Le Secret (qui n’était que
provisoire) : Notre-Dame de La Salette Mélanie, ce que je vais vous dire maintenant
« Rome
perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist »
et « L’Eglise sera éclipsée » : Rome perdra la foi
La Comète : châtiment divin ? : châtiment
Fin du sixième Jour : « …
jusqu’à siéger dans le temple de Dieu » (Thessaloniciens, 2 : 4) : dertemps.htm
Défense du Secret de La Salette, par Maurice
Canioni : DÉFENSE
DU SECRET
Le revirement magistral de l’abbé
Ricossa : le
revirement
Retour à la page d'accueil
ou au fichier source pour consultation de la liste des liens.
Ps 126, 1 :
" Si Dieu ne bâtit pas la cité,
ceux qui la bâtissent travaillent en vain. "
wb wynwb wlme aws tyb hnby-al hwhy-Ma
Apocalypse, III, 10 :
“ Parce que tu as
gardé la parole de ma patience, moi aussi
je te garderai de
l’heure de la tentation qui est près de venir
sur tout le monde
habité, pour tenter ceux qui habitent la terre. »
Luc, XI, 2 ; Matthieu
VI, 9-10 :
" Notre
Père ... que Ton règne vienne "
Is XL 3-4; Lc III 4 ; Mc I 3 ; Mt III 3 :
" Préparez
la voie du Seigneur, rendez droits ses sentiers."
Luc, XXI : 36 :
" Veillez donc et
priez sans cesse, afin que vous soyez
trouvés dignes
d'échapper à tous ces maux qui doivent
arriver, et de
paraître debout devant le Fils de l'Homme." (Cf. Ap., 3 : 7-11)
Inéluctabilité
des événements
Luc, 21 : 33 ; Matthieu,
24 : 35 et Marc, 13 : 31 :
" Le ciel et la
terre passeront, mais mes paroles
ne passeront pas."
Le
déchaînement de la " colère de Dieu "
précédera le Règne messianique
et l'apothéose du
peuple de Dieu : Is. 13 : 13 ; Jér. 4 : 24-26 ; Soph. 1 : 4-16 ;
Mal. 3 : 19 ; Lc. 21 :
8-11, 25 et 27-33 ; Joël 3 : 1-15 ; Act. 2 : 17-21 ; Is. 61 : 1-2 ;
Mt. 24 : 6-8 et 15-35 ;
Mc. 13 : 5-8, 14 et 24-31 ; Dan. 9 : 27 ; Apoc. 11 : 3 ;
12 : 13-18 ; 1 Thess., 5
: 3 ; Apoc., 6 : 16-17 ; 2 Thess. 2 : 3-4 ; etc., etc.
Platon (428 - 348 av. J.-C.), Cratyle,
436 b :
" En toute
entreprise, c'est sur le point de départ qu'on doit toujours porter le
plus de réflexion et le plus d'attention afin de
s'assurer si le principe posé est juste ou non ; quand il a
été bien éprouvé, on voit le reste s'y
accommoder."
Développement de
la doctrine chrétienne, preuves de la vérité de la foi
catholique, par le cardinal John Henri Newman (1801-1891), Introduction,
trad. de l'anglais par L. Boyeldieu d'Auvigny, Lagny Frères,
Libraires-Éditeurs, Paris, 1846, p. 126 :
" Le christianisme
étant un, toutes ses doctrines sont nécessairement les
développements d'un même tout, et s'il en est ainsi, ces
développements doivent aussi naturellement être d'accord les uns
avec les autres, et former un tout."
Le premier devoir des Français catholiques et la raison
d'être de notre action :
promouvoir le règne social du Christ dans notre pays.
" Omnia instaurare in Christo."
Quelques extraits essentiels de la Lettre encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925 de S. S.
Pie XI sur la fête du Christ-Roi ou instituant la fête de la
Royauté du Christ et rappelant le devoir le plus fondamental de tout
citoyen se réclamant de la foi catholique reçue des Apôtres
:
" Dans la première Encyclique qu'au début de Notre
pontificat Nous avons adressée aux évêques de l'univers, il
Nous souvient de l'avoir déclaré ouvertement, en recherchant les causes profondes des
calamités qui accablent l'humanité et avec lesquelles
celle-ci est en lutte : non seulement ce déchaînement de malheurs
a envahi l'univers parce que la plupart des hommes ont banni
Jésus-Christ et sa foi très sainte de leurs coutumes et de leur
vie particulière comme de la société familiale et de
l'Etat, mais encore l'espoir d'une paix durable entre les peuples ne brillera
jamais tant que les individus et les Etats s'obstineront à rejeter
l'autorité de notre Sauveur. C'est pourquoi Nous
avons averti qu'il fallait chercher la paix du Christ dans le règne du
Christ, et Nous avons promis d'y contribuer de tout Notre pouvoir [mais malheureusement
les fidèles du Christ sont restés couchés ou sourds aux
appels des papes depuis la Révolution française, ce qui fait que
notre société est passée entre les mains de la
Franc-Maçonnerie et que toutes nos valeurs morales sont publiquement
combattues ou déclarées obsolètes, et que le monde se
trouve dans une situation politique inextricable où les Papes
eux-mêmes (ou prétendus tels) y perdent leur latin ou ne savent
plus où donner de la tête au point de tenir un langage
manifestement contraire à celui de leurs Prédécesseurs,
négligeant ainsi les principes d'uniformité qui, dans l'exercice
du magistère ordinaire de l'Eglise, contrebalancent les causes de diversité
doctrinale. Pour reprendre le raisonnement du cardinal John Henri Newman
(1801-1890), en trouvant les doctrines du christianisme si différemment
représentées et soutenues par ses docteurs d'une manière
tellement contradictoire, constatant en l'occurrence qu'il y a des papes (ou
des prétendus papes) contre des papes ou l'Église d'un âge
opposée à l'Église d'un autre âge, sommes-nous
réduits à soutenir qu'il est vain d'espérer parvenir
à la connaissance des fondements de notre foi, puisque nous ne serions
que les adeptes d'un christianisme imposteur ayant perdu son identité ?
(Cf. Développement de la doctrine chrétienne, ouv.
cité plus haut, p. 4.) Dans de telles conditions, que devient le
rôle de la Tradition qui, jusqu'à ce jour, était
considérée comme l'organe certain de la vérité ? Il
est extrêmement affligeant et même douloureux pour un catholique
attentif à la voix de l'Eglise et soucieux d'approfondir sa foi et de
développer ses connaissances de relever un nombre de plus en plus
important de discordances ou de divergences doctrinales dans les documents de
notre génération qu'il consulte par rapport aux anciens, mais il
suffit seulement de prendre connaissance des discours des uns et des autres et
de lire surtout attentivement l'Encyclique Quanta cura et le Syllabus
qui lui est manifestement inhérent et qui résume les " principales
erreurs de notre temps " pour en être déjà
convaincu. Il faudra bien, un jour ou l'autre, rétablir l'unité
doctrinale de l'Église gravement détériorée, car on
ne peut pas vivre harmonieusement dans la désunion spirituelle. - Cliquez sur : Pape Pie IX] : dans le règne du Christ, disons-Nous, car pour aider à
rétablir solidement la paix il ne Nous apparaissait pas de moyens plus
efficaces que la restauration du règne de Notre-Seigneur. [...]
La peste du laïcisme propagée par les
Sociétés secrètes
" Or, si Nous ordonnons au catholicisme entier de vénérer le Christ-Roi, Nous pourvoirons par le fait
même aux besoins des temps actuels et Nous opposerons un remède
souverain à LA PESTE QUI INFECTE LA SOCIÉTÉ HUMAINE.
Ce que nous appelons la peste de Notre temps, c'est le laïcisme, ses
erreurs et ses tentatives impies. Ce fléau, Vénérables
Frères, vous savez qu'il n'a pas mûri en un jour ; depuis
longtemps, il couvait au plus profond des sociétés. On commença par nier le pouvoir du Christ sur toutes les
nations ; on dénia à l'Eglise un droit dérivé du
droit du Christ lui-même, celui d'enseigner le genre humain, de porter
des lois, de diriger les peuples, de les conduire à la béatitude
éternelle. Alors la religion du Christ fut peu à peu traitée
d'égale avec les faux cultes, et placée avec une choquante
inconvenance sur le même niveau ; puis elle fut
soumise au pouvoir civil et presque livrée à l'arbitraire des princes
et des magistrats ; certains allèrent jusqu'à prôner la
substitution d'une religion naturelle, d'un sentiment naturel, à la
religion divine. Il ne manqua pas de nations qui estimèrent pouvoir se
passer de Dieu et mirent leur religion dans l'impiété et l'oubli
de Dieu. Les fruits amers que produisit si souvent et si longtemps une
semblable séparation des individus et des peuples d'avec le Christ, Nous
les avons déplorés dans l'Encyclique Ubi arcano et les
déplorons aujourd'hui de nouveau : les germes de discorde semés
partout, les jalousies et les rivalités entre peuples qui retardent
encore la réconciliation, le déchaînement des convoitises
qui, bien souvent, se cachent sous les apparences du bien public et du patriotisme,
et toutes leurs conséquences : dissensions intestines,
égoïsme aveugle et démesuré qui, ne
considérant rien, sinon les avantages et les profits particuliers,
soumet absolument tout à cette mesure ; la paix des familles [actuellement, en l'an
2004, éclatées] détruite à fond par
l'oubli et la négligence du devoir : l'unité et la
stabilité de la famille battues en brèche ; toute la
société enfin ébranlée et menée à la
ruine.
" Celle-ci [la
société] se hâtera de revenir au Sauveur très aimant : la solennité du Christ-Roi, qui
se célébrera désormais chaque année, Nous en donne
le meilleur espoir [pauvre Pape ! Il s'est fait bien des illusions, car la
France se trouve présentement dans un état de
dégradation morale pire qu'en 1925 - ce qui signifie que le
remède préconisé par cette encyclique s'impose plus que
jamais, car ce n'est quand même pas en se contentant de
célébrer annuellement cette fête que le Christ va
régner socialement sur la Fille aînée de l'Eglise].
" Il appartiendrait aux catholiques de préparer et de
hâter par leur action ce retour, mais un bien grand
nombre d'entre eux ne semblent pas tenir dans leur vie sociale leur place
normale, ni posséder l'autorité qui convient à ceux qui
portent le flambeau de la vérité [Hélas !
hélas ! hélas !].
" Il faut peut-être attribuer ce désavantage à la
lenteur et à la timidité des bons qui s'abstiennent de
résister ou résistent avec mollesse : les adversaires de l'Eglise
en retirent nécessairement un surcroît de témérité
et d'audace. Au contraire, que les
fidèles comprennent tous qu'il leur faut lutter avec courage et
toujours, sous les drapeaux du Christ-Roi. Que le feu de l'apostolat les
embrase, qu'ils travaillent à réconcilier avec leur Seigneur les
âmes éloignées de lui ou ignorantes, et qu'ils s'efforcent
de sauvegarder ses droits. [...]
" Aux États, la
célébration annuelle de cette fête rappellera que les
magistrats et les gouvernants sont tenus, tout comme les citoyens, de rendre
au Christ un culte public et de lui obéir ; elle évoquera
devant eux la pensée de ce dernier jugement où le Christ, non
seulement expulsé de la vie publique, mais encore négligé
ou ignoré avec dédain, vengera sévèrement de telles
injustices, car sa royauté exige que l'État tout entier se
règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens
aussi bien dans la législation que dans la façon de rendre la
justice et que dans la formation de la jeunesse à une doctrine saine et
à une bonne discipline des mœurs. "
- - - - - - - - - -
La vie intérieure de
Sœur Marie de la Croix, tertiaire de saint Dominique,
née Françoise
Mélanie Calvat (07.11.1831 - 14.12.1904), Bergère
de La Salette (Isère), selon
la traduction littérale de son
autobiographie italienne de Messine
(1897).
A.M.D.G.
Apocalypse, VII, 3 :
" Ne nuisez, dit un
ange porteur du sceau du Dieu vivant, ni à la terre, ni à la mer,
ni aux arbres,
que nous n'ayons
marqué au front les serviteurs de notre Dieu."
Texte communiqué par l'abbé Gouin dans son ouvrage :
Sœur Marie de la Croix,
Bergère de La Salette, née Mélanie CALVAT, tertiaire de St
Dominique, victime de Jésus, ouvrage revêtu du Nihil Obstat du Père Guérard
des Lauriers, O. P., Editions Saint-Michel, 53 -
Saint-Céneré, 1968.
" Mélanie révéla son Secret quand le temps
marqué fut venu, bien qu'elle sut qu'un pareil acte lui attirerait les
colères de ceux qui, perdus de mœurs, étaient
enchaînés au char de la secte maçonnique." L'Osservatore Romano, 25
décembre 1904. [Cf. L’extraordinaire
SECRET de LA SALETTE, Louis de Boanergès, Éditions D.F.T., B.P. 28,
35370 ARGENTRÉ-DU-PLESSIS,
Tél. 02 99 9678 54, Fax 02 99 96 62 64.]
Notice biographique sur
l'abbé Gouin
" Né à PRÉCIGNÉ (Sarthe),
diocèse du Mans, en
" [...]
" En
" [...]
" La population d'AVOISE a rendu un hommage mérité
à celui qu'elle a eu pour curé durant quarante cinq ans lors de
ses obsèques le 13 décembre
F.C.
Introduction
" [...]
" La biographie de SŒUR MARIE DE LA CROIX,
Bergère de La Salette, œuvre majeure de l'abbé Paul Gouin,
curé d'Avoise (Sarthe), mort le 11 décembre 1968,
réhabilite au regard de l'histoire la voyante de l'Apparition du 19
septembre 1846. Il n'a pas fallu moins de cinquante
années de patiente recherches à l'auteur pour constituer une
documentation unique, comprenant des manuscrits et quelque huit cents lettres
autographes de la Bergère de La Salette. " J'incline à
penser que Mélanie a conservé sa mission jusqu'à sa mort
", m'écrivait le R. P. Garrigou-Lagrange, le 1er septembre
1957.
" A la lecture de l'ouvrage, il est clair que l'objet de cette
mission était la fondation de l'œuvre des " Apôtres des
derniers temps ", prédits par saint Grignion de Montfort. Du temps
même de la vie de la Bergère de La Salette, l'Eglise a approuvé
la règle de l'ORDRE DE LA MÈRE DE DIEU pour cet institut
missionnaire ; et Mgr ZOLA, le saint évêque de LECCE (ITALIE), a
donné l'imprimatur au secret prophétique dont un paragraphe déclare :
" J'appelle les Apôtres des derniers temps, les
fidèles disciples de.Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris
du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans
l'humilité, dans le mépris et le silence, dans l'oraison et dans
la mortification, dans la chasteté et dans l'union avec DIEU, dans la
souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent
éclairer la terre..."
" L'Association des ENFANTS DE N.-D. DE LA SALETTE rend hommage
à Monsieur l'abbé GOUIN qui lui a légué un
important témoignage en faveur de l'histoire réelle de La
Salette.
En la fête de ST JOSEPH
BEAUPREAU, 19 MARS 1969.
F. Corteville,
Président de " l'Association des enfants de N.-D. de La
Salette et de St Grignion de Montfort".
Pour servir à l'histoire de
la Salette, Documents III, Nouvelles Editions Latines, Paris, 1966, N° 55,
Lettre S. Marie de la Croix, née Calvat (Barnaud), de Messine (Italie),
le 7 juillet 1898, à M. l'Abbé Roubaud, pages 65 :
" ... et je suis prête, avec la grâce divine, à
certifier avec mon sang, que ce fut la Très Sainte Vierge qui me dicta
cette sainte Règle [pour les Apôtres
des derniers temps], parole par parole. Dieu sait que
je ne mens pas, que ma rédaction est très vraie et que personne
au monde n'y a ajouté ou retranché. J'ai en ma possession la
Sainte Règle intègre, telle qu'elle sortit des lèvres
très-pures de la Vierge immaculée, dont la langue parla, comme
dit le Saint Esprit, la Loi de la clémence."
Journal de l'Abbé Combe, Dernières années de
Sœur Marie de la Croix, Bergère de La Salette, ouvrage revêtu du
Nihil Obstat du Père Guérard des Lauriers, O. P., Editions Saint-Michel, 1967,
Réponse de S. Marie de la Croix aux questions de Mgr
l'évêque de Castellamare, le 17 octobre 1876, page 148 :
" [...] Les Missionnaires qui sont actuellement sur la Sainte
Montagne ne sont pas les Missionnaires tels que veut la Sainte-Vierge." [Ce qui, en l'année 2002, est malheureusement et
désespérément plus vrai que jamais.]
Pour servir à l'histoire de
la Salette, Documents II, ouv. cité plus haut, Résumé d'un
entretien entre Mélanie de la Salette et Mère Saint-Jean, 22
janvier 1885, 14e Réponse de Mélanie, page 19 :
" L'esprit de la Salette peut se transporter. Et quand la crise
sera passée, que l'heure sera venue, la Sainte Vierge saura bien
ressusciter la Salette... faire son œuvre. Mais vous allez voir ce qui va
arriver... malgré tout, ne doutez pas... Les paroles de la Sainte Vierge
ne sont pas stériles comme celles des hommes... Son œuvre se
fera..."
Id., Documents III,
N° 46, Lettre à un ami tenté d'incrédulité,
page 49 :
" [...] Et pourquoi tant de science acquise, pour ne rien savoir ?
Mon Dieu, augmentez ma foi ! Quand même nous aurions découvert les
plus grandes horreurs dans le plus haut clergé et mille intrigues
scandaleuses, etc., les hommes ne sont pas la religion : croyons en Dieu et aux
vérités révélées par les Prophètes et
l'Evangile."
- - - - - - - - - - - -
PREMIÈRE PARTIE
UNE ENFANCE CRUCIFIÉE
Témoignage de Sœur Marie de la Croix, Bergère de La
Salette.
LE BAISER DE SAINT-ROCH
" Le soir de l'Apparition (19 septembre 1846), Mélanie et Maximin,
redescendant de la montagne, ramenèrent leurs troupeaux chez leurs
maîtres respectifs. Mélanie, comme à son ordinaire, restait
silencieuse. Maximin était très surexcité. Petit
garçon de dix ans, expansif et bavard, étourdi, sensible, il ne
se tenait pas de raconter ce qu'il avait vu et entendu. Il avait d'abord en
grand-peur et, son chapeau sur la tête, empoignant son bâton, il
avait essayé de lancer des pierres sur les pieds de la " Dame
" (1). Mélanie, dès les premières paroles de la suave
et miséricordieuse voix, avait " volé vers elle " ; et
elle s'était tenue si près de l'apparition que, - s'il faut en
croire une confidence échappée plus tard et recueillie dans le
petit carnet de la Mère de Maximy - elle aurait pu, tout en
écoutant son discours, baiser la main de la Très Sainte Vierge.
" Néanmoins, c'est elle qui se tait, et c'est Maximin qui
parle... Ne trouvant pas tout de suite son maître (Pierre Selme, un ami
de son père, à qui il avait demandé Maximin pour remplacer
quelques jours un berger malade), il se précipite chez les patrons de
Mélanie. Elle, pendant ce temps, elle est entrée à
l'étable derrière ses vaches ; elle les attache avec soin, met
tout en ordre sans hâte ; et, quand sa maîtresse, en larmes d'avoir
entendu le récit de Maximin, vient lui dire : " Pourquoi, mon
enfant, pourquoi ne venez-vous pas me dire ce qui vous est arrivé sur la
montagne ? ", elle répondit : " Je voulais bien vous le dire,
mais je voulais finir mon ouvrage auparavant."
" ... D'abord son devoir quotidien... étrange, un peu
troublante attitude - semble-t-il - au soir d'un tel événement.
Ne l'a-t-il pas surprise ? Elle paraît aussi tranquille que Maximin est
ému. Cette fille qui va sur ses quinze ans, mais ne sait pas encore lire
et ne sera pas admise à la première communion cette année,
est-ce qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive et quelle mission
désormais lui incombe ? Son mutisme, sa lenteur, est-ce
indifférence ou recueillement ?
" ... Mystère...
" Oui, c'est un mystère.
" Mais la clef en est donnée par Mélanie
elle-même dans les autobiographies de son enfance. Leur dernier
épisode, à lui seul, peut tout éclairer. Depuis quelques mois,
depuis le printemps dernier, Mélanie est élevée à
l'un des plus hauts degrés de la contemplation infuse. Elle vit la vie d'union
divine. Elle respire et se meut
spirituellement dans une atmosphère où le fait miraculeux de
l'Apparition, pour frappant qu'il soit, n'a rien de surprenant ; et, si elle
demeure impassible, c'est qu'elle a déjà reçu les communications
de la Seule et Suprême Réalité.
" Elle était toute petite quand elle commença
d'être instruite, guidée par un bel enfant qui se dit son
frère et l'appelle " Ma Sœur, sœur selon mon cœur
". Tout ce qu'elle sait de Dieu et de toutes choses, elle le tient de lui.
Il est son Maître et son Ami. Dès le premier jour où il lui
a parlé, elle lui a demandé de lui donner un baiser. Il a
répondu que ce n'était pas encore l'heure.
" Un soir du printemps dernier, cette heure est venue.
" Le baiser mystique a été donné,
reçu.
" Mélanie était alors, dans un intervalle de ses
mises en service (car elle fut placée comme bergère et servante
avant sept ans), chez ses parents à Corps. Corps est un petit chef-lieu
de canton de l'Isère, sur la route de Grenoble à Gap. A quelque
distance du bourg se trouve une chapelle rustique qui, dans la belle saison,
est un agréable but de promenade : la chapelle Saint-Roch. Petite
rotonde à deux étroites fenêtres, surmontée d'un
petit campanile, elle domine, du haut d'un monticule verdoyant, un lac profond et
limpide. De là, on voit Corps, au bord du plateau, au pied des hautes
montagnes dont la chaîne, par échelons, s'élève
jusqu'aux cimes neigeuses. Le site est ravissant.
" Il a servi de cadre à l'ultime et le plus décisif
épisode de l'enfance de Mélanie.
" Il n'y a qu'à la laisser parler.
" " Une fois, la mère Julie dit à ses enfants
(2) : " Enfants, allez tous vous amuser dehors ; je veux rester seule
à la maison. Allez à Saint-Roch ". Je fus donc [ici, c'est Mélanie qui parle] avec eux (ses frères et sœurs) jusqu'à la chapelle
de Saint-Roch. Puis ils me dirent : " Veux-tu t'amuser ? " Je
répondis que je ne savais pas faire cela. Alors ils descendirent sur les
pentes du petit monticule sur lequel se trouve la chapelle Saint-Roch pour
s'amuser et je restais seule. Je m'amusais à regarder la statue de
Saint-Roch par les deux petites fenêtres et je priais ce bon saint de
m'obtenir de mon Bon Dieu la guérison de mon âme, pour que je ne
fasse plus jamais de peine à mon Bien aimé Jésus-Christ,
ni à sa Mère... Je la vois toujours fâchée contre
moi, et cela me fait souffrir. Et je dis cinq Gloria Patri à
Notre Seigneur pour les grâces qu'il avait faites à ce saint.
" Et voici que j'entendis la douce, la suave, la consolante voix
de mon très aimé et bon petit Frère m'appelant " Ma
chère Sœur, sœur de mon cœur, je suis à vous
". Vite, je me retournais ; mon cœur sautait de joie. C'était
bien mon si désiré Frère avec son angélique figure
et ses yeux emparadisés [sic]." Il [son Frère, car ici c'est l'abbé Gouin qui
reprend son texte] lui dit : " Aussitôt que le Très-Haut m'a
dit de venir me recréer avec vous, après votre victoire (3), je
suis venu, Sœur de mon cœur ". ... tout humble, tout ignorante,
elle [Mélanie] ne comprend pas ce que c'est que cette victoire. Avec patience,
son Frère lui explique qu'à Saint-Michel et à Quet elle a
été victorieuse. A présent elle sait combattre. Et il lui
annonce des contradictions et d'autres combats pour la Vérité.
Alors, elle lui rappelle sa promesse que, quand il serait l'heure, elle
pourrait lui donner un baiser. L'heure est venue en effet.
" " Avec un doux sourire, il me dit que ce n'était pas
moi qui lui donnerait un baiser, mais que ce sera lui. - Oh ! vite,
dépêchons-nous, mon bon Frère, pour l'amour de notre
bien-aimé Jésus-Christ ! - Il me donna un baiser sur le front,
sur les lèvres et sur la poitrine. Il me bénit et s'en
alla."
" Ses frères et sœurs viennent la reprendre ; tous
rentrent à la maison. Sa mère est fâchée de ce
qu'elle ne s'est pas amusée avec les autres. Cette sauvage, cette
taciturne, toujours à part des autres est décidément
impossible. Le père a beau vouloir la garder à la maison, il va
falloir la replacer en service, dès que cela se trouvera. L'occasion se
présentera bientôt : et elle sera placée aux Ablandins,
commune de La Salette.
" Là s'arrête la plus développée des
autobiographies de Mélanie (celle de 1900). Pourquoi ? Pourquoi la
Bergère ne raconte-t-elle que les quatorze premières
années de sa vie ? Une vie dit-on ? Est-ce là une vie ? Oui, ce
dernier épisode le fait comprendre : c'est toute une vie ; sur le plan
surnaturel une vie complète : la narratrice n'a plus rien à dire.
Si elle a fait jusque là - et jusque là seulement - le
récit de son enfance, ce n'est que pour nous persuader de l'accompagner
dans les voies des leçons divines et nous préparer à
l'apparition. Même les anecdotes parfois humoristiques n'y ont de place
et de sens que parce qu'elles servent comme de marchepied aux enseignements
mystiques et que, mêlant le réalisme le plus terre à terre
à la réalité spirituelle la plus haute, elles nous
inclinent à voir la vie humaine ensemble sous ses deux faces. Ce baiser
qu'elle vient de recevoir à Saint-Roch, ce n'est pas un commencement des
communications divines, c'en est la consécration. Depuis sa petite enfance,
introduite dans la vie de grâce, illuminée par la
Vérité même, purifiée par les épreuves de
sa dernière et si dure année de service, tout
imprégnée de l'esprit de Jésus-Christ et de
Jésus-Christ crucifié ; offerte par Lui et avec Lui en victime,
elle est entrée dans l'union divine, elle accède au mariage
spirituel.
" Mais c'est encore à ses écrits à en
témoigner. Dans l'autobiographie italienne, Mélanie a
noté, pour le chanoine Annibale di Francia, les expériences de sa
vie intérieure. Expérience, c'est le mot. Elle n'a appris
à lire que plus tard, on le sait ; et, même plus tard, elle a peu
lu et n'a rien pu emprunter à des auteurs qu'elle ne connaît pas.
" Je n'ai point lu les choses mystiques ", écrira-t-elle
à l'abbé Combe, le 12 février 1900. Elle ne les a point
lues. Elle les a vécues. Et cela vient de loin. Dès son
réveil, dans les bois - après un songe initiateur - quand
déjà de sa propre personne, il lui semble qu'il ne reste plus
qu'une petite flamme de désir de plaire à son Bien-Aimé, -
elle ne se souvient plus que, comme en un éclair, elle se trouva dans la
solitude d'un profond recueillement... " Et je vis d'une manière
imaginative, Notre Divin Sauveur qui se communique à mon âme en un
mode que je ne sais pas exprimer. Mes sens ne fonctionnaient en aucune
façon, il me semblait qu'ils étaient prisonniers d'amour... Ces
communications du Tout-Puissant à l'âme se font sans
proférer une parole... et plus les flèches enflammées du
divin amour embrasent l'âme, plus elles y allument, et dans le même
instant, l'amour passionné des souffrances... de telle sorte que je ne
savais pas, entre ces deux amours, quel était le plus fort..." [On retrouve là
les explications de sainte Thérèse d'Avila, la Mère des spirituels,
et de saint Jean de la Croix, le Docteur Mystique.]
" C'est une première touche.
" Un peu plus loin, lorsque après sa maladie d'enfant, elle
a de longues heures immobiles et silencieuses pour se laisser envahir par ces
recueillements profonds où se dévoilent à elle les
mystères divins, elle perçoit un autre monde, supérieur
encore, de communications mystiques. " Je fus en un instant, dit-elle,
possédée tout entière ; l'intelligence fut comme ouverte,
pénétrée, élevée, fixée dans la
lumière éternelle."
" " Je ne sais pas expliquer ce mode de communication faite
à mon âme ; mais je sais, ajoute-t-elle, que les communications
que le Seigneur des Miséricordes m'a faites, malgré l'abîme
de mes infidélités, sont de trois sortes ou manières
différentes." Et suspendant alors son
récit proprement dit, elle décrit, l'un après l'autre, les
trois modes de ses communications mystiques. Il faut ici la suivre mot à
mot (4).
" I. - Les apparitions de mon Frère m'attiraient à
aimer Jésus-Christ, les souffrances, l'uniformité aux vouloirs du
Dieu Souverain, elles m'inspiraient l'amour des ennemis, la sainte crainte
d'offenser Dieu, la rectitude d'intention, la connaissance de mon néant,
le détachement de soi-même et de toutes les choses transitoires
pour le pur amour du Dieu béni. Je dois dire encore que, comme
j'étais très ignorante, en toutes choses de Dieu et de l'Univers,
mon aimable Frère voulut se faire mon Maître ; il m'instruisait,
me corrigeait, souvent il me grondait doucement, puis m'encourageait par la
confiance en l'Eternelle miséricorde de Dieu et dans les mérites
de la Passion de Jésus-Christ, notre doux Sauveur. Les apparitions de
mon très amoureux Jésus, fou d'amour pour ses créatures,
produisaient les mêmes effets. L'amour que mon cher Jésus infusait
à mon cœur augmentait toujours plus, et plus je
m'anéantissait, plus augmentait en moi le désir de souffrir pour
mon très aimé Jésus crucifié ; il me semblait que
plus je contemplais la beauté majestueuse et royale de l'aimable Amant
de mon cœur, plus je descendais dans ma bassesse ; et j'avais horreur de
moi-même à cause des multiples souillures que je découvrais
dans mon âme.
" Après les Apparitions (je dis Apparitions parce que je
voyais avec les yeux du corps, j'ignore si tous les chrétiens voient
ainsi), je restais consolée, fortifiée, confiante et pleine de
bonne volonté pour aimer toujours plus mon Créateur, Sauveur et
Conservateur, pour souffrir toujours plus et éviter toute ombre de
péché.
" II. - Maintenant je parlerai du second mode selon lequel Dieu se
communiquait à mon âme.
" Faisant oraison, sans que je puisse rien prévoir, en un
instant (et je ne sais si c'est les yeux ouverts ou fermés), je me
trouvais en présence de mon Frère, ou de la Vierge Marie - le
chef-d'œuvre de la Très Sainte Trinité - ou de Jésus
crucifié. La Parole (proférée sans paroles) de cette
vision , comme celle aussi des communications imaginatives, il me paraît
qu'elle frappe son empreinte, pour ainsi dire, sur l'âme ; et, tandis
qu'elle l'illumine, elle y allume le feu de l'amour divin, la purifie, la
dépouille entièrement d'elle-même et, sans violence,
incline sa volonté à la sienne. Mais ceci est peu : on dirait que
notre volonté a perdu son vouloir et son non-vouloir, qu'elle est tout
étroitement unie à Celle de son Souverain Bien et fondue en Elle
; si bien qu'il semble que l'âme ait le vouloir même de Dieu,
qu'elle ne puisse rien vouloir d'autre que ce que veut le Dieu béni,
qu'elle aime avec cette volonté de Dieu, laquelle demeure stable et
permanente cependant que - grâce toute gratuite - l'âme est
soutenue par sa miséricordieuse puissance.
" Il me paraît qu'en cet état la foi est d'un grand
secours pour aider l'âme à désirer d'un ardent désir
de perdre sa volonté propre afin de s'uniformiser totalement au bon
plaisir de Dieu qu'elle voit être très juste et très
aimant. L'âme, en cet état, est comme fixée en Dieu qu'elle
aime d'un brûlant amour et elle voit (sans les yeux du corps) la grandeur,
la beauté, la bonté, la puissance de ce Dieu incréé
qui, immuable en soi, opère continuellement et fait des choses si
merveilleuses dans les pâmes de ses créatures. Je ne sais pas
exprimer les finesses des opérations du Divin amour dans l'âme. Je
sais que cet amour se rend maître du cœur, que l'union avec l'Epoux
divin est faite, que l'âme chemine avec son
amoureux Jésus, dans la crainte, tremblant toujours de l'offenser, de
faire la moindre chose qui déplaise à son Bien-Aimé ;
quant à ce qui est d'elle-même, elle connaît sa faiblesse et
l'abîme de ses misères, et elle est parfaitement convaincue que
d'elle-même, elle serait absolument incapable de faire aucun bien qui
puisse mériter pour la vie éternelle ; et elle sait que si elle fait un acte d'amour, si elle désire
l'amour, la souffrance, le martyre et la mort des martyrs, les mépris,
etc., elle sait que tout est grâce, tout est œuvre
de la grande miséricorde de son cher Jésus Crucifié
qu'elle aime de tout son cœur, de toutes ses forces.
" Ainsi soit-il.
" III. - Troisième état.
" En cet état, la miséricorde de notre Très
aimable Jésus se communique à l'âme sans images : il me
paraît que cela se fait par le moyen de l'intelligence : je ne sais pas,
et sais encore moins l'exprimer. Voici comme je comprends et comme j'ai
expérimenté la chose : la douce,
l'harmonieuse, la suave, l'amoureuse, puissante et pénétrante
voix de mon amoureux Jésus, Roi de mon cœur, me disait : " Ma
sœur, puis-je librement disposer de vous comme il me plaît ? "
Cette voix est une voix, mais tout intérieure ; c'est une voix qui
s'imprime dans l'âme et laisse dans l'esprit la conviction vive, forte,
irrévocable, qu'elle est la voix de Dieu béni. Et il me semble
aussi que la voix de mon Très Haut et Souverain Bien est une voix
opérative [sic] qui, en proférant sa Parole, fait son admirable travail, tout
doucement, dans l'âme, dont les trois puissances [la mémoire,
l'intelligence et la volonté] en un éclair, se trouvent
illuminées... Divers sont les effets produits sur l'âme par ces
communications ; mais toujours l'âme, éclairée de la grande
Lumière de la Majesté incréée, descend dans
l'abîme de son néant et voit son incorrespondance [sic] à
la Divine grâce ; mais elle n'est pas découragée, parce
qu'elle est remplie de confiance dans la miséricorde de son Dieu qu'elle
aime tendrement et fortement de tout son pouvoir.
" Il peut sembler qu'en cet état on n'ait plus faire
d'actes de foi. Il n'en est pas ainsi pour moi : me voyant impuissante à
correspondre à tant de bienfaits, je disais bien des fois : " Mon
cher Bien, je vous crois, je crois à vous, je crois en vous ;
Bonté infinie, Dieu de mon cœur, vie de ma vie, je vous aime."
" On peut encore faire des actes de douleur pour les offenses
faites à sa Majesté, et l'espérance d'obtenir leur total
pardon par les mérites de Jésus-Christ ; et l'âme voit que Dieu Très Haut se complaît
beaucoup en cette humilité de l'âme.
" Plus d'une fois, j'avais donné mon entière
volonté à mon cher Jésus ; et aussi n'a-t-il jamais
cessé, dans ses communications de me la redemander, si bien que chaque
fois je restais affligée ; et de nouveau je lui donnais, totalement, ma
volonté, de sorte que je n'eus plus d'autre vouloir que son cher
vouloir. Alors, je vis que la grande Lumière qui me
pénétrait élargissait mon intelligence, que le Dieu des
miséricordes attachait mon cœur à son cœur
enflammé et que, par ses douceurs attirantes et secrètes, Il
tirait à Lui mon âme, et sans contrainte, fléchissait son
libre arbitre sous l'appel divin. Et je compris que je devais Lui donner ma
volonté, non seulement dans l'obéissance aux commandements
extérieurs ; mon esprit devait se courber sous la persuasion que ce sont
bien là les vouloirs du Dieu béni. L'œil de la foi
montre et fait voir, toujours, Dieu en toutes choses, dans tous les
événements, dans toutes les vicissitudes de la terre.
" Dans ce troisième état, la Divine
Miséricorde se fait voir clairement et converse amoureusement avec
l'âme, l'instruit, l'invite à aimer plus parfaitement, plus
généreusement, et mieux selon la vérité du pur
amour.
" En ces communications intuitives, l'âme contracte la plus
étroite union avec son Bien-Aimé Souverain Bien ; et il semble
que rien ne l'en peut séparer.
" Le raisonnement est impuissant à faire quoi que ce soit
pendant que la communication a lieu, le cœur paraît vouloir sortir au
large tant il bat, saute. Je ne sais dire comment va la chose, mais une fois que l'âme
est pleinement possédée par mon très aimant Jésus,
il semble qu'elle s'en va à travers l'espace, qu'elle voit, qu'elle
entend le chant des Anges, qu'elle voit dans les lointains pays et
connaît les pensées des personnes.
" Elle sent dans le fond du cœur une crainte amoureuse de
donner le plus minime déplaisir à son Dieu.
" Jamais elle ne le perd de vue ; et il semble que
l'âme soit si étroitement unie à son Dieu qu'elle n'est
plus capable de penser, d'agir elle seule, et qu'en tout elle soit
dépendante du vouloir et du bon plaisir de ce Dieu béni.
" Ainsi les sens enchantés perdent leurs opérations,
et l'âme est comme en agonie de l'ivresse du divin amour où elle
trouve son unique repos. Mais l'amour, cet amour insatiable, lui, n'est pas
oisif : se faisant toujours plus connaître il appelle l'âme
à plus aimer ; et l'âme sans violence, sans être
forcée, court, court et court se jeter dans le sein de son amoureux et
bien-aimé Jésus, sans cesser de prier et de désirer la
consommation de l'éternelle union, car, sachant sa fragilité,
elle craint, d'une sainte crainte, d'offenser et de perdre son Aimé.
" Je voudrais que tous les gens connussent l'amour que Dieu a pour
ses créatures, à tous je voudrais prêcher l'amour que Dieu
a pour ses créatures, à tous je voudrais dire la faim que Dieu a
du salut des hommes, et combien, pour l'amour de nous, a souffert le
très amoureux Jésus. Mais tout ce que je dis est inutiles, parce
qu'on sait que l'âme que Dieu, en sa divine miséricorde, a introduite
dans cette chambre secrète ou plutôt dans cette fournaise d'amour,
n'a d'autre désir que de parler de ce trésor, trouvé
après le total dépouillement d'elle-même et son active
purification.
" Il se peut que des personnes n'aient plus à souffrir en
ce troisième état du désir toujours inassouvi d'aimer
toujours plus le divin Maître. Moi, ignorante comme je suis, ce n'est pas
à moi à parler des différents degrés du Divin amour
ni des admirables effets qu'il produit dans l'âme. Tout dépend de
la fidèle correspondance aux appels et aux opérations de Dieu.
" En ce troisième état, tout d'amour, tout d'union,
tout de complaisance, je désirais beaucoup aimer mon Dieu, et ma peine
était grande parce que je croyais être la seule créature
qui refusait l'amour dû à mon Amant Jésus. Et je désirais
toujours plus ardemment la souffrance pour m'unir à mon Sauveur
Jésus crucifié. Toutefois, je sentais dans
l'intime de moi-même que j'aimais mon Jésus et qu'il m'aimait ;
mais la peur me vint d'être trompée; illusionnée. La
première fois que je revis mon amoureux Jésus en une vision
intellectuelle, je me signais du signe de la sainte Croix, et je dis : "
Au nom de Jésus-Christ, mort pour le genre humain et ressuscité
vivant par sa propre vertu, fuyez de ma présence, parce que je suis sa
propriété, toute composée d'amour !" Mon Jésus
se complut à mon humble crainte et me dit : " Sœur de mon
cœur, ne craignez pas, je suis la vérité et la vie, et je ne
permettrai jamais que puisse vous nuire l'infernal ennemi. Soyez humblement
fidèle aux appels divins : observez bien mes commandements." ... J'aimai... et il me semblait que le divin et éternel
amour fût l'unique objet de ma vie de mon être...
" En cet état, les manifestations sont plus claires, plus
convaincantes, et en quelque sorte les voies de Dieu se montrent ; et bien que le vieux serpent pour tromper, imite et singe
les apparitions des saints et même de Jésus-Christ, il ne peut tromper
l'âme en union avec Jésus, l'âme humble et craintive.
" Seule, sans guide humain, parmi le monde corrompu et dans des
circonstances scabreuses, mon Frère, tout amoureux et plein de
miséricorde, voulut me préserver des périls et me faire,
gratuitement, le don de la connaissance des cœurs, de la distinction entre
le vrai et le faux - cela s'entend quand Dieu le permet.
" Je me suis expliquée comme j'ai pu, et il me semble que c'est
assez."
1)
Mlle des Brûlais : note du 12
septembre 1849. Maximin accusé par Mélanie de mauvaise tenue en
présence de la Sainte Vierge.
2)
Sa mère, ses frères
et ses sœurs.
3)
Saint-Michel et Quet-en-Beaumont,
les deux villages où elle vient d'être en service l'année
1845. Elle eut à souffrir beaucoup et à lutter pour coucher
seule, etc. Elle nomme cette année la Bonne année ou année
de Grâces.
4)
Traduction littérale des
pages de l'autobiographie italienne de Messine (1897).
- - - - - - - - - - - -
L'APPARITION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE
SUR LA MONTAGNE DE LA SALETTE AVEC
SON MESSAGE TOUT ENTIER, SELON
LE TÉMOIGNAGE DE MÉLANIE
Le 19 septembre 1846 à midi
Avec permission de l'Ordinaire
LECCE
" Eh bien ! mes
enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple."
I
" Le 18 septembre [1846], veille de la sainte Apparition de la Sainte Vierge, j'étais
seule, comme à mon ordinaire, à garder les quatre vaches de mes
Maîtres. Vers les 11 heures du matin, je vis venir auprès de moi
un petit garçon, à cette vue, je m'effrayai, parce qu'il me
semblait que tout le monde devait savoir que je fuyais toutes sortes de
compagnies. Cet enfant s'approcha de moi et me dit : " Petite, je viens
avec toi, je suis aussi de Corps ". A ces paroles, mon mauvais naturel se
fit bientôt voir, et, faisant quelques pas en arrière, je lui dis
: " Je ne veux personne, je veux rester seule ". Puis, je
m'éloignais, mais cet enfant me suivait en me disant : " Va,
laisse-moi avec toi, mon Maître m'a dit de venir garder mes vaches avec
les tiennes ; je suis de Corps ".
" Moi je m'éloignai de lui, en lui faisant signe que je ne
voulais personne ; et après m'être éloignée, je
m'assis sur le gazon. Là, je faisais ma conversation avec les petites
fleurs du Bon Dieu.
" Un moment après, je regarde derrière moi, et je
trouve Maximin assis tout près de moi. Il me dit aussitôt : "
Garde-moi, je serai bien sage ". Mais mon mauvais naturel n'entendit pas
raison. Je me relève avec précipitation, et je m'enfuis un peu
plus rien sans rien lui dire, et je me remis à jouer avec les fleurs du
Bon Dieu.
" Maximin ne tarda pas à rompre le silence, il se mit
à rire (je crois qu'il se moquait de moi) ; je le regarde, et il me dit
: "Amusons-nous, faisons un jeu ". Je ne lui répondis rien,
car j'étais si ignorante, que je ne comprenais rien au jeu avec une
autre personne, ayant toujours été seule. Je m'amusais seule avec
les fleurs, et Maximin s'approchant tout à fait de moi, ne faisait que
rire en me disant que les fleurs n'avaient pas d'oreilles pour m'entendre, et
que nous devions jouer ensemble. Mais je n'avais aucun inclination pour le jeu
qu'il me disait de faire. Cependant je me mis à lui parler, et il me dit
que les dix jours qu'il devait passer avec son Maître allaient
bientôt finir, et qu'ensuite il s'en irait à Corps chez son
père, etc.
" Tandis qu'il me parlait, la cloche de La Salette se fit
entendre, c'était l'Angelus ; je fis signe à Maximin
d'élever son âme à Dieu. Il se découvrit la
tête et garda un moment le silence. Ensuite, je lui dit : " Veux-tu
dîner ? - Oui, me dit-il. Allons." Nous nous assîmes ; je
sortis de mon sac les provisions que m'avaient données mes
Maîtres, et, selon mon habitude, avant d'entamer mon petit pain rond,
avec la pointe de mon couteau je fis une croix sur mon pain, et au milieu un
tout petit trou, en disant : " Si le diable y est, qu'il en sorte, et si
le Bon Dieu y est qu'il y reste ", et vite, vite, je recouvris le petit
trou. Maximin partit d'un grand éclat de rire et donna un coup de pied
à mon pain, qui s'échappa de mes mains, roula jusqu'au bas de la
montagne et se perdit.
" J'avais un autre morceau de pain, nous le mangeâmes
ensemble ; ensuite nous fîmes un jeu ; puis comprenant que Maximin devait
avoir besoin de manger, je lui indiquai un endroit de la montagne couvert de
petits fruits. Je l'engageai à aller en manger, ce qu'il fit
aussitôt ; il en mangea et en rapporta plein son chapeau. Le soir nous
descendîmes ensemble de la montagne, et nous nous promîmes de
revenir garder nos vaches ensemble.
" Le lendemain, 19 septembre, je me retrouve en chemin avec
Maximin ; nous gravissons ensemble la montagne. Je trouvais que Maximin
était très bon, très simple, et que volontiers, il parlait
de ce dont je voulais parler ; il était aussi très souple, ne
tenant pas à son sentiment ; il était seulement un peu curieux,
car quand je m'éloignais de lui, dès qu'il me voyait
arrêtée, il accourait vite pour voir ce que je faisais, et
entendre ce que je disais avec les fleurs du Bon Dieu ; et s'il n'arrivait pas
à temps, il me demandait ce que j'avais dit. Maximin me dit de lui
apprendre un jeu. La matinée était déjà
avancée : je lui dis de ramasser des fleurs pour faire le " Paradis
".
" Nous nous mîmes tous les deux à l'ouvrage ; nous
eûmes bientôt une quantité de fleurs de diverses couleurs.
L'Angelus du village se fit entendre, car le ciel était beau, il n'y
avait pas de nuages. Après avoir dit au Bon Dieu ce que nous savions, je
dis à Maximin que nous devions conduire nos vaches sur un petit plateau
près du petit ravin, où il y aurait des pierres pour bâtir
le " Paradis ". Nous conduisîmes nos vaches au lieu
désigné, et ensuite nous prîmes notre petit repas ; puis
nous nous mîmes à porter des pierres et à construire notre
petite maison, qui consistait en un rez-de-chaussée, qui soi-disant était
notre habitation, puis un étage au-dessus qui était selon nous le
" Paradis ".
" Cet étage était tout garni de fleurs de
différentes couleurs, avec des couronnes suspendues par des tiges de
fleurs. Ce "Paradis" était couvert par une seule et large
pierre que nous avions recouvertes de fleurs ; nous avions aussi suspendu des
couronnes tout autour. Le " Paradis " terminé, nous le
regardions ; le sommeil nous vint ; nous nous endormîmes sur le gazon.
" La Belle Dame s'assied sur notre " Paradis " sans le
faire crouler.
II
" M'étant réveillée, et ne voyant pas nos
vaches, j'appelai Maximin et je gravis le petit monticule. De là, ayant
vu que nos vaches étaient couchées tranquillement, je redescendis
et Maximin montait, quand tout à coup je vis une belle lumière,
plus brillante que le soleil, et à peine ai-je pu dire ces paroles :
" Maximin, vois-tu, là-bas ? Ah ! mon Dieu ! " En même
temps je laisse tomber le bâton que j'avais en main. Je ne sais ce qui se
passait en moi de délicieux dans ce moment, mais je me sentais attirer,
je me sentais un grand respect plein d'amour, et mon cœur aurait voulu
courir plus vite que moi.
