé ; la matière ne peut rien, et même elle n’est rien que la preuve de l’esprit… et nous portons en nous-mêmes la preuve que le mouvement commence par une volonté… On ne saurait trop répéter que les idées de matière et de cause s’excluent l’une l’autre rigoureusement. »

« Il n’y a point de causes dans la matière et… par conséquent elles ne doivent pas être cherchées dans la matière… Or, il n’y a que les hommes religieux qui puissent et qui veulent en sortir. Les autres ne crient qu’à la matière et se courroucent même lorsqu’on leur parle d’un autre ordre de choses. Il faut à notre siècle une astronomie mécanique, une morale mécanique, une parole mécanique, des remèdes mécaniques pour guérir des maladies mécaniques : que sais-je enfin ? tout n’est-il pas mécanique ? Or, il n’y a que l’esprit religieux qui puisse guérir cette maladie. » « Ceux qui ont dit que le mouvement est essentiel à la matière ont d’abord commis un grand crime, celui de parler contre leur conscience ; car je ne crois pas qu’il y ait d’homme qui ne soit persuadé du contraire ; ce qui les rend absolument inexcusables. » « Les châtiments sont toujours proportionnés aux connaissances du coupable… Nous sommes aveuglés sur la nature et la marche de la science par un sophisme grossier qui a fasciné tous les yeux : c’est de juger du temps où les hommes voyaient les effets dans les causes par celui où ils s’élèvent péniblement des effets aux causes, où ils ne s’occupent même que des effets, où ils disent qu’il est inutile de s’occuper des causes, où ils ne savent même pas ce que c’est qu’une cause. » « Eh ! comment peut-on s’aveugler au point de chercher des causes dans la nature quand la nature même est un effet ? »

« Plus d’une fois l’homme de bien est ébranlé en voyant des personnes dont il estime les lumières se refuser à des preuves qui lui paraissent claires : c’est une pure illusion. Ces personnes manquent d’un sens, et voilà tout. Lorsque l’homme le plus habile n’a pas le sens religieux non seulement nous ne pouvons pas le vaincre mais nous n’avons même aucun moyen de nous faire entendre de lui, ce qui ne prouve rien que son malheur. »  

a) Pierre Duhem, Le système du monde, p. 281, Herman & Fils, Paris, 1913 ;

b) Les étapes de l’astronomie, pp. 41 et 74, Presses univ. de Fr., Paris, 1945 ;

c) Platon, Phédon, trad. Lemaire, p. 88, Hatier, Paris, 1941 ;

d) Les soirées de Saint-Pétersbourg, pp. 188, 151, 208, 63, 102, Goemaere, Bruxelles, 1853.

 

Après ces considérations sur les principes, nous établirons un bref résumé chronologique de l’astronomie grecque, non, toutefois, sans avoir au préalable répondu à une objection qu’il serait possible de nous faire : « Bien que plusieurs Pères de l’Église, instruits de la philosophie grecque, aient affirmé que celle-ci s’était inspirée du judaïsme, nous n’apercevons pas les conditions dans lesquelles a pu s’établir cette communication. »

