LE
CORAN PASSÉ AUX CRIBLES
Laurent
LAGARTEMPE
Bulletin
SCIENCE ET FOI, N° 71, 1er Trimestre 2004
CESHE
France - B.P. 1055 - 59011 LILLE Cedex
Ambiguïté pour ambiguïté, puisque le Coran est ambigu nous
lui associons d'entrée de jeu un mot lui-même quelque peu ambigu, non sans
aussitôt lever l'ambiguïté... du mot, ce qui est facile... car lever
l'ambiguïté du Coran est une autre histoire, en fait l'histoire de la naissance
d'un livre : le « Petit guide du Coran ». Cribler n'est d'ailleurs pas un mot
si ambigu, son ambiguïté originelle tenant seulement à ce qu'il désigne à la
fois percer de trous et « passer au tamis », autrement dit fabriquer un tamis
et s'en servir pour trier, deux actions biens distinctes quoique logiquement
enchaînées. Au sens figuré, cependant, l'ambiguïté s'accroît puisque le mot
sert à désigner l'effet destructeur d'un flux de projectiles sur une surface,
aussi bien que cette sorte de tri relativement abstrait auquel se livre tout
chercheur en quête de causes. S'agissant du Coran, nous n'allions pas le
cribler de balles ou de grêlons polémiques, ce qui aurait été stérile, en tous
cas plus nuisible qu'utile. Nous nous proposions seulement de le passer au
crible de la logique, autrement dit de « l'examiner avec soin pour distinguer
le vrai du faux, le bon du mauvais » (Le
Robert). Ceci dit, il fallait trouver les cribles les mieux adaptés à
l'analyse de cet objet très particulier qu'est le Coran. Plusieurs de ces
cribles ont déjà fonctionné: travaux d'érudits, travaux d'historiens; il suffit
d'en récapituler les résultats. Nous verrons que le crible spécifiquement
retenu dans le « Petit guide du Coran » et qui en constitue l'aspect
original, est en réalité d'une grande banalité méthodologique, puisqu'il
consiste à étudier des fréquences sur la base d'un tableau à
double entrée.
LE CORAN PASSÉ AU CRIBLE DES ÉRUDITS
On ne peut en aucune façon considérer le Coran comme
un texte original inspiré. Ce qui dans le texte se rapporte aux fondements de
la religion n'est que compilation de textes antérieurs: tel est le constat
auquel aboutissent les érudits. Au XIIe siècle Pierre le Vénérable,
abbé de Cluny, à l'origine d'une traduction du Coran en latin, avait le premier
fait la remarque. L’exégète protestant allemand Harnack avait affirmé au XIXe
siècle que l'islamisme se rattache aux sectes judéo-chrétiennes. Gabriel Théry,
au terme d'une longue étude analytique et comparative, conclut formellement que
le « Recueil » n'apporte rien de nouveau du point de vue des doctrines
religieuses, recense les emprunts à des textes antérieurs et en indique les
sources. Denise Masson indique ces mêmes sources dans les très nombreuses notes
qui accompagnent sa traduction. Le Coran lui-même confirme, pour ainsi dire
candidement, cette absence d'originalité: plusieurs versets à l'adresse des
juifs et des chrétiens disent « Croyez à ce que je révèle et qui
confirme ce que vous saviez déjà » (II,
41).
Le Coran se nourrit d'un fond commun à tout l'Orient,
de récits, légendes et mythes: notions, fables et symboles transposés des
traditions babyloniennes, judaïques, syriennes, arméniennes ou grecques. Il ne
retient de l'Ancien Testament qu'un aperçu de ce qui figure dans le livre de
L'Evangile, mentionné et loué à plusieurs reprises
n'est que rarement cité textuellement [nous aurions consulté
toutes les références avec profit].