" Je regardais bien fortement cette lumière qui
était immobile, et comme si elle fût ouverte, j'aperçus une
autre lumière bien plus brillante et qui était en mouvement, et
dans cette lumière une très belle Dame assise sur notre "
Paradis ", ayant la tête dans ses mains. Cette belle Dame s'est
levée, elle a croisé médiocrement ses bras en nous
regardant et nous a dit :
"Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je
suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle."
Ces douces et suaves paroles me firent voler jusqu'à elle, et
mon cœur aurait voulu se coller à elle pour toujours.
Arrivée bien près de la belle Dame, devant elle, à sa
droite, elle commence le discours, et des larmes commencent aussi à
couler de ses beaux yeux :
" Si mon peuple ne
veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon
Fils. Elle est si lourde et si pesante, que je ne puis plus la retenir.
" Depuis le temps que je souffre pour vous
autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée
de le prier sans cesse. Et pour vous autres, vous n'en faites pas cas. Vous
aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine
que j'ai prise pour vous autres.
" Je vous ai donné six jours pour
travailler, je me suis réservée le septième, et on ne veut
pas me l'accorder. C'est ce qui appesantit tant le bras de mon Fils.
" Ceux qui conduisent les charrettes ne
savent pas parler sans y mettre le Nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux
choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.
" Si la récolte se gâte, ce
n'est qu'à cause de vous autres.
" Je vous l'ai fait voir l'année
passée par les pommes de terre ; vous n'en avez pas fait cas ; c'est au
contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous
mettiez le Nom de mon Fils. Elles vont continuer à se gâter,
à la Noël il n'y en aura plus."
" Ici je cherchais à interpréter la parole : pommes
de terre ; je croyais comprendre que cela signifiait pommes. La belle et
bonne Dame devinant ma pensée reprit ainsi :
La traduction en français est celle-ci :
" Si la récolte se gâte, ce
n'est rien que pour vous autres ; je vous l'ai fait voir l'année
passée par les pommes de terre, et vous n'en avez pas fait cas ;
c'était au contraire, quand vous en trouviez de gâtées,
vous juriez, et vous mettiez le nom de mon Fils. Elles vont continuer à
se gâter, et, à la Noël, il n'y en aura plus.
" Si vous avez du blé, il ne faut
pas le semer.
" Tout ce que vous sèmerez, les
bêtes le mangeront ; et ce qui viendra, tombera tout en poussière
quand vous le battrez, les petits enfants au-dessous de sept ans prendront un
tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront ; les
autres feront pénitence par la faim. Les noix deviendront mauvaises ;
les raisins pourriront."
" Ici, la belle Dame qui me ravissait, resta un moment sans se
faire entendre ; je voyais cependant qu'elle continuait, comme si elle parlait,
de remuer gracieusement ses aimables lèvres. Maximin recevait alors son secret. Puis, s'adressant à moi, la Très Sainte Vierge me parla et
me donna un secret en français. Ce secret, le voici tout entier, et tel
qu'elle me l'a donné :
III
" Mélanie, ce que je vais vous dire
maintenant ne sera pas toujours secret ;
vous pourrez le publier en 1858."
Cf . seclasal.htm et milltiss.htm
" Les prêtres, ministres de mon Fils, les
prêtres, par leur mauvaise vie, par leurs irrévérences et
leur impiété à célébrer les saints
mystères, par l'amour de l'argent, l'amour de l'honneur et des plaisirs,
les prêtres sont devenus des cloaques d'impureté. Oui, les
prêtres demandent vengeance, et la vengeance est suspendue sur leur
tête. Malheur aux prêtres et aux personnes consacrées
à Dieu, lesquelles, par leurs infidélités et leur mauvaise
vie, crucifient de nouveau mon Fils ! Les péchés des personnes
consacrées à Dieu crient vers le Ciel et appellent la vengeance,
et voilà que la vengeance est à leurs portes, car il ne se trouve
plus personne pour implorer miséricorde et pardon pour le peuple ; il
n'y a plus d'âmes généreuses, il n'y a plus personne digne d'offrir la Victime sans tache à
l'Eternel en faveur du monde.
" Dieu va frapper d'une manière sans exemple.
" Malheur aux habitants de la terre : Dieu va
épuiser sa colère, et personne ne pourra se soustraire à
tant de maux réunis.
" Les chefs,
les conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et
la pénitence, et le démon a obscurci leur intelligence ; ils sont
devenus ces étoiles errantes que le vieux diable traînera avec sa
queue pour les faire périr. Dieu permettra au vieux serpent de
mettre des divisions parmi les régnants, dans toutes les
sociétés et dans toutes les familles ; on souffrira des peines
physiques et morales ; Dieu abandonnera les hommes à eux-mêmes et
enverra des châtiments qui se succéderont pendant plus de
trente-cinq ans.
" La société est à la veille des
fléaux les plus terribles et des plus grands événements ;
on doit s'attendre à être gouverné par une verge de fer et
à boire le calice de la colère de Dieu.
" Que le Vicaire de mon Fils, le Souverain Pontife Pie
IX ne sorte plus de Rome après l'année 1859 ; mais qu'il soit
ferme et généreux, qu'il combatte avec les armes de la foi et de l'amour ; je serai avec
lui.
" Qu'il se méfie de Napoléon ; son
cœur est double, et quand il voudra être à la fois Pape et
empereur, bientôt Dieu se retirera de lui : il est cet aigle qui, voulant
toujours s'élever, tombera sur l'épée dont il voulait se
servir pour obliger les peuples à se faire élever.
" L'Italie sera punie de son ambition en voulant
secouer le joug du Seigneur des Seigneurs ; aussi elle sera livrée
à la guerre ; le sang coulera de tous côtés : les
églises seront fermées ou profanées ; les prêtres,
les religieux seront chassés ; on les fera mourir, et mourir d'une mort
cruelle. Plusieurs abandonneront la foi et le nombre des prêtres et des
religieux qui se sépareront de la vraie religion sera grand ; parmi ces
personnes il se trouvera même des évêques.
" Que le Pape se tienne en garde contre les faiseurs de
miracles, car le temps est venu que les
prodiges les plus étonnants auront lieu sur la terre et dans les airs.
" En l'année 1864, Lucifer avec un grand nombre
de démons seront détachés de l'enfer : ils aboliront la
foi peu à peu et
même dans les personnes consacrées à Dieu ; ils les
aveugleront d'une telle manière, qu'à moins d'une grâce
particulière, ces personnes prendront l'esprit de ces mauvais anges ;
plusieurs maisons religieuses perdront entièrement la foi et perdront
beaucoup d'âmes.
" Les
mauvais livres abonderont sur la terre, et les esprits de ténèbres répandront
partout un relâchement universel pour tout ce qui regarde le service de
Dieu ; ils auront un très grand pouvoir sur la nature ;
il y aura des églises pour servir ces esprits. Des personnes seront transportées d'un
lieu à un autre par ces esprits mauvais, et même des
prêtres, parce qu'ils ne se seront pas conduits par le bon esprit de
l'Evangile, qui est un esprit d'humilité, de charité et de
zèle pour la gloire de Dieu. On fera ressusciter des morts et des justes
[par le pouvoir illusoire des esprits mauvais
ou par des invocations spirites - cela va de soi].
" Il y aura en tous lieux des prodiges extraordinaires,
parce que la vraie foi s'est éteinte et que la fausse lumière
éclaire le monde. Malheur aux Princes de l'Eglise qui ne seront
occupés qu'à entasser richesses sur richesses, qu'à
sauvegarder leur autorité et à dominer avec orgueil !
" Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup à
souffrir, parce que pour un temps l'Eglise sera livrée à de
grandes persécutions : ce sera le temps des ténèbres ; l'Eglise aura une crise affreuse.
" La sainte foi
de Dieu étant oubliée, chaque individu voudra se guider par
lui-même et être supérieur à ses semblables. On
abolira les pouvoirs civils et ecclésiastiques, tout ordre et toute
justice seront foulés aux pieds ; on ne verra qu'homicides, haine,
jalousie, mensonge et discorde, sans amour pour la patrie ni pour la famille.
" Le Saint-Père souffrira beaucoup. Je serai
avec lui jusqu'à la fin pour recevoir son sacrifice.
" Les méchants attenteront plusieurs fois
à sa vie sans pouvoir nuire à ses jours ; mais ni lui ni son
successeur... ne verront le triomphe de l'Eglise de Dieu.
" Les
gouvernants civils auront tous un même dessein qui sera d'abolir et de
faire disparaître tout principe religieux, pour faire place au
matérialisme, à l'athéisme, au spiritisme et à
toutes sortes de vices.
" Dans l'année 1865, on verra l'abomination dans
les lieux saints ; dans les couvents, les fleurs de l'Eglise seront
putréfiées et le démon se rendra comme le roi des
cœurs. Que ceux qui sont à la tête des communautés
religieuses se tiennent en garde pour les personnes qu'ils doivent recevoir,
parce que le démon usera de toute sa malice pour introduire dans les
ordres religieux des personnes adonnées au péché, car les désordres et l'amour des plaisirs
charnels seront répandus par toute la terre.
" La France, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre seront
en guerre ; le sang coulera dans les rues ; le Français se battra avec
le Français, l'Italien avec l'Italien ; ensuite il y aura une guerre
générale qui sera épouvantable. Pour un temps, Dieu ne se
souviendra plus de la France ni de l'Italie, parce que l'Evangile de
Jésus-Christ n'est plus connu. Les méchants déploieront
toute leur malice ; on se tuera, on se massacrera mutuellement jusque dans les
maisons.
" Au premier coup de son épée
foudroyante, les montagnes et la nature entière trembleront
d'épouvante, parce que les désordres et les crimes des hommes
percent la voûte des cieux. Paris sera brûlé et Marseille
englouti ; plusieurs grandes villes seront ébranlées et
englouties par des tremblements de terre ; on croira que tout est perdu ; on ne
verra qu'homicides, on n'entendra que bruits d'armes et que blasphèmes.
Les justes souffriront beaucoup ; leurs prières, leur pénitence
et leurs larmes monteront jusqu'au Ciel, et tout le peuple de Dieu demandera
pardon et miséricorde, et demandera mon aide et mon intercession. Alors
Jésus-Christ, par un acte de sa justice et de sa grande
miséricorde pour les justes, commandera à ses anges que tous ses
ennemis soient mis à mort. Tout à coup les persécuteurs de
l'Eglise de Jésus-Christ et tous les hommes adonnés au
péché périront, et
la terre deviendra comme un désert (1). Alors se fera la
paix, la réconciliation de Dieu avec les hommes ; Jésus-Christ
sera servi, adoré et glorifié ; la charité fleurira
partout. Les nouveaux rois seront le bras droit de la Sainte Eglise, qui sera
forte, humble, pieuse, pauvre, zélée et imitatrice des vertus de
Jésus-Christ. L'Evangile sera prêché partout, et les hommes
feront de grands progrès dans la foi, parce qu'il y aura unité
parmi les ouvriers de Jésus-Christ et que les hommes vivront dans la
crainte de Dieu.
" Cette paix
parmi les hommes ne sera pas longue : vingt-cinq ans d'abondantes
récoltes leur feront oublier que les péchés des hommes
sont cause de toutes les peines qui arrivent sur la terre.
" Un avant-coureur de l'Antéchrist, avec ses
troupes de plusieurs nations, combattra contre le vrai Christ, le seul Sauveur
du monde ; il répandra beaucoup de sang et voudra anéantir le
culte de Dieu pour se faire regarder comme un Dieu.
" La terre sera frappée de toutes sortes de
plaies ; il y aura des guerres jusqu'à la dernière guerre, qui
sera alors faite par les dix rois de l'Antéchrist (2), lesquels rois auront tous un même dessein et seront
les seuls qui gouverneront le monde. Avant que ceci arrive, il y aura une
espèce de fausse paix dans le monde ; on ne pensera qu'à se
divertir ; les méchants se livreront à toutes sortes de
péchés ; mais les enfants de la Sainte Eglise, les enfants de la
foi, mes vrais imitateurs, croîtront dans l'amour de Dieu et dans les
vertus qui me sont les plus chères. Heureuses les âmes humbles conduites par l'Esprit-Saint ! Je combattrai avec elles jusqu'à ce
qu'elles arrivent à la plénitude de l'âge.
" La nature demande vengeance pour les hommes, et elle
frémit d'épouvante dans l'attente de ce qui doit arriver à
la terre souillée de crimes.
" Tremblez, terre, et vous qui faites profession de
servir Jésus-Christ et qui au-dedans vous adorez vous-mêmes,
tremblez ; car Dieu va vous livrer à son ennemi, parce que les lieux
saints sont dans la corruption ; beaucoup de couvents ne sont plus les maisons
de Dieu, mais les pâturages d'Asmodée et des siens.
" Ce sera pendant ce temps que naîtra
l'Antéchrist, d'une religieuse hébraïque, d'une fausse
vierge qui aura communication avec le vieux serpent, le maître de
l'impureté ; son père sera Ev. ; en naissant, il vomira des
blasphèmes, il aura des dents ; en un mot, ce sera le diable
incarné ; il poussera des cris effrayants, il fera des prodiges, il ne
se nourrira que d'impureté. Il aura des frères qui, quoiqu'il ne
soient pas comme lui des démons incarnés, seront des enfants de
mal ; à douze ans, ils se feront remarquer par leurs vaillantes
victoires, chacun à la tête des armées, assistés par
des légions de l'enfer.
" Les
saisons seront changées, la terre ne produira que de mauvais fruits, les
astres perdront leurs mouvements réguliers, la lune ne reflétera
qu'une faible lumière rougeâtre ; l'eau et le feu donneront au
globe de la terre des mouvements convulsifs et d'horribles tremblements de
terre, qui feront engloutir des montagnes, des villes, etc.
" Rome perdra la foi et deviendra le
siège de l'Antéchrist (3).
" Les démons
de l'air avec l'Antéchrist feront de grands prodiges sur la terre et
dans les airs, et les hommes se pervertiront de plus en plus. Dieu aura soin
de ses fidèles serviteurs et des hommes de bonne volonté
; l'Evangile sera prêché partout,
tous les peuples et toutes les nations auront connaissance de la
vérité.
" J'adresse
un pressant appel à la terre : j'appelle les vrais disciples du Dieu vivant et
régnant dans les cieux ; j'appelle les vrais imitateurs du
Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j'appelle mes enfants,
mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que
je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans
mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin j'appelle les
Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de
Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et
d'eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l'humilité, dans le
mépris et dans le silence, dans l'oraison et dans la mortification, dans
la chasteté et dans l'union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du
monde. Il est temps qu'ils sortent et
viennent éclairer la terre. Allez, et montrez-vous comme mes
enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit
la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. Que votre
zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l'honneur de
Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui
y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins.
" L'Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la
consternation. Mais voilà Enoch et Elie remplis de l'Esprit de Dieu ;
ils prêcheront avec la force de Dieu, et les hommes de bonne
volonté croiront en Dieu, et beaucoup d'âmes seront
consolées ; ils feront de grands progrès par la vertu du
Saint-Esprit et condamneront les erreurs diaboliques de l'Antéchrist.
" Malheur aux habitants de la terre ! Il y aura des
guerres sanglantes et des famines ; des pestes et des maladies contagieuses ;
il y aura des pluies d'une grêle effroyable d'animaux ; des tonnerres qui
ébranleront des villes ; des tremblements de terre qui engloutiront des
pays ; on entendra des voix dans les airs ; les hommes se battront la
tête contre les murailles ; ils appelleront la mort, et, d'un autre
côté, la mort fera leur supplice ; le sang coulera de tous
côtés. Qui pourra vaincre, si Dieu ne diminue le temps de
l'épreuve ? Par le sang, les larmes et les prières des
justes, Dieu se laissera fléchir ; Enoch et Elie seront mis à
mort ; Rome païenne disparaîtra ; le feu du ciel tombera et
consumera trois villes ; tout l'univers sera frappé de terreur, et
beaucoup se laisseront séduire parce qu'ils n'ont pas adoré le vrai Christ vivant parmi eux [4]. Il est temps ; le soleil s'obscurcit ; la foi seule vivra.
" Voici le temps ; l'abîme s'ouvre. Voici le roi des rois des
ténèbres. Voici la Bête avec ses sujets, se disant le
Sauveur du monde. Il s'élèvera avec orgueil dans les airs pour
aller jusqu'au ciel ; il sera étouffé par le souffle de saint
Michel Archange. Il
tombera, et la terre qui, depuis trois jours, sera en de continuelles
évolutions, ouvrira son sein plein de feu ; il sera plongé pour
jamais avec tous les siens dans les gouffres éternels de l'enfer. Alors l'eau et le feu
purifieront la terre et consumeront les œuvres de l'orgueil des hommes, et
tout sera renouvelé : Dieu sera servi et glorifié (5)."
1) Cf. Isaïe,
6, 11 ; 13 : 9 ; 24 : 5-6 ; 26 : 10 ; 6 : 12 ; II Pierre, 3 : 7 ; Apocalypse,
20 : 5-6 ; St Irénée de Lyon, le " fondateur de la
théologie catholique ", Contre les hérésies (ou
La fausse gnose démasquée et réfutée), V,
35, 1 ; 34 : 2 ; Apocalypse, 9 : 13-15 : "
Le sixième ange sonna de la
trompette et j'entendis une voix qui venait des quatre coins de l'autel d'or
placé devant Dieu. Elle disait au sixième ange, - celui qui
tenait la trompette - : " Délie les quatre anges qui sont
enchaînés sur le grand fleuve de l'Euphrate ". Et on délia les quatre anges qui se
tenaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année, afin de faire périr le tiers des hommes."
2) St
Irénée de Lyon, Contre les hérésies, V, 26,
1 et 25, 3 ; S. Matthieu, 24 : 15 ; Apocalypse, 17 :
12-14 ; Daniel, 7 : 7-8, 20-22, 23-25 ; 9 : 27.
3) Cf. II
Thessaloniciens, 2 : 3-4.
Cardinal John Henri
Newman (1801-1891), Développement de la doctrine
chrétienne, preuves de la vérité de la foi catholique, ouv. cité plus haut, page 85 :
" La grandeur du
mal est l'indice de la fin prochaine. Le fidèle s'écrie : Combien
le temps est long ! comme si les épreuves abattaient sa raison aussi
bien que sa patience. Trois ans et demi compléteront le règne de
l'Antéchrist [cf. Apocalypse, 11 : 1-13].
" Le monde est
toujours corrompu. On n'a aucune objection à faire à cette
assertion, et cependant, en dépit de cela, le mal ne dépasse pas
les mesures et ne déborde pas ; car il s'élève du combat
extérieur du vice et de la vertu qui le maintiennent ; mais que
l'Église disparaisse, et le monde finira."
4) Mais adoré Maitreya, le nouveau et faux Messie et
faux Prophète des derniers temps (cf. Apocalypse, XIX, 20).
5) Cahiers Parousie,
I, Éléments pour Cercles d'Études Bibliques, abbé
Tissier, Éditions Saint-Michel, Saint-Cénéré
(Mayenne), 1967, pages 232-233 :
" [...] Avant de
terminer, signalons qu'en 1911 paraissait à Rome un ouvrage
intitulé INTERPRÉTATION LITTÉRALE DE L'APOCALYPSE ET SA
CORRESPONDANCE AVEC TOUS LES AUTRES LIVRES DE L'ÉCRITURE, par le docteur
en théologie Ezaguire.
" L'auteur y
démontre que l'espérance du Règne de Notre-Seigneur sur un
monde régénéré par le fait de son intervention
personnelle et visible, c'est-à-dire son apparition, FAIT PARTIE DE LA
DOCTRINE CATHOLIQUE.
" Cet ouvrage est
pourvu de deux " imprimatur " : l'un du R. P. Lepidi, O. P.,
secrétaire de la Congrégation de l'Index ; l'autre, de S. E. Mgr
Cepeletti, patriarche de Constantinople.
" L'auteur y
déclare être venu à Rome non seulement pour y
contrôler ses conclusions avec l'enseignement du Magistère
infaillible, mais encore pour s'enquérir auprès de celui-ci de
l'opportunité d'une telle publication. Or, c'est le pape Pie X,
lui-même, qui a donné le certificat d'opportunité."
Id., pages 116 et 117 :
" [...] Or,
dès qu'il fit jour, les anciens du peuple, les princes des prêtres
et les scribes se réunirent et amenèrent Jésus dans leur
assemblée. Ils dirent : " Si tu es le Christ, dis-le nous ".
Il leur répondit : " Si je vous le dis, vous ne le croirez pas et
ne me laisserez pas aller, mais désormais, le Fils de l'Homme sera
assis à la droite de la Puissance de Dieu ". Alors ils dirent :
" Tu es donc le Fils de Dieu ? " Il leur répondit : "
Vous le dites, je le suis " (Luc, 22 : 66-71 ; cf. Daniel, 7 : 13-14).
" Enfin, vers le
milieu de la matinée, " Pilate, étant rentré dans le
prétoire, appela Jésus et lui dit : " Es-tu le roi des Juifs
? " Jésus répondit : " Dis-tu cela de toi-même ou
d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " Pilate répondit : "
Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et le chef des prêtres t'ont
livré à moi. Qu'as-tu fait ? " Jésus répondit
: " Mon Royaume n'est pas de ce monde ; si mon Royaume était de ce
monde, mes serviteurs auraient combattu pour que je ne sois pas livré
aux Juifs, mais MAINTENANT [trad. du grec, nun, du latin, nunc], MON ROYAUME N'EST PAS
D'ICI BAS ". Pilate lui dit : " Tu es donc roi ? " Jésus
répondit : " Tu le dis, je suis Roi. Moi, je suis né et je
suis venu dans le monde à seule fin de rendre témoignage à
la vérité " (Jean, 18 : 33-37).
" [...] Il est
indiscutable que l'accusation de lèse-majesté, portée par
les Juifs devant Pilate, a pour fondement la citation de Daniel [7 : 13-14, 27]
faite par Jésus en réponse à la solennelle question du
grand-prêtre et aux deux séances du Sanhédrin. Or la vision
de Daniel a trait à la royauté future du Messie.
" [...]
Jésus ne rectifie donc pas la pensée du " Royaume " en
la replaçant sur le plan prétendu spirituel (et les paroles :
" Je suis dans le monde pour rendre témoignage à la
vérité " n'infirment pas le moins du monde cette remarque),
il la rectifie en mettant dans la pensée de Pilate la même perspective
qu'il avait mise jadis dans celle de ses disciples (cf. Luc, 17 : 20-27). Son
Royaume est bien temporel, il doit bien s'établir sur la nation juive
(cf. Luc, 1 : 32), mais PAS MAINTENANT, PLUS TARD, " quand le temps des
nations serait accompli " (Luc, 21 : 24, 34-36), ainsi qu'il le rappelait
aux siens trois jours auparavant. [...] ".
IV
" Ensuite la Sainte Vierge me donna,
aussi en Français, la Règle d'un nouvel Ordre religieux.
" Après m'avoir donné la Règle de ce nouvel
Ordre religieux, la Sainte Vierge reprit ainsi la suite du Discours :
" S'ils se convertissent, les pierres et les rochers se
changeront en blé, et les pommes de terre se trouveront
ensemencées par les terres.
" Faites-vous bien votre prière, mes enfants ?
"
" Nous répondîmes tous les deux :
" Oh ! non, Madame, pas beaucoup."
" Ah ! mes enfants, il faut bien la faire, soir et
matin. Quand vous ne pourrez pas mieux faire, dites un Pater et un Ave Maria ;
et quand vous aurez le temps et que vous pourrez mieux faire, vous en direz
davantage.
" Il ne va que quelques femmes un peu âgées
à la Messe ; les autres travaillent tout l'été le dimanche
; et l'hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que
pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la boucherie
comme des chiens.
" N'avez-vous pas vu du blé gâté,
mes enfants ? "
" Tous les deux nous avons répondu :
" Oh ! non, Madame."
" La Sainte Vierge s'adressant à Maximin :
" Mais toi, mon enfant, tu dois bien en avoir vu une
fois vers le Coin, avec ton père. L'homme de la pièce dit
à ton père : "Venez voir comme mon blé se
gâte". Vous y allâtes. Ton père prit deux ou trois
épis dans sa main, il les frotta, et ils tombèrent en
poussière. Puis, en vous en retournant, quand vous n'étiez plus
qu'à demi-heure de Corps, ton père te donna un morceau de pain en
disant : " Tiens, mon enfant, mange cette année, car je ne sais pas
qui mangera l'année prochaine, si le blé se gâte comme cela
".
" Maximin répondit : " C'est bien vrai, Madame, je ne
me le rappelais pas."
" La Très Sainte Vierge a terminé son discours en
français :
" Eh bien ! mes
enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple."
" La très belle Dame traversa le ruisseau ; et, à
deux pas du ruisseau, sans se retourner vers nous qui la suivions (parce
qu'elle attirait à elle par son éclat et plus encore par sa bonté
qui m'enivrait, qui semblait me faire fondre le cœur), elle nous dit
encore :
" Eh bien ! mes
enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple."
" Puis elle a continué de marcher jusqu'à l'endroit
où j'étais montée pour regarder où étaient
nos vaches. Ses pieds ne touchaient que le bout de l'herbe sans la faire plier.
Arrivée sur la petite hauteur, la belle Dame s'arrêta, et vite je
me plaçai devant elle pour bien, bien la regarder et tâcher de
savoir quel chemin elle inclinait le plus à prendre ; car c'était
fait de moi, j'avais oublié et mes vaches et les maîtres chez
lesquels j'étais en service ; je m'étais attachée pour
toujours et sans condition à Ma Dame ; oui, je voulais ne plus
jamais, jamais la quitter ; je la suivais sans arrière-pensée, et
dans la disposition de la servir tant que je vivrai.
" Avec Ma Dame je croyais avoir oublié le paradis ;
je n'avais plus que la pensée de bien la servir en tout ; et je croyais
que j'aurais pu faire tout ce qu'Elle m'aurait dit de faire, car il me semblait
qu'Elle avait beaucoup de pouvoir. Elle me regardait avec une tendre
bonté qui m'attirait à elle ; j'aurais voulu, avec les yeux
fermés, m'élancer dans ses bras. Elle ne m'a pas donné le
temps de le faire. Elle s'est élevée insensiblement de terre
à une hauteur d'environ un mètre et plus ; et restant ainsi
suspendue en l'air un tout petit instant, Ma belle Dame regarda le ciel, puis
la terre à sa droite et à sa gauche, puis Elle me regarda avec
des yeux si doux, si aimables et si bons, que je croyais qu'Elle m'attirait
dans son intérieur, et il me semblait que mon cœur s'ouvrait au
sien.
" Et, tandis que mon cœur se fondait en une douce dilatation,
la belle figure de Ma bonne Dame disparaissait peu à peu : il me
semblait que la lumière en mouvement se multipliait ou bien se
condensait autour de la Très Sainte Vierge, pour m'empêcher de la
voir plus longtemps. Ainsi la lumière prenait la place des parties du
corps qui disparaissait à mes yeux ; ou bien il semblait que le corps de
Ma Dame se changeait en lumière en se fondant. Ainsi la lumière
en forme de globe s'élevait doucement en direction droite.
" Je ne puis pas dire si le volume de lumière diminuait
à mesure qu'elle s'élevait, ou bien si c'était
l'éloignement qui faisait que je voyais diminuer la lumière
à mesure qu'elle s'élevait ; ce que je sais, c'est que je suis
restée la tête levée et les yeux fixés sur la
lumière, même après que cette lumière, qui allait
toujours en s'éloignant et diminuant de volume, eut fini par
disparaître.
" Mes yeux se détachent du firmament, je regarde autour de
moi, je vois Maximin qui me regardait, je lui dis : " Mémin, cela
doit être le bon Dieu de mon Père, ou la Sainte Vierge, ou quelque
grande sainte." Et Maximin lançant la main en l'air, il dit :
" Ah ! si je l'avais su ! "
V
" Le soir du 19 septembre, nous nous retirâmes un peu plus
tôt qu'à l'ordinaire. Arrivée chez mes maîtres, je
m'occupais à attacher mes vaches et à mettre tout en ordre dans
l'écurie. Je n'avais pas terminé que ma maîtresse vint
à moi en pleurant et me dit : " Pourquoi, mon enfant, ne venez-vous
me dire ce qui vous est arrivé sur la montagne ? Maximin, n'ayant pas
trouvé ses maîtres qui ne s'étaient pas encore
retirés de leurs travaux, était venu chez les miens et avait
raconté tout ce qu'il avait vu et entendu ". Je lui répondis
: " Je voulais bien vous le dire, mais je voulais finir mon ouvrage
auparavant ". Un moment après, je me rendis dans la maison, et ma
maîtresse me dit : " Racontez ce que vous avez vu ; le berger de
Bruite (c'était le surnom de Pierre Selme, maître de Maximin) m'a
tout raconté ".
" Je commence, et, vers la moitié du récit, mes
maîtres arrivèrent de leurs champs. Ma maîtresse, qui
pleurait en entendant les plaintes et les menaces de notre tendre Mère,
dit : " Ah ! vous vouliez ramasser le blé demain (dimanche) ;
gardez-vous en bien, venez entendre ce qui est arrivé aujourd'hui
à cette enfant et au berger de Pierre Selme ". Et, se tournant vers
moi, elle dit : " Recommencez tout ce que vous avez dit ". Je
recommence et, quand j'eus terminé, mon maître dit : "C'est
la Sainte Vierge ou bien une grande sainte, qui est venue de la part du Bon
Dieu, mais c'est comme si le Bon Dieu était venu lui-même ; il
faut faire ce que cette Sainte a dit. Comment allez-vous faire pour dire tout
cela à tout son peuple?" Je lui répondis : " Vous me
direz comment je dois faire et je le ferai ". Ensuite il ajouta en
regardant sa mère, sa femme et son frère : " Il faut y
penser ". Puis chacun se retira à ses affaires.
" C'était après le souper. Maximin et ses
maîtres vinrent chez les miens pour raconter ce que Maximin leur avait
dit et pour savoir ce qu'il y avait à faire. " Car, dirent-ils, il
nous semble que c'est la Sainte Vierge qui a été envoyée
par le Bon Dieu ; les paroles qu'Elle a dites le font croire. Et elle leur a
dit de les faire passer à tout son peuple ; il faudra peut-être
que ces enfants parcourent le monde entier pour faire connaître qu'il
faut que tout le monde observe les commandements du Bon Dieu, sinon de grands malheurs
vont arriver sur nous."
" Après un moment de silence, mon maître dit, en
s'adressant à Maximin et à moi : " Savez-vous ce que vous
devez faire, mes enfants ? Demain, levez-vous de bon matin, allez tous deux
à M. le Curé et racontez-lui tout ce que vous avez vu et entendu
; dites-lui bien comment la choses s'est passée : il vous dira ce que
vous avez à faire."
" Le 20 septembre, lendemain de l'Apparition, je partis de bonne
heure avec Maximin. Arrivés à la cure, je frappe à la
porte. La domestique de M. le Curé vint ouvrir et demanda ce que nous
voulions. Je lui dis (en
français, moi qui ne l'avais jamais parlé) : " Nous voudrions parler à M. le Curé ".
" Et que voulez-vous lui dire ", nous demanda-t-elle. " Nous
voulons lui dire, Mademoiselle, qu'hier nous sommes allés garder nos
vaches sur la montagne des Baisses, et après avoir dîné,
etc., etc. Nous lui racontâmes une bonne partie du discours de la
Très Sainte Vierge. Alors la cloche de l'église sonna :
c'était le dernier coup de la Messe. M. l'abbé Perrin,
curé de La Salette, qui nous avait entendus, ouvrit sa porte avec fracas
; il pleurait ; il se frappait la poitrine ; il nous dit : " Mes enfants,
nous sommes perdus, Dieu va nous punir. Ah! Mon Dieu, c'est la Sainte Messe.
Nous nous regardâmes avec Maximin et la domestique ; puis Maximin me dit
: " Moi, je m'en vais chez mon père à Corps ". Et nous
nous séparâmes.
" N'ayant pas reçu d'ordre de mes maîtres de me
retirer aussitôt après avoir parlé à M. le
Curé, je crus ne pas faire mal en assistant à la Messe. Je fus donc
à l'église. La Messe commence et après le premier
Evangile, M. le Curé se tourne vers le peuple et essaie de raconter
à ses paroissiens l'Apparition qui venait d'avoir lieu, la veille, sur
une de leurs montagnes, et les exhorte à ne plus travailler le dimanche
; sa voix était très entrecoupée par des sanglots, et tout
le peuple était très, très ému. Après la
Sainte Messe, je me retirai chez mes maîtres. M. Peytard, qui est encore
aujourd'hui (le 21 novembre 1878, date de la rédaction du présent
écrit) maire de La Salette y vint m'interroger sur le fait de
l'Apparition, et, après s'être assuré de la
vérité de ce que je lui disais, il se retira convaincu.
" Je continuait de rester au service de mes maîtres
jusqu'à la fête de la Toussaint. Ensuite je fus mise comme
pensionnaire chez les religieuses de la Providence, dans mon pays à
Corps.
VI
" La Très Sainte Vierge était grande et bien
proportionnée. Elle paraissait être si légère
qu'avec un souffle on l'aurait fait remuer, cependant elle était
immobile et bien posée. Sa physionomie était majestueuse,
imposante, mais non imposante comme le sont les Seigneurs d'ici-bas. Elle
imposait une crainte respectueuse. En même temps que Sa Majesté
imposait du respect mêlé d'amour, elle attirait à elle. Son
regard était doux et pénétrant ; ses yeux semblaient
parler avec les miens, mais la conversation venait d'un profond et vif
sentiment d'amour envers cette beauté ravissante qui me
liquéfiait. La douceur de son regard, son air de bonté
incompréhensible faisaient comprendre et sentir qu'elle attirait
à elle et qu'elle voulait se donner ; c'était une expression
d'amour qui ne peut s'exprimer avec la langue de chair ni avec les lettres de
l'alphabet.
" Le vêtement de la Très Sainte Vierge était
blanc argenté et tout brillant. Il n'avait rien de matériel : il
était composé de lumière et de gloire, variant et
scintillant ; sur la terre il n'y a pas d'expression ni de comparaison à
donner.
" La Sainte Vierge était toute belle et toute formée
d'amour ; en la regardant je languissais de me fondre en elle. Dans ses atours
comme dans sa personne tout respirait la majesté, la splendeur, la
magnificence d'une Reine incomparable. Elle paraissait blanche,
immaculée, cristallisée, éblouissante, céleste,
fraîche, neuve, comme une Vierge ; il semblait que la parole AMOUR
s'échappait de ses lèvres argentées et toutes pures. Elle
me paraissait comme une bonne Mère, pleine de bonté,
d'amabilité, d'amour pour nous, de compassion, de miséricorde.
" La couronne de roses qu'elle avait mise sur sa tête
était si belle, si brillante qu'on ne peut pas s'en faire une
idée ; les roses de diverses couleurs n'étaient pas de la terre ;
c'était une réunion de fleurs qui entouraient la tête de la
Très Sainte Vierge en forme de couronne ; mais les roses se changeaient
et se remplaçaient, puis, du cœur de chaque rose il sortait une si
belle lumière qu'elle ravissait et rendait les roses d'une beauté
éclatante. De la couronne de roses s'élevaient comme des branches
d'or et une quantité d'autres petites fleurs mêlées avec
des brillants. Le tout formait un très beau diadème, qui brillait
tout seul plus que notre soleil de la terre.
" La Sainte Vierge avait une très jolie croix suspendue
à son cou. Cette croix paraissait être dorée, je dis
dorée pour ne pas dire une plaque d'or ; car j'ai vu quelques fois des
objets dorés avec diverses nuances d'or, ce qui faisait à mes
yeux un bien plus bel effet qu'une simple plaque d'or. Sur cette belle croix
toute brillante de lumière était un Christ, c'était Notre
Seigneur, les bras étendus sur la croix. Presque aux deux
extrémités de la croix, d'un côté il y avait un
marteau, de l'autre une tenaille. Le Christ était couleur de chair
naturelle, mais il brillait d'un grand éclat ; et la lumière qui
sortait de tout son corps paraissait comme des dards très brillants qui
me fendaient le cœur du désir de me fondre en lui. Quelquefois, le
Christ paraissait être mort ; il avait la tête penchée et le
corps était comme affaissé, comme pour tomber, s'il n'avait
été retenu par les clous qui le retenaient à la croix.
" J'en avais une vive compassion, et j'aurais voulu dire au monde
entier son amour inconnu et infiltrer dans les âmes des mortels l'amour
le plus senti et la reconnaissance la plus vive envers un Dieu qui n'avait
nullement besoin de nous pour être tout ce qu'il est, ce qu'il
était et ce qu'il sera toujours ; et pourtant, ô
amour incompréhensible à l'homme, il s'est fait homme et il a
voulu mourir, oui, mourir, pour mieux écrire dans nos âmes et dans
notre mémoire l'amour qu'il a pour nous ! Oh ! que je suis malheureuse de me trouver si pauvre en expressions
pour redire l'amour de notre bon Sauveur pour nous ; mais, d'un autre
côté, que nous sommes heureux de pouvoir sentir mieux ce que nous
ne pouvons exprimer !
" D'autres fois, le Christ semblait vivant ; il avait la
tête droite, les yeux ouverts, et paraissait être sur la croix par
sa propre volonté. Quelquefois aussi, il paraissait parler : il semblait
montrer qu'il était en croix pour nous, par amour pour nous, pour nous attirer
à son amour, qu'il a toujours un amour nouveau pour nous, que son amour
du commencement et de l'année 33 est toujours celui d'aujourd'hui et
qu'il sera toujours.
"La Sainte Vierge pleurait presque tout le temps qu'elle me parla.
Ses larmes coulaient une à une, lentement jusqu'à ses genoux,
puis, comme des étincelles de lumière, elles disparaissaient.
Elles étaient brillantes et pleines d'amour. J'aurais voulu la consoler
et qu'elle ne pleurât plus ; mais il me semblait qu'elle avait besoin de
montrer ses larmes pour mieux montrer son amour oublié des hommes.
J'aurais voulu me jeter dans ses bras et lui dire : " Ma bonne
Mère, ne pleurez pas ! Je veux vous aimer pour tous les hommes de la
terre." Mais il me semblait qu'elle me disait : " Il y en a tant qui
ne me connaissent pas !"
" J'étais entre la mort et la vie en voyant, d'un
côté, tant d'amour, tant de désir d'être
aimée, et d'un autre côté, tant de froideur et
d'indifférence... Oh ! ma Mère, Mère toute belle et tout
aimable, mon amour, cœur de mon cœur !
" Les larmes de notre tendre Mère, loin d'amoindrir son air
de Majesté, de Reine et de Maîtresse, semblaient au contraire
l'embellir, la rendre plus belle, plus puissante, plus remplie d'amour, plus
maternelle, plus ravissante, et j'aurais mangé [sic] ses larmes qui faisaient sauteur
mon cœur de compassion et d'amour. Voir pleurer une mère, et une
telle Mère ! sans prendre tous les moyens imaginables pour la consoler,
pour changer ses douleurs en joie, cela se comprend-il ? O Mère plus que
bonne, vous avez été formée de toutes les
prérogatives dont Dieu est capable ; vous avez comme épuisé
la puissance de Dieu ; vous être bonne et puis bonne de la
bonté de Dieu même. Dieu s'est agrandi en vous formant son
chef d'œuvre terrestre et céleste.
" La Très Sainte Vierge Marie avait un tablier jaune. Que
dis-je, jaune ? Elle avait un tablier plus brillant que plusieurs soleils
ensemble. Ce n'était pas une étoffe matérielle,
c'était un composé de gloire, et cette gloire était
scintillante et d'une beauté ravissante. Tout en la Sainte Vierge
me portait fortement et me faisait comme glisser à adorer et à
aimer mon Jésus dans tous les états de sa vie mortelle.
" La Très Sainte Vierge avait deux chaînes, l'une un
peu plus large que l'autre. A la plus étroite était suspendue la
croix dont j'ai fait mention plus haut. Ces chaînes (puisqu'il faut leur
donner le nom de chaînes) étaient comme des rayons de gloire d'un
grand éclat, variant et scintillant. Les souliers (puisque souliers il
faut dire) étaient blancs, mais d'un blanc argenté, brillant ; il
y avait des roses autour. Ces roses étaient d'une beauté
éblouissante, et du cœur de chaque rose sortait une flamme de
lumière très belle et très agréable à voir.
Sur les souliers il y avait une boucle en or, non en or de la terre, mais bien de l'or du
paradis.
" La vue de la Très Sainte Vierge était elle-même
un paradis accompli. Elle avait en elle tout ce qui
pouvait satisfaire, car la terre était oubliée.
" La Sainte Vierge était entourée de deux
lumières. La première lumière, plus près de la
Sainte Vierge, arrivait jusqu'à nous ; elle brillait d'un éclat
très beau et très scintillant.
" La seconde lumière s'étendait un peu plus autour
de la Belle Dame et nous nous trouvions dans celle-là ; elle
était immobile (c'est-à-dire qu'elle ne scintillait pas) mais
plus brillante que notre pauvre soleil de la terre. Toutes ces lumières
ne faisaient pas mal aux yeux et ne fatiguaient nullement la vue.
" Outre toutes ces lumières, toute cette splendeur, il
sortait encore des groupes ou faisceaux ou des rayons de lumière, du
corps de la Sainte Vierge, de ses habits et de partout.
" La voix de la Belle Dame était douce ; elle enchantait,
ravissait, faisait du bien au cœur ; elle rassasiait, aplanissait tous les
obstacles, elle calmait, adoucissait. Il me semblait que j'aurais toujours
voulu manger [sic] de sa belle voix, et mon cœur semblait danser ou vouloir aller
à sa rencontre pour se liquéfier en elle.
" Les yeux de la Très Sainte Vierge, notre Tendre
Mère, ne peuvent pas se décrire par une langue humaine. Pour en
parler, il faudrait un séraphin ; il faudrait plus, il faudrait le
langage de Dieu même, de ce Dieu qui a formé la Vierge
immaculée, chef-d'œuvre de toute sa puissance.
" Les yeux de l'auguste Marie paraissaient mille et mille fois
plus beaux que les brillants, les diamants, les pierres précieuses les
plus recherchées ; ils brillaient comme deux soleils ; ils
étaient doux, de la douceur même, clairs comme un miroir. Dans ses yeux on voyait
le paradis. Ils attiraient à Elle. Il
semblait qu'Elle voulait se donner et attirer.
" Plus je la regardais, plus je la voulais voir ; plus je la
voyais, plus je l'aimais, et je l'aimais de toutes mes forces.
" Les yeux de la belle Immaculée étaient comme la porte
de Dieu, d'où l'on voyait tout ce qui peut enivrer l'âme. Quand mes yeux se rencontraient avec ceux de la Mère de Dieu et
la mienne, j'éprouvais au-dedans de moi-même une heureuse
révolution d'amour et de protestation de l'aimer et de me fondre
d'amour.
" En nous regardant, nos yeux se parlaient à leur mode, et je
l'aimais tant que j'aurais voulu l'embrasser dans le milieu de ses yeux qui
attendrissaient mon âme et semblaient l'attirer et la faire fondre avec
la sienne. Ses yeux me plantèrent un doux tremblement dans tout mon
être ; et je craignais de faire le moindre mouvement qui pût lui
être désagréable tant soit peu.
" Cette seule vue des yeux de la plus pure des Vierges aurait
suffi pour être le Ciel d'un bienheureux ; aurait suffit pour faire
entrer une âme dans la plénitude des volontés du
Très-Haut parmi tous les événements qui arrivent dans le
cours de la vie mortelle ; aurait suffi pour faire faire à cette
âme de continuels actes de louange, de remerciement, de réparation
et d'expiation. Cette seule vue concentre l'âme en Dieu et la rend comme une
morte-vivante, ne regardant toutes les choses de la terre, même les
choses qui paraissent les plus sérieuses, que comme des amusements
d'enfants ; elle ne voudrait entendre parler que de Dieu et de ce qui touche
à Sa gloire.
" Le péché est le seul mal qu'Elle voit sur la
terre. Elle en mourrait de douleur si Dieu ne le soutenait. Amen."
Castellamare, le 21 novembre 1878.
Sœur Marie de la Croix, Victime de Jésus,
née Mélanie
Calvat, Bergère de La Salette.
Nihil obstat : imprimatur
Datum Lycii ex Curia Ep. Die 15 Nov. 1879
Vicarius Generalis
Carmelus Archus Cosma
Abbé Gouin, Sœur
Marie de la Croix, Bergère de La Salette, née Mélanie
CALVAT, Tertiaire de St Dominique, Victime de Jésus, ouvrage
cité plus haut, Deuxième Partie, Une mission
éprouvée, Après l'Apparition, pages 76-79 :
L'ENQUÊTE
" Le curé de La Salette, l'abbé Perrin, avait
affirmé la réalité miraculeuse de l'Apparition et dit que
c'était bien la Sainte Vierge qui s'était montrée aux
enfants. Il n'avait pas dit ce que les enfants devaient faire. La vie - la vie
ordinaire - continuait. Maximin était rentré à Corps chez
son père ; Mélanie acheva chez ses maîtres des Ablandins
son engagement de bergère, et revint, à la Toussaint, dans sa
famille. Ce fut l'évêque de Grenoble qui disposa du sort des deux
voyants. Il avait commencé de prescrire sur l'événement de
La Salette une enquête qui ne dura pas moins de cinq ans.
" Il était nécessaire, pendant ce temps, de tenir
les deux enfants à la disposition des enquêteurs, et de les
entourer d'une surveillance discrète et sûre qui permit de bien
connaître leur moralité. Il fallait aussi les instruire. Le
pensionnat que les Religieuses de la Providence de Corenc (près de
Grenoble) avaient installé à Corps même, offrait toutes les
garanties souhaitées. Par les soins de l'évêque, et
à ses frais personnels, Mélanie et Maximin y furent placés
dès le 2 décembre 1846.
" L'évêque de Grenoble était alors Mgr PHILIBERT
DE BRUILLARD. Depuis 1826 à la tête du diocèse, il avait
déjà quatre-vingts ans passés, mais sa verdeur physique et
son énergie morale étaient telles que son âge n'avait rien
entamé de son activité pastorale.
" Mgr DE BRUILLARD est une des plus belles figures du haut
clergé de France et une des plus solides exceptions parmi
l'épiscopat concordataire et fonctionnarisé de son temps. Sa haute allure aristocratique se tempérait de tant d'affable
générosité qu'il était cher aux pauvres. Sa science
théologique en faisait vraiment le docteur de ses prêtres ; et sa
connaissance des âmes s'appuyait sur une longue et délicate
expérience.
" Le bruit courait qu'il était un fils naturel de Louis XV
; il en portait la ressemblance. Son lieu, sa date de naissance, sa
première éducation à Dijon restaient imprécises.
Ordonné prêtre dans la chapelle de l'archevêché de
Paris en septembre 1789, ses fortes études au collège de Navarre
et un séminaire de Saint-Sulpice semblaient le promettre au professorat.
" En éclatant dès le mois suivant, la Révolution
ferma ces établissements et transforma la destinée du nouveau
prêtre. Il aurait pu prêter le serment constitutionnel, il aurait
pu émigrer. Il demeura à Paris, indépendant,
fidèle. Il y vécut caché sous des déguisements
divers, échappa à l'incarcération, et toujours
menacé, jamais pris, il devint l'un de ces héroïques
aumôniers des condamnés à mort qui, chacun à leur
tour, un jour par semaine, accompagnaient secrètement,
mêlés à la foule, les charrettes jusqu'à la
guillotine et y répondant par la prière sacerdotale et
l'absolution suprême [autrement
dit un homme digne de ce nom et un saint prêtre !]