Nous pourrons citer le fait des Spartiates se prétendant les cousins des Juifs ; nous pourrions parler de la Diaspora, la dispersion des Juifs parmi les peuples, qui est déjà bien antérieure à notre ère ; mais nous avons un point de contact précis. Le véritable père de la philosophie grecque, le fondateur de la science morale est incontestablement Socrate ; son plus brillant élève fut Platon, maître lui-même d’Aristote. Dans le « Timée » Platon fait dire à Socrate par Critias l’histoire de l’Atlantide d’après Solon. Or, Solon vint en Égypte vers 560 avant J.-C. et il y résida assez longtemps ; il y noua des amitiés avec le clergé égyptien et c’est ainsi qu’un prêtre de Saïs lui fit connaître l’histoire de l’effondrement de l’Atantide. À ce moment, il put entrer en rapport avec un groupe très important de Juifs qui s’étaient réfugiés en Égypte vers 585 lorsque Ismael, de la race royale de Juda, eut tué Godolias que le roi de Babylone avait établi comme chef des Juifs restés en Palestine après la chute de Jérusalem ; ces Juifs exilés habitaient notamment Taphnis et Memphis. Ultérieurement d’autres vagues d’émigrants suivirent et il s’établit, à Alexandrie en particulier, une importante colonie juive qui occupait un très grand quatier de la ville. Ce qui montre mieux que tout autre chose l’intérêt que les Grecs portaient aux Livres Saints du peuple hébreu, c’est que Ptolémée Philadelphe, qui protégeait cette colonie alexandrine, fit traduire la Bible en grec par des docteurs venus de Jérusalem : c’est la version dite des Septante. Citons enfin un fait précis relaté par Joseph de Maistre (a) : « En feuilletant l’autre jour un de mes petits Elzévirs… je tombai par hasard sur “La République hébraïque” de Pierre Cunæus. Il me rappella cette anecdote si curieuse d’Aristote qui s’entretint en Asie avec un Juif auprès duquel les savants les plus distingués de la Grèce lui parurent des espèces de barbares ».

On a attribué aux plus anciens philosophes grecs nombre de découvertes astronomiques qui leur étaient bien antérieures. C’est ainsi que Thalès de Milet (639 – 546 av. J.-C.) passe pour s’être rendu célèbre par la division de l’année en mois et en jours par celle du cercle en degrés et fractions de degrés, par l’art de prévoir les éclipses, de se guider en mer par les constellations, et par la mesure de l’angle d’obliquité de l’écliptique avec l’équateur ; on prête à Anaximandre, son disciple (610 – 547), la détermination des tropiques et des équinox, le calcul des circonférences de la terre et de la lune ; à Pythagore (vers 539) la découverte de Vénus. Or, il est bien certain que toutes ou presque toutes ces observations avaient été faites depuis très longtemps, en Chaldée et en Égypte notamment, soit peu après le déluge, soit même antérieurement pour certaines. Comment donc ces légendes invraisemblables ont-elles pu prendre naissance ?

Hérodote nous raconte que Psammétique (663 – 609), un des pharaons de la Dodécarchie égyptienne, à qui il avait été prédit qu’il serait seul roi d’Égypte, avait été exilé par ses collègues dans les marais de Bouto. Là, il prit contact avec des pirates cariens venus dans le Delta à la suite d’un naufrage, et, par eux, lia des alliances avec les Cariens, les Lydiens et autres Ioniens, ce qui lui permit de vaindre et de détrôner tous les rois de la Dodécarchie. En récompense, il combla de faveurs ces troupes grecques, ce qui eut, d’ailleurs, pour effet de mécontenter une bonne partie de l’armée égyptienne qui l’abandonna ; mais les Grecs eurent toute facilité pour s’installer en Égypte. Est-il impossible que Thalès, de Milet, capitale de la Carie, soit venu en Égypte, soit comme mercenaire, soit comme visiteur, sous le règne de Psammétique, son contemporain, s’y soit formé aux sciences égyptiennes dans cette fameuse école de Saïs, capitale de Psammétique, où un peu plus tard viendra s’instruire Solon, et soit retourné ensuite dans son pays de pirates peu cultivés où il aura fait aisément figure de grand savant et où on lui aura prêté la paternité de notions dont il n’était que le répétiteur, de même qu’on avait attribué à Cadmus l’alphabet de Joseph qu’il avait apporté en Grèce où il s’était réfugié ? Au pays des aveugles ce sont les borgnes qui sont rois. On sait de reste que, non seulement Thalès, mais Pythagore et Platon vinrent en Egypte puiser leur science.  

