Une situation « explosive »
mardi 15 janvier 2008
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L’abbé Laguérie met en cause l’honnêteté
intellectuelle
de Mgr Tissier de Mallerais :
C’est une « honte sans précédent pour la
Fraternité », « qu’il quitte la Fraternité !», dit-il !
Faut-il voir la main de Mgr Williamson
derrière la montée au créneau de l’abbé
Laguérie ?
APERCU DES FAITS
Le supérieur de l’IBP attaque Mgr Tissier pour
sa critique de Ratzinger lors du symposium de la FSSPX à Paris le 11 novembre
2007[1]
sur le centenaire de « Pascendi » de Saint Pie X,
colloque qui était placé sous son haut patronage. L’abbé Laguérie l’accuse
d’« anachronisme pervers», comme si Mgr Tissier avait
abusé malignement son auditoire pour les tromper par des textes anciens de
Ratzinger, qui dateraient de « 40 ans » et seraient désormais
caducs.
Paradoxalement, cet abbé, un des anciens
mutins expulsés de la FSSPX en 2004 pour insubordination et soutenu
publiquement à Paris par l’ancien Anglican devenu évêque Mgr Williamson, se
fait désormais le soutien fervent de Mgr Fellay et de la politique des
infiltrés de ralliement de la Fraternité à la Rome apostate, en exigeant de
lui des sanctions contre l’évêque français, Mgr Tissier, afin de le faire
taire ou même de l’exclure.
L’ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet
attaque aussi l’abbé Chautard, aujourd’hui premier vicaire de l’abbé Beauvais
à Saint-Nicolas, le traitant avec condescendance, et ridiculisant la « jeunesse »
de l’abbé qui est par ailleurs professeur de philosophie à l’Institut Saint Pie
X.
ANALYSE ET COMMENTAIRES
Une charge virulente sans précédent de l’abbé Laguérie contre Mgr
Tissier de Mallerais
Dans une charge
virulente qu’on ne lui avait plus connue depuis sa nomination par Ratzinger à
la tête de l’IBP, l’abbé Laguérie, le bon apôtre, vient donc de s’en prendre
très vivement sur son blog[2] à Mgr
Tissier de Mallerais, piétinant allègrement toute politesse, et l’accusant
d’avoir abusé les auditeurs du Symposium « Pascendi » qu’il
patronnait à Paris le 11 novembre 2007 par une démonstration du supermodernisme
opiniâtre de l’abbé apostat Ratzinger qui serait entièrement constituée
d’« anachronismes » selon un procédé « pervers ».
De quoi
s’agit ? Mgr Tissier a effectué une démonstration argumentée, à partir de
l’ensemble des écrits de Joseph Ratzinger, et à la lumière de l’encyclique Pascendi
du Pape Saint Pie X, d’où il démontre quelles sont les influences kantiennes,
hégéliennes et toutes imprégnées de philosophie moderne, par lesquelles se
caractérise le modernisme de l’actuel chef de l’église conciliaire. Et
l’évêque français de la FSSPX conclut sa démonstration en montrant en quoi le
théologien Joseph Ratzinger a toujours été, et est bel et bien resté dans ses
écrits pertinaces un super-moderniste, au-delà même de tout ce qu’avait
pu dénoncer Saint Pie X en 1907.
Or, bien que
soigneusement documentés, les
arguments de Mgr Tissier se trouvent avoir fortement déplus à l’abbé Laguérie,
qui accuse son ancien confrère dans le Sacerdoce à la FSSPX, de multiplier les
anachronismes :
« Un exemple récent de
cet anachronisme funeste vient de nous être donné de haut parmi vos
rangs. Dans la conférence qu’a donnée Tissier (je ne vois pas du tout pourquoi
cet évêque aurait droit à un titre quelconque quand il se permet, dans
l’indifférence générale et une honte sans précédent pour la Fraternité, de nommer
le pape Benoît XVI « Ratzinger » sans exception et tout du long) les
9, 10 et 11 novembre dernier au symposium Pascendi à Paris. »
Selon l’abbé
Laguérie, les citations de Mgr Tissier dateraient toutes de 40 ans :
« Tissier
ne trouve, pour justifier toutes les épithètes qu’il décerne au Pape
(rationaliste, libéral, moderniste etc.) que des citations de 40 ans. »
Et l’abbé
Laguérie montre au passage son ignorance de la biographie de Ratzinger car
il lui attribue le rôle de secrétaire de Rahner, alors qu’il fut, de 1962 à
1965, consulteur théologique auprès du cardinal-archevêque de Cologne Joseph
Frings, qu'il aida à préparer ses interventions :
« Quand
M. l’abbé Ratzinger était le secrétaire du Père Rahner au concile. »
Le procédé de
Mgr Tissier serait « pervers » selon l’abbé
Laguérie, ce qui met ainsi gravement en cause l’honnêteté intellectuelle de
l’évêque sacré par Mgr Lefebvre, dont il fut le collaborateur de chaque
instant, comme secrétaire du prélat :
« Nous
savions déjà que la théologie hussites d’Ecône interdit à quiconque de
s’améliorer, de se reprendre, a fortiori de se convertir (pensez-donc !).
Mais qu’un évêque de la Fraternité commette, dans l’indifférence générale, un
anachronisme aussi pervers est symptomatique de cette glaciation de la pensée. »
Et le Supérieur
de l’Institut du Bon Pasteur qualifie ce travail fouillé de Mgr
Tissier de « glaciation de la pensée ».