" Le jour de " Monsieur Philibert " était le
mercredi. Il assista à la mort de Louis XVI, il donna, dit-on, sur le
parcours de la charrette, l'absolution à Marie-Antoinette. Il se
dépensait aussi, courant Paris et sa banlieue - accoutré souvent
en garde national (il avait été incorporé à la
garde nationale et cela le préservait) au service des malades et des
mourants sans assistance religieuse. Il dirigeait secrètement des
religieuses éparses et quand la fin de la Terreur leur permit de rouvrir
peu à peu, ici et là, de petites écoles, il s'en fit le
chapelain. C'est ainsi qu'il connut et dirigea SOPHIE BARAT et eut une grande
part à l'orientation de cette âme choisie et à la
fondation, par elle, de la Congrégation enseignante des Dames du
Sacré-Cœur.
" En 1803, il est chanoine de Notre-Dame de Paris ; en 1810, curé de
Saint-Nicolas de Chardonnet ; en 1821, curé de
Saint-Etienne du Mont, la paroisse de presque toute la jeunesse des grandes
écoles. C'est de là que le ministère des Cultes l'envoya
à Grenoble pour en administrer le vaste diocèse. Mgr DE BRUILLARD
depuis vingt ans, y avait manifesté autant de prudence que de
fermeté. Aisément accessible à tous, patient et doux, il
avait une haute conscience de son autorité, un sentiment profond de ses
responsabilités. Souvent réfugié dans l'oraison, menant
une vie mortifiée et pauvre, il disposait libéralement de sa
fortune personnelle pour le bien de ses diocésains. Quand il fut instruit du
fait de La Salette et de la situation des enfants, il se chargea de
l'éducation de ceux-ci et même fit une petite pension aux parents
de Mélanie.
" Il ne voulut porter de jugement sur l'Apparition qu'après
s'être entouré de toutes les précautions d'une impartiale
critique. Mgr DE BRUILLARD nomma d'abord, dès décembre 1846, deux
commissions, l'une de chanoine, l'autre de professeurs, chargés
d'examiner, séparément, toutes les pièces de l'instruction
et d'en tirer, sans se concerter nullement, chacune un rapport.
" Ces examens des interrogatoires des enfants, des circonstances
de l'Apparition durèrent sept mois. Puis une commission unique de seize
membres se réunit, durant huit séances sous la présidence
de l'Evêque. Là, l'opposition à la reconnaissance du miracle
commença à se faire sentir sourdement. Son principal tenant
était le curé de Saint-Joseph de Grenoble, l'abbé
Cartelier. Mgr DE BRUILLARD, loin de le contredire, se borna à le prier
de préciser ses arguments. Il lui écrit (le 8 janvier 1848) :
" J'attends de vous par écrit et promptement, si possible,
communication des choses que vous avez apprises sur les enfants, qui jettent un
nuage sur leur témoignage et vous le rendent suspect..." (Dossier
Chaper, n° 44).
" Ne trouvant pas de preuves de ses insinuations, il inventait le
procédé, reproduit après lui tant de fois, de jeter le
discrédit sur les voyants.
" Mélanie surtout, moins aimable que Maximin [et surtout plus directe], et plus
énigmatique, est alors en butte aux allusions vagues, mais pernicieuses,
qui s'infiltrent dans les conversations des uns et des autres, allaient
bientôt l'atteindre et tenter de déformer son témoignage et
de dénigrer sa personne.
" L'enquête néanmoins aboutit au Mandement doctrinal
par lequel Mgr DE BRUILLARD concluait à la réalité
miraculeuse de l'Apparition et autorisait les pèlerinages à La
Salette. Signé du 19 septembre 1851, il fut lu en chaire dans tout le
diocèse de Grenoble le 16 novembre suivant. Et, en mai 1852, en
dépit de son grand âge, MGR DE BRUILLARD monta à cheval sur
la sainte montagne et y posa la première pierre du sanctuaire
dédié à Notre-Dame de La Salette. Pour le desservir, il y
adjoignit un établissement de Missionnaires. L'approbation de Rome avait
été envoyée à l'évêque de Grenoble
dès le 7 octobre 1851 (Lettre du cardinal Lambruschini, Préfet de
la Sainte Congrégation des rites). Un rescrit pontifical du 4 août
1852 consacra la faveur de l'autel privilégié au nouveau
sanctuaire, qui sera plus tard (février 1879) érigé en
Basilique."
Pour servir à l'histoire
réelle de LA SALETTE, Documents III, Nouvelles Editions
Latines, 1966, pp. 185, 186 :
J.M.J. - Cusset, 22 janvier 1904.
Mon très Révérend et très cher Père,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
Pauvre cher Père, vous avez dû avoir bien froid, surtout
à cette heure tardive de la nuit.
Quant à la peur de Mgr l'évêque de Moulins,
je le plains de toute mon âme ; et cela d'autant plus qu'il n'a jamais
étudié, et encore moins approfondi la divine apparition. Or, tout, tout le discours
public, la Règle et le Secret, a été examiné
à Rome pendant quatre mois : et rien ne fut relevé contre la
doctrine de l'Eglise catholique. Et ce fut pendant que
j'étais à Rome, que je dis au cardinal Ferrieri que, pour mieux
obéir à la Très Sainte Vierge, j'avais l'intention de
publier le divin Message, afin que tous reviennent à Dieu, si nous
voulions éviter les châtiments annoncés. " Avez-vous
de bonne épaules ? me demanda son Eminence : les Français surtout
vont vous tomber dessus ! - Avec l'aide de Dieu, j'aime mieux craindre Dieu que
les hommes ".
Sans doute que Monseigneur n'a pas remarqué que le Secret dit
que plusieurs évêques perdront la foi (la foi qui sauve).
Venons à M. Bonnet [1], il serait un de ceux dont parle la sainte
Ecriture qui ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre,
et une intelligence pour ne pas comprendre. Je dirais à ceux-là
comme le bon Maximin : " Je suis chargée de vous le dire, non de
vous le faire croire ".
Maintenant je proteste fortement contre cette abominable invention,
pour ne pas dire gros mensonge : que j'aurais dit à La Salette
que le passage relatif au clergé n'était pas de moi. Mais
une pensée me vient : si cette personne m'avait dit que la Sainte Vierge
n'avait pas pu dire cela du clergé, miroir des vertus, il est possible
que j'ai pu répondre (sans explication) que cela n'était pas de moi.
Comme
de fait, rien du divin Message (public et secret) n'est de moi : je ne suis que
l'écho, mais très fidèle de Marie. Donc, c'est compris :
dans tout, tout le Message, il n'y a rien de moi : je ne suis que l'écho
de la voix très pure, très claire, très
pénétrante de notre douce Mère Marie, de celle qui
voudrait nous sauver non seulement du déluge de maux, mais du terrible
Jugement de condamnation.
Je vous prie, mon très cher Père, de vouloir bénir
votre respectueuse et reconnaissante infime servante inutile.
Marie de la Croix, née Calvat (Barnaud).
1) L'abbé Bonnet, le rédacteur des Annales de La
Salette et l'un des chapelains du Sanctuaire.
Pour servir à l'histoire
réelle de LA SALETTE, ouv. cité plus haut,
Documents II, Chap.II : Mélanie et l'abbé Roubaud, pp. 64, 65,
69, 70, 79-80, 83, 84-85 :
6
J.M.J. - Marseille, 3 janvier 1891.
Mon très Révérend Père,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Aux personnes
favorisées de visions sur des événements interrompus par
une distance de temps, il leur peut arriver de se tromper de date, parce
qu'elles voient se dérouler les événements sans
interruption. Dieu ayant tous les temps présents. Au don de la vision il
faut encore (quand Dieu le veut) le don d'expliquer la vision. Je puis bien me
tromper en disant ces choses, je ne dis que ce que je pense, ce que je crois
probable, mon ignorance est si grande !
[...]
7
J.M.J. - Marseille, le 30 janvier 1891.
Mon très Révérend Père,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Il est possible, et c'est
même certain, que les Juifs reprendront leur titre de peuple de Dieu, et
que peut-être nous serons rejetés...
[...]
10
J.M.J. - Saint-Barnabé, 2 janvier 1892.
Mon très Révérend Père,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
[...] Aujourd'hui le monde a changé de langage. Le progrès a
démontré que les idiots seulement ont encore une idée fixe
qu'il y a un Dieu, un Paradis, un enfer, et que nous avons une âme qui ne
meurt pas avec nous. O mon très
Révérend Père, c'est incroyable le mal qui se fait, et pas
un Pasteur des âmes qui se fasse entendre pour confondre les ennemis de
Dieu et de notre sainte religion.
[...]
L'Eglise subsistera
toujours, Notre-Seigneur l'a dit ; mais parmi les membres enseignants de
l'Eglise, que de traîtres, que d'apostats, que de vendus et que de
sectaires, qui ont le caractère ou le signe de la bête aux dix
cornes dont parle saint Jean dans sa vision à Patmos ! Mais cette
bête semblable à l'Agneau, qui sort de la terre, n'est-elle pas la
figure des Ecclésiastiques infidèles ? Je le crois fermement. Heureux tous ceux qui meurent en grâce avec Dieu, car ceux qui
vivent verront de tristes et effroyables choses. Nous ne sommes pas encore au
commencement de la fin...
[...]
18
Galatina, 27 mars 1894.
Mon très Révérend Père
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
On endort ou on amuse le
peuple tantôt d'une manière et tantôt d'une autre. Ceux qui
sont au pouvoir font leurs affaires. La France, autrefois catholique, s'est
choisie toutes les immondices de l'enfer pour les mettre à la tête
de la nation : Francs-Maçons, Carbonaros, Juifs, Protestants,
Socialistes, Anarchiste, etc., etc. De quoi se plaint-on maintenant ? On ne
recueille que ce qu'on a semé. Quand il fallait parler on a fait les
chiens muets ; quand il fallait se montrer on s'est caché ; quand il
fallait défendre sa foi on a reculé. Ceux choisis, élus par
la France, chassaient les religieux et permettaient les associations de
sectaires, et les sectes aujourd'hui donnent leurs fruits. Mais ce n'est rien
encore : si Dieu nous prête vie nous verrons bien d'autres explosions. On
n'a pas voulu comprendre qu'en dehors du service de Dieu il ne peut y avoir de
paix et de bonheur.
[...]
20
Galatina, 9 septembre 1894.
Mon Révérend Père,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Peut-être que je me
trompe, mais jusqu'à la chute de l'antéchrist dans la demeure du
feu éternel, je ne vois pas de grand monarque ni de grand Pape. Cela ne
veut pas dire que tous les Papes ne seront pas ce qu'ils doivent être
dans les mains de Dieu et les desseins de la Sagesse éternelle, mais
avant ce temps de grandissime épreuve pour le petit nombre des
élus, je ne vois pas de paix durable, stable et pure.
[...]
21
Galatina, 30 septembre 1894 (1).
[...]
J'en viens maintenant
à la question du Secret. Je ne puis que répéter la
même chose, mon très Révérend Père : Je n'ai
pas vu, je ne vois pas de grand Monarque avant une grandissime tribulation,
épouvantable, terrible et générale pour toute la
Chrétienté. Mais avant ce temps il y aura deux fois une paix de
peu de durée, deux papes vermoulus, plats, douteux.
Je ne connais pas la
prophétie de saint Malachie, mais quand même je dis moi ce
que je pense, prête à me soumettre si je ne dis pas juste, et
à me taire tout en gardant pour moi ma conviction, à moins que je
ne dise des hérésies, que d'avance je rejette pour me soumettre
à ce que croit et enseigne l'Eglise de Jésus-Christ. Je ne crois
donc pas que l'antéchrist mettra à mort le dernier des Papes, vu
qu'après la disparition de l'Antéchrist il y aura plus d'un Pape,
dont le dernier sera mis à mort par l'Antéchrist tel que l'entend
le Nouveau Testament quand il dit : « l'Antéchrist est
déjà venu » [I Jean, 4 : 3].
Le Secret ne dit pas
quand les guerres finissent, quand les pestes et les tremblements de terre
finissent. Donc, je crois que l'Eglise sera éclipsée pour peu de
jours : ce sera une grande épreuve pour les prédestinés et
un triomphe pour l'Antéchrist et pour ses apôtres, ses ministres.
Oui, certainement
qu'après une guerre il y aura une paix de vingt-cinq ans ; il y aura
alors un roi sur le trône de France ; que de choses se seront
passées !
[...]
Le jugement dernier
universel n'arrivera pas aussitôt après la chute de
l'Antéchrist dans l'enfer et cela est bien sûr. Il y aura alors
une paisible et vraie paix sur la terre : plus de secte, plus
d'hérésies, la charité fleurira, ce sera le règne
de Jésus-Christ et de Marie.
[...]
S. Marie de la Croix, née Calvat.
Vive Notre-Dame de La Salette !
Pour servir à l'histoire
réelle de LA SALETTE, ouv. cité plus haut,
Documents II, Chap. Ier : Mélanie et Mère Saint-Jean,
nommée le 27 novembre 1877 supérieure de la maison Saint-Joseph
où elle tenta de pratiquer, avec quelques religieuses, la Règle
de l'Ordre de la Mère de Dieu, II : Lettres de Mélanie à
Mère Saint-Jean, pp. 20-21, 23, 24, 28, 29, 30, 33, 35, 39, 42-43,
46-47, 48, 50, 51, 52 :
2
J.M.J. - Cannes, le 9 août 1885.
Ma Révérende Mère Supérieure.
Que Jésus soit aimé de tous les cœur !
Je ne sais comment vous témoigner ma vive gratitude pour votre
bon souvenir et vos précieuses fleurs de notre douce Mère de La
Salette. Je suis plus que touchée de vos bienfaits, mais je ne puis vous
exprimer que faiblement ce que je sens si bien.
Je suis extrêmement fâchée, ma
Révérende Mère, de ne pouvoir me rendre au désir
que vous auriez d'avoir entre les mains la sainte Règle donnée
par notre tendre Mère, Notre-Dame de La Salette. Cette Règle est
entre les mains du Supérieur des Apôtres des derniers temps et n'est jamais livrée à d'autres Communautés
parce que chaque Ordre a sa Règle particulière et son esprit. En outre, vous êtes soumis à Mgr Fava qui,
malheureusement, ne croit pas à l'Apparition de Notre-Dame de La Salette
et par conséquent ne croit pas à la Règle donnée
par la douce Vierge Marie, il ne vous permettrait pas de l'observer.
Pour l'ordinaire, la sainte Eglise n'approuve aucune Règle avant
qu'elle soit mise en pratique, mais le Saint Père connaît la
Règle. Depuis que j'ai fait imprimer le Secret, tout le monde sait que
la Très Sainte Vierge a donné une Règle pour un nouvel
Ordre, moins les personnes qui n'ont aucun intérêt à
connaître les miséricordieux avertissements de notre douce
Mère, en dépit des châtiments que nous subissons et qui ne
sont pas les derniers. [...]
Comme vous devez l'observer, ma Révérende Mère, un
malaise indéfinissable pour vous tous et toutes qui vous dites
être les missionnaires et les religieuses de Notre-Dame de La Salette,
RÈGNE dans vos maisons, et si parfois quelque domestique fait la
charité à quelque âme nécessiteuse, c'est en bien se
cachant tant il est défendu sur La Montagne de La Salette; de pratiquer
cette sublime vertu. Et ce commerce de magasin va-t-il bien pour des personnes
qui se disent consacrées à Dieu, avoir fait vœu de
pauvreté, et puis chasser tous les autres marchands qui ne veulent pas
comme les religieuses des boucles d'oreilles, des anneaux, ni des
tabatières, etc., etc. Convenez avec moi, ma
Révérende Mère, que votre Ordre n'est pas l'Ordre que veut
Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel doit marcher sur les traces des
Apôtres de la primitive Eglise de Dieu, par le bon exemple, par la sainteté
de la vie, par la pénitence, par la stricte pauvreté, etc., etc. Le Pèlerinage de Notre-Dame de La Salette tombe. Vous vous
agrandissez en terrains tandis que la dévotion diminue et que
bientôt vous vous verrez seules, les gens n'ont pas une grande
dévotion à la Statue de Mgr Fava ; ce n'est plus que la fontaine
qui attire quelques personnes. Oh ! comme je voudrais que les habitants de la
sainte Montagne soient des modèles de bonté, de charité,
d'humilité, de douceur, de prévenance, d'ordre, de
piété non feinte mais vraie et qu'il me serait doux alors de vous
appeler mes chères et bien-aimées Sœurs ; mes bonnes
Sœurs, combattons ensemble, prions, supplions pour nous et pour nos
frères en Jésus-Christ que Dieu ait pitié de nous et de la
Sainte Eglise et de loin comme de près soyons unis dans le Cœur de
notre amoureux Jésus. Espérons.
6
J.M.J - Le Cannet, le 14 septembre 1887.
Ma Très Révérende Mère Supérieure.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Dans quelques-unes des
images que votre charité vient de m'envoyer la Sainte Vierge a une robe
bleue ; c'est encore probablement la Vierge de Mgr Fava, je la méconnais
; on veut forcément, tant les modes plaisent aux mondains, mettre la
Sainte Vierge à la mode, c'est ce qui indique combien on est loin et
très loin de comprendre l'esprit de la sainte Apparition, qui est la
condamnation des modes indécentes et diaboliques de notre temps
[...] Un jour viendra où
Dieu balaiera tous ces négociants de La Salette pour les remplacer par
des Vierges Chrétiens qui ne s'occuperont que des intérêts
de notre Doux Sauveur et de sa Sainte Mère Marie.
Je me recommande à vos bonnes prières.
Agréez...
7
J.MJ. - Le Cannet, ce 7 janvier 1888.
Ma Très Révérende Mère Supérieure.
[...]
Rome a parlé, Rome
a ordonné... Et l'Evêque de Grenoble, Monseigneur Fava, a
REFUSÉ ouvertement d'accepter l'ordre qui lui a été
donné.
[...]
9
J.M.J. - Le Cannet, le 29 août 1889.
Ma Très Révérende et chère Mère
Supérieure.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Le bon et zélé Père Sibillat fut
renvoyé ; il prêchait trop la dévotion à Notre-Dame
de La Salette, il était trop désintéressé pour les
richesses de ce monde. Le bon et saint Père Giraud était de
même et il faisait trop de charités ; il fut relégué
loin de la Montagne. Ces deux saints sont au ciel
où ils jouissent d'un bonheur parfait, fruit de leur humilité, de
leur pauvreté et de la patience qu'ils ont eue en supportant avec
résignation toutes sortes de tribulations.
[...]
10
J.M.J - Le Cannet, 19 septembre 1889.
Ma Très Révérende Mère Supérieure.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Si le nombre de celles d'entre vous qui pense le bien réel et
véritable était assez grand, unies d'un commun accord, vous
pourriez tenter un petit conseil et demander à Mgr Fava, la
séparation d'avec celles qui certainement n'ont aucune vocation pour
l'œuvre véritable de notre divine Mère, et vous pourriez
dire à Monseigneur que vous voulez obéir à la Très
Sainte Vierge qui a donné une Règle à ses filles et
obéir au Souverain Pontife Léon XIII qui, par la bouche de
son remplaçant dans un Congrès particulier, prononça ces
paroles : " Nous ordonnons que la Règle que la Sainte Vierge a
donnée à Mélanie soit observée par les Pères
et par les religieuses qui sont sur la Montagne de La Salette." Monseigneur ne pourra pas nier avoir entendu cette ordonnance.
[...]
15
J.M.J - La Blancarde, boulevard Opkinson, 15 mars 1890.
Ma bien chère Sœur.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Lorsque vous aurez un Evêque pour vous, vous êtes
assuré de l'appui du saint Père Léon XIII ; je sais que Sa
Sainteté désire l'œuvre des Apôtres des derniers
temps. Les Cardinaux, eh !... il y en a de tout ; mais il
me sera facile quand vous en serez à devoir vous choisir un Cardinal
Protecteur, d'écrire à mon Directeur qui les connaît tous
à Rome, de savoir à quoi nous en tenir.
[...]
16
J.M. J - Marseille, 3 mai 1890.
Ma très chère Révérende Mère.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Il est inutile de
demander un Cardinal protecteur si vous n'avez pas votre Evêque pour vous
dans ce moment ; Rome ne va jamais contre les Evêques, ou contre un
Evêque. Voilà pourquoi je vous ai écrit autrefois qu'il
vous fallait un Evêque VOULANT l'Ordre des Apôtres des derniers
temps dans son diocèse, et alors vous vous seriez séparées...
[...]
17
J.M.J. - Marseille, le 6 juin 1890.
Ma très chère Sœur en N.-S.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Ce que Monseigneur aurait de mieux à faire pour obéir au
Saint Père, ce serait d'imposer la Règle de notre divine
Mère aux Pères et aux religieuses de La Salette, et à ceux
qui ne se sentiraient pas la vocation pour cet Ordre, de leur donner une Cure.
En agissant ainsi, tout irait pour le mieux pour l'esprit, et les choses
changeraient d'aspect, leur boutique serait remise à un laïque. On
laisserait les marchands faire leur commerce ; les Pères et les
religieuses ne s'occupant que du salut de leur âme, Dieu leur donnerait
abondamment tout ce qui leur est nécessaire pour leur subsistance...
[...]
20
J.M.J. - Marseille, le 23 juillet 1890.
Ma très chère Mère Saint-Jean.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Sa Grandeur Monseigneur l'Evêque de Langres a parfaitement raison
en exigeant le relèvement de nos vœux et en vous autorisant de
vous séparer de la Congrégation des Sœurs DITES DE LA
SALETTE. A part cela, Monseigneur Fava n'a rien à voir dans aucun
autre diocèse, il n'a l'autorité que dans son diocèse de
Grenoble.
En Italie et à Rome, les choses se passent ainsi. Je sais qu'en France, nos Seigneurs les Evêques ont
fait certaines lois à eux, mais laissons ça de
côté. En parlant à la manière humaine, je
crains que Mgr Fava ne vous permette pas de vous établir dans un autre
diocèse et je ne croirais pas prudent de lui demander SON
AUTORISATION pour cela. Il me semble que la Révérende
Mère Saint-Joseph n'aurait qu'à se faire relever de ses vœux
; les vôtres devant bientôt finir, il ne serait pas
nécessaire d'en parler. Et la Révérende Mère, en
faisant sa demande pure et simple, elle pourrait ajouter en demandant à
être relevée de ses vœux afin d'être ensuite libre
d'embrasser le genre de vie que Dieu demandera d'elle. [...]
22
J.M.J. - Marseille, le 1er septembre 1890.
Ma très chère Mère Saint-Jean.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Il ne faut pas qu'on abuse de votre bonne foi, et comme, je crois vous l'avoir dit que, en France, toutes
les autorités sont PAPES, mais pour cela il ne faudrait pas que nous les
regardions comme pape ; il n'y a qu'un Pape, chef de la Religion catholique. Il n'y a non plus pas de papesse, qui ait le pouvoir de vous relever de
vos vœux comme a voulu le faire cette Supérieure de La Salette.
[...]
25
J.M.J. - Marseille, le 13 novembre 1890.
Ma très Révérende Mère Saint-Joseph,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Il me semble que d'après ce que votre Révérence
m'en a dit, c'est-à-dire que vous avez appartenu, ou plutôt
fondé la congrégation de Notre-Dame de La Salette avec la seule
autorisation de Mgr l'Evêque de Grenoble, et que, quand vous avez
fondé cette communauté, vous croyiez entrer dans les vues de
Notre divine Mère Marie ; et que depuis environ dix ans, vous voyiez que
la communauté n'était plus aussi fervente, aussi
régulière, aussi soumis, aussi obéissante, ce fut alors
que vous sûtes que la très Sainte Vierge avait donné la
Règle pour l'ordre de Notre-Dame de La Salette et que vous
demandâtes à plusieurs reprises à Mgr l'Evêque
l'autorisation d'embrasser la Règle donnée par la Vierge
Immaculée, et aussi pour obéir à sa Sainteté
Léon XIII qui en a ordonné l'observance ; or, Mgr vous promettant
toujours sans en venir à l'exécution, vous lui fîtes une
demande officielle en lui faisant part de votre intention de fonder l'Ordre
voulu par la très Sainte Vierge etc., etc.
[...] Or vous saurez, ma très chère Mère, que
depuis 10 ou 12 ans, à Palerme, en Sicile, un Saint prêtre
autorisé par son Archevêque, a fait une fondation de l'Ordre de
Notre-Dame de La Salette, appelé : Il boccone del povero,
c'est-à-dire, en français : La bouchée du pauvre.
Les Frères et les Sœurs ont la Règle de Notre douce
Mère Marie.
[...]
28
J.M.J. - Saint-Barnabé, 31 octobre 1891.
Ma bien chère Mère Sain-Jean,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
En voyant la France, ou
plutôt l'Europe, entièrement dans les filets de toutes les sectes
de quelles couleurs qu'elles soient et que même les
Ecclésiastiques et hauts personnages en font partie (1), en voyant les
blasphèmes contre Dieu, la très Sainte Vierge et les saints, en
voyant la corruption générale contre la morale, la jeunesse
élevée dans la négation de tout principe religieux ; en
voyant les haines des Royaumes, des Etats les uns contre les autres, les
injustices, les vols, les fraudes, les suicides, l'indépendance et
l'obstination générale, et les maladies qui étaient
inconnues jusqu'ici, les saisons changées, le froid rigoureux et la
chaleur excessive, les inondations, les tremblements de terre, les
récoltes mauvaises, etc., etc. Tout cela étant des signes annoncés
par Dieu, dans l'ancien et le nouveau Testament. [...]
1) Le Vatican mis à
nu, Groupe " Les Millénaires ", Éditions
Robert Laffont, 2000, pages 254, 256, 257-258, 259, 260, 261, 262-263, 272,
273-274, 275, 276 :
18
La fumée de Satan au Vatican
« [...] L'organisme maçonnique se propose
d'étendre son pouvoir dans le champ politique, économique et
religieux, en vue de créer - de gré ou de force - un seul et
unique gouvernement mondial maître de la réalité existante.
[...]
La pieuvre maçonnique au
palais
« [...]
« La main invisible de la maçonnerie au Vatican, au
centre des puissances occultes entre la haute finance et la haute
administration, n'est pas une légende : elle se fait sentir partout,
dans les systèmes d'embauche et dans les méthodes de promotion,
dans les campagnes de diffamation ou de louanges de tel ou tel monseigneur,
suivant les besoins. Ainsi, ce centre qui, par mandat divin, devrait être
un phare est de longue date dévoré de l'intérieur par des
chancres qui le décomposent.
« [...]
« Beaucoup de revues et de magazines ont
évoqué ouvertement l'infiltration du Vatican par les
maçons (a). [...]
« En vérité, cette “ pleine participation
à la vie de l'Église ” d'un nombre important de catholiques
et de prélats maçons était déjà une
réalité de longues années. A peine arrivé
à l'archevêché de Milan, Mgr Montini choisit pour
conseiller financier le très catholique maçon Michele Sindona.
Par la suite, en tant que pape, il confia les finances catholiques de
l'Institut pour les œuvres de religion (b) à l'indiscutable
compétence crapuleuse et criminelle des catholiques maçons
Michele Sindona et Roberto Calvi, qui s'appuyaient sur deux autres
fidèles maçons de la loge P2, Licio Gelli et Umberto Ortolani.
« En 1987, le journaliste maçon Pier Carpi confirma
les propos du “ frère ” Fulberto Lauro selon lequel des
cardinaux et des évêques adhéraient aussi incognito
à la loge P2. Et de préciser : “ On l'appelle la “
loge ecclésiastique ” et elle est en contact direct avec le grand
maître de la loge unie d'Angleterre, le duc Michael de Kent. Cette loge
agit au Vatican depuis 1971. Plus de cent frères cardinaux,
évêques et monseigneurs de la curie y appartiennent. Ils parviennent à
maintenir le secret le plus absolu, mais pas au point d'échapper aux
enquêtes des hommes de la puissante organisation de l'“ Opus Dei
” (c).
« [...]
Faux apôtres et œuvres
frauduleuses
« “ Mais comment se fait-il qu'un franc-maçon
puisse s'infiltrer dans les méandres de l'administration du Vatican ?
Ou, plutôt, comment se fait-il qu'un ecclésiastique de la curie
puisse devenir franc-maçon ? ” Telle est la question que posa
à un prélat de la curie un jeune prêtre en exercice dans un
pays islamique, troublé par la propagande faite à la
télévision.
« [...]
« “ [...] Et, si ce n'est pas vrai, pourquoi les accusés,
ceux que l'on montre du doigt, ne traînent-ils pas en justice les
calomniateurs pour contester devant les tribunaux, nationaux et internationaux,
les accusations injustes dont ils sont l'objet ?... Pourquoi le Vatican, par
l'intermédiaire de son nonce apostolique, n'intervient-il pas
auprès du gouvernement pour démentir officiellement des
affirmations aussi scandaleuses ? ”
« [...]
« Le monseigneur haut placé lisait sur le visage de
son interlocuteur un profond trouble intérieur. Il savait que, dans son
pays, il était très impliqué dans le travail pastoral
auprès de la jeunesse ; il fallait lui répondre sans
faux-fuyants.
« [...] En revanche, que la maçonnerie ait des
adeptes jusque dans les rangs des ecclésiastiques et même parmi
les dignitaires de la curie romaine, c'est un fait difficilement contestable,
dont on peut voir les indéniables effets latents aussi bien que
tangibles.
« Tu as fais allusion à l'argent sale que des
maçons déclarés ont détourné de l'IOR avec
la connivence des très hauts dignitaires ecclésiastiques
chargés de cet organisme, qu'on a pu comparer qui happe cet argent sale
comme à travers une grille pour le faire ressortir blanchi dans Dieu
sait quelle autre partie de la terre. Ce n'est un mystère pour personne.
Tout cela, les téléspectateurs italiens ont pu l'apprécier
avec une clarté désarmante et une franchise déconcertante
en janvier 1994, lorsque la télévision a retransmis le
procès du scandale Enimont (d) ...
« La maçonnerie est donc certainement installée
au Vatican, même si son centre de décision se trouve ailleurs.
Albino Luciani, le souverain pontife, a dû s'en rendre compte, et
recevoir ainsi un premier coup au cœur, quand le journaliste Paolo Panerai
- le 31 août 1978, le lendemain de son élection - lui adressa
à brûle-pourpoint une lettre habile dans les pages de
l'hebdomadaire économique, Il Mondo : " Votre
Sainteté, est-il juste que le Vatican intervienne sur les marchés
comme un spéculateur ? Est-il juste que le Vatican ait une banque qui se
mêle de transferts illégaux de capitaux de l'Italie vers d'autres
pays ? Est-il juste que cette même banque aide les Italiens à
frauder le fisc ? " Ce saint homme de pape ne s'était-il pas encore
remis de cette interrogation choquante que, le 12 septembre suivant,
l'intrigant hebdomadaire Op, dirigé par Mino Pecorelli,
franc-maçon qui devait être plus tard assassiné, titra sur
“ La Grande Loge vaticane ” : l'article donnait, entre autres
choses, la liste de cent vingt et un noms de représentants du Vatican et
de hauts prélats affiliés à la
maçonnerie. »
Vrais et faux prélats
maçons
« Quand la presse informa l'opinion publique de l'existence de
la puissance loge maçonnique “ Propaganda
« [...]
« Au cas où un ecclésiastique non appelé
voudrait faire carrière avec l'appui de cette faction, les responsables
commencent par le mettre à l'épreuve, lui faisant accomplir une
tournée de doctes conférences au Lions Club ou au Rotary
de la région. En vérité, ces clubs sont des
pépinières où se recrutent ensuite les affiliés
à la maçonnerie.
« La revue jésuite La Civiltà cattolica
a montré sans l'ombre d'un doute que ces cercles, étant d'origine
maçonnique, entretiennent des liens étroits avec la secte. La
véracité de cette affirmation fit l'objet d'une vive
polémique jusqu'au jour où le grand maître Giordano
Gamberini, dans la revue maçonnique Hiram (f) datée du 1er
février 1981, reconnut officiellement que le Rotary aussi bien que le
Lions émanaient de l'organisation maçonnique et se fondaient en
elle :
« “ Melvin Jones, maître maçon de
Chicago, fut l'un des fondateurs du Lions. Il en devint
secrétaire général et trésorier à la fin de
1917. Pour le Lions, l'origine maçonnique est aussi évidente dans
les premières armes que se donna l'association. Le Rotary avait
eu des rapports presque identiques avec la maçonnerie.”
« L'année suivante précisément, en
1982, la direction du Rotary pour la Sicile et Malte fut confiée pour la
première fois à un jésuite, le père Federico Weber,
sans que ses supérieurs s'opposent à cette prestigieuse
nomination. Il est même beaucoup de cardinaux, largement
récompensés et encouragés par le frère cardinal
Baggio, aujourd'hui défunt, qui s'estiment fort honorés
d'être invités par les dignitaires du Rotary pour inaugurer un nouveau
siège ou ouvrir l'année, histoire d'honorer [et de cautionner
moralement] de leur présence de
savantes conférences et d'excellents menus.
« [...]
« C'est à la fin de 1913, soit quatre ans avant le
secret de Fatima, que Jésus révéla à Padre Pio que
tant de dignitaires de l'Église étaient de mèche avec la
maçonnerie, ce qui n'est plus un mystère
« [...]
« Jésus n'a pas promis à son Église
qu'elle détruirait tous Ses adversaires, mais qu'elle ne saurait
être détruite par aucun d'eux. »
a) Panorama, 10 août 1976 ; Introibo, juillet 1976
; Euroitalia, 17 et 25 août 1978 ; L'Osservatore Politico, 12
septembre 1978 ; Oggi, 17 juin 1981 ; Giorni, 11 novembre
b) IOR : Istituto per le Opere di religione, fondé le 27
juin 1942 au Vatican par Pie XII.
c) L'Espresso, 12 décembre 1987.
d) Les principaux témoins n'ont pas fait mystère des
francs-maçons qui se sont servis de la Banque vaticane pour leurs
trafics ignobles. [...] L'autre témoin clé, Carlo Calvi, fils du
banquier franc-maçon Roberto Calvi, retrouvé pendu sous le pont
des Frères noirs à Londres, a témoigné : “ Francesco Pazienza m'a
dit que Mgr Giovanni Cheli, représentant du Vatican à l'ONU,
avait des ambitions. Il était son ami intime et
convoitait la place de Marcinkus. A cette époque, il n'était pas
aux États-Unis... Cheli m'a répété ce que Marcinkus
m'avait déjà dit par téléphone ; je devais dire
à mon père [alors détenu] de garder le silence, de ne révéler aucun secret et de
continuer à croire à la Providence.” Le prélat Giovanni
Cheli a été élevé à la pourpre cardinalice
le 21 février 1998. Comme par hasard, on l'a dit, le
jour même du carnaval de Viareggio.
e) Ce document scandaleux était paru le 2 septembre 1978 dans la
revue Op du franc-maçon Mino Pecorelli.
f) Organe bimestriel du Grand-Orient d'Italie, fondé en 1870
(Editore Erasmo).
Pour servir à l'histoire
réelle de La Salette, ouv. cité plus haut,
Documents III, Lettre 170 de Mélanie de La Salette à
l'abbé Émile Combe, Cusset, le 17 mars 1904, p. 200 :
Mon très Révérend et très cher Père,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
« [...] Le grand nombre des évêques
francs-maçons reste coi : c'est aux fruits qu'on connaît l'arbre. Ils vont maintenant
se tenir sur leurs gardes, éviter des explosions de se produire. Cela
n'empêche pas que, devant Dieu, l'Église de France est
gangrenée par la tête et les bras (clergé).
[...] »
Id., Lettre 126, Diou, vers septembre 1902,
pages 149-150 :
« Il suffit que je puisse affirmer, comme je le fais ici, que
j'ai envoyé à Pio IX le secret, tout le secret que la Très
Sainte Vierge m'avait donné, ni plus ni moins (1).
« Les personnes qui ont osé dire que le secret que
j'ai envoyé au Pape était plus court que celui que j'ai
publié sont dans l'erreur et induisent leurs lecteurs dans la
même erreur. Je sais que ces personnes n'ont jamais vu, vu de leurs yeux,
le secret écrit et adressé cacheté à Pie IX.
« Seconde objection qui a été faite par le sel de
la terre humilié sans humilité... " Pourquoi faire
savoir aux fidèles le mal que la Sainte Vierge avait dit des
prêtres, des prélats et des communautés ? Quel bien
pouvait en résulter ? "
« En premier lieu, je ne puis passer cette accusation
soulignée, sans protester de tout mon pouvoir. Non, non, le Siège
de la Sagesse n'a jamais dit du mal des Ministres des Autels.
Miséricordieusement, Marie, tutélaire de la France, Reine du
clergé catholique, a indiqué les maladies dont était
infectée l'âme des pasteurs du peuple de Dieu. Ceux qui ont oublié la prière et la pénitence, et
rempli leur cœur des affections aux choses transitoires, leur foi s'est
attiédie.
« Dans le monde a-t-on jamais entendu le Père d'une
nombreuse famille se plaindre de ce que le Médecin a osé dire le
genre de maladie qui consume sa femme ?... Surtout après
que déjà ce même [père] avait avoué que la plupart des enfants de la famille
étaient contagionnés [sic] de la maladie de la mère qui, maladive et faible, ne donnait
pas à ses enfants les remèdes opportuns ?... Il est sûr
qu'avant la charitable visite du Médecin, et bien avant qu'il eût
appelé par son nom le chancre dont souffrait la mère, ils le
connaissaient amplement ; et c'est ce qui les autorisait à se
relâcher dans leurs devoirs (de Chrétiens).
« N'oublions pas ce à quoi nous aurions dû
prêter notre attention : Les bergers ont toujours dit que la belle Dame,
Marie notre douce Mère, a dit par deux fois : " Mes enfants, vous
le ferez passer à tout mon peuple." Elle l'a dit une
première fois, à la fin des avertissements et menaces à
l'orbe catholique. Puis, se mettant en marche en passant le petit ravin, elle
dit encore : " Vous le ferez passer à tout mon peuple." Ce fut
l'ordre de publier le secret. J'ai dû obéir.
« Au lieu de se révolter, on aurait dû rentrer
en soi, raviver sa foi, sa charité, et régler sagement sa
conduite sur les exemples de Jésus, notre divin Maître et
modèle. [...] "
1) « Elle
refusa, en effet, de me dire un seul mot des additions que la Sainte Vierge lui
avait données pour Pie IX [le Pape du Syllabus et de l'Encyclique
Quanta cura, ne l'oublions pas], la veille du jour où elle lui
écrivit son Secret, et des quelques particularités que la Sainte
Vierge ne fit pas connaître à Pie IX, le moment n'étant pas
venu. Malgré mes ordres (!) et ma colère (!!), elle garda le
silence, humblement. Mais cette fermeté modeste me fit comprendre, mieux
que tous les discours, que cela ne regardait personne !
« Quelques
jours après, à mon insistance, appuyée de raisons que je
croyais bonne, elle répondit modestement : " Ce que Mgr Zola a
écrit sur ce sujet suffit ". »
Id., Lettre 101, Saint-Pourçain, ce 26 décembre 1899, p. 124
:
« Mon très Révérend et très
cher Père, Jésus soit aimé de tous les cœur !
« J'espère avec la Divine grâce ne pas faire
fausse route ; et si l'on croit que je fais fausse route parce que je ne vais pas dans le
diocèse de Grenoble, d'où j'ai été chassée,
et où j'étais menacée d'excommunication si je
prétendais y retourner, on se trompe sans le savoir.
Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit à ses disciples : “ Si on ne vous
reçoit pas dans un endroit, allez dans un autre ” ? Notre-Dame de
la Salette est apparue sur une montagne, sur un terrain communal ; elle
a parlé en Reine de l'univers : Elle n'a pas nommé en particulier
les grenoblois ; elle a parlé à tout son peuple, pour tout son
peuple, et il y a du peuple de Marie dans tous les pays. Non, non, mon très
cher Père, je ne retournerai pas à Grenoble, surtout sans
garanties... [...] »
Mélanie de La Salette, Pour servir à l'histoire réelle de La Salette,
Documents II (suite), cf. ouvrage cité plus haut, pages 46-47, 48, 50,
51, 52 :
33
J.M.J. - Galatina, 28 décembre 1892.
Ma très Révérende Mère (St-Joseph),
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Si vous croyez réussir auprès de ce Vicaire
Général, il n'y a pas de mal de vous adresser à lui. Pour
moi, si je pensais d'avoir une approbation par l'intermédiaire du
diable, je n'hésiterais pas. Le diable est un esprit, oui, mais
après sa chute, il est devenu esprit de ténèbres, il ne
voit pas très loin et bien souvent il s'est mordu les doigts pour les
avoir agités et mis dans des affaires qu'il croyait siennes et qui ont
réussi à le faire cuire lui, et à glorifier la
Majesté divine.
[...]
34
J.M.J. - Galatina, 29 décembre 1892.
Ma très chère Mère (St-Jean),
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
[...] Les fondations sérieuses ne se font pas en paroles mais en
œuvres. Il faut une foi vive, une longue patience, une grande
fermeté et une vue bien claire de ce que Dieu demande de nous. [...]
36
J.M.J. - Galatina, 19 septembre 1895.
Ma très chère Mère (St-Jean),
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
Je viens de recevoir votre bonne lettre du 15 septembre renfermant une
très jolie image dont je vous suis très reconnaissante.
Je ne vous ai pas oubliée, ma chère Mère, ce matin
dans mes pauvres et faibles prières auprès de Marie, notre douce et
tendre Mère, tout en lui demandant pour notre pauvre France,
pardon, miséricorde, car ce n'est pas seulement Notre-Dame de La Salette
qu'elle dédaigne, mais notre sainte religion qu'elle voudrait
détruite partout. Pauvre France, dans quel aveuglement elle est
tombée !
[...]
38
Galatina, 2 janvier 1897.
Ma bien chère Mère
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
Merci de votre bonne lettre, de vos bons souhaits pour la nouvelle
année. Je n'ai pas oublié de vous faire les miens hier,
après la communion, auprès du Divin Enfant-Dieu, lui demandant
pour vous et pour vos compagnes ce que je demande aussi pour moi-même : la vraie et
sincère humilité, la persuasion que de nous-mêmes nous ne
sommes rien, nous ne pouvons rien faire sans la volonté Divine et sans
l'aide de sa grâce.
[...]
39
Diou, ce 31 décembre 1900.
Ma très chère Mère Saint-Jean,
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
[...]
Je vous suis bien reconnaissante, ma très chère
Mère, pour les vœux que vous avez daigné m'adresser. En vous
offrant les miens, je demande à Notre Divin Sauveur, pour vous toutes, ce que chaque jour je Lui
demande pour moi : la vraie humilité, la rectitude d'intention en toutes
mes actions et le feu du divin amour. En me recommandant
à vos bonnes prières, je vous prie, ma très chère
Mère, d'agréer le profond respect de votre infime servante
inutile ?
S. Marie de la Croix, née Calvat.
Vive Notre-Dame de La Salette !
Journal de l'abbé Combe, Dernières années de Sœur Marie de la Croix,
Bergère de La Salette, Editions Saint-Michel, 1967, pp.7, 8-9
:
Abbé Gilbert COMBE
Curé de DIOU (Allier)
LES DERNIÈRES ANNÉES
DE
SŒUR MARIE DE LA CROIX
1809 - 1904
QUE JÉSUS SOIT DANS TOUS LES
CŒURS !
Nous avons comme documents la plus grande partie de ses écrits :
1. Sa vie intime jusqu'à l'âge de 14 ans. C'est là
pour l'historien futur un document dont la perte eût été
irréparable ; c'est de notre chère sœur le plus
précieux héritage ;
2. Sa petite brochure sur l'Apparition, les deux éditions,
celles de Lecce et de Lyon ;
3. La RÈGLE que la Sainte Vierge lui donne pour les Apôtres des
derniers Temps, et un aperçu de leurs constitutions
et de leurs œuvres d'après la vision qu'elle en eut ;
4. Enfin 679 lettres les plus importantes de son immense correspondance, presque toutes intimes, qui, en l'absence de tout autre
document permettraient d'apprécier sa sainteté et ses dons, et de la suivre de 1877 jusqu'à sa mort.
[...]
J'ai eu la pensée de supprimer des faits de peu d'importance,
mais tout peut avoir de l'importance un jour pour l'historien. J'ai
été tenté de supprimer des faits intimes qui ne me font
pas honneur ; et je les raconterai comme les autres, pour que les Apôtres des
derniers Temps auxquels mes quatre volumes de
documents sont destinés, ne supposent pas que cette grande servante de
Dieu avait été envoyée à un prêtre de choix,
pour qui ils n'auraient pas besoin de prier.
Je demande à ces vénérables Apôtres de voir dans ces notes et souvenirs l'exposé sans phrases des
choses que j'ai vues ou entendues. Il n'est pas nécessaires que j'essaie
d'établir entre elles un lien quelconque : je suivrai l'ordre chronologique.
Il me semble pourtant que des unes et des autres comme des plus grandes, se
dégage la même conclusion :
1. Que les dons extraordinaires et les vertus héroïques de son
enfance ont brillé avec le même éclat dans sa vieillesse ; or, les deux extrémités de sa vie sont identiques, rien n'autorise à supposer
qu'elle a subi une éclipse à un moment quelconque ; tout porte
à admettre, jusqu'à la preuve du contraire, que cette belle vie a
été d'une unité parfaite ;
2. Que tout y est enseignement pratique, ce qui n'est pas moins
merveilleux que les merveilles dont elle est remplie.
Cette double conclusion, je la livre à son Historien futur, pour
lequel, sans le connaître, je demande et fais demander chaque jour par
mes amis les lumières du Saint-Esprit, afin que le moment venu il puisse présenter la
vérité dans la force de sa splendeur et de sa simplicité.
Ibid., p. 103 :
« Mardi 24
septembre 1901. - NE VARIETUR. - DOCUMENT HISTORIQUE.
Pendant que la T.S.
Vierge donnait sont Secret à la petite Bergère de La Salette le
19 septembre 1846, cette enfant voyait tous les événements qui
lui étaient annoncés, et cette VUE était infiniment plus
détaillée que les paroles du Secret. [...] »
Ibid., p. 198 :
« [...] Le 27 juin 1911, Mgr Penon succédant à Mgr Lobbedey, je poursuivis
rapidement mon travail et je le transcrivis à la machine pour lui en
faciliter la lecture. [...] M. Moitron m'accompagnait, pour appuyer au besoin
ma demande d'imprimatur, et pour rendre lui aussi témoignage aux grandes
vertus de cette calomniée [la
Bergère de La Salette], qu'il avait eu le bonheur d'avoir
dans sa paroisse pendant un an. Mgr Penon parut embarrassé. En homme
renseigné il y alla tout de suite de sa petite objection :
« - C'est que Mélanie, dit-il, est discutée
à Rome !
« - Alors, j'arrive à propos, Monseigneur, j'apporte
des documents.
« - C'est que... je ne sais pas si je pourrai vous donner
l'imprimatur avant d'avoir consulté Rome.
« - Qu'à cela ne tienne, Monseigneur, Pie X a lu cette Vie de
Mélanie à laquelle dans le cahier
que je vous remets j'ai ajouté des réflexions pratiques. Pie X l'a trouvée
si édifiante et si belle, que, peu après, il a accueilli Mgr
Cecchini (évêque d'Altamura) par cette exclamation : " Eh !
la nostra santa !" et qu'il l'a même
engagé à introduire la cause immédiatement.
« - (hésitant) Mais... le Pape n'est pas son
gouvernement !