Thalès n’ayant rien inventé personnellement, n’a pas eu à s’imaginer un nouveau système astronomique ; il a certainement cru, comme ses maîtres, que le soleil tournait autour de la terre [système géocentrique]. On prétendu que Pythagore avait été l’inventeur de l’hypothèse contraire ; mais d’après Duhem (b) « si Pythagore et ses premiers disciples fixaient la terre au centre du monde, on ne tarda pas, au sein de l’École Italique, à admettre une hypothèse toute différente. De cette théorie nouvelle, Philolaüs [entre 500 et 400] paraît être l’inventeur. Les pythagoriciens postérieurs à Philolaüs… remirent la terre au centre du monde, mais en lui donnant un mouvement de rotation autour de son axe ; En effet, Ptolémée constate que, parmi eux, certains admettent que cette rotation de la terre est accompagnée d’une rotation du ciel autour du même axe, ces deux rotations étant tellement accordées que les rapports de la terre et du ciel soient sauvegardées… Nous pouvons, semble-t-il, regarder cette conclusion comme assurée : le pythagoricien Hicétas de Syracuse expliquait le mouvement diurne des corps célestes par la rotation de la terre autour de l’axe du monde, mené par le propre centre de la terre » (c). « Héraclide du Pont [vers 338] et Ecphantus le Pythagoricien, dit le peudo Plutarque, font mouvoir la terre, non pas d’un mouvement qui la fasse changer de place, mais comme une roue autour de son propre centre, d’Occident en Orient » (d). Ni Platon ni Aristote ne pensaient d’une manière différente. Comme « tous les orbes célestes… “la terre devait nécessairement se mouvoir de deux rotations différentes… mais alors il se produirait nécessairement des mouvements et des changements de position des étoiles fixes. Or cela ne semble pas avoir lieu ; une même étoile se lève toujours au même endroit et se couche toujours au même endroit”. Cette absence de parallaxe était assurément l’un des arguments les plus puissants que les Anciens pussent opposer à toute hypothèse qui plaçait la terre hors du centre du monde et la faisait mouvoir autour de ce centre ; aussi lorsque nous verrons Aristarque (vers 260) proposer de faire mouvoir la terre autour du soleil placé au centre du monde, le verrons-nous en même temps, reculer extrêmement la sphère des étoiles fixes, afin que, de ce centre de la terre, une étoile déterminée soit toujours vue sensiblement dans la même direction, en dépit du mouvement de ce centre » (c). L’opinion d’Aristarque était tellement contraire aux idées régnant alors qu’il fut accusé de troubler le repos des dieux.

« Héraclide [IVe siècle]… tout en faisant circuler le soleil autour de la terre, tout en faisant circuler le soleil autour de la terre, avait fair circuler Mars, Jupiter et Saturne sur des cercles dont le soleil fut le centre, et dont le rayon fût assez grand pour qu’ils pussent embrasser la terre. Paul Tannery et G. Schiaparelli pensent qu’avant de produire le système des excentriques et des épicycles sous la forme où il nous est connu, les astronomes grecs avaient essayé de sauver les apparences à l’aide d’une telle hypothèse, esquisse de celle que Tycho-Brahé devait prposer durant la seconde moitié du XVIe siècle… mais aucun texte formel ne les y autorise » (f).

Cependant l’opposition entre le système géocentrique et le système héliocentrique fit naître « deux tendances opposées [qui] durent produire un effet semblable à celui qu’elles ont déterminé au XVIe siècle. Un géomètre, mû par la pensée qui devait plus tard inspirer Tycho-Brahé s’efforça de maintenir la terre immobile et de garder cependant, aux divers corps célestes, des mouvements relatifs identiques à ceux  que leur attribuait Aristarque de Samos. Il fut ainsi conduit à proposer le système suivant : La Terre demeure immobile au centre du monde. La sphère des étoiles fixes tourne autour de la Terre, accomplissant une rotation diurne à laquelle prennent part tous les autres corps célestes ; mais ceux-ci ont, en outre, des mouvement propres. Vénus et Mercure parcourent des épicycles qui ont pour centre le centre même du soleil. Mars , Jupiter et Saturne circulent sur des excentriques mobiles dont chacun a également le Soleil pour centre. Théon de Smyrne [vers 117 après J.-C.], écho de l’enseignement d’Adraste d’Aphrodisias, présente des considérations qu’il est malaisé de ne point prendre pour une transparence à ce système » (g).