Mgr Tissier, a
été le secrétaire personnel du fondateur de la FSSPX et en a écrit la biographie,
il en est aujourd’hui considéré au sein de la même FSSPX comme le fils
spirituel, ainsi que le rappelait l’abbé Duverger en introduisant Mgr Tissier
avant sa conférence du 11 novembre 2007 :
«(…) Et
vous êtes un des premiers, je dirais, fidèles, compagnon, fils spirituel de Mgr
Lefebvre et vous avez une connaissance toute particulière de notre vénéré
fondateur, de ce héraut dans la Foi, puisque vous l'avez fréquenté longuement,
d'une façon très prochaine à Ecône, au séminaire d’Ecône, vous avez pris
sa suite dans cet enseignement des actes du Magistère que donnait Monseigneur à
ses séminaristes, vous avez pris la suite de Mgr Lefebvre au séminaire d’Ecône,
vous êtes le biographe de Mgr (…) » Abbé Cocault-Duverger[3]
Alors même que
Mgr Tissier était présenté comme le porte-parole posthume de Mgr Lefebvre,
comme l’héritier qui en a recueilli l’enseignement et qui venait le dispenser
au Symposium, l’abbé Laguérie va, tout au contraire accuser Mgr Tissier de
trahir Mgr Lefebvre :
« Je ne
veux pas entrer ici dans les présupposés psychiques qui président à une
semblable dérive, qui doit faire se retourner Mgr Lefebvre dans sa
tombe ! »
Et
l’abbé Laguérie, lui le mutin de 2004, appelle Mgr Tissier à quitter la
FSSPX, en l’accusant du prétendu
« immense péché capital et impardonnable, cette lèpre des années
2000 », nous avons nommé l’innommable : le ‘sédévacantisme’[4] :
« Qu’aurait
fait Tissier avec Saint Pierre, même au soir de la résurrection ? Comment
Tissier aurait traité le cas Saint Paul : il n’aurait été toute sa vie que
le persécuteur des chrétiens, voilà tout. Si Tissier est sédévacantiste, qu’il
ose le dire publiquement et quitte la Fraternité, qui ne l’est pas. Et s’il ne
l’est pas, qu’il ait la décence et la politesse d’appeler le pape par son nom de
pape ou par son titre. En attendant, trouvez-moi un texte de Mgr Lefebvre qui
appelle le Pape Paul VI « Montini » ou Jean-Paul II
« Woytila » et je recommencerai d’appeler Tissier (de Mallerais, s’il
vous plait) « Monseigneur ». Vous n’avez pas assez souffert, non de
non, quand les pires modernistes appelaient notre fondateur
« Lefebvre » et avez-vous lu l’Evangile qui vous impose de ne jamais
faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’il vous fasse ? »
Pour qui a lu la
conférence de Mgr Tissier, ces accusations de l’abbé Laguérie apparaissent vite
d’autant plus odieuses qu’elles sont absolument sans aucun fondement, puisque, contrairement
à ce qu’affirme le supérieur de l’IBP, Mgr Tissier a enchaîné des citations
anciennes, mais surtout toutes fraîches, de Joseph Ratzinger, puisées dans les
œuvres de cet apostat allant jusqu’à son tout récent livre « Jésus de
Nazareth »paru il y a quelques mois.
Dans
sa conférence Mgr Tissier s’est en effet particulièrement attaché a montrer
la très grande cohérence, la très grande constance, la très obstinée
opiniâtreté de la pensée et des écrits hyper modernistes de Joseph Ratzinger
depuis Vatican II jusqu’à aujourd’hui.
Ce qu’a démontré Mgr Tissier de Mallerais : la poursuite
incessante du modernisme par Joseph Ratzinger
Rétablissons les
faits. Dans sa conférence Mgr Tissier se base tout d’abord sur l’ouvrage du théologien
de Tübingen: « Foi Chrétienne, hier et aujourd’hui »,
dont il déclare :
« voici
comment le théologien de Tübingen, en Allemagne, dans son livre «Foi chrétienne
hier et aujourd’hui» de 1968, réédité sans changement en 2005, en disant
qu’il n’avait rien à changer substantiellement, et il n’a rien changé,
interprète trois articles de la foi de notre credo qui sont contenus dans
l’évangile. »
Cet ouvrage a
effectivement été réédité en 2005, par les éditions du Cerf, qui en soulignent l’approbation par Joseph Ratzinger
lui-même dans une préface de 2000 où il assume pleinement son cours de
Tübingen : « L'orientation fondamentale, je le pense, était
juste. C'est pourquoi j'ose remettre, aujourd'hui encore, ce livre entre les
mains du lecteur. »
Voici comment
l’ouvrage de Joseph Ratzinger est présenté :
« Dans ce
commentaire du Credo, qu’il écrivit lorsqu’il était professeur de théologie à
Tübingen, Joseph Ratzinger développe une réponse claire aux questions : Comment
croire aujourd’hui ? Et que faut-il croire ?
Cette
« Introduction au christianisme, hier, aujourd'hui, demain », titre d'origine,
est considérée comme l'une des œuvres majeures de la théologie au XXe siècle.
En l'an 2000,
le cardinal Ratzinger lui a donné une longue et substantielle préface, qui est
une excellente introduction aux grandes lignes de fonds de sa pensée
théologique et philosophique. Il y évalue les orientations du livre en
considérant deux événements significatifs des dernières décennies, le «
soulèvement d'une nouvelle génération » en 1968 et « l'effondrement des régimes
socialistes » en 1989. Le futur
pape Benoît XVI concluait, on ne le répètera jamais
assez : « L'orientation fondamentale, je le pense, était juste.
C'est pourquoi j'ose remettre, aujourd'hui encore, ce livre entre les mains du
lecteur. »[5]
Editions du Cerf
A partir de cet
ouvrage, assumé sans interruption jusqu’à présent
par Joseph Ratzinger, Mgr Tissier va montrer la
négation constante de trois articles de Foi par chef actuel de l’église
conciliaire :
Plus loin dans
sa conférence, l’évêque d’Ecône cite le très récent « Jésus de Nazareth »
paru en 2007. Il montre que Joseph Ratzinger affirme la notion d’évolution dans
l’interprétation de l’Ecriture Sainte :
« Je
résume : «Du reste, dit-il, toute parole de poids recèle
beaucoup plus que n’en a conscience l’auteur, elle dépasse l’instant où elle
est prononcée et elle va mûrir dans le processus de l’histoire de la foi». »
Mgr Tissier
Mgr Tissier
aborde ensuite le fameux discours « évolutionniste » du 22 décembre
2005 dont tout le milieu infiltré-rallié fait
ses choux gras :
« Ainsi
croissent les sciences humaines et la foi ne va pas faire exception selon
l’école de Tübingen. La foi va être soumise à cette pensée
historiste dont Joseph Ratzinger est un héritier. Voilà ce qu’il dit
dans son discours du 22 décembre 2005, son discours inaugural de son pontificat,
je cite : «La foi exige une nouvelle réflexion sur la Vérité et un
nouveau rapport vital avec elle». C’est la même chose : rapport vital,
c’est Dilthey. Il continue : «cette interprétation (herméneutique) fut celle de
Vatican II, chercher un nouveau rapport vital avec la vérité révélée et
cette interprétation vitale doit guider la réception du concile. »
Donc le concile a été une interprétation vitale de la foi traditionnelle et
il faut continuer à pratiquer maintenant encore, pour recevoir le concile, il
faut continuer à faire cette interprétation vitale. Avec quels outils ?
