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Alchimie et science

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Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 4, 1096 a 16-17 :

" Vérité et amitié nous sont chères l'une et l'autre,

mais c'est pour nous un devoir sacré d'accorder

la préférence à la vérité. "

 

Ibid., Métaphysique, Livre G, 4, 1008 b 7 :

" Mais si tous sont également dans l'erreur et dans la vérité, il ne peut s'agir, pour un être se trouvant dans cet état, ni de proférer un son, ni de dire quelque chose d'intelligent, car, en même temps, il dit une chose et ne la dit pas. S'il ne forme aucun jugement, ou plutôt si, indifféremment, il pense et ne pense pas, en quoi différerat-il des plantes ? "

 

S. Louis-Marie Grignion de Montfort, Œuvres complètes, L'Amour de la Sagesse éternelle, La sagesse naturelle, nos 84-89 :

" [84] Outre cette sagesse mondaine, qui est condamnable et pernicieuse, il y a une sagesse naturelle parmi les philosophes.

" C'était cette sagesse naturelle que les Égyptiens et les Grecs recherchaient autrefois avec tant d'empressement : "... et que les Grecs sont en quête de sagesse " (I Corinthiens, 1 : 22). Ceux qui avaient acquis cette sagesse étaient appelés mages ou sages. Cette sagesse est une connaissance éminente de la nature dans ses principes (1). Elle fut communiquée en plénitude à Adam dans son innocence ; elle fut donnée en abondance à Salomon, et dans la suite des temps quelques grands hommes en ont reçu quelque partie, comme l'histoire nous apprend.

" [85] Les philosophes vantent leurs arguments de philosophie comme un moyen d'acquérir cette sagesse.

" Les chimistes vantent les secrets de leur cabale pour trouver la pierre philosophale, dans laquelle ils s'imaginent que cette sagesse est renfermée.

" A la vérité, la philosophie de l'École [S. Thomas d'Aquin et S Denys l'Aréopagite], étudiée bien chrétiennement, ouvre l'esprit et le rend capable des sciences supérieures [Métaphysique], mais elle ne donnera jamais cette prétendue sagesse naturelle si vantée dans l'antiquité.

" [86] La chimie ou alchimie, ou la science de dissoudre les corps naturels et de les résoudre à leurs principes, est encore plus vaine et plus dangereuse. Cette science, quoique véritable en elle-même, a dupé et trompé une infinité de gens, par rapport à la fin qu'ils se proposaient ; et je ne doute point, par l'expérience que j'en ai moi-même, que le démon ne s'en serve aujourd'hui pour faire perdre l'argent et le temps, la grâce et l'âme même, sous prétexte de trouver la pierre philosophale. Il n'y a point de science qui propose l'exécution de plus grandes choses, et par des moyens plus apparents.

" Cette science promet la pierre philosophale, ou un poudre qu'ils nomment la projection qui, jetée en quelque métal que ce soit, s'il est fondu, le change en argent ou en or, qui donne la santé, qui guérit des maladies, qui même prolonge la vie, et qui opère une infinité de merveilles qui passent chez les ignorants pour divines et miraculeuses.

" Il y a une bande de gens qui se disent savants en cette science, qu'on nomme cabaliste, qui gardent les mystères de cette science si cachés qu'ils aimeraient mieux perdre la vie que de révéler leurs prétendus secrets.

" [87] Ils autorisent ce qu'ils disent :

" I° Par l'histoire de Salomon qu'ils assurent avoir reçu le secret de la pierre philosophale, et dont ils vantent un livre secret, mais faux et pernicieux, nommé la Clavicule de Salomon [Clavicula Salomonis].

" 2° Par l'histoire d'Esdras, à qui Dieu donna à boire une liqueur céleste qui lui donna la Sagesse, comme il est marqué dans le 7e livre d'Esdras [livre apocryphe].

" 3° Par les histoires de Raymond Lulle et de plusieurs autres grands philosophes qu'ils assurent avoir trouvé cette pierre philosophale.

" 4° Enfin, pour mieux couvrir du manteau de la piété leurs tromperies, ils disent que c'est un don de Dieu, qu'Il ne donne qu'à ceux qui l'ont longtemps demandé et qui l'ont mérité par leurs travaux et par leurs prières.

" [88] Je vous ai rapporté les rêveries ou les illusions de cette science vaine, afin qu'on n'y soit pas trompé comme tant d'autres, car j'en sais qui, après avoir fait plusieurs dépenses inutiles et perdu beaucoup de temps à chercher ce secret, sous les plus beaux et pieux prétextes du monde, et de la manière la plus dévote, ont été enfin obligés de s'en repentir, en avouant leurs tromperies et leurs illusions.

" Je ne conviens pas que la pierre philosophale soit possible. Le savant Delrio (2) l'assure et la prouve possible ; d'autres la nient. Quoi qu'il en soit, il n'est pas convenable et il est même dangereux qu'un chrétien s'applique à la chercher. C'est faire injure à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, dans lequel sont tous les trésors de la Sagesse et de la science de Dieu (Colossiens, 2 : 3), tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire [le chrétien ne devant, pour unir son âme à Dieu par l'entendement, cheminer et s'avancer en cette vie que par la seule lumière de la foi, la première entre toutes les vertus, car il est écrit que " le juste vivra de la foi " - Romains, I : 17 ; Habaquq, 2 : 4]. C'est désobéir au Saint-Esprit qui dit : ' Ne cherchez point ce qui est au-dessus de vos forces ' (Ecclésiastique, 3 : 22).

" [89] Demeurons-en donc à Jésus-Christ, la Sagesse éternelle et incarnée, hors duquel il n'y a qu'égarement, que mensonge et que mort : ' Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ' (S. Jean, 14 : 6).

" Voyons ses effets dans les âmes."

1) Aristote, Métaphysique, Livre A, chap. Ier, 981 b 26-28, 982 a 1, et chap. II, 982 a 15 :

" Mais le but de notre présente discussion, c'est de montrer que, sous la dénomination de sagesse, chacun entend communément ce qui traite des premières causes et des premiers principes. [...] Il est donc évident, dès maintenant, que la Sagesse est une science qui a pour objet certaines causes et certains principes. [...] De plus, parmi les sciences, celle que l'on choisit pour elle-même et à seule fin de savoir, est considérée comme étant plus vraiment Sagesse que celle qui est choisie en vue de ses résultats."

2) Martin del Rio, S. J. (1551-1608), ami de Juste Lipse, publia, en 1599, son livre Disquisitionum magicarum libri sex, où au livre I, ch. 5, on trouve son opinion sur l'efficacité de l'alchimie. [La transmutation est en effet chose possible, mais, au fond, il ne s'agit de produire que de l'or, ce qui n'assure absolument pas la vie éternelle et ne peut pas être un moyen adéquat pour parvenir à celle-ci.]

        Par son but et avec ses méthodes opératoires et son symbolisme tiré des Saintes Écritures pour séduire les personnes non averties et doctrinalement peu formées et par conséquent vulnérables, l'alchimie contrefait les trois voies ou vies purgative, illuminative et unitive par lesquelles doit passer toute âme pour parvenir à la perfection chrétienne et à l'union à Dieu. Au fond, les chimistes, biologistes et généticiens de notre époque prétendent atteindre le même but que certains alchimistes du moyen âge qui prétendaient être parvenus par leurs recherches à résoudre les problèmes de la vieillesse et de la mort, conséquences de la chute originelle - mais surtout en espérant bien se remplir les poches pour jouir indéfiniment ou le plus longtemps possible d'une vie livrée aux caprices de la chair. " Rien de nouveau sous le soleil ! (1) " Nous sommes là en plein naturalisme ou matérialisme et enfermés dans des contradictions insurmontables, comme nous le sommes actuellement dans les domaines du droit, de la morale, de la politique, de la philosophie et même des sciences (cf. les théories scientifiques sur l'origine du monde, des espèces et de l'homme, et sur le passage de la chimie minérale à la chimie organique ou du non vivant au vivant, ou de la réversibilité à l'irréversibilité, etc.). C'est l'homme qui ne désespère pas d'acquérir un jour ou l'autre la jeunesse éternelle et la béatitude par ses propres forces, autrement dit de s'égaler à Dieu (2). Ainsi, selon eux, la science seule accomplira en quelque sorte la rédemption de l'humanité et non Jésus-Christ, le Verbe incarné et notre seul Rédempteur (3). Ayons le courage et la franchise de reconnaître ou d'avouer que c'est là l'œuvre du malin. Nous ne pouvons pas ne pas penser ici à la fatale fin d'une certaine grenouille qui vit un bœuf dont elle voulut égaler la taille. Ainsi que nous le voyons, les leçons tirées des fables de La Fontaine n'ont rien perdu de leur actualité. Nos "savants" ("ceux qui savent") font vraiment preuve d'aveuglement intellectuel en s'imaginant qu'ils vont produire un être vivant à partir d'un simple assemblage d'éléments chimiques, comme si le " plus " pouvait être produit par le " moins " (4). Littéralement parlant nous pouvons soutenir qu'ils ont perdu l'esprit. Preuve en est qu'ils n'en parlent jamais dans leurs travaux ou leurs symposiums. Ils se servent bien de leur raison, mais celle-ci ne reposant sur rien de réel tourne indéfiniment à vide. Il n'y a même plus de Logique élémentaire ni aucune recherche des causes secondes. Dans ces conditions, on ne peut même plus parler de Science, puisqu'on ne sait plus rien ou qu'aucune certitude de jugement n'est possible. En toutes choses il y a une idée de type et de fin au niveau de la causalité ou une loi intelligible qui nous ramène à une intelligence première pour les concevoir et les créer. Méditons le verset 1 du Psaume LIII (Vulg. LII) : " L'insensé a dit en son cœur : ' Plus de Dieu ! ' Ils sont faux, corrompus, abominables ; plus d'honnête homme."

1) L'Ecclésiaste, 1 : 9 ;

2) Cf. Genèse, 11 : 4 ; Isaïe, 14 : 13-15 ;

3) Cf. Apocalypse, 21 : 4.

4) L'effet ne peut dépasser la capacité de sa cause. Or la connaissance intellectuelle échappe à la connaissance des sens. Nous saisissons en effet par l'intelligence les essences universelles des réalités matérielles que nos sens ne peuvent recevoir que sous un mode particulier par la seule impression des corps sensibles. La connaissance intellectuelle, pour produire son acte, bien qu'elle ne connaisse les essences qu'en les abstrayant de la matière, doit donc être nécessairement quelque chose de l'âme qui agit en permanence sur la connaissance sensible pour acquérir une compréhension supérieure des réalités matérielles et progresser ainsi dans tous les domaines de la connaissance. Et ce quelque chose de l'âme est l'intellect agent, principe actif qui cause l'universel par abstraction de la matière ou connaît la réalité en son essence, n'est l'acte d'aucun organe corporel, car autrement elle ne pourrait connaître que ce qui est singulier ou individuel, tout être ne pouvant être reçu dans un autre que selon le mode de celui qui reçoit. (Cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, questions 75-83 et 84-89. – Ire partie, q. 83, a. 6, diff. 3 : « Effectus non se extendit ultra virtutem suæ causæ. »)

Louis Jugnet, Ier Cahier de textes inédits, Philosophie et biologie, A propos de l'Evolutionnisme Catholique (article paru dans la Pensée Catholique, n° 11, 1949), Imprimerie Gerbert, Aurillac (Cantal), 1975, page 87 :

" Celui qui voit dans la raison une production de la société 'ébranle par là, à sa façon, la confiance que nous pouvons avoir dans la raison même, de la même manière que le biologiste qui nous la montre relative à certaines adaptations vitales ou à l'évolution particulière d'un certain type de cerveau ; pour l'un, c'est la structure intime du milieu social, comme pour l'autre la structure intime des centres nerveux qui nous fait apparaître certaines idées comme vraies ou fausses. Et l'un et l'autre, biologiste et sociologue s'enferment, dès lors, dans le même cercle vicieux : Si toutes nos idées sont relatives à des conditions extérieures à leur contenu même, conditions organiques ou conditions sociales, la connaissance positive (c'est-à-dire la science), elle aussi, participera à cette relativité ; fondant sur la science les conséquences relativistes, ils lui ôtent à elle-même, par leurs conclusions, toute l'autorité dont ils avaient besoin pour imposer leurs prémisses' (1)."

1) Dominique Parodi, La Philosophie contemporaine en France, Alcan, 1925, p. 152.- Cf. Platon, Théétète, 161c - 162a ; Le Sophiste, 242b - 243a (mais toute la suite est à lire et à méditer).

XVIIIe thèse thomiste :

Immaterialitatem necessario sequitur intellectualitas, et ita quidem ut secundum gradus elongationis a materia, sint quoque gradus intellectualitatis. Adaequatum intellectionis objectum est communiter ipsum ens ; proprium vero intellectus humani objectum in praesenti statu unionis, quidditatibus abstractis a conditionibus materialibus continetur. 

L'immatérialité entraîne nécessairement l'intellectualité à ce point qu'aux degrés d'éloignement de la matière répondent autant de degrés d'intellectualité. L'objet adéquat de l'intellection est d'une façon générale l'être lui-même ; mais l'objet propre de l'intelligence humaine, dans son état actuel d'union avec le corps, est fait de quiddités [essences] abstraites de leurs conditions matérielles.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 14, a. 1 ; q. 84, a. 7 ; q. 89, aa. 1-2 ; II Contra Gentiles, cc. 59, 72.)

        Quant à pénétrer au centre de la terre (1) ou à accéder au paradis terrestre en un autre endroit (2), pour y jouir d'une vie idéale à l'abri de toute pollution, voire indéfiniment prolongée, il ne saurait non plus en être question, parce que Dieu, connaissant les penchants du cœur de l'homme (3), mit, après la chute originelle, à l'est du jardin d'Eden, les Chébubins et la lame de l'épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre des vies (4). Si, en effet, les hommes pouvaient parvenir un jour à découvrir le chemin conduisant à ce saint lieu pour prendre du fruit de l'arbre des vies, ils s'y engageraient tous précipitamment et y commettraient inévitablement les mêmes crimes et les mêmes forfaits que leurs parents, sans parler du problème inéluctable et insurmontable de la surpopulation qui finirait par rendre la vie impossible. Et cela, de toute évidence, Dieu ne peut le permettre, car le paradis terrestre, qui compte parmi ses habitants Hénoch et Élie, est la région inférieure du royaume de Dieu et une demeure immaculée d'où les élus monteront vers les cieux (5).