Le système des épicycles et des excentriques mis au point par Ptolémée [milieu du IIe siècle après J.-C.] est incontestablement très ingénieux et il suppose un mathématicien de toute première force, mais il ne le suppose justement que parce qu’il était très compliqué pour être naturel. Laplace (h) a écrit :

« Ptolémée supposa le soleil, la lune et les planètes en mouvement autour de la terre dans cet ordre de distances : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Chacune des planètes supérieures au soleil était mue sur un épicycle dont le centre décrivait autour de la terre un excentrique dans un temps égal à celui de la révolution de la planète. La période du mouvement de l’astre sur l’épicycle était celle d’une révolution solaire et il se trouvait toujours en opposition au soleil lorsqu’il atteignait le point de l’épicycle le plus près de la Terre. Rien ne déterminait dans ce système la grandeur absolue des cercles et des épicycles. Ptolémée n’avait besoin que de connaître le rapport du rayon de chaque épicycle à celui du cercle décrit par son centre. Il faisait mouvoir pareillement chaque planète inférieure sur un épicycle dont le centre décrivait un excentrique autour de la Terre, mais le mouvement de ce point était égal au mouvement solaire, et la planète parcourait son épicycle pendant un temps qui, dans l’astronomie moderne, est celui de sa révolution autour du soleil : la planète était toujours en conjonction avec lui lorsqu’elle parvenait au point le plus bas de son épicycle… Les astronomes antérieurs à Ptolémée étaient partagés sur les rangs de Mercure et de Vénus dans le système planétaire ; les Égyptiens les faisaient mouvoir autour du soleil. Il est singulier que Ptolémée n’ait pas fait mention de cette hypothèse qui revenait à égaler les excentriques de ces deux planètes à l’orbe solaire. Si, de plus, il avait supposé des épicycles des planètes supérieures égaux et parallèles à cet orbe, son système se serait réduit à faire mouvoir, comme Tycho-Brahé, toutes les planètes autour du soleil pendant que cet astre circule autour de la Terre. »

Cette observation de Laplace est judicieuse ; mais c’est justement parce qu’il se plaisait aux complications que Ptolémée n’a pas vu les choses aussi simplement que Tycho-Brahé. Mamgré ses difficultés, le système de Ptolémée fut universellement adopté et continua d’être enseigné jusqu’à la Renaissance.

Somme toute, si l’on excepte les tentatives isolées et sans lendemain de Philolaüs et d’Aristarque, toute l’Antiquité grecque a été géocentrique comme l’avaient été et l’étaient encore les écoles astronomiques du monde ancien.

Nous ne pouvons pas clore ce chapitre en commettant l’injustice de ne pas citer Plutarque [né en 50 après J.-C.] dont les idées, si elles avaient été suivies et poursuivies, auraient pu faire effectuer un bon énorme à l’Astronomie, suivant la remarque d’Antoniadi (i) :

« Dans un éclair de génie, Plutarque affirme que “ ce qui aide la lune à ne pas tomber [sur la terre], c’est le mouvement même et la rapidité de sa révolution circulaire… Et ainsi la lune n’est pas entraînée par son poids , car la pesanteur est déjouée par la révolution circulaire ”. C’est par là que Newton a dû passer seize siècle plus tard dans sa merveilleuse démonstration de la loi de la gravitation universelle. Ayant ainsi étendu l’action attractive de la terre jusqu’à la lune, Plutarque voit notre satellite attirer à lui tous les corps dans son voisinage, puis le soleil exerçant le même pouvoir sur tout ce qui l’entoure. Mais l’immortel philosophe de Chéronée va plus loin et reconnaît dans la gravitation une force inhérente à tous les astres de l’univers ».