« En sortant M. Moitron n'en revenait pas : " On voit
qu'il est évêque depuis peu, dit-il, un vieux n'aurait pas
lâché cette parole ".
« Je n'ai plus entendu parler de mon manuscrit ! »
Ibid., pages 193-195 :
A
P P E N D I C E
I
« Après la mort de cette grande servante de Dieu, Mgr
Cecchini (évêque d'Altamura), avec tous les amis de La Salette,
espérait que sonnait enfin l'heure de la soumission au Message de la
Reine du Ciel, et de la réparation des calomnies contre sa Missionnaire. Mais il est prédit que les ennemis du Message de La Salette ne
seront éclairés que par l'excès des châtiments.
D'autre part, Sœur Marie de la Croix ayant demandé à
être humiliée encore après sa mort, son humble
prière fut exaucée.
« Le bel article de Mgr Cecchini dans l'Osservatore
Romano n'eut pas de retentissement.
« La presse catholique ne le reproduisit qu'en partie, et, pour
le dénaturer, elle introduisit un FAUX au bon endroit. Depuis dix ans il a été impossible d'obtenir de cette
pauvre presse catholique, ligotée par l'épiscopat, la
rectification de ce faux [tout cela n'est pas
très joli...].
« La presse mondaine parla de cette mort et vu le silence de la
presse catholique, put former l'opinion, en quel sens hélas ! M. de Bonnefon, dont le talent s'est spécialisé dans les
articles religieux à l'usage du Boulevard, fit l'article qui eut le plus
de succès. Aucun de nos journaux religieux ne lui répondait [rien de nouveau sous le soleil !] ; aucune Semaine Religieuse ne prit la défense de la sainte
Bergère. Seule la FRANCE CATHOLIQUE, dont le tirage est très
petit, publia cette réfutation du publiciste qui avait eu plus de
500.000 lecteurs. (Voir lettre à M. de Bonnefon, Diou, le 9 janvier
1905.)
II
« M. l'abbé Verdunois, au diocèse de Dijon,
présente à Mgr Dadolle un livre sur La Salette, dans lequel il se
moque du prétendu Secret et met en question même la
vérité de l'Apparition. Il demande l'imprimatur.
Accordé !
« M. l'abbé Bertheau, du même diocèse,
voudrait écrire une réfutation de ce livre, l'imprimatur lui est
refusé a priori ! Il apporte de Rome une
édition du Secret, imprimée par l'éditeur du Vatican ; il demande
s'il peut la répandre. Défense d'en distribuer un seul
exemplaire.
« Même règle dans tous les diocèses. Depuis
14 ans l'imprimatur a été accordé sans difficulté
à tout ouvrage qui contredit ; impitoyablement refusé à
tout livre qui veut défendre le Secret ; il est permis de calomnier
Mélanie, de la traiter de folle, d'hallucinée, d'avare ; il est
défendu de prouver qu'elle a été fidèle à sa
mission.
« En 1906 on me dit : " Cet abus d'autorité
étant intolérable, adressez votre autographie au Maître du
Sacré Palais et faites-le imprimer à Rome ". J'obtins que le
R.P. Lepidi examinât lui-même mon ouvrage : LE SECRET DE
MÉLANIE ET LA CRISE ACTUELLE ", tout en faisant savoir que je ne
l'avais pas soumis au visa de Mgr DUBOURG, puisque j'étais certain d'avoir
un refus. - " Ecrivez à M. Combe, répondit-il, que je ferme
les yeux (sur l'absence du visa de son Ordinaire). J'ignorerai son ouvrage [quelle hypocrisie et quel courage !]. Je lui permets de le publier à Rome et de
rééditer la brochure de Mélanie, sa
propriété ". - J' n'avais pas dit au P. Lepidi que j'avais
acheté les clichés de la brochure de Mélanie
publiée par elle à Lyon. Mais il l'apprit par M. Bertheau.
Mgr Lobbedey, qui succéda à Mgr Dubourg, au moment
où le livre sortait de l'imprimerie, ne fut pas désarmé
pour si peu :
1° ) il me traita de rebelle, pour avoir publié ce livre
à Rome ;
2° ) de concert avec Mgr Dubourg, il le fit mettre à l'Index
[joli petit monde !] ;
3° ) il écrivit que je refusais de me soumettre : je
m'étais soumis, en retirant les exemplaires mis dans les librairies, et
en adressant la lettre suivante à toutes les personnes qui me priaient
de leur envoyer mon ouvrage (DIOU, 4 mai 1907). [...]
« Je m'étais donc soumis comme je le devais, mais
non comme on aurait voulu. “ Je sais tout ce qui s'est passé,
m'écrivit Mgr Grimaldi ; on n'a pas obtenu la moitié de ce qu'on
voulait.” On voulait faire condamner par Rome le Secret lui-même ! On aurait voulu me faire désavouer le contenu de mon ouvrage
! » [Et en l'an 2007, nous en sommes toujours au même point.]
III
« Les prêtres ou laïques [simples
fidèles] qui fondèrent des Revues périodiques pour
échapper à ces abus d'autorité ne réussirent pas
davantage. Les Revues furent frappées les unes après les autres, et
par surcroît des polémiques étant commencées, on
n'entendit que la voix des adversaires. Credo, dont on redoutait les
connaissances théologiques et le talent, fut mis en demeure
d'arrêter immédiatement sa publication " LETTRES D'UN
CATHOLIQUE ", sinon le délégué de
l'évêque aux Bulletins paroissiaux réduirait à la
famine son imprimeur.
« Ce Marius Credo, dont la science en théologie et
en droit canon faisait trembler l'évêché d'Amiens et qu'on
supposait être quelque prélat, docteur in utroque,
était l'imprimeur des Bulletins Paroissiaux ! M. Henri Douchet, simple fidèle,
imprimeur de ces quatre volumes de Documents, qui ne portent pas son nom, parce
qu'il serait poursuivi pour n'en avoir fait le dépôt légal,
que je lui avais défendu de faire, ces quatre volumes étant
absolument confidentiels, destinés aux seuls Apôtres des Derniers
Temps.
« Pour compléter ces victoires à la Teuton,
certains Conducteurs du peuple de Dieu répondirent parmi les
fidèles que le Secret de La Salette était à l'Index.
Pendant les grands pèlerinages de Lourdes, les Catholiques du monde
entier purent lire sur les murs et à la porte de la basilique l'affiche
de l'évêque de Tarbes, et en porter la nouvelle dans leur pays :
" Le Secret de Mélanie, Bergère de La Salette, à
l'Index par décret du 12 avril 1907."
« Dans cette guerre contre le divin Message LE BULLETIN DU
DIOCÈSE DE REIMS s'est acquis un titre de gloire exceptionnel par
l'insertion, le 7 octobre 1911 et le 25 mai 1912, de deux AVIS qui,
désormais rendront célèbre ce Bulletin diocésain :
son directeur, M. le chanoine Frezet y proclame carrément que le Secret
confié par Mélanie à Pie IX n'est jamais sorti du Vatican
; que les tissus de grossièretés et de sottises, publié
sous le titre de SECRET DE LA SALETTE ou de SECRET DE MÉLANIE est
à l'Index et constitue un outrage au bon sens, dont l'Eglise est la
gardienne non moins que de la foi révélée.
« Un laïc [un simple fidèle du Christ], M. de la Vauzelle n'y tint plus. Il entreprit une campagne
: écrivit lettres sur lettres à son Eminence le cardinal
Luçon, archevêque de Reims, exigeant, comme catholique, une
réponse à ses questions précises ! Cette campagne eut pour résultat le 16 décembre 1912 une
lettre du R.P. Lepidi, Maître du Sacré Palais, déclarant
officiellement au cardinal Luçon que le SECRET DE LA SALETTE N'AVAIT
JAMAIS ÉTÉ CONDAMNÉ PAR l'INDEX NI PAR LE SAINT OFFICE.
« Cette réponse ne pouvait terminer cette guerre
diabolique et éclairer les fidèles qu'à condition
d'être largement publiée. Le cardinal fut bien
forcé de transmettre au Marquis [de la
Vauzelle] cette lettre, mais il n'obligeait
pas l'abbé Frezet à la publier, et il ne publia pas
lui-même.
« Les AVIS du BULLETIN DE REIMS avaient été
reproduits par la Semaine Religieuse d'Amiens et par beaucoup d'autres, qui refusèrent également de se
rétracter, en publiant au moins la réponse officielle de
Rome. Il semble que la prévarication au sujet du divin Message ne puisse
être poussée plus loin ; et que l'archevêque de Reims est le
plus coupable, puisque la réponse fut adressée
là. »
Saint Louis-Marie
Grignion de Montfort (1673-1716), Œuvres complètes, éd. du Seuil, Paris,1966, Traité de la vraie dévotion
à la Sainte Vierge ou Préparation au règne de Jésus-Christ,
numéros 47, 56, 57, 58 et 59 :
« [47] J'ai dit que cela arriverait particulièrement
à la fin du monde, et bientôt, parce
que le Très-Haut avec sa sainte Mère doivent se former de grands
saints qui surpassent autant en sainteté la plupart des autres saints,
que les cèdres du Liban surpassent les petits arbrisseaux, comme il a été
révélé à une sainte âme, dont la vie a
été écrite par Mr de Renty (1).
« [56] Mais qui seront ces serviteurs, esclaves et enfants
de Marie ?
« Ce seront un feu brûlant, ministres du Seigneur qui
mettront le feu de l'amour divin partout.
« Ce seront sicut sagittæ in manu potentis
(2), des flèches aiguës dans la main de la puissante Marie pour
percer ses ennemis.
« Ce seront des enfants de Lévi, bien
purifiés par le feu de grandes tribulations et bien collés
à Dieu (3), qui porteront l'or de l'amour dans le cœur, l'encens de
l'oraison dans l'esprit et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui
seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ (4) aux pauvres et aux
petits, tandis qu'ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et
orgueilleux mondains.
« [...] Ce seront des nues tonnantes et volantes (5) par
les airs au moindre souffle du Saint-Esprit, qui, sans s'attacher à
rien, ni s'étonner de rien, ni se mettre en peine de rien, répandront la
pluie de la parole de Dieu et de la loi éternelle ; ils tonneront contre
le péché, ils gronderont contre le monde, ils frapperont le
diable et ses suppôts, et ils perceront d'outre en
outre, pour la vie ou pour la mort, avec leur glaive à deux tranchants
de la parole de Dieu (6), tous ceux auxquels ils seront envoyés de la
part du Très-Haut.
« [58] Ce seront des apôtres
véritables des derniers temps, à qui le
Seigneur des vertus donnera la parole et la force pour opérer des
merveilles et remporter des dépouilles glorieuses sur ses ennemis ; ils
dormiront sans or ni argent et, qui plus est, sans
soin, au milieu des autres prêtres, et ecclésiastiques et clercs, inter medios cleros (7), au milieu des plus grands
périls ; et cependant auront des ailes argentées de la colombe, pour aller avec la pure intention de la gloire de Dieu et du
salut des âmes, où le Saint-Esprit les appellera, et ils ne laisseront après eux, dans les lieux où ils
auront prêché, que l'or de la charité qui est
l'accomplissement de toute la loi (8).
« [...]
« [59] [...]
« Voilà de grands hommes qui viendront, mais que
Marie fera par ordre du Très Haut, pour étendre son empire sur
celui des impies, idolâtres et mahométans. Mais quand et comment cela sera-t-il ? ... Dieu seul le sait : c'est
à nous de nous taire, de prier, soupirer et attendre : Exspectans
exspectavi (9). »
1) Il s'agit de MARIE DES VALLÉES (1590-1656), mystique
dirigée par saint Jean Eudes. Un manuscrit " copié sur un
exemplaire écrit de la propre main de M. de Renty " appartenait au
séminaire de Saint-Sulpice (aujourd'hui à la bibliothèque
Mazarine, ms. Renty, n° 3177) ; Montfort fait allusion à la p. 185
de ce manuscrit. Signalons que le Christ a fait part à Marie des
Vallées d'une promesse qu'Il réserve à l'Eglise de ces temps
: " Sachez que je jeux lui donner trois choses singulières : a)
C'est une bague enrichie d'une pierre précieuse qui sera d'aimant
attirant le fer ; b) Ce sera mon cœur ; c) La
connaissance des Écritures et d'un sens qu'elle n'a point encore connu
" (Emile Dermenghem, La vie admirable et les révélations
de Marie des Vallées (d'après des textes inédits),
1926, chez Plon - Nourrit et Cie, Paris - 8, rue Garancière
(VIe), page 218 (ms. Renty, l. II, ch. LIX, p. 182). Et signalons
également que Fernand Crombette mit la troisième promesse en
exergue de son livre La Révélation de la
Révélation, pensant que sa méthode en était la
réalisation prophétique.
2) Psaumes 126, 4;
3) Malachie 3, 3 ; I Corinthiens 6, 17 ;
4) Cf. 2 Corinthiens 2, 15-16 ;
5) Cf. Isaïe 60, 8 ;
6) Cf. Hébreux 4, 12 ; Ephésiens 6, 17 :
7) Psaumes 67, 14 ;
8) Cf. Romains 13, 10 ;
9) Psaumes 39, 2.
- - - - - - - - - - - -

Maximin et Mélanie de La Salette


Sœur Marie de la Croix L'abbé GilbertCombe
- - - - - - - - - - - -
Le Secret de LA SALETTE
Secret délivré par la
Sainte Vierge sur la Montagne de La Salette
le 19 septembre 1846
(Page extraite de la page d’accueil
de notre site)
"Avancez, mes enfants, n'ayez pas peur ; je
suis ici pour vous annoncer une grande nouvelle."
« Mélanie, ce que
je vais vous dire maintenant, ne sera pas toujours secret ; vous pourrez
le publier en 1858. »
…
« Enfin, j’appelle
les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de
Jésus-Christ qui ont vécu […] dans la souffrance et inconnus du monde. Il
est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la terre. […]
Combattez, enfants de lumière, vous, petit nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin
des fins (a).
L’Église
sera éclipsée, le monde sera dans la
consternation. […] Allez, et montrez-vous comme mes enfants
chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire
dans ces jours de malheurs. »
a) Selon une
prophétie de Sœur Marie de la Croix, l’Ordre des
Apôtres des Derniers Temps ne commencera son action qu’après
les grands Événements de la Fin, le Grand Jour de la
colère de l’Agneau (cf. Ap., VI, 17).
Marquis de la Vauzelle, 26 septembre 1916, LE SECRET DE LA SALETTE devant l’Épiscopat français,
Éditions Delacroix, BP. 18, 35430 Chateauneuf, 2002, pages
281-282 :
« Si
le Secret de La Salette n’est pas de source céleste, il est
diabolique. Pourquoi nos Évêques ne l’ont-ils pas
condamné officiellement dans leur diocèse ? Pourquoi
n’ont-ils pu obtenir des quatre derniers Papes qu’il soit
prohibé ? Pourquoi ces Papes le laissent-ils circuler librement depuis
43 ans ?
Qu’en résulte-t-il sinon que ces quatre Papes ont reconnu la
provenance divine de ce Secret et ont approuvé sa
diffusion ? »
ID., ibid.,
page 211,
Appendice III – Le Secret de La Salette n’a jamais été
condamné :
« Albert Lepidi, O. P.,
Maître du Sacré Palais, membre du Saint-Office et de l’Index
[dans une
lettre adressée au cardinal Luçon, archevêque de Reims et
communiquée au marquis de la Vauzelle] :
“
[…] 1° Le Secret de la Salette n’a jamais été
condamné
d’une manière directe et
formelle par les Sacrées
Congrégations de Rome. 2° Deux livres de M.
Gilbert-Joseph-Émile Combe ont été condamnés par
l’Index, l’un en 1901 … L’autre livre en
1907… Ces condamnations regardent
directement et formellement les deux livres écrits par M. Combe et nullement le Secret.
Je vous prie V. E.
d’agréer…, etc.
Albert Lepidi, O. P.,
Vatican, 16 décembre 1912.” »
(Signalons que cette
lettre pourtant digne d’être citée a été mise
sous le boisseau par l’abbé Francesco Ricossa de
l’association « Mater Boni Consilii »
éditant le périodique « Sodalitium ».)
ID., ibid.,
page 144 :
«
O ennemis du Secret de La Salette quel jugement sera le vôtre au tribunal
de Dieu ! Car Mélanie a dit : “ Tout ce que
l’on fera contre le Secret retombera lourdement sur ceux qui
l’auront attaqué ”. Quelle auréole d’ignominie entourera
vos noms en vous clouant pour toujours au pilori de
l’histoire ! »
ID., ibid.,
page 92 (un
rappel théologique) :
«
Aucun Pape ne peut faire entrer dans le dépôt de la foi
révélée une révélation privée ;
il ne peut qu’en reconnaître la provenance divine et inciter les
fidèles à y croire. Il suit de là que ceux qui rejettent
comme apocryphe le Secret de La Salette ne sont pas des
hérétiques puisque ce secret n’est pas un dogme de foi,
mais ils sont des révoltés (a) en vertu du Mandement de 1851 [Pie IX :
“ Nous jugeons que
l’apparition de la Sainte-Vierge … porte en elle-même tous
les caractères de la vérité et que les fidèles sont
fondés à la croire indubitable et certaine. … Nous
autorisons le culte de Notre-Dame de La Salette, Nous permettons de le
prêcher et de tirer les conséquences pratiques et morales qui ressortent de ce grand
événement. ”]. »
a) Des
révoltés contre les ordres de la Mère de Dieu dans son
Secret.
Notons bien
que le pape Pie IX n’a prescrit la promulgation de son Mandement
qu’après avoir eu en mains les secrets des bergers et qu’il
ne pouvait pas par conséquent les avoir exclus de son jugement. L’apparition en tant que telle ne dit rien et donc ne
prouve rien.
Le Mandement
du pape Pie IX nous suffit pour nous convaincre de l’authenticité
du Secret de La Salette. C’est ainsi que l’on ne fait plus
qu’un avec le vicaire suprême du Christ, la tête de toute
l’Église. Soyons logiques et francs. On est catholique ou on ne
l’est pas. Tout ce qui suit cette « grande
nouvelle » doit se trouver en accord ou être rejeté,
car, en cette vie, nous marchons par la foi.
L’Osservatore
Romano du 25
décembre 1904 (sous le pontificat du pape saint Pie X) :
« Mélanie
révéla son Secret quand le temps marqué fut connu, bien
qu’elle sût qu’un pareil acte lui attirerait la colère
de ceux qui, perdus de mœurs, étaient enchaînés au
char maçonnique. »
LETTRE DE MÉLANIE À MONSIEUR DE LA RIVE, 16
OCTOBRE 1904.
Très
vénéré Monsieur de la Rive,
Je
vous suis très reconnaissante de ce que, en ce temps de morte foi, vous
avez osé publier « Le Secret de la France
chrétienne », tel que
je l’avais publié en 1879, avec l’Imprimatur de
Monseigneur ZOLA, Evêque de Leccè (Italie) et que je l’ai fait réimprimer cette année à
Lyon, avant de quitter la France. Je proteste hautement contre un texte différent qu’on
oserait publier après ma mort.
Je
proteste encore
1°
Contre les très faux dires de tous ceux qui ont osé dire et
écrire que j’ai brodé le Secret ;
2°
Contre ceux qui affirment que la Reine de la Sagesse n’a pas dit de faire
passer le Secret à tout son peuple.
Ce 18 Octobre 1904,
Mélanie
Calvat,
Bergère de La Salette.
Pour servir à l’histoire de La Salette, Documents II
Lettres de Mélanie à
Mère Saint-Jean
Nouvelles Éditions Latines
(1964)
J.M.J - Le Cannet, 19 septembre 1889.
Ma Très Révérende Mère Supérieure.
Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !
« […]
Si le nombre de celles d'entre vous qui pense le bien réel et
véritable était assez grand, unies d'un commun accord, vous
pourriez tenter un petit conseil et demander à Mgr Fava, la
séparation d'avec celles qui certainement n'ont aucune vocation pour
l'œuvre véritable de notre divine Mère, et vous pourriez
dire à Monseigneur que vous voulez obéir à la Très
Sainte Vierge qui a donné une Règle à ses filles et
obéir au Souverain Pontife Léon XIII qui, par la bouche de
son remplaçant dans un Congrès particulier, prononça ces
paroles : " Nous ordonnons que la Règle que la Sainte Vierge a
donnée à Mélanie soit observée par les Pères
et par les religieuses qui sont sur la Montagne de La Salette." Monseigneur ne pourra pas nier avoir entendu cette ordonnance.
[…] » [Notons bien que cette Règle avait été
donnée à Mélanie par la Sainte Vierge à la suite du
Secret auquel elle est inhérente, ce qui revient à dire que le
Secret en a la même valeur.]
Une note discordante
qui revient à traiter Mélanie de La Salette ou Sœur Marie de
la Croix de menteuse (ce qui est une infamie, parce que l’apparition de
la Très Sainte Vierge et ses messages reposent sur le seul
témoignage de Mélanie, et que si celle-ci a menti sur le Secret,
nous ne pouvons plus lui accorder le moindre crédit, - sans parler du
témoignage et du soutien de Maximin) :
SODALITIUM N° 48, éd. française - Avril
« I.
Le Secret de la Salette
À
propos de La Salette et avant toute chose, il faut faire une distinction entre
l'Apparition proprement dite, le Secret, et les
interprétations du Secret. Ensuite, pour porter un jugement prudent, le catholique devra s'en
tenir à ce que pense l'Église : " ayant
déposé tout jugement propre, nous devons avoir l'âme
prête et prompte à obéir en tout à la
véritable épouse du Christ Notre-Seigneur qu'est la sainte
Église notre Mère " (Saint Ignace, Exercices
spirituels, Règles pour sentir avec l'Église,
première règle, n° 353). ... De tout ce qui
précède on peut tirer la conclusion suivante : le texte du Secret n'a pas été
approuvé par l'Église
comme l'a été l'apparition de 1846 ; qui plus est, le Saint Office en a interdit la diffusion sous peine de
lourdes sanctions (1915), il en a interdit la possession et la lecture (1922)
et il en a condamné le contenu (1957). Certes, les
décrets de la Sacré Congrégation ne sont pas
irréformables ; cependant, ceux qui ne
tiennent aucun compte des condamnations émanant de la Sacré
Congrégation de l'Index ou d'autres congrégations romaines se
rendent coupables de faute (cf. proposition 8 des modernistes condamnée par le décret Lamentabili, DS
3408). » [Si nous sommes
vraiment coupables de cette faute, ne faudrait-il pas par conséquent la
déclarer à un prêtre, en confession, pour en recevoir le
pardon de Dieu ? - Notons bien que, dans cet article, l’abbé Ricossa rejette de surcroît la
dimension eschatologique ou la perspective des derniers temps de
l’Apocalypse et contredit manifestement la 3e partie du
livre V de l’ouvrage intitulé « Contre les hérésies » de saint
Irénée de Lyon, le « marteau des
hérésies », et ce également à
l’encontre des révélations de sainte Hildegarde avec son
« Scivias Domini »
et de bien d’autres saints et saintes ou âmes
privilégiées qui sont connus du monde chrétien. Faudrait-il condamner
également saint Irénée, le grand
évêque de Lyon, qui mourut martyr sous la persécution de
l’empereur Sévère et que l’on considère comme
le « fondateur de la théologie catholique » ?
Outre cela, nous ne voyons pas pourquoi l’abbé Ricossa nous
demande faire une distinction entre l’Apparition, qui par elle-même
demeure une vision corporelle où le diable a plus de pouvoir (a), et les
interprétations du Secret, puisqu’il prétend que son
contenu, c’est-à-dire, au fond, le Secret, a été
condamné par le Saint Office, ce qu’infirme le R. P. Lepidi,
cité plus haut, et lui-même membre de cette instance
suprême. Tout cela n’est pas très sérieux.
D’autre part, il n’y a vraiment rien de louable ni
d’honorable à culpabiliser et finalement à
condamner ses frères dans la foi (et notamment Mgr Marcel Lefebvre et
même Mgr Guérard des Lauriers qui ne cachait pas son admiration pour la Règle de l’Ordre des Apôtres des
derniers temps, laquelle est inhérente au Secret et par
conséquent aussi crédible que celui-ci). Puisse cet abbé revenir sur ses positions et se convertir pleinement à la foi
apostolique en se conformant à la Tradition de
l’Église ! Cela dit, nous honorons et mettons en
crédit la dignité de son sacerdoce et reconnaissons la
validité de ses messes selon le rite intégral de saint Pie V, et
ce « non “una cum” » Benoît XVI,
c’est-à-dire en désunion avec le prétendu pape
Benoît XVI. Jésus n’a pas préservé de la
défaillance doctrinale les prêtres ni même les
évêques ni à plus forte raison les simples fidèles
que nous sommes. Seul le Pape jouit de cette prérogative en vertu des
paroles substantielles du Verbe incarné qui opèrent toujours ce
qu’elles disent (b). Nous devons par conséquent contrôler la
rigueur doctrinale de nos écrits en nous référant
constamment aux Saintes Écritures, à la Tradition et aux
documents des Pontifes romains en ne retenant que ce qui peut être
concilié avec l’ensemble des textes que nous citons.]
a) Saint Jean de la
Croix, Docteur de l’Église, La
Montée du Mont Carmel, Livre II, Chapitre XI, § 3
(« Y así, siempe se han
de tener las tales cosas por más cierto ser del demonio que de Dios, el
cual en lo más exterior y corporal tiene más mano, y más
facilmente puede engañar en esto que en lo que es más interior y
espiritual »).
b) Cf. S. Luc, XXII, 32
; saint Jean de la Croix, La
Montée du Mont Carmel, Livre II, Chapitre XXXI (cité plus
haut).
Il existe
actuellement en France, au Clos Nazareth, à Crezan (58220 Donzy), une
petite communauté de religieuses qui s’efforcent, avec
l’aide du Christ et de sa très sainte Mère, de pratiquer la
Règle de l’Ordre de la Mère de Dieu donnée, le 19
septembre 1846, à Mélanie Calvat, en religion Sœur Marie de
la Croix, sur la Montagne de La Salette par la Sainte Vierge. Prions pour
ces religieuses afin qu’elles réalisent parfaitement leur
vocation pour la plus grande gloire de la sainte Trinité et le
salut des âmes !
N’oublions
pas que le Secret de La Salette a provoqué et provoque toujours la
colère des francs-maçons et des modernistes et que nous pouvons
ainsi savoir de quel côté nous nous trouvons.
Abbé Ricossa, Sodalitium n° 48, périodique
cité plus haut, p. 49, 2e colonne, La “ trame ” de
l’Apocalypse :
« De quoi
parle donc l’Ap. [l’Apocalypse], si elle ne parle pas des derniers temps ? Elle est, nous
l’avons vu, une explication de toute la révélation sur
Jésus-Christ, depuis la création jusqu’à la
fondation de l’Église. »
(Cf. Enc. Pascendi du pape saint Pie X sur les erreurs modernistes, §
50 ; et S. Matthieu, XXIV, 15 ;
Daniel, IX, 27 ; IIe Épître aux Thessaloniciens,
II, 9-12.)
Encyclique Pascendi de Saint Pie X contre les modernistes, § 50 :
« 50.
Quoi encore ? En ce qui regarde
Jésus-Christ, ils reconnaissent, bien plus ils affirment qu'il a
erré manifestement dans la détermination du temps où
l'avènement du royaume de Dieu devait se réaliser. Aussi bien, quoi d'étonnant, s'il était lui-même
tributaire des lois de la vie ! - Après cela, que ne diront-ils pas
des dogmes de l'Église ! […] »
ID.,
Encyclique E supremi Apostolatus du 4 octobre 1903 :
« Qui pèse ces choses a droit de
craindre qu’une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et comme leur prise de contact avec la terre, et que
véritablement le fils de perdition dont parle
l’Apôtre (1) n’ait déjà fait son
avènement parmi nous. »
1) 2 Thess. 2 : 4.
Ste Brigitte de Suède, Révélations,
chap. LXVII :
« Le
Fils de Dieu dit à sainte Brigitte : Ce monde est comme un navire qui,
étant plein de sollicitude, est assailli par les orages de la mer, et
qui ne laisse jamais l’homme en paix qu’il ne soit arrivé au
port de repos ; car comme le navire à trois parties, la proue, le milieu
et la poupe, je vous décris aussi trois âges au monde : le premier
depuis Adam jusques à mon incarnation. Cet âge est signifié
par la proue, qui est haute, admirable et forte : haute en la piété
des patriarches ; admirable en la science des prophètes ; forte en
l’observance de la loi. Mais cette partie commença à
déchoir, quand le peuple judaïque, ayant méprisé mes
commandements, se plongea dans les iniquités et méchancetés,
c’est pourquoi il a été rejeté de l’honneur et
de la profession. Or, le milieu du navire commença de paraître,
lorsque le Fils de Dieu vivant eut pris la nature humaine ; car comme le milieu
de la mer est le plus profond, de même, quand je fus incarné,
l’humilité commença d’être
prêchée, et l’honnêteté que plusieurs avaient
embrassée commença à être manifestée.
« Mais
maintenant, l’impiété et la superbe règnent, et ma
passion est comme oubliée et négligée : c’est
pourquoi la troisième partie commence à monter, qui durera
jusques au jour du jugement, et en cet âge, j’ai envoyé mes
paroles au monde par vous : ceux qui les ouïront et les suivront seront
sauvés, car comme saint Jean dit de l’Évangile, non du
sien, mais du mien : Bienheureux sont ceux qui n’ont pas vu et qui ont
cru ! j’en dis maintenant de même : Bienheureux seront certainement
ceux qui ouïront ces paroles et les suivront ! En la fin de cet âge l’Antéchrist
naîtra d’une femme infâme et maudite, qui feindra de savoir
les choses spirituelles, et d’un homme maudit, et d’eux le diable
formera son ouvrage par la permission divine. Mais le temps et la venue de
l’Antéchrist ne seront pas comme ce Père, dont vous avez vu
les livres, a écrit, mais il viendra au temps que je connais, quand
l’iniquité abondera outre mesure et que
l’impiété augmentera grandement. Partant, sachez que la foi sera ouverte à quelques Gentils,
avant que l’Antéchrist vienne. Après, quand les
chrétiens aimeront les hérésies et que les méchants
fouleront le clergé et la justice, lors ce sera un signe que
l’Antéchrist viendra bientôt. »
Élie Daniel, « Serait-ce
vraiment la fin des temps ?... » : Prophéties
relatives à l’Antéchrist (chapitre IV, page 399), ouvrage
cité plus haut, Pierre Téqui, Libraire-Éditeur, Paris, 1927 :
« […]
D’après ce passage important, Sœur de la Nativité
paraît être d’accord avec la Prophétie des Papes pour
affirmer que la fin du monde n’est plus très éloignée ; comme
celle-ci, elle la situe aux environs de l’an 2000, soit à la fin
du XXe siècle, soit au
début du XXIe siècle. Dans ces
conditions, d’après ces prophéties, une centaine
d’années seulement nous séparerait de la redoutable
catastrophe !… C’est à faire
réfléchir !... » [Notons
bien que l’auteur de cet ouvrage confond la Parousie et la fin du monde
ou le jugement dernier.]
Ste Hildegarde, Scivias, P. III, Visions. XI (cf.
également Élie Daniel, « Serait-ce vraiment la fin des
temps ?... » : Prophéties relatives à
l’Antéchrist (chapitre IV, pages 391-393, 395), ouvrage cité
plus haut :
« Le
fils de perdition, qui règnera très peu de temps, viendra dans les
derniers jours.
« Après
avoir passé une jeunesse licencieuse au milieu d'hommes très
pervers et dans un désert où elle aura été conduite
un démon déguisé en ange de lumière, la mère
du fils de perdition le concevra et l'enfantera.
« Le fils de perdition est
cette bête très méchante qui fera mourir ceux qui
refuseront de croire en lui, qui s'associera les rois, les princes, les grands
et les riches, qui méprisera l'humanité et n'estimera que
l'orgueil, qui enfin subjuguera l'univers entier par des moyens diaboliques.
« Il
paraîtra agiter l'air, faire descendre le feu du ciel, produire des
éclairs, le tonnerre et la grêle, renverser les montagnes,
dessécher les fleuves, dépouiller la verdure des arbres des
forêts et la leur rendre ensuite.
« Il
paraîtra aussi rendre les hommes malades, guérir les infirmes,
chasser les démons et quelquefois ressusciter les morts faisant qu'un
cadavre remue comme s’il était en vie. Cependant cette
espèce de résurrection ne durera jamais au delà d'une
petite heure pour que la gloire de Dieu n'en souffre pas.
« Il
gagnera beaucoup de peuples, en leur disant : “Vous pouvez faire tout ce
qui vous plaira ; renoncez aux jeûnes, il suffit que vous m'aimiez, moi
qui suis votre Dieu.”
« Il
leur montera des trésors et des richesses, et il leur permettra de se
livrer à toutes sortes de festins, comme ils le voudront. Il les
obligera à pratiquer la circoncision et plusieurs observances
judaïques, et leur dira : “celui qui croira en moi recevra le pardon
de ses péchés et vivra avec moi éternellement.”
« Il
rejettera le baptême et l'évangile et il tournera en
dérision tous les préceptes que l'Eglise a donnés aux
hommes de ma part.
« Ensuite
il dira à ses partisans : “Frappez-moi avec un glaive et placez
mon corps dans un linceul sans tache jusqu’au jour de ma
résurrection.”
« On
croira réellement lui avoir donné la mort, et de son
côté il fera semblant de ressusciter. Après quoi il
commandera à ses serviteurs de l'adorer.
« Quant
à ceux qui, par amour pour mon nom, refuseront de rendre cette adoration
sacrilège au fils de perdition, il les fera mourir au milieu des plus
grands tourments.
« Mais j'enverrai mes deux
témoins, Hénoch et Elie, que j'ai réservés pour ce
temps-là.
Leur mission sera de combattre cet homme du mal et de ramener dans la voie de
la vérité ceux qu’il aura séduits. Ils auront la
vertu d'opérer les miracles les plus éclatants dans tous les
lieux où le fils de perdition aura répandu ses mauvaises
doctrines.
« Cependant
je permettrai que ce méchant les fasse mourir, mais je leur donnerai
dans le ciel la récompense de leurs travaux.
« Quand
le fils de perdition aura accompli tous ses desseins, il rassemblera ses
croyants et leur dira qu'il veut monter au ciel. Au moment même de cette
ascension, un coup de foudre le terrassera et le fera mourir.
« D'un
autre côté, la montagne où il sera établi pour
opérer son ascension sera à l'instant couverte d'une nuée
qui répandra une corruption insupportable et vraiment infernale. Ce qui,
à la vue de son cadavre couvert de pourriture, ouvrira les yeux à
un grand nombre de personnes et leur fera avouer leur misérable erreur.
« Après
la triste défaite du fils de perdition, l'épouse de mon Fils, qui
est l'Eglise, brillera d'une gloire sans égale et les victimes de
l'erreur s'empresseront de rentrer dans le bercail.
« Quant à savoir
quel jour après la chute de l'Antéchrist le monde devra finir,
l'homme ne doit pas chercher à le connaître, il ne pourrait y
parvenir. Le
Père s'en est réservé le secret. O hommes,
préparez-vous au jugement ! »
Cardinal Pie, Œuvres de Mgr
l’Évêque de Poitiers, Homélie prononcée
dans la solennité du couronnement de Notre-Dame-de-Lourdes par Mgr le
Nonce Apostolique, délégué de Pie IX, suivie d’un
Bref pontifical relatif à cette homélie, 3 juillet 1876, Tome IX,
Librairie Oudin Frères, 1879, p. 334 :
« À
la différence de l’ancienne loi, sous laquelle le canon des
Écritures demeura ouvert jusqu’aux derniers jours
d’Israël, le nôtre est scellé par la prophétie de
saint Jean [l’Apocalypse], qui d’ailleurs embrasse les
destinées de l’Église et des sociétés
jusqu’à la fin des temps. Mais il ne suit pas de là que la
révélation privée ait été exclue de
l’économie de la loi nouvelle. […] À toutes les
époques, dit l’Ange de l’École, il y a toujours eu
quelques personnes favorisées de lumières surnaturelles, non pour
révéler une nouvelle foi, mais pour la direction de la conduite
humaine » (S. Thomas d’Aquin, Somme théologique, 2a 2æ
Quæst. CLXXIV, art. VI, ad tertium).
Saint Irénée de Lyon,
Contre les hérésies, V,
26, 1 :
« Une
révélation plus claire encore, au sujet des derniers
temps et des dix rois entre lesquels sera alors
divisé l’empire qui domine maintenant, a été faite
par Jean, le disciple du Seigneur, dans son Apocalypse. »
Apocalypse, I, 19 (livre inspiré de Dieu et écrit vers 95-96
sous le règne de l’empereur romain Domitien) :
« Écris
donc ce que tu as vu, soit les choses qui sont, soit celles qui doivent arriver
après
cela (meta tauta). »
Saint Jean, l’Apocalypse, par le P. E.-B. Allo des Frères
Prêcheurs, Professeur à l’Université de Fribourg
(Suisse), Éd. Gabalda, Paris, 1921, pp. LI et CXXVIII :
« 4.
Le monde terrestre, l’histoire future, et les signes de la fin. — Jean qui n’a pas eu besoin, comme
ses devanciers non inspirés, de faire remonter son livre, par une
fiction, au temps d’un ancien patriarche ou prophète, ne
s’occupe nulle part de l’histoire passée du monde ; sa
révélation ne concerne que les temps commencés à la
naissance de Jésus, pour s’étendre jusqu’au jugement
général. […] L’Apocalypse, qui met le sceau de la
Révélation des fins dernières, est bien la plus grande, la plus
complète, la plus spirituelle de toutes les prophéties, digne
d’en clore la série totale. »
Cliquez (internet, lien hypertexte)
sur : abominat.htm
Hildegarde de Bingen, SCIVIAS
(Scito vias Domini), Les trois livres des visions et
révélations : « Connaissez les voies du
Seigneur », traduit par Raymond Chamonel et Pierre Lachèze,
Introduction d’Albert Battendier : Sainte Hildegarde, Livre Ier,
Ve Vision, pp. 92-93 :
« Mais
de même que David répudia enfin la femme, qu'il avait
épousée en premières noces, et qui avait
péché avec un autre homme, de même le Fils de Dieu
répudia la Synagogue qui lui fut d'abord unie dans son incarnation, mais
qui, abandonnant la grâce du baptême, suivit le démon.
Cependant vers la fin des temps il la recevra, dès qu'elle-même, répudiant les
erreurs de son infidélité, reviendra à la lumière
de la vérité. Car le démon a pris la Synagogue dans son
aveuglement, et l'a livrée à toutes les erreurs de
l'infidélité ; et il ne cessera de le faire, jusqu'à la
venue du fils de perdition, qui tombera dans l'exaltation de son orgueil, comme Saül
périt sur le mont Gelboe, après avoir chassé David de sa
terre. - Ainsi le fils de
l'iniquité s'efforcera de chasser mon Fils du
milieu de ses élus ; et mon Fils ayant repoussé l'Antéchrist, ramènera la
Synagogue à la véritable foi ; Comme David reprit sa
première épouse après la mort de Saül. Car
lorsqu'à la fin des temps les hommes verront vaincu celui qui les avait trompés, ils
reviendront en grande diligence à la voie du salut. »
Père Noël Barbara,
extrait de la Lettre collective aux
personnes qui ont demandé d’être informées de ses
publications, Tours, le 19 mars 1997, en la fête de Saint Joseph,
Patron de L’Église universelle :
« Notre
Dame de La Salette.
« Vous
connaissez tous l’histoire de la Vierge qui s’est abaissée
jusqu’à pleurer sa douleur devant deux jeunes bergers “
parce que, disait-elle en sanglotant, je ne puis plus retenir le bras de mon
fils outragé par vos péchés ”. Mais ce que vous
connaissez probablement beaucoup moins, c’est le message de La Salette et
la vie intime de Mélanie Calvat, principale voyante de ce drame
poignant.
« Un
vieil abonné à Forts dans
la Foi, M. Henri Bourgeois, dont le grand-père a été
l’ami et le collaborateur du chanoine Rigaux et de l’abbé
Combe, a réalisé un très bel enregistrement audio sur L’Apparition de la Très Sainte
Vierge sur la montagne de La Salette, le 19 septembre 1846, et me donne
toutes autorisations pour le diffuser. Je profite de cette lettre pour lui dire
publiquement ma reconnaissance.
« Cet
enregistrement comprend cinq cassettes de 90 minutes chacune, qui permettent de
découvrir :
« -
d’abord l’incroyable enfance de la voyante préparée
à son insu, à sa future mission par Celui qu’elle appelait
naïvement “ mon petit frère ”.
« -
Ensuite, deux cassettes reprenant les dépositions de “
Mélanie, témoin et messagère de La Salette ”.
« -
Enfin, deux autres cassettes comprenant l’ “ étude du
Message de Notre Dame de La Salette”. Les rapprochements que
l’auteur (M. Henri Bourgeois) fait entre certaines parties du Secret et la
crise actuelle de l’Église sont saisissants. »
(Éd. Forts dans la Foi, 16,
rue des Oiseaux, F – 37000 TOURS, Tél. 02.47.39.52.73) - Faudrait-il
également et encore rendre coupable d’infidélité ou
condamner le R. P. Noël Barbara, qui a pratiqué et donné les
Exercices spirituels de saint Ignace
de Loyola en tant qu’ancien Coopérateur Paroissial du Christ-Roi
(C.P.C.R.), pour sa ferme adhésion au Secret de La Salette ?
Maurice CANIONI, La Femme et le
Dragon, éd. Delacroix, dernière version, 2005, Annexe III, Oraison funèbre de
Sœur Marie de la Croix, prononcée par le Chanoine Annibale Marie di
Francia, le 7 nov. 1905 – publiée avec l’Imprimatur de Monseigneur Letterio
de Messine :
« […]
De grands mystères s’étaient déroulés entre
Dieu et cette âme depuis son enfance. […] Avant de disparaître,
la Sainte Vierge avait dit : “Mes enfants, tout ce que je vous
ai dit, faites-le savoir à mon peuple.” […] Ce ne fut
que grâce à une continuelle assistance surnaturelle qu’elle
put résister et persévérer jusqu’à la fin.
[…] L’esprit de mortification et de pénitence qui la
dominait fut singulier en elle. Sa nourriture était très rare,
à peine quelques onces [de l’ordre de
René Laurentin –
Michel Corteville, Découverte du secret de La Salette, un an après la
révélation du troisième secret de Fatima - au-delà
des polémiques, la vérité sur l’apparition et
ses voyants, Librrairie Arthème Fayard, 2002 :
« Comment
est né ce livre ?
« L’abbé
Michel Corteville a découvert le secret officiel de La Salette, et
quantité d’autres pièces qui renouvellent la connaissance
de l’apparition : le quart des documents qu’il publie
actuellement chez Téqui est inédit, notamment les stigmates, la
Règle de vie donnée à Mélanie, etc.
L’abbé Laurentin, qui a suivi l’élaboration de sa
thèse monumentale (1 104 pages), a conçu ce livre pour
répondre en bon ordre aux questions d’un large public sur cette
apparition controversée, car les réponses, entièrement
renouvelées, sont aussi réconciliatrices des polémiques,
espérons-nous. » [Grâce à ce nouvel ouvrage
merveilleusement documenté, l’honneur de Mélanie de La
Salette est définitivement sauf, ainsi que l’honneur de Maximin .]
ID., ibid., pp. 225-226 :
Lettre du R.P. Garrigou-Lagrange à F. Corteville ( + Carmel
de Vienne, Isère, 1er septembre 1957).
Cher
Monsieur,
« En
arrivant à Vienne où je suis jusqu’au 8 septembre,
j’ai trouvé tout ce que vous m’avez envoyé.
J’ai cru reconnaître dans La Vie de Sœur Marie de la
Croix, bergère de La Salette, ce que m’avait déjà communiqué
M. le curé d’Avoise, l’abbé Gouin.
« J’ai lu pas mal de
publications sur ce sujet et j’incline à penser que Mélanie
a conservé sa mission jusqu’à sa mort. J’ai bien connu un
frère convers dominicain qui portait son très fructueux repas de
midi peu avant sa mort ; ce frère était au service de Mgr
Cecchini, évêque dominicain d’Altamura où elle mourut.
Elle annonça le jour et l’heure de sa mort à ce
frère convers qui vérifia cette
prédiction. »
Abbé GOUIN, Sœur Marie
de la Croix, bergère de LA SALETTE, née MÉLANIE CALVAT,
tertiaire de St Dominique, VICTIME DE JÉSUS, Introduction,
Éditions Saint-Michel, 53-Saint-Cénéré, 1969 :
« À
la suite des trois premiers volumes de la collection « POUR SERVIR
À L’HISTOIRE RÉELLE DE LA SALETTE »,
publiés aux Nouvelles Éditions Latines, et du
« JOURNAL DE L’ABBÉ COMBE »,
l’Association des Enfants de N.-D. de La Salette et de Saint Grignion de
Montfort offre au lecteur un ouvrage de synthèse sur la question de La
Salette. La biographie de « SŒUR MARIE DE LA CROIX,
Bergère de La Salette », œuvre majeure de
l’abbé Paul Gouin, curé d’Avoise (Sarthe), mort le 11
décembre 1968, réhabilite au regard de l’histoire la
voyante de l’Apparition du 19 septembre 1846. Il n’a pas fallu
moins de cinquante années
de patientes recherches à l’auteur pour constituer une
documentation unique, comprenant des manuscrits et quelques huit cents lettres
autographes de la Bergère de La Salette. “J’incline à penser que Mélanie a
conservé sa mission jusqu’à sa mort”, m’écrivait le R. P. Garrigou-Lagrange, le 1er
septembre 1957.
« À
la lecture de l’ouvrage, il est clair que l’objet de cette mission
était la fondation de l’œuvre des “Apôtres des
derniers temps”, prédits par Saint Grignion de Monfort. Du temps
même de la vie de la Bergère de La Salette, l’Église
a approuvé la Règle de l’ORDRE DE LA MERE DE DIEU pour cet
institut missionnaire, et Mgr Zola, le saint évêque de Lecce
(Italie) a donné l’imprimatur au Secret prophétique dont un
paragraphe déclare : “J’appelle les Apôtres des
derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont
vécu dans un mépris du monde et d’eux-mêmes, dans la
pauvreté et dans l’humilité, dans le mépris et le
silence, dans l’oraison et la mortification, dans la chasteté et
dans l’union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer
la terre…”
« L’association
des ENFANTS DE N.-D. DE LA SALETTE, rend hommage à Monsieur
l’abbé GOUIN qui lui a délégué un important
témoignage en faveur de l’histoire réelle de La Salette.
En
la fête de ST JOSEPH
BEAUPREAU,
19 MARS 1969.
F.
Corteville, Président de “l’Association des enfants de
NOTRE-DAME de la Salette et de St Grigion de Monfort”. »
ID., ibid., Notice
biographique sur l’abbé Paul GOUIN (notice établie par le
Président de l’Association des Enfants de N.-D. de La
Salette) :
Nantes,
25 janvier 1970
«
Cher Monsieur,
« Soyez
vivement remercié de m’avoir fait don du si remarquable ouvrage de
l’Abbé Gouin : “Sœur Marie de La Croix,
bergère de La Salette”. Le travail, “fruit de cinquante
années de patientes recherches”, a été pour moi
révélateur.
« Jusqu’à
présent je ne cherchais pas à approfondir cette question de La
Salette qui a été si controversée et qui a même tenu
longtemps en hésitation le Saint Curé d’Ars lui-même.
Mais, le livre de l’Abbé Gouin
projette sur les évènements une telle lumière que la
vérité maintenant pour moi se fait jour.