Avec les philosophies modernes qui seront, disait Jean XXIII dans son
discours d’ouverture du concile Vatican II, qui sont par leurs méthodes
d’investigations le grand secours pour exprimer la foi dans sa pureté linéaire
(c’est moi qui le dit) et dans un langage adapté à nos contemporains. C’est
tout le but de Jean XXIII dans son discours du concile du 11 octobre 1962 que
cite Benoît XVI dans sa «quasi» encyclique inaugurale, son discours du 22
décembre 2005. » Mgr
Tissier
Puis continuant
à citer ces différentes sources, Mgr Tissier va ensuite reprendre une citation
du discours de Joseph Ratzinger à Subiaco, le 1er avril 2005 :
« L’homme devrait chercher à vivre et à organiser sa vie
comme si Dieu existait écrit Joseph Ratzinger dans sa conférence à Subiaco, le
1er avril 2005, juste avant d’être élu Pape. Voilà la solution
sociale pour amener l’ordre dans le monde «L’homme devrait chercher à
vivre et à organiser sa vie comme si Dieu existait», selon l’adage des
philosophes de lumières et de Kant, qui ont recherché toujours à
trouver des règles universelles pour le monde entier qui vaudraient même si
Dieu n’existait pas : trouver une morale universelle même si Dieu
n’existait pas. Et bien on devrait dit Joseph Ratzinger, trouver
aujourd’hui, chercher à réorganiser sa vie comme si Dieu existait. C’est donc
d’un scepticisme
épouvantable qui nous indique l’aboutissement ultime du modernisme. Le modernisme conduit au scepticisme,
c’est-à-dire à des chrétiens qui ne sont plus sûrs de ce qu’ils croient ; ils
sont dans le doute de ce qu’ils croient. » Mgr Tissier de Mallerais
C’est ainsi que,
pas à pas, il ne cesse d’étayer sa démonstration, pièces à l’appui, à l’inverse
des imprécations dénuées de tout fondement de l’abbé Laguérie qui s’est bouché
les yeux et les oreilles depuis 40 ans sur Joseph Ratzinger : n’aurait-il donc
rien vu passer !
Le fait
que Mgr Tissier ait par une démonstration sans faille, irréfutable, prouvé que
Ratzinger n’était rien d’autre qu’un moderniste s’avançant masqué : voilà
ce que ne supporte pas l’abbé Laguérie, l’ancien jeune abbé de St Nicolas
sensible à la séduction des média, de leurs paillettes et de leurs vanités.
Ce que,
plus âgé, l’abbé Laguérie ne supporte toujours pas, c’est de devoir renoncer
aux illusions du compromis impossible entre le monde des persécutés et la
persécution du monde.
C’est
bien cette concupiscence de l’écran, des honneurs et du succès facile, qui a
conduit à sa perte ce jeune abbé talentueux gâchant son « talent »
reçu au détriment de la vérité.
La
méconnaissance des textes, des faits, par l’abbé Laguérie, l’âge venant,
s’illustre aujourd’hui clairement dans son attaque légère et infondée,
critiquant à tort Mgr Tissier devant ses adulateurs, lecteurs de son blog.
Il éclate dans
sa défense illusoire et contraire aux faits des écrits de Joseph Ratzinger[6] dont le tableau
suivant met en pleine lumière le Modernisme intégral, et
dont l’arrogance continue ne peut avoir échappé, depuis 40 ans, qu’à ceux qui
ont des yeux et ne veulent pas voir, des oreilles et ne veulent pas
entendre.
Celui qui fut le
curé sémillant et prometteur de Saint Nicolas voudrait-il finir par apparaître
sur le tard aveugle et sourd ?
Joseph Ratzinger : une continuité très cohérente
durant 40 ans
Qu’on en juge
par ce tableau panoramique mettant en lumière le Modernisme intégral de Joseph
Ratzinger-Benoît XVI.
Mgr Tissier
s’est limité dans ses citations, car il aurait pu encore poursuivre, en citant
par exemple le
tristement fameux « Les principes de la théologie catholique –
esquisses et matériaux » de Joseph Ratzinger qui fourmille d’erreurs
et de propositions modernistes, que l’auteur n’aura jamais reniées. Bien
au contraire, le livre vient d’être réédité par les éditions Pierre Téqui, avec
une préface du très officiel cardinal’ Poupard :
« Enfin
au terme de son inventaire critique sur l’Eglise et le monde. A propos de la
question de la réception du deuxième concile du Vatican, le théologien Joseph
Ratzinger conclut : « Cela
signifie-t-il que le Concile lui-même devrait être rétracté ? Absolument
pas. Cela signifie seulement que
la réception réelle du Concile n’est pas encore commencée du tout. Ce qui a dévasté l’Eglise durant la dernière
décennie (1972-1982) n’était pas le Concile mais le refus de sa
réception… ». En relisant ces pages prémonitoires, le lecteur du
théologien Joseph Ratzinger comprendra mieux pourquoi, un quart de siècle plus
tard, les cardinaux l’ont élu afin de poursuivre le ministère pétrinien de
Jean-Paul II » Cardinal Paul Poupard, Rome, 24 avril 2005, commencement du
ministère pétrinien de l’évêque de Rome, Benoît XVI. – Préface à « Les principes de
la théologie catholique » Cardinal Joseph Ratzinger, réédition
2005, Editions
Pierre Téqui[7]
Faut-il encore
citer le très significatif « Eglise, œcuménisme et politique »
de Joseph Ratzinger de 1987 et diffusé par Fayard actuellement.
Ou encore la « Lettre
à l’Eglise catholique en Chine » de Benoît XVI du 27 mai 2007, publié
par Salvator ? Dans ce dernier texte, Joseph Ratzinger cite
continûment le concile Vatican II, et invoque (page 34) la déclaration
conciliaire Dignitatis Humanae, tristement hérétique, dénoncée sans
relâche par Mgr Lefebvre. Et nous pourrions poursuivre, tant nous sommes
submergés de cette littérature ratzinguérienne où foisonne le modernisme étalé
sans pudeur à jets continus.
La charge de l’abbé Laguérie contre l’abbé Chataurd, le spécialiste
de la critique du Père Lécuyer
L’abbé
Chautard, premier vicaire de l’abbé Beauvais à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, est
lui aussi pris à parti par l’abbé Laguérie qui, dans son blog, le traite comme
un « brave » gamin, comme un freluquet à peine sorti du séminaire,
et encore, et qui ne serait bon qu’à disséminer des « brûlots » en
s’« étranglant » :
« Quant
à notre brave abbé Chautard qui s’étrangle dans son brûlot à constater que les
orthodoxes constituent des « églises », pensée qu’il m’attribue
d’ailleurs alors qu’elle est simplement celle du pape actuel, il devrait relire
son histoire de l’Eglise. Sait-il, par exemple, que les 24 patriarches
orthodoxes orientaux convoqués par le pape Eugène IV au Concile de Florence
siégeaient comme nos évêques catholiques et avaient une voix
délibérative ? Eh oui, ce que n’ont pas osé Jean XXIII et Paul VI à
Vatican II, les papes de la renaissance l’ont fait et bien fait : sans
Mahomet II, qui a imposé par la guerre, la torture et le viol, le schisme
orthodoxe, l’Eglise Catholique avait réussi à unifier ses enfants depuis
l’Espagne jusqu’à Moscou, en passant par Constantinople et Alexandrie… »
A la lecture des
ces écrits, nous ne pouvons que conclure à l’outrecuidance, à la légèreté, dans
la mise en cause de Mgr Tissier de Malerais et d’un abbé, dit-on, estimé à
Paris au sein de la FSSPX. Cette outrecuidance et cette légèreté conjuguées à
une telle manifestation de soutien et de sympathie, d’espoir envers le
Supérieur de la même FSSPX, sont indécents et même insultants pour Mgr Fellay. Mgr
Fellay aurait donc désormais comme fidèle soutien un ex-mutin de 2004, alors
soutenu publiquement par l’ancien Anglican, devenu l’évêque à la Rose de la
Fraternité, Mgr Williamson ? Lequel ex-mutin fulmine aujourd’hui ses
attaques et dénonciations, sans le moindre respect des faits, à l’encontre des
travaux documentés, précis et rigoureux de Mgr Tissier de Malerais, comme de ceux d’un professeur de l’Institut Universitaire
Saint Pie X ?