Pour mémoire, nous dirons encore ce que chacun sait, c’est que Jules César décida que tous les quatre ans l’année aurait 366 jours, ce qui rattrapait l’écart annuel d’un quart de jour de l’année égyptienne : réforme julienne du 1er janvier de l’an 45 de notre ère, et que cette réforme même, ayant amené au bout de 1600 ans une erreur de 10 jours, le pape Grégoire XIII prescrivit que le 5 octobre 1582 serait le 15 ; en outre il supprima, pour éviter le retour de cette erreur, les bissextiles séculaires excepté une sur quatre. L’écart restant n’est plus que d’un jour sur 4000 ans : réforme grégorienne.

a)  Les soirées de Saint-Pétersbourg, p. 113, Goemaere, Bruxelles, 1853 ;

b)  Pierre Duhem, Le système du monde, p. 11, Herman & Fils, Paris, 1913 ;

c)   Id., Ibid., p. 23 ;

d)  Id., Ibid., p. 24 ;

e)  Id., Ibid., p. 227 ;

f)    Id., Ibid., p. 409 ;

g)  Id., Ibid., p. 442 ;

h)  Laplace, Exposition du système du monde, p. 289, T. II, Bachelier, Paris, 1824 ;

i)     Antoniadi, L’astronomie égyptienne, p. 30 , Gauthier-Villars, Paris, 1934.

 

ID., Ibid., page 37 :

 

[…] Il faut, d’ailleurs, se méfier des vues de l’esprit, car elles ne sont que trop souvent que superficielles. Est-ce que le centre d’une circonférence n’est pas un point ? Est-ce que, à partir de ce point, on ne peut pas tracer une circonférence aussi grande que l’on veut ? Est-ce que le tracé de cette circonférence n’est pas d’autant plus précis que le point central est plus petit ? Pourquoi donc Dieu n’aurait-il pas pu mettre la petite terre au centre d’un univers immense ? Est-ce que toutes les étoiles, qui sont en feu, sont susceptibles, malgré leur volume, de recevoir la vie ? Est-ce que la vie n’est pas supérieure à la matière inerte ? Une petite planète qui porte la vie est donc plus importante que des milliards d’astres inhabitables. Vues de l’esprit pour vues de l’esprit, nous préférons les nôtres, qui sont de bon sens, à celles d’un mathématicien qui voudrait qu’il y eût au centre du monde un astre proportionné aux dimensions de l’univers. Raisonnement primaire, auquel La Fontaine avait réponde d’avance [dans sa fable intitulée « Le gland et la citrouille »]. […]

 

Page 45 ter (l’affirmation d’Einstein démentie) :

 

[…] On nous objectera probablement que c’est sur la théorie de Niels-Borh qu’ont été basés les travaux des atomistes. A quoi nous répondrons par ce qu’a dit Maurice Ollivier [X catholique] (voir notre tome I, p. 299 : c’est avec des idées plus ou moins fausses sur la chaleur et sur l’énergie nucléaire que les ingénieurs travaillent. »

D’autre part, nous avions écrit (T. I, p. 236) que la vitesse de rotation interne de l’énergie dans la matière devait être beaucoup plus grande que celle de 300.000 km à la seconde attribuée à la lumière. Or, Leprince-Ringuet vient de relever dans le cyclotron une vitesse des particules de l’ordre de 400.000 km/sec (1).

Notre affirmation reçoit ici sa confirmation de l’expérience en même temps que l’affirmation d’Einstein que nulle vitesse ne peut dépasser 300.000 km/sec éprouve un démenti, que son explication du résultat négatif de Michelson s’effondre et avec elle toutes les théories relativistes.

1)  Interrogé par un de nos amis, Leprince-Ringuet a répondu que la vitesse égale à 10 fois le tour de la terre, n’était pas, dans son esprit, celle du plus grand diamètre de la terre. (Question posée après une émission à la télévision.)

 

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Un catholique français (Fernand Crombette), « La Genèse à découvrir » (Réf. : 2.36), I. Introduction, extraits de l’ouvrage « La Révélation de la Révélation » (Réf. : 2.42 et 2.43) :

 

Que reproche-t-on à l’Église ? C’est d’avoir soutenu une doctrine anti-scientifique et erronée basée sur la Bible qu’elle présente cependant comme l’ouvrage infaillible de l’Esprit-Saint. Mais si la Bible est fausse sur des questions touchant la constitution du monde créé par Dieu, c’est qu’elle n’est pas vraiment inspirée par Lui, car il ne saurait se contredire. La Bible ne serait donc, comme d’autres livres anciens, que l’œuvre d’écrivains n’ayant que des conceptions scientifiques puériles ; elle serait fausse et fausses aussi les religions qui la présentent comme vraie.