Mais l'enseignement de Jésus transparaît dans divers passages d'exhortations
aux « croyants », manifestement inspirés de l'Evangile par la forme autant que
par le fond : paraboles du semeur, du figuier... symboles du chameau dans le
trou d'aiguille, de la lampe allumée... On trouve dans le Coran une reprise
fidèle des événements familiaux merveilleux qui entourent les naissances de
Marie, de Jean-Baptiste et de Jésus, avec récit des circonstances vécues par
les parents : fécondation miraculeuse d'Elisabeth et d'Anne... Bien que considérées
comme bénies de Dieu, ces femmes ne sont pas désignées par leur nom, pas plus
qu'aucune autre femme, sauf Marie. Marie est en si haute considération qu'elle
semble bénéficier d'une sorte de préséance par rapport à Jésus lui-même,
pourtant qualifié de Messie, et auquel on reconnaît les plus grands mérites,
mais qui n'est toujours cité qu'à travers la formule « Jésus fils de Marie »
ou « Le fils de Marie ». L’éthique
évangélique est largement reprise dans les exhortations aux
« croyants » : foi, piété, droiture et sincérité, humilité et
reconnaissance, bonté, charité, patience, endurance... condamnation de la
cupidité et de la vénalité... Les états d'âme et l'attitude humaine face aux
difficultés de la vie, tels qu'ils apparaissent dans le discours Coranique,
sont directement inspirés des Psaumes et de l'Evangile [Id.]. Un chrétien pourrait se trouver en phase avec ces
aspects de l'éthique islamique si la portée n'en était strictement circonscrite
à l'Umma ; hélas, au sens du Coran, à l'égard
des kafirun « tous les coups sont
permis ».
Au plan religieux fondamental c'est le dogme de la
divinité du Christ qui distingue radicalement Catholiques et Musulmans. L’islam
hérite des errements de la gnose et s'apparente à l'arianisme, dont la
profession de foi essentielle est que Jésus n'a pas été crucifié, mais
quelqu'un d'autre à sa place... Les nombreux versets qui signalent cet héritage
et cet apparentement sont repris d'évangiles apocryphes ou d'écrits gnostiques,
dont on peut facilement trouver les références en notes de la traduction de
Denise Masson. Divers prodiges de Jésus enfant sont repris des apocryphes:
Jésus naît sous un palmier, parle aux hommes dès le berceau, donne vie à un
oiseau modelé dans l'argile... et autres fables colorées fréquentes dans ce genre
d'écrits. D'autres fables sont empruntées aux traditions syriennes, comme la
légende des « Sept dormants d'Ephèse » bien connue des Turcs ou encore une
surprenante référence à Alexandre le Grand. La vision d'un paradis matérialiste
et sensuel, que l'on imagine être une exclusivité musulmane, est en réalité
empruntée à des traditions ébionites, sabéennes ou nazaréennes. La sharia emprunte beaucoup aux traditions
juives avec parfois des nuances : reprise de la notion de pureté, atténuée en
ce qui concerne les nourritures, aggravée en ce qui concerne les femmes ;
reprise de la loi du talion et de formes aggravées de châtiments corporels...
Ce n'est finalement que le thème djihad qui est du « pur jus »
islamique, mais quelle terrible potion !
LE CORAN : DÉCRYPTAGE D'UNE DÉROUTANTE STRUCTURE
Le Coran n'est pas un livre comme les autres. L’impression globale que donne une première
lecture est celle d'un discours véhément, désordonné et répétitif. Voyons
d'abord l'aspect répétitif. Les 6 235 versets sont des phrases brèves ou de
courts groupes de phrases réparties en 114 sourates, elles-mêmes bizarrement
classées par ordre de tailles décroissantes (de 286 versets pour la sourate Il
à moins de 10 versets pour les dernières). Ces sourates ne sont pas des chapitres
au sens ordinaire du terme, mais des textes écrits pour être prononcés en
public, distincts les uns des autres mais de forme et de fond analogues, d'où
les fréquentes répétitions. En réalité la
composition du Coran n'est pas celle d'un ouvrage cohérent et structuré,
mais celle d'un recueil de sermons de tailles très inégales, quoique de même
inspiration. Il s'agit bien de sermons car l'écriture est de style « parlé » et
la tonalité celle d'exhortation et d'appels à la conversion prononcés en public
par des prédicateurs. Ce caractère de document en forme de recueil, qui
apparaît de plus en plus évidente au fur et à mesure que l'on avance dans
l'étude du texte, est historiquement confirmé. Les experts s'accordent à
admettre que vers l'an 650 le calife Othman a fait
procéder à ce qu'il est convenu d'appeler une « recension » c'est-à-dire un
inventaire critique de textes épars dans les premières communautés musulmanes,
suivi d'une sélection éliminatoire et d'un assemblage de morceaux choisis, en
un livre dont on allait progressivement faire le fondamental de la nouvelle
religion. Ces textes épars des premières communautés n'étaient autres que des
versions de la nouvelle doctrine, esquissées par des lettrés plus ou moins habiles, plus ou moins initiés, probablement
bousculés par les événements, d'où le
caractère inégal, décousu, désordonné de tous ces écrits à usage de prédication.