Rappelons alors
ici que l’abbé Chautard est l’auteur d’un travail précis et bien documenté, sur
les écrits du Père Lécuyer, dont il a livré les conclusions dans une
communication[8]
lors d’un colloque de la FSSPX à Paris en novembre 2005.
Ce qui agace
sans doute le milieu rallié et rallieur, dont l’abbé Laguérie est le
porte-voix, c’est que le Père Lécuyer était l’ennemi personnel acharné de
Mgr Lefebvre et l’un des pères du nouveau rite sacramentellement
invalide de consécration épiscopale du 18 juin 1968 (Pontificalis Romani),
entièrement inventée par DomBotte-Lécuyer-Bugnini\ et le Consilium
liturgique de Montini-Paul VI (cf. www.rore-sanctifica.org).
Beaucoup de
modernistes auraient certes préféré qu’aucun abbé de la FSSPX n’étudiât jamais
sérieusement les écrits de ce personne clé de la révolution liturgique
qu’est le Père Lécuyer.
L’abbé
Laguérie n’a aucuns travaux équivalents à faire valoir.
Lui qui déclare
pourtant au sujet de la question de l’invalidité du nouveau rite de
consécration épiscopale : « J’ai beaucoup étudié cette question, »[9], étale
en réalité sa grave méconnaissance du sujet, et son incompétence doctrinale[10], allant à l’encontre de tous les travaux
universitaires sur la question ; ce qui en dit long sur son manque de sérieux,
son ignorance de ces sujet, ainsi que sur sa prétention à affirmer
gratuitement.
Où sont ses
publications sur le sujet ?
Avec un tel vide
face aux nombreux travaux scientifiques du Comité international Rore
Sanctifica (CIRS)[11] sur la question, la cause est entendue.
Quels livres ou
articles de fond l’abbé Laguérie a-t-il publié ? Aucun à notre
connaissance, hormis le recueil de ses sermons dans son ouvrage « Avec
ma bénédiction ». N’est-ce pas un peu court de la part d’un donneur de
leçons sans titre ?
Il est
d’ailleurs inadmissible que l’abbé Laguérie n’ait toujours pas apporté la
moindre réponse à la lettre ouverte et publique que lui adressa un père de
famille, Thilo Stopka le 24 septembre 2006[12], et dont nous avions rendu compte.
Rappelons le sujet
sur lequel Thilo Stopka, ancien séminariste de Zaitzkofen, interpellait le
Supérieur de l’Institut du Bon Pasteur :
« Avez-vous
bien réalisé que la nouvelle forme sacramentelle épiscopale de Paul VI déclare
une autre Trinité, une nouvelle Trinité, où le Fils,
mineur au Père, devrait recevoir le don du Saint Esprit, sans posséder,
ensemble avec le Père, la caractéristique de la spiratio activa.
La nouvelle forme nie en effet explicitement et tout simplement le Filioque
en tant que principe du Saint Esprit. Et le Compendium dégrade à son tour le Filioque
en faisant du Fils un simple canal de l’Esprit.
Est-ce là ce
que vous aller enseigner à l’Institut du Bon Pasteur ?
Je vous
demande à présent ici si un baptême avec la forme suivante pourrait être
valide ?
« Je te
baptise au nom du Père majeur, et du Fils mineur etc… »
Ou prenez
l’exemple suivant ?
« Je te
baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit –le don du Père au Fils.
Amen. »
A l’évidence,
cette négation explicite du fait que le Fils est,
en commun avec le Père, le principe du Saint Esprit, et n’en est
nullement un simple canal, rendrait ce baptême
radicalement nul. Lisez Saint Thomas III q.
·
Trouve-t-on oui ou non cette
hérésie bel et bien exprimée dans la nouvelle forme sacramentelle épiscopale de
Paul VI ?
·
Est-ce que cette doctrine se
retrouve dans le Compendium du Nouveau Catéchisme, oui ou non ?
·
Est-ce qu’on peut rencontrer la même
idée dans Dominum et Vivificantem, oui ou non ?
·
Est-ce que le père Lécuyer, un
partisan connu des hésiarques condamnés Théodore de Mopsueste et Theodoret de
Cyr (Trois-Chapitres), était en charge du nouveau rite de consécration
épiscopale, oui
ou non ? »[13]
Thilo Stopka, 24 septembre 2006
A notre
connaissance, l’abbé Laguérie n’a toujours rien répondu à cela, ce qui montre
l’ampleur de son embarras.
La clef de l’attaque de l’abbé Laguérie contre Mgr Tissier de
Mallerais et l’abbé Chautard
Mais comment
expliquer tant de hargne ?
Quel est le
ressort « psychologique », mot qu’affectionne l’abbé pour
disqualifier ceux qui travaillent?
L’attaque de
l’abbé Laguérie, à la fois contre l’Evêque qui démasque le super moderniste
Joseph Ratzinger, et contre le révélateur du Père Lécuyer, apparaît donc courtisane et illusoire.
Courtisane, elle l’est par une recherche manifeste de rentrer
en grâce auprès de Mgr Fellay qui l’a chassé. Faut-il rappeler la mutinerie de
l’été 2004 qui faillit emporter le District de France de la FSSPX dans la
division ? Et l’action des mutins reçut un appui important le 17 octobre
2004 de la part de l’ancien
Anglican, Mgr. Williamson-‘Cunctator’[14]à la Rose[15],
avéré depuis
avoir été l’ancien protecteur, ordonnateur et promoteur opiniâtre à Winona
des clercs homosexuels prédateurs Carlos Urrutigoity et Eric Ensey[16]. Ce qui montre que
Mgr Williamson jouait une carte personnelle contre Mgr Fellay en relançant une
mutinerie que le clergé de Saint Nicolas et l’abbé de Cacqueray espéraient
avoir jugulée.
Mais il y a autre chose. Et aujourd’hui l’abbé Laguérie
apparaît sous les habits d’un chaud partisan de Mgr Fellay !