 

Nous devons donc nous assurer très exactement de ce que dit la Bible. Or, quand on lit les Livres Saints d’après la traduction de saint Jérôme, on doit bien reconnaître que, telle qu’elle est présentée, celle-ci n’est pas sans soulever de graves objections : le texte en plus d’une fois peu clair, l’exposé naïf et plusieurs passages en opposition avec d’autres.

 

Certes, les traducteurs, dont certains étaient juifs, ont dû reconnaître, malgré leur connaissance de l’hébreu, que plus d’un verset leur restait obscur. Mais cet aveu même est de nature à soulever une question préjudicielle : celle des procédés de traduction de l’hébreu. Là nous paraît être, en effet, le nœud de la question, et jusqu’ici, il n’a été ni tranché ni même soulevé.

 

Nous avons adopté pour retraduire la Bible une méthode entièrement nouvelle, restée, croyons-nous, absolument insoupçonnée par tous les exégètes et par les rabbins eux-mêmes. C’est à l’attachement persistant que nous avons apporté à la justification de la chronologie biblique que nous avons dû faire cette découverte.

 

Faisons remarquer l’étroite ressemblance de l’hébreu et du copte, et indiquons surtout que le copte éclaire étonnamment l’hébreu. Cela tient à ce que le copte ancien, étant monosyllabique, permet l’analyse onomastique (a) de mots hébreux complexes dont le sens primitif a échappé du fait que les radicaux entrant en composition, se sont figés en une acceptation particulière et aussi parce que, au lieu d’analyser l’hébreu, qui est une langue très ancienne et très proche, dès lors, des monosyllabiques, on le traite comme nos langues modernes faites de mots composés tout formés. En prenant superficiellement les mots, en n’en voyant que la morphologie au lieu de l’étymologie (b), on est exposé à faire des traductions superficielles.

[…]

 

[…] Les Hébreux eux-mêmes appelaient leur langue le chananéen (c).

 

Or, Chanaan était le frère de Misraïm, fondateur de la nation égyptienne. Les Chananéens et les Égyptiens parlaient ainsi des langues sœurs et, à la réserve de certaines variantes dialectales probables, l’égyptien et le cananéen, et par suite l’hébreu, étaient une même langue. Cette étroite parenté dut être consolidée lorsque Joseph, fils de Jacob, eut fait venir en Egypte, son père et ses frères, et que les Hébreux furent demeurés 430 ans dans la terre de Goshen. […] La Bible prend soin de nous dire que Moïse fut instruit dans toute la science des Egyptiens (d). Moïse parla donc l’égyptien comme s’il avait été sa langue maternelle, dont, d’ailleurs, il ne différait guère ; il pensa en égyptien, il écrivit en égyptien, il employa les procédés dialectique de l’égyptien.

Mais l’égyptien s’est conservé par le copte. De Rochemonteix (e) a pu écrire que, dès les siècles qui avaient précédé l’invasion musulmane, le copte avait montré une fixité remarquable malgré tous les bouleversements. À plus forte raison la langue s’était-elle maintenue durant des siècles antérieurs où l’Égypte avait été gouvernée par des rois autochtones ou chananéens ; tout au plus s’y était-il ajouté un petit nombre de mots grecs et latins, connus, sous la domination des Ptolémées et des Romains.

 

Le copte est donc le plus ancien et le plus fidèle témoin des langues chamites primitives. C’est par le copte aussi que nous avons traduit, non seulement le crétois, mais les hiéroglyphes hittites, c’est-à-dire la langue qu’avait parlée Abraham lorsqu’il était venu en Chanaan, au pays de Heth précisément.

 

Or, le copte est une langue monosyllabique, comme l’étaient toutes les langues primitives. L’ancien hébreu, lui aussi, qui ne diffère pas sensiblement du copte, doit donc être traitée comme une langue monosyllabique et non flexionnelle. Il est remarquable que l’hébreu ait conservé des vestiges de cette disposition initiale.