Là encore cette façon de voir trouve confirmation dans l'histoire: il est en
effet attesté que les premiers califes, soucieux pour raison politique d'unité
de doctrine, s'étaient inquiétés d'une tendance commune à ces jeunes
communautés, de vouloir chacune élaborer son propre « codex », d'où
l'initiative d'Othman d'ordonner une recension
sélective unitaire.
Ce caractère
très répétitif du Coran, qui en rend la lecture fastidieuse et à la limite
incompréhensible, n'a pas que des
inconvénients puisque, comme on vient de le voir, il contribue à clarifier le mystère savamment orchestré des origines de
l'islam et de son livre sacré. Plus précisément la structure très
particulière du livre s'interprète logiquement en tant qu'argument positif à
l'appui d'une thèse de l'existence d'un « Coran antérieur » avancée par
plusieurs linguistes et érudits, notamment par Antoine Moussali
[malhonnêteté intellectuelle] : un texte araméen non retrouvé, d'une secte judéo-chrétienne, serait
à l'origine du Coran. Ce texte traduit de l'araméen en arabe serait celui dans
lequel les premiers prédicateurs musulmans auraient puisé pour écrire leurs
sermons, devenus par la suite sourates du Coran par la grâce d'Othman. Ce « Coran antérieur » était sans doute un
traité bien ordonné, dont les sermons du recueil ne sont que des reflets
désordonnés. Le caractère disparate et pourtant similaire en doctrine, de ces
sermons, prouve qu'ils sont d'auteurs variés puisant à une même source; ils
sont un indice probant que cette source a vraiment existé. L’analyse logique du
Coran apporte ainsi un argument de poids en faveur de la thèse érudite d'un
« Coran antérieur ». Sur un plan différent les répétitions
contribuent à rendre plus explicite le sens du livre et la nature du message
coranique. En effet lorsqu'un principe ou élément de doctrine quelconque se
trouve répété à l'identique dans diverses sourates, leur contenu et leur sens
s'en trouvent d'autant plus explicitement et clairement exprimés; le risque
d'erreur au niveau de l'interprétation du sens s'en trouve écarté d'autant; les
répétitions désordonnées, causes d'obscurité en première approche, deviennent
ainsi causes de clarté après analyse. Dans le cas particulier du Coran
répétition vaut validation.
LE CORAN PASSÉ AU CRIBLE DE
Le Coran étant manifestement d'une extrême violence,
la première idée qui vient à l'esprit est de dénombrer les versets qui caractérisent
cette violence. Le texte est en effet parsemé d'un bout à l'autre d'invectives
et d'imprécations à l'adresse des « incroyants », dont nous verrons
qu'ils sont divers, mais qui tous appartiennent à l'unique et universelle
classe des non musulmans. Les incroyants
de toutes races et de toutes religions autres que l'Islam ont pour lot commun
d'être insultés, tourmentés, maudits, brûlés et tués par tous moyens
imaginables. Dans la seule sourate Il « la vache » figurent plus de 40
versets imprécateurs d'incroyants, dont on repère facilement les multiples
expressions violentes et intransigeantes : « A eux le tourment sans borne,
affreux, terrible... A eux la perdition, le malheur... Ils sont dignes des
pires insultes; ils sont comme des singes que l'on rejette, comme des
bêtes, stupides, aveugles, à humilier... appliquez-leur la loi du talion ».
La quarantaine de versets de cette sorte que l'on recense au total dans la
sourate, qui en compte 286, donne le ratio moyen de 14 % de versets colériques,
soit 1,6 par page, dont le ton violent va croissant : « Combattez les clients de Satan,
saisissez-les, tuez-les où que vous les trouviez ; leur salaire sera d'être
tués ou crucifiés ou d'avoir une main et le pied opposé coupés;
coupez la main du voleur ou de la voleuse, âme pour âme, oeil pour oeil, nez
pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent, le talion pour les blessures... » Le nombre des
versets colériques repérables dans le livre est au bas mot de 550, auxquels
s'ajoutent une centaine d'autres versets moins outranciers, mais plutôt
désobligeants pour ceux auxquels ils s'adressent. Ces quelques 650 versets
colériques conduisent au ratio global de 10 % des 6235 versets du livre et de
1,8 en moyenne par page de texte (350 pages). Une telle fréquence confère au livre son caractère très particulier
d'ouvrage d'intense et violente propagande. Ces versets ne contiennent pas, à
proprement parler, le message qu'entend propager le Coran, mais ils en
caractérisent le mode spécifique de propagation.