        On pourrait faire le même raisonnement pour ceux qui sont toujours à la recherche du Saint Graal qui existe effectivement en un endroit inaccessible aux hommes (6). Il est plus sage et surtout beaucoup plus sanctifiant de croire que la quête du Saint Graal est essentiellement la quête de la lumière divine dans chacun de nous (7). Saint Jean de la Croix, le Docteur Mystique, nous a laissé à ce sujet une doctrine unique en son genre (8).

1) Cf. les témoignages troublants mais sujets à caution de l'amiral Richard Evelyn Byrd, Grand Chancelier de l'Ordre de la Fayette et de la Croix du Mérite, secrétaire perpétuel de l'Académie Fédérale de la Marine et des Sciences, au sujet de continents qu'il aurait survolés aux pôles Nord et Sud.

2) Cf. la Vie d'Anne-Catherine Emmerich, par le Père de la Congrégation du Très-Saint Rédempteur, traduit de l'allemand par E. de Cazalès, Vicaire Général et Chanoine de Versailles, Paris, VIe, Librairie Téqui, Éditeur, 82, rue Bonaparte, 1950, tome troisième, pp. 431-439 : Un coup d'œil sur le paradis.

3) Cf. Genèse, 8 : 21.

4) Id., 3 : 24.

5) Cf. Dom Anselme Stolz, Théologie de la mystique, chap. II : Le paradis de Dieu, Éditions des Bénédictins d'Amay, 1947, Chevretogne ; S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ire Partie, q. 102, a. 1, ad. 3.

6) Cf. les Visions d'Anne-Catherine Emmerich sur la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, traduit de l'Allemand par M. Charles d'Ebeling, visions coordonnées par le R. P. Fr. Joseph-Alvare Duley, tome premier, Paris, VIe, chap. IV : Aïeux et parents de sainte Anne.

7) Saint Jean, 1 : 9 ; 14 : 23.

8) S. Jean de la Croix, La Vive Flamme d'Amour, strophe 1, vers 3 : " Le centre de l'âme est Dieu ".

        Henri Coton-Alvart, ingénieur chimiste (+1988), Les Deux Lumières (Avertissement de l'auteur au sujet de son interprétation de quelques faits observés et expériences réalisées, cf. ouvrage cité ci-dessus, p. 237 : " Ce qui suit déroutera ceux qui ont été formés par la doctrine physico-chimique de notre époque. Cela leur semblera même effarant. Je dois cependant avertir que si j'ai revu les choses sous un autre angle que celui adopté par l'école, ce n'est pas par ignorance des éléments de la science ou des développements de leurs corollaires. Pour suivre cet exposé, il est nécessaire de changer de point de vue. En outre il faudra distinguer continuellement les faits acquis des hypothèses qui les noient. L'idée capitale qu'on ne devra pas oublier est celle-ci : La chaleur n'est pas un ' mode de mouvement ' comme on l'enseigne et admet sans examen. La chaleur est une substance." - Ce qui d'ailleurs avait été soutenu par le chimiste français Antoine-Laurent Lavoisier), collection Le Cercle des Philosophes, Éd. Dervy, Paris, 1996, p.52 :

" Situons mieux ladite question. Ce n'est pas en ' faisant de l'alchimie ' qu'on éclaire son esprit ; c'est au contraire en redonnant de la lumière à l'esprit [et ce avec l'aide de Dieu, car sans Lui on ne peut rien faire] qu'on peut comprendre le monde ; qu'on peut comparer l'actuelle nature malade avec la primitive nature saine [avant la chute originelle], qu'on peut suivre le processus de son altération et de son rétablissement." [Nous ne retenons que ce que nous dit Henri Coton-Alvart en tant que physico-chimiste et biologiste, " essayant seulement de ne pas l'être à la manière de l'ennemi de la nature humaine, de l'auteur du koïlon - ou de l'opposition à la lumière". - Cf. saint Jean de la Croix, La Vive Flamme d'Amour, le troisième couplet, ou mon site, lien hypertexte n° 25 : Un symbolisme à retenir et à méditer souvent.]

 

Ibid., id., pp.39-40, 25-26, 27-28, 29 :

" Où sont donc l'évolution et l'amélioration perpétuelles ? L'évolution ne peut signifier que mouvement ; elle va inévitablement vers la déchéance, puis la mort totale. Il ne pourrait en être autrement dans un monde où le koïlon [du grec koilos, creux, vide, cave] s'est imposé, a imprimé son caractère sur tous les êtres, sur toutes les structures. Les rêves de perfectionnement évolutif indéfini à partir d'une matière dense [le vide des ténèbres, le trou noir] qui ne saurait aller que vers le mieux sont un délire des miséreux imaginant une vie fastueuse ; c'est la transposition dans un avenir supposé d'un ancestral souvenir réel : Eden."

" L'existence de la matière fille du koïlon est un accident, une maladie de la création. Le monde objectif qui devrait être le déploiement des splendeurs de la Pensée créatrice dans des corps de lumière n'a pas besoin, pour être réel et complet, de l'entrave du koïlon, de la matière inerte et grave [massique, pesant, caverneux et ténébreux, aveugle, autrement dit le chaos rebelle - par opposition à l'hylé, materia prima, pure puissance, non éclairée ou obscure, indéterminée ou sans forme, mais docile ou malléable, non mauvaise en soi]. Toutes les propriétés des êtres, même les propriétés chimiques et physiques, sont de pures qualités immatérielles, devenues matérialisées par leur greffage, ou mieux leur sujétion, à une autre et ultime et unique qualité : la masse. La masse pure, exclusive de toute qualité autre, nous ne l'avons jamais vue. Elle est une lèpre attachée aux dites qualités qui sont d'essence spirituelle, qui constituent les êtres. Si les êtres conservaient leur forme (au sens philosophique) et leur lumière (1), ils jouiraient de la vie parfaite sans avoir besoin d'autre matière ; et auraient un corps aussi réel, et plus réel, que celui qu'ils doivent accepter du koïlon.

" Les nouveaux cieux et la nouvelle terre annoncée par Jean [cf. Apocalypse, 21 : 1, 23 ; 22 : 5] sont corporels mais non matériels. La résurrection des corps n'a jamais voulu dire qu'un cadavre remuerait ; il s'agit de corps dits glorieux, de nouveaux corps, re-suscités, construits à nouveau à l'époque où, le koïlon étant enfin balayé, une vraie substance-objet peut fixer dans sa forme parfaite un esprit-sujet, à l'exclusion de toute discorde ou opposition. De tels corps ne sont plus soumis à la gravitation et ne possèdent aucune masse [cela, bien sûr ! n'engage que l'auteur de ces lignes, car cette théorie n'est pas conciliable avec la doctrine catholique - la seule que nous retenons - qui nous enseigne qu'à l'origine, avant la chute originelle, si le corps de l'homme était effectivement lumineux et immortel, il ne possédait pas néanmoins toutes les qualités des corps glorieux de ceux et celles qui seront fixés dans la béatitude éternelle et par conséquent incapables de pécher - ce qui n'était pas le cas d'Adam et Ève. Ce n'est pas l'homme qui refera le monde, mais Dieu seul, " Celui qui siège sur le trône ", et qui, par sa Révélation à " Jean son serviteur ", parlant de la Jérusalem nouvelle ou future, déclara : " Voici que je fais l'univers nouveau " (Apocalypse, 21 : 5). Certes, Henri Coton-Alvart était un ingénieur chimiste talentueux dont les inventions sont, dit-on, encore fort appréciées (2), mais ses connaissances théologiques étaient rudimentaires. Il n'avait d'ailleurs pas la prétention d'être un expert en théologie. " Nous restons, écrit-il, physico-chimiste et biologiste, essayant seulement de ne pas l'être à la manière de l'Ennemi, de l'auteur du koïlon (cf. notre commentaire dans la bibliographie)."]

" [...] A ce propos, on peut penser que les cas de lévitation qu'on a rapportés, très nombreux d'ailleurs, ne seraient pas aussi incroyables qu'il peut paraître à première vue. On les attribue toujours à des contemplatifs chez qui la vie spirituelle atteint un niveau tout à fait inhabituel. Puisque la lumière d'origine est dirigée et commandée par l'esprit, un réveil exceptionnellement actif de celui-ci peut forcer la résistance du koïlon à la lumière au point d'y faire pénétrer celle-ci ; ce qui abolirait du coup tout effet gravifique. Pour ainsi parler l'esprit aurait été plus fort que le diable. Pour un moment seulement, car aussitôt que cesse l'effort exceptionnel, le diable reprend possession de son domaine et le koïlon reparaît avec la gravité qui en découle." [Ce n'est en effet qu'au retour du Christ sur la terre et au jugement dernier que " Celui qui siège sur le trône " fera " l'univers nouveau " (Apocalypse, 21 : 5), - et non les hommes !]

1) Grignion de Montfort (Saint Louis-Marie), 1673-1716, L'Amour de la Sagesse éternelle, paragraphes 37 et 38 :

" [37] La Sagesse éternelle fit, pour ainsi dire, des copies et expressions brillantes de son entendement [correspondant au Fils], de sa mémoire [correspondant au Père] et de sa volonté [correspondant au Saint-Esprit] et les donna à l'âme de l'homme pour être le portrait vivant de la Divinité [avec Ses trois Personnes] ; elle alluma dans le cœur d'Adam un incendie de pur amour pour Dieu, elle lui forma un corps tout lumineux (a), et elle renferma en lui, comme en raccourci, toutes les perfections différentes des anges, des bêtes et autres créatures [faisant ainsi de l'homme un microcosme].

" [38] Tout dans l'homme était lumineux sans ténèbres, beau sans laideur, pur sans souillures, réglé sans désordre et sans aucune tache ni imperfection. Il avait pour apanage la lumière de la Sagesse dans son esprit, par laquelle il connaissait parfaitement son Créateur et ses créatures. Il avait la grâce de Dieu dans son âme, par laquelle il était innocent et agréable aux yeux du Très-Haut. Il avait dans son corps l'immortalité (b). Il avait le pur amour de Dieu dans son cœur, sans crainte de la mort, par lequel il l'aimait continuellement, sans relâche, et purement, pour l'amour de lui-même, transporté en Dieu, sans qu'il eût aucune passion à vaincre ni aucun ennemi à combattre."

a) Cf. S. Matthieu, XVII, 2 (Jésus, le nouvel Adam).

b) Romains, V, 12, 14 : " C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché... [...] Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. "

2) Henri La Croix-Haute, Propos sur " Les Deux Lumières " de Henri Coton-Alvart, suivis de " Fragments d'hermétisme " et de ses " Contes philosophiques ", Le Mercure Dauphinois, 2001, Geneviève Dubois, " Fragments d'hermétisme " de Henri Coton-Alvart, : Sur la Minéralogie biologique, pages 146, 206, 207, 208 :

" Le corps vivant est un océan de lumière. [...]

" En 1948, j'ai acquis la preuve en laboratoire que la synthèse d'un isomère donné dépend d'une radiation spéciale, ou d'un groupe de radiations. Le monochromateur est l'instrument qui permettra de construire individuellement et exclusivement tel édifice moléculaire donné, quand on en connaît la formule de composition. [...]

" L'action photochimique de ces lumières 'spectralement' déterminées opère des synthèses correspondantes au sein de la cellule. Il n'y a pas de vie sans lumière (1), la vie libère de la lumière et la lumière dispose de la forme de la vie (2).

" Je suis fondé à énoncer que la lumière dispose des formes de la vie parce que j'ai fait une application industrielle il y a bien des années. Nous cherchions un procédé pour la fabrication d'un certain isomère d'un dérivé benzénique. Ce dérivé se forme sous l'influence de la lumière solaire, mais l'isomère cherché ne se trouve qu'à faible rendement : 6 % parmi les isomères inactifs.

" Après des essais systématiques, j'avais substitué à la lumière solaire un spectre filtré de compositions variées. Le résultat fut, comme je l'attendais, une production d'isomères différents en proportion ; et nous avons pu choisir la lumière spectrale la plus favorable à l'obtention du corps recherché qui au lieu des 6 % se forma à près de 80 %. Une autre composition spectrale favorisait un autre isomère."

" La forme d'une synthèse en chimie organique est assurément influencée par la lumière et le spectre de celle-ci." [Pourquoi, demande à très juste raison M. Coton-Alvart, tel choix déterminé parmi tant de possibilités offertes ? N'est-ce pas une misérable méprise de prétendre l'expliquer par l'action d'une "substance fonctionnelle", alors qu'il serait beaucoup raisonnable d'y voir la présence manifeste d'une intelligence organisatrice ? Il faut choisir : Dieu ou l'absurde. Faut-il se laisser sombrer dans le crétinisme intellectuel ?]

1) Maurice Ollivier, Ancien élève de l'École Polytechnique, Physique moderne et réalité, Valeurs expérimentales, Les raies, Les Éditions du Cèdre, Paris, 1962, page 92 :

" Le rayonnement finit en quelque sorte par se purifier. D'où l'on peut inférer qu'un rayonnement X qui serait parfaitement sélectionné à la demande d'un certain élément chimique, trouverait en lui comme une résonance tout à fait exacte. On sait, au surplus, que l'absorption de la lumière par les gaz donne au point de vue spectral un résultat tout aussi remarquable. Ici comme là, nous voyons donc apparaître la preuve expérimentale qu'une " résonance " est possible entre matière et rayonnement, idée singulièrement heureuse que M. Louis de Broglie allait proposer quelque douze ans plus tard (1923), mais, hélas!... qui serait gaspillée dans le " Vide " par le mythe de l'électron-planète."

2) Cf. Genèse, I, 3 ; S. Jean, I, 1-5.

Henri Coton-Alvart, Les Deux Lumières, ouvrage cité plus haut, p. 38 :

" Cela nous mène à la célèbre question pendante depuis l'antiquité : ' Est-ce la poule qui a fait l'œuf, ou l'œuf qui a fait la poule ? '

" La question est mal posée, et c'est où nous voulons en venir. La poule est la matrice de l'œuf ; l'œuf est une différenciation du corps de la poule. La réciproque n'est pas vraie ; l'œuf n'est pas la matrice de la poule. IL EST la poule, mais une poule dont toutes les potentialités sont encore inapparentes (cf. Littré). Toute la poule ne devient pas œuf ; tout l'œuf devient la poule et transforme même en poule la substance externe dont il s'accroît après l'éclosion. La poule fait passer ce qu'elle a d'actuel en potentiel pour former l'œuf ; l'œuf développe tout ce qu'il a de potentiel en actuel pour former la poule. L'un ne fait pas l'autre ; ce ne sont que deux états alternés de puissance et d'acte. Œuf comme poule sont des engendrés, non des créés ; des prolongements, non des origines. Ce sont des boutures, des excroissances en systole et diastole sur l'arbre qui est l'espèce. Le seul créé est le spiritus [la quiddité, la forme substantielle ou l'essence réalisée de la poule, la forme étant l'acte de la matière] (1).