 

Bien des voyelles (et même les consonnes) soient mobiles, nous ne les permuterons pas pour obtenir des interprétations multiples par des rébus à tiroirs ; nous ne remplaçons des lettres dans le cas de nécessité et en suivant d’aussi près que possible la notation massorétique (h), quoiqu’elle ne jouisse pas du privilège de l’inspiration. Si les rabbins ont utilisé les permutations à des fins mystiques ou ésotériques, notre est, au contraire, de découvrir le sens littéral, réel et profond, de textes qui n’ont été considérés à ce point de vue même que d’une manière superficielle et bornée alors qu’on portait toute son attention sur les significations symboliques. Voilà pourquoi nous décomposons en ses éléments l’hébreu biblique et l’analysons par le copte. Pour tout dire d’un mot, nous déterminons l’étymologie de chacun des termes de la Bible.

 

On nous dira peut-être : « Pourquoi ne recherchez-vous pas ces étymologies par les racines hébraïques elles-mêmes ? » Pour la même raison qui fait qu’on recherche l’étymologie des mots par le latin [par ex. : puéril, du lat. puer, enfant, etc.], et pour cette autre raison pratique que la forme actuelle de l’hébreu a noyé les racines dans des mots polysyllabiques qui ont pris en même temps une signification composite où n’apparaissent plus les sens élémentaires primitifs, ce qui ne s’est pas produit, en général, pour le copte. […]

a)  L’étude et la science des noms propres ;

b)  Origine ou filiation d’un mot ;

c)   Isaïe, 19 : 18 ; Actes, 7 : 22 ;

d)  Actes, 7 : 22 ; 

e)  Rapport au Ministre de l’Instruction publique ; Recueil de Travaux, 1899 ;

f)    Annotations pour la lecture, suite à l’exégèse sur le texte hébreu, faite par un groupe de docteurs juifs.

 

 

ID., ibid., II. La méthode de traduction :

 

Le savant [Fernand Crombette] se pose la question : « Au fond a-t-on bien compris ce qu’était l’hébreu et particulièrement l’hébreu de Moïse ? » (a)

 

Dans une telle langue, chacune des syllabes se combinent en un mot polysyllabique, elles se juxtaposent sans se déformer, contrairement à ce qui se passe dans les langues flexionnelles ; les mots de relation : conjonction, prépositions ou autres, sont inutilisés. Comme ces syllabes sont des racines, elles représentent aussi bien un substantif qu’un adjectif, un verbe à l’infinitif, au passé, au présent, sans changement de forme.

 

Il est à remarquer que l’hébreu a conservé des vestiges de cette disposition initiale. Ainsi, on n’y dira pas « paroles vraies » ou « paroles de vérité » mais « paroles vérité » - « qui est sage » mais « qui sage » - « Dis donc, je te prie, que tu es ma sœur », mais « Dis ma sœur toi ». Un orientaliste F. Lenormant n’hésitait pas à établir une étroite parenté entre les racines de l’égyptien et celles de l’hébreu ; la communauté était jadis plus étroite encore. Une langue monosyllabique est essentiellement analytique. Pour comprendre vraiment l’hébreu ancien nous devons,  dès lors, le décomposer en syllabes comme le faisait sans aucun doute Moïse.

a)  Cf. St Jean, 5 : 46-47.

 

Outre sa méthode de traduction Crombette possédait la technique de l’étymologie et la branche dans laquelle il excellait : l’onomastique.

 

L’auteur commence à nous livrer sa méthode de traduction dont nous avons déjà parlé. Il en donne ses raisons scientifiques avec les preuves à l’appui. Il nous l’explique. Puis, dans toute son œuvre il nous laissera la possibilité de contrôler ce qu’il avance car il nous donnera toujours :

 

Ø     En première ligne, le texte original hébreu ;

Ø     En deuxième ligne, la lecture ;

Ø     En troisième, les mots coptes homonymes ;

Ø     En quatrième, la traduction latine ;

Ø     En cinquième, la traduction française ;

Ø     Et enfin un texte coordonné.

 

Tout cela en respectant l’ordre des mots !

Oui ! du mot à mot, parfois de lettre à lettre.

 

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