L’approche statistique par thèmes est ce qui permet de
dévoiler le message. On a vu plus haut les raisons qui font du coran un livre
désordonné et répétitif et par conséquent obscur. Le moyen de sortir de ce
désordre et de cette obscurité est de dresser un tableau de répartition des
versets ou ensembles de versets, par sourates (verticalement) et par thèmes
(horizontalement). On a retenu neuf thèmes :
Adresses aux païens et bédouins ;
Diatribes diverses ;
Références à l’Ancien Testament ;
Adresses aux juifs ;
Références au Nouveau Testament ;
Adresses aux chrétiens ;
Appels à la guerre sainte: djihad ;
Exhortations aux « croyants » ;
Normes juridiques et morales : sharia.
Les 113 sourates (la première, de 7 versets, étant
laissée à part) sont réparties en quatre groupes faisant l'objet de quatre
tableaux distincts :
Premier tableau : Sourates Il à IX : 1357 versets ;
Deuxième tableau : Sourates X à XXVIII : 1975 versets ;
Troisième tableau : Sourates XXIX à LIX : 1810
versets ;
Quatrième tableau : Sourates
LX à CXIV: 1086 versets.
La sourate Il comprend tous les thèmes, et les autres
du premier tableau presque tous ; ce sont les plus
longues. Celles des deuxième et troisième tableaux comprennent un nombre
variable de thèmes. Dans toutes, les
thèmes se succèdent sans transition et sans ordre ni cohérence discernables,
d'où l'obscurité et l'hermétisme du livre. Les thèmes qui correspondent à
un nombre très variables de versets, pourraient utilement être repérés par des
débuts et fins de paragraphes, mais ils ne le sont pas, ce qui accroît la
difficulté de lecture. La première approche analytique consiste donc à
délimiter ces paragraphes, en repérant et notant les débuts et fins de chaque
séquence correspondant à chaque thème. Les dénombrements et récapitulations de
versets par thèmes et par sourates conduisent ensuite à la composition des
tableaux. Il reste finalement à étudier un thème après l'autre, après avoir
récapitulé l'ensemble des paragraphes se rapportant à chacun des thèmes. On est
ainsi en présence de la totalité de ce que dit le Coran à propos de chacun des
thèmes, ce qui permet d'être exhaustif, au lieu d'avoir à juger sur quelques
versets pris au hasard - un hasard bien
entendu orienté - comme chaque fois qu'il est question du Coran en public
ou en privé.
On peut se faire une idée de la difficulté à
surmonter, et de la pertinence de l'approche retenue à partir de la seule
sourate Il. On distingue dans la suite des 286 versets de cette sourate, 23 séquences de discours se succédant sans
transition ni logique :
Sourate Il - «
Comme on peut le constater ces 23 séquences de
discours se récapitulent en une dizaine de thèmes répétés en moyenne deux fois
dans le courant de la sourate. Les
autres sourates ont toutes ce caractère, désordonné et incohérent, de thèmes se
succédant sans transition ni logique sémantique. L’étude de thème conduite
à partir de tout ce qu'en dit le Coran est évidemment bien plus éclairante que
lorsque l'on va à la « pêche à la ligne » de versets épars. On y trouve à
préciser et valider ce que l'on sait déjà, et des aspects inédits se font jour.
Il n'est pas question de reprendre ici tous les
aspects développés dans « Petit guide du Coran », dont plusieurs déjà bien
connus du public ne sont que confirmés ou précisés.