" Pour saisir ce que nous voulons dire, il est évident qu'il faut entendre œuf et poule comme des images de signification très générale. Nous évitons d'employer le jargon des biologistes pour ne pas introduire les idées sous-entendues attachées à leurs termes. Il faut aussi se familiariser avec les notions de puissance et d'acte (2), oubliées depuis que la dogmatique matérialiste a balayé ce qui la gênait et qu'elle ne comprenait pas. L'éviction du concept de potentialité, nécessairement lié à celui de spiritus [la quiddité, la forme qui est l'acte de la matière], a épaissi le mystère biologique comme il en a épaissi bien d'autres, en essayant de substituer à la potentialité de nature spirituelle une hypothétique morphologie des gènes [ce qui d'ailleurs n'explique rien du point de vue de la cause finale, de l'archée (cf. Littré) ou l'archétype, l'idée principe, l'essentialité, la forme pure]."

1) Édith Stein (carmélite canonisée, en religion Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix), dans L'être fini et l'Être éternel, a précédé et nous a même permis de clarifier ou d'expliciter et même de rectifier la pensée de Coton-Alvart en soutenant que la forme pure de l'or, de même que la forme pure de toute autre chose réalisée, n'a pas été créée, mais a toujours existé et sera toujours conservée dans le Logos divin, la Puissance active, l'or ayant perdu son éclat par le fait de la chute d'une unité originaire (cf. Lamentations, 4 : 1), et en soutenant également que la masse pure, selon qu'elle soumet la matière à son inertie propre, doit être conçue comme la conséquence de ladite chute originelle (cf. III : Être essentiel et être réel, § 9 : L'être essentiel et l'être réel des choses ; S. Thomas d'Aquin, De potentia, q. 3, a. 5, ad. 2 : " Il est dit que la quiddité a été créée ; car avant d'avoir un être, elle n'était rien sauf dans l'esprit du créateur et là elle n'est pas en tant que créature mais en tant qu'essentialité créatrice " : "Quidditas creari dicitur : quia antequam esse habeat, nihil est nisi forte in intellectu creantis, ubi non est creatura, sed creatrix essentia" ; IV : Essence - Essentia, ousia - Substance. Forme et matière, § 4 : Vue d'ensemble sur le concept de forme, 5 : Rapport de la forme et de la matière dans l'état originaire et dans l'état déchu, 7 : Forme pure et forme essentielle des produits matériels. Leur concrétisation sensible (Sinnbildlichkeit). Essence en tant que mystère ; S. Thomas d'Aquin, De ente et essentia, chap. II : " Par la forme en effet, qui est l'acte de la matière, la matière devient être [ou l'étant] en acte, elle devient ce quelque chose " : " Per forman enim, quae est actus materiae, materia efficitur ens actu et hoc aliquid." ;

2) Rappelons que la doctrine de l'acte et de la puissance constitue l'essence même du thomisme, doctrine qui, selon l'expression imagée d'Édith Stein, " ressemble au portail d'un grand édifice qui se voit de loin dans toute sa hauteur " (cf. II : Acte et puissance en tant que modes d'être, § 1 : Considérations d'après le De ente et essentia de saint Thomas d'Aquin).

 

Ibid., pp. 11-12, 13 :

" Il faudra donc m'excuser d'entrer en matière en distinguant la technique de la science-connaissance. La science appliquée, celle de l'ingénieur, a guidé le travail ; elle a profité de toutes les observations, de toutes les expériences heureuses ou malheureuses déjà effectuées. Elle a permis des résultats matériels rapides et amples qui ont gonflé d'orgueil les enfants de tout âge invités à faire fonctionner ces dangereux jouets. Aussi est-on mitraillé à toute occasion par l'argument du Progrès, notion qui résume à la fois l'efficacité de la méthode, la susdite satisfaction d'orgueil et l'implicite proposition de la nature matérielle et mécaniste de toutes les valeurs.

" A l'inverse de la science de l'ingénieur, la science qui cherche à connaître n'a enregistré aucun progrès [là sont le drame et la misère de notre siècle des " lumières " ]. A l'euphorie des premiers temps où elle a rassemblé les observations élémentaires, a succédé le souci du tâtonnement pour leur donner un sens. Les hypothèses pour cela ont varié bien des fois sans y parvenir, on espérait toujours pour le lendemain pour en arriver aujourd'hui à un parfait désarroi que l'on dissimule sous des dithyrambes et des vivats de victoire [et des mots savants]. On est cependant bien obligé de reconnaître, si l'on pense, au lieu de répéter des consignes, que tous les problèmes de connaissance posés depuis des siècles sont restés sans réponse. On ne sait pas le premier mot de ce que c'est la gravitation, la matière, la chaleur, la lumière, la force, la vie, la sensation, la pensée, qui sont les bases élémentaires de ce monde à résoudre. On essaie - et on réussit - pourtant de persuader la foule qu'on sait tout cela et bien d'autres choses encore ... et pour preuve on avance à tout propos l'argument de leur utilisation et du Progrès Matériel.

" Ce qui distingue la science-connaissance de la science appliquée technique est que cette dernière n'a pas besoin d'être vraie. Il suffit que ses principes et théories soient fondés sur des observations réelles, même très bornées, et qu'on puisse les extrapoler jusqu'à un certain point, pour prévoir et guider une technique. Cela réussit quelquefois. Quand cela ne réussit pas comme on l'espérait, on fait intervenir la " mise au point ", autrement dit le tâtonnement empirique, que ne connaissent que trop les ingénieurs-techniciens [et l'auteur de ces lignes sait de quoi il parle]. Ensuite de quoi, on modifie quelque peu les principes pour les ajuster et expliquer " pourquoi " on a fini par réussir.

" Le nombre de théories reconnues fausses, qui ont été fécondes en leur temps, est déconcertant. Le progrès technique est fondé sur plusieurs dynasties de théories provisoires qui furent toutes plus ou moins utiles, mais restent toutes fausses si on ambitionne de connaître réellement quoi que ce soit par leur moyen. Dès que l'on veut en faire des instruments de connaissance, on est obligé de les justifier par tant d'hypothèses nouvelles, souvent contradictoires, qu'on y abandonne le simple bon sens ; que l'on arrive à douter des notions essentielles les plus évidentes, à rejeter le témoignage des faits s'ils ne confirment pas une formule de calcul [et soumettent ainsi la réalité existante à leur théorie], à brouiller les concepts de temps, d'étendue, de simultanéité, de nombre, de déplacement, de présence, et même de simple réalité ; et à remplacer le tout par des artifices de calcul associés à l'acceptation aveugle de mots qui ne désignent, au dire de leurs auteurs, aucune chose concevable ! [Et l'on rejoint ainsi le monde d'Alice au pays des merveilles ou le royaume des rêves contre nature où se complaisent les êtres immatures et socialement dangereux].

" C'est à proprement parler le renoncement à toute connaissance [Intellectus adæquatio rei : S. Thomas d'Aquin]. Malgré cette ignorance de la nature des choses, on travaille. La connaissance est une chose, la technique en est une autre. Il importe peu au chimiste de savoir si la vraie formule de structure du benzène est celle de Kékulé, ou celle de Claus, ou celle de Thiele, ou une autre encore. Toute hypothèse lui permet de guider son travail pour faire des dérivés benzéniques. Doit-on rappeler que Descartes et Fermat ont isolément établi la formule de la réfraction de la lumière avec résultats identiques, l'un partant de l'hypothèse que la lumière va plus vite dans l'air que dans l'eau, l'autre qu'elle va plus vite dans l'eau que dans l'air ? Pendant des années on a fabriqué des milliers de tonnes de tolite par le procédé au bisulfite, parfaitement efficace, bien qu'il soit basé sur une réaction supposée, qui a plus tard été démontrée inexistante et impossible. La liste serait longue. L'argument de l'efficacité et du progrès matériel n'a aucune valeur en ce qui touche à la connaissance. La recherche de cette dernière est une requête [et une quête] de l'esprit, qui se satisfait de la contemplation de la raison et de l'intelligence [formellement par le toucher de l'esprit ou du nous : cf. Aristote, Métaphysique, Livre L 7, 1072b 21] qui règnent sur la nature, et font du monde [du cosmos, kosmos, ordre] autre chose qu'un chaos livré à la courbe de Gauss. L'esprit aspire à participer, même de loin, à cette lumière qui le nourrit [cf. S. Jean, I, 9]. Il se soucie en ce cas très peu des applications utilitaires parce qu'il sait, au fond de lui-même, que cette utilité veut dire la mort."  

Ibid., pp.140-141 :

" Vu sous l'aspect gravifique, l'univers nous apparaît comme une unité indissociable où chaque particule est liée par une infinité de vecteurs [une multitude indéfinie] à toutes les autres particules. Il peut exister de nombreux points d'équilibres, mais ces équilibres ne sont que locaux et provisoires. Tous sont équilibrés en un certain point de l'univers : le centre de gravitation." [Sous l'aspect gravifique, c'est-à-dire sous l'aspect d'une manifestation de l'unité du premier et souverain Principe qui est l'être même par soi subsistant et dont toute multitude participe, il n'est pas déraisonnable de conclure à l'équilibre du monde en envisageant un lieu qui serait en quelque sorte le barycentre du cosmos ou le trône de ce premier Moteur, le Bien souverain, auquel sont suspendus le Ciel et la nature - le ciel et la terre (1).]

1) I Timothée, VI, 14-16 : " ... jusqu'à l'apparition de notre Seigneur Jésus-Christ, que manifestera en son temps le bienheureux et seul souverain, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible [...] ; S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, Traité de la Création, Ire Partie, qu. 47, article 3 : N'y-a-t-il qu'un seul monde : " Mais contre la thèse soutenant qu'il y a plusieurs mondes il est dit au chapitre Ier de Jean : " ' Le monde a été fait par lui ', où le monde est mis au singulier, comme pour signifier qu'il n'existe qu'un seul monde " ; Ibid., Conclusion : " Je réponds en disant que l'ordre même des choses créées par Dieu manifeste l'unité du monde " ; Solution 1 : " A la Difficulté 1 [et étant donné qu'il est absurde, selon S. Augustin, de dire que Dieu ait créé les choses sans raison] je réponds que la raison pour laquelle le monde est un, c'est que toutes choses doivent être rangées en un seul ordre [uno ordine] et orientées vers l'un [ad unum]. C'est pourquoi Aristote dans sa Métaphysique, au livre L, ch. 10, de l'unité d'ordre des choses existantes conclut à l'unité de Dieu en tant que Gouvernant suprême [et Cause première de l'acte d'exister de tous les êtres, et 'remplissant le ciel et la terre' : Jér., XXIII, 24]. Et Platon de l'unité de l'Exemplaire [l'Être même de Dieu étant absolument un, c'est-à-dire indivis, l'être et l'un étant convertibles et s'impliquant l'un l'autre] prouve l'unité du monde, de même qu'une image [ressemble à son modèle ou à son archétype]." ; Id., ib., Ad tertium [où le géocentrisme de Saint Thomas est patent] : " Non enim possibile est esse aliam terram quam istam : quia omnis terra ferretur naturaliter ad hoc medium, ubicumque esset." ; Id., IIIe Partie, L'Eucharistie, qu. 75, art. 7, sol. 1 : " Car l'unité du temps et de l'instant, ou leur pluralité, ne se prend pas des mouvements quelconques, mais seulement le premier mouvement du ciel, qui est la mesure de tout mouvement et de tout repos." ; S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. Ier, chap. XIII, Quarum prima, Quod autem sit impossibile : " Mais les corps ne peuvent être ensemble si ce n'est que par continuité ou contiguïté." ; Aristote, Métaphysique, livre K, ch. 2, 1060 a 25 : " Car comment l'ordre existerait-il sans quelque Être éternel, séparé et permanent ?".

Henri Coton-Alvart, Les Deux Lumières, ouvrage cité plus haut, Quatre-vingt-dix-sept Aphorismes, pp. 140-141 :

" 84. [...] Vu sous l'aspect gravifique, l'univers nous apparaît comme une unité indissociable où chaque particule est liée par une infinité de vecteurs à toutes les autres particules. Il peut exister de nombreux points d'équilibre, mais ces équilibres ne sont que locaux et provisoires. Tous sont équilibrés en un certain point de l'univers : le centre de gravitation [la condition sine qua non de la stabilité de l'univers, excluant ipso facto toute discontinuité].

" 85. Je dis en conséquence qu'il existe un lieu qui jouit de la propriété de joindre tous les vecteurs gravifiques de l'univers, de régler le temps unique cinétique, d'être le cœur mécanique du cosmos. [...] "

Jacques Maritain, Réflexions sur l'intelligence et sur sa vie propre, Bibliothèque Française de Philosophie, Paris, 1930, éd. Desclée De Brouwer, et Cie, chap. VII : De la métaphysique des physiciens, ou de la simultanéité selon Einstein, II, § 16, pp. 259-261 :

" C'est une chose redoutable pour une civilisation d'avoir des savants privés de bon sens. Et que dire des vulgarisateurs de la science ! L'intelligence commune pourra-t-elle mieux que tant de savants distinguer la science proprement dite d'avec la pseudo-philosophie qui la parasite, saura-t-elle comprendre qu'une théorie et des formules peuvent coller avec les faits sans pour cela nous livrer le réel physique en lui-même? En tout cas, l'einsteinisme philosophique, dont on l'empoisonne systématiquement, est pour elle un agent de désorganisation d'une puissance extrême. Si la nouvelle " conception du monde " a, par accident, - en écrabouillant un grand nombre de ces dogmes qu'on regardait comme intangibles depuis les fondateurs de la mécanique classique, - l'avantage de montrer de façon palpable la précarité de ce que le public regarde comme " la Science ", par contre elle tend de soi à ce résultat, d'habituer les gens à accepter l'absurde et à perdre toute confiance dans le sens commun, - c'est-à-dire, en définitive, dans l'intelligence et dans notre nature elle-même ; et l'on ne peut imaginer pire dégâts. C'est la généralisation, sur une grande échelle, de l'opération tentée par Kant et ses successeurs sur les principes suprêmes de la raison ; amener l'homme à douter de l'évidence rationnelle, d'abord en ce qui concerne l'Être divin, la Réalité par excellence, ensuite en ce qui concerne toute réalité, et le monde même de la science positive. Selon le mot de M. Langevin, c'est une amputation, non pas de préjugés hérités du langage des Grecs (qui ont bon dos), mais une amputation de la faculté intellective elle-même.