« […]
Soyez remercié, Cher Monsieur, vous et votre Association des
“Enfants de Notre-Dame de La Salette et de Saint Grignion de
Monfort” d’avoir produit au jour le trésor accumulé
par le pieux et savant Abbé Gouin, et de l’avoir mis à notre disposition. Indignes
d’être comptés parmi les “Apôtres des derniers
temps”, Nous puiserons cependant dans ce trésor de quoi aviver
notre amour envers la Mère de Dieu, et notre espérance.
« Veuillez
agréer, Cher Monsieur, l’expression de toute ma gratitude.
Joseph
CATTA
Doyen
du Chapitre de la Cathédrale de Nantes, aumônier de la Visitation
de Sainte Marie ».
Marquis de la Franquerie, MARIE-JAHENNY, la stigmatisée bretonne,
Association des Amis de Marie-Julie et de La Fraudais, nov. 1977, pp. 22 et
23 :
« Le 19 septembre 1901 – date anniversaire de
l’Apparition de La Salette – La Sainte Vierge dit :
“
J’ai encore aujourd’hui à mes yeux la trace des larmes que
j’ai répandues à pareil jour, en voulant apporter à
mes enfants LA BONNE NOUVELLE
s’ils se convertissaient,
mais la triste nouvelle s’ils persistaient dans leurs
iniquités… ON FAIT PEU DE CAS DE CE QUE J’AI
RÉVÉLÉ… Voilà l’heure où vont
s’accomplir ces grandes promesses QUE LES CHEFS DE L’ÉGLISE
ONT MÉPRISÉES… Ils n’ont pas voulu de
lumières !... De tout cela j’ai bien souffert. La douleur en
ce moment oppresse mon cœur … le glaive douloureux, en ce moment,
c’est de voir les dispositions prises ou qui s’apprêtent…
C’est de voir les pasteurs se détacher du Lien Sacré qui
dirige et gouverne la Sainte Église… Mes enfants, quand Je me rappelle,
depuis le jour où j’ai apporté SUR LA SAINTE MONTAGNE (La Salette), à la terre
menacée, MES AVERTISSEMENTS ; quand Je me rappelle LA DURETÉ AVEC
LAQUELLE ON A REÇU MES PAROLES !... pas tous, mais beaucoup. Et
ceux qui auraient dû les faire passer dans l’âme, le
cœur et l’esprit des enfants avec une confiance immense, une
pénétration profonde ; ILS N’EN ONT PAS FAIT CAS ! Ils les ont méprisées
et la plupart ont refusé leur confiance…”
[…]
« Le
4 août 1904, La Reine du Ciel revient à nouveau sur la question
parce qu’au désir de Saints Prêtres qui voulaient faire
connaître le Message de La Salette “ D’AUTRES PASTEURS
SE SONT RÉVOLTÉS ” et le Message a été “
REMIS SOUS SCELLÉS ” alors qu’il aurait dû être
“ LIVRÉ AU MONDE ”. C’est
parce qu’il est grandement question des pasteurs et du sacerdoce
qu’on S’EST RÉVOLTÉ… Comment voulez-vous que
les CHÂTIMENTS NE TOMBENT PAS SUR LA TERRE… ON VA
JUSQU’À CE POINT DE FAIRE DISPARAÎTRE MES PAROLES et de faire souffrir ceux qui sont
dévoués pour cette Sainte Cause… Je récompenserai
mes bons pasteurs… mes bons serviteurs… »
Extrait du message de la Reine du Ciel à Fatima
donné à Lucie le 13 octobre 1917 et faisant
référence à son Secret donné à La
Salette :
« Et maintenant, proclame en mon Nom : Sur toute l’humanité
viendra un grand châtiment, pas encore aujourd’hui, ni même
demain, mais dans la deuxième moitié du XXe
siècle. Ce que j’ai
déjà fait connaître à la Salette par les enfants
Mélanie et Maximin, je le répète aujourd’hui devant
toi. L’humanité a été
sacrilège et elle foule aux pieds le don qu’elle a
reçu. »
Maximin Giraud à l’Abbé
Lagier (L’extraordinaire Secret de La Salette, Louis de
Boarnergès, D.F.T., Boîte Postale 28, 35370 Argentré-du-Plessis,
1988, France, p. 103) :
« Le
Pape plus que la Sainte Vierge ? … Mais la Sainte Vierge est la Reine
de tous les saints [1]. Si le Pape fait bien son devoir, il sera saint, mais il sera
toujours moins que la Sainte Vierge ».
1) « Reine de
tous les saints » et également « Siège de
la Sagesse », selon les litanies de la Sainte Vierge, qui a été
conçue sans la chute ou la tache originelle, qui est ressuscitée
et jouit de l’éternelle vision béatifique et qui fut élevée
à la droite de son adorable Fils et placée sur le trône
même de la très-sainte-Trinité, ayant acquis une nouvelle
vie immortelle et glorieuse dans le ciel empyrée.
Aucune
créature n’arrive à la cheville de la Sainte Vierge !
Elle est la Fille de Dieu le Père, la Mère de Dieu le Fils et
l’Épouse chérie du Saint-Esprit, la troisième
Personne de la très-sainte Trinité. Elle est « le
tabernacle de Dieu avec les hommes » (Apoc. XXI, 3). Que cela soit dit et écrit une
fois pour toutes ! Puissent les musulmans se repentir de leurs
égarements doctrinaux que l’ennemi de notre nature leur a
inspirés et se nourrir des paroles du Christ qui se trouvent dans les
évangiles selon les apôtres saint Matthieu, saint Marc, saint Luc
et saint Jean, et non dans les apocryphes ! Et n’oublions jamais que
Jésus a versé son sang pour ses ennemis, afin de les changer en
amis ! Là est la plénitude ou le développement
complet de la Loi chrétienne (cf. Rom. XIII, 10).
Vénérable Mère
Marie de Jésus d’Agréda, La Cité Mystique de Dieu, ouvrage cité plus haut, IIe
Partie, Livre VIe, ch. XXVIII (Quelques profonds mystères qui arrivèrent à la
bienheureuse Marie après la résurrection
du Seigneur. — Elle
reçoit le titre de Mère et de Reine de l'Église. —
Apparition de Jésus-Christ un peu avant son ascension.), § 1501 :
« Par
toutes ces faveurs et par celles que je marquerai dans la suite, l’auguste Vierge eut
une espèce de participation de l'être de son adorable Fils, que je
ne saurais exprimer, car ce divin Seigneur lui donna une communication de ses attributs
et de ses perfections qui correspondait su ministère de Mère et
de Maîtresse de l'Église, en la place de Jésus-Christ
lui-même ; et par cette communication elle fut élevée
à un être tout nouveau de science et de pouvoir : ainsi rien ne
lui fut caché, soit dans les mystères divins soit dans les
cœurs des hommes. Elle sut en quel temps et
comment elle devait user de la puissance divine à laquelle elle
participait à l'égard des hommes, des démons et de toutes
les créatures ;
en un mot, notre grande Reine reçut dignement et avec plénitude
tout ce qu'une simple créature était capable de recevoir. Saint
Jean eut quelque intelligence de ces mystères, et elle lui fut
accordée afin qu'il connût et estimât au degré
convenable le trésor qui lui avait été confié, et
dès ce jour-là il prit un nouveau soin de révérer
et de servir la Maîtresse de l'univers. »
Cliquez (internet, lien hypertexte)
sur : Livre
VI - Ch. XXVI-XXIX
L’ordre de la Reine du Ciel
au sujet du Secret : « VOUS LE FEREZ PASSER À TOUT MON
PEUPLE » !
C’est tout.
Le Secret (lien hypertexte) : http://perso.wanadoo.fr/thomiste/calvat.htm
Mélanie de La
Salette, Diou,
vers septembre 1902 :
« N'oublions
pas ce à quoi nous aurions dû prêter notre attention : Les
bergers ont toujours dit que la belle Dame, Marie notre douce Mère, a
dit par deux fois : “ Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon
peuple.” Elle l'a dit une première fois, à la fin des
avertissements et menaces à l'orbe catholique. Puis, se mettant en
marche en passant le petit ravin, elle dit encore : “ Vous le ferez
passer à tout mon peuple.” Ce fut l'ordre de publier le secret. J'ai
dû obéir. »
Lettre de Mgr Zola,
évêque d'Urgente, puis de Lecce (Italie) à propos du Secret
de Mélanie
Il
importe de couper court à toute équivoque et (…) de
l'autorité des princes de l'Église qui ont joué un grand
rôle dans la publication du Secret de Mélanie.
Voici ce que Mgr Zola, évêque d'Urgente,
puis de Lecce, écrivait en 1880, à M. Amédée
Nicolas, avocat à Marseille, et chargé plus tard, par Léon
XIII même, de donner une explication du Secret :
« SAUVEUR-LOUIS,
Evêque de Lecce.
« Le
5 janvier 1880.
«
C'est en 1873 que M. l'abbé Bliard publia à Naples le Secret
de La Salette suivi d'une série de lettres sur le même sujet.
Cette brochure parut, en ce temps-là, avec la permission et l'imprimatur
de la curie de son Eminence le Cardinal Xiste Riario Sforza, Archevêque
de Naples, dont la sainteté et la sagesse sont bien connues, même
en France.
«
Ledit
Secret, en 1851, fut présenté, dans son original, au
Souverain-Pontife Pie IX, de sainte mémoire, et à plusieurs
Evêques et Cardinaux ; et, dernièrement, il a été
soumis à une très respectable et digne personne de grande
autorité (et
qu'il n'est pas bien à propos de vous nommer ici) et, selon ce que je
sais très bien, il n'a été pas du tout blâmé
ni censuré. Après tout cela, je n'aurais refusé que bien
à tort ma licence de l'imprimer à l'éditeur qui me
demandait de publier le même Secret en
«
En ferait-on, peut-être, une question de prudence et d'opportunité
? Mais cette question, qui avait bien sa raison d'être posée
lorsqu'il s'agissait de publier pour la première fois le Secret,
n'a pas lieu d'exister, tandis que le même Secret est
déjà, depuis longtemps, dans le domaine public, sans que ni le
Saint-Siège, ni les Evêques ne l'aient nullement
réprouvé ni incriminé. Et l'on aurait cru faire vraiment
un hors-d'œuvre que de s'adresser au Souverain-Pontife, avant que ma curie
eût délivré sa licence d'imprimer, tandis que ce livre, en
faisant sa première entrée dans le public, y parut plusieurs
années avant, avec l'approbation de la curie d'un des princes de
l'Église, le Cardinal Riario Sforza.
«
À l'appui de ces raisons, qui auraient suffi toutes seules pour
justifier la démarche de ma curie épiscopale, il me plaît
d'ajouter quelques observations qui me sont personnelles: Je connais bien de
près la pieuse bergère de La Salette, qui fut confiée
à mes soins spirituels dès 1868, quand j'étais
l'abbé des Chanoines réguliers de Latran, à
Sainte-Marie-de-Pie-di-Grotta, à Naples. Depuis cette époque,
j'eus l'occasion de parler et de traiter de Mélanie et de son Secret
avec des Prélats et des Cardinaux qui, dans l'Eglise, étaient en
grande vénération par leurs vertus et leur prudence dans le
gouvernement du troupeau, autant que par leur sagesse dans le discernement des
esprits. Eh bien! Je puis vous assurer, sur ma conscience, que le jugement de
pasteurs aussi respectables n'a été toujours que très
favorable à la bonne bergère. J'omets les noms de plusieurs et
vous cite seulement quelques noms qui seront votre connaissance, savoir : le
Cardinal Xiste Riario Sforza, Archevêque de Naples, le Cardinal Guidi,
Mgr François-Xavier Petagna, Evêque de Castellamare di Stabia, Mgr
Mariano Ricciardi, Archevêque de Sorrente. Le témoignage si grave
de ces illustres Prélats m'a confirmé toujours dans mes
sentiments d'estime envers Mélanie, dont j'admirais les vertus autant
que son jugement sûr et réfléchi, qu'on ne rencontre que
bien rarement dans les femmes.
«
En outre, ayant entre les mains le manuscrit du Secret depuis bien de
temps, je suis témoin de l'accomplissement des prédictions qu'il
renferme ; et je puis l'attester maintenant devant Dieu. Donc, je suis
convaincu de l'authenticité de la révélation par les
vertus de l'heureuse bergère, par le sentiment concordant de plusieurs
Evêques, et surtout par l'accomplissement des prédictions. Etant
ainsi persuadé, j'aurais dû lutter contre ma conscience pour
m'opposer à la publication du Secret. Pendant que la
Très-Sainte-Vierge manifestait à Mélanie sa volonté
et déclarait qu'elle pouvait le publier en 1858, je ne pouvais dire :
«Je vous défends de le publier !»
«
Je ne
puis terminer cette lettre sans vous dire encore un mot au sujet de la
vertueuse Mélanie, cette âme privilégiée qu'en
France l'on méprise et que l'on accuse d'invention, d'extravagance et de
folie. Ces Messieurs, qui ont coutume de tout juger et de blâmer tout
à la légère, ne connaissent peut-être que bien peu
ce qui la regarde.
Or, ainsi qu'elle fut honorée sur la montagne par la Mère de
Dieu, elle a été aussi honorée par le Vicaire de
Jésus-Christ, Léon XIII qui, bien loin de la mépriser ou
de la condamner, voulut l'écouter personnellement l'année
dernière et lui accorda une audience privée. A cette occasion, elle demeura
à Rome pendant cinq mois dans le couvent des Salésianes (la
Visitation), et c'est en ce temps-là qu'elle a été mieux
connue et plus estimée, surtout par ces bonnes religieuses qui
l'environnaient et qui ont été bien édifiées par
ses vertus et par sa sagesse. J'en ai reçu des attestations bien
sûres de personnes de grande autorité, pendant que j'étais
à Rome, en septembre dernier...
«
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très
distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très
humble serviteur. »
N’oublions
jamais que seul un évêque (episkopoV) validement
consacré par un autre évêque a reçu la
plénitude du « sacrement de l’ordre » en
faisant ainsi de lui un successeur des Apôtres et en l’incorporant
dans le « collège des évêques » avec le
triple pouvoir reçu de Dieu en tant que docteur de la foi,
sanctificateur et pasteur (a).
a) Cf. Code de droit
canonique, can. 335, § 1 ; Dom Adrien Gréa, L’Église et sa divine
constitution, ch. IX : Triple pouvoir conféré à
la hiérarchie, et ch. XXV : L’évêque, chef de
l’Église particulière, Éd. Casterman, 1965.
12 août 2006 – Réponse à tous les
détracteurs du Secret de La Salette – Cliquez sur
les liens ci-dessous :
·
http://www.virgo-maria.org/Documents/la-salette/La%20Salette-Lepidi-C-208.htm
(Texte Intégral publié par Mélanie avec l'Imprimatur de Sa Gr. Mgr Sauveur-Louis, Comte ZOLA,
évêque de Leccè, en 1879, suivi de quelques pièces
justificatives. Le Tout Publié avec l'IMPRIMATUR du R. P. A. LEPIDI,
O. P., Maître du Sacré-Palais, Assistant Perpétuel de la
Congrégation de l'Index, Délivré
à Rome le 6 Juin 1922)
·
http://www.a-c-r-f.com/documents/Ste_Vierge_MARIE_1846_La_Salette.pdf
·
Défense du Secret de La
Salette : secdefls.htm
La Révolte des hommes et
l’heure de Marie, Guy Le Rumeur, Chez l’auteur, 79290
Argenton-l’Église, 1981, pp. 230-231 :
« Notre propos, en ces
lignes, n’est pas de tracer la vie de cette belle âme que fut
Mélanie, mais de parler du Secret. Notons cependant, ce que semblent ignorer
bien des personnes qui ont fréquenté La Salette, que
Mélanie Calvat reçut du Ciel des grâces exceptionnelles.
« Lorsqu’elle
était petite, sa mère, incroyante, ne l’aimait pas, elle
lui défendait même de l’appeler maman. Elle la nommait la
muette, la louve, la sauvage. Elle ne l’embrassa que le jour où
elle prit le voile de postulante. Elle la frappait, la faisait coucher par
terre, sous son propre lit et la chassait de la maison même par pluie
battante. Parfois l’enfant se réfugiait dans les bois. Une fois,
elle y séjourna vingt jours. C’est là qu’elle
rencontra son ‘’Petit Frère’’ qui, elle ne le
sut qu’à l’âge de 22 ans, n’était autre
que l’Enfant Jésus. C’est dans de telles circonstances
qu’à cinq ans elle reçut de Lui la sainte Communion et les
saints stigmates.
« Il y a
aujourd’hui encore, des gens qui pensent que tout cela
n’était que fabulation. Pourtant il existe des témoignages
de prêtres qui ont vu les stigmates. Sa mère déclara un
jour : ‘’Mélanie a mauvaise santé, elle
n’a presque pas de force dans les bras, à tel point que, si elle était
ici, elle serait obligée de prendre avec les deux mains le verre
où vous lui serviriez à boire… elle a ici (en montrant le
dessus de la main) des plaies comme Notre Seigneur.’’ La sœur
de Mélanie qui était là ajouta :
‘’J’ai vu moi, ici (portant la main sur le coup-de-pied) du
sang qui traversait ses bas.’’
« En 1903, à Diou, dans l’Allier, elle avait dit
à l’abbé Combe : ‘’Je ne mourrai pas ici,
je mourrai en Italie, dans un pays que je ne connais pas, où je ne
connais personne, pays presque sauvage, mais où on ne jure pas et
où on aime le Bon Dieu. Je serai seule ; un beau matin on verra mes
volets fermés ; on ouvrira de force la porte et on me trouvera
morte.’’
« C’est ce qui se passa à Altamura, le 14
décembre 1904. Exhumée six mois après sa mort, elle fut
trouvée ‘’fraîche, intacte et souple’’ et
l’autorité religieuse d’Altamura fit graver sur son monument
funéraire : ‘’Morte en odeur de sainteté.’’
« Comme saint François, Mélanie parlait aux animaux
(loups, renards, lièvres, chamois, oiseaux). Elle fit des miracles et
Dieu en fit beaucoup pour elle. A chaque calomnie que l’on
répétait à S.S. Pie IX, celui-ci répondait :
‘’Mélanie est une bonne fille.’’ Saint Pie X, après
avoir lu sa vie, s’écria : ‘’La nostra
Santa’’ et il engagea Mgr Cechini à introduire sa cause sans
délai.
« Dans tout ce qui précède, nous n’avons
qu’un reflet des souffrances endurées par celle qui avait un grand
désir de vivre effacée mais dont la volonté était
d’obéir à la Vierge qui, à deux reprises, lui avait
dit, ainsi qu’à Maximim : ‘’Eh bien, mes enfants,
vous le ferez passer à tout mon peuple.’’ »
La
Bienheureuse Vierge Marie, Mère de la Sagesse, n’ignorant rien et
jouissant en permanence de la vision de l’Essence divine et par
conséquent ne marchant même plus par la foi (a), peut-elle se
tromper dans ce qu’elle fait
et tout particulièrement en ayant choisi sur cette terre des
voyants pour révéler au monde un message émanant de
Dieu et dont l’importance est manifeste ? [C’était exactement
l’enseignement de saint Bernardin de Sienne, disant que « chaque
fois que la Bonté divine choisit quelqu’un pour une mission
spéciale, elle comble et orne avec prodigalité cette personne
ainsi choisie de toutes les grâces nécessaires à sa mission »]
(cf. La Femme et le Dragon, p. 163, ouv. cité plus haut). [Précisons que
ce grand dévot de la Reine du Ciel entra, en 1404, chez les franciscains
et que sa science théologique était si bien connue de ses
supérieurs que ceux-ci lui ordonnèrent de prêcher au point
de faire bénéficier de ses lumières l’Italie tout
entière.]
a) Cf. S. Thomas
d’Aquin, S. th., II-I, La béatitude, qu. 3, art. 8,
conclusion ; II Corinthiens, V, 7.
- - - - - - - - - - - -
Prière de Sœur Marie de
la Croix
Seigneur,
la main seule de votre infinie miséricorde peut nous sauver de tant de
fléaux. Seigneur, nous sommes enivrés d’afflictions
intérieures et extérieures, ayez pitié de nous !
Détournez, Seigneur, votre face de nos péchés et regardez
Jésus-Christ qui vous a donné satisfaction en souffrant et en
mourant pour nous, il est votre Fils ! Et ainsi nous
célébrerons votre infinie miséricorde.
Vite,
exaucez-nous, Seigneur, autrement notre courage sera bien amoindri, car nous
sommes tombés dans un état misérable ! Vite Seigneur,
faites sentir votre miséricorde, car nous n’espérons
qu’en vous seul, qui êtes notre Père, notre Créateur,
et qui devez conserver et sauver ceux qui sont vôtres pour toujours.
Ainsi soit-il.
« Bien
volontiers j’enrichis cette dévote prière de la pieuse
Mélanie Calvat de 40 jours d’indulgence chaque fois qu’on
voudra bien la réciter
Fr.
Carlo Guiseppe
Évêque
du Titre d’Halicarnasse, prélat ordinaire d’Altamura et
d’Acquaviva delle Fonti.
Acquaviva,
le 8 septembre 1905.
- - - - - - - - - - - - -
De la charité de la
très-sainte Vierge
Vénérable Mère
Marie de Jésus d’Agréda, la Cité Mystique de
Dieu, ouvrage cité plus haut, t. 2, Ire p., liv. IIe,
ch. VIII, De la vertu de charité de la très-sainte Vierge,
§ 517, 518, 520, 521, 522, 530 (Instruction de la Reine du ciel) :
«
Notre Seigneur Jésus-Christ nous enseigna, lorsqu’il fondait sa
très-parfaite loi d’amour et de grâce, d’être
parfaits à l’exemple de notre Père céleste, qui fait
lever son soleil sur les bons et sur les méchants sans aucune
distinction (1). Le seul Fils du Père éternel pouvait donner une
telle doctrine et un tel exemple aux hommes. […] Notre amour ne peut
causer aucune bonté en l’objet qu’il aime, comme le fait la charité
incréée du Seigneur ; mais du moins, si nous ne pouvons
rendre meilleur ce que nous aimons, nous pouvons bien aimer sans aucun
intérêt, sans distinction des personnes, et faire le bien sans en
espérer aucun retour. […] La seule Marie fut élue entre
toutes les créatures comme le soleil de justice (2), afin qu’elle
l’imitât en la charité, et tirât de lui une copie de
cette vertu qui fût conforme à son original. Elle seule sut aimer avec plus de
perfection que toutes les autres ensemble, aimant Dieu purement pour Dieu, et
les créatures pour Dieu et comme il les aime. Elle seule a suivi
justement les mouvements et les généreuses inclinations de la
charité, aimant le souverain bien pour le souverain bien, sas aucune prétention,
et aimant des créatures à cause de leur participation
qu’elles ont de Dieu, et non pas pour le retour ni pour la
récompense,
et afin qu’imitant en toutes choses la Charité
incréée, elle seule pût et sût aimer pour rendre meilleur ce qu’elle aimait,
puisqu’elle opéra de telle sorte par son amour, qu’elle
procura des avantages au ciel et sur la terre en tout ce qui a
l’être, excepté Dieu. […] Dans cet excès d’amour et de
charité, elle satisfit et répondit à la dette que les
créatures avaient contractée envers l’amour infini que le
Seigneur leur portait, autant que cet amour le pouvait exiger, ne leur
demandant pas des choses d’un prix infini, parce que cela leur
était impossible. […] Elle obligea par cette très-parfaire
charité le Père éternel, en la manière
possible, de
lui donner son très-saint Fils, pour elle et pour tout le genre
humain ; parce que, si la très-auguste Marie eut moins aimé, ou
que sa charité eût le moindre défaut, il n’y avait
point de disposition dans la nature pour s’attirer l’incarnation du
Verbe. […]
Instruction de la Reine du ciel : “ […] que si vous vous
écartez d’aimer quelque créature sans aucune
considération de Dieu en elle, et de ne pas l’aimer pour le
Seigneur, soyez persuadée que vous ne l’aimez point avec
charité, ni comme je l’exige de vous, et comme le Très-Haut
vous l’a commandé.” »
1) Cf. S. Matthieu, V, 45.
2) Cf. Cantique des cantiques, VI,
9.
ID., ibid., t. 2, IIe p., liv. VIe, ch. XII :
La prière que notre Sauveur fit
dans le jardin.- Les mystères qui s’y passèrent, et ce que
sa très-sainte Mère en connut, § 1207 :
« Pendant
que l’on faisait tous ces préparatifs, le Seigneur était
avec les onze apôtres, et travaillait à notre salut éternel
et à celui même de ceux qui songeant à le faire mourir. Ce fut un admirable débat entre la
malice excessive des hommes et la bonté infinie de Dieu ; que si
cette lutte du bien et du mal commença dans le monde à partir du
premier homme, ces deux principes extrêmes atteignirent en la mort de
notre Rédempteur leur plus grand développement, puisque la malice
humaine et la bonté divine déployèrent en ce moment
l’une contre l’autre toutes leurs ressources possibles : la
première, en ôtant la vie et l’honneur au Créateur et
au Rédempteur des hommes ; la seconde, en les sacrifiant pour leur
salut avec une immense charité. Il fut pour ainsi dire nécessaire
dans cette occasion que l’âme très-sainte de notre Seigneur
Jésus-Christ regardât sa très-pure Mère, et que sa
Divinité en fît de même, afin de trouver parmi les
créatures un sujet capable d’attirer son amour et
d’arrêter la justice divine. Car il considérait alors qu’en cette
seule pure créature il recevrait dignement le fruit de la passion et
de la mort que les hommes lui
destinaient ; la justice divine trouvait en cette sainteté sans
borne une certaine compensation à la malice des hommes, et les
trésors des mérites de Jésus-Christ étaient mis en
dépôt en l’humilité, en la fidélité et
en la charité de cette Auguste Dame, afin que l’Église
renaquît ensuite et sortît des mérites et de la mort du
même Seigneur, comme le phénix de ses cendres. Cette complaisance
que l’humanité de notre Rédempteur prenait à
considérer la sainteté de sa divine Mère, le fortifiait en
quelque sorte pour vaindre la malice des mortels, et il reconnaissait que la
patience avec laquelle il souffrait toutes ses peines n’étaient
point inutiles, puisqu’il trouvait entre les hommes sa bien-aimée
et très-sainte Mère. »
- - - - - - - - - - - -
RÉVÉLATIONS
PRIVÉES
COMMUNIQUÉES SOUS TOUTES
RÉSERVES
MAIS QUI MÉRITENT CEPENDANT
D’ÊTRE CONNUES
La Comète : châtiment
divin ? (pp. 80-98)
Jacques Delacroix
(Éditions Dlacroix - BP. 18
- 35430 CHATEAUNEUF : Prophéties)
C) La concordance des
prophéties sur l'expression du châtiment divin : l'annonce d'une
éclipse temporaire du soleil par l'intervention probable d'une
comète.
Avant
de développer un certain nombre de prophéties, voici
l'enseignement du cardinal Pie au sujet de la révélation
privée.
L'éminent Cardinal l'a donné dans son
«Homélie prononcée dans la solennité du couronnement
de Notre-Dame de Lourdes par Mgr le nonce apostolique,
délégué de Pie IX». Cette homélie fut
tellement appréciée qu'elle lui mérita un Bref Pontifical
de Pie IX, particulièrement
louangeur. On peut la lire au Tome 9 pages 330 à 353 de ses œuvres
Episcopales. Voici les lignes relatives à notre sujet :
«
... Ce qui s'explique plus difficilement,
c'est que des chrétiens qui
admettent la parole de Dieu, bien mieux, ceux-là surtout qui basent leur croyance sur cette
parole librement et individuellement
interprétée, aient posé en principe que Dieu s'est interdit de parler dorénavant aux
hommes, et que toute vision et
révélation privée est désormais chimère ou
mensonge...
Or,
M.T.-C. F l'enseignement authentique de l'Eglise, l'enseignement
des docteurs, des conciles et des papes n'a pas été muet sur cette question. Sans doute, le
dépôt sacré de la révélation
a été clos avec l'ère apostolique... .Mais il ne suit pas
de là que la révélation
privée ait été exclue de l'économie de la loi nouvelle. La raison toute seule nous enseigne
qu'il est toujours libre à Dieu de se mettre en rapport avec sa
créature ; et les annales de l'Eglise
nous montrent de siècle en siècle de grands fruits de sainteté obtenus, de grandes
lumières et de grandes grâces
octroyées aux âmes, des consolations et des directions très
opportunes offertes au peuple
chrétien par la voie de ces communications
extraordinaires. «A toutes les époques, dit Saint Thomas-d'Aquin, il y a toujours eu quelques personnes favorisées
de lumières surnaturelles, non
pour révéler une nouvelle doctrine de foi mais pour la
direction de la conduite humaine» (2a
2ae q. 174, art.6, ad tertium).
Le
cinquième concile œcuménique de Latran, en réponse
aux diatribes anticipées de
l'école luthérienne, dont Mélancthon et les centuriateurs de Magdebourg allaient se faire les
porte-voix, a solennellement affirmé
et vengé cette permanence
de l'inspiration
dans l'Eglise, et il n'a pas fait difficulté de l'appuyer sur l'autorité de l'ancien et du nouveau
Testament : «Le Seigneur lui-même, dit-il, s'est engagé à cela par le
prophète Amos : Ut per Amos prophetam
ipse promittit».
Je
vois sourire l'incrédule. Mon frère, ne récusez pas trop légèrement cet oracle. En fait de
science politique, vous avez le vôtre, et c'est peut-être
Machiavel. Or Machiavel, c'est-à-dire, je veux le reconnaître, l'un des écrivains qui ont
porté dans l'étude de
l'histoire des sociétés humaines un flair très-fin et très-exercé,
Machiavel a écrit que «jamais il ne s'est produit dans le
monde de grands événements qui n'eussent été
prédits de quelque manière» (a). Savait-il
qu'il traduisait le verset d'Amos auquel la constitution conciliaire du pape
Léon X semble avoir fait allusion ? «Le
Seigneur ne fait rien sans qu'il ait
révélé son secret à ses
serviteurs, les prophètes» (Amos, III,
7).
Mais,
me dites-vous, on peut être conduit loin par cette doctrine ; et ne
voyez-vous pas naître des milliers de visionnaires ?
Assurément,
M.F., s'il y a des visions vraies, il y en a de fausses, j'accorde même,
étant donnée la disposition des esprits, à certaines
époques surtout, qu'une vision vraie devient le signal d'une multitude
de visions fausses. Que conclure de là ? qu'il faut mettre en même
catégorie ce qui est vrai et ce qui est faux ? C'est ce que le concile
nous défend... et il nous le défend, armé de
l'autorité de l'apôtre, lequel, à côté du
principe, établit la règle et le moyen de discernement. «Donnez-vous bien garde, dit saint
Paul, d'éteindre l'esprit, et de mépriser de parti pris toute
espèce de révélations. Mais soumettez-les à
l'épreuve, et retenez ce qui est bon» (I Thess, V 19 à
21). Ainsi fait l'Eglise. Elle a appris de saint Jean «qu'il ne faut pas se fier à tout esprit, mais qu'il faut
éprouver si les esprits proviennent de Dieu» (I Jean, IV, 1).
(...)
L'Eglise, quand elle a formé sa conviction sur la valeur de la
révélation, si elle en autorise la croyance, ainsi que les actes
de piété qui s'y rattachent, ne fait pourtant de commandement et
n'impose d'obligation à personne.
(...)
Il est d'autres trempes d'esprit, d'autres tempéraments, d'autres
caractères, qui n'aiment point aller au devant de ces manifestations,
parce qu'elles sont pour eux un sujet d'ahurissement et d'effroi...».
Ainsi
parlait le Cardinal Pie. Que ceux qui suivent des révélations
privées, sérieuses, non condamnées,
éprouvées, soient rassurés. Que ceux qui les rejettent
systématiquement, n'imposent pas aux autres leur sectarisme. Ces derniers
sont bien souvent de pseudo-théologiens, trop attachés à
une formation universitaire sceptique, libérale et naturaliste.
a) Cité par De Maistre, Soirées de Saint
Pétersbourg, entretien onzième.
1) Quelques prophéties isolées
Une
prophétie du XVIe siècle, décrivant la crise
actuelle de l'Eglise où la chaire de Pierre serait occupée par un
imposteur, conclut : «Les astronomes n'ont donc qu'à préparer leurs
lunettes, car nous voici arrivés à ce temps de
l'apostasie».
H.J.
Andersen écrit quant à lui
: «Au cours du prochain décalage des pôles (a), une grande
puissance se verra repoussée au moment décisif où elle
tentera de s'approprier l'hégémonie mondiale, par un effet
cosmique !»
(«Décalage des
pôles»).
Le bouleversement provoqué par un corps stellaire pourrait, en
effet, déplacer l'axe terrestre. Nous lisons dans Isaïe (II, 20) : «La terre éclate en se brisant,
la terre tombe en miettes, la terre vacille étrangement... La terre
chancelle comme un homme ivre, elle est secouée comme une hutte, accablée
par le poids de son iniquité» (b). Ce changement d'axe
pourrait contrarier ou annuler temporairement la rotation de la terre face au
soleil. Une moitié du globe se trouverait alors exposée aux
rayons du soleil pendant plusieurs jours, tandis que l'autre moitié
serait plongée dans une obscurité absolue et glaciale. Ceci
confirmerait la prophétie, tant scripturale que privée, des trois jours de ténèbres ainsi
que les messages mariaux reconnus par l'Eglise annonçant : «des nations et des continents disparaîtront»
et que «la terre sera comme un
désert».
a) Voici ce qu'écrivait l'ingénieur Lagad, astronome et
mathématicien : «Dans le cadre des lois de la mécanique
céleste, un grand déplacement relatif des pôles est
possible sans nécessiter la collision de la Terre avec un gros astre ;
ceci parce que, tous les diamètres d'une sphère étant
équivalents, l'un quelconque d'entre eux peut coïncider avec l'axe
de rotation, celui-ci restant fixe dans l'espace. L'effort à fournir
pour faire basculer la sphère est alors relativement faible, n'ayant
à vaincre que sa masse inerte au repos. Tandis que, pour basculer l'axe
des pôles dans l'espace, il faudrait modifier la loi du mouvement du
gyroscope Terre, soit mettre en jeu une quantité d'énergie des
milliards de fois supérieure à celle que nous recevons du Soleil
par seconde.
« Cependant, la Terre n'est pas exactement sphérique.
La force centrifuge due à la rotation propre produit un renflement
équatorial ; si la Terre bascule autour d'un axe autre que celui des
pôles, le bourrelet de la croûte superficielle se déplacera
comme une houle sur la masse pâteuse sous-jacente, mais une
«houle» de
b) Ce passage de la Sainte Ecriture correspond parfaitement à
notre monde présent et à la prophétie du cardinal Pie.
Rappelons que, JAMAIS, notre époque n'a été autant en
guerre contre Dieu ; elle le sera une nouvelle fois (après le
châtiment divin) au temps de l'Antéchrist, juste avant le jugement
dernier.
2) Les prédictions étonnantes du pasteur Cayce (a) et de
Philippe de Lyon
a) Est-ce une nouvelle sibylle ? Ce pasteur n’était pas
catholique, donc nous mettons de sérieuses réserves sur ses
prophéties. Toutefois, nous les citons parce qu'elles concordent avec
d'autres, plus sérieuses et peuvent être utiles pour la
compréhension de cette brochure.
Arrêtons-nous
maintenant quelques instants sur les visions du pasteur Cayce. Mort il y a
quelque cinquante ans, il ignorait forcément les travaux du professeur
Ferrada.
Cayce
était un «prophète» renommé. En avril 1929, un
courtier le consulta à propos de la Bourse, qui avait été
en plein essor pendant plusieurs années. Cayce prédit que le marché
souffrirait «d'un mouvement de
baisse qui durerait longtemps» et qu'il y aurait «une panique dans les centres financiers», y compris
Wall Street. Finalement Cayce pressa son client de «disposer de tout ce qu'il possédait». Malheureusement
le courtier ne prit pas au sérieux cet avertissement. Six mois plus
tard, il était ruiné quand le marché s'effondra, le
Vendredi Noir. Cayce prédit aussi avec précision le début
et la fin des deux guerres mondiales. Il prédit l'indépendance de
l'Inde et d'Israël, la mort des présidents Franklin D. Roosevelt et
John F. Kemiedy, et il vit comme dans une vision la découverte des
manuscrits de la Mer Morte et l'invention du laser. Il vit juste en
prédisant aussi un ouragan au Japon, un tremblement de terre en
Californie, et un raz de marée aux Philippines en 1926. Une
prédiction qui ne s'est pas encore accomplie : celle selon laquelle la
Californie tomberait dans l'océan Pacifique.
Le
1er janvier 1945, alors qu'il était confiné dans une
maison de convalescence à Roanoke, en Virginie, Cayce prédit que
ses propres funérailles auraient lieu dans quatre jours. Il ne se trompa
pas !
Cayce
fit de nombreuses prévisions concernant les dernières
années du XXe siècle. Selon lui, la démocratie ne
remplacerait pas seulement le communisme en Chine mais s'étendrait au
monde entier. Sur une note plus sombre, il
prédit de drastiques et soudains changements
à la surface de la terre, en
raison d'une modification de l'axe polaire,
avec comme résultat, la disparition du
nord de l'Europe sous l'océan, «en un clin d'œil».
«Alors arrivera le renversement de l'axe des pôles qui aura comme
conséquence que les pays à climat froid et serai-tropical
deviendront tropicaux (...) des eaux libres apparaîtront dans le nord du
Groenland». Le Japon sera détruit par des tremblements de
terre et des éruptions volcaniques ; et l'Alabama du Sud, la
Géorgie, et la Caroline du Nord et du Sud seront submergés sous
les eaux. La Troisième Guerre mondiale éclatera
en 1999, et en un an, la civilisation telle
que nous la connaissons n'existera plus.
II annonce une crise sociale aux Etats-Unis et San Francisco détruit par
un tremblement de terre. «Passons
à l'Amérique.Vu le nombre de terres et des îles de la nier
tombées au pouvoir de gens sans foi ni loi qui préfèrent
pactiser avec le diable en proclamant que la force prime le droit, tu verras
couler le sang dans ton propre pays comme au temps de la guerre civile».
«Des
guerres surgiront en Syrie dans le golfe Persique» ; «Des guerres,
des mouvements telluriques dans les profondeurs de la terre, le basculement de
celle-ci parle changement de position de son axe relativement à
l'étoile polaire. Ces changements amèneront la submersion de
certaines zones avec les inondations dues aux raz-de-marée qui
suivra». «Un signe que ceux-ci doivent arriver bientôt, c'est
comme l'ont dit les anciens, quand le soleil s'obscurcira (a)».
Si,
en effet, la terre change d'axe qu'elle qu'en soit la raison, son mouvement
habituel s'arrêtera un temps, jusqu'à cette remise en marche, le
jour et la nuit seront bloqués, puisqu'il n'y aura plus de mouvement.
Or, combien de dizaines de prophéties n'annoncent-elles pas trois
nuits et deux jours de ténèbres ?
a) L'obscurcissement du soleil ne sera-t-il pas la conséquence
du passage d'une comète, comme il y a deux mille ans ?
Philippe de Lyon, grand voyant, annonçait en 1902 : «On verra l'an 2000 mais il y aura de
grands changements. (...) le renversement des pôles amènera le
chaud à la place du froid et inversement» (Dossier
Brûlant, n. 2, 1999).
3) Les prophéties annoncent "trois jours de
ténèbres au cours
desquelles se dérouleraient des phénomènes
conséquents
au passage d'une comète
« Jour de fureur, ce jour-là !
Jour de détresse et de tribulation,
Jour de désolation et de dévastation,
Jour d'obscurité et de sombres nuages,
Jour de nuées et de ténèbres,
Jour de sonneries de cor et de cris de guerre
Contre les villes fortes et les hautes tours.
Je livrerai les hommes à la détresse
Et ils iront comme des aveugles
(parce qu'ils ont péché contre Yahvé);
Leur sang sera répandu comme de la poussière,
Leurs cadavres jetés comme des ordures.
Ni leur argent, ni leur or
Ne pourront les sauver » (Sophonie,
I, 15-18).
-
Il y a deux mille ans, l'éclipse produite par
le passage d'un «objet» ressemblant étrangement à une
comète a duré trois heures.
-
Le 13 octobre 1917 à Fatima, la Très Sainte Vierge Marie annonce
aux petits enfants que «Dieu punira
les hommes plus durement et plus sévèrement qu'Il ne les a punis
par le déluge. (...) La grande guerre surviendra dans la deuxième
moitié du vingtième siècle. Du feu et de la fumée
tomberont alors du ciel et les eaux des océans se transformeront en
vapeur, crachant leur écume vers le ciel». Ce jour-là
se réalise le miracle de la danse du soleil. Sachant que rien n'est le
fruit du hasard, doit-on y voir un rapport entre l'éclipse probable
du soleil et le châtiment divin ?
Comment un tel phénomène peut-il survenir ?
Il
suffirait pour cela d'une météorite d'un kilomètre de
diamètre. La collision de celle-ci avec la terre ferait remonter
très haut dans le ciel un immense geyser de dizaines de milliers de
fragments rocheux.
Cette
pulvérisation d'énormes masses rocheuses dans la
stratosphère peut dégager une poussière capable de se
répandre et de constituer une couche épaisse ne laissant plus
passer les rayons du soleil et faisant chuter la température de notre
globe terrestre.
Nous
allons maintenant recenser un ensemble de prophéties confortant
l'ensemble des faits accumulés :
- Marie-Julie Jahenny de La Fraudais
«La
désolation sera si grande et le châtiment si terrible que
plusieurs sécheront de frayeur et se croiront à la fin du
monde». «Il y aura trois jours de ténèbres physiques,
pendant trois nuits et deux jours il y aura une nuit continuelle». «Le Grand Coup de la main de
Dieu ne sera pas de longue durée, niais il sera si terrible que beaucoup
en mourront de peur. C'est après ce grand Coup qu'arrivera le triomphe de
l'Eglise et de la France» (Extase du 19.5.1898).
On
imagine la terreur des populations... et donc, la nécessité de
les préparer ! Elle évoque «un
mélange inexplicable de toutes sortes de désolations dans les
années qui finiront le siècle» (Dossier Brûlant,
n. 2,1999, p. 57).
«Le
plus pénible pour vous, le plus douloureux, ce sera quand, du firmament,
le soleil sera tombé dans un lieu sans lumière ; quand les
étoiles commenceront à se grouper, une multitude ensemble. Au
commencement de ce signe, vous penserez sérieusement à
l'obscurcissement du soleil.
La colère de mon Fils
parlera, avec tant d'éclat, dans son tonnerre que, même en ce
royaume, vos demeures s'écrouleront. Dans ces jours de deuil, il y aura
un nouveau tremblement de terre, moins fort que beaucoup d'autres, moins fort
qu'en beaucoup d'autres lieux. Il sera facile de le remarquer : tout tremblera,
excepté le meuble où brûlera le cierge de cire. Vous vous grouperez tout autour,
avec le Crucifix et mon image bénite. Voilà ce qui
éloignera de vous cette frayeur qui, pendant ces jours, sera cause de
beaucoup de morts.
Voici
une preuve de ma bonté : ceux qui m'auront bien servie et
invoquée, et qui garderont dans leur demeure mon image bénite, je
garderai sans dommage tout ce qui leur appartient.
Pendant
ces trois jours, je protégerai leurs bestiaux affamés. Je les
garderai, car il sera impossible d'entrouvrir une seule porte. La faim des animaux sera
rassasiée par moi, sans aucune nourriture.
La
chaleur du ciel sera si brûlante qu'elle sera insupportable, même
dans vos demeures fermées. Tout le ciel sera en feu, mais les
éclairs ne pénétreront point dans les maisons où il
y aura la lumière. Ne vous effrayez pas» (Extase du 24.3.1881).
«...
A la suite de cet orage, je ferai sortir
de terre une "brûlaison" horrible. Les chrétiens ne
pourront supporter cette odeur et cette chaleur. Mes enfants, vous n'ouvrirez
ni vos portes ni vos fenêtres. Il faut que le règne du
péché finisse. Jamais la terre et le monde n'auront
été en semblable état. Il faut en finir, ou bien toute
âme se perdra» (Extase du 9.3.1878).
«Mes
enfants, je reviens à ces trois jours de terreur. Pendant ces trois
jours, les impies, les profanateurs, les blasphémateurs et tous les
"mahomet" parcourront la terre dans les ténèbres. Ils seront tourmentés par
la mort, déjà entrée dans leur âme. Ils seront
poussés par la rage de Lucifer. Ils courront de toute leur force, comme
des monstres, en poussant des hurlements épouvantables. Ils se feront
entendre jusqu'au fond des campagnes. Vous aurez soin, nies enfants, de fermer
vos yeux et vos oreilles à ces bruits maudits. Ce sera Satan et sa rage
; ce sera l'orage de sa fureur ; ce sera aussi son dernier effort» (Extase du 22.1.1878).
«Le
feu du ciel tombera sur Sodome et principalement sur cette salle de l'enfer (a) où se fabriquent les mauvaises lois. Elle sera
ensanglantée et à sa place sera comme une immense carrière
de laquelle jusqu'à la fin du monde on ne pourra s'approcher sans
éprouver un frémissement d'horreur. Dans cette Sodome, il y aura
des endroits tellement bouleversés qu'il n'y restera pas un seul
pavé en place. Le feu du ciel se mêlera au feu de la terre» (Extase du 4 juillet 1902).
a) ... c'est-à-dire l'Assemblée Nationale.
Rappelons
cet extrait du Figaro Magazine cité
plus haut : «Imaginons qu'un astéroïde d'une centaine de
mètres s'abatte sur Paris. «Une
majeure partie de la ville serait anéantie et des centaines de milliers
de tuées sur le coup(a).»
a) Le saint curé d'Ars n'a-t-il pas indiqué le moment de
la reconquête :... lorsqu'on aura eu connaissance de la destruction de
Paris par du feu descendu du ciel ?
- Saint Vincent Ferrier (1350-1419)
«Un
temps viendra où se produira un bouleverseraient tel que jamais on n'en
a vu ni n'en reverra, si ce n'est celui du Jugement dernier. L'Eglise
pleurera... C'est encore loin pour l'instant, niais cela arrivera
indubitablement, à peu près au temps où deux hommes se
proclameront rois, niais leurs jours seront de courte durée. Vous verrez
un signe, vous ne le reconnaîtrez pas ; niais sachez qu'à cette
époque les femmes se vêtiront comme les hommes et se comporteront
selon leur bon plaisir ; et les hommes s'habilleront comme des femmes» (13.9.1403).
- Saint Césaire d'Arles (470-542)
Le
saint évoque ainsi un châtiment sur Paris : «Le fer et le feu enserrent la Babylone de la Gaule qui tombe
dans un grand incendie».
- La Vénérable Anne-Marie Taigi (1837) :
«Dieu
enverra deux châtiments : l'un sous la forme de guerres,
révolutions et dangers qui viendront des hommes ; l'autre viendra du
ciel. La terre sera plongée dans une obscurité profonde qui
durera trois jours et trois nuits. On ne verra rien, l'air deviendra
pestilentiel et nocif, non seulement pour les ennemis de la religion, niais
pour tous les humains.
Pendant
ces trois jours de ténèbres, la lumière artificielle sera
inefficace, seuls les cierges bénits éclaireront ; les
fidèles devront rester chez eux à réciter le chapelet pour
demander à Dieu miséricorde.
Tous
les ennemis de l'Eglise périront sur toute la terre pendant cette
obscurité universelle, à l'exception de quelques-uns qui se
convertiront...
Saint Pierre et Saint Paul
interviendront dans l'élection d'un nouveau Pape (a).
a) Ceci vient confirmer la prophétie de la
Vénérable Elisabeth Canori Mora et le bilan que l'on peut faire
de la situation actuelle où le siège de Pierre est
usurpé par les pires ennemis de l'Eglise. Un constat honnête de l'éclipse de l'Eglise (suite de la note 106) ... montre en effet
qu'aucune solution humaine ri est possible. Seule, en effet, une intervention
divine peut permettre de sortir de la situation présente.
Des
millions d'hommes mourront par l'épée, les uns à la
guerre, les autres dans des luttes civiles ; d'autres millions périront
d'une mort imprévue. Une renaissance universelle suivra cette
épreuve. Ce changement surviendra au moment où l'Eglise semblera
avoir perdu les moyens humains de faire face aux persécutions»
(1837).
Ce
qui est certain, c'est que tout ira vite, très vite. Toutes les
prophéties s'accordent sur ce point : le cataclysme sera «instantané, de courte
durée, mais terrible».
Anne-Marie Taïgi, du tiers-ordre de la Sainte Trinité,
mère de huit enfants, annonçait à la fin du
XVIIIème siècle : «Celui
qui, par curiosité, ouvrira sa fenêtre au moment du fléau
ou qui sortira par la porte, tombera mort à l'instant même».
- La vénérable Sœur Nativité (1731-1798) ou Jeanne Le Royer
«Les
méchants trament des complots contre mon Eglise, mais selon les
décrets de ma justice, ils périront et leurs lois sacrilèges
seront abrogées. Oui... ils périront ; c'est décidé
; la sentence est prononcée !
De
mon bras puissant, je les précipiterai comme la foudre au fond de
l'abîme où ils tomberont aussi rapidement et avec autant de
violence que Lucifer et ses acolytes».
(...)
«Mais voici ce que Dieu voulut bien me faire voir dans sa lumière.
Je commençai à regarder dans la lumière de Dieu, le
siècle qui doit commencer en 1800 ; je vis par cette lumière que
le jugement n'y était pas, et que ce ne serait pas le dernier
siècle. Je considérai, à la faveur de cette même
lumière, le siècle de 1900, jusque vers la fin, pour voir
positivement si ce serait le dernier. Notre Seigneur me fit connaître, et
en même temps nie mit en doute, si ce serait à la fin du
siècle de 1900, ou dans celui de 2000. Mais ce que j'ai vu, c'est que si
le jugement arrive dans le siècle de 1900, il ne viendrait que vers la
fin ; et que s'il passe ce siècle, celui de 2000 ne passera pas sans
qu'il arrive, ainsi que je l'ai vu dans la lumière de Dieu».
Dans
la mesure où notre époque semble être une
préfiguration de ce que sera l'avènement de l'Antéchrist
et donc de la fin, tout nous porte à croire que le châtiment divin
attendu ressemblera au châtiment final Voici maintenant ce que la
mystique voit de la fin du monde.
«Le
soleil, devenu obscur et ténébreux, s'arrêta dans sa
course... Tous les astres demandent à être purifiés des
forfaits dont on les a rendus témoins par une espèce de
complicité... ; plus fortement encore, la terre crie vengeance contre
l'ingratitude des pécheurs et veut être purifiée des
abominations dont ils l'ont souillée et rendue le théâtre
impur... la mer, le feu, l'air et tous les éléments, tout prend
un langage de vengeance qui sollicite la justice divine contre les
pécheurs... Aussitôt j'entends
une voix toute puissante qui dit : «Oui, voici
le moment où je vais tout renouveler... Je vais faire de nouveaux cieux
et une nouvelle terre... et cela se fera dans un clin d'œil». Un
feu prodigieux parti du firmament et répandu dans les airs, descend sur
la terre, où, dans la minute, il a tout consumé, tout
détruit, tout purifié, sans qu'il y reste un seul vestige de
souillure. Ainsi se fera par le feu cette purification substantielle, cette
admirable rénovation des éléments et de la nature
entière, dont il résultera une nouvelle terre et de nouveaux
cieux».
- Marie des Vallées
Nous
avons trouvé des écrits intéressants de celle que l'on
appelle «la sainte de
Coutances», Marie des Vallées. Voici quelques extraits de ses
écrits :
«Marie
ne souffrait pas seulement pour les âmes de son temps, mais aussi pour
celles qui vivraient avant le commencement du Grand Jubilé,
c'est-à-dire le temps de la Grande Tribulation.
Quand
elle nomma Jésus «Roi du
ciel et de la terre», Il l'interrompit brusquement : «Non, pas de la terre, c'est le
péché qui y règne. Mais le chasserai et le
détruirai bientôt ce monstre et Je régnerai dans tout
l'univers». Marie elle-même a annoncé : «Le temps viendra, après une
crise universelle qui doit arriver, où il n'y aura plus que la justice
sur terre, et le péché sera banni».
Puisque
Dieu lui avait parlé d'une conversion universelle, elle s'offrit comme
victime expiatrice afin que celle-ci puisse se réaliser, «et Dieu, écrivit saint jean
Eudes, exauça sa prière». «Je vis, raconta-t-elle,
venir la Force sur un cheval blanc, qui symbolise la joie. Elle portait en
croupe la Vérité. Elle nie donna un grand papier sur lequel il y
avait des inscriptions et nie dit : Voilà le Jubilé que je t'ai
promis. Et Notre-Seigneur m'a dit encore que l'expiation générale
ne se fera qu'après un grand et épouvantable signe qui arrivera,
niais Il ne m'a pas expliqué quel sera le signe».
Marie
vit le péché sous la forme d'un serpent à trois blessures
(le péché des prêtres, celui des chefs d'Etat, et celui du
peuple) qui se mordait la queue, c'est-à-dire qui se détruisait
lui-même. Notre-Seigneur dit à Marie : «Va-t-en dire une chose trois fois triste. Ce sont, dit-II,
ces paroles : Spiritus Domini replevit orbem terrarum, ce qui s'entend du temps
où le Saint-Esprit mettra le feu de l'Amour divin par toute la terre et
qu'il fera son déluge. Car il y a trois déluges, qui sont tous
trois tristes et qui sont envoyés pour détruire le
péché. Le premier déluge est celui du Père Eternel,
qui a été un déluge d'eau, le second est celui du Fils qui
a été un déluge de sang ; le troisième est celui du
Saint-Esprit qui sera un déluge de feu. Mais il sera aussi triste que
les autres puisqu'il trouvera beaucoup de résistance et quantité
de bois vert qui sera difficile à brûler. Deux sont passés,
mais le troisième reste ; et comme les deux premiers ont
été prédits longtemps avant qu'ils n'arrivassent, ainsi en
sera-t-il du dernier dont Dieu seul connaît présentement le
temps»« (Irmgard Hausmann : «Marie des Vallées, âme
expiatrice pour le temps de la conversion générale», pp.
26-29).
- Le Vénérable Père Bernard-Marie Clausi, religieux
«...
Ce fléau se fera sentir partout et
sera si terrible que chaque survivant croira qu'il a été, seul,
épargné (a). Le monde se repentira et deviendra bon. Ce
châtiment sera très court mais effrayant. Avant que ces
événements surviennent, le mal aura fait tant de progrès
sur la terre que les dénions sembleront être sortis de l'enfer, et
la persécution des méchants contre les justes sera si violente
que ceux-ci souffriront un véritable martyre. Les choses arriveront
à leur paroxysme, mais quand l'homme, dans son impuissance, croira tout
perdu, Dieu Lui-même remettra tout en ordre en un rien de temps, comme du
matin au soir».
a) Les prophéties s'accordent sur un tout petit nombre de
survivants : entre un quart et un tiers de l'humanité.
- Vision de la religieuse trappistine de Chemillé (diocèse
d'Angers), morte en odeur de sainteté en 1828.
«Le
jour des Rois 1820... j'entendis des voix nombreuses qui criaient d'un ton
terrible ; et dans ce moment, je me crus demi-morte. Mais j'eus encore plus
peur quand j'entendis plus distinctement par trois fois les mêmes voix
qui disaient : «Nous sommes vainqueurs,
nous avons la victoire !».
Au
moment où les voix prononçaient ces paroles, tout d'un coup, je
vis que le ciel devint une nuit profonde ; je n'avais rien vu de si obscur.
Cette obscurité fut accompagnée d'un éclat de tonnerre
venant à la fois des quatre parties de la terre.
Il
m'est impossible de vous peindre quelle fut ma frayeur. Le ciel devint tout en
feu ; il lançait de toutes parts des flèches enflammées ;
et il se faisait un bruit si terrible qu'il paraissait annoncer la ruine entière
du monde.
J'aperçus
alors un gros nuage rouge, couleur de sang de bœuf ; ce nuage roulait de
tous côtés et me donnait bien de l'inquiétude, ne sachant
ce qu'il signifiait.
Cependant j'aperçus une multitude d'hommes et de femmes qui
avaient des figures à faire peur ; ils vomissaient des blasphèmes
horribles contre tout ce qu'il y a de plus sacré au ciel et sur la
terre. J'en ressentis une si grande peine, que je l'éprouve encore
maintenant. Ce qui me surprit le plus, ce fut de voir à la tête de
ces malheureux, quelques-uns de ceux qui, par leur état, doivent les
porter au bien et qui les poussaient au mal.
Le
tonnerre grondait toujours dans les airs d'une manière effrayante
lorsque j'entendis une voix qui me dit : «Ne
crains pas ! Mon courroux tombera sur ceux qui ont allumé ma
colère ; ils disparaîtront dans un moment. Tout l'univers sera
étonné d'apprendre la destruction de la plus belle, de la plus
superbe ville ! Je dis : superbe, par ses crimes ; car je l'ai en abomination.
Elle a empoisonné toutes les nations avec sa malheureuse philosophie qui
répand partout l'impiété ; c'est cette maudite Babylone
qui s'est enivrée du sang de nies saints ; elle veut encore le verser...
Elle mettra le comble à ses horribles forfaits ; et moi je lui ferai
boire le vin de ma colère ; tous les maux tomberont à la fois sur
elle dans un instant».
Je
n'entendis plus la voix mais un bruit effroyable ; le gros nuage se divisa en
quatre parties qui tombèrent à la fois sur la grande ville et en
un instant elle fut tout en feu. Les flammes qui la dévoraient
s'élevèrent dans les airs ; et de suite, je ne vis plus rien
qu'une vaste terre noire comme du charbon».
- Le bienheureux Benoît-Joseph Labre, le R.P. Nectou, Marie
Martel, Mélanie, Soeur Palma d'Oria et le Vénérable Barthélemy
Holzauser
Le bienheureux Benoît-Joseph Labre :
«Paris
(a) sera détruit à cause de ses blasphèmes ; une pierre
n'y restera pas sur l'autre» (Lettre au pape Pie
VI).
a) Le saint Curé d'Ars a également annoncé la
destruction de Paris par le feu, signe du retour d'une monarchie très
chrétienne et du triomphe de l'Eglise.
Le R.P. Nectou, jésuite, mort à Bordeaux en odeur de
sainteté en 1777 dit en
1760 :
«Durant
ce bouleversement épouvantable qui, paraît-il, sera
général, et non pas pour la France seulement, Paris sera
entièrement détruit, non sans qu'il y paraisse des signes qui
mettront les bons à même de s'enfuir ; et sa destruction sera si
complète, que vingt ans après, les pères se promenant avec
leurs enfants sur les ruines et répondant à leurs enfants diront
: il y avait là une grande ville mais à cause de ses crimes, Dieu
l'a détruite».
On peut lire dans les notes de Marie Martel en janvier 1897 :
«La
Sainte Vierge supplie les yeux tournés vers le ciel, et puis, se retournant
vers moi, elle me dit : «Oh !
Paris. Paris n'a pas respecté les lois de mon divin Fils... il sera
châtié et détruit par le feu... Il y aura peu de monde qui
restera... Ceux qui resteront ne se reconnaîtront pas... Paris sera
détruit par le feu s'ils refusent de se convertir... voilà la
punition qui lui est réservée !».
Ajoutons
cette confidence que fit la voyante de
La Salette, Mélanie, en 1896 alors qu'elle était à
Paris, près de la Seine. Elle eut une vision qu'elle confia à
l'amie qui l'accompagnait :
«Vous
voyez la Seine ? Si vous saviez combien de gens y viendront et y seront
jetés ! Et ce n'est pas tant ceux qu'on y jettera--il y en aura
certainement- niais le plus grand nombre viendra s'y jeter, tout affolé,
fuyant le feu qui sera suspendu au-dessus de la ville ! Ils s'y jetteront comme
fous de terreur, croyant éviter ainsi ce feu menaçant !».
Sœur Palma d'Oria signale :
«Il
y aura une éclipse totale de trois jours. Pas un démon ne restera
en enfer, tous en sortiront et l'air en sera corrompu. Ce sera là la
dernière plaie».
Le Vénérable Barthélemy Holzauser fait
référence aux plaies d'Egypte :
«Trois
jours durant, la terre sera plongée dans l'obscurité la plus
complète ; comme jadis en Egypte, l'Ange exterminateur abattra tous ceux
qui se sont dressés contre Dieu et contre la religion ou bien ont
poursuivi l'Eglise et les prêtres de leur haine satanique».
- Saint jean Bosco
Lire
ses allusions à un grand feu qui purifiera tout et anéantira les
œuvres d'iniquité des hommes, rappelle la prophétie de saint
jean Bosco qu'il fit deux cents ans après la sainte de Coutances :
«...le
Pape se mit en marche et les rangs de la procession commencèrent
à grossir. Lorsqu'il pénétra dans la Ville sainte, il se
mit à pleurer sur la désolation dans laquelle se trouvaient les
habitants dont beaucoup n'étaient plus. Rentré à
Saint-Pierre, il entonna le "Te
Deum" auquel répondit un chœur d'anges qui chantaient "Gloire à Dieu dans les Cieux et
paix sur terre aux hommes de bonne volonté".
«Le
chant terminé, l'obscurité cessa tout à fait et un soleil
resplendissant se mit à briller. Les villes, les villages et les
campagnes voyaient leur population très diminuée. La terre
semblait garder la trace d'un ouragan et d'une pluie d'eau ou de grêle et
les gens allaient les uns vers les autres en disant : «Oui vraiment, il y a un Dieu en
Israël». (Memoria,
t. IX Appendice B)» (extraits
de notre brochure «Songes prophétiques
de don Bosco sur la fin de la crise présente», p. 15).
- Le Livre de
l'Apocalypse
Dans
le livre de l'Apocalypse (VI, 12-15) il est écrit :
«[
...] Il se produisit un tremblement de terre énorme et le Soleil devint
noir comme un sac de crin, et toute la lune se transforma en sang»,
«et les étoiles tombèrent sur la terre...», «et
le ciel disparut comme un livre qui est enroulé, et toutes les montagnes
et les îles furent déplacées» (peut-être un
déplacement de l'axe terrestre à la suite de la chute du corps
céleste sur la terre ; les endroits de la terre se déplacent par
rapport aux positions des étoiles et en particulier aussi du soleil ; le
déplacement subit et apparent des étoiles dans le ciel pourrait
faire croire que l'on enroule un livre, n.d.l.r.). «Et les rois de la
terre et les dignitaires et les chefs de la guerre et les riches et les
puissants et chaque esclave et homme libre se cachèrent dans les creux
et fentes de rochers des montagnes».
Dans
l'Apocalypse (VIII, 8-11), il est aussi écrit : « [...] Et comme
une grande montagne ardente de feu fut jeté dans la mer» (pourrait-il
s'agir d'un astéroïde, n.d.l.r.). «Et le tiers des eaux se
transforma en sang, et le tiers des créatures animées de
l'océan mourut, et le tiers des bateaux fut détruit [...]. Et il
tomba du ciel une grande étoile qui brûlait comme une torche, et
elle tomba sur le tiers des fleuves et sur le tiers des sources [...] et
beaucoup de gens moururent de l'eau, car elle était devenue
amère». «Et le tiers du soleil et le tiers de la lune et le
tiers des étoiles furent frappés, de sorte que leur tiers fut
assombri et que le jour perdit un tiers de sa clarté et la nuit
aussi».
Le
nuage de poussière soulevé par l'impact d'un
astéroïde et par le réveil de l'activité volcanique
(sur ce plan les choses sont déjà bien commencées) aux
quatre coins de la planète occulterait vraisemblablement le soleil
pendant plusieurs jours.
Ces
prophéties nous inclinent à projeter nos regards vers le ciel et
à craindre un tremblement de terre comme celui du Vendredi Saint.
Le grand auteur anti-libéral Louis Veuillot nous éclaire
sur le pourquoi d'un tel châtiment :
«L'illusion
libérale n'est pas seulement vaine au fond, elle a des conseils de
faiblesse et de mensonge qui révèlent sa misérable
origine. Cette fausse fierté dont elle s'enveloppe là où
il faut obéir, ne déguise pas assez les complaisances qu'elle
prodigue là où il convient de résister. Elle ne peut
longtemps abuser des âmes faites pour la vraie grandeur. Chez les
catholiques, l'ardente droiture et l'élévation du cœur
redressent les travers de l'esprit. Si ce siècle semble nous promettre
une longue période de médiocres combats sans victoire apparente,
des abaissements de toute sorte ; si nous devons être raillés,
bafoués, expulsés de la vie publique ; s'il faut, dans ce martyre
du mépris, subir le triomphe des sots, la puissance des pervers et la
gloire des faquins, Dieu de son côté réserve à ses
fidèles un rôle dont ils ne refuseront pas et ne
méconnaîtront pas la féconde et durable splendeur. II leur
donne à porter sa vérité diminuée et réduite
comme un flambeau d'autel qu'on peut mettre aux mains d'un enfant, et il leur
commande de braver tout cet orage ; car pourvu que leur foi ne faiblisse pas,
la flamme vivante non seulement ne sera pas éteinte, mais ne vacillera
même pas. Non, elle ne sera pas éteinte et ne vacillera pas ! La
terre nous couvrira de ses poussières, l'Océan nous crachera ses
écumes, nous serons foulés aux pieds des bêtes
lâchées sur nous, et nous franchirons ce mauvais passage de
l'histoire humaine. La petite lueur placée dans nos mains
déchirées n'aura pas péri ; elle rallumera le feu
divin».
«Pendant
le cours de l'épreuve et du châtiment, que notre parole,
confessant la vérité, ne cesse de heurter à la porte du
pardon ; elle en hâtera le jour. Le monde est en voie de perdre avec le Christ
tout ce que le Christ lui avait donné. La Révolution dissipe ce
royal héritage en se targuant de le conquérir. Tout va à
la tyrannie, au mépris de l'homme, à l'immolation des faibles, et
tout cela s'accomplit au nom de la liberté, de l'égalité
et de la fraternité. Conservons la liberté de proclamer que Dieu
seul est Dieu, et qu'il faut n'adorer que lui et n'obéir qu'à
lui, quels que soient les maîtres que son courroux laisse passer sur la
terre. Conservons l'égalité, qui nous enseigne à ne plier
nos âmes ni devant la force, ni devant les talents, ni devant les
succès, mais devant la seule justice de Dieu. Conservons la
fraternité, cette fraternité vraie qui n'existe et ne peut
exister sur la terre que si nous y maintenons la paternité et la
royauté du Christ ». («L'illusion
libérale»)
Le R.P. Dupraz, missionnaire de la Salette, curé de Weyburn,
écrit en 1911-1912, donc avant l'apparition de la Sainte Vierge à
Fatima :
«La
dévotion à Notre-Dame du Mont Carmel sera la grande
dévotion envers la Sainte Vierge dans les derniers temps, ainsi
qu'Elle-même l'a déclaré. Ayant été connue et
honorée en ce lieu, sous ce titre, longtemps avant sa naissance, par le
prophète Elie et ses disciples, c'est sous ce titre qu'Elle veut
être honorée en dernier lieu ; et c'est sous ce titre qu'elle
exercera sa royauté future, royauté qui amènera le nouveau
Règne du Sauveur, comme l'a prophétisé saint Grignon de
Montfort. Ce sera sous ce titre qu'Elle régnera dans les derniers temps,
sur le monde converti par les terribles calamités qu'elle a
prédites, calamités qui jetteront les hommes dans la terreur.
Devant ces calamités, les hommes, ou se convertiront ou mourront de
peur, et ce sera alors un monde nouveau sur lequel Marie Immaculée
régnera en Souveraine pour son Divin Fils».
(Extrait de lettres inédites)
Septembre 1999.
Nous
apprenons de quelques lecteurs (information
confirmée sur plusieurs sites Internet) que la comète Lee - dans la
constellation dite du Rocher - a été rendue visible le 11
août. Venue de derrière le soleil, sa vitesse comme sa trajectoire
causent actuellement des migraines aux astronomes. Visible durant plus d'une
dizaine de jours, elle était reconnaissable car plus brillante que
l'étoile dite du Berger. Depuis la publication de ce livre, il y a six
mois, une question se pose : l'actuelle suractivité sismique de la terre
doit-elle être imputée aux effets gravitationnels d'un astre
massif en train d'approcher ? Nous attendons des informations de la NASA qui
tendraient à le confirmer.
Lisez
ce document avec une grande attention.
- - - - - - - - - - - -
DÉFENSE DU SECRET DE LA SALETTE
Ou
« Il(s) ne mérite(nt) pas une image pour cela ».
Par Maurice Canioni, extrait de la revue
« SOUS LA BANNIÈRE »,
« Les Guillots » 18260 VILLEGENON.
« Eh bien ! Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon
peuple.»
Le titre (au singulier) est une parole de Mélanie Calvat,
bergère de La Salette, en religion Sœur Marie de la Croix, à
l'adresse de Mgr Caterini pour sa lettre du 14 août 1880 contre le Secret
donné par la Mère de Dieu.
« Maximin, vois-tu là-bas ? Ah ! Mon Dieu ! »
Le Secret de La Salette contient des prophéties qui sont la
quintessence des prophéties bibliques, une histoire anticipée de
l'Eglise jusqu'au Jugement général. Abbé Paul GOUIN
[1]
Le Secret de La Salette est un APPEL pressant, insistant, plein d'amour
et avec larmes, de la Mère de Dieu, à observer les Commandements
de DIEU et de l'Eglise, à cesser d'offenser JESUS, son Divin FILS,
à revenir à la vraie Foi, à la prière, à la
pratique de la pénitence intérieure et extérieure. Le
Secret de La Salette ANNONCE de graves châtiments pour l'Eglise, la
France, l'Europe et pour toute la terre, si le clergé, les
chrétiens et les hommes en général «ne font pas
cas» de ces miséricordieux avertissements. Il est donc LUMIERE
pour comprendre le temps dans lequel il nous est donné de vivre et FORCE
pour le vivre selon les voies de Dieu.
PRÉAMBULE
Jésus, dont la main s'alourdit et s'appesantit à cause de
l'iniquité et de l'impiété grandissantes et
universalisées, avait naguère chargé sa Mère
Bien-Aimée d'adresser aux coupables, clercs et laïcs [simples fidèles], une redoutable mise
en garde assortie d'un remède providentiel et de la promesse d'un
nouveau printemps de l'Eglise. Mais son dessein miséricordieux qui
devait être transmis à tout son peuple fut mis sous le boisseau,
et il était devenu impossible aux hommes de ce temps d'Apostasie de
retirer du céleste message les fruits spirituels qui leur étaient
destinés car, dit l'abbé Paul Gouin, « des
prophéties de La Salette sont la quintessence des prophéties
bibliques, une histoire anticipée de l'Eglise jusqu'au Jugement
Général. Conformons-nous surtout à leur esprit qui est un
esprit d'Enfance spirituelle uni à un esprit d'Oblation. Notre divine
Mère du Ciel réclame des âmes généreuses qui,
conscientes de l'ignominie d'un monde sans Dieu, participent à son
rachat par une vie crucifiée ».
[2]
Quelques bribes du message intégral de Notre Dame de La Salette
perduraient cependant encore pieusement dans la mémoire des
fidèles et les évènements religieux de ces
dernières décennies semblaient, aux yeux de plusieurs, lui donner
un regain d'actualité. Ce céleste Message vient d'être
tiré aussi brutalement qu'inopinément de sa torpeur. Afin de le
remettre en pleine lumière, la Sagesse éternelle, pour
exécuter ce qui lui plaît
[3]
non sans humour, n'a pas choisi les services de quelque apôtre
marial ou de quelque dévot de La Salette, mais ceux d'adversaires
résolus et virulents auxquels nous souhaitons d'être vaincus par
la Belle-Dame comme l'ont été les Barbares envahisseurs et
démolisseurs de l'Empire romain, par le doux Agneau qui a changé
ces féroces païens en appelés, en élus, en
fidèles.
[4]
Les actuels négateurs et détracteurs du Secret fondent
leur opposition catégorique et opiniâtre sur «quatre»
condamnations qu'ils présentent comme étant la pensée
officielle de l'Eglise
[5]
et, pour emporter l'adhésion définitive de leurs lecteurs
hésitants ou récalcitrants, ils brandissent la menace de la
désobéissance aux lois ecclésiastiques.
[6]
Mon Dieu ! Mais tout cela est présenté d'une
manière gravement tronquée, procédurière,
partisane, mensongère et, de plus, gravement calomnieuse à
l'égard de Mélanie. Il est clair qu'en discréditant le
témoin on ne peut pas ne pas discréditer le témoignage sur
lequel la valeur historique de l'Apparition elle-même est fondée.
Saint Thomas d'Aquin a écrit qu'un seul témoignage suffit
à établir l'authenticité d'un fait quand il émane
d'un homme digne de foi.
Parmi d'innombrables témoignages de la vertu de Mélanie,
nous n'en choisirons qu'un, celui de la Communauté des Visitandines de
Rome à laquelle Mélanie fut confiée par Léon XIII,
pour qu'elle puisse rédiger la Règle donnée par la
Mère de Dieu et les Constitutions. «... Sa conduite et ses paroles
nous eurent bientôt révélé quelle grande
sainteté se renfermait dans cette âme d'élite... Il nous
est impossible de dire toutes les vertus qu'on a vu pratiquer à cette
grande servante de Dieu ; seulement nous pouvons assurer que c'était une
âme toute abîmée en Dieu, sans que la moindre affectation la
rendît singulière. Ses paroles étaient toujours bonnes et
édifiantes et elle mettait ses délices à parler de la
Très sainte Vierge.
Humble et reconnaissante, elle se réputait indigne des petites
attentions qu'on lui témoignait, disant agréablement, dans ces
occasions-là, qu'elle n'était qu'une bonne et simple
bergère. ..
Avant qu'elle nous quittât, notre très honorée
Mère voulut nous ménager la consolation d'entendre de sa bouche
le récit de l'Apparition de la sainte Vierge sur la Montagne de La
Salette. Mélanie obéit et, en présence de toute la
Communauté, elle nous raconta cette merveilleuse Apparition avec tant de
simplicité et d'humilité que vers la fin tout le monde en fut
touché jusqu'aux larmes; et nous restâmes grandement
édifiées.»
[7]
Mélanie était stigmatisée depuis son enfance. Cela
est attesté par des membres proches de sa famille, par plusieurs prêtres
et par plusieurs religieuses de différentes communautés où
elle a vécu.
Don Bosco fut calomnié près de saint Pie X et il en
souffrit. Padre Pio le fut également par son évêque,
pourtant respectable, ce qui valut au stigmatisé l'interdiction de confesser
et de célébrer la messe en public, pendant de longs mois. Les
bergers de La Salette ont pâti tous les deux des attaques de plusieurs
clercs et même d'évêques. Leurs appels à la
conversion et les reproches de la Mère de Dieu aux prêtres et aux
princes de l'Eglise, ne dérangeaient guère moins que la
prédication du Christ les scribes et les pharisiens. Oui, les secrets
dérangent toujours, surtout celui de Mélanie.
« Le secret de Mélanie, écrit Maria Winowska, est
à tel point imbibé des larmes de la très Sainte Vierge que
tout l'enfer se coalisera pour le noyer en des flots d'encre et de fiel. (...)
Imaginez-vous un texte dans le style de Jérémie, violent et
âpre comme certaines strophes du MAGNIFICAT ? »
I - En premier lieu nous montrerons la véritable attitude de
l'Eglise à l'égard du Secret, celle que nous devons croire.
II - Ensuite, nous ferons des rectifications et des observations
particulièrement nécessaires et importantes au sujet des
"quatre" condamnations auxquelles se réfèrent les
actuels détracteurs du Secret, condamnations qui se
révèleront être, soit sans valeur juridique et (ou)
canonique (1915 et 1923), soit purement et simplement inexistantes (1880 et
1957).
III - Nous prouverons enfin que ces « quatre »
condamnations sont les fruits d'une véritable cabale.
IV - Nous terminerons en abordant les conséquences spirituelles
et religieuses de la mise au tombeau du Secret.
V- Pour conclure, nous nous interrogerons sur l'attitude de quelques
clercs traditionalistes, à l'encontre du Secret de Mélanie.
I - Les approbations de l'Eglise sur le fait et le secret de La
Salette.
L’Eglise s'est réellement prononcée sur l'origine
divine du Secret de La Salette, elle en a autorisé la diffusion et en a
recommandé les enseignements. Voici comment et en quelles circonstances.
Mgr De Bruillard, évêque de Grenoble en 1846, fit
procéder à une minutieuse, rigoureuse et longue enquête
canonique sur le fait de l' Apparition, mais étant donné que les
Secrets des bergers en faisaient intégralement partie (cela est une
donnée historique que seule, la mauvaise foi conteste à partir de
1875) et qu'ils pouvaient être dirimants pour la cause, et avant de
déclarer authentique l'Apparition, il suspendit son jugement à
l'avis de Pie IX auquel il fit porter les Secrets rédigés par
Maximin et Mélanie. Au préalable, il avait pris la
précaution de lire les textes afin de ne pas soumettre au Pape quelque
chose d'inconvenant ou d'indigne de lui. La réponse vint de Rome fin
août 1851 portée par l'abbé Rousselot, l'envoyé de
Mgr de Bruillard :
« Rien, dans les secrets lus par Pie IX et communiqués par
lui au Préfet de la Congrégation des Rites, le cardinal
Lambruschini, secrétaire d'Etat, ne s ' oppose à ce que
l'évêque diocésain ne rende son jugement »
[8]
Le projet du Jugement doctrinal de reconnaissance fut adressé au
préfet des Rites qui répondit au chanoine Rousselot par une sorte
de «Nihil obstat» que résume ainsi J. Stern :
« II a lu le Mandement ‘’très
attentivement’’. A son avis, l'évêque de Grenoble a
observé ‘’les règles de la sainte
Eglise’’. La lecture ‘’n'a rien laissé à
désirer’’ au Cardinal, surtout par l'examen de l'événement
qui a été poussé avec édifiante et tout à
fait louable rigueur »
[9]
Ainsi encouragé par Pie IX, personnellement saisi de l'affaire,
à reconnaître l'Apparition, et par l'autorité
compétente, Mgr de Bruillard publia le 19 septembre suivant son
Mandement par lequel il déclarait « indubitable et certaine
» l'Apparition de La Salette et dans lequel, il précisait :
« Ainsi est tombée la dernière objection que l'on
faisait contre l'Apparition, savoir qu'il n’y avait point de secret, ou
que ce secret était sans importance, puéril même, et que
les enfants ne voudraient pas le faire connaître à l'Eglise
».
[10]
Son successeur, Mgr Ginoulhiac confirmera l'authenticité de
l'Apparition. Cela est rapporté avec précision et rigueur par
Louis Bassette (qui ne peut être taxé de
désobéissance aux lois ecclésiastiques).
[11]
dans son livre « Le Fait de La Salette »,
[12]
ainsi que par Corteville Michel.
[13]
Mgr de Bruil1ard, évêque de Grenoble, n'a promulgué
le Mandement de 1851 qu'avec l'autorisation de Rome et après que Pie IX
ait eu personnellement en mains les Secrets des bergers. Et si les Secrets
avaient dû être exclus du Jugement doctrinal de 1851, Pie IX aurait
pris le soin de le spécifier à l'Ordinaire du lieu, ce qu'il n'a
pas fait. Donc, en proclamant « indubitable et certaine » l'Apparition
(Art. I), Mgr de Bruil1ard a proclamé ipso facto, indubitables et
certains les Secrets. Et si l'on vient à nier ou à séparer
une partie quelconque de ce tout, on sape par la base toute l'Apparition.
Michel Corteville
[14]
écrit : ‘’Six mois après la reconnaissance de
l'apparition, officieusement confirmée par divers "brefs" et
"induIts" liturgiques, E. Millon a recueilli cet écho de
Rome’’ :
« Le 12 avril (1852), le R. P. Quéloz, procureur des
Rédemptoristes, écrivait de Rome à l'abbé Rousselot
ces paroles remarquables : « On ne parle pas à Rome du Secret des
enfants confié à Sa Sainteté, sinon que les prières
nouvellement prescrites pour le Jubilé, peuvent y avoir rapport.
Peut-être Sa Sainteté a-t-elle confié ce Secret "sub
alio secreto rigidissimo" à quelques Cardinaux ou
Prélats...»
[15]
En la personne de S. S Pie IX, en celles du Cardinal Lambruschini et de
Mrg de Bruillard par le fait capital de son Mandement de 1851, puis en celle de
Mgr Ginoulhiac par son Mandement de1854, il est certain que l'Eglise qui ne
peut ni se tromper ni nous tromper a reconnu l'origine divine des Secrets et
leur conformité à la Foi et à la Morale. S'il en avait
été autrement, l'apparition de la Salette aurait
été déclarée pour le moins douteuse et l'affaire
serait classée depuis 150 ans.
Le soleil n'est pas plus lumineux. La mauvaise foi des
détracteurs les rend réfractaires à cette lumière ;
qu'ils soient simples prêtres ou mitrés, ils se rendent coupables
d'une imposture en retranchant de l'Apparition la «Grande nouvelle»
que, dès les premiers mots de son discours commun aux deux bergers, la
Mère de Dieu est venue annoncer à son peuple : « Avancez,
mes enfants, n'ayez pas peur ; je suis venue vous annoncer une grande nouvelle
». Sanctifier le dimanche, ne pas jurer, respecter l'abstinence de viande
le vendredi n'étaient pas des nouveautés en 1846 ! La «
Grande nouvelle », inimaginable et incompréhensible au XIXe
siècle était : « Rome perdra la Foi et deviendra le
siège de l'Antéchrist..., L'Eglise sera
éclipsée..., Rome païenne disparaîtra...»
[16]
Aujourd'hui, certains traditionalistes ne voient pas (ou feignent de ne
pas voir) que la Hiérarchie conciliaire dont ils dénoncent la
dérive et même l'Apostasie
[17]
réalise la prophétie de 1846.
Cette « Grande nouvelle » a fait trembler de rage
les loges dont le plan était ainsi, sinon dévoilé, du moins confirmé par le Ciel lui-même, et qui voyait se
dresser contre elles… forte comme une armée rangée en
bataille, Celle qui doit écraser la tête du serpent infernal,
[18]
leur chef et leur dieu.
Ce n'est pas tout.
Entre 1871 et 1874, Monsieur Girard publia plusieurs ouvrages contenant
le Secret avec des explications et la défense de la réputation
des Bergers. Pour trois de ces ouvrages, il reçut, tour à tour,
la bénédiction autographe de Pie IX.
[19]
Le 3 décembre 1878, au cours d'une longue et
émouvante audience, il y eût un dialogue mémorable entre
Léon XIII et Mélanie. Le Pape lui commanda de se rendre à
La Salette pour y diffuser son message et y fonder l'Ordre de la Mère de
Dieu ; cela ne se fera pas à cause de la
révolte ouverte de Mgr Fava (infra III et IV). Le Souverain Pontife
commanda également à Mélanie d'écrire la
Règle de l'Ordre des Apôtres des derniers temps et les
Constitutions, ce qu'elle fit. Cet Ordre se trouve dans
le Secret :
«... enfin j'appelle les Apôtres des derniers temps, les
fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un
mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et
l'humilité, dans la chasteté et dans l'union à Dieu, dans
la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu'ils sortent et viennent
éclairer la terre...» ; la Règle donnée par la
sainte Vierge fait suite au Secret.
Dans une autre circonstance, le samedi saint de l'an 1880, Léon
XIII déclara au cardinal Ferrieri et au RP Fusco à propos du
Secret qu'ils venaient de lui remettre : « Ce document doit être
publié »,
[20]
et il commanda à l'avocat Amédée Nicolas de
« rédiger une brochure explicative du Secret tout entier afin que
le public le comprenne bien ».
[21]
L'abbé Hector Rigaux, curé d'Argoeuvres dans la Somme
pendant plus de quarante ans, qui avait intimement connu Mélanie, a fait
une remarque fort juste :
« Quand Léon XIII avait reçu Mélanie le 3
décembre 1878, il avait une belle occasion de la bâillonner s'il
eut voulu rejeter le Secret destiné au public à partir de 1858
».
[22]
Saint Pie X qui avait lu l'Autobiographie de Mélanie
disait d'elle : «nostra santa».
[23]
Le 2 avril 1918, donc 3 ans après le premier décret de
condamnation, Benoît XV déclara à Maritain : « Le
Secret doit être en substance d'origine divine ».
[24]
Au long de plusieurs dizaines d'années, beaucoup de
prêtres, de théologiens, de prélats et de princes de
l'Eglise déclarèrent ouvertement croire à la
divinité des révélations renfermées dans le Secret
de la Bergère de La Salette.
[25]
Nous serions tentés d'apporter deux autres témoignages,
certes fort différents, pour confirmer que le Secret vient de la
Mère de Dieu, qu'il n'est ni puéril, ni inutile, ni incongru,
mais qu'au contraire nous devons le méditer et le vivre.
1) C'est celui du peuple qui unanimement l'a reçu avec
piété (le peuple fidèle), conservé depuis plus de
130 ans malgré toutes les avanies et qui le défend encore
aujourd'hui. Ce peuple chrétien que le Saint-Esprit n'abandonne jamais
et qu'il inspire toujours ; ce qui a fait dire : «Voix du peuple, voix de
Dieu ».
2) Quoique étrange mais néanmoins concluant à sa
manière, le témoignage de l'enfer même qui n'a jamais
cessé d'attaquer le Secret parce qu'il n'est pas son œuvre ; dans
le message divulgué par Mélanie, il a reconnu les paroles de
Celle à qui il a voué une haine implacable : l'Immaculée
Conception. Tous les assauts du démon pour détruire le Secret ont
misérablement échoué. Cela prouve donc que, de son
côté, la Providence défend autre chose qu'une erreur ou une
machination.
Tout catholique attentif à la Voix de l'Eglise et respectueux de
ses décisions en matière religieuse doit être convaincu que
la véritable pensée officielle de l'Eglise s'est
incontestablement exprimée par ces Pontifes, ces prélats, ces
vénérables, pieux et doctes personnages ; à travers ces
faits indubitables, ces déclarations, ces honneurs, ces marques d'estime.
1° - Urbain VIII. Décret « Sanctissimus Dominus
Deus noster » du 13 mars 1625, enjoignant aux prêtres et aux
fidèles de se soumettre à l'Ordinaire, sous peine de sanctions,
pour ce qui est présenté comme révélations, en
l'occurrence au Mandement de Mgr de Bruillard (1851).
2° - Pie IV : Constitution « Dominici
Gregis », selon laquelle, en droit, l'évêque ne peut
s'opposer qu'à la publication des livres qui « nuisent aux bonnes
mœurs, à la piété ou sont entachés
d'hérésies ». Nous avons vu que le Secret a
été officiellement et juridiquement déclaré
conforme à la Foi et à la Morale.
3° - Léon XIII. Constitution « Officiarum et
munerum » « contre ceux qui publient sans l'autorisation
régulière des supérieurs des livres traitant de choses
religieuses ». Le récit de l'Apparition, comprenant le Secret,
rédigé par Mélanie, a bénéficié de
l'Imprimatur de Mgr Sofrza, de Mgr Zola, du RP Lepidi, Assistant
perpétuel du Saint-Office.
Si l'on ignore ou si l'on est insuffisamment renseigné sur le
Secret de La Salette, se déclarer contre est aussi contraire à la
saine raison qu'à la bonne foi : parce qu'on ne juge pas ou on ne
condamne pas une cause que l'on ignore.
Si l'on a étudié la guerre faite au secret de La Salette
en comparant les arguments et les documents des opposants avec ceux des
partisans et qu'on soit contre, c'est la preuve certaine que le Secret de La
Salette passe le fer rouge sur des plaies de la conscience qu'on ne veut pas
guérir, ou que l'on a un coupable attachement à quelque bien
temporel ou intellectuel et que l' on refuse de mettre en pratique ce
précepte du Secret : « Que votre zèle vous rende comme des
affamés pour la gloire et l 'honneur de Jésus-Christ ! »
[26]
« Le texte du secret n'a pas été
approuvé par l'Eglise comme l'a été l'apparition de 1846
» affirme la revue Sodalitium
[27]
sous la plume de l'abbé Ricossa, relayée par la
lettre ND de la Sainte Espérance.
[28]
Dans quel sens est utilisé l'adverbe comme ?
a) de la même manière que ou autant que : dans ce cas,
c'est avouer qu'il y a eu peu ou prou une approbation ou une manière
d'approbation. Alors que l'on veuille bien nous expliquer comment l'Eglise, qui
ne peut ni se tromper ni nous tromper, a pu condamner ce qu'elle a au
préalable peu ou prou réellement et officiellement
approuvé d'une certaine manière.
b) contrairement à : dans ce cas, l'affirmation de Sodalitium, en forme de raccourci historique,
manifeste le manque évident
d'objectivité de son auteur et son mépris
des plus hautes décisions ecclésiastiques.
Alors, pourquoi Sodalitium
parle-t-il de « quatre » condamnations
[29]
alors que « ce secret était déjà
depuis longtemps dans le domaine public, sans que ni le Saint-Siège, ni
les évêques ne l'aient nullement réprouvé ni
incriminé » (Mgr Zola, 1880) ? Cela faisait même plus de
quarante ans, en 1915, qu'il circulait sous forme de manuscrits largement
diffusés, avec approbations et encouragements de Pie IX, Léon
XIII et saint Pie X.
II - Les prétendues condamnations du Secret de La Salette.
1 - Affaire Caterini. Les adversaires de La Salette s'appuient sur une
lettre en date du 14 août 1880 du cardinal Caterini disant : « Les
Eminentissimes Cardinaux ensemble avec moi
[30]
Inquisiteurs de la foi m'ont chargé de vous répondre que
le Saint Siège a vu avec déplaisir la publication de cet opuscule
(le Secret avec imprimatur de Mgr Sforza et de Mgr Zola !) et que sa
volonté est que les exemplaires déjà répandus
soient, autant que possible, retirés des mains des fidèles, s'il
cause (le Secret) du trouble en France, mais maintenez-les entre les mains du
clergé pour qu'il en profite ». Ce cardinal était
secrétaire de l'Inquisition qui était pour les affaires des
apostats et des hérétiques ; ce n'était donc pas de son
ressort mais de celui de l'Index dont le rôle était d'examiner
tous les livres et les écrits, lequel Index avait d'ailleurs
examiné l'opuscule de Mélanie en 1878, un an avant son
impression, et n'y avait rien trouvé de suspect.
[31]
Cette lettre, sans en-tête d'une Congrégation, sans
numéro d'enregistrement, sans aucune marque officielle, simplement
signée de la main du cardinal (rédigée par un
sous-secrétaire) n'était qu'une lettre privée n'engageant
que son opinion personnelle et non sa fonction dont on utilisait
néanmoins l'influence et le prestige pour conférer à
l'écrit quelque retentissement médiatique. Elle était
adressée à l'évêque de Troyes, Mgr Cortet, qui
s'étant pourvu auprès de l'Index, et en ayant été
débouté et renvoyé à l'Inquisition, avait
menacé Rome du retrait du denier de Saint Pierre si l'on ne faisait pas
quelque chose en sa faveur. Cette fameuse lettre signée Caterini,
obtenue au moyen de pressions inouïes d'une partie de l'épiscopat
français qui menaçait de faire schisme, était
destinée à apaiser la violence de l'opposition d'une douzaine
d'évêques français, et non des moindres, farouches
adversaires de Mélanie et du Secret, et à désamorcer la
véritable insurrection dont ils étaient à l'origine. Ces
mitrés voulaient priver les âmes des salutaires enseignements du
céleste Secret en leur interdisant de s'en occuper et ils
rejetèrent sur ces miséricordieux avertissements de la
Mère de Dieu la cause du « trouble en France »
provoqué par leur antagonisme avec Elle. Après cela, qui
s'étonnera de cet anathème du Secret :
« Malheur aux princes de l'Eglise qui ne seront occupés
qu'à entasser richesses sur richesses, qu'à sauvegarder leur
autorité et à dominer avec orgueil » ?
Le cardinal Caterini reconnut lui-même avoir écrit
«forcé par les circonstances».
[32]
Si le Saint Siège avait eu la volonté de
désapprouver, de censurer les évêques de Naples et de Lecce
et de porter une condamnation, il s'y serait pris différemment. «
... n'a pas plu… » n'est pas une formule de condamnation ; ce n'est
même pas un blâme. Par une défiguration intentionnelle, on a
fait d'un déplaisir de la publication, une condamnation foncière
du Secret lui-même comme étant une invention de Mélanie, et
non la parole de la Sainte Vierge.
[33]
A la réception de cette lettre, Mgr Cortet fut atterré
car, après avoir dit de retirer l'opuscule des mains des fidèles,
le cardinal Caterini ajoutait : «mais maintenez-le entre les mains
du clergé pour qu'il en profite». Cette ligne, à elle
seule, prouvait la divinité du Secret ; car, on ne maintient pas,
même pour le bien, entre les mains des prêtres, un opuscule qui ne
serait qu'un pamphlet. N'osant publier cette lettre, l'évêque de
Troyes l'envoya à son collègue de Nîmes, Mgr Besson, lequel
ne s'embarrassa pas pour si peu : il supprima la ligne gênante, la
remplaça par un pointillé et publia le premier ce document qui
n'était pas à son adresse, dans la Semaine religieuse de
Nîmes, avec son ingénieux pointillé et quelques
libertés de traduction destinées à en aggraver la
portée. D'autres diocèses imitèrent sans vergogne cette
tromperie. L’historique de cette lettre Caterini ainsi que sa traduction
exacte et celle falsifiée par Mgr Besson peuvent être
vérifiées dans la brochure :
« "L'apparition de la Très Sainte Vierge Marie
sur la Sainte Montagne de La Salette le samedi 19 septembre 1846". Simple
réimpression du Texte intégral publié par Mélanie
avec l'Imprimatur de sa Gr. Mgr Sauveur-Louis Zola, Evêque de Lecce, en
1879, suivi de quelques pièces justificatives. Le Tout publié
avec l'Imprimatur du R.P Lepidi, O.P, Maître du Sacré-Palais,
Assistant perpétuel de la Congrégation de l'Index,
délivré à Rome le 6 juin 1922.»
Le Père Lepidi avait fait suivre sa signature de ces mots :
« Ces pages ont été écrites pour la pure
vérité ». Nous possédons un exemplaire de ce
précieux document.
Ceux qui utilisent cette lettre Caterini, a fortiori en la falsifiant,
corrompent la vérité historique en ne tenant aucun compte ni des
faits réels ni du contexte politico-religieux de l'époque ;
ils abusent de la confiance de leurs lecteurs car cet écrit ne
possède aucune valeur ni canonique ni officielle. Les évêques et les prêtres qui
piétinent le 8e commandement : « Faux témoignage
ne diras, ni mentiras aucunement » se comportent en tortionnaires des
consciences, cherchant à leur imposer, à l'aide de mensonges
écrits et autres infamies intellectuelles ou doctrinales, la
révolte aux ordres de la Mère de Dieu de faire passer son Secret
à tout son peuple à partir de 1858.
Cette condamnation est un leurre et une imposture.