Toute l’illusion de l’attaque de l’abbé Laguérie consiste à
chercher à inverser les rôles : présenter à ses lecteurs les défenses des
fidèles disciples de Mgr Lefebvre – et de la Tradition – comme des attaques « dangereuses
pour la tradition ».
Il est aisé de comprendre la clef du paradoxe de l’Abbé
Laguérie qui ayant trahit l’œuvre de Mgr Lefebvre, en se ralliant à son
persécuteur, se présente désormais comme son meilleur défenseur. En bon rallié,
l’abbé Laguérie ne peut que concentrer toutes ses attaques contre les éléments
les plus en vue au sein de la FSSPX[17]. Qui pourrait
s’en étonner à la réflexion ?
Enfin, il ne faut pas aller chercher loin la source de
l’inspiration des attaques de l’abbé Laguérie contre Mgr Tissier et l’abbé
Chautard. Il ne faut pas la chercher dans les faits, dans la réflexion ou dans
de douloureuses études ; mais dans cette concupiscence d’un succès facile
qui fait tout le ciment des ralliés et des infiltrés. C’est cette concupiscence
peu glorieuse qui explique l’absence totale de hauteur de vue, d’argumentation
théologique, liturgique ou pastorale, solide de l’abbé rallié.
C’est cette concupiscence du succès et du profit immédiat qui
explique le fait que cet abbé n’ait à la bouche que le mot pitoyable et
séducteur de « remèdes pratiques » !
Après 2000 ans de christianisme, se faire l’apôtre de « remèdes
pratiques » aux antipodes des béatitudes et du « prends
ta croix et suis Moi ! », voilà où en est réduit L’abbé
Laguérie!
Et c’est cet abbé qui ose injurier Mgr Tissier en ironisant
sur la manière dont celui-ci « aurait traité le cas saint Paul ».
La position et l’attitude de l’abbé Laguérie vont de pair
avec la diffusion des erreurs doctrinales sur l’infaillibilité de l’Eglise que
nous n’avons cesse de rappeler, nous vous invitons à relire tout
particulièrement le chapitre III : Conséquences de ces erreurs sur la
doctrine de l’Eglise et du refus d’étudier la nature de l’ennemi et de ses
méthodes, dans notre étude Constat doctrinal sur la tradition et sur la FSSPX.[18]
L’abbé Laguérie, en étant avide de succès faciles et de
« remèdes pratiques » trace une voie qui en réalité profite au
triomphe de l’apostasie moderniste.
Tel est la conséquence de ce désordre intellectuel et
spirituel du discours de cet abbé fourvoyé, aveuglé auprès des autorités
conciliaires.
Tel apparaît également cet aveugle jouant au bon pasteur,
alors qu’il est incapable de se conduire lui-même (se rappeler la parabole des aveugles)
et qu’il mène ainsi ses pauvres brebis dans la voie du reniement, du modernisme
et de l’apostasie finale.
La charge de l’abbé Laguérie vise-t-elle a convaincre Mgr Fellay d’
interdire à Mgr Tissier de critiquer Ratzinger ?
D’une certaine
manière on peut dire que l’abbé Laguérie vient
exprimer tout haut le mécontentement et la hargne que la conférence de Mgr
Tissier sur Joseph Ratzinger a suscité parmi les
infiltrés qui s’étaient organisés pour éviter que le texte de cette conférence
ne circule prématurément, si possible même jusqu’à la
signature du ralliement.
La preuve ?
Les infiltrés n’ont aucunement diffusé la conférence de Mgr Tissier.
Ils ont
seulement promis une hypothétique et lointaine publication des actes du colloque
Pascendi.
La plus
lointaine possible, comme celle de la conférence de
Mgr Fellay, donnée en clôture du Symposium si si no no, de
janvier 2007, et dont personne n’a encore vu la couleur, l’évêque suisse ayant
été censuré par son entourage.
De la même
façon, qu’ils se sont hâtés de fermer le site internet de la célébration des
30 ans de la (reprise) de Saint Nicolas du Chardonnnet, dont il ne reste aucune
trace, moins d’un an après. Un scandale éloquent !
Accusé par
l’abbé Laguérie, Mgr Tissier est donc gravement mis en cause par l’abbé du
dehors.
Un
comble ! Les infiltrés pourraient même profiter de cette mise en cause
pour tenter de convaincre Mgr Fellay d’interdire à Mgr Tissier de critiquer[19] désormais Joseph Ratzinger, en déplaçant le problème de sa cause, c’est-à-dire
les erreurs et le modernisme de Joseph Ratzinger, vers sa conséquence :
celui qui les dénoncent, Mgr Tissier de Malerais.
Le procédé est
classique, il consiste à accuser celui qui dénonce le scandale et non celui
qui le crée.
Faut-il voir la main de Mgr Williamson derrière la montée au créneau
de l’abbé Laguérie ?
L’affaire
de la mutinerie de
Les connexions entre l’abbé Laguérie, Mgr Williamson et le réseau
des infiltrés subsistent, elles sont un canal idéal pour une action concertée
entre l’entourage de rallieurs de Mgr Fellay et l’exclu fougueux de l’IBP.
Le
double jeu de Mgr Williamson, l’évêque à la Rose de la Fraternité, est
désormais connu.
Il veut se déguiser en ‘bon pasteur’ des irréductibles qui ne
signeront jamais avec la Rome apostate, mais en réalité, il joue le jeu de
Joseph Ratzinger dans un rôle de ‘voiture-balai’ de la Tradition, pour s’assurer que lors d’un
éventuellement ralliement, il ne reste absolument rien, surtout aucun évêque,
ni aucuns clercs qui puissent échapper au contrôle (déguisé) de Rome.
C’est
en cela que l’intervention d’un Mgr Tissier, qu’il
ne contrôle pas, gêne Mgr Williamson, surtout en France, qui est le pays où
se joue le cœur du combat contre les anti-christ de Rome.
De la
même façon que Ratzinger est un super-moderniste qui se déguise sous les fleurs
de lys pour faire accroire le mythe de sa pseudo-conversion tardive à la
Tradition, de même l’ancien Anglican à la Rose, Mgr Williamson agit tel un
agent de l’ennemi conciliaire et se déguise désormais sous les citations les
plus fermes de Mgr Lefebvre.
A ce
petit jeu subtil, l’évêque anglais tente de séduire les clercs et les fidèles
qui ne veulent d’aucun ralliement avec Rome.
Et,
d’un point de vue politique, l’intervention fracassante de l’abbé
Laguérie tombe à pic pour tenter de discréditer Mgr Tissier, alors que
son texte est repris dans les milieux de la FSSPX en France, c’est-à-dire en
dehors du contrôle de l’ex-anglican Mgr Williamson, et alors même que le crédit
de ce dernier ne cesse de s’effriter, cette perte d’influence de l’évêque
britannique démasqué commençant à gagner le monde anglo-saxon.