" Il y a quelques années, on s'amusait à répéter : Défends ta peau contre ton médecin. Le monde moderne est contraint de se dire à lui-même, et c'est moins drôle : Défends ta raison contre tes savants. La suprématie des mathématiques depuis trois siècles n'a pas tourné au bien de l'esprit. Il ne s'agit plus aujourd'hui de se saisir de l'être créé, voire de l'épuiser par l'intelligence ; il s'agit de le reconstruire librement, et de jouer au démiurge mathématicien : dum deus calculat, fit mundus. Ce jeu créateur intéresse plus que le vrai. Un algébriste y réussit d'ailleurs bien plus aisément encore qu'un métaphysicien : faute de Spinoza, nous avons Einstein, et tout un peuple court après lui. La science physico-mathématique, mal entendue, achève ainsi de faire perdre à la raison le goût de l'être [c'est maintenant le goût du quantitatif] ; exerçant sur elle un empire tyrannique ; par son illusoire altitude et sa fausse délectation elle la dégoûte de la sagesse. En même temps elle met le monde sensible au service de nos désirs.

" La science, même la plus mélangée d'hypothétique et de probable, même la moins élevée en intellectualité, la science est chose bonne en elle-même, et qui détient une étincelle divine. On a vu toutefois ce qu'elle peut produire, lorsqu'elle est employée par l'homme, en fait de ruines matérielles et de destructions sanglantes. Les désastres qu'en usant d'elle les apprentis sorciers peuvent provoquer dans l'ordre de l'esprit, pour être invisibles, ne sont pas moins énormes.

" A ce mal il n'est qu'un remède : la vertu immunisante de la véritable métaphysique."

" [...] En tout cas, et dès à présent, ce que la Philosophie première et une sage Critique de la connaissance nous permettent de faire, et cela suffit, c'est de distinguer convenablement la réalité physique elle-même des êtres de raison que la Physique se construit pour ses besoins, et de nous rendre ainsi capables de regarder avec admiration [?] Einstein pur physicien [ce qui ne sera jamais notre cas], et avec une entière aversion Einstein pseudo-métaphysicien [et en voici la raison, car la Métaphysique, la science suprême, est une réalité intelligible d'un type supérieur (rectrix et regulatrix) auquel sont subordonnées toutes les autres sciences et dont les premiers principes ou les principes les plus universels ont par conséquent une fonction également régulatrice à l'égard de la Physique (1) : rien n'est hors de son regard - la Logique elle-même étant différente de la Métaphysique, la présupposant nécessairement, et étant mise à son service].

1) Cf. S. Thomas d'Aquin, Commentaire des Métaphysiques, Proœmium, et II, leç. 1, n° 273, leç. 2, nos 289-291 et leç. 5, n° 331.  

Id., pp. 233-234 :

" Quant aux équations de Maxwell-Lorentz, elles ne nous mettent pas en présence d'un fait à interpréter, mais seulement d'une certaine texture de relations quantitatives, d'un symbole algébrique choisi comme le plus maniable en l'état actuel de la science, et qu'on ne saurait tenir pour l'expression directe des entités en jeu dans les phénomènes que si l'on a jamais réfléchi sérieusement à la nature de la théorie physique [la science ne connaît pas d'entités, mais elle ne connaît que des phénomènes qu'elle relie] (1). Il est très vrai que ce qui a réellement donné naissance à la théorie d'Einstein, ce qui l'appelait dans le développement de la science, ce n'est pas l'expérience de Michelson, c'est le désaccord entre les équations de la mécanique classique et celles de l'électromagnétisme. Mais les équations et les lois de la science physico-mathématique, nous disent bien comment semble aller la nature, j'entends quelles images numériques nous pouvons nous faire de ses manières d'agir, elles ne nous disent pas ce qu'elle est."

1) H. Bouasse, La question préalable contre la théorie d'Einstein, Scientia, l. I. 1923, pp. 21-22 :

" Je vous entends ; si les faits confirment la théorie d'Einstein, mes beaux raisonnements seront dans le pétrin ! Malheureusement pour vous, gros malin, votre raisonnement est inepte ; il montre une ignorance crasse de l'histoire de la physique.

" Fresnel fit une théorie de la réflexion totale en admettant un indice de réfraction imaginaire au sens des mathématiques, c'est-à-dire contenant explicitement . Suivant la même voie, Mac Cullagh et Cauchy construisirent une théorie de la réflexion métallique. Les formules déduites de cette hypothèse parfaitement et délibérément absurde sont d'accord avec les faits ; et vous savez, ou plutôt vous ignorez qu'il s'agit là d'un groupe de gros phénomènes autrement importants que les trois phénomènes en 10-8 dont vous vous gargarisez.

" De cette réussite a-t-on conclu que est réel ?

" Ignorez-vous, gros malin, qu'on tire la loi de Descartes de théories parfaitement contradictoires ? Comme on le sait depuis 1650, parions que vous l'entendez pour la première fois !

" Si les faits confirment les formules de la théorie d'Einstein, nous conclurons que ces formules sont bonnes, pas du tout que la théorie est acceptable." (1)

" On lira avec un intérêt et un profit particuliers la très remarquable étude de M. Michel La Rosa, professeur à l'Université de Palerme, sur Les antécédents historiques de la construction relativiste (Scientia, l. X, 1923). Après avoir montré que la théorie de Lorentz entrait en conflit avec le principe de relativité admis par la mécanique classique, et que la fin qui s'imposait dès lors à Einstein était de concilier la théorie de Lorentz avec le principe de relativité de la mécanique, M. La Rosa écrit : " Cette fin pouvait être atteinte par une double voie : ou bien en modifiant la structure de la théorie, en en enlevant la notion de l'éther immobile et en retouchant ses équations fondamentales de sorte qu'elles puissent, sans inconvénient, coexister avec celles de la translation ; ou bien en modifiant les choses mêmes de la mécanique, précisément de manière que le mouvement de translation, défini d'une façon nouvelle, n'altérât pas les équations de la théorie.

" [...] Cependant, Einstein a préféré entrer complètement dans la voie déjà tracée par Lorentz et conserver intact l'édifice théorique récent, en sacrifiant la vieille et glorieuse mécanique."

1) Fénelon : « La plupart des erreurs des hommes ne tiennent point tant à ce qu’ils raisonnent mal à partir de principes vrais, mais bien plutôt qu’ils raisonnent juste à partir de principes faux ou de jugements inexacts [i.e. non abstraits de la réalité existante]. » (Extrait cité par Guy Berthault dans le Cep n° 27 du 2e trimestre 2004.)   

Id., III, § 15, p. 255-256, note 1, et pp. 256-257, note 1 :

" Les mathématiques modernes, viciées par la prétention (héritée de Descartes) de faire du Nombre et du Continu [et aujourd'hui, depuis Einstein, du Discontinu ou du Vide, i.e. du néant ou du non-être, où, logiquement, on ne pourrait plus rien calculer, ou intégrer ou différentier, décrétant péremptoirement avec le soutien d'un mandarinat servile que le quantitatif ou la matière est discontinu, ce qui n'est pas le cas des intégrales simples et multiples pour mesurer des longueurs, des aires et des volumes avec leur valeur initiale et finale ou leurs ordonnées] l'objet d'une science spécifiquement une, et entièrement désagrégée par une fausse interprétation des géométries non euclidiennes, sont devenues une discipline purement formelle, dont M. Russel a écrit très justement, dans une phrase célèbre : " Les mathématiques pures sont entièrement composées d'affirmations construites sur le modèle suivant : si telle proposition est vraie d'une chose quelconque, telle autre proposition est vraie de cette même chose. Il est inutile de chercher à savoir si la première proposition est réellement vraie, et de spécifier la nature particulière de la chose dont il s'agit. On peut donc définir les mathématiques pures comme une étude où l'on ignore de quoi on parle et où l'on ne sait pas si ce qu'on dit est vrai.

" Ne comportant par elle-même aucune proposition intrinsèquement vraie, la Mathématique comme telle, la "géométrie axiomatique" par exemple, n'est donc plus par elle-même un savoir, elle peut admettre dans sa texture de formes vides n'importe quel contenu, "ce qui leur confère du contenu n'appartient pas à la mathématique" (Einstein) ; et elle ne peut devenir une science, elle ne peut acquérir de vérité qu'en demandant à la Physique, aux mesures physiques et sensibles traduites en telle ou telle systématisation algébrique, de la fixer sur le choix de ses principes, et de donner la préférence à tels "postulats" plutôt qu'à tels autres. On demandera alors par exemple au rayon lumineux [truffé de vide ou de non-être] de nous fixer sur la notion géométrique de droite, ou l'on écrira avec Einstein : "La géométrie ainsi complétée [c'est-à-dire ayant reçu un contenu, étant rendue capable d'énoncer des vérités] est manifestement une science naturelle ; nous pouvons même la considérer comme la branche la plus ancienne de la physique [n'importe quoi!]." (A. Einstein, La Géométrie et l'expérience, Paris, Gauthier-Villars, 1921, p. 6). La hiérarchie fondamentale des disciplines intellectuelles, qui requiert essentiellement que l'ordre mathématique comporte à son plan sa vérité ["à chacun sa vérité"...] comme tel, est ainsi subverti [on ne peut pas mieux dire]." [...]

" [...] Mais quand un mathématicien énonce avec un air profond que l'espace réel n'est pas l'espace euclidien, ou que "l'univers réel à trois dimensions, tombé en désuétude, doit être remplacé par un espace-temps quadri-dimensionnel à propriétés non euclidiennes" (Eddington, Espace, Temps et Gravitation, trad. franç., Paris, Hermann, 1921, p. 222), il n'exprime pas seulement la très simple et inoffensive conception précisée plus haut, il a dans l'esprit, à l'état plus ou moins honteux, et il communique à ses auditeurs une autre idée : à savoir que l'espace réel, l'étendue des corps existants et tombant sous nos sens [et truffés de vide ou de non-être], - prise précisément en tant qu'extension, dans l'ordre et selon les lois de la pure quantité, - a pour propriétés géométriques des propriétés non-euclidiennes. Et cela est un non-sens, - aussi patent que si par exemple, pour éviter de faire mention de l'événement classique de la contraction dans la combinaison de l'hydrogène et de l'azote, on déclarait que le nombre réel est tout autre que le nombre auquel nous ont accoutumés les habitudes déformantes héritées des Grecs, et que la loi de l'addition est pour lui de la forme 3 + 1 = 2 [procédé Haber : 3H2 + N2 ® 2NH3, où l'on voit que, sous haute pression et en présence d'un catalyseur, trois volumes (molécules) d'hydrogène combinés avec un volume (molécule) d'azote donnent deux volumes (molécules) de gaz ammoniac].

" Il est clair en effet que l'étendue réelle, l'étendue des corps qui tombent sous nos sens, étant évidemment imaginable, représentable à l'intuition imaginative, ne peut être que l'étendue euclidienne [qui seule admet la construction directe des figures dans l'intuition. Toutes les tentatives faites pour obtenir une représentation intuitive des géométries non-euclidiennes, - par Einstein par exemple dans son opuscule sur la géométrie et l'expérience, - montrent précisément que ces géométries ne peuvent être rendues imaginables que par réduction à la géométrie euclidienne. Je veux bien, comme nous le dit M. Eddington, que pour "percevoir un espace non-euclidien" je n'ai qu'à regarder l'image de la pièce où je suis dans un bouton de porte en métal poli et à supposer que je suis l'un des habitants du monde que je vois : l'image de ma chambre dans un bouton de porte est un modèle dûment euclidien, tracé sur une certaine surface déterminée de l'espace euclidien" (op. cité, p. 14)." Ajoutons que les géométries non-euclidiennes n'ayant de vérité géométrique que par ordre à la géométrie euclidienne qui est leur "suprême analogué", l'étendue sensible, en qui se doivent nécessairement vérifier les vérités mathématiques (oportet salvari principia mathematica in omnibus naturalibus , ut dicitur III Cœli et Mundi), ne peut avoir que pour propriétés géométriques que celles qui sont vraies "purement et simplement", simpliciter, pour les mathématiques elles-mêmes, c'est-à-dire les propriétés de l'espace euclidien. Je ne puis qu'indiquer ici ces points de doctrine, qui exigeraient pour être développés toute une philosophie des mathématiques ; je signale seulement que les philosophes ne sont pas seuls à réagir contre la grande duperie imposée à l'intelligence au nom des géométries non-euclidiennes : les remarques de M. Boussinesq à ce sujet (Cours de Physique mathématique, complément au t. III, Paris, Gauthier-Villars, 1922, pp. 11-135, 2313 ; 2e éd. de l'épilogue, 1923, pp. 217-216) devraient bien être méditées par les savants confrères de cet éminent mathématicien."

Maurice Ollivier, Ancien élève de l'École Polytechnique, Physique moderne et réalité, ouv. cité plus haut, Irréalisme et contradictions, pages 102-103 :

" 1916. Construit ad finem, abstrait de conception jusqu'à l'irréalité manifeste, d'ailleurs démesuré dans ses rouages, le mécanisme de Bohr, tout en donnant des indications de structure qui contrastaient favorablement avec ce qu'il faut bien appeler le néant de la solution proposée par l'École anglaise, ne pouvait guère dépasser le terme général R : n2 sans perdre toute précision. Il interprétait sous la forme d'un schéma dynamique la série linéaire de Balmer mais pas même le tableau suivant de termes spectraux, celui qui correspond aux doublets de l'hydrogène [raies de la série de Balmer non uniques mais dédoublées en paires dont les deux composantes ont des longueurs d'onde très voisines]. C'est alors que Sommerfeld essaya de le perfectionner, d'une part, en transformant les cercles en ellipses, et, d'autre part, en introduisant dans les calculs le postulat de la Relativité. Dès lors, on pouvait s'attendre à quelque chose d'incompréhensible : tout en restant képlérienne, la trajectoire perpétuelle du petit grain d'électricité pure ne se fermerait plus jamais sur elle-même... Mais en donnant au mécanisme un degré de liberté supplémentaire, on disposait d'un nouveau paramètre qui, manié avec art, allait rendre compte - à peu près - des doublets en question. Et c'est tout. On espérait bien retrouver par la même voie relativiste les doublets des spectres X avec une précision suffisante, on a même cru tenir ce résultat. Désillusion, désillusion grave! Ce ne fut pas la seule : même corrigé par Sommerfeld, l'atome de Bohr, dont l'horizon se trouvait singulièrement rétréci, se révélait incapable d'interpréter l'effet d'un aimant sur une spectre sauf quelques cas exceptionnels et précisément les mêmes qu'avait prévu la théorie de Lorentz. Ce qui nous donne l'occasion de remarquer que deux théories diamétralement opposées dans leur principe, mais brillamment développées, au point de remporter de mémorables succès partiels chacune de leur côté, peuvent rencontrer l'expérience sur un même point particulier, bien qu'elles soient irrecevables l'une comme l'autre. L'Analyse ainsi maniée, partant d'un mauvais postulat mais soucieuse de l'expérience, ne serait-elle qu'un instrument de recherche, comme on l'a dit ? A mon avis, c'est bien cela."