2 - 21 décembre 1915. Conscients de leur échec, les
ennemis de la Mère de Dieu poursuivirent assidûment et patiemment
leurs menées. Une lettre du R.P.
Lepidi, Assistant perpétuel de la Congrégation de l'Index et
Maître du Sacré-Palais, adressée au cardinal Luçon,
Archevêque de Reims, en date du 16 décembre 1912, avait
attesté officiellement que : « Le Secret de La Salette n'a jamais
été condamné d'une manière directe et formelle par
les Sacrées Congrégations de Rome... Ces condamnations regardent directement et formellement les deux
livres écrits par M. Combe et nullement Le Secret ». Cette
"lettre Lepidi " convainquit d'abus de pouvoir la "lettre
Caterini" et de mensonge tous ceux qui l'avaient invoquée comme
condamnation du Secret de Mélanie. Ne pouvant détruire cette
lettre du R.P. Lepidi, il fallait la tourner.
Les nouveaux conjurés mitrés étaient nombreux. Il
existait à la cour pontificale un parti puissant, ne reculant devant
aucune audace dans son inimitié du Secret de La Salette : complot,
menées ténébreuses, attentat à la légitime
liberté humaine, à la justice, à la vérité,
à l'autorité du Saint-Office approuvée par le Pape et
à celle du Souverain Pontife lui-même. En France, ils avaient
à leur tête les cardinaux Luçon, archevêque de Reims,
de Cabrières, archevêque de Nîmes, Amet, archevêque de
Paris, et Sevin, Primat des Gaules. Sous le prétexte du Consistoire, le
cardinal de Cabrières alla à Rome en 1915 manigancer une nouvelle
machination. Le 23 décembre, Mgr Sbaretti expédia de Rome le
«décret», pas même signé par lui qui se disait
l'Assesseur du Saint-Office, à Mgr Maurin, et le 6 janvier 1916, la
Semaine Religieuse de Grenoble publia ce décret anonyme et non
approuvé par le pape comme cela est obligatoire.
Ce décret « ordonne à tous les fidèles,
à quelque pays qu'ils appartiennent, de s'abstenir de traiter et de
discuter le sujet dont il s'agit sous quelque prétexte et sous quelque
forme que ce soit...». Etaient visés dans ce décret, par
prétendu souci d'apaisement, mais ce n'était qu'un
prétexte, non pas le contenu du Secret mais les commentaires hasardeux,
insolites qui en avaient été faits, par des "amis "
connus pour leur imprudence, voire leur zèle immodéré (ex.
le Père Parent) ou par des détracteurs peu scrupuleux qui
alimentaient la violence de la polémique (ex. l'abbé Nortet,
missionnaire apostolique du diocèse de Grenoble).
Le décret admettait l'existence du Secret ; il reconnaissait
qu'il n'avait pas été condamné par les trois
précédents Papes mais il allait cependant à l'encontre de
la mission donnée en 1880 (l'année Caterini !) par S.S
Léon XIII à l'avocat Amédée Nicolas : « de
rédiger une brochure explicative du Secret tout entier afin que le
public le comprenne bien ». De plus, c'était un acte tyrannique,
car le Secret, qui circulait depuis plusieurs dizaines d'années avec
l'assentiment de l'Autorité, ne faisant pas partie du dogme de la foi,
était un document historique que chacun avait le droit d'étudier
et de discuter et… pas uniquement de façon négative !
C'était encore ériger en devoir de conscience la rébellion
contre l'ordre de la Mère de Dieu qui a dit : « Mélanie, ce que je vais
vous dire maintenant ne sera pas toujours secret ; vous pourrez le publier en
1858», et enfin par deux fois à la fin de l'apparition : «
Eh I bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple !
». Puisque ce
«décret» admettait le Secret de La Salette, il connaissait
par conséquent ces ordres de la Mère de Dieu. Il avouait donc
implicitement sa révolte. Enfin, il enfreignait et annulait l'article V
du Mandement doctrinal de 1851, promulgué par Pie IX, seul juge en
l'affaire :
« Nous défendons expressément aux
fidèles de jamais s’élever ; publiquement de vive voix ou
par écrit, contre le fait que Nous proclamons aujourd'hui, et qui,
dès lors, exige le respect de tous
».
Sur le plan légal : ce décret n'indiquait pas la date de
la réunion du Saint-Office; il ne mentionnait pas l'approbation du Pape,
ce qui était indispensable ; il devrait être signé par le
secrétaire du Saint-Office, le cardinal Merry del Val, et par un
évêque assesseur, ce qui n'était pas le cas; il bafouait
toutes les règles ecclésiastiques. Ce décret quasiment anonyme pouvait-il interdire la
diffusion du Secret approuvé par Pie IX, Léon XIII, saint Pie X,
et revêtu de l'approbation et de l'imprimatur du
cardinal-archevêque de Naples, Mgr Sforza ainsi que de
l'évêque de Lecce, Mgr Zola ?
[34]
Cela est impossible. Benoît XV ; régnant en 1915, ne
pouvait condamner le Secret de La Salette, parce que s'il l'avait
condamné :
1° - Il aurait incriminé Pie IX, qui a encouragé
l'Ordinaire du Lieu à reconnaître « indubitable et certaine
» toute l'Apparition sans en excepter le Secret de Mélanie,
d'avoir reconnu comme un Message céleste ce secret qui ne serait plus
qu'un libelle, œuvre du démon ;
2° - Il aurait sapé ainsi par la base toute l'Apparition
dont Pie IX a autorisé le culte : car si le Secret de La Salette «
partie intégrante, connexe du fait surnaturel », selon le vicaire
général de Grenoble, Giray, ennemi virulent du Secret, est une
illusion ou une suggestion du démon, il en est forcément de
même du reste de l'Apparition ;
3° - Il aurait convaincu de
complicité dans cette imposture Léon XIII ainsi que saint Pie X,
puisque pendant 43 ans ces papes avaient donné leur assentiment à
la propagation de ce Secret.
Dans ces conditions que deviendrait l'infaillibilité papale en
matière religieuse ? Et ce Canon du Concile de Latran : « Nous
voulons que les inspirations et révélations particulières
avant d'être rendues publiques ou prêchées au peuple soient
réservées au Siège apostolique» ? Quelle autorité auraient désormais les
décisions pontificales de ce genre, si les Papes pouvaient blâmer
et condamner celles de leurs prédécesseurs ? Que deviendrait l'Eglise ? On voit bien ce qui se passe aujourd'hui
avec les chefs conciliaires qui ont exclu, le Culte et la Vérité,
les lois de justice, les traditions, l'union et l'harmonie.
Benoît XV ne pouvant, en conscience, condamner le Secret de
Mélanie, comment aurait-il pu « interdire de traiter et de
discuter cette question du Secret de La Salette », ainsi que s'exprimait
l'anonyme «décret du 21 décembre 1915», par
conséquent interdire sa diffusion ? Alors surtout que dans ce Secret, la
Sainte Vierge a répété trois fois l'ordre de le faire
passer à tout son peuple à partir de 1858 ? N’aurait-il pas
dit implicitement : Je ne condamne pas le Secret, mais je l'enterre vivant ? !
Si le pape ne pouvait, en conscience, condamner le Secret de
Mélanie, comment les cardinaux du Saint-Office pouvaient-ils le faire ?
Leur décret anonyme qui était une usurpation bien nette de
l'autorité du Souverain Pontife, qui est seul qualifié pour
prohiber le Secret de La Salette, ne prononçait pas le mot condamnation,
mais « il interdit à quiconque, sous peine d'excommunication, de
traiter et de discuter la question du Secret de La Salette ». Etait-il admissible que Benoît XV approuvât cette
décision qui aurait été une révolte contre les
ordres de la Mère de Dieu, un blâme et une condamnation des Papes
ses devanciers ? S'opposer à ce que l'on
traite, à ce que l'on discute, par conséquent à ce que
l'on propage le Secret, n'était-ce pas une prohibition
déguisée ?
Faute de pouvoir le condamner, on s'efforçait de l'enfouir
vivant. La discordance entre l'autorité des S. Congrégations (les
décrets) et celle du Pape (reconnaissance du Message intégral)
était une leçon publique qu'on lui donnait, elle manifestait une
indépendance à l'égard de l'autorité souveraine du
Vicaire du Christ. Une telle substitution d'autorité, prémices de
la collégialité conciliaire, était un véritable
coup d'état démocratique dans l'Eglise, lequel aboutira en moins
de 50 ans au rejet total de la Doctrine de la Foi et de la Sainte Liturgie et
à l'établissement d'une nouvelle Société
religieuse, d'une Contre-Eglise conciliaire
[35],
revêtue d'une autorité usurpée fondée sur
une légitimité imaginaire. La
Révolution opérée par le Conciliabule Vatican II ne s'est
pas faite en trois ou quatre ans. Si la Très
Sainte Vierge Marie a pris la peine de venir nous avertir en 1846 que
«Rome perdrait la foi et deviendrait le siège de
l'Antéchrist», c'est parce que le ferment était dans la
pâte, ce que les Pontifes romains, depuis Pie IX ont tous confirmé
dans leurs grandes Encycliques.
Pourquoi l'abbé Ricossa n'a-t-il pas reproduit ce
décret dans le numéro 52 de sa revue Sodalitium, comme il l'a fait pour celui de 1923 ? A-t-il craint que le
caractère douteux et anonyme du texte n'ait pas échappé
même aux yeux du lecteur peu averti ? La faiblesse de sa position est
manifestée par le besoin de s'appuyer sur « des nombreuses lettres
du cardinal Caterini - secrétaire du Saint-Office - durant
l'année 1880 ». Et là aussi, en
dépit de l'assurance affichée, cette nouvelle inexactitude trahit
ou l'ignorance de la question ou la mauvaise foi : deux lettres
[36]
du Cardinal Caterini et pas du tout de nombreuses lettres, ont
historiquement et frauduleusement servi aux ennemis du Secret et nous avons vu ce
qu'il fallait en penser. En outre, depuis quand le courrier personnel d'un
cardinal a-t'il force de loi dans une matière réservée au
Pape ?
Nous livrons à présent l'opinion d'Henri Dion, historien
de La Salette
[37],
qui concède qu'il n'est peut être pas
nécessaire de contester ce décret sous le réel
prétexte qu'il a été publié dans des circonstances
très irrégulières car, écrit-il : «Il suffit
de considérer que l'interdiction portée ne limite pratiquement
pas la liberté des fidèles même très scrupuleusement
respectueux de la discipline ecclésiastique». L'auteur poursuit :
«En effet, le décret qui ne rappelle nullement les prescriptions,
plus optatives
[38]
que formelles, du cardinal Caterini, n'interdit ni la diffusion ni la
lecture du Secret, ni même de faire l'histoire de ce texte non
condamné.
Il interdit simplement de traiter et discuter la question, c
'est-à-dire, semble-t-il, d'ajouter au texte lui-même toute
explication ou commentaire.»
C'est ainsi que l'a compris Mélanie, dûment éclairée
par Mgr Sarnelli et le chanoine Conti son confesseur ; quand ils
notifièrent la première lettre du cardinal Caterini, sans
d'ailleurs lui enjoindre ou défendre autre chose que ce que sa
conscience pourrait lui dicter.
Or, considéré sous cet angle, le décret de 1915 ne
pouvait que mettre un frein aux abus réels de publications qui ne
servaient plus guère alors qu'à véhiculer injures et
invectives, à entretenir un climat passionné et vindicatif et à
interpréter témérairement et imprudemment un texte de
nature prophétique.
Le décret eut sans doute pour effet de faire baisser le ton,
mais si 1'hostilité fut moins vive que dans les premières
années du XXe siècle, le désaccord très
profond persistait car le complot demeurait.
« Les partisans du Secret ne se sentent pas pour autant
isolés dans un maquis, poursuit Henri Dion. Postérieurement au
décret de 1915, des évêques ont continué de donner
leur imprimatur au Secret ce qui confirme bien qu'il n'est pas condamné
et que sa publication demeure permise »
[39].
Le lecteur voudra bien pardonner la longueur de cette citation dont il
comprend tout l'intérêt. Néanmoins, il nous semble que
Dion, pris dans la tenaille de sa dévotion pour le Secret et de son
respect pour les représentants de l'autorité, a moucheté
l'intention de la Congrégation, car nous avons bien compris que le but
de certains de ses membres influents était d'étouffer le Secret.
D’ailleurs, les choses n’en restèrent pas là.
Une véritable aubaine se présenta quelques années plus
tard pour le parti très actif et bien structuré des ennemis de La
Salette.
3 - 10 mai 1923. Un second décret du Saint-Office «
proscrit et condamne l'opuscule ‘’L'Apparition de la Très
Sainte Vierge sur la Montagne de La Salette’’, le 19 septembre 1945
».
L'année précédente, avait
été réédité le texte de Mélanie
examiné par l'Index et publié en 1879 avec imprimatur de Mgr Zola
; le Révérend-Père Lepidi, assistant perpétuel de
l'Index, y avait ajouté son imprimatur et cette mention inhabituelle :
« ces pages ont été écrites pour la pure
vérité ».
[40].
En réalité, ce n'est pas ce texte que le Saint-Office
eût en main, mais une brochure falsifiée par le Dr
Grémillon alias Mariavé qui y avait encollé un texte
contenant des absurdités au sujet de l'Eglise et qu'il avait
adressé par centaines à des ecclésiastiques de tout rang
et de tout lieu. La réunion du Saint-Office eut lieu en l'absence du
R-P. Lepidi, malade, qui fut placé devant le fait accompli. Le
décret fut publié dans les « Acta Apostolicæ
Sedis »
[41]
avec une étrange erreur de date : 1845 au lieu de 1846, et un
titre tronqué des deux tiers.
[42].
Voilà ce qu'il en est de cette troisième condamnation qui
ne fut pas davantage que la précédente la conclusion d'un jugement
canonique du contenu seul du Secret. En 1936,
Mgr Natucci, Promoteur de la Foi à la sacrée Congrégation
des Rites, confirmera que le Secret publié par Mélanie, ne
contenant visiblement rien qui fut contraire à la Foi ou à la
Morale n'était pas condamné.
[43].
D'ailleurs, Antonio Galli qui fut 58 ans curé de son village
natal, Pieve Pélage (Modène), et professeur au Séminaire
de Fiumalbe a inclus le Secret dans son ouvrage édité en 1992 et
réédité en 1999 et l'on peut toujours se procurer la brochure
rédigée par Mélanie : « L'Apparition de la
Très Sainte Vierge sur la Montagne de la Salette le 19 septembre
1846 », revêtue de l'Imprimatur de Mgr l'Evêque de Lecce
en 1879.
[44]
[45]
Avouons tout de même que Satan a réussi un bien joli coup.
Les décrets de 1915 et de 1923, fruits d'une hostilité et
de menées historiquement incontestables, outre qu'ils sont gravement
sujets à discussion, ne concernent pas la Foi, ils ne peuvent nous
obliger à ne pas croire à l'origine divine du Secret approuvé
par l'Eglise et aux prophéties qu'il contient. Or, tout en attendant,
avec une entière et respectueuse soumission, que l'Eglise donne son
verdict quant à l'opposition persistante à l'égard du
secret, nous pouvons d'ores et déjà dire que les décrets,
sont devenus obsolètes. Pourquoi ? Parce que l'objet des
prophéties : l'Apostasie «des chefs, des conducteurs du peuple de
Dieu», ne donne plus lieu ni à supputations ni à
conjectures. D'immanente, depuis le
milieu du XIXe siècle jusqu'au milieu du XXe, et
dénoncée par Léon XIII, saint Pie X et jusqu'à Pie
XII, l'Apostasie est devenue une réalité objective depuis la
clôture du pseudo-concile Vatican II. Les
prophéties de 1846 sont en parfaite et tragique adéquation avec
les évènements que nous vivons depuis bientôt 40 ans.
Chacun, dont la Foi et le sens de l'honneur dû à Dieu et à
l'Eglise fument encore un peu, doit être capable d'en faire le constat et
d'en tirer les conséquences.
Aux âmes que troubleraient encore les décrets susdits nous
pouvons dire que ceux-ci, simplement considérés en
eux-mêmes, c'est-à-dire dans leur réalité
matérielle, ont totalement perdu aujourd'hui le pouvoir contraignant
qu'ils paraissaient posséder à l'époque, parce qu'ils sont
un obstacle évident à la juste et claire compréhension de
la « crise affreuse » que nous vivons à l'heure
présente. Ceux qui sont écartelés entre l'évidence
de l'Apostasie et la crainte de désobéir peuvent appliquer
à cette réalité matérielle, en toute
opportunité et tranquillité de conscience, le principe d'épikie
qui est un adoucissement de la loi eu égard à des
nécessités graves et à des circonstances
particulières en l'absence de l'autorité. Toutefois, que l'on ne
se méprenne pas sur un tel argument : il n'est concédé que
pour rassurer ceux qui seraient encore abusés par le chantage à
l'obéissance ecclésiastique.
Hier, c'était avec une apparence de bien-fondé et de
légalité que ces décrets pesaient sur la conscience des
fidèles ; aujourd'hui, nous connaissons l'intrigue et l'abus de pouvoir
auxquels ils doivent leur existence ; la tragique actualité montre que
nous pouvons les tenir désormais pour anachroniques. Certains
s'efforcent aujourd'hui de réitérer ces manœuvres
d'étouffement. Serait-ce parce que, s'ils disaient croire au Secret, il
faudrait qu'ils mettent en accord avec les paroles de la Très Sainte
Vierge leur explication de la forfaiture des autorités religieuses et
leur "solution" pour faire œuvre d'Eglise dans l'état
actuel de l'Apostasie généralisée ? 1957.
4 - En
[46].
Nous pensons avoir suffisamment montré que la chose en
elle même est impossible. Il y a donc une nouvelle supercherie dans
cette assertion. L'auteur, également Directeur de L'Institut Mater Boni
Consilii à Verrua Savoia (près de Turin), extrapole cette
condamnation d'une lettre écrite en 1957 par le Cardinal Pizzardo,
« ni moderniste, ni libéral », précise-t-il, dans
laquelle ledit cardinal affirme que l'opuscule contenant le secret « a
été examiné et condamné» en 1923
«même sans la lettre du Docteur Mariavé ».
[47].
Mais cette lettre ne prouve rien sinon que ce Cardinal était
sous l'influence du parti d'opposition au Secret et peut-être
lui-même un opposant déclaré. En effet, si cette lettre du
Cardinal Pizzardo, était émanée officiellement et
juridiquement d'une Sacrée Congrégation à la suite d'un
jugement canonique,
[48],
elle aurait été l'écho d'un Décret
publié aux Actes du Siège Apostolique. Tel n'est pas le cas. Et puis, il aurait fallu que soient désavoués
publiquement, officiellement, d'une façon circonstanciée, Mgr
Sforza, Mgr Zola et le R.P Lepidi, pour leur Imprimatur, et les Papes Pie IX et
Léon XIII, pour leurs hautes approbations et leurs nets encouragements !
Est-il concevable, convenable, que l'Eglise puisse se déjuger ainsi ?
Que signifie l'expression « même sans »? Le texte
examiné en 1923 contenait-il uniquement le récit de l'Apparition
et le Secret écrits par Mélanie et munis de trois Imprimatur ?
Oui ou non ? Ou était-ce la brochure falsifiée par le docteur
Grémillon ? Oui ou non ? Nous persistons à dire, avec Henri Dion
notamment,
[49]
que c'est bien la brochure falsifiée qui a
déclenché la réaction du Saint-Office où se
trouvait un puissant parti d'opposition au Message intégral.
N'était-ce pas d'ailleurs la conséquence du zèle
intempestif du Dr Grémillon (Mariavé), à moins que l'on ne
se soit servi de lui comme prétexte ?
[50]
Si le décret avait clairement mentionné Mariavé,
rien ne se serait opposé à ce que se poursuivent et la diffusion
du Secret et les explications de celui-ci, mais dans l'ombre et dans le
trouble, les objets se confondent ! L'abbé
Ricossa s'efforce de nous faire croire que la lettre du Cardinal Pizzardo est
le résultat d'un jugement canonique du contenu du Secret; il fait mine
de croire lui-même que cette lettre privée (cela a
déjà fonctionné !) reflète au moins la
pensée officieuse de l'Eglise... parce que le Cardinal n'a pas
écrit pour ne rien dire. En effet !
Pour contrer l'inévitable et juste retour du boomerang, l'abbé utilise un faux-fuyant sur le thème : mon mensonge vaut une vérité ; ce
n'est pas une erreur de dire « que l'abbé
Ricossa a menti en affirmant que le
“Secret” a été condamné en 1957. »
[51].
En effet le décret de 1923 le condamne déjà. Au lecteur de juger.
[52].
Le Directeur de Sodalitium déporte la
pseudo-condamnation Pizzardo de 1957 sur le « décret de 1923
», lequel décret, écrivait l'abbé dans le même
article, «en a interdit la possession et la lecture»... donc pas le
contenu. Ni vu ni connu ? Non ! Le lecteur averti n'est pas dupe de ce tour de
passe-passe dont la ficelle est tout de même un peu grosse et il ne se
laissera pas mystifier par le Supérieur de l'Institut, qui n'est ni
moderniste, ni libéral, mais qui défend et propage les
thèses modernistes et rationalistes du Professeur Corsini, progressiste
comme son maître Pellegrino, et dont le livre « Apocalypse
avant et après » reçut la préface d'un autre
progressiste, Mgr Rossano :
[53]
thèses selon lesquelles l'Apocalypse n'a aucune
perspective eschatologique, non plus que « le discours dit eschatologique
de Jésus dans les Evangiles synoptiques (a) qui n'annoncent pas la fin
du monde, mais [uniquement, ndr] la destruction de Jérusalem et du
Temple … » -
[54]
ce qui est contraire à l'exégèse
patristique traditionnelle.
a) Cf. Luc 17 ; Mt. 24 ;
Mc. 13 ; Luc 21.
Il est certain qu'il n'y eût au Saint-Office, faute d'une longue
et rigoureuse procédure selon toutes les règles prescrites par le
Droit Canon, ni jugement, ni jugement sévère, ni condamnation
catégorique; qu'il est même impossible qu'il y en ait eu un. La
condamnation extrapolée de la lettre du cardinal Caterini est un leurre,
la condamnation de 1957 extrapolée de la lettre privée sans
aucune valeur canonique du cardinal Pizzardo est plus méprisable encore
: la première évoquait un déplaisir, la seconde entend
porter frauduleusement un coup décisif au contenu du Secret. La
Mère de Dieu peut parler... à condition qu'Elle ne dise rien et
surtout qu'Elle ne contrarie pas les plans de certains ecclésiastiques.
Chaire de saint Pierre à Antioche (A
suivre)
[1] Curé d 'Avoise de 1930 à 1968, historien de La
Salette.
[2] Extrait d'une conférence prononcée par l'abbé
Gouin.
Archives de l'Association des Enfants de N.D. de La Salette et de St
Grignion de Monfort, Beaupréau, France
[3] Apoc., XVII, 12-18.
[4] Apoc., XVII, 14.
[5] Sodalitium, nos 48 et 52.
[6] Ibidem et Bulletin N.-D. de la Sainte Espérance Nos
134 et 136, abbé H. Belmont.
[7] Fragment copié et traduit en français du journal de
la Communauté des Salésianes romaines (Visitandines),
rédigé par Sœur Maria-Christine ; via
Supérieure. Cité in « Sœur Marie de la
Croix », abbé Gouin, Supplément à l'Impartial,
n° 27, 1970.
[8] « Le fait de La Salette », Louis
Bassette, éd. du Cerf, 1955.
[9] La Salette, Documents authentiques, Mai 1849-Nov. 1854, éd.
du Cerf, 1984, Paris.
[10] Basset, op. cit.
[11] Sodalitium, n° 48, p. 59.
[12] Revêtu de l'imprimatur de l'évêque de Grenoble
en date de 1953 et préfacé par Mgr Guerry.
[13] La « Grande nouvelle » des Bergers de La Salette,
Diffusion Téqui, 2000. (Attention ! ouvrage précieux pour ses
documents nombreux et souvent inédits mais auteur dans le droit fil de
la religion conciliaire !)
[14] Op. cité.
[15] Le chanoine E. Millon était un ancien Chapelain du
pèlerinage de La Salette.
[16] Le Secret de La Salette.
[17] « Les postes de Rome sont occupés par des antichrists
», Mgr Lefèbvre dans sa lettre aux futurs évêques.
[18] Genèse.
[19] Le serviteur de Dieu Mgr Zola (Ire part.) et La
Bergère de N.-D. de La Salette (2e part.), F. Corteville,
Kayseri, Montsûrs, 1981.
[20] Mélanie Calvat, bergère de La Salette, étapes
humaines et mystiques, p. 62, Henri Dion, Téqui,1984.
[21] Ibidem, note 25.
[22] Note 25, p. 269.
[23] Idem, note 22.
[24] Idem, note 22.
[25] Idem, note 22.
[26] Le Secret de La Salette.
[27] Nos 48 d'avri11999 et 52 de janvier 2002, éd.
française.
[28] Nos 134 et 136, abbé H. Helmont, Saint-Maixant
(33).
[29] Sodalitium, n° 48.
[30] Una mecum, dans le texte !
[31] F. Corteville, op. cit.
[32] F. Corteville, op. cit.
[33] A. Nicolas, Confidences et relations franco-romaines : le
Secret de La Salette devant l'épiscopat français, rapport
daté du 10 octobre 1880 remis au Cardinal Ledochowski.
[34] Auquel on attribue plusieurs miracles et dont le corps a
été retrouvé en parfait état de conservation
plusieurs années après son inhumation.
[35] Lire : Le problème de l'heure présente, Mgr
Delassus, Desclée, 1904. Mystère d'iniquité, Pierre
Virion, réédité par DPF, 2004. Fils de la veuve, 1990 et
De la Révolution, 1992, Lozac'Hmeur et de Karer, Ed. Sainte Jeanne
d'Arc, Villegenon 18260.
[36] La première, datée du 8 août 1880,
était destinée au R.P. Archier, Supérieur
général des Missionnaires de La Salette. Lettre privée
donc sans aucune valeur canonique.
[37] Op. cité.
[38] Qui expriment un souhait.
[39] Ce que confirme l'abbé H. Rigaux : « J'ai
28 éditions (non versions, ndr) du Secret avec imprimatur, de cardinaux,
Evêques, j'en ai plusieurs éditions revêtues du sceau
d'Evêques français, et l'Evêque de Lecce n'a mis son visa
qu'après avoir visité Léon XIII qui possédait
dès 1878 le manuscrit de Mélanie. Mes lettres de Rome de cette
époque en font foi et Mgr Zola a procédé canoniquement,
avec assentiment du Pape. J'ai sa lettre autographe ». Lettre
rédigée après
[40] Brochure dite Lepidi publiée en 1922.
[41] Actes du Saint Siège.
[42] Cf. Titre entier, page 14.
[43] D'après une lettre du R-P Sorrel chapelain de La Salette au
chanoine Million ancien chapelain du pèlerinage.
[44] La Bergère de Notre-Dame de La Salette, Diffusion
Téqui.
[45] Editions Téqui.
[46] Sodalitium, no 48, « et il en a condamné
le contenu » (1957), p. 59, bas de la 2e col.
47 Sodalitium, no 52, p.
69, 2e col.
48 Qui contredirait donc le Mandement du 19.09.51 de Mgr de Bruillard.
[49] Op. cité.
[50] Les débordements du médecin major Grémillon
[...] sont peut être encore plus manifestes. Les représailles
exercées contre lui, tant de la part de la hiérarchie que de
l'autorité militaire ne peuvent recueillir l'adhésion : elles ont
toutes les apparences d'un véritable complot, Henri Dion, p. 266.
[51] Sodalitium, no 48.
[52] Sodalitium, n° 52.
[53]
[54]
- - - - - - - - -
http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-10-10-A-00-Appel_aux_quatre_eveques_de_la_FSSPX.pdf
Don Ricossa[1] attaque La Salette pour sauver
la « thèse »
lundi 15 mars 2010
Ce message peut être téléchargé au format
PDF sur notre site http://www.virgo-maria.org/.
Don Ricossa[1] attaque La Salette pour sauver
la « thèse »
L’abbé Paladino met en cause le revirement magistral de l’abbé Ricossa (un retournement de soutane ?) sur le
Secret de La Salette, qu’il met en cause en 1999, après
l’avoir défendu en 1986.
Le fond de sa motivation serait de sauver la
thèse du pape materialiter/formaliter
(désormais caduque), mise en
péril par les paroles de Notre-Dame à La Salette.
Le 27 novembre 2009, l’abbé Paladino a envoyé cet
email à Virgo-Maria
Cher
monsieur le Curé,
Etant
donné que vous avez évoqué à plusieurs reprises la
question du Secret de "la Salette" Salette, sans doute allez-vous
être intéressé par ce que j’ai écrit dans les
numéros 28 et 29 de la "La Voie" . On y trouvera, entre autre,
ce que l’abbé Ricossa avait écrit en 1986 en faveur du
secret, en total contradiction avec l’article écrit par le
même abbé Ricossa paru en 1999 sur Sodalitium n° 48 (pages 57
à 59) faisant suite audit article «L’Apocalypse selon
Corsini».
Soyez
assuré, cher monsieur le Curé, de mes religieux sentiments in Xto
et Maria. Don Francesco Maria Paladino
Son
message comportait en pièce jointe le document que nous sommes heureux
de publier en annexe du présent VM.
L’abbé
Paladino met en évidence l’opportunisme de l’abbé
Ricossa :
« Par
la suite, l’abbé Ricossa écrit que « nous ne
pouvons pas nous appuyer sur le Secret de la Salette pour soutenir notre
position sur la situation actuelle de l’Église, car la moindre des
choses est de dire que ce Secret n’a jamais été
approuvé par l’Église ; l’article de
l’abbé Paladino ne réussit pas à démontrer le
contraire ». D’abord, notre article n’avait pas pour but
de démontrer que le Secret avait été approuvé par
l’Église, mais seulement de dire que ce Secret illustre la
situation actuelle comme l’abbé Ricossa lui-même
l’avait écrit à l’époque. Est-il discourtois
de remarquer qu’à notre connaissance ce dernier
n’adhérait pas à la thèse de Cassiciacum en 1986
tandis qu’en 1999 il en est devenu l’un des principaux
défenseurs ? Or, en 1986 l’abbé Ricossa était
favorable au Secret et depuis 1999 il y est opposé. On peut
légitimement se demander si ce n’est pas l’adoption de la
thèse guérardienne qui est la vraie raison de son changement
d’attitude. Il est vrai qu’il s’est déjà
défendu de cette accusation mais on ne peut nier que le Secret de la
Salette ne s’accorde pas vraiment avec la thèse de
Cassiciacum. » Don Paladino
Nous
avons déjà commenté le rôle subversif joué
par le directeur de l’IMBC sur des points fondamentaux de verrouillage du
combat actuel pour sa survie de la Tradition catholique :
L’obstination
inconcevable dans l’erreur sur ce même sujet des Dominicains
d’Avrillé, et du père Pierre-Marie (Geoffroy de Kergorlay)
nous a déjà contraint à entreprendre des recherches
approfondies pour tenter d’apporter des explications à cette
obstination, réellement incompréhensible de la part d’un
Dominicain, à refuser de traiter les faits et de tenir compte du
Magistère infaillible dont les documents ont étét rendus
publics, et nonobstant à prétendre
persister dans la diffusion des forgeries de Dom Botte et des
hérésies de Lécuyer auprès des clercs et des
fidèles de la Tradition.
Nous
nous interrogeons également devant l’absence très
étonnante d’étude de la part de M. l’abbé
Ricossa sur ce même sujet : nous devons en effet constater avec
surprise qu’il n’existe jusqu’ici depuis bientôt cinq
ans AUCUNE ÉTUDE SACRAMENTELLE DE l’INVALIDITÉ
INTRINSÈQUE DE CETTE NOUVELLE FORME SACRAMENTELLE ÉPISCOPALE
CONCILIAIRE SI VITALE POUR LA PERPÉTUATION DU SACERDOCE SACRIFICIEL
CATHOLIQUE, DANS la revue SODALITIUM !
Il nous
est en effet absolument IMPOSSIBLE de comprendre ni d’admettre un tel
refus pertinace et obstiné de sa part d’étudier, ou de
faire étudier, cette question VITALE POUR LE SACERDOCE SACRIFICIEL ET LA
SAINTE ÉGLISE du caractère INTRINSÈQUE de
l’invalidité sacramentelle radicale de la
nouvelle pseudo-« consécration »
épiscopale, conciliaire
« œcuménique », dont tous les
éléments ont été mis depuis plusieurs années
sur la place publique par le site http://www.rore-sanctifica.org/.
Devrons-nous
entreprendre sur le cas de M. l’abbé Ricossa le même type de
recherches que celles que nous avons dû mener sur le cas de Geoffroy de
Kergorlay[5], Père Pierre-Marie o.p.
en religion, dans le but de tenter là aussi d’éclairer
d’éventuelle motivations de cet abbé, par ailleurs si
érudit, à refuser ainsi la vérité, devenue
aujourd’hui de plus en plus claire, et à s’obstiner à
répandre des erreurs susceptibles de fourvoyer les combattants
catholiques qui veulent absolument garder le Sacerdoce sacrificiel, les
sacrements valides et la Foi catholique pour être sauvés ?
Continuons
le bon combat
La
Rédaction de Virgo-Maria
Document
de l’abbé Paladino
Articles
publiés dans la Voie
L’abbé
Ricossa dans le numéro 48 du mois d’avril 1999 et les suivants de
Sodalitium, (édition française), a publié des mises au
point sur le secret de la Salette. En résumé, il dit que le
secret a été mis à l’Index et donc qu’on ne
peut ni le lire ni le diffuser. Cette prise de position a suscité de
nombreuses réactions. L’abbé Ricossa, cependant, avait
déjà été réfuté remarquablement dans
un article paru bien avant 1999.
Voici la
partie de l’article en question qui traite justement du secret :
« « LE
SECRET
Récemment
un magazine marial italien connu, en répondant à une lettre
d’un lecteur prêtre, en est venu à soutenir que, non
seulement le “secret” de la Salette ne doit pas nous
intéresser, mais même qu’il n’existe pas. Cette
affirmation anti-historique est ainsi le résultat paradoxal d’un
crescendo d’attaques (même si elles sont de bonne foi) contre le
secret.
En réalité, que savons nous de ce
secret ? Avant d’en donner les preuves, nous pouvons anticiper et
résumer ainsi les conclusions :
1)
En plus du message public, la Sainte Vierge de la Salette a
révélé, d’abord à Maximin et après
à Mélanie, deux secrets distincts.
2)
Ces secrets, que les enfants refusaient de révéler, furent, par
obéissance, mis par écrit et remis à Pie IX.
3)
Pie IX lut ces textes et les communiqua à son entourage (dont le
Cardinal Lambruschini).
4) L’apparition de la Salette fut
approuvée dans sa totalité, comme il apparaît de
manière évidente dans le Décret Doctrinal de
l’Évêque de Grenoble, Mgr. de Bruillard, les Secrets inclus.
5) Mélanie Calvat, petite
bergère de la Salette devenue Sœur Marie de la Croix, rend public oralement son Secret en
1858, et le met de nouveau par écrit en 1860, le publie partiellement en
1873 avec l’Imprimatur de l’Évêque de Naples et en
1879 en version intégrale avec l’Imprimatur de
l’Évêque de Lecce, Salvatore Luigi comte Zola.
Jusqu’à la fin de sa vie elle affirmera, en opposition avec ses
contradicteurs que le texte qu’elle a divulgué rapporte
fidèlement les paroles de la Sainte Vierge.
Reprenons les différents points :
1)
Comme nous l’avons déjà vu[6],
après la phrase, “les
noix deviendront véreuses et le raisin pourrira”, la voix de la Sainte Vierge s’éteignit pour
Mélanie et non pour Maximin. La même chose arriva plus longuement
ensuite pour Mélanie. Puis Notre Dame reprend le “discours public”.
(Jaouen, La Salette
dono di Gesù alla sua Chiesa, Ed. La Salette,
Torino, page 59). En revenant dans la vallée, le soir même de
l’apparition, les enfants échangent ces mots : « “Hein! qu’est-ce
qu’Elle te disait quand je voyais ses lèvres remuer, mais je
n’entendais rien ? – Elle m’a dit quelque chose,
répond Mélanie, mais je ne veux pas te le dire : Elle me
l’a interdit. – Oh, comme je suis content, Mélanie.
Ah ! à moi aussi Elle a dit quelque chose mais je ne veux pas te le
dire non plus”. Ils surent ainsi être investis chacun
d’un secret »
(Jaouen, op. cit. page 64). En vain, par tous les moyens, on tâchera de
convaincre les enfants de révéler ces secrets.
2) Comme les enfants ne voulaient absolument pas
révéler les secrets, le Card. de Bonald
avança justement ce fait comme difficulté contre la
Salette : on ne peut pas juger une chose inconnue ! Aux mois de
mars et juin de 1851 il fait demander “le secret et rien
d’autre, le secret pur et simple”. Le Card. de Lyon
et l’Évêque de Grenoble avaient averti Rome. Ce dernier
demanda donc à Maximin et à Mélanie de mettre leur secret
respectif par écrit. Le premier le fera le 2 juillet 1851 dans
l’évêché de Grenoble (l’Évêque le
lut avant de le sceller). Mélanie, dans le couvent de Corenc, pleure
à la nouvelle de devoir mettre par écrit le secret et le renvoie
au lendemain. Elle l’écrira en effet de 8 à 9 heures du
matin, sans s’interrompre. Inquiète cependant pour des dates
oubliées, Mélanie obtiendra la permission de
réécrire le texte, ce qu’elle fera le 6 juillet à
Grenoble, en s’interrompant seulement pour demander le sens du mot “infailliblement”
et comment on écrivait “ville profanée”
et “antéchrist”.
L’Évêque lut le texte dans son bureau et il en sortit
ému et en larmes. Le même soir deux délégués
de l’Évêque partaient pour Rome avec les deux textes, en
demandant à Pie IX, après une telle lecture, sa permission pour
l’approbation de l’apparition. En vain le Card. de Bonald, le 14
juillet, tâcha de convaincre les enfants de lui confier les secrets. Le
18 juillet Pie IX reçut en audience les délégués.
En continuant le récit je prouve ainsi le
point 3 (Jaouen écrit encore, op. cit. page 92 - les nouvelles
précédentes sont tirées aussi de la même œuvre
bien qu’hostile à Mélanie, de la page 86 à
94) : « après la présentation personnelle des
délégués qui fut extrêmement cordiale, le Pape
descella les lettres qui lui étaient présentées. Il lut,
tout d’abord, l’écrit de Maximin sans que son visage ne
trahisse quelque émotion : – il y a ici la candeur et la
simplicité d’un enfant – dit-il après avoir
terminé.
Les délégués répondirent
que les enfants étaient deux jeunes montagnards, admis depuis peu dans
un institut d’éducation. À la lecture de
l’écrit de Mélanie, ils virent le visage du Pape changer
d’aspect, ses lèvres se contracter, ses joues se gonfler comme
sous l’influence d’une émotion forte. Une fois la lecture
terminée, il dit : “Je dois relire ces lettres avec plus de calme. Ce
sont des fléaux qui menacent la France, mais aussi l’Allemagne,
l’Italie et l’Europe toute entière est coupable et
mérite des châtiments. J’ai moins à craindre de
l’impiété déclarée que de
l’indifférence et du respect humain. Ce n’est pas sans
raison que l’Église est appelée militante et vous en voyez
ici le capitaine !” En prononçant ces derniers mots Pie IX
portait la main à la poitrine ».
L’attitude de Mélanie en
l’écrivant, de l’Évêque de Grenoble et de Pie
IX en le lisant, nous révèle l’importance capitale du
secret confié à Mélanie et sa gravité.
4)
Le 7 octobre le Card. Lambruschini (qui connaissait le secret) confirmait, au
nom de Pie IX l’approbation de Rome[7] du décret doctrinal que
l’Évêque de Grenoble pensait rendre public. Le Décret
de l’Évêque, que nous avons abondamment cité[8], sortit donc le 10 novembre
1851. Dans ce décret, le Prélat s’exprime ainsi sur le
Secret :
« Nous étions dans ces
dispositions, et animé par ces sentiments, lorsque la Providence divine
nous a fourni l’occasion d’enjoindre aux deux enfants
privilégiés de faire parvenir leur secret à notre
Très-saint Père, le Pape Pie IX. Au nom du Vicaire de
Jésus Christ, les bergers ont compris qu’ils devaient
obéir. Ils se sont décidés à révéler
au souverain Pontife un secret qu’ils avaient gardé
jusqu’alors avec une constance invincible, et que rien n’avait pu leur
arracher. Ils l’ont donc écrit eux mêmes, chacun
séparément ; ils ont ensuite plié et cacheté
leur lettre en présence d’hommes respectables que nous avions
désignés pour leur servir de témoins, et nous avons
chargé deux prêtres qui ont toute notre confiance de porter
à Rome cette dépêche mystérieuse. Ainsi est
tombée la dernière objection que l’on faisait contre
l’apparition, savoir qu’il n’y avait point de secret, ou que
ce secret était sans importance, puéril même, et que les
enfants ne voudraient pas le faire connaître à
l’Église ». Du décret d’approbation
lui-même nous tirons donc aussi la certitude de l’approbation du
secret et de son importance.
5)
Maintenant, comme il est dit précédemment, Mélanie, qui a
reçu le secret, l’a rendu public. C’est une
réalité que personne ne nie. Qui combat le texte du secret,
diffusé dans la version complète en 1879, ne peut avancer que
deux arguments : a) Mélanie, quel que soit le motif, ment. b)
Mélanie ne pouvait pas diffuser le secret que l’Église
tient caché. Mais l’argument premier risque de ruiner toute
l’apparition de la Salette, approuvée par l’Église,
et le second est démenti par l’histoire : Mélanie
n’a jamais affirmé, même pas les premiers jours, que son
secret devait être confié au Pape. Elle le lui confia, et non sans
hésitations, dans les circonstances déjà décrites.
Au contraire, Mélanie affirma que la Sainte Vierge lui donnait le devoir
de répandre le secret après 1858. Affirmation conforme aux paroles
conclusives de toute l’apparition qui répètent par deux
fois : “Eh bien, mes
enfants, faites le passer à tout mon peuple”.
LES
OPPOSITIONS AU SECRET
Je ne peux pas parler du texte du secret
répandu par Mélanie (on peut demander la brochure auprès
de notre institut) sans aborder l’obstacle dangereux des oppositions
autorisées à ce texte. La liste est si impressionnante, que
quiconque ne voudrait pas approfondir le sujet se découragerait à
donner du crédit aux déclarations de Mélanie. Par amour de
la vérité, voilà la série
d’oppositions :
I) 1854 : Mgr. Ginoulhiac
(1806 - 1875) nouvel Évêque de Grenoble publie un décret de
confirmation à celui de 1851, dans lequel, cependant, il met en garde
par rapport aux prophéties répandues par les voyants (4
novembre).
II) 1880 : Après la
publication du secret en 1879 avec l’Imprimatur de
l’Évêque de Lecce, le Card. Caterini, secrétaire du
S. Office écrit deux lettres (8 et 14 août), une aux Pères
de la Salette et une à l’Évêque de Troyes, Mgr.
Cornet. Dans ces lettres, de caractère privé, le Cardinal demande
de retirer la brochure, autant qu’il est possible, des mains des
fidèles, mais de la laisser aux prêtres pour qu’ils en
profitent.
III) 1915 : le 21 décembre le S. Office
émet un décret adressé à
l’Évêque de Grenoble qui ordonne de ne pas discuter ou
traiter du secret de la Salette.
IV) 1923 : le 9 mai le S. Office met à
l’index une réédition du secret dans une brochure au titre
suivant : “L’apparition de la très Sainte Vierge
sur la sainte montagne de la Salette le samedi 19 septembre 1846[9]. Simple réimpression du
texte intégral publié par Mélanie, avec l’Imprimatur
de S. Exc. Mgr. Salvatore Luigi comte Zola, Évêque de Lecce, suivi
de quelques documents de justification, le tout publié avec
l’imprimatur du R.P. Lepidi O.P., Maître du Sacré Palais,
Assistant Perpétuel de la S. Congrégation de l’Index,
donné à Rome le 6 juin 1922. Ed. Société S.
Augustin-Paris-Rome-Bruges,
Les pères de la congrégation des
missionnaires de la Salette adoptent cette ligne et ils soutiennent que,
d’une part il n’est d’aucun intérêt de
connaître le secret et que, d’autre part, il est le fruit d’illusion
sinon d’hystérie.
RÉPONSE
AUX OPPOSITIONS AU SECRET DE LA SALETTE
Comme
je l’ai dit, cette liste est si impressionnante qu’elle pourrait
pousser un fidèle à ne même pas ouvrir la brochure du
secret publié par Mélanie : Rome l’a condamnée.
Mais enfin est-il vrai qu’elle a été
condamnée ? Salvo
meliori judicio, il me semble que non, et je vais
m’en expliquer, ensuite je tâcherai de trouver le motif (les
motifs) d’une telle opposition au secret, pour conclure en montrant
l’actualité du secret et la lumière qu’il projette
sur la situation actuelle de l’Église.
I) Le décret de Mgr.
Ginoulhiac de 1854 après avoir terminé la guerre au FAIT de la
Salette, l’ouvre au SECRET de la Salette et devient une preuve en faveur
du secret même. Dans cette ordonnance, en effet, le prélat se
plaignait du fait que « on rapporte en détail des
prétendues prophéties qui seraient relatives à la personne
du Chef de l’État [c’est-à-dire Napoléon III,
qui fut dès 1849 président de la république et à
partir de 1852 Empereur des Français N.d.A.] et aux destinées de
la France et de l’Église. (...) Mais heureusement nous vivons sous
un gouvernement qui est assez sûr de lui-même pour ne pas trembler
devant les prétendues confidences prophétiques faites à un
enfant ; [Maximin. En réalité c’est Mélanie
dans son secret qui parle de Napoléon et qui invite le Pape à se
méfier de lui, au cœur double, et en annonce la chute. N.d.A.]
assez éclairé pour apercevoir l’inanité de ces
prédictions, dans le ridicule qui les accompagne ! Il semble que les
avertissements qu’on lui a donnés à ce sujet soient
arrivés un peu tard. “Nous n’avions pas attendu que
l’événement montrât la fausseté de ces oracles
pour le dire” » ! Malheureusement pour Mgr.
Ginoulhiac les FAITS le démentiront. Le gouvernement qu’il disait
si solide et auquel il était très fidèle tombera avec
fracas en 1870, exactement le jour avant la chute de la Rome Papale trahie par
Napoléon, c’est-à-dire le 19 septembre, anniversaire... de
la Salette !
II) La lettre même du Card.
Caterini montre assez la raison pour laquelle on estime ne pas devoir faire
circuler la brochure de Mélanie : les reproches très durs
contre l’immoralité du clergé avec lesquels commence le
Secret. Telles paroles, bénéfiques pour le clergé
même, pouvaient être mal comprises des fidèles et
créer scandale. Aujourd’hui le scandale est public, avec la
défection de la foi chez beaucoup de prêtres et même
l’organisation de congrès de “prêtres
mariés” sur les collines romaines. Ensuite le Card.
Caterini dit à l’Évêque de Lecce que ses lettres
étaient dues aux pressions des Évêques français[12].
III) Même le décret de 1915
n’émet pas un jugement contre le secret, mais sur
l’opportunité d’en parler. On était en pleine guerre
et les prophéties du secret, annonçant des châtiments
contre Rome, Paris, Marseille et en général l’Italie et la
France, pouvaient être exploitées comme propagande de guerre.
IV) Reste le décret de 1923. Selon
quelques-uns, la condamnation porte seulement sur un faux de la brochure fait
par un certain Gremillon sous le pseudonyme de Mariavé. En tout cas je
fais observer qu’un livre mis à l’index n’est pas
toujours objectivement mauvais, mais seulement que, au minimum,
l’Église considère la publication comme inopportune. Par
exemple, fut mis ainsi à l’index, sous saint Pie X, le livre de
son grand ami, l’abbé Barbier, parce qu’il signalait
inopportunément la faiblesse de Léon XIII avec les
libéraux en France.
Furent mis aussi à l’index des livres
qui défendaient Padre Pio contre ses persécuteurs, (réels
et pas imaginaires !) qui étaient membres de la hiérarchie.
Le S. Office ne résolvait pas le problème de Padre Pio, mais
voulait éviter (à tort ou à raison) le scandale des
fidèles. De la même manière, la troisième partie du
secret de Fatima, exactement comme le secret de la Salette, est tenue
cachée. Cette partie devait être révélée en
1960 au plus tard, mais elle est frappée, quant à elle, par une
prohibition de fait bien qu’il soit reconnu que la Sainte Vierge en est
l’auteur. Et nous nous rapprochons ainsi des...
... MOTIFS DE L’OPPOSITION AU SECRET
Nous ne prétendons pas les connaître
tous, ni en juger les intentions. Nous tâchons seulement de comprendre un
fait inexplicable : la lutte contre une apparition qui est reconnue vraie.
I)
Le libéralisme de quelques évêques semble être un
premier motif d’une telle opposition. Beaucoup d’évêques
français, parmi lesquels Mgr. Ginoulhiac, étaient fidèles
à l’ex-carbonaro Napoléon III, si maltraité par le “Secret”. Les mêmes étaient
libéraux catholiques, comme le fut éminemment Mgr. Ginoulhiac,
qui, en commentant le Syllabus de Pie IX le glosa au point de lui faire dire le
contraire de ce qu’il disait (Abbé Morel. Somme contre le
catholicisme libéral. t. I, p. 113-133).
Ce n’est pas par hasard si Mélanie, si combattue en France, fut
soutenue toujours par les évêques italiens, comme en
témoigne Mgr. Zola : “Tous
les prélats et d’autres dignitaires ecclésiastiques de ma
connaissance qui ont connu le Secret, tous sans aucune exception, ont
entièrement émis un jugement favorable sur ce Secret, soit par
rapport à son authenticité, soit par rapport à son origine
divine, confronté avec les S.
Écritures, ce qui donne au Secret un
caractère de vérité duquel il est inséparable,
à partir de maintenant. Parmi ces Prélats, il me suffit de nommer
le Card. Riario Sforza, archÉvêque de Naples, Ricciardi, archÉvêque
de Sorrento, Mgr. Petagna, évêque de Castellammare et
d’autres prélats illustres...”
(Mons. Zola, lettre de 5/3/1886).
Si Mélanie avait été la
falsificatrice comme on le dit, le saint Chanoine Annibale di Francia, le
Cottolengo de Sicile, n’aurait pas prononcé son oraison
funèbre[13] et il ne se serait pas
autorisé à construire une église au lieu de sa mort pour
l’y enterrer avec l’inscription : “décédée
en odeur de sainteté”.
II)
Les reproches au clergé qui pouvaient être mal compris. Le saint
Curé d’Ars dit bien que “quand
on veut détruire la religion on commence à attaquer les
prêtres car, où il n’y a plus de prêtre, il n’y
a plus de sacrifice” ;
cependant le secret ne réprimande pas les prêtres d’une
façon générale, mais ceux qui sont indignes, comme il en
existe malheureusement aujourd’hui une multitude.
III)
Le caractère prophétique et apocalyptique du secret qui peut
déconcerter le lecteur. Cependant Wilfrid
écrit non sans raison : « Tout y est dit, de fait, mais
comme dans une page de la Sainte Écriture, avec beaucoup de
clarté pour celui qui possède le sens biblique ; avec
beaucoup d’obscurité, aussi, comme dans les Livres
inspirés, pour nous laisser le mérite de la foi.
On y constate, en effet, d’apparents anachronismes et une superposition
d’événements, parfois séparés par des
intervalles de temps assez longs, que la Vision du Prophète montre,
comme dans une fresque, sur un même plan.
Le Secret de la Salette n’est rien d’autre qu’une
apocalypse Mariale. Son style même se rapproche de celui des
Prophètes, par la forme tranchante et la rigueur absolue de la doctrine.
En vérité, il est
comme un développement de l’apocalypse même,
développement qui arrive maintenant à son heure, pour nous
donner, en termes clairs, ce qu’il nous intéresse de savoir
aujourd’hui de ce que Saint Jean proclame, d’une absolue
nécessité, pour les hommes des Derniers Temps : “Bienheureux celui qui garde les paroles de la
prophétie de ce livre” (Ap, XXII, 7). “Bienheureux aussi
celui qui garde les mots de Marie dont le Message éclaire ceux du voyant
de Patmos” » (In difesa del segreto de la Salette,
Roma, 1946, page 100).
IV) En
revanche, la prédiction de tout ce qui semblait impossible se
réalise sous nos yeux : ainsi que nous le verrons, c’est
l’effroyable crise de la hiérarchie de l’Église que
nous vivons actuellement.
Cette
annonce terrible pouvait alors sembler absurde aux bonnes âmes, mais
redoutable pour celui qui conspirait afin d’obtenir que la
révolution entre dans l’Église ; cette
révolution est maintenant au pouvoir avec Vatican II.
C’est-à-dire, en dernière analyse, le diable. Le
résultat fut l’occultation de l’avertissement de la Sainte
Vierge. De même que Jésus avait annoncé Sa Passion pour
que, une fois arrivée, ses disciples ne se scandalisent pas, Marie a
aussi annoncé l’éclipse de l’Église[14] pour que, une fois survenue,
nous ne nous scandalisions pas.
ACTUALITÉ
DU SECRET
Ce n’est pas ici le lieu de donner le texte
du secret. En bref, il décrit en termes prophétiques (et donc
parfois obscurs) les événements qui concernent
l’Église et l’État depuis le siècle dernier jusqu’à la fin du monde. Il parle du Risorgimento[15] comme étant le
début décisif de l’attaque contre l’Église,
décrit la crise interne à cette dernière, infiltrée
et occupée par ses adversaires, annonce un triomphe glorieux mais de
brève durée de l’Église, et enfin traite de la venue de
l’Antéchrist avec une crise encore pire et du triomphe
définitif du Christ : “voilà le
temps des temps et la fin des fins”. Rien de plus conforme à tout ce que nous
savons déjà par la Sainte Écriture et aussi par des
prédictions de saints. Du secret, je veux seulement souligner quatre
phrases effroyables mais capitales pour la compréhension de tout ce qui
arrive dans l’Église depuis vingt ans : « PARCE QUE LA VRAIE FOI S’EST
ÉTEINTE ET QUE LA FAUSSE LUMIÈRE ÉCLAIRE LE MONDE ». « L’ÉGLISE
AURA UNE CRISE AFFREUSE ».
« ROME PERDRA LA FOI ET DEVIENDRA LE SIÈGE DE
L’ANTECHRIST ».
« L’ÉGLISE SERA ÉCLIPSÉE ET LE MONDE SERA
DANS LA CONSTERNATION ».
Si l’Église n’avait pas
approuvé le message de la Salette ; encore plus : si les FAITS
que nous vivons – avec les vérités de foi contredites par
ceux qui se déclarent autorité dans l’Église –
ne nous le confirmaient pas, jamais, vraiment jamais, nous n’aurions cru
à de telles paroles.
Le secret éclaire les
événements actuels et ces derniers confirment le secret ;
sans le secret, la Foi seule et la théologie nous mèneraient aux
mêmes conclusions, mais le secret adoucit l’amertume des conclusions :
la Sainte Vierge l’avait dit.
Éclipse
de l’Église ne veut pas dire disparition : Jésus a
promis qu’Il serait avec Elle jusqu’à la fin du monde, et
que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Éclipse veut cependant dire invisibilité
presque totale. L’Église existe, mais on ne la voit presque
pas ; ainsi, comme le Seigneur l’annonce, même les
élus, s’il était possible seraient alors trompés.
Voilà un sujet de méditation pour celui qui nie le fait de la
défection de l’autorité à cause de la
nécessité (indiscutable) de la visibilité de
l’Église.
CONFIRMATIONS
ÉMANANT D’AUTEURS COMPÉTENTS
À la fin de l’apparition, avant de
disparaître, la Sainte Vierge se tourna vers Rome (Jaouen p. 334), vers
cette Rome qui deviendrait “le siège de l’Antéchrist”.
Nous retrouvons presque la même phrase dans
l’exorcisme contre Satan et les anges apostats écrit par
Léon XIII en personne et inséré dans le Rituel Romain
– un des livres liturgiques officiels de l’Église. Le passage le plus important de la phrase en
question dit :
“Des ennemis
astucieux ont saturé d’amertume l’Église, épouse de l’Agneau
immaculé, et l’ont
abreuvée d’absinthe ;
ils ont mis leurs mains impies sur tout ce
qu’elle a de plus désirable. LA OU A ÉTÉ
ÉTABLI LE SIÈGE DU BIENHEUREUX PIERRE ET LA CHAIRE DE VÉRITÉ
POUR ÉCLAIRER LES NATIONS, LA ILS ONT POSÉ LE TRÔNE DE LEUR
ABOMINABLE IMPIÉTÉ ; EN SORTE QUE LE PASTEUR AYANT
ÉTÉ FRAPPÉ, ILS PUISSENT DISPERSER LE TROUPEAU”.
À quoi ce passage fait-il allusion ? Il
peut y avoir deux solutions : Léon XIII parle de la prise de Rome
par l’armée italienne en 1870, ou il prophétise à la
lettre ce qui arrive de nos jours : la Chaire de saint Pierre est
occupée par le trône de l’impiété. On sait que
Léon XIII connaissait le Secret de la Salette. On dit aussi qu’il
a institué les prières après la messe (avec celle à
saint Michel) à la suite d’une vision du démon qui
demandait à Dieu un délai de 75 à 100 ans, ainsi
qu’un plus grand pouvoir, pour tâcher de détruire
l’Église. À la lumière de ces
événements, et du parallèle fait avec la Salette, comme
aussi à la force de l’expression, on peut penser licitement
qu’il s’agit d’une prophétie sur ce qui arrive
maintenant. Mais aussi dans le
cas d’une description de la prise de Rome, il n’est pas inutile de
souligner la liaison entre la chute du pouvoir temporel des Papes –
rêve réalisé par le libéralisme et par la
Franc-Maçonnerie – et la crise actuelle de la Foi ainsi que de
l’autorité : double lien de l’une des causes et de la
préfiguration.
L’une des causes : les Papes ont
toujours proclamé que le pouvoir temporel est presque nécessaire
au Saint Siège pour sa liberté même spirituelle et il est
indubitable que, mise en territoire ennemi et dépourvue d’une
société catholique, l’Église était beaucoup
plus pénétrable et perméable à ses ennemis.
Préfiguration : comme la chute
temporelle de Jérusalem est utilisée par Jésus comme
symbole de la fin du monde, on peut, de même, comprendre la chute
temporelle de Rome comme symbole non de la chute de l’Église
(chose impossible) mais de son éclipse spirituelle. Le Secret de la
Salette et l’histoire montrent cette liaison entre ces deux
événements catastrophiques : la défaite militaire de
la Papauté et celle spirituelle, à peine à un siècle
de distance. [Les
libéraux savent se venger : la Déclaration
hérétique sur la liberté religieuse de Vatican II est
datée du 7 décembre 1965, le Syllabus est du 8 décembre
1864]. Ce qui est impressionnant
également c’est le fait que, comme le secret, même
l’Exorcisme a été censuré après 1903, dans la
phrase citée ci-dessus en majuscules. Pourquoi donc ?
Encore
plus claire semble la confirmation qui nous vient de Fatima, autre apparition
reconnue par l’Église. Dans ce cas aussi, le secret (sa
troisième partie) n’est pas rendu public.
L’Évêque de Fatima-Leiria chargea le Père Alonso
(† 1981) de recueillir toute la documentation sur Fatima et celui-ci,
à l’issue de ses longues études déclara à
propos du Troisième Secret : “maintenant
nous nous demandons de manière plutôt suggestive et
critique : le contenu même de cette troisième partie [du
secret. N.d.A.] ne serait-il pas, peut-être, la principale raison de sa
non – publication ? [de la part du Vatican]”. (La Verdad sobre el Sécreto de Fatima ;
Centro Mariano, Madrid, 1976. p. 56). Et ne pouvons-nous pas nous poser la
même question à propos du Secret de la Salette ? Quel est
donc le contenu du Secret de Fatima ? Le Père Alonso
précise : “Il est
donc très probable que le texte fasse des allusions concrètes
à la crise de la foi de l’Église et à la
négligence des Pasteurs eux-mêmes (...), aux luttes intestines
dans le sein de l’Église même et aux insuffisances
pastorales graves de la même Hiérarchie (...), aux insuffisances
de la haute Hiérarchie de l’Église” ; et il continue : “le texte inédit parle-t-il de circonstances
concrètes ?
Il
est très possible qu’il ne parle pas d’une vraie crise de la
foi seulement dans l’Église, mais que, COMME, PAR EXEMPLE, LE FAIT
LE SECRET DE LA SALETTE, il y ait des références plus
concrètes aux luttes intestines des catholiques [périphrases pour
désigner l’état de schisme ! N.d.A.] ou aux
manquements des prêtres et des religieux. Il y a peut-être jusqu’à
référence aux manquements [en français
défaillances, deficere, venir moins] DE LA HAUTE HIÉRARCHIE DE
L’ÉGLISE” (op.
cit. pages 72-75). L’expert officiel de Mgr. Venancio,
Évêque de Fatima, réhabilite ainsi le Secret de
Mélanie. D’autres experts le suivent ; je cite
l’Abbé Rebut : “Ces
mots [de Fatima] rappellent ceux de Notre Dame prononcés à la
Salette et à Pellevoisin à propos de l’Église” (Les messages de la Vierge Marie,
éd. Téqui. 1968).
CONCLUSION
Il s’agit de conserver la foi dans ces temps
d’apostasie, puisque sans la foi catholique on ne peut pas plaire
à Dieu et avoir la Vie Eternelle. La Foi et l’enseignement
infaillible de l’Église nous sont suffisants pour refuser la
duperie et l’hérésie qui nous sont données par celui
qui est déguisé en Ange de lumière. Mais, si sous la
persécution, la peur ou l’incrédulité, nous nous
sentons perdus il est doux de nous tourner vers Marie comme vers une
Mère puissante. Elle saura sauver l’Église et nos
âmes. Nous La verrons aussi au Ciel étincelante de lumière
et de bonté, et nous comprendrons mieux Ses mots : “Vous
ne pourrez jamais me récompenser pour la peine que Je me suis
donnée pour vous” » ».
Fin de citation.
Quel est l’auteur de cet article qui traite
aussi du secret de la Salette ? Personne d’autre que
l’abbé Ricossa lui-même qui l’a publié dans le
numéro 12 de novembre 1986 de Sodalitium, édition italienne (la française
n’existait pas encore). Nous l’avons traduit et nous avons
même conservé les termes en gras, en majuscule et en italique.
Nous avons seulement ajouté des notes qui nous ont semblé
opportunes.
Il
est vrai que l’abbé Ricossa a affirmé, dans le
numéro 48 de Sodalitium (édition française), que
« Il n’a jamais été dans mes intentions,
d’attaquer par le présent article, les personnes qui, dans la
lutte actuelle contre le modernisme, ont fait usage du “secret de la Salette”
ou de la “Prédiction de
saint François”. De
fait il en est beaucoup parmi elles que je vénère et estime
très sincèrement. J’ai moi-même été du
nombre de ceux-là en ce qui concerne le “secret”,
et je profite de l’occasion pour rétracter ce que j’ai
écrit dans le numéro 12 de Sodalitium, aux pages 14
à 17, dans la mesure où cela est contraire aux décrets du
Saint-Siège cités ci-dessus ». Mais les arguments
qu’il a donnés en 1986 nous semblent tellement valables
qu’il n’est pas suffisant de dire qu’on change d’avis
sans apporter d’arguments contraires plus probants.
L’abbé
Ricossa, en 1986, affirmait qu’il y avait eu quatre raisons motivant
l’opposition au secret : 1°) Le libéralisme de certains
évêques. 2°) Le reproche au clergé. 3°) Le caractère
prophétique et apocalyptique. 4°) La prédiction de la crise
de la hiérarchie de l’Église. Toutes ces raisons restent
valables.
Sur
le fait que ces condamnations ont été favorisées par de
fortes oppositions, surtout de la part des libéraux, comme il
l’avait démontré lui-même, nous pouvons ajouter ces
autres citations pour accréditer cette certitude.
L’Osservatore Romano du
25 décembre 1904, à l’époque de saint Pie X,
affirme :
« Mélanie
révéla son Secret quand le temps marqué fut venu, bien
qu’elle sût qu’un pareil acte lui attirerait les
colères de ceux qui, perdus de mœurs, étaient
enchaînés au char maçonnique ».
Mgr.
Salvatore Luigi, comte Zola explique le pourquoi de cette colère, dans
une lettre au Père Kunzle, Directeur Général des
prêtres adorateurs, en 1896 :
« La
guerre et l’opposition au Secret ainsi qu’à sa
vérité commencèrent, dès qu’il fut
livré à la publicité… Au début, cette guerre
fut très circonscrite : lorsque l’opuscule fut imprimé
à Lecce avec l’approbation de ma curie, la guerre devint
acharnée et sans trêve, car elle était soutenue par plusieurs
évêques de France… Entre-temps on agit puissamment
auprès du Saint-Siège, pour que l’opuscule de
Mélanie fût mis à l’Index… ».
L’Abbé
Gouin affirme que « pour comprendre quelque chose à ce qui
dut se passer dans les mois suivants, il faudrait aussi connaître
l’état d’esprit d’un certain nombre
d’évêques français qu’inquiétaient fort
les conquêtes du laïcisme et les menaces de sécularisation,
et qui, troublés par les sévères avertissements du Secret,
estimaient que ce n’était pas le moment de rendre publics des
reproches au clergé, propres peut-être à servir de tremplin
aux manœuvres anticléricales.
Ce
sont eux, certainement, qui alertèrent l’entourage de Léon
XIII. Des évêques français (…) écrivirent
à la Sacrée Congrégation des Évêques et des
Réguliers, disant que, si on ne faisait pas retirer ces livres (les
exemplaires de la brochure de Lecce) des mains des fidèles et si on
n’empêchait pas la propagande de tels livres, la France
entière n’enverrait plus le Denier de Saint Pierre».
L’abbé
Ricossa avait déjà répondu parfaitement en 1986 à
l’argument qui a le plus de valeur pour s’opposer au secret
c’est-à-dire la mise à l’Index de 1923[16]. En 1999, il s’oppose
à ses propres arguments en affirmant ceci : « Certes,
les décrets de la Sacrée Congrégation ne sont pas
irréformables ; cependant, ceux qui ne tiennent aucun compte des condamnations
émanant de la sacrée Congrégation de l’Index ou
d’autres congrégations romaines se rendent coupables de faute (cf.
proposition 8 des modernistes condamnée par le décret Lamentabili, DS
3408) ». (Sodalitium,
n°48).
On
est parfaitement d’accord avec l’abbé Ricossa[17] ; cependant,
lui-même admet que ce genre de décret est réformable. Aux
arguments déjà fournis par l’abbé en 1986, nous
pouvons ajouter ce que disent, avec plus de précisions, des
théologiens à ce propos. Par exemple L. Ott écrit :
« La
forme ordinaire et habituelle de l’activité doctrinale des papes
n’est pas infaillible[18]. Les décisions des
congrégations romaines (Saint Office, Commission Biblique) ne sont pas
non plus infaillibles. Néanmoins elles doivent être accueillies
avec un assentiment intérieur (assensus religiosus)
en raison de l’obéissance due au magistère doctrinal
ecclésiastique. La soumission extérieure dite silentium obsequiosum,
c’est-à-dire le silence respectueux ne suffit pas en
général. Exceptionnellement le devoir de la soumission
intérieure peut cesser, lorsqu’un critique compétent,
après un nouvel examen consciencieux de tous les motifs, arrive à
la certitude que la décision repose sur une erreur » (Cfr D
1684, 2008, 2123). (L. Ott, Précis
de Théologie dogmatique, Ed. Salvator, Mulhouse, p. 24).
Choupin
et d’autres auteurs affirment la même chose. Choupin précise
que, même quand il y a doute sur la valeur du décret, on peut, de
manière convenable, se référer à la
congrégation pour lever le doute ; et même, devant
l’évidence de l’erreur, on peut seulement garder le silence
respectueux sans assentiment intérieur. (Choupin, Valeur des
décisions doctrinales du Saint-Siège, 1928, pp. 53, 83-95). Aujourd’hui,
malheureusement on ne peut pas recourir à la Congrégation de
l’Index qui, d’ailleurs, n’existe même plus dans
l’église Conciliaire. Néanmoins, en
considération des arguments avancés par l’abbé
Ricossa ainsi que ceux donnés par certains théologiens, il nous
semble qu’il existe aujourd’hui d’avantage de bonnes raisons
pour suspendre prudemment – en attendant la fin de l’éclipse
– l’application du décret et donc pour ne pas donner cet
assentiment ; en outre, toujours à cause de cette absence
d’autorité et surtout à cause de l’actualité
du Secret de la Salette, nous ne voyons pas d’inconvénients
à le faire connaître. La Sainte Vierge n’avait-Elle pas
dit : “Eh bien, mes
enfants, faites le passer à tout mon peuple” ? C’est d’ailleurs ce qu’ont fait
beaucoup de traditionalistes, y compris l’abbé Ricossa !
Ce
dernier, en portant sa démonstration en 1986 avait affirmé salvo meliori judicio.
Non, il ne nous semble pas que le jugement de l’abbé Ricossa de
1999 soit meilleur que celui qu’il porta en 1986.
Don Francesco Maria Paladino
Variations
sur le thème du Secret de La Salette
Paru
dans le n° 29 de La Voie
L’abbé Ricossa dans le numéro 55 de Sodalitium (page 30) a
publié une brève réponse à la revue La Voie
(numéro 28) sur le “Secret de La Salette”. L’argumentation
du supérieur de l’Institut Mater Boni Consiliiest pour le moins
surprenante quand il affirme que « les fidèles catholiques ne
doivent choisir ni entre l’abbé Ricossa (1986) et
l’abbé Ricossa (1999) ni entre l’abbé Ricossa et
l’abbé Paladino, mais (qu’) ils doivent simplement embrasser
les décisions de l’Église, qui ont toujours
été, continuellement, de Léon XIII à Pie XII,
opposées au secret de La Salette ». En réalité,
la mise à l’Index de la brochure qui reproduit le Secret n’a
eu lieu que sous le règne de Pie XI. Ni sous les pontificats de
Léon XIII, de saint Pie X et de Benoît XV[19], ni auparavant
sous celui de Pie IX il n’y eut de condamnation. Au contraire, les
preuves existent qu’au moins Pie IX et Léon XIII étaient
favorables au Secret, sans même parler des nombreux soutiens et
approbations de l’épiscopat.
Ensuite, l’abbé Ricossa affirme que
« l’abbé Paladino évoque certains
théologiens (Ott, Choupin) selon lesquels, en de très rares
circonstances, on pourrait suspendre l’assentiment intérieur
dû normalement aux décrets des congrégations
romaines. En supposant que ce soit le cas du décret contre La Salette,
le fait demeure que tous les auteurs considèrent que même en ce
cas, il est nécessaire de conserver le silence respectueux,
c’est-à-dire la soumission extérieure au décret, chose
que l’abbé Paladino se garde bien de faire ». Que normalement
il faille donner l’assentiment intérieur aux décrets des
congrégations romaines et que, dans le cas où cela n’est
pas possible, il faille au moins observer un silence respectueux, nous en
convenons bien volontiers avec le directeur de Sodalitium. Cependant, dans le
numéro 28 de La Voie, en reprenant
l’argumentation de l’abbé Ricossa de 1986 qui mettait
justement en évidence la brûlante actualité du Secret,
c’est-à-dire sa réalisation sous nos yeux, nous
précisions que l’impossibilité de recourir actuellement
à l’autorité nous semble suffisante pour justifier notre
attitude aujourd’hui et celle de… l’abbé Ricossa
hier !
Décret
romain et réforme liturgique
Notre
contradicteur rejette l’accusation d’incohérence quant
à son refus d’utiliser la réforme liturgique de Pie XII
car, écrit-il, ce n’est pas du même ordre. De cela aussi
nous convenons, mais il s’agit ici d’une analogie,
c’est-à-dire du rapport de ressemblance qui existe entre deux
choses qui sont différentes. Ce qui est commun à la
réforme liturgique de Pie XII et au décret sur La Salette,
c’est qu’il s’agit dans les deux cas de décisions
romaines qui sont réformables.
Dans
le cas de la réforme liturgique, l’abbé Ricossa refuse
d’appliquer en pratique, à notre avis à juste titre, la
décision de l’autorité mais non pas dans le cas du
décret sur le Secret. Pourquoi cette attitude contradictoire ? Le
directeur de Sodalitium
tente une explication quand il écrit : « En effet, il y a
pour le moins une différence essentielle entre les deux cas : la
liturgie précédant 1956 est certainement catholique et
approuvée par l’Église alors qu’on ne peut pas
affirmer la même chose du “Secret de La
Salette”. » Nous ne voyons pas ce que veut démontrer
cette comparaison. Etant donné la crise
affreuse de l’Église, annoncée aussi par Léon XIII[20], que nous vivons, la
non-caducité de la mise à l’Index de la brochure qui
reproduit le Secret de La Salette, ainsi que l’application de la
réforme faite sous Pie XII par Bugnini [FM], nous semblent l’une
et l’autre inopportunes à l’heure présente.
Quant à l’abbé Ricossa, il accepte aujourd’hui les
mesures prises sur le Secret de la Salette mais il n’applique pas la
réforme liturgique de Bugnini ; or, les deux décisions
viennent pourtant des autorités romaines.
Réformable
et infaillible
Comme
on l’a vu, les décrets des Congrégations sont
réformables et dans le numéro 48 de Sodalitium(avril 1999)
où il change de position sur le Secret, l’abbé Ricossa
lui-même est obligé de l’admettre :
« Certes, écrit-il, les décrets de la Sacrée
Congrégation ne sont pas irréformables ». Mais il
ajoute aussitôt : « cependant, ceux qui ne tiennent aucun
compte des condamnations émanant de la Sacrée Congrégation
de l’Index ou d’autres congrégations romaines se rendent
coupables de faute (cf. proposition 8 des modernistes condamnée par le
décret Lamentabili,
DS 3408) »[21].
Quant
à la question de l’infaillibilité des lois liturgiques que
soulève la réforme de Pie XII, il nous semble utile de reproduire
ce qu’écrivait le Père Goupil : « Il est
donc impossible qu’une loi universelle de l’Église soit
dommageable à la société chrétienne.
« Nous
ne prétendons pourtant pas que la loi ecclésiastique, bonne généralement,
ne puisse avoir des inconvénients particuliers ; mais nous disons
que par elle le bien commun est procuré, et qu’elle offre toujours
plus d’avantages que d’inconvénients. Nous ne disons pas que
la loi ecclésiastique soit en chaque cas la meilleure ni la plus
opportune, et c’est pourquoi il est permis d’en poursuivre
respectueusement la modification ou même l’abrogation ; mais
nous disons que, telle quelle, elle est utile au bien des
âmes. » (La Règle de la foi, Paillard, 1931, p.70)
Bien
sûr, si l’autorité était présente, il faudrait
y recourir et si cette autorité confirmait le décret de 1923 sur
le Secret de La Salette et la réforme de Pie XII de 1955, il faudrait
évidemment se soumettre à sa décision. En effet, dans les
deux cas, il n’y a rien de contraire à la foi, ce qui est de toute
façon impossible de la part de l’autorité légitime.
À
ce propos, d’aucuns pourront nous accuser d’adopter la même
attitude que la Fraternité Saint-Pie X. En effet, on nous
objectera : la FSSPX refuse les nouvelles lois et orientations issues de
Vatican II ; quant à vous, vous refusez la condamnation du Secret
de la Salette et la réforme de Pie XII. Or, l’équivalence
n’est ici qu’apparente, car ce que nous
refusons est réformable et de toute façon les décisions romaines
de 1923 et de 1955 ne sont pas contraires à la foi, comme on l’a
vu, tandis que ce qui est issu de Vatican II est bel et bien contraire à
la foi comme le répète régulièrement avec raison la
mouvance issue de Mgr Lefebvre.
Ignorance
ou amnésie ?
Plus
loin, le directeur du séminaire Saint-Pierre de Vérone martyr
affirme qu’il « ignora[it] tout ou presque de la
littérature sur ce sujet, et surtout des textes mêmes du
Saint-Siège en la matière ». Cette affirmation nous
paraît tout bonnement incroyable ! En effet, après avoir
cité le décret de 1915, voici ce que l’abbé Ricossa
écrivait en 1986 : « Reste le décret de 1923 [que
l’auteur de l’article avait cité auparavant avec tous les
détails de date, de lieu, etc.]. Selon quelques-uns, la condamnation
porte seulement sur un faux de la brochure fait par un certain Gremillon sous
le pseudonyme de Mariavé. En tous cas, je fais observer qu’un
livre mis à l’Index n’est pas toujours objectivement
mauvais, mais que, au minimum, l’Église considère la
publication comme inopportune. Par exemple, fut mis ainsi à
l’Index, sous saint Pie X, le livre de son grand ami l’abbé
Barbier, parce qu’il signalait inopportunément la faiblesse de
Léon XIII avec les libéraux en France. Furent mis aussi à
l’Index des livres qui défendaient Padre Pio contre ses
persécuteurs, (réels et pas imaginaires !) qui
étaient membres de la hiérarchie. Le Saint-Office ne
résolvait pas le problème de Padre Pio, mais voulait
éviter (à tort ou à raison) le scandale des
fidèles. »
Après
avoir lu une partie importante de son article de 1986 traduite dans le
numéro 28 de La Voie (2003), l’abbé Ricossa aurait-il
soudainement oublié ce qu’il avait écrit il y a dix-huit
ans ?
Plus
avant, l’auteur affirme qu’entre 1986 et 1999,
c’est-à-dire entre la publication de ses deux articles, on a
trouvé des textes qui avaient été présentés
à Pie IX et qui étaient différents de celui publié
ensuite par Mélanie. Nous convenons qu’il y a là une
difficulté, mais il faut remarquer que, comme le rapporte
l’abbé Ricossa lui-même en 1986, Pie IX à la lecture
du texte présenté par Mélanie commente :
« Ce sont des fléaux qui menacent la France, mais aussi
l’Allemagne, l’Italie et l’Europe tout entière est
coupable et mérite des châtiments. » Or, dans le texte
qu’aurait lu Pie IX et qui a été retrouvé ces
dernières années, on ne décèle aucune
référence explicite à la France, à
l’Allemagne et à l’Italie. Comment expliquer alors que Pie IX
fasse allusion à ces trois pays ? Quoi qu’il en soit, le
texte retrouvé semble être un résumé du Secret
où il est question des terribles châtiments futurs.
Par
ailleurs, l’abbé Ricossa affirme qu’à
l’époque il a eu la “stupidité”
d’écrire que les opposants au Secret étaient tous des
libéraux alors qu’il y avait aussi des antilibéraux. Nous
le concédons, mais il est non moins vrai que, parmi les
défenseurs du Secret, on retrouve des personnalités des deux
camps, évidemment pour des raisons différentes.
Le
fait de la crise
Par
la suite, l’abbé Ricossa écrit que « nous ne
pouvons pas nous appuyer sur le Secret de la Salette pour soutenir notre
position sur la situation actuelle de l’Église, car la moindre des
choses est de dire que ce Secret n’a jamais été
approuvé par l’Église ; l’article de
l’abbé Paladino ne réussit pas à démontrer le
contraire ». D’abord, notre article n’avait pas pour but
de démontrer que le Secret avait été approuvé par
l’Église, mais seulement de dire que ce Secret illustre la
situation actuelle comme l’abbé Ricossa lui-même
l’avait écrit à l’époque. Est-il
discourtois de remarquer qu’à notre connaissance ce dernier
n’adhérait pas à la thèse de Cassiciacum en 1986
tandis qu’en 1999 il en est devenu l’un des principaux
défenseurs ? Or,
en 1986 l’abbé Ricossa était favorable au Secret et depuis
1999 il y est opposé. On peut légitimement se demander si ce
n’est pas l’adoption de la thèse guérardienne qui est
la vraie raison de son changement d’attitude. Il est vrai qu’il
s’est déjà défendu de cette accusation mais on ne
peut nier que le Secret de la Salette ne s’accorde pas vraiment avec la
thèse de Cassiciacum.
Au
terme de son article de 2003, le supérieur de l’Institut
conclut : « Tout au plus, je peux concéder que les
peines prévues par le droit pour qui viole les décrets du
Saint-Office et de l’Index ne s’appliquent plus dans la situation
actuelle du Siège formellement vacant, et que nous ne pouvons pas
invoquer actuellement l’Autorité pour résoudre la question
de savoir si les condamnations passées peuvent être
considérées comme caduques étant donné que les
circonstances ont changé (personnellement je pense que non) ;
c’est pourquoi je n’ai jamais refusé l’absolution
à qui veut persévérer à lire ou à diffuser
le Secret, malgré le décret du Saint-Siège, auquel, au
contraire, est pleinement conforme mon opinion. » Il nous semble totalement
irréaliste d’affirmer que le changement des circonstances,
c’est-à-dire rien moins que Vatican II, la nouvelle messe, Assise,
le baiser du Coran, l’imposition du signe de Shiva, le Bouddha sur
l’autel, l’apostasie générale, etc., ne permet pas de
considérer comme caduques les anciens décrets sur La Salette.
« Du
secret, je veux seulement souligner quatre phrases effroyables mais capitales
pour la compréhension de tout ce qui arrive dans l’Église
depuis vingt ans : “Parce que
la vraie foi s’est éteinte et que la fausse lumière
éclaire le monde”. “L’Église aura une crise
affreuse”. “Rome perdra la foi et deviendra le Siège de
l’Antéchrist”. “L’Église sera éclipsée
et le monde sera dans la consternation”.
Si
l’Église n’avait pas approuvé le message de La
Salette ; encore plus : si les FAITS[22] que nous vivons – avec
les vérités de foi contredites par ceux qui se déclarent
autorité dans l’Église – ne nous le confirmaient pas,
jamais, vraiment jamais, nous n’aurions cru à de telles paroles[23]. Le Secret éclaire les
événements actuels et ces derniers confirment le Secret ;
sans le Secret, la Foi seule et la théologie nous mèneraient aux
mêmes conclusions, mais le Secret adoucit l’amertume des conclusions :
la Sainte Vierge l’avait dit. »
Voilà
ce qu’écrivait l’abbé Ricossa en 1986 avec tant de
conviction et de talent !
Si
nous avions déjà abordé la question du Secret de la
Salette dans le numéro précédent et si nous avons encore
répondu à Sodalitium cette fois-ci, ce n’est pas par
désir de nous opposer à notre confrère et compatriote,
même si hélas c’est inévitable, mais c’est
parce que sont en jeu ici des questions qui touchent directement à la
vie de l’Église militante, à sa crise affreuse.
Don Francesco Maria Paladino
Pour
vous abonner ou vous désabonner de la lettre d’information
Virgo-Maria, veuillez remplir le formulaire disponible sur notre site http://www.virgo-maria.org/
Pour
nous transmettre une information ou une nouvelle : mailto:la.redaction@virgo-maria.org?subject=Une%20Alerte-info%20pour%20VIRGO-MARIA
-
- - - - - - - - - - -
[1] http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-01-12-A-00-Abbe_Ricossa_30_ans_de_perdu.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-06-22-A-00-Ricossa_Rampolla.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-06-27-A-00-Ricossa_contre_Cekada.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-06-27-A-00-Ricossa_contre_Cekada.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-09-27-A-00-Ricossa_contre_Cekada-REDIFF.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-10-22-B-00-Abbe_Ricossa-Finances.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-10-30-A-00-Rectificatif_abbe_Paladino.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-11-26-A-00-Abbe_Ricossa_obere_Apocalypse.pdf
[2] http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-06-22-A-00-Ricossa_Rampolla.pdf
[3] http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-11-26-A-00-Abbe_Ricossa_obere_Apocalypse.pdf
[4] http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-06-27-A-00-Ricossa_contre_Cekada.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-06-27-A-00-Ricossa_contre_Cekada.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-09-27-A-00-Ricossa_contre_Cekada-REDIFF.pdf
[5] http://www.virgo-maria.org/articles/2009/VM-2009-12-04-A-00-CIRS_Avrille_Maronites.pdf
http://www.virgo-maria.org/articles/2010/VM-2010-02-12-A-00-Canisy_Kergorlay.pdf
http://www.virgo-maria.org/Documents/Kergolay/AvrilleOCR.pdf
http://www.virgo-maria.org/Documents/Kergolay/Denis_de_Kergolay_L_Interallie.pdf
[6] Dans la première partie de
l’article, que nous ne reproduisons pas, où l’auteur traite
de l’apparition en général.
[7] En effet Mgr. de Bruillard, dans son mandement,
publié le 19 septembre 1851, après seulement que les Secrets
furent remis à Pie IX, déclare solennellement que :
“L’Apparition de la Sainte Vierge à deux bergers (…)
porte en elle-même tous les caractères de la vérité,
et que les fidèles sont fondés à la croire
véritable et certaine”.
Louis Bassette qui rapporte cela dans son livre Le fait de la Salette, Cerf,
1955, ne peut être soupçonné de complaisance à
l’égard du Secret ; il écrit pourtant : “Rien, dans les Secrets lus par Pie
IX et communiqués par lui au Préfet de la congrégation des
Rites, le cardinal Lambruschini, secrétaire d’État, ne
s’opposait à ce que l’évêque diocésain
ne rendît son jugement”.
Beaucoup plus tard, en 1936, le Promoteur de la Foi à la Sacrée
Congrégation des Rites, Mgr. Natucci, confirmera que le Secret
publié par Mélanie, ne contenant visiblement rien qui fut
contraire à la foi ou à la morale, n’était pas
condamné”.
(D’après la lettre du R.P. Sorrel, au Chanoine Million du 29
octobre 1936).
[8] L’auteur, dans la première partie
de son article, cite plusieurs documents dont celui de
l’évêque de Grenoble.
[9] En réalité le décret de
l’Index dit 1845 et non 1846.
[10] À vrai dire dans le décret la
partie qui va de “avec
l’Imprimatur”
jusqu’à “
[11] Simple coquille, car le décret porte la
date du 9-5-1923.
[12] Ce fait, rapporté, entre autres, par
l’Abbé Gouin, donne une idée des pressions des
évêques français. Mgr. Zola, en réponse à une
lettre du Card. Caterini lui demandant de ne plus confesser ni diriger
Mélanie dans les voies spirituelles, se rendit à Rome pour
informer ce cardinal qu’il venait remettre sa démission au
Saint-Père, au motif que, “ne
pouvant diriger l’âme d’une petite femme comme la
Bergère de La Salette, il était bien moins capable de diriger un
si vaste diocèse comme celui de Lecce”.
Mgr. Caterini répondit : “…
J’ai écrit cette lettre, forcé par les circonstances.
Regardez sur ma table : voyez ces volumes de lettres qui arrivent tous les
jours de France contre Mélanie”.
[13] Voici un extrait de cette oraison funèbre
publiée avec l’imprimatur de Mgr. Letterio de Messine :
« Une créature angélique, un pur idéal
d’innocence et de vertu, une existence humaine sans tache, très
suave, pleine des plus saintes aspirations de Dieu, de sa gloire et de son
éternel Amour est passée par cette vallée de larmes…
« L’ordre de la
Sainte Vierge (de faire savoir à tout son peuple ce qu’Elle venait
de révéler)… détermina un autre genre de vie
pour la jeune bergère. Elle fut comme arrachée à sa
chère solitude, enlevée à l’oubli et au secret de sa
vie cachée, et elle devenait investie d’une mission qui devait lui
coûter douleurs et larmes, ovations et mépris,
vénération et calomnie, et de longues
pérégrinations de pays en pays…
« Ce ne fut que
grâce à une continuelle assistance surnaturelle qu’elle put
résister et persévérer jusqu’à la
fin…Mélanie souffrit toute sa vie une agonie spirituelle, dans l’attente
de voir s’accomplir la parole de la Très Sainte Vierge et surgir
les nouveaux Apôtres de la Sainte Église. D’autre part elle
fut témoin que la dévotion à Notre Dame de La Salette par
un dessein de Dieu subissait persécutions et quelquefois semblait devoir
s’éclipser….
« Dieu connaît les
chemins du cœur et il est écrit que belles sont les voies de la
Sagesse : Viae ejus pulchrae.
« Quand,
dans la sainteté d’une créature, outre la solide vertu se
trouve un ensemble de vicissitudes, d’événements et de
faits intrinsèques et extrinsèques, dans lesquels le beau, le
sublime, le pathétique frappent, attirent, envahissent le cœur et
l’imagination, alors tout l’homme est conquis et gagné
à la vérité.
« J’ai
cru découvrir quelque chose de semblable dans cette vie et dans les
diverses péripéties traversées par cette élue du
Seigneur, au point de ne savoir s’il fut à notre époque
dans le monde une autre qui pût lui être comparée…
« Mon
Dieu ! nous avons assisté à des manières d’agir
non communes ! tout dans cette créature était nouveau et
parfois mystérieux, certaines vertus qui émanaient d’elle
rappelaient des vies de saints. Tout d’abord, son innocence avait quelque
chose d’enchanteur : c’était une colombe très
pure qui semblait avoir survolé toutes les misères humaines sans
en avoir été atteinte d’une seule tache.
C’était un lis parfumé de virginité,
c’était une enfant à peine sortie des fonts baptismaux et
cependant riche de prudence et de sagesse…
« L’esprit
de mortification et de pénitence qui la dominait fut singulier en elle.
Sa nourriture était très rare, à peine quelques
bouchées. Avant d’être parmi nous, elle restait chaque
semaine trois jours de suite sans boire et disait : « Il y a de
si grandes soifs dans le monde ! ».
« Le
jour de Pâques, nous l’avons vu solenniser à table cette grande
fête en prenant la moitié d’un œuf…. Son sommeil
ne dépassait pas trois heures et toujours sur la terre nue, comme vous
avez pu le constater, mes sœurs.
« Que
dirions-nous des macérations de son corps virginal ? Que
signifiaient ces linges couverts, aux épaules, de sang
frais, que vous avez eu l’occasion de trouver en mettant ses
vêtements à la lessive ? Que signifiait cette table toute
hérissée de clous disposés en croix, qui donnait le
frisson et que nous conservons avec des taches de sang décolorées. ?
« Néanmoins,
calme, sereine, tranquille, consommée dans la vertu et la souffrance,
elle apparaissait au-dehors comme si elle ne souffrait de rien ; gracieuse
et délicate dans sa démarche, ses manières et son langage,
et comme si en elle les contrastes s’étaient harmonisés,
elle était recueillie et sociable, humble et imposante, aimable et
réservée, forte et soumise, et elle apparaissait plus
qu’adulte et d’âge mur, celle qui pourtant était une
enfant….
« Là
où je voudrais un langage d’ange pour parler de notre
Mélanie, c’est quand je veux vous donner une idée de son
fervent amour envers N-S Jésus-Christ et la T. S. Vierge Marie. En
vérité sa vie fut une vie d’amour ! Elle aimait Dieu
d’un pur amour, et les flammes de cet incendie mystique transparaissaient
tantôt plus, tantôt moins… ».
[14] C’est bien pourquoi nous avons
publié un livre qui a pour titre L’Eglise Eclipsée qui
développe en détail cet avertissement de la Sainte Vierge. Cet
ouvrage est toujours disponible (24 €, port compris).
[15] La révolution
maçonnique italienne qui a conduit à l’unité de
l’Italie et à la prise de Rome en 1870, le tout pour
éliminer le pouvoir temporel du pape.
[16] Il faut remarquer,
comme on l’a déjà souligné à la note 4, que
dans le décret de condamnation de l’opuscule, il y a une erreur de
date dans la mention du titre ; il est marqué 1845 au lieu de 1846.
Il est à se demander si cette erreur n’annule pas la mise à
l’Index car, à la Salette, en 1845, il n’y a eu aucune
apparition. En plus, comme on l’a également souligné, le
titre de l’opuscule n’est pas cité dans son
intégralité. Au minimum, ces vices de forme nous permettent de
douter de la validité du décret en question.
[17] Toutefois, nous ne voyons pas pourquoi l’abbé
Ricossa est aussi pointilleux sur cette affaire. En effet, il fait partie, lui
aussi, de ces prêtres qui n’appliquent pas la réforme
liturgique de Pie XII, et ceci, pour les mêmes raisons que nous exposons
dans l’article L’œuvre de Bugnini à la fin de ce
numéro. Or, les motifs qui nous inclinent à ne pas appliquer les
règles de la nouvelle Semaine Sainte sont substantiellement les
mêmes qui nous font suspendre l’assentiment au décret de
l’Index concernant le secret de la Salette. Quelle est donc la raison qui
pousse l’abbé Ricossa à être aussi légaliste
sur la question de La Salette et aussi réaliste sur la question des
réformes de Pie XII ?
[18] Quand les auteurs affirment que le pape, dans ce cas,
n’est pas infaillible, ils ne veulent pas dire qu’il puisse
enseigner des choses qui vont contre la foi mais que ses décisions ne
sont pas établies de manière définitive ou
irréformable. Si un pape pouvait dire des choses contraires à la
foi, comment Benoît XV pourrait-il affirmer ceci : “Et ces Pontifes, qui osera dire
qu’ils aient failli, même sur un point, à la mission
qu’ils tenaient du Christ, de confirmer leurs frères dans la
Foi ?” (Principi Apostolorum, du 5/10/1920).
[19] Le 21 décembre 1915, sous Benoît XV, le S.
Office émet un décret adressé à
l’Évêque de Grenoble qui ordonne de ne pas discuter ou
traiter du secret de la Salette.
[20] « Là où
fut institué le siège du Bienheureux Pierre et la Chaire de la
Vérité, là ils ont posé le trône de leur
abomination dans l’impiété, en sorte que le Pasteur
étant frappé, le troupeau puisse être
dispersé. » Exorcisme de Léon XIII.
[21] Voici la proposition condamnée :
« Il faut considérer comme exempts de toute faute ceux qui
tiennent pour rien les condamnations prononcées par la Sacrée
Congrégation de l’Index ou par d’autres Sacrées Congrégations
romaines. » Nous avons déjà expliqué dans le
numéro 28 que, dans des cas très rares, il est permis de
suspendre son approbation.
[22]
En effet Contra factum non valet argumentum (contre le fait l’argument ne
vaut pas) dit un principe de philosophie. Que valent donc les arguments de
l’abbé Ricossa face aux faits que lui-même
reconnaissait ? Les faits auraient-ils changé en dix-huit
ans ? À la vérité, s’ils ont changé,
c’est en pire.
[23]
C’est pourquoi nous pensons qu’au début du XXème
siècle il y avait des antilibéraux qui étaient
opposés au Secret de La Salette, car ils ne vivaient pas ce qui se
déroule actuellement sous nos yeux. Aussi les prévisions de la
Sainte
Vierge leur paraissaient-elles incroyables. Et disons-le, l’abbé
Ricossa et nous-mêmes qu’on ne peut accuser de libéralisme,
du moins faut-il l’espérer, nous n’aurions peut-être
pas cru à ce secret si nous avions vécu il y a un siècle.
- - - - - - - - -