En France Mgr Williamson, l’évêque à la Rose de la Fraternité,
n’a plus comme relais fiables et inconditionnels que les Père Innocent-Marie et
Pierre-Marie qui tiennent la revue Le sel de la terre et « verrouillent les questions dogmatiques »,
en particulier celle de l’invalidité
sacramentelle radicale des consécrations épiscopales conciliaires depuis
le 18 juin 1968, chez les dominicains d’Avrillé.
L’observation
de cette situation et son interprétation à la lumière des faits des derniers
mois, nous amènent donc à nous demander si derrière
cette intervention si « opportune » de l’abbé Laguérie, critiquant
à tort Mgr Tissier, il ne conviendrait pas de
distinguer en réalité la main de Mgr Williamson, agissant
indirectement sur la situation, par influence, dans l’ombre, ainsi que
l’affectionne cet ancien de Cambridge ?
Mais que fait encore l’ancien anglican Mgr Williamson au
sein de la FSSPX ?
Continuons le
bon combat
Abbé Michel
Marchiset
PS : J'invite
les lecteurs de cette lettre à consulter mes sermons dominicaux, dont le
dernier, qu'ils pourront lire en cliquant sur le lien suivant :
http://www.virgo-maria.org/index_sermons_abbe_Marchiset.htm
§§§§§§§§§§
Texte de l’abbé Laguérie sur son blog
http://blog.institutdubonpasteur.org/spip.php?article92
7 janvier 23:03, par Abbé Philippe
Laguérie
Cher ami,
Il est vrai que plusieurs
jeunes, très jeunes, abbés de la Frat se relaient, à grand renfort de citations
du prévenu, pour expliquer que l’abbé Laguérie de Saint Nicolas du Chardonnet
était super tandis que celui de Saint Eloi est un misérable. Tout aussi exagéré
ex utroque ; c’est d’ailleurs l’indice que leurs affirmations
d’aujourd’hui sur mon compte sont aussi suspectes que celles d’alors !
« Tout ce qui est excessif est insignifiant » disait Talleyrand. Nous
avions eu l’abbé de Champeaux (Bergerac-Perrigueux) mon ancien vicaire à
Bordeaux et c’est aujourd’hui le tour de l’abbé Chautard (actuel vicaire de
saint Nicolas) de juxtaposer d’innombrables textes pour horrifier dans les
chaumières. L’un et l’autre relayés par l’actuel Prieur de Bordeaux qui puise
ici sa manne et croit devoir trouver sa survie à démontrer sans cesse à ses
fidèles que ma belle paroisse est une voie de perdition. Ce qu’aucun ne croit
vraiment nonobstant le « politiquement correct » sanitaire établi ce
faisant. Quand un défunt nous est commun, mes (intelligents) paroissiens se
rendent à ses obsèques chez eux, tandis que les leurs (endoctrinés) ne mettent
pas les pieds chez nous. « C’est à peine croyable ! » dirait mon
neveu…
Qu’ils sachent tous que je ne
leur en veux nullement et leurs souhaite un très joyeux Noël dans la paix du
Gloria in Excelsis Deo. Je dirais même que cela m’amuse plutôt : parce que
nombre d’évêques me reprochent exactement le contraire : « Laguérie,
il est comme avant ». Et puis j’ai eu trente ans avant vous et, au moins,
je ne me contentais pas alors de juxtaposer les citations. Je défendais bec et
ongle, aux côtés de mes supérieurs, la survie de la Tradition et si quelqu’une
de mes diatribes d’alors a le bonheur de vous toucher encore, vous me faites
beaucoup d’honneur et forcez ma gratitude. Sachez tout de même que je ne
regrette aucune de ces lignes, au contraire ; ils n’étaient pas si
nombreux que ça, les prêtres, à défendre publiquement les sacres auxquels vous
devez votre sacerdoce ! Et je crois que, malgré leur jeunesse et leurs
interminables citations, ces jeunes font du bon boulot. Quant à cette fameuse
jeunesse, ça leur passera avant que ça me reprenne. « Mes chers messieurs,
Patience » aurait dit notre bon Père Barriel, en glissant son pouce sous
ses index-majeurs. Pardon, vous ne pouvez pas savoir.
Mais assez badiné : les
choses sont sérieuses. Et leur compréhension peut éclairer plus d’une
lanterne : c’est le seul motif de cette intervention qui ne manquera pas
d’apparaître (faussement) comme un plaidoyer pro domo. Je m’en moque bien,
d’ailleurs. Un anachronisme funeste et un décalage explosif pour
l’avenir : tels sont le motif et la portée de ces attaques répétées (et
unilatérales, notez-le) qui témoignent de nos différents.
1/ Un anachronisme
funeste.
Si vos innombrables citations
portaient sur des questions de Foi, de doctrine, de morale, alors vous auriez
raison de dire que l’abbé Laguérie a retourné sa veste. Et s’il avait raison
alors (ce que vous semblez lui concéder, n’est-ce pas ?) qu’il serait devenu,
selon, un hérétique, un libéral, un impie…Vous n’en arrivez pas à ces noms
d’oiseaux, merci. Et voici pourquoi.
Toutes vos citations sont du
domaine politique, sans exception. Je parle ici de la politique au sens
aristotélicien, du gouvernement de la cité, de Dieu en l’occurence. Il s’agit
toujours d’une question de positionnement par rapport à ce que le Cardinal
Benelli appelait (à tort, je l’ai dit ici) l’église conciliaire. En vérité, il
s’agit de bien plus : savoir quel comportement pratique il faut adopter
vis-à-vis d’une Autorité, rien moins que celle de L’Eglise de Jésus-Christ qui,
alors, nous interdisait de fait la messe, le catéchisme, l’Ecriture, comme dit
Madiran. Et aussi l’accès à l’épiscopat : combien de génération de
séminaristes, dont je suis, n’ont-elles pas tremblé à l’idée d’une mort
prématurée de Mgr Lefebvre ! Ces questions étaient de vie ou de mort.
Alors laissez-moi vous dire très
nettement et fortement s’il le faut : ou bien la situation pratique n’a en
rien évolué depuis les années 70 et mon « changement » est funeste,
en effet ; ou bien cette situation pratique a changé et c’est votre
immobilisme tactique qui est funeste et va vous coûter très cher. Et parce que
je pense évidemment que la situation pratique a changé du tout au tout (même
s’il faudra quelques décennies pour ramener la paix doctrinale complète, comme
dit si justement Mgr Fellay : j’y reviendrai) et que vous vous trompez
complètement d’époque, alors vous allez droit dans le mur.
Car enfin : avons-nous des
évêques ? Oui. Qui confirment et ordonnent dans la Tradition
liturgique ? Oui. Vous interdit-on de dire la messe grégorienne ?
Non. Vous dit-on qu’elle est interdite ? Non. Vous demande-ton de prendre
le concile comme le super dogme qui éclipse Nicée ? Non. Avez-vous le
droit d’en rejeter l‘esprit et d’en interpréter la lettre selon la
Tradition ? Oui, et c’est même un devoir. Pouvez-vous administrer tous les
sacrements avec le rituel de 1962, de réciter le bréviaire de la même
année ? Oui. Qui vous empêche de donner un vrai catéchisme aux enfants et
aux adultes ? Personne. Et qui vous empêche d’être en parfaite communion
avec Rome et le Pape ? Prenez bien garde que ce ne soit pas votre orgueil
ou quelque démon qui vous persuade du contraire…Ouvrez vos yeux fermés depuis
1988 : l’opération « survie » est terminée et vous n’y figurez
même pas comme anciens combattants.
Tout n’est pas rose, certes, et
loin de là. Ouvrir des églises n’est pas facile, soit. Mais êtes-vous sûr que
c’était chose facile dans la Fraternité et à qui le dites-vous ? Avez-vous
seulement essayé, comme à Amiens en ce moment ? Pas sûr. Nos évêques
devraient sans doute non seulement nous laisser faire, mais nous monter
l’exemple : c’est d’accord. Oui, il faudra du temps…
Mais pouvez-vous penser sérieusement
que la situation n’a pas changé, sans mentir au fond de vous ? Que Paul VI
et Benoît XVI sont identiques et interchangeables ? Que rien ne se passe
dans l’Eglise et que, tant que vous y êtes, rien jamais ne s’y produira
d’encourageant ? La confiscation de tous les biens spirituels et trésors
de l’Eglise au profit d’une idéologie est terminée : rouvrez les yeux. Et
si la situation politique a si profondément changé et que vous refusez d’y
adapter votre jugement, qui de nous est dans le vrai ? Dois-je vous
rappeler que la vérité se trouve dans le jugement et que c’est celui qui refuse
de modifier son jugement sur une réalité changeante qui se trompe. Il peut bien
se vanter de n’avoir pas changé et de refuser absolument de le faire :
outre que ce n’est guère intelligent, il se trouve très vite dans l’erreur. Et
une erreur d’autant plus tenace qu’il la chérit comme un critère de …vérité.
« Et nous entretenons nos aimables remords comme les mendiants nourrissent
leur vermine ». (Citation de Baudelaire à utiliser pour un prochain
article). Le critère de la vérité doctrinale est bien dans le Canon de Lérins
« eadem sententia, eodem sensu ». Mais faire de l’immobilisme le
critère d’un jugement pratique du domaine politique, c’est détruire l’intelligence.
Pas de quoi s’en vanter. C’est dire qu’il fait nuit à midi, parce que c’était
vrai à minuit.
Un exemple récent de cet
anachronisme funeste vient de nous être donné de haut parmi vos rangs. Dans la
conférence qu’a donnée Tissier (je ne vois pas du tout pourquoi cet évêque
aurait droit à un titre quelconque quand il se permet, dans l’indifférence
générale et une honte sans précédent pour la Fraternité, de nommer le pape
Benoît XVI « Ratzinger » sans exception et tout du long) les 9, 10 et
11 novembre dernier au symposium Pascendi à Paris.
Car, outre le scandale donné
ainsi à l’Eglise toute entière et dans l’impunité générale de la Fraternité qui
publie fièrement ces insultes sur le cite officiel du district de France (je
suis le premier à relever le fait presque deux mois plus tard :
j’attendais, mais en vain, qu’un responsable le fît) Tissier ne trouve, pour
justifier toutes les épithètes qu’il décerne au Pape (rationaliste, libéral,
moderniste etc.) que des citations de 40 ans. Quand M. l’abbé Ratzinger
était le secrétaire du Père Rahner au concile. Nous savions déjà que la
théologie hussites d’Ecône interdit à quiconque de s’améliorer, de se
reprendre, a fortiori de se convertir (pensez-donc !). Mais qu’un évêque
de la Fraternité commette, dans l’indifférence générale, un anachronisme aussi
pervers est symptomatique de cette glaciation de la pensée.
Je ne veux pas entrer ici dans
les présupposés psychiques qui président à une semblable dérive, qui doit faire
se retourner Mgr Lefebvre dans sa tombe ! Qu’aurait fait Tissier avec
Saint Pierre, même au soir de la résurrection ? Comment Tissier aurait
traité le cas Saint Paul : il n’aurait été toute sa vie que le persécuteur
des chrétiens, voilà tout. Si Tissier est sédévacantiste, qu’il ose le dire
publiquement et quitte la Fraternité, qui ne l’est pas. Et s’il ne l’est pas,
qu’il ait la décence et la politesse d’appeler le pape par son nom de pape ou
par son titre. En attendant, trouvez-moi un texte de Mgr Lefebvre qui appelle
le Pape Paul VI « Montini » ou Jean-Paul II « Woytila » et
je recommencerai d’appeler Tissier (de Mallerais, s’il vous plait)
« Monseigneur ». Vous n’avez pas assez souffert, non de non, quand
les pires modernistes appelaient notre fondateur « Lefebvre » et
avez-vous lu l’Evangile qui vous impose de ne jamais faire à autrui ce que vous
ne voudriez pas qu’il vous fasse ?
Quant à notre brave abbé
Chautard qui s’étrangle dans son brûlot à constater que les orthodoxes
constituent des « églises », pensée qu’il m’attribue d’ailleurs alors
qu’elle est simplement celle du pape actuel, il devrait relire son histoire de
l’Eglise. Sait-il, par exemple, que les 24 patriarches orthodoxes orientaux
convoqués par le pape Eugène IV au Concile de Florence siégeaient comme nos
évêques catholiques et avaient une voix délibérative ? Eh oui, ce que
n’ont pas osé Jean XXIII et Paul VI à Vatican II, les papes de la renaissance
l’ont fait et bien fait : sans Mahomet II, qui a imposé par la guerre, la
torture et le viol, le schisme orthodoxe, l’Eglise Catholique avait réussi à
unifier ses enfants depuis l’Espagne jusqu’à Moscou, en passant par
Constantinople et Alexandrie…
2/
Un décalage explosif.
Qui a lu l’interview de
Monseigneur Fellay dans le Présent du samedi 24 Novembre (donc 15 jours après la
prestation Tissier) est tout de même rasséréné. « J’envisage la
possibilité, relativement prochaine, de trouver des remèdes pratiques » (à
la situation de la FSSPX dans l’Eglise) même si, avec autant de bon sens que de
réalisme, le supérieur général affirme qu’il faudra plusieurs générations pour
« la paix retrouvée par la solution de la crise doctrinale ». Je ne
suis pas suspect d’une bienveillance excessive à l’égard de Mgr Fellay…mais
j’applaudis bien fort à la lecture de ces lignes : « cela signifie que
les remèdes pratiques arriveront bien avant la fin de la crise ».
Avouez que c’est exactement la
position concrète qui a présidé à la création et à l’existence du Bon Pasteur.
C’est aussi la matière d’un célèbre édito de Pacte, voila 10 ans, écrit par votre
serviteur et titré par l’abbé de Tanoüarn : « Vers une solution
pratique ». Il n’y a que les gens superficiel pour faire accroire que des
situations juridiques concrètes signifieraient d’elles mêmes la fin de toute
controverse ou opposition doctrinales. Allons-donc : nos ennemis les plus
acharnés ne s’y trompent pas et l’agitation de cet argument misérable camoufle
à l’évidence un refus de toute solution, même et surtout doctrinale ! On
commence à mesurer combien une théologie déconnectée de la vie de l’Eglise
recèle de périlleuse et le refus de solutions pratiques n’est qu’un paravent
confortable. Il n’y a qu’à mesurer la réaction d’un abbé Chautard quand le Pape
entreprend lui-même de donner l’interprétation catholique des textes du
concile : à ce train-là, pense-t-il, on s’achemine vers une solution
pratique. Il y aurait une belle psychanalyse à faire. Pas d’accords pratiques
avant un règlement total des questions doctrinales ; mais aussi, pas de
solutions doctrinales qui nous contraindraient à un accord pratique…il y a du
refoulé là-dessous et vous n’êtes pas sortis de l’auberge ni entré dans le
giron !
Le plus triste est cette
distorsion grandissante au sein de la Fraternité saint Pie X entre des
positions comme celles de son supérieur (qu’on doit créditer, je pense, à la
plupart de ses membres) et quelques brûlots isolés mais fulgurants
d’anachronisme, tels qu’on vient d’en rencontrer. Je ne veux pas croire que Mgr
Fellay ignore ces textes ou les approuve. Encore moins qu’il puisse y avoir une
communication à deux vitesses, l’une officielle et externe par l’Autorité et
l’autre officieuse à usage des membres, par quelque commanditaire.
J’aurais sans doute préféré
commencer l’année 2008 par des propos plus amènes. Je leur présente pourtant
mes vœux les plus chaleureux, comme à tous les lecteurs, avec mes prières et
mon amitié en Notre seigneur. Mais un œil avisé n’y verra que mon grand amour
de la Fraternité, largement partagé à Rome. Et puis, je ne fais que me défendre
d’attaques personnelles des abbés de Champeaux et Chautard qui, pour être bien
jeunes et peut-être bien intentionnés, n’en sont pas moins dangereuses pour la
Tradition en général.
[1] Le texte de la conférence est téléchargeable depuis :
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-29-MgrTissier_SuperModernisme.pdf
Cf.
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-14-A-00-Mgr_Tissier_a_Paris.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-29-A-00-Mgr_Tissier_Super_modernisme.pdf
[2] Voir l’article en annexe : http://blog.institutdubonpasteur.org/spip.php?article92
[4] En recourant à cette diabolisation par l’opinion du sédévacantisme,
l’abbé Laguérie révèle sa connivence intellectuelle avec l’abbé Schmidberger
qui s’est oublié en osant déclarer en 2006 aux Etats-Unis « mieux
vaut être Novus Ordo que sédévacantiste », ou encore avec
l’ex-anglican Mgr Williamson qui a œuvré durant toute sa carrière
ecclésiastique à pourchasser les « sédévacantistes ».
Mgr Williamson, l’évêque à la Rose de la fraternité, aura même persisté à
accorder plus de crédit aux propos des clercs prédateurs homosexuels avérés
qu’à ceux du Supérieur du séminaire de LaReja, l’abbé Morello, accusé de
« sédévacantisme » par ces derniers.
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-01-A-00-Williamson-Urrutigoity.pdf
[5] http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?N_LIV_CERF=6816
[6] L’abbé Laguérie vient récemment d’apporter son
soutien à la politique d’œcuménisme de Ratzinger avec les orthodoxes :
http://www.virgo-maria.org/articles/2008/VM-2008-01-11-A-00-Laguerie_soutient_persecuteur_Est.pdf
[8] http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-01-07-A-00-CIRS-Lecuyer_Chautard_4.pdf
[12] http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-09-24-A-00-Lettre_ouverte_de_Thilo_Stopka_a_l_abbe_Laguerie.pdf
[13] http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-09-24-A-00-Lettre_ouverte_de_Thilo_Stopka_a_l_abbe_Laguerie.pdf
[14] Cf. les trois messages VM des 17 septembre et 02
octobre 2007 :
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-10-02-C-00-Societes_secretes_europeennes.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-09-17-A-00-Mgr_Williamson_Muggeridge.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-09-17-B-00-Mgr_Williamson_Actions_US.pdf
[15] Cf. les trois messages VM des 15 et 18 octobre et 03
novembre 2007 :
http://sww.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-10-15-A-00-Blason_Williamson_Cunctator.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-10-18-A-00-Coat-of-arms_Williamson_Cunctator.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-03-B-00-Anglicans_Rose_Croix-FM.pdf
[16] Cf. les quatre messages VM des 20 octobre, 01, 10 et
13 novembre 2007 :
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-13-A-00-Bond_Williamson.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-10-D-00-Schmidberger-Urrutigoity.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-01-A-00-Williamson-Urrutigoity.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-10-20-A-00-Vatican-Homosexuel.pdf
[17] Nous disons
au sein de la FSSPX, car, ainsi que nous l’avons souligné plusieurs fois, ces
mêmes défenseurs de la Tradition n’ont pas compris la véritable doctrine sur le
Magistère ordinaire et extraordinaire de l’Eglise, réduisant le domaine de
l’infaillibilité aux seules déclarations ex cathedra et en tirant argument pour
justifier une « voie médiane » ou une « ligne de crête »
qui leur fait reconnaître pour légitimes des autorités qui sont en réalité
usurpatrices. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces points pour en
démontrer les sophismes, notamment tels qu’ils sont vulgarisés par Arnaud de
Lassus et sa subtile inversion du sujet et de l’objet de l’infaillibilité du
Magistère.
[18] http://www.virgo-maria.or
http://www.virgo-maria.org/articles/2007/VM-2007-11-14-A-00-Mgr_Tissier_a_Paris.pdf
g/articles/2006/VM-2006-07-08-1-01-Constat_Doctrinal_sur_la_Tradition_et_la_FSSPXa-1.pdf
[19] nous vous
signalons, là encore, notre étude Constat doctrinal sur la tradition et sur la FSSPX
afin de comprendre pourquoi la critique des écrits de Joseph Ratzinger, que Mgr
Tissier de Malerais reconnaît comme autorité légitime, manifeste une position
qui n’est pas catholique.
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