Doctrine de la non-dualité (advaita-vâda) et christianisme, jalons pour un accord doctrinal entre l'Eglise et le Vedânta, par un moine d'Occident, Mystiques et Religions, Dervy-Livres, Paris 1982, pages 141-143, 144 et 145 :

" On saisit l'importance de cette considération des points de vue qui paraît pourtant avoir échappé à bon nombre de ceux qui ont entrepris d'interpréter la pensée de l'Orient [ou même d'“analyser” le monde physique en ignorant à peu près totalement ce qu'est la nature véritable de la Science et en faisant prédominer la raison sur l'intellect pur]. Il est vrai qu'elle suppose qu'on admette la possibilité et la légitimité de ce que nous appellerions volontiers un déplacement du point focal spirituel, mais si un semblable déplacement était impossible, si nous en étions réduits à ne jamais voir les choses autrement que du strict point de vue de l'individu humain (dont les modernes semblent incapables de se dégager autrement qu'en adoptant un point de vue collectif qui est du même ordre), alors c'est tout l'esprit de l'Orient qui ne serait que leurre et illusion, pour ne rien dire de l'esprit chrétien lui-même, puisque, grâce à la foi, le chrétien est appelé à considérer toutes choses du point de vue de Dieu. Il ne faut pas se dissimuler que c'est un peu ce postulat qui sous-tend toute 'la philosophie universitaire', en tant que son esprit s'oppose, comme nous le disions plus haut, à celui d'une "théologie monastique", c'est-à-dire d'une théologie dans laquelle la connaissance purement théorique d'ordre spéculatif n'est jamais considérée comme pouvant constituer une fin en soi, mais comme ordonnée à la contemplation, et pourrait-on dire, comme une simple condition préalable de la transfiguration intérieure et, en quelque sorte comme le schéma de la transformation à opérer, moyennant la grâce de Dieu [1]. [...] Mais qui donc ose encore aujourd'hui rappeler à l'homme la vieille leçon de l'Ecclésiaste : 'J'ai examiné toutes les œuvres qui se font sous le soleil et voici, tout est vanité et poursuite du vent' ? (Ecclésiaste, I, 14). Ce qui ne veut pas dire que les efforts de la créature soient vanité et poursuite du vent, mais ce qui est, très précisément, vanité et poursuite du vent, c'est de ne voir en cela qu'efforts de la créature, sans plus, là où il faudrait discerner et adorer l'Agir de Dieu par l'homme : 'Mon Père agit jusqu'à présent et Moi aussi j'agis' (S. Jean, V, 17) - et l'infaillible déroulement d'un plan providentiel.

" Cette doctrine ne doit pas être confondue avec le système de Malebranche pour qui les causes secondes ne sont que de simples occasions. Une cause seconde est tout autre chose qu'une cause occasionnelle. Cependant, lorsqu'on la rattache, ou plutôt lorsque l'on prend conscience de son rattachement à l'ordre providentiel, la cause seconde, même libre, apparaît, de ce nouveau point de vue plus universel, comme une cause instrumentale, sans d'ailleurs que cela lui enlève rien de sa réalité et de son autonomie relatives. C'est le point de vue constant de la Bible où Dieu est dit endurcir le cœur de Pharaon et châtier Israël par la main de ses ennemis ou, inversement, venir à bout de ceux-ci lorsqu'Israël est vainqueur. Seulement, c'est toujours la même chose, aveuglés par l'illusion 'séparative', nous prétendons faire du monde de l'homme un monde clos et autonome, et qui, néanmoins, persisterait dans l'être, comme si une chambre, après qu'on ait fermé les volets, pouvait encore retenir la lumière du soleil un seul instant entre ses murs clos ! Le monde n'est pas 'autonome'. Le monde est 'théonome'. Que l'homme, dans son aveuglement 'profane' le sache ou non, cela n'y change rien. Rien n'échappe au souverain domaine de Dieu.

" [...] Un des services les plus notables que l'Orient puisse aujourd'hui rendre au christianisme, n'est-ce pas de l'obliger à revenir à son propre cœur au lieu de sembler vouloir diluer son identité dans un monde creux et vide d'où toute intériorité, toute solitude, tout silence, tout recueillement ont été bannis ?

" [...] Il serait vraiment trop simple et trop commode si le fait de vivre au sein d'une communauté monastique après y avoir fait profession suffisait à assurer la qualité de 'délivré dans la vie'. La voie monastique est une voie : elle n'est pas la Voie. Encore moins est-elle le But. La Voie, c'est le Seigneur [Voie par laquelle il faut passer pour aller au Père, le fond et l'origine de la Divinité]. Il n'y en a pas d'autre. L'essence du christianisme, et donc aussi du monachisme chrétien, tient en trois mots : assimilation au Christ (2). [...]

" [...] Râmana Maharschi a fait un jour une remarque bien propre à inciter les moines au 'discernement', vertu monastique s'il en fut ! A quelqu'un qui lui demandait si, par renoncement, il fallait entendre se faire moine, il répondit : 'Quand vous vivez dans le monde, vous pensez 'Je vis dans le monde' et quand vous vous êtes fait moine, vous pensez 'Je vis en moine'. Que gagnez-vous à ce changement ?' Ce qui ne signifie pas qu'à celui qui y est appelé, il serait indifférent d'embrasser ou non la condition monastique, mais que toute 'condition', fût-elle celle du moine, est quelque chose qui doit être (spirituellement) dépassé, parce que la véritable vocation de l'homme est l'Infini. Saint Jean de la Croix avertit le moine d'avoir à vivre dans le monastère 'comme n'y étant pas'. 'Si, lui dit-il, tu veux arriver à être tout, veille à n'être rien en rien' (3)."

1° Aristote, Ethique à Nicomaque, Livre X, chap. 7 : " Si donc l'intellect est quelque chose de divin par comparaison avec l'homme, la vie selon l'intellect est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l'homme, parce qu'il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l'homme doit, dans la mesure du possible, s'immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui " [et c'est un païen qui a écrit cela, au IVe siècle av. J.-C. !] ;

2° S. Jean, XIV, 6 : "Personne ne vient au Père si ce n'est par moi." ; Ibid., I, 18 : " Nul n'a jamais vu Dieu le Fils unique de Dieu, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui nous l'a fait connaître." ;

3° Montée du Carmel, Livre Ier, chap. XIII.

        L'homme scientifique de notre monde moderne de l'an 2000 analyse en séparant, coupant et découpant tout ce qu'il observe sans le moindre respect des lois de la nature voulues par Dieu. En attendant d'aller plus loin, car rien ne l'arrête, avec les meilleures intentions du monde, il arrive à modifier à sa convenance le patrimoine génétique des espèces végétales et même à faire des expériences sur le nôtre en manipulant des embryons humains, reprenant en quelque sorte les travaux des nazis sur les déportés durant la deuxième guerre mondiale, et ce pour l'amélioration de la race humaine et pour des raisons prophylactiques. Et imitant Prométhée qui avait dérobé le feu au ciel, il casse les atomes pour dérober par violence une énergie dont les retombées sont cependant mortelles pour toute forme de vie. Derrière tous ces actes inconsidérés, voire criminels, se révèle une philosophie erronée de la nature humaine et du cosmos. Il ne sait pas qu'en réalité l'homme ne fait qu'un avec l'univers et qu'ils constitue par lui-même un microcosme, c'est-à-dire un monde en miniature ou une cellule archétypale du monde - ce que les anciens savaient. Et c'est la raison pour laquelle l'homme doit un profond respect à tout ce qu'il touche, utilise et observe, car le monde est en nous comme nous sommes en lui. Nous avons dans la nature tout ce qui est nécessaire à nos besoins. Il y a en elle quatre formes principales d'énergie : mécanique, chimique, électrique et rayonnante, chacune d'elles étant susceptible de passer à l'une des trois autres. L'énergie solaire, quant à elle, est à notre disposition et ne présente aucun danger. C'est cette énergie qu'il va falloir utiliser pour remplacer l'énergie nucléaire si nous ne voulons pas détruire notre globe (l'énergie éolienne n'étant pas non plus à négliger). La nature nous donne un bel exemple de l'efficacité de cette énergie en transmuant lentement ses productions par le soleil et l'eau (ou la pluie) et son cycle chaud-sec-froid-humide et par ses phénomènes d'oxydo-réduction et ses réactions endo et exo-thermiques correspondantes (transmutations ou réactions nucléaires à basse énergie). La nature transmue à basse énergie l'azote en phosphore dans les vivants et bien d'autres corps simples, mais elle n'utilise des chaleurs intenses que pour détruire toute forme de vie. Les végétaux sont autotrophes, c'est-à-dire qu'ils synthétisent tout naturellement et à température ambiante, grâce à l'énergie solaire, leur matière organique à partir de substances minérales qu'ils puisent dans le sol et dans l'air. Tout ce qui existe est parti de la Lumière, le support de l'Esprit et l'agent organisateur de la matière première ou de la puissance passive, dont la cause est le Moteur premier, la Puissance active, l'Acte pur, Celui qui est, celui qui s'est nommé et se nomme 'Je suis'. Tout se tient sur une seule et unique substance qui fait l'unité du monde, car sans cela aucun mouvement ne serait possible : il ne peut pas y avoir de discontinuité (1) (le monde est un ; et s'il ne l'était pas, il n'aurait aucune stabilité, et, à considérer les propriétés de l'être, il ne pourrait même pas exister). Le vide ne constitue pas un milieu de référence et ne peut être par conséquent la cause immédiate ou médiate de quoi que ce soit. Il ne peut donc rien se passer en lui ; et par lui l'attraction est inopérante et sans raison d'être ou incompréhensible (2). En tant que vide, il ne peut rien contenir un seul instant ; et rien ne peut le traverser ou le franchir ni se servir de lui comme tremplin. Par exemple, pour marcher, il faut faire un pas en avant, mais il faut pour cela que notre pied repose sur un sol bien ferme et non dans le vide où rien n'existe. Le mouvement implique la stabilité et la continuité d'une réalité, comme notre temps éphémère implique l'éternité ou un temps qui intègre tous les temps. Tout ce qui avance ne peut avancer que dans un milieu homogène et continu. Un avion a besoin d'air pour voler (on sait ce que produisent les trous d'air ou les turbulences sur un avion en vol), un navire d'eau pour naviguer, les signaux hertziens d'ondes porteuses pour être transmis. On ne pourrait même pas tracer un trait ou dessiner une forme élémentaire sans papier ou autre support bien réel. En réalité, la lumière originelle constitue le substrat du cosmos, l'étoffe des choses, et la chaleur une substance active (cf. les tableaux des éléments constituants des corps, la lumière et la chaleur, de Lavoisier), une forme de cette lumière immédiatement créée par Dieu. C'est la masse pure, la masse inerte et informe, qui constitue une sorte de trou noir ou quelque chose d'irréel, tel un être de raison (ou plutôt de déraison) ou un pur symbole mathématique sans aucun lien avec la réalité - ou une onde de probabilités, un électron planète sans trajectoire (cf. Bohr), le corpuscule oscillant dans le "vide absolu", le vide atomique ou interstellaire, et animé d'un mouvement perpétuel, mouvement qui ne peut pas être une cause sans se contredire. Le cosmos est devenu ainsi pour les nouveaux scientifiques qu'un ensemble de phénomènes sans consistance, nés du hasard, tenant sur rien et n'ayant aucune raison d'être, et les explications qu'ils en donnent un pur produit de leur cerveau sans la moindre correspondance avec la réalité. Un scientifique ne peut pas opter pour le néant sans se néantiser lui-même et se discréditer totalement ou sans rejoindre l'état sauvage dont Jean-Jacques Rousseau nous vante les bienfaits dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, osant même écrire que "l'état de réflexion est un état contre nature et que l'homme qui médite est un animal dépravé", et "que l'esprit déprave les sens". Quand on sait que les idées de cet auteur ont influencé notre évolution constitutionnelle depuis 1789, et tout particulièrement le " Contrat Social " [avec sa phrase célèbre : " L'homme est né libre, et partout il est dans les fers."], on en reste coi. Sans parler de nos politiciens, cela situe assez bien le niveau intellectuel de nos constituants ou de nos législateurs (3).

1) Sir Oliver Lodge, Éther et réalité :

" La première chose dont on se rend compte au sujet de l'éther est sa continuité absolue. Un poisson de mer en eau profonde n'a probablement pas de moyens d'appréhender l'existence de l'eau ; il est immergé uniformément dedans : et c'est notre condition vis-à-vis de l'éther." [Cf. les travaux de Nikola Tesla et l'éther, source et siège d'une énergie libre et illimitée, et gratuite, c'est-à-dire disponible à tous, ce qui ne fait pas l'affaire des financiers qui mènent le monde et sont eux-mêmes menés par des sectes secrètes et d'origine luciférienne dont les membres prétendent parvenir à l'égalité avec Dieu (cf. Isaïe, XIII, 15) et à la béatitude surnaturelle par les seules ressources de leur nature ou indépendamment de Dieu qui confère la grâce. - Tesla (Nikola) : Internet, cliquez sur Description des inventions Tesla (site http://membres.lycos.fr/quanthomme/MG_ReedWerjefelt2.htm).]

Jean-Pierre Vigier, savant physicien nucléaire, ancien collaborateur de Louis de Broglie puis de David Bohm et de Hideki Yukawa, et partisan de la thèse de la fusion nucléaire froide défendue par Martin Fleischmann et Stanley Pons en 1989, Sciences et Avenir, janvier 2002, n° 659 - Internet, site http://www.sciencesetavenir.com/dossiers/p659/a8898.html, cliquez sur Fusion froide) :

" Il y a un éther matériel, physique, qui porte les ondes et les particules, exactement comme la mer porte un navire."

2) C'était d'ailleurs la pensée de Newton. - Lettre à Bentley : " Je ne crois pas que jamais homme, ayant en matière philosophique faculté compétente puisse jamais y tomber." Les hommes dont l’esprit a été façonné par la philosophie thomiste n'intéressent pas les mass media ; et le monde se moque éperdument de l'irrationalité du vide, car il n'en voit même pas les conséquences désastreuses et sur le plan scientifique et sur le plan culturel. N'est-il pas en effet irrationnel, voire insensé, de soutenir que les électrons d'un atome passent d'une orbite à une autre ou d'un lieu à un autre en traversant un espace où il n'y a rien - ce qui revient à dire qu'au départ ou d'un côté, les électrons sont réels, au milieu, ils disparaissent, et de l'autre côté, ils ressuscitent - en quelque sorte. Il ne peut pas y avoir d'action à distance sans un milieu qui transmette cette action : c'est une question de bons sens. Et encore ne faut-il pas trop s’attarder sur la nature de l’atome.

 

        L'existence de l'éther s'imposant à notre intelligence et ayant été prouvée et confirmée par l'expérience de Michelson et Gale en 1924 (expérience fondée sur celle du physicien français Sagnac, qui a fait l'objet d'un compte rendu à l'Académie des Sciences en 1913 et montrait l'erreur de la théorie de la relativité en prouvant l'existence de l'éther et la composition de la vitesse de la lumière avec la vitesse d'un plateau tournant), et en tenant compte également de celle du même Michelson et de Morley en 1887 infirmant la translation de la Terre autour du soleil, la rotation de 0, 344 km/sec de la Terre sur elle-même ayant été mise en évidence par un dispositif optique, la vitesse de la lumière se composant bel et bien avec celle de la rotation de la Terre ou de la vitesse locale, le monde scientifique aurait dû logiquement reconnaître ses erreurs et déclarer la véracité ou la réalité du géocentrisme. L'expérience de 1924 fut mise sous le boisseau et les traités de physique n'en parlent pas et continuent ainsi à égarer le monde estudiantin et l'opinion publique en soutenant l'héliocentrisme et la théorie de la relativité ou l'interprétation relativiste. Seuls quelques polytechniciens, dont Gustave Plaisant (1934), Maurice Ollivier (1962), Guy Berthault (1980) et Yves Nourissat (1986), et quelques centaines de scientifiques anglo-saxons, universitaires et ingénieurs, ont retenu cette conclusion. Mais la Vérité, un jour ou l'autre, prévaudra. (Cf. Les Cahiers du Ceshe, L'Éther, Yves Nourissat, Ingénieur de l'École Polytechnique de Paris, X 61, Ingénieur Principal de l'Armement, Cercle Scientifique et Historique ou CESHE, BP 1055, 59011 Lille Cedex, France, 2002, Réf. : 7.03. - Site Internet : CESHE). Il convient de rappeler que l'expérience de Michelson et Gale, bien que relatée par l'Astrophysical Journal du 25 avril 1925 et par le journal français La Nature de juin ou juillet de la même année, est peu connue du monde scientifique, et néanmoins fort connue des fabricants de gyrolasers qui se sont inspirés de cette expérience pour équiper des aéronefs (dicit Yves Nourissat). De là nous en concluons que la condamnation par l'Eglise catholique de la thèse héliocentrique de Galilée demeure plus que jamais justifiée et que la Théorie de la Relativité d'Albert Einstein soutenant la non composition de la vitesse de la lumière avec celle de la terre et la non existence de l'éther - sans parler de la contraction des longueurs, de l'allongement du temps avec la vitesse, et autres tristes aberrations dont le physicien Gamow nous a "régalés" avec son M. Tompkins au pays des merveilles (comme celui d'Alice!) - est erronée, et que notre bonne terre se trouve au centre du monde et tourne bien sur elle-même en 24 heures et possède même une petite orbite annuelle autour de l'axe du monde auquel elle reste tangente, et ce conformément à l'Ancien Testament. Peut-on vraiment croire que la terre tourne autour du soleil en décrivant une orbite elliptique à la vitesse moyenne et vertigineuse de 30 kilomètres à la seconde ? Quel homme pourrait se préparer à supporter de telles accélérations et décélérations (passages aux solstices d’été et d’hiver – on peut déjà aisément imaginer ce qui se passe pour les occupants d’une automobile ou d’un autre véhicule qui circule à une vitesse à peu près constante et qui se met tout d’un coup à accélérer ou à s’arrêter, d’où l’impératif et sage avertissement : « Mettez vos ceintures ! ») ? Nous pouvons donc raisonnablement affirmer que le soleil tourne sur une orbite du Centre de Gravité de l'Univers et que ce mouvement a bien une durée d'un an, rejoignant ainsi la théorie de Fernand Crombette, un savant français, mort ignoré à Tournai (Belgique) en 1970 (cf. le CESHE cité plus haut).et dont tous les manuscrits sont signés : " un catholique français ". N'en déplaise à notre monde devenu apostat et conformément à la Révélation surnaturelle ou divine, Dieu ne pouvait placer la Terre qu'au centre de l'univers, parce que son Fils unique l'avait choisie pour s'y incarner et marquer par là sa position privilégiée en le situant au centre de sa création et en rendant celle-ci christocentrique (a). L'Apocalypse ne nous révèle-t-elle pas que le Christ est l'alpha et l'oméga ou le principe et la fin de toutes choses, comme le centre d'un cercle ou d'une sphère par rapport à leur construction ou à leur achèvement ? Outre ce que nous venons de soutenir, nous ajouterons cette précieuse information de notre ami Yves Nourissat nous faisant remarquer que " le rayonnement cosmologique à 2, 7 degrés Kelvin ( - 270, 45 degrés Celsius) découvert par Penzas et Wilson (b), isotrope dans toutes les directions à partir de la terre, nous prouve d'ailleurs bien que celle-ci est au centre de l'univers et n'est pas le rayonnement fossile ou le résidu du Big-Bang comme le prétendent les astro-physiciens." (Cliquez sur http://perso.wanadoo.fr/thomiste/ynourel.htm : Yves Nourissat (X 61) : Une critique de la théorie de la relativité ; Les atomes existent-ils ? – Sur les datations radioactives, cliquez sur letnomb.htm – et cliquez sur Note, page de liens).

a) Le Catéchisme du Concile de Trente, Le Premier article du Symbole des Apôtres : Créateur du ciel et de la terre : 

" Dieu affermit aussi la terre sur sa base, et par sa parole Il lui fixa sa place au milieu du monde." [Notons bien que ce Livre d'or a été composé par l'ordre du Concile de Trente, et, pour ainsi dire, sous la dictée du Saint Esprit, et que, de ce fait, contient les enseignements exprès du magistère de l'Église.]

b) Science et Foi, N° 66, 4e trimestre 2002, périodique trimestriel, Le statut de la Terre dans l'Univers : Perspective historique (Suite et fin), par Jean Montavril, 6 - L'harmonie cosmique, page 69 :

" De toutes les régions du ciel, nous provient un rayonnement radio caractéristique, dont le spectre correspond exactement à celui d'un corps noir à la température de 2, 7 degrés Kelvin ( ou - 270, 45 degrés Celsius). C'est un fait bien étrange. Y aurait-il au tréfonds de l'Univers une sorte de paroi en équilibre thermique à la température de 2, 7° K ? "

3) S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, La pensée, Ire Partie, qu. 85, art. 7 :  

" Mais au contraire [de la pensée de saint Augustin qui écrivait qu'il n'est pas possible qu'une intelligence connaisse plus qu'une autre] on rencontre par expérience quelques intelligences plus profondes que d'autres ; ainsi connaît plus profondément celle qui peut ramener une conclusion aux premiers principes et aux premières causes, que celle qui peut seulement la ramener aux causes immédiates."

S. Thomas d'Aquin, Contra Gentiles, liv. 4e, chap. XCV et liv. 3e, chap. XLVII :

" Les premiers principes sont naturellement connus  ; l'erreur qui porte sur eux vient d'une corruption de la nature [ceux ou celles dont l'intelligence s'est atrophiée ou qui ne saisissent plus les premiers principes sont donc devenus des monstres]. C'est pourquoi l'homme ne pourrait passer d'une juste à une fausse perception des principes, ou vice versa, sans un changement de nature  ; celui qui erre sur les principes ne peut être en effet ramené par des principes plus certains, alors qu'on peut ramener l'homme dont l'erreur porte sur des conclusions. [...] les principes premiers de l'intellect tant spéculatif que pratique [...] sont comme une image de la divine vérité, universellement reproduite dans l'intelligence des hommes. Tout ce qu'acquiert l'esprit avec certitude, il le saisit en ces principes, mesure de tout jugement puisqu'en eux tout se résout [...] "

S. Augustin (354-430), Bibliothèque augustinienne, publiée sous la direction des Études Augustiniennes, Œuvres de Saint Augustin, volume 8, La foi chrétienne, La vraie religion, XXXI : Dieu et sa Vérité, norme suprême de la faculté de juger, n° 58, p. 109, Ed. Desclée De Brouwer, 1982 :

" [...] Pourtant, le législateur temporel, s'il est homme de bien et de sagesse, se règle sur la loi éternelle que nulle âme n'a reçu le droit de juger, pour discerner, d'après ses immuables prescriptions, ce qu'il convient dans telle conjecture, d'imposer ou d'interdire."

Magazine télévisé, France 3 : Ce qui fait débat (les O.G.M. : les Organismes Génétiquement Modifiés), mercredi 25 avril 2001, 20h55-23h20, émission présentée par Michel Field, avec la participation de José Bové, leader de la Confédération paysanne, et de Jean-Marie Messier, président de Vivendi Universal, chef d'industrie employant 250 000 salariés, intervention de Guy de Thé, professeur émérite au CNRS et à l'Institut Pasteur :

" L'histoire du monde montre que cela ne sert à rien d'être contre le progrès (contre les O.G.M.) Il faut aller dans le progrès. Il faut le maîtriser, un peu comme le potier, le faire à notre image [...] Je crois qu'on ne peut pas s'opposer systématiquement à tout ce qui est "transgénète". Pourquoi ? Si José Bové est là ou ce soir - et nous sommes tous très heureux : nous sommes tous là - c'est parce qu'il y a des millions d'années on a subi - et en même temps c'est ce qui a donné l'homme - des mutations multiples qui ont été peut-être induites soit par les rayons cosmiques soit par l'environnement et qui, par un jeu de compétitions [par des rivalités dans la lutte ou le combat pour la vie] - il faut bien dire, - a donné l'évolution des espèces jusqu'à l'homme [...] puis l'homme devient planétaire [ou se transforme en une autre espèce et ainsi de suite]. On ne peut pas aller contre le fait [?] que les mutations existent, qu'elles ont existé, qu'elles font partie de l'évolution humaine, mais il faut les maîtriser [...]." [On reconnaît là l'influence de Darwin, de Marx et d'Engels avec leur "matérialisme dialectique" ou leur jeu d'oppositions et de synthèses successives qui escamotent la nature et l'explication des êtres ou des choses, c'est-à-dire de savoir si ce que nous connaissons existe vraiment (ei esti), de rechercher ensuite ce que cela est (ti esti) et enfin le pourquoi (dia ti) de ce-qui-est consistant à découvrir la cause finale qui répond à la question fondamentale : en vue de quoi ce-qui-est est-il ? (1) Et nous ajouterons que les sciences dites expérimentale ne peuvent saisir que le comment (le pos) de la réalité des choses sans pouvoir jamais atteindre l'acte d'être ou le fait d'exister, demeurant toujours au niveau du possible ou d'une détermination particulière et étant astreintes à se cantonner dans l'ordre du devenir, incapables d'aller au delà de l'expérience pour découvrir les causes propres de ce-qui-est.]

1) Cf. Aristote, les Seconds Analytiques, Livre II : Théorie de la définition et de la cause, 1 : Les différentes sortes de recherches.

P. J. Wébert des Frères Prêcheurs ; Essai de Métaphysique thomiste, Ed. de la Revue des Jeunes, Desclée et Cie, Paris, 1927, pp. 140, 141 et 142 :

" Il n'y a pas d'autre preuve à cette antériorité absolue de l'acte par rapport à la puissance que la supposition impensable du contraire. Mettre, à l'origine des choses, de l'indéterminé, de l'inactuel, supposer un chaos qui, sans l'intervention d'un acte préexistant, deviendrait un cosmos merveilleusement actuel, c'est anéantir du même coup l'intelligence. [...] Mais que cette vision amoindrie du monde ait pu redevenir familière, au temps même où les progrès des sciences et des arts sont si remarquables [en 1927 !], cela témoigne d'une étrange déchéance métaphysique. [...] Le spectacle d'une évolution, aussi souple qu'elle sera, ne pourra jamais nous contraindre à abdiquer les seules prérogatives certaines que nous possédons, à savoir : les nécessités premières de l'intelligence."

Paul Arnaud, Professeur à la Faculté des Sciences de Grenoble, Cours de chimie organique, Éditions Gauthier-Villars, Paris, 1964, Introduction, pages 13 et 14 :

" Pourquoi la tradition a-t-elle maintenu la division de la chimie en deux disciplines : chimie organique et chimie minérale ? [Ça commence bien!]

" Si on se réfère à l'étymologie des deux termes, la chimie organique a pour objet l'études des substances constituant les organismes vivants (végétaux et animaux), et la chimie minérale celles des substances que l'on trouve dans le règne minéral (sol et sous-sol, atmosphère) [n'y a-t-il vraiment aucune différence fondamentale entre une pierre et un être humain, voire entre une pierre et une grenouille ?].

" Il existe, certes, des différences assez sensibles dans les propriétés de ces deux classes de substances, mais, dans les origines, cette distinction était surtout imprégnée d'idées philosophiques [sont-elles toujours fausses, inutiles et vaines ?] : l'élaboration par les organismes vivants de leur propre substance [pour s'élaborer ne faut-il pas déjà exister ? N'est-ce pas là une contradiction ? (1) Et si ce n'est le cas, une cause finale ou une prédétermination s'impose], par des processus qui ne pouvaient être reconstitués artificiellement (et qui ne peuvent d'ailleurs encore pas l'être intégralement ", - et ce, notons-le, par la main de l'homme, c'est-à-dire d'une personne bien réelle et agissante ") semblait devoir requérir l'intervention d'une mystérieuse ' force vitale ', dont les chimistes ne disposaient pas.

" Cette idée prévalut jusqu'au début du 19e siècle, époque à laquelle furent réalisées les premières synthèses de composés connus jusqu'alors exclusivement comme produits naturels (synthèse de l'urée par Wohler en 1828). Le mythe de la force vitale était ainsi détruit, et la synthèse organique fit ensuite de très rapides progrès [pour finir par le trafic des organes, les manipulations génétiques et les clonages, etc.]. On s'aperçut bien alors que les composés organiques ne recelaient aucun mystère particulier, obéissaient à toutes les lois classiques de la chimie [sans Législateur], et qu'il n'y avait aucune différence fondamentale entre eux et les composés minéraux. [...]

" La définition actuelle de la chimie organique a perdu tout fondement philosophique [...]." [La pensée de l'auteur (ne parlons pas de sa philosophie qui est inexistante ou nulle) relève de la pensée matérialiste dont les fondements se retrouvent dans l'idéologie maçonnique qui, depuis la Révolution de 1789, imprègne l'éducation nationale et ne cesse d'engendrer des athées, des révoltés, des dévoyés et des désespérés. Il n'en fallait pas plus pour conduire la civilisation chrétienne ou la cité catholique à sa ruine. Le Pape saint Pie X, dans sa Lettre du 25 août 1910 sur le Sillon, nous avait prévenus de la perversité des ' doctrines des prétendus philosophes du XVIIIe siècle, celles de la Révolution et du libéralisme tant de fois condamnées'. ' Nous ne connaissons que trop, écrivait le Pontife romain dans cette Lettre, les sombres officines où s'élabore ces doctrines délétères '. Mais, hélas ! les avertissements du vrai vicaire du Christ n'avaient servi à rien : ' mais nous avons eu la douleur de voir et les avis et les reproches glisser sur leurs âmes fuyantes et demeurer sans résultat ', constatait déjà le Saint-Père malgré ses nombreux avertissements' (Id.). Pour en revenir à l'auteur du néanmoins excellent Cours de chimie organique, nonobstant son point de vue matérialiste et borné, nous ferons remarquer qu'il confond les pouvoirs de la vie et les propriétés de la matière ou l'exercice de ces pouvoirs. Ces pouvoirs sont immatériels et non leur exercice ou leur manifestation. Parmi ces pouvoirs, nous avons celui d'organisation, qui justifie une cause finale ; le pouvoir de régulation générale, qui assure le bon fonctionnement d'un être vivant ; celui d'assimilation, qui maintient ses équilibres biologiques, et le pouvoir de réversibilité, qui le fait revenir à sa normalité. Tous ces pouvoirs manifestent la spécificité propre à la vie et étrangère à la matière inerte. Ce n'est même pas la cellule reproductrice qui coordonne toutes les fonctions d'un organisme vivant. Elle ne fait en réalité que réaliser l'ordre qu'elle reçoit par l'intermédiaire du nerf pneumo-gastrique. Cette régulation générale relève de lois qui ne se réduisent pas à des phénomènes purement physico-chimiques. C'est la cellule qui est subordonnée à la détermination de l'ensemble et non le contraire : même l'expérience scientifique nous montre que l'individu est pour l'espèce. On peut même parler de méta-biologie. " Pourquoi, dit à très juste raison le Docteur Maurice Vernet, une régulation qui serait de nature purement physico-chimique cesserait-elle quand la vie s'éteint, alors que les caractéristiques chimiques des cellules mortes ne diffèrent pas, dans l'immédiat, de celles des cellules vivantes ? " (2) C'est, d'une certaine façon, ce qu'avait remarqué le XIVe Dalaï-Lama dans sa " Lumière du Dharma ", écrivant : " La conscience mentale est de même nature que la connaissance, lumineuse et rayonnante. [...] Si le mental est, selon les matérialistes, une fonction des éléments, pourquoi le mental n'apparaît-il pas dans un cadavre ? [...] Le corps est, à l'égard de la conscience mentale, une cause coopérative, mais ce qui est inconscient [la matière] ne deviendra jamais inconscient. Eléments physiques et conscience mentale sont de natures différentes (3)."]

1) Aristote, Métaphysique, Livre A, 3, 984 a 21 : " Ce n'est assurément pas le substrat qui est lui-même l'auteur de ses propres changements."

2) Docteur Maurice Vernet, biologiste, philosophe et médecin, auteur de savants ouvrages sur les problèmes de la vie, de l'âme et de la sensibilité organique, Révolution en biologie, Productions de Paris, 1969, p. 65.

3) La Lumière du Dharma, par S.S. le XIVe Dalaï-Lama, Éditions Seghers, Paris, 1973, page 43.

 

 Les mathématiques, pour quoi faire ?

(Pour construire ou consolider n'importe quel système et en

arriver même à nier le principe de non-contradiction

ou - selon A. S. Eddington - à abandonner

le principe de causalité stricte ?)

 

Aristote, Métaphysique, Livre K, 3, 1061 a 30, et 4, 1061 b 20-25 : 

" Nous voyons le mathématicien faire porter son étude sur des abstractions ;

il considère, en effet, son objet en faisant abstraction de tous ses caractères

sensibles [...] il conserve seulement la quantité et le continu à une, à deux ou à

trois dimensions. [...] mais la Mathématique, considérant à part une certaine

partie du sujet qui lui est propre, en fait son étude : ce sera, par exemple,

les lignes, ou les angles, ou les nombres, ou quelque autre espèce de

quantité, ces notions étant prises, non pas en tant qu'êtres, mais

en tant que chacune d'elles est un continu à

une, deux ou trois dimensions."

 

        N'allons quand même pas conférer aux mathématiques ou aux réseaux mathématiques une existence réelle (1). Ce ne sont que des êtres de raison qui ne considèrent la réalité physique ou l'étant existentiel que du point de vue quantitatif et qui permettent même aux nouveaux physiciens du monde moderne d'imaginer ou de composer mathématiquement, au niveau de la mécanique ondulatoire, des ondes de probabilités ou des ondes qui ne schématisent rien de réel et qui, associées aux électrons-planètes, sont cependant capables de provoquer, selon eux, des interférences et d'assurer la cohésion d'un ensemble bien réel, et ce en s'appuyant sur le Vide universel, c'est-à-dire sur le non-être " existant ", - notons la contradiction, - et en posant comme postulats le mouvement universel sans cause et la discontinuité de la matière - donc pas de trajectoire possible ni de mouvement universel (cf. Lorentz, Einstein, Rutherford, Planck, Bohr et Louis de Broglie, etc.). On ne distingue plus (ou on risque de ne plus distinguer) le réel du symbole ou les choses de l'irréel. C'est véritablement un retour à l'enfance. Nous sommes revenus dans le monde d'Alice au pays des merveilles - i.e. au pays de l'absurde. Pour nous débarrasser de toutes ces chimères ou avoir les pieds sur terre, il est heureux, grâce à Dieu, que nous ayons les précieuses expériences de von Laue sur la diffraction des rayons X sur les cristaux (1912) qui nous révèlent que " tout cristal consiste en un assemblage d'atomes dans un réseau à trois dimensions qui se reproduit lui-même régulièrement " (2). Nous retrouvons ainsi nos classiques et familiers trois axes de coordonnées (nos 3 D, le ternaire, la base essentielle de toute manifestation) à l'échelle de l'angström, c'est-à-dire du dix millionième de millimètre. La spectroscopie, quant à elle, par la stabilité parfaite en fréquence comme en intensité de toutes les raies spectrales ou optiques des éléments chimiques, nous prouve l'existence d'un fond continu (d'un "background", d'un support, d'un arrière-plan, d'un sol de lumière sur lequel se tiennent tous les êtres en mouvement, les êtres qui naissent, qui deviennent et qui meurent ou qui passent. - Genèse, I, 3 : " Dieu dit : ' Que la lumière soit ' et la lumière fut " ; S. Jean, I, 9 : " Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme." ; I S. Jean, I, 5 : " Dieu est lumière " ; Actes, XVII, 28 : " En Dieu nous avons la vie, le mouvement et l'être " ; Apocalypse, XI, 23 : " La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, et l'Agneau est son flambeau.").

 

        Les trois dimensions spatiales (les 3 D) ne sont pas du même genre que celles qui mesurent le temps et sont par conséquent incompatibles dans un système homogène de coordonnées rectangulaires [point M(x, y, z)]. En effet, le temps est relatif, mais les dimensions sont absolues. Confondre ces trois dimensions avec celles du temps ou en faire une quatrième, voire plus, ne peut que conduire à de graves erreurs ou à des absurdités, et à plus forte raison lorsque l’on veut conserver les lois de la Mécanique classique tout en leur appliquant les Postulats d’Einstein.

 

1) M.-D. Philippe, Professeur de Philosophie à l'Université de Fribourg (Suisse), L'Être, Recherche d'une Philosophie première, II, Ire partie, chapitre VI : La quantité, page 289 :

" Si les connaissances mathématiques ne constituent pas pour le philosophe une approche particulière de la quantité (car la connaissance métaphysique de la quantité n'est pas une connaissance méta-mathématique de la quantité), elles mettent cependant en lumière d'une manière unique, en le formalisant, ce domaine spécial de la quantité. Le contenu formel des connaissances mathématiques possède son originalité ; il n'est pas immédiatement adéquat au réel et pourtant, il n'est pas purement imaginaire : il se fonde dans la réalité [en abstrayant tous les caractères sensibles de l'objet ou de la réalité - Intellectus adæquatio rei : S. Thomas d'Aquin - réalité qui n'est donc pas un point de vue purement subjectif, une dimension fictive, ou une façon particulière de voir les choses, mais qui constitue le fondement de tous les calculs ou la référence ultime à laquelle il faut toujours retourner pour ne pas perdre le sens du réel], mais sans l'exprimer telle qu'elle existe. Les remarques d'Aristote, reprises par S. Thomas, expriment quelque chose de fondamental concernant ce domaine. Sans doute Aristote et S. Thomas ne nous disent-ils rien du développement postérieur des mathématiques et sa spécificité propre ; et pour exprimer le fondement matériel réel de la connaissance, ils parlent de ' matière intelligible ' [ulh nohth] (a)."

a) Cf. Aristote, Métaphysique, Livre Z, 10, 1036 a 11 ; Ibid., B, 2, 996 b : " ... tandis que les Mathématiques ne tiennent aucun compte des biens et des maux." ; Id., Livre A, 8, 989b 35 : " ... les choses mathématiques rentrent dans la classe des êtres sans mouvement" ; S. Thomas, Comm. Phys., III, leç. 3, n° 161 ; Id., Comm. Mét., VII, leç. 10, n° 1496 ; Id., Somme théologique, Ire Partie, Dieu, qu. 5, art. 3 : Tout être est-il bon ?, sol 4, et qu. 44, art. 1 : Tout être est-il nécessairement créé par Dieu ?, sol. 3 : " Les mathématiques sont abstraites du mouvement et de la matière selon la raison et ne subsistent pas séparées selon l'être. [...] Et c'est pourquoi dans les sciences mathématiques on ne démontre pas par la cause agente (per causam agentem) " ni par la cause finale, où la raison de bien (ratio boni) intervient.

M.-D. Philippe, Professeur de Philosophie à l'Université de Fribourg (Suisse), Une philosophie de l'être est-elle encore possible ?, I : Signification de la Métaphysique, Éditions P. Téqui, Paris, 1975, pp. 104, 105 :

" III. La métaphysique et le développement des sciences

" METAPHYSIQUE, MATHEMATIQUES ET SCIENCES

" Il serait intéressant de montrer comment la primauté de la logique (du point de vue de l'extension et du possible) l'incline normalement à chercher dans les mathématiques un allié redoutable. Il y a en effet une parenté entre la logique et les mathématiques : d'un côté comme de l'autre le point de vue du possible est primordial. [...] Cette alliance de la logique avec les mathématiques, qui est bien pour l'esprit humain (ou plus exactement pour la raison humaine [bien vu!]) une des alliances les plus séduisantes, s'oppose souvent, consciemment ou inconsciemment, à la métaphysique. [...]

" Mais la métaphysique de l'être ne peut s'allier à la logique mathématique ni accepter de se transformer en méta-mathématique sans trahir ce pour quoi elle est faite. Car jamais l'être de raison, l'être mathématique, le possible formel [voire l'impossible réalité], si limpide et si pur qu'ils soient [de la pureté luciférienne], ne pourront nous faire saisir ce-qui-est en tant qu'être [et encore moins l'Acte pur d'exister, i.e. Dieu, la Réalité même]. Ils peuvent sans doute nous faire saisir toutes les virtualités de la relation en ce qu'elle a de plus formel, mais ne peuvent nous faire découvrir ce qu'ousia ni ce qu'est l'acte d'être [enfin nous y voilà ! - cf. Michel Guérard des Lauriers incapable de définir la substance du point de vue métaphysique, ne voyant que l'aspect phénoménal de la substance, in Prima relatio, De primo thematæ : Doctrina comparata cum præsenti statu scientiarum, in Sapientia Aquinatis, 2, pp. 36 ss.].

" ... certains thomistes ayant perdu le sens véritable de la métaphysique de l'être [cf. note plus haut sur Guérard des Lauriers], de considérer la métaphysique comme la science la plus générale, à qui il appartient de synthétiser tous les aspects de l'expérience humaine, d'harmoniser les abstractions propres aux sciences particulières [toujours très limitées] et d'exercer à leur égard une fonction critique. [...]

" [...] La métaphysique est alors regardée comme une synthèse dernière qui, grâce à son universalité, pourrait maintenir une unité au sein de la diversité des sciences particulières. Mais alors la métaphysique n'a plus d'objet propre ; elle est la science du "tout", qui donne à toutes les autres sciences une conscience nouvelle. Devenant partie d'un organisme scientifique total, elle est comme "l'âme réflexive" des diverses sciences.

" Une telle conception de la métaphysique est évidemment la mort de la métaphysique de l'être, puisque c'est le tout, la synthèse formelle des diverses connaissances qui se substitue à ce-qui-est en tant qu'être. On voit tout de suite la confusion, car si la métaphysique de ce-qui-est (considérée en tant qu'être) possède bien une universalité suprême, si elle peut s'intéresser à tout, ce n'est pas, précisément, à tout en tant que tout, mais en tant qu'être [ce qui est totalement différent]. Ne confondons pas le tout et l'être. Car si l'être en tant que connu est bien le terme le plus universel, et donc le tout ayant la plus grande extension, ce n'est pas sous cet aspect que la métaphysique le considère en premier lieu [ou adieu à la métaphysique]. Si la métaphysique est bien une science universelle qui considère d'une certaine manière tout ce qui fait l'objet des autres sciences, elle le considère dans sa lumière propre ; elle est en effet une science propre, qui atteint une réalité propre ou mieux qui atteint, dans la réalité, quelque chose qu'elle seule peut atteindre."

Smirnov (Vladimir), de l'Académie des Sciences de l'U.R.S.S., considéré comme un savant soviétique éminent, on lui doit de nombreuses recherches dans diverses disciplines mathématiques, Cours de mathématiques supérieures, tome IV, traduction française, Éditions Mir, Moscou, 1982, II-2-28, pp. 350-351 [l'hypersurface et l'espace Rn] : « Équation de Laplace dans un espace à n dimensions. » [Où l'homme de la rue a-t-il vu un espace à plus de 3 dimensions ? Comment pourrait-il retrouver assurément son chemin s'il avait une telle vision ? Et si l'on soutient qu'il s'agit parfois d'un espace à plus de 3 dimensions ou d'un modèle spatial plus adapté à l'étude d'un objet particulier, ne serait-il pas bienséant de le préciser afin d'éviter certaines confusions ou ambiguïtés dans l'esprit des non initiés ? Ne convient-il pas d'appeler toujours chaque chose par son nom ? Ne sait-on pas que la position d'un point M dans un espace homogène et continu ne peut être définie que par trois axes de coordonnées orthogonaux (x'x, y'y, z'z) ayant comme origine leur point d'intersection O et sur lesquels ce point est projeté (où Mx1 = Ox1 = a, My1 = Oy1 = b, Mz1 = Oz1 = c) ? Au lieu d'utiliser ces coordonnées cartésiennes, on aurait pu aussi bien utiliser des coordonnées polaires, curvilignes, cylindriques et sphériques, sans que cela supprime pour autant les trois axes orthogonaux x'x, y'y et z'z (cf. Smirnov, cité ci-dessus, tome II, chap. III, III-1-1 à III-1-7 : Intégrales multiples, volumes, intégrale double, calcul d'une intégrale double, coordonnées curvilignes, intégrale triple, coordonnées cylindriques et sphériques, et coordonnées curvilignes dans l'espace où la position d'un point de l'espace est définie par trois nombres q1, q2, q3, liés aux coordonnées orthogonales x, y et z, pp. 186- 211.). Pour préciser la localisation d'un objet, ne nous amusons quand même pas à mélanger ou à identifier nos classiques coordonnées spatiales (avec leur trois degrés d'ordre quantitatif : ligne, surface et volume) à des cordonnées temporelles (avec leur trois degrés d'ordre qualitatif et analogues aux dimensions spatiales : temps cinétique ou physique, temps biotique ou temps des transformations organiques et temps psychique ou notre perception du temps), voire morales ou spirituelles, pour donner l'illusion qu'il peut réellement exister sur notre globe terrestre plus de trois coordonnées spatiales (a). Pour se localiser, par exemple sur une carte ou sur une sphère, le temps n'intervient pas. Nous parlons bien ici de notre planète sur laquelle nous vivons et où nous nous situons grâce à trois coordonnées spatiales (ou à deux coordonnées géographiques, latitude et longitude, avec le méridien de Greenwich, le méridien origine, et les pôles nord et sud de 0° à 90° et de 0° à - 90° par rapport à l'équateur). En bonne logique, on ne mélange pas les genres.]

a) Smirnov (Vladimir), Cours de mathématiques supérieures, cité plus haut, tome III, Ire Partie, chap. III : Éléments de la théorie des groupes et représentations linéaires des groupes, III-1-3 : Transformations de Lorentz, pp. 196-203 [groupe des transformations linéaires dont les éléments ne sont pas des transformations unitaires et où interviennent quatre variables dont les trois premières, x1, x2 et x3, sont des coordonnées spatiales et la dernière, x4, le temps, avec la condition fondamentale de l'invariance de la vitesse de la lumière dans le cas d'un mouvement relatif, - postulat que les expériences de Michelson ne justifièrent pas, que les effets Cerenkov et Doppler-Fizeau infirment et que n'autorise pas la définition universelle d'une vitesse uniforme d'où découle la composition additive des vitesses et où n'entre pas en considération la vitesse de la lumière, - et avec l'équivalence d'orthogonalité de la transformation maintenant inchangées les directions x1 et x4 (le temps)].

2) Linus Pauling (1901-1994), prix Nobel de chimie en 1954, un des fondateurs de la mécanique quantique qu'il appliqua à la chimie, professeur de chimie à l'Institut de Technologie de Californie, Chimie générale, Introduction à la chimie descriptive et à la chimie théorique moderne, Éditions Dunod, Paris, 1956, traduit par R. Pâris, professeur de chimie minérale à la Faculté des Sciences de Lyon, chap. II : Atomes - Molécules - Cristaux, représentation d'une structure atomique, celle du cuivre, page 22.

Linus Pauling, Chimie générale, ouv. cité ci-dessus, p. 149, 150 et 151 : VII-4. - Explication et réalité :

" L'étudiant qui réfléchit [il y a donc des étudiants qui ne réfléchissent pas] peut se demander quelle est la véritable signification des termes employés : ' explication ' et ' réalité '. Il est difficile de répondre ; les grands philosophes et scientifiques de tous les temps se sont posé de telles questions [et certains y ont répondu et attendent toujours une réfutation en règle] et la discussion que nous allons donner ne saurait épuiser le sujet [et nous laissera par conséquent sur notre faim].

" [...] Qu'entendons-nous maintenant lorsque nous parlons de la réalité des atomes ?

" Il est heureux que nous puissions répondre à cette question sans avoir à définir la réalité en général, sujet de métaphysique qui n'a rien à faire avec la science [bien sûr... constat d'impuissance pour ce qui est de parvenir à la vérité ou à ce qui est vraiment et sur quoi ou sur qui tout repose - d'où les notions de substance ou d'hypostase et de suppôt des scolastiques]. [...]

" On a observé en effet, il y a un quart de siècle, qu'un faisceau d'atomes passant à travers une très petite ouverture ne poursuit pas un trajet défini, comme s'il s'agissait de particules matérielles, mais produit au contraire un ensemble d'anneaux de diffraction analogues à ceux qu'on obtient avec un faisceau lumineux.

" Cette expérience montre que les atomes possèdent, en plus de leur caractère de particules matérielles ordinaires, une autre propriété qu'on peut caractériser par une longueur d'onde (on dit que les atomes en mouvement ont un caractère ondulatoire) [et quelle est la réalité qui est en mouvement et quel est le moteur qui meut cette réalité et le milieu dans lequel se propagent ces ondulations ou la clé du fond continu nécessaire à tout mouvement ? En effet, sans ternaire, rien ne peut exister ou persévérer dans l'être]. Les lois du mouvement des particules atomiques (électrons, protons, neutrons) sont de ce fait quelque peu différentes des lois de Newton : ce sont les lois de la mécanique quantique (ou mécanique ondulatoire). [...]

" Le fait que les atomes, électrons, noyaux et autres formes de la matière ont certaines propriétés qui conduisent à les considérer comme des particules et d'autres propriétés qui les rapprochent des ondes, s'exprime en attribuant à la matière la dualité onde-particule."

Jean-Gaston Bardet, IShRAËL CONNAIS TON DIEU par l'Informatique Hébraïque, Editions de la Maisnie, Paris, 1982, Notes troisième partie et épilogue, note 27, page 218 :

" 27. Vu toutes les confusions entretenues depuis un siècle - contrairement aux faits - par les physico-mathématiciens, il y a lieu de bien distinguer 3 formes d'espace.

" Notre espace physique réel. Celui en lequel " nous vivons, nous nous mouvons, nous sommes " (cf. Actes, 17 : 28). Il comporte 3 dimensions orthogonales, liées avec le temps, lequel est une direction à sens unique.

" L'espace euclidien, à 3 dimensions, a-temporel, espace purement géométrique, indépendant de l'écoulement du temps et de l'orientation verticale, provenant du champ de gravitation de l'Univers.

" L'espace dit à " n " dimensions, pure structure algébrique (inventée à partir de l'espace euclidien), auquel on a attribué frauduleusement le nom d'espace. Sans existence réelle, incompatible avec les faits.

" Mais, jusqu'ici, trompé par l'espace euclidien géométrique (notion grecque donc mutilée), on considérait qu'il y avait 3 dimensions spatiales symétriques et interchangeables, ce qui n'est pas. En réalité, il y a 2 + 1 dimensions par suite du champ de gravitation qui commande une orientation absolue pour la 3e dimension (règle des 3 doigts en électromagnétisme). En outre, le monde physique réel implique le mouvement, manifestation du temps. [...] "

Maurice Ollivier, Ancien élève de l'École Polytechnique, Physique moderne et réalité, ouv. cité plus haut, Valeurs expérimentales, Les raies, pages 96-97 :

" Ainsi, point capital, notre représentation spatiale des choses, née de tous nos contacts avec la Nature, puis abstraite et développée par Euclide, est encore valable à l'échelle de l'angström. Le constater, en faire état comme il convient, n'est certes pas inutile, car, pour maintenir envers et contre tout la fiction de l'atome - essaim de corpuscules, il faudra - c'est la couleur philosophique du dernier décor - délaissant comme vaine et sans objet l'angoisse que ressentait Blaise Pascal, devant sa misère et l'unité vertigineuse de la Création, déclarer contre lui que l'infiniment petit n'est pas comparable à l'infiniment grand. A l'échelle de l'atome c'est-à-dire de l'angström, tout deviendrait plausible, absolument tout [c'est-à-dire même les contradictoires] ; plus de vraisemblance ordinaire. Au demeurant c'est commode [pour nous c'est métaphysiquement impossible]. Mais la merveilleuse géométrie des cristaux et certains jeux de lumière qu'elle permet prouvent, grâce à Fresnel, à Bravais, à Laue et à Bragg, que ce n'est pas vrai : même à cette échelle, espace, temps et mouvement restent pleinement conformes à nos perceptions habituelles [et Dieu ne Se contredit pas dans sa Création, car en Lui les formes exemplaires ne sont rien d'autre que sa divine Essence qui est souverainement Une (1)]."

1) Cf. S. Thomas d'Aquin, Somme théologique, La création, Ire Partie, qu. 44, art. 3 ; Id., qu. 47, art. 3, sol. 1 ; Sagesse, XI : 21 : " Dieu a tout ordonné avec mesure, avec nombre et avec poids."

ID., ib., pp. 137-138, 145 :

« Mais quand bien même la théorie de la Relativité n’aurait jamais vu le jour, n’est-ce pas cette antinomie profonde entre le Principe de tous les calculs – celui de la discontinuité de la matière – imposant aux choses une « structure » intime en corpuscules et le secret de  mouvements perpétuels les plus étranges, d’une part, et, d’autre part, la nécessité implicitement reconnue d’un continu réel (des plus subtils et très différencié) c’est-à-dire d’une structure, qui rend compte des contradictions, invraisemblances et sophismes de la Physique contemporaine ? Le continu est un fait essentiel, donc premier. […] Il y a du continu dans notre Univers sensible (fait essentiel et donc premier) et ce continu qui, dans les choses, recèle des nombres entiers, y est virtuellement plein de lumière (c’est vague, mais la spectroscopie le prouve ainsi que les phénomènes de résonance). […] Ainsi, du seul fait qu’il y a du continu dans la matière et qu’il ne peut pas en être autrement, presque tout le réel se trouve remis en question, le réel tel qu’on se le figure aujourd’hui. »

        Si  certains scientifiques - qui se réclament néanmoins du thomisme – invitent leurs confrères à « analyser objectivement les sciences qu’ils professent à partir des faits observés et expérimentés, et à mettre ainsi à l’épreuve les théories qui sont devenues – dans leur enseignement – des certitudes » (1), et ce pour éviter les vices du rationalisme ou l’angélisme cartésien, qui fait reposer la science sur les idées claires et distinctes issues de notre mental, ils feraient peut être mieux d’éviter d’invalider « le principe cosmologique qui postule que le cosmos est homogène  et isotrope ». En ont-ils une preuve expérimentale ? Quand on avoue être  incapable de définir la vraie nature de la lumière (flot de particules ou bien des ondes ?), comment peut-on parler de ses propriétés avec autant d’assurance ? « Natura non facit saltus » ! Le cosmos se tient sur un océan de lumière d’origine divine parfaitement homogène et ontologiquement un. Selon nous, seul Maurice Ollivier a bien vu et compris le fond du problème. Il faudrait lire, relire et méditer sa «  Physique moderne et réalité » pour en être convaincu une fois pour toutes. Etant quelque chose de matériel la lumière ne peut être que déviée dans sa trajectoire par les solides qu'elle rencontre et ne peut par conséquent que nous arriver avec une vitesse différente que celle dont elle serait animée si ceux-ci n'existaient pas. Et c'est même la raison pour laquelle la vitesse de la lumière n'est pas un invariant, mais cela ne signifie pas pour autant que ses variations de vitesse soient capricieuses ou sans causes objectives ! Sans cela, dans l’expérience probante et décisive de Michelson et Gale de 1924, comment aurait-on pu connaître la résultante de la vitesse d’un observateur avec celle de la lumière (cliquez sur : ynourel.htm : L'EXPÉRIENCE PROBANTE ET DÉCISIVE DE MICHELSON ET GALE).

1) Guy Berthault, L’incidence des erreurs scientifiques sur la crise de la foi, Le Cep, n° 27 du 2e trimestre 2004, 4, rue de Beauvais, 91410 Saint-Cyr-Sous-Dourdan (France), tél.-fax : 01 60 81 27 24.

Vincent (Maxime), La Farce atomique (opuscule précieux de 39 pages), 2e édition, Librairie Fischacher, 33, rue de Seine, Paris, 1948, pages 39-40 (sur la relativité des mathématiques) :

" Les mathématiques servent à mesurer, et non à prouver. Elles ne sont pas en elles-mêmes le critérium d'un système, car elles ont servi avec le même bonheur tous les systèmes, celui de Ptolémée comme celui de Copernic et de Tycho-Brahé, celui de Descartes comme celui de Newton, la théorie des ondulations comme celle des émissions."

A suivre

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