Les principes de la sharia et du djihad y
apparaissent de façon parfaitement claire, ainsi que l'attitude des musulmans à l'égard des chrétiens comme des juifs, tous kafirun c'est-à-dire explicitement et
rituellement maudits. Entre autres inédits on peut mentionner le cas des
Patriarches auxquels le livre confère un profil de furieux incompris, affrontés
à leur peuple borné et ingrat, profil
qui ne correspond pas à ce qu'on trouve dans
Le texte coranique, toujours en forme de discours
prosélyte, s'adresse en général à l'un ou l'autre de divers publics :
exhortations à l'adresse des vrais croyants, admonestations et menaces à
l'adresse des bédouins, des juifs et des chrétiens. Lorsqu'il s'agit des
bédouins, arabes nomades restés païens, le discours qui ne manque pas de
pittoresque, s'identifie alors à un reportage coloré d'avatars de prédicateurs
« allant au charbon » dans le bled. Les bédouins se montrent bornés entêtés,
arrogants, méprisants. La promesse de vie après la mort leur paraît
invraisemblable et ridicule ; ils restent absolument attachés à leurs idoles et
répugnent à renoncer aux traditions de leurs ancêtres ; ils s'en prennent à la
personne même du prédicateur, s'acharnant à lui montrer qu'il n'est qu'un homme
comme les autres et n'a rien du prophète qu'il prétend être, exigent de lui
qu'il fasse des miracles. Les prédicateurs se sentent impuissants à donner les
preuves manifestes ou les signes tangibles que ces gens réalistes et terre à
terre exigent d'eux. Ils sont parfois conduits à confesser leur faiblesse, mais
le plus souvent se livrent à une surenchère de propos véhéments et colériques.
Leur discours exaspéré prend alors une tournure hachée, saccadée, précipitée,
haletante, stéréotypée, caractéristique de certaines sourates de tonalité
fulminante. Bref il y a là des séquences distrayantes en même temps
qu'instructives, qui permettent de s'abstraire un moment d'une lecture dans
l'ensemble éprouvante. On peut
mentionner aussi d'autres détails que révèle l'analyse, connus des seuls
érudits, mais que l'on s'accorde plus ou moins à dérober à l'attention du
public. Ainsi de l'extraordinaire et inattendue vénération des musulmans
pour la vierge Marie, gratifiée d'une considération supérieure à celle de
Jésus, pourtant qualifié de Messie. Egalement le fait que le chimérique
prophète Mohammed soit complètement absent du livre dont on lui attribue la
paternité.
LE CORAN PASSÉ AU CRIBLE DE LHISTOIRE
La légende mahométane a la vie dure, mais elle ne résiste
pas aux avancées de la recherche historique. L’unique source de la
biographie de Mahomet est une œuvre écrite au début du IXe siècle,
200 ans après l'époque des événements,
la « sirat »,
biographie imaginaire commandée par le pouvoir politique de l'époque, et par
conséquent de caractère hagiographique. C'est de cette « sirat » que proviennent les seules informations concernant
la biographie attribuée à Mahomet, assortie de détails anecdotiques plus ou
moins touchants ou édifiants, censés avoir été transmis par tradition orale. Divers écrits ultérieurs ont amplifié cette légende
initiale de faits et commentaires entièrement imaginés, car il
n'existe aucune autre biographie ancienne de Mahomet que la « sirat ». Les travaux officiels de la recherche historique
n'ont fait émerger aucune source arabe nouvelle, et les auteurs de tout ce qui
s'écrit sur l'islam continuent de propager servilement
cette chimère devenue sacrée aux yeux des musulmans. Cependant des
chercheurs non-conformistes continuent d'œuvrer, mettant à jours des documents
contemporains autres qu'arabes, et l'on commence à y voir plus clair dans
l'histoire des événements tels qu'ils ont réellement eu lieu. Le point de
départ de l'épopée ne se situe pas aux environs de Médine mais à mille km de
là, en Syrie, et l'on trouve comme
agents fondateurs de l'islam, non pas un
prophète, mais une secte et quelques « seigneurs de la guerre ».
Le VIe siècle au Moyen Orient correspond à
une époque d'apogée pour le christianisme. L’empire romain d'Occident ayant
disparu, Byzance, épargnée par les invasions du siècle précédent, a repris le
contrôle de vastes territoires que les barbares avaient envahis, en Afrique du
Nord, en Espagne, en Italie. La sécurité aux frontières de l'empire perse
repose sur l'alliance de royaumes arabes vassaux, les Ghassanides. De la même
façon
Au début du VIIe siècle il y avait équilibre
des forces entre les empires. Or voilà qu'en
SCIENCE ET FOI CORANIQUE
La démarche spécifique de « Petit guide du Coran »
correspond à une approche plus scientifique que littéraire ; disons-là plus
modestement d'esprit scientifique. Mais puisque cette approche d'esprit scientifique
se rapporte à un livre objet de foi, et que la vocation de « Science et
Foi » est d'aborder sous l'angle scientifique cet autre livre objet de foi
qu